” Ils sont là pour violence, c’est ça leur travail ? ” : solidarité entre prisonniers et provocations policières à Vincennes

Malgré le confinement, les frontières fermées et la pandémie à l’extérieur, malgré les conditions sanitaires désastreuses et les retenus qui tombent malades, la prison pour étrangers de Vincennes continue d’enfermer des personnes qui n’ont pas les “bon papiers”. Depuis plusieurs semaines, les prisonniers sont transférés d’un bâtiment à un autre comme s’ils étaient des objets, ils sont mis en isolement pendant des jours et des jours si les flics suspectent qu’ils soient malades, mais ces derniers refusent d’hospitaliser les gens sauf s’ils sont vraiment au bout de leur vie.

Ces deux derniers jours, ça a bougé au CRA. Jeudi soir d’abord, lorsqu’un groupe de solidaires et d’ennemi.e.s des frontières est passé à l’extérieur de la prison, et les prisonniers ont répondu avec force de manière collective.
Hier soir (vendredi) ensuite, quand l’équipe de nuit des keufs est rentrée dans une cellule en provoquant les personnes qui y étaient enfermées, alors même qu’elles venaient de rompre le jeûne pour le Ramadan.


On publie ici des témoignages sur ces deux épisodes.

Comme d’habitude, les flics montrent tout leur mépris envers les prisonniers.
Comme d’habitude, la réponse à la hogra et à la violence de l’état c’est la solidarité et la lutte.

Ne laissons pas les prisonniers-ères isolé.e.s, soutenons leurs luttes !
Liberté pour tou.te.s et abolition des Cra maintenant !

Jeudi 23 dans la soirée, des feux d’artifice ont été tirés devant le centre de rétention administrative, et les prisonniers racontent qu’ils ont entendu crier “Liberté” pendant quelques minutes. Les flics à l’intérieur n’ont visiblement pas apprécié le spectacle et comme ça criait aussi à l’intérieur, ils ont voulu mettre des gens à l’isolement : les prisonniers ont résisté et réussi à empêcher les flics de les diviser. Feu aux CRA !

“Hier il y a eu des feux d’artifice dehors, les policiers ils se sont énervés, ils aiment pas les trucs comme ça. Ils sont venus pour essayer d’emmener des gens à l’isolement, on les a pas laissé faire. On a crié pendant les feux d’artifice, alors ils demandaient « pourquoi vous criez ? ». Ils voulaient mettre 2 personnes à l’isolement « pourquoi tu cries, pourquoi tu tires la chaise ? » Nous on criait pour se soulager, et parce qu’on a vu les feux d’artifices. Finalement ils ont emmené personne à l’isolement parce qu’on a refusé, après ça s’est calmé.

La violence c’est sur tout le monde, pas que hier. Parfois ils descendent des gens au coffre parce que là bas il y a pas de caméra et ils tabassent les gens. Une personne a 3 certificats médicaux parce qu’il a été tabassé.”

Un autre retenu s’exprime ensuite :

“Hier on a commencé à crier, les flics sont venus, ils ont parlé méchamment, ils nous ont poussé, ils nous ont provoqué. Ils ont dit « on va vous ramener à l’isolement, on vous a vu crié à la caméra, c’est interdit ». Du coup on a refusé, un policier m’a poussé pas mal de fois avec des insultes. C’était pour nous provoquer.

Puis le chef est venu, tout le monde a dit « nous on a rien fait ». Tout ça ça a duré 20mn. A la fin ils ont emmené personne. A cause de ça ils ont pas ouvert le distributeur.

On est 13 personnes dans le bâtiment 2A, et il y a 3 personnes contaminées avec test positif. Elles sont ici dans le CRA, dans le 2B, en isolement, alors qu’elles devraient être à l’hôpital.

Maintenant il y a le droit à une visite par semaine par personne.

C’est n’importe quoi ce qui se passe. Nous on cherche pas que la liberté, on cherche la santé aussi. On va mourir pour rien. Un animal malade ici vous le ramenez à l’hôpital, mais nous les êtres humains on nous laisse là. On est ici parce qu’on n’a pas de papiers, mais on a le droit de vivre quand même non ? On dit que la France elle respecte les droits de l’homme mais ici elle respecte rien du tout. C’est de l’hypocrisie, c’est pas humain.”

Le lendemain vendredi 24 avril, premier jour de Ramadan, la rupture du jeûne d’un groupe de prisonniers musulmans est interrompue par l’irruption d’une équipe de keufs dans une cellule. Il faut savoir aussi que pendant le Ramadan, les retenus ont droit d’amener de la bouffe dans les cellules, ce qui est normalement interdit. Mais apparemment les flics n’ont rien à foutre…

” Comme c’est ramadan depuis le matin tout le monde est dans sa chambre tranquille, il y avait pas de problème alors les flics viennent nous provoquer pour chercher les problèmes, parce qu’on a pas la même religion.
Là ils viennent de rentrer dans ma chambre, on était 3 personnes en train de manger, tranquilles, ils ne toquent pas à la porte, ils rentrent comme ça en donnant un coup de pied dans la porte et font du bordel, je leur demande ce qu’ils veulent, ils me disent qu’ils cherchent une plaque de cuisson, qu’ils vont me mettre à l’isolement. Mais moi j’ai pas de plaque, je leur dis, en plus il y a des caméras dans le couloir ils auraient vu si j’avais une plaque.
Ils sont violents avec nous parce qu’on est musulmans. Ils sont là pour la violence c’est ça leur travail ? Maintenant je vais dénoncer, si je meurs ici c’est que c’est eux qui m’ont tué.
Ils menacent de me mettre en isolement. Je leur dis vas-y prends moi, mets moi en isolement, ils pensent qu’on a peur ? Pourquoi ils cherchent les problèmes avec nous ? Ca va mal finir. “

Le témoignage d’un autre retenu confirme ce foutage complet et provocatoire des keufs:

« Allo ouais je vous appelle, là on était à l’heure de manger, on était toute la journée on est calme on parle pas avec eux, on essaye faire notre religion tranquille, chacun dans sa chambre, jusqu’à l’heure de coupure pour que on mange, la police il vient, il nous laisse pas tranquille, je sais pas y’a aucun respect je sais pas, ils sont venu chercher un plateau, c’est quoi un plateau, laisse nous manger après on va déposer le plateau, c’est même pas une minute on à même pas encore couper, on à rien manger jusque là. ils viens ils prend mon amis ils essaye de le taper, ils voulais lui mettre isolement, juste pour un plateau, en plus ils vienne tous presque 20 policier ils vienne, ils essaye de nous taper, de nous faire des truc.

C’est pas logique j’ai jamais vu ça c’est pas logique, c’est des trucs c’est inimaginable, tu peux pas l’imaginer dans ta tête, je comprend plus rien du tout ici , je comprend plus rien du tout.

C’est le mois de ramadan nous on est calme en plus y’a la maladie, y’a les crises, y’a des gens leurs famille sont malades, y’a des gens ils savent même pas leur famille ils sont mort ou pas.
y’a un ami avec moi ici, son père il est maladie avec le covid 19, il a même pas de nouvelles de lui, les gens ça les stress, la police ils nous respecte pas, ils essaye de nous taper, nous mettre isolement au mois de ramadam, nous c’est même pas ça même pas avaler un truc même pas boire de l’eau.

Je sais pas ils sont tellement méchant je sais même pas comment ça va se passer ici avec eux, nous on est solidaire déjà, ils nous respectent pas, ils fait des trucs pour que nous on s’énerve pour que à la fin ils nous mettre isolement. Nous on veux pas ça, nous on est en train de faire notre mois de ramadan tranquillement, on parle pas avec eux, on été calme toute la journée, à la fin ils viens ils nous fait ça, la merde, pour rien du tout.

Parce que nous ici on est des animaux on est pas des humains pour eux, on est des animaux je vous le répéte on est des animaux, jamais j’ai vu, ici en france y’a du racisme, la police c’est des raciste ils nous aiment pas, je sais pas pourquoi ils nous aime pas, on à rien fait, oui on à pas de papier, c’est pas parce que on à pas de papier on est pas des humains, même nous on à des famille, c’est pas parce que on est pas naît en france, si il fallait nous faire faire esclavage, on est pas des esclavage, on est en 2020, quand même.

y’a des choses c’est vraiment, c’est des… j’arrive même pas les mots je veux dire vraiment.

Aidez nous, aidez nous, aidez nous, qu’est-ce que peux vous dire aidez nous, parce que nous on est en train de fatigué là, s’il vous plait, qu’est-ce que je vous demande le jour d’aujourd’hui, que vous essayer de nous aider, pas plus pas moins.

On à même pas demander qu’ils nous laisser sortir ou un truc, juste respectez nous, respectez nous, nous on vous respecte.

C’est mois de ramadan, normalement on est à coté de notre famille on est enfermé avec la maladie, avec la crise, on à même pas de visites, on est en train de souffrir ici. En plus ils nous donne du manger, hé vous le manger même pas, même ils le donne vous le manger même pas, c’est dégueulasse, t’arrive même pas à le manger, ouais à la fin ils nous respectent pas plus.

Franchement je vois ça c’est inimaginable, tu peux pas l’imaginer dans ta tête tu peux pas, tu peux pas. S’il vous plait aidez nous, qu’est-ce que je vous demande, s’ils vous plait aidez nous, aidez nous, aidez nous, on est en train de souffrir, on est en train de nous torturer la police ici, vous entendez au centre de Vincennes on est en train de souffrir, on est en train de souffrir, on est en train de souffrir.

Merci beaucoup et je vous souhaite une bonne soirée. »

L’enfermement dans des conditions de merde continue ! Situation dans les CRA au 21 avril

Après plus d’un mois d’état d’urgence sanitaire, de confinement et de fermeture des frontières, l’État continue à enfermer dans les CRA, les taules pour emprisonner (virus ou pas) celleux qui n’ont pas les “bons papiers”.

 

Toujours des conditions de merde
  • Des libérations, des nouvelles arrivées et des CRA qui ré-ouvrent

Dans la semaine du 13 avril, l’État s’est remis à enfermer massivement dans les CRA : il y a eu entre 15 et 20 nouvelles personnes enfermées à Nîmes, 17 au Mesnil-Amelot dans le courant de la semaine, puis 22 dans la nuit de samedi 18 à dimanche 19. Côté prisonnières, au Mesnil-Amelot, suite à des libérations une personne s’est retrouvée enfermée seule comme ça avait été le cas à Oissel il y a deux semaines. Ces meufs se retrouvent seules et isolées à faire face au racisme et au sexisme des keufs , dans des conditions encore plus dures que les mecs emprisonnés. Les préfectures d’Ile-de-France ne sont pas dans une optique de fermeture des CRA comme ça a pu être annoncé dans certaines presses, notamment après la décision du Tribunal Administratif de Paris concernant le CRA de Vincennes. Au CRA de Lille-Lesquin, des personnes enfermées à Lille continuent à être libérées mais souvent au milieu de la nuit et les personnes se retrouvent alors seules et à la rue à 2h du matin dans les rue de Lesquin sans moyen de se rendre à Lille. Pour ce qui est des prisonniers du Mesnil-Amelot transférés à Lille suite à la révolte, cette fois il n’y a eu aucune libération.

Des préfectures avaient annoncé la fermeture de certains centres de rétention qui n’ont jamais fermé en réalité, il faut continuer à être vigilant. En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées. Ça été le cas pour le CRA de Lyon qui a été annoncé fermé mais où 30 personnes étaient enfermées la semaine dernière, il y a encore beaucoup de nouvelles personnes enfermées chaque jour, et aussi pas mal de libérations. Ça a été aussi le cas au CRA de Lille qui n’avait plus qu’une zone ouverte il y a deux semaines, alors qu’aujourd’hui les quatre zones sont utilisées pour enfermer. Ou encore à Nîmes qui le 16 avril servait à enfermer 15 personnes. Le CRA de Bordeaux sert toujours, lui aussi, à appliquer la double peine, pour les personnes qui viennent de purger une peine de prison, cueillies par les flics directement à la sortie et enfermées en centre de rétention.

lire aussi : Enfermer, enfermer toujours… la situation dans les CRA au 10 avril

Le 16 avril il y avait 5 personnes enfermées au CRA de Toulouse à Cornebarrieu (1). Comme dans tous les CRA, les flics refusent l’accès au soin des prisonniers et les tabassent. Ce jour là, alors qu’un prisonnier faisait un malaise les flics ne sont pas intervenus malgré les appels de ses co-retenus et lorsque la PAF a finie par arriver, ca a été pour frapper la personne et l’isoler. Suite à ça, le lendemain le prisonnier en question entame une grève de la faim. Le samedi 18, de nouvelles personnes y sont enfermées, dans les jours qui suivent, il y a quelques libérations. Le prisonnier en grève de la faim se retrouve seul à partir de dimanche soir. L’État persiste à maintenir l’enferment dans des CRA où très peu de personnes sont enfermées, comme à Toulouse, mais aussi dans les centre de rétention “d’outre mer”, dans les colonies françaises. C’est le cas en Guyane, où 10 personnes étaient enfermées le 20 avril, et 5 sont encore enfermées le 21 avril, toutes sortantes de prison. Alors que cette prison pour étranger.e.s avait été vidée au début du confinement.
À Mayotte, alors que le CRA était fermé, il va ouvrir à nouveau pour enfermer en quatorzaine les étranger.e.s qui arrivent par bateau depuis les Comores, soit disant pour les confiner mais il semblerait surtout que ce CRA reprenne du service.
Partout sur les territoires contrôlés par l’État français, on peut penser que les préfectures se préparent au déconfinement (qui est dans moins de 90 jours, la durée maximale d’enfermement) en espérant pouvoir reprendre les déportations des prisonnier.e.s.

  • Sur la santé

Le refus de soin est la règle dans les CRA : les keufs, la préfecture, les juges et les médecins laissent les conditions de santé des retenu.e.s empirer de plus en plus. D’un coté les traitements en cours sont interrompus, de l’autre les personnes qui tombent malades en CRA n’ont pas de médocs. Les infirmeries servent de pharmacie pour distribuer doliprane à ceux qui auraient besoins de soins, et continuent d’essayer de cachetonner un maximum de prisonniers. Dans des cas d’urgence, les flics refusent d’hospitaliser les gens (on l’a vu aussi récemment pour des cas de coronavirus). Et tout ça dans des conditions sanitaires dégueulasses.

Lorsque des prisonniers malades en cours de traitement sont enfermés en CRA, la rupture de soin est quasi systématique : un appel a été lancé en solidarité à l’un d’entre eux au Mesnil-Amelot, enfermé alors qu’il avait été libéré de prison pour être opéré. Les ruptures de traitement sont une double peine infligée aux prisonniers, une peine qui vise à mettre en danger la vie de ces personnes.

Pour ce qui est du Covid-19 plus spécifiquement, l’État fait prendre aux prisonnier.e.s le risque de crever en continuant à les enfermer, souvent à plusieurs par cellule, dans des conditions sanitaires insalubres, en laissant les flics, qui entrent et sortent chaque jour, les contaminer, et en enfermant de nouvelles personnes, chaque jour aussi. Les préfectures, pour maintenir les CRA ouverts, prétendent pouvoir tester tout le monde.

A l’heure où, depuis l’épidémie, la société tout entière est envahie par des angoisses morbides augmentées par la situation catastrophique des hôpitaux, il faut imaginer ce que vivent les retenu.es enfermé.es sans aucune protection ni prise en charge de leur santé, avec comme seule certitude qu’ils seront les dernier.es -avec les prisonnier.es de la pénitentiaire – à être soigné.es…

  • Sur les proches

Les effets de l’enfermement, en prison comme en CRA, n’affectent pas que les prisonnier.e.s mais aussi leur entourage : des heures d’attente pour aller au parloir, les abus de la part des flics pendant la fouille, le mépris des juges. En ces temps d’épidémie, à cela s’ajoutent l’interdiction des visites et la peur de la contagion, en plus du manque d’information et l’absence des mesures sanitaires à l’intérieur des centres de rétention. Dans certains CRA il y a la possibilité pour les proches de venir apporter quelques affaires de première nécessité aux prisonniers comme de la nourriture, des vêtements, tabac, carte sim (à Lille, par exemple, une fois par semaine seulement). Au Mesnil-Amelot des flics sont même allés jusqu’à mettre des amendes de confinement à des familles qui venaient faire passer des affaires pour leurs proches enfermés.

Face à cette situation, les prisonnier.es s’organisent et les révoltes se multiplient.

Toujours plus de révoltes face à l’enfermement

À Vincennes, Lille, Mesnil-Amelot, Lyon et Oissel toutes les luttes menées par les prisonnier.es ces dernières semaines exigent la libération immédiate de tous les prisonnier.es et la fermeture de ces prisons pour étranger.es.

  • Révolte et répression au Mesnil Amelot

Au Mesnil-Amelot tous les prisonniers restants ont été regroupés dans les bâtiments du CRA2. Les derniers prisonniers de Plaisir et de Palaiseau y ont été transférés fin mars. La décision de regrouper les prisonniers ensemble augmente les risques de transmission du coronavirus parmi les retenus et permet uniquement de réduire le nombre de policiers de la PAF sur le terrain. Dans la nuit du 11 au 12 avril, la cour de promenade a été bloquée par les prisonnier.e.s qui l’ont envahie en criant “Liberté ! Liberté !”. Les gradés et la direction du CRA ont essayé de les faire remonter dans leurs cellules, mais ils ont refusé et ont passé la nuit dehors. Dans la matinée du 12, le dispositif de flics grossit, des CRS sont venus en renfort en plus des flics anti-émeute déjà présents. Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des bâtiments et confisquent des téléphones. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules à l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transférer dans d’autres prisons pour étranger.e.s : 5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel (Rouen). Pour les prisonniers qui se retrouvent à Lille, la répression continue, ils sont mis dans une zone du CRA ouverte pour l’occasion, isolés des autres prisonniers. Depuis, pas mal de prisonniers du CRA ont été libérés, mais sur les deux prisonniers transférés du Mesnil-Amelot qui sont passés en JLD, les deux ont été prolongés. L’un d’entre eux s’est révolté suite à cette décision et les flics lui ont fait passé la journée en garde à vue.

  • Grève de la faim et solidarité à Oissel

Lorsque, le dimanche 12 avril, les 3 prisonniers du Mesnil-Amelot arrivent à Oissel après un transfert violent, les 13 prisonniers du CRA de Oissel ont lancé une grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate. Comme ils le disaient déjà le 25 mars, ils dénoncent le manque de matériel de protection sanitaire (gel hydroalcoolique, savon, masques) qui met en danger les personnes enfermées. Les trois prisonniers transférés rejoignent alors la lutte en cours. Ils n’ont pas pu récupérer leurs affaires et leurs papiers que les keufs de la PAF ont laissé au Mesnil-Amelot.

Face à des révoltes dans les CRA, la stratégie des keufs et des préfectures est souvent de transférer ceux qu’ils considèrent comme “les meneurs” vers d’autres CRA pour briser les solidarités et l’organisation : peine perdue puisque de Mesnil à Oissel, la lutte continue ! Cette semaine au CRA de Oissel il y a eu quelques libérations et encore des arrivées. Les derniers prisonniers en grève de la faim ont arrêté le 17 Avril sans avoir obtenu aucune réponse de la part de l’administration, ils étaient à ce moment là 10 prisonniers dans ce CRA.

  • Isolement et grèves à Vincennes

Fin mars, des grèves de la faim avaient eu lieu au CRA de Vincennes. Depuis, le bâtiment 1 a fermé, les prisonniers sont concentrés dans les bâtiments 2A et 2B, où le 9 avril, des cas de coronavirus ont été confirmés, alors que les prisonniers réclamaient depuis longtemps la liberté et au moins des mesures sanitaires à la hauteur de la crise. Les flics, plutôt que d’emmener les prisonniers malades à l’hôpital, les emmènent à l’isolement. Le 12 avril, après un départ de feu dans la matinée, un prisonnier malade avec les symptômes du coronavirus était très mal en point dans la soirée. Les prisonniers ont affronté les flics pour exiger qu’il soit emmené à l’hôpital, mais fidèles à leurs sale boulot raciste, ils ont refusé d’appeler une ambulance et ont dit qu’il serait testé mardi. Aux alentours de minuit, les retenus ont fini par obtenir que le prisonnier soit emmené par une ambulance.
Pour protéger les keufs, l’administration a mis des masques à disposition des prisonnier.e.s, ce qui a évidemment été pris comme une insulte : à quoi peuvent servir les masques quand tout le monde est potentiellement déjà contaminé, et alors que la situation était dénoncée depuis des semaines ?

lire aussi : “Y’a pas de sécurité, y’a rien du tout” / Contamination, isolement et refus de soin à Vincennes

 

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Sur la justice, les politiques et les médias : même en temps de crise, n’oublions pas que ce ne sont pas des alliés
  • Le tribunal refuse de faire fermer le CRA de Vincennes

Le 14 avril, le tribunal administratif de Paris a statué sur un référé liberté demandant la fermeture du CRA de Vincennes avec une décision lâche et ambigüe, puisqu’il refuse de fermer le centre et interdit seulement les nouveaux placements en rétention dans le CRA de Vincennes. On sait que ça ne veut pas dire moins d’enfermement : dans les jours qui suivirent, on a assisté à une vague massive d’arrivées au CRA du Mesnil-Amelot, il semblerait que les préfectures et les flics se reportent maintenant sur celui-là. Le tribunal demande aussi au CRA de Vincennes, pour les prisonniers qui seraient testés positifs au Covid19, de “les isoler et les confiner tout en maintenant leur accès aux soins nécessaires à leur état de santé”. Plus que de l’hypocrisie, c’est de l’indécence et de l’acharnement car la justice sait pertinemment que l’accès aux soins en CRA est inexistant, en temps normal et encore plus en ce moment. La preuve : dimanche dernier, les flics ont rassemblés les 4 prisonniers malades dans le bâtiment 2B en les mettant tous dans la même cellule et ont entassé tous les autres (une vingtaine) à 2 par cellule dans le bâtiment 2A – on se doute bien d’ailleurs qu’il y a plus de 4 personnes porteuses du virus. On a dit aux malades qu’ils allaient être gardés au CRA car leur cas n’était pas assez grave. Finalement une personne sera libérée du CRA 2B le 20 avril et une personne hospitalisée.

  • Sur les médias, les politiques et les institutions

Les médias ont beaucoup écrit sur les CRA lors de la révolte du 11-12 avril au Mesnil-Amelot, avec des articles dans tous les sens. Pour changer, ils ne s’intéressent aux CRA que lorsqu’il y a matière a faire vendre des articles sur des “échauffourées” entre flics et prisonniers. Pire que ça, ils mettent les gens en danger : plusieurs journalistes (y compris “militants”) ont publié des témoignages audios des prisonniers et des articles avec leur prénom. En dehors d’une possible répression judiciaire après les révoltes, ces journalistes exposent les prisonniers à des représailles des flics, qui peuvent les identifier. Au Mesnil lors de la révolte, les flics disaient ouvertement que les prisonniers ciblés par les transferts ou les tabassages étaient “ceux qui parlaient trop aux journalistes”, que les flics rodaient autour des cabines téléphoniques en tendant l’oreille et tentaient de confisquer les téléphones portables.
Espérons tout de même que la brève mise sous projecteurs des CRA, notamment au Mesnil-Amelot, grâce à la révolte des retenus, ait un effet sur l’attitude quotidienne des flics, au moins pour un temps…

Avec la révolte au Mesnil on a aussi assisté à l’habituelle coup de com des politiques avec notamment Coquerel, député France Insoumise, qui s’est déplacé au CRA le 13 avril pour alerter sur la situation et distribuer des masques “à la fois aux retenus et aux policiers”. Il s’étend d’ailleurs largement dans la presse sur la manière dont les flics sont mis en danger. Les prisonniers eux, disent que rien n’a changé dans le CRA depuis sa visite.
Les institutions “indépendantes” se réveillent aussi avec notamment la Contrôleuse Générale des Lieux de Privation de Liberté, Adeline Hazan, qui s’est rendue à Vincennes et au Mesnil-Amelot et a annoncé le 17 avril qu’elle appelait le gouvernement à désengorger et à fermer les CRA. Pareil pour le défenseur des droits : pour la 2ème fois depuis le début du confinement, il a réclamé le 18 avril la fermeture de tous les CRA et la libération des prisonnier.es. Comme d’habitude tout ça c’est bien beau mais ça n’a aucun effet…

Pour nous, il ne s’agit pas (comme le font certaines associations et politiciens de “gauche”) de demander la fermeture temporaire des CRA jusqu’à la fin du confinement, ni d’exiger que les CRA soient réformés pour les rendre plus “humains” ou plus efficients. Pour nous, il s’agit de partir des paroles et des luttes des prisonniers-ères, qui montrent clairement ce qu’il faut faire avec ces prisons pour sans-papiers : les détruire.
Pour ça on continuera, virus ou pas, à faire sortir leurs paroles et à soutenir leur révoltes.

A BAS LES CRA !
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS-ERES EN LUTTE
LIBERTÉ POUR TOU.TE.S, AVEC OU SANS PAPIERS !

Alors que le confinement nous empêche de nous réunir, la lutte et la solidarité qui s’expriment depuis l’extérieur reposent sur d’autres moyens que ceux habituels. (clique sur la banderole)

 

Pour rappel : n’importe qui peut discuter avec les prisonnier-es en CRA en appelant les cabines. En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées : Soutenir les retenu.e.s – Numéros et adresses des CRA


(1) A Toulouse, un site pour lutter contre l’existence des prisons pour étranger.e.s et pour relayer la parole de l’intérieur a été créé. Il est à suivre et à partager ! https://toulouseanticra.noblogs.org/

 

 

 

“ils nous frappent, tu dors ils frappent à la porte pour chercher quelqu’un” Encore des tabassages, vols cachés et refus de soins au CRA de Vincennes

Le matin du 13 février 2020, une semaine après l’incendie, au CRA de Vincennes les flics ont tabassés deux prisonniers.

D., un des prisonniers tabassé, s’est fait déporté avec le nez cassé à cause des flics, du sang partout sur le visage. Beaucoup de retenus parlent en ce moment de faux laissez-passer.
Le deuxième prisonnier est rentré au CRA, il est assez agé, il ne pouvait plus bouger de son lit à cause des blessures. Il n’a pas pu raconter.

Voici les témoignage de deux co-retenus de D. :

Aujourd’hui 20 policiers ont frappé D., ils lui ont menotté les mains derrière, ils lui ont écrasé sa tête sur le sol, et ils l’ont déporté avec un faux laisser-passer. Maintenant on est dans la merde, il y a que la galère, les policiers ils nous insultent, ils nous frappe, tu dors ils frappent à la porte pour chercher quelqu’un.

A 4h30 ils sont venus, d’habitude pour les vols du matin ils viennent à 6h du matin à 4-5 pour les vols cachés. Là il y avait aucun vol affiché, ils étaient au moins une douzaine. Ils l’ont entouré, ils lui ont dit lève toi t’as un vol, il a commencé à ramasser ses affaires et ils lui ont pas laissé ramasser ses affaires, ils lui ont dit tu descends. J’étais dans le lit en haut, j’ai même pas eu le temps de réagir, et si tu parles ils vont te niquer ta race. Ils l’ont descendu dans la salle de coffre, après au mitard. Après ils ont programmé son vol pour l’aprem. Ils scotchent les gens, ils les renvoient de force, ils font des laisser-passer c’est même pas des vrais c’est des faux, c’est une dinguerie ce qui se passe. La machine a cigarettes elle marche pas, la machine pour la monnaie elle marche pas. Ils sont en train de nous tuer, avec les cachetons qu’ils nous donnent, et avec la bouffe. Là ils arrêtent pas, tous les jours ils envoient des gens, il scotchent des gens. Ils ont scotché un handicapé, et avec la ceinture en plus.”

 

Voici encore un témoignage de refus de soins d’un autre prisonnier ; il s’agit de la personne décrite comme handicapée dans le témoignage précédent.

“J’ai fait 2 opérations au Maroc, qui ont couté 12000€ que j’ai récoltés grace à mes proches. Lors d’une opération, ils m’ont mis des plaques de métal dans le dos. Mais les plaques de métal m’ont déséquilibré le dos, elles étaient mal placées, ce qui m’a rendu handicapé. Je suis arrivé en France le 8 octobre 2016, et j’ai vu un médecin qui m’a dit qu’ils n’avaient pas le droit de faire cette opération, et que c’est cette opération qui m’a rendue handicapée. Depuis je suis un traitement et des examens réguliers, et je dois subir 2 nouvelles opérations pour éviter que ça ne s’empire pour mon dos. La première est prévue le 26 février 2020 et l’autre le 7 avril 2020. Mais au Centre de Rétention on m’empêche d’accéder à mon traitement, et on m’empêche
d’accéder à mes rendez-vous médicaux pour faire des examens. Ils veulent juste me renvoyer au bled. Le médecin et les infirmiers ils font pas leur boulot, c’est la merde. Ils veulent pas me laisser faire mes examens, ils me donnent des cachetons, et ils me disent que je suis pas malade. Le seul médicament qu’ils donnent ça me fait me gratter. C’est pas les médecins c’est la préfecture qui donne les ordres.

Le médecin en France m’a dit que si je reste dans cette situation ça va s’empirer, et ça me met en danger.

L’autre jour j’ai eu un vol caché. Les policiers m’ont ramené dans la salle de coffre, ils m’ont dit qu’ils allaient me menotter, je leur ai dit “non je suis malade c’est pas possible”. Finalement ils m’ont mis les menottes, et le cauchemard à commencé à l’aéroport. Il y en a 4 qui m’ont embarqué pour l’avion, ils m’ont fait tombé par terre pour me scotcher  les pieds, je me suis mis à pleurer et à faire une crise d’asthme. Ils voulaient pas me donner le médicament contre l’asthme, ils ont fini par me le donner à la fin de ma crise. Ils m’ont dit “lève toi tu vas rentrer chez toi”, j’ai pas voulu. Ils m’ont remis par terre, j’avais mal au dos là où j’ai des plaques de métal, ils ont mis un genou sur mon torse et ils l’ont écrasé. Ils m’ont mis les menottes, plus la ceinture pour serrer les bras autour du corps, et le scotch pour les pieds. Ils m’ont emmené dans une voiture jusqu’à l’avion, mais finalement c’était trop tard pour l’embarquement, et j’ai pu éviter le vol. Ils m’ont ramené au cra vers 17h je suis allé dans mon lit, et je me suis allongé et je suis resté bloqué à cause des douleurs dans mon dos après ce qui s’est passé à l’aéroport. Il y a des prisonnier.es qui m’ont porté pour m’emmener au médecin. Il était pas là, ils m’ont ramené à ma chambre. J’ai pu voir une infirmière jusqu’à 23h.”

FACE AUX CRA ET LEURS MORTS, CONSTRUISONS LA RIPOSTE. Assemblée publique mardi 3 décembre au Cicp

Dans les centres de rétention administrative (CRA), véritables prisons pour les personnes qui n’ont pas les « bons papiers », à l’abri des regards de la population, la rétention est insoutenable : bâtiments pourris, bouffe immangeable, refus d’accès au soin.

LES CRA TUENT

Les prisonniers-ères sont poussé⋅es à bout : les violences policières sont quasi quotidiennes, et dans les CRA de femmes, les violences sexistes sont fréquentes. Dans ce contexte insupportable, les infirmiers et les médecins collaborent et essayent de pacifier la situation, en filant notamment des calmants et autres médocs.
À Vincennes, depuis août deux prisonniers sont morts d’une overdose de médicaments, le dernier Mohammed, un prisonnier de 19 ans, est décédé le 8 novembre dernier.

LA GUERRE AUX SANS PAPIERS CONTINUE

Ces morts ne sont ni des accidents, ni des bavures, elles résultent de choix politiques qui s’étendent au-delà des murs de ces prisons. Parti en campagne électorale sur les plate-bandes du Rassemblement National(ex-FN), Macron a clairement affiché que la lutte contre l’immigration sera au cœur de la seconde partie de son mandat. Outre ses annonces nauséeuses sur la mise en place de quotas d’immigré⋅es, il fait construire de nouvelles places en Centre de Rétention Administratifs. En parallèle, les rafles se multiplient, les campements sont démantelés, et celleux qui se font choper sont mis⋅es en rétention et expulsé⋅es.
Réagissons!

LES LUTTES A L’INTERIEUR NE S’ARRETENT PAS

Malgré tout, à l’intérieur, des luttes s’organisent régulièrement. La
semaine dernière une grève de la faim a été lancée au CRA du Mesnil-Amelot, et depuis septembre, les tentatives d’évasion, incendies, résistances individuelles ou collectives face aux déportations et à la police sont quotidiennes.

Ce n’est surement pas l’envie et le besoin de se révolter des
prisonniers-ères qui manque, mais bien une solidarité réelle à
l’extérieur. Comment construire un rapport de force pour que ces morts cessent ?

Nous lançons une assemblée publique, ouverte à tou⋅tes celleux qui veulent lutter pour la disparition des CRA.

Pour ne pas oublier Mohammed et tou⋅tes les autres, pour combattre les violences policières et médicales dans ces prisons, pour soutenir les luttes des prisonniers-ères, partageons nos expériences et décidons ensemble de la mobilisation à mener. Venons nombreuses et nombreux, que l’on connaisse bien ou pas du tout la situation dans les CRA et construisons la riposte ensemble !

ASSEMBLEE PUBLIQUE
MARDI 3 DECEMBRE à 19H
au CICP
(21ter rue Voltaire, métro Rue de Boulets/Nation)

A bas les CRA !

«Au CRA, l’infirmerie, c’est une boucherie». Un autre mort à Vincennes, ni oubli ni pardon !

Le CRA est une machine à tuer. Luttons pour que la mort de Mohammed, prisonnier dans le CRA de Vincennes, ne soit pas oubliée.

Vendredi 8 novembre, un prisonnier est décédé au centre de rétention de Vincennes. Il s’appelait Mohammed et avait 19 ans. Il était enfermé depuis 28 jours. Au matin, ses co-détenus l’ont découvert entre la vie et la mort dans son lit. Ces derniers parlent d’une overdose survenue à
la suite d’une prise d’un cocktail de médicaments. Quand ils ont appelé à l’aide, les flics ont mis des plombes à réagir. Finalement une infirmière est appelée, faute de médecin sur place, et les pompiers ont mis une demi-heure à arriver, trop tard. Le parquet de Paris a « ouvert une enquête en recherche des causes de la mort » et la presse s’empresse de mettre en avant un mélange entre médicaments et stupéfiants.

Mais où a t-il trouvé ces médicaments, et ne sont-ils pas des stupéfiants ? A l’entrée du CRA tout est saisi et mis au coffre. Ses camarades dénoncent la responsabilité des médecins du centre, c’est eux qui ont filé ce cocktail empoisonné : « L’infirmerie, c’est une boucherie, pas une infirmerie ». Ils soutiennent que chaque jour, Mohammed recevait de l’infirmerie des pilules de valium, de tramadol et autres somnifères (des pilules colorées). Un de ses co-détenus raconte qu’il le retrouvait régulièrement dans des sales états après avoir pris les médicaments donnés par les médecins :

« Le médecin, il donne des calmants, il shoote tout le monde et après peut rentrer se coucher. Dans le centre de rétention, on traite les prisonniers comme des fous, c’est un HP, pas un centre de rétention. Tous les jours, ils nous appellent « venez chercher vos médicaments ». Et les gens, ils courent, dans l’état dans lequel ils sont »

Souvent à l’intérieur, on nous dit que les médecins administrent des calmants et tranquillisants au moment de l’expulsion et avant que les prisonnier.e.s passent devant le juge, pour qu’iels restent bien tranquilles. Le lendemain de sa mort, Mohammed devait passer devant le juge des libertés. La veille, avec ses co-détenus, ils avaient évoqué qu’il ne survivrait pas à 30 jours de plus d’enfermement.

Le CRA est un lieu d’enfermement où les prisonnier.e.s sont constamment poussés à bout. Tout pousse à leur destruction physique et psychologique. En plus de l’enfermement, les violences des keufs sont quotidiennes. De l’intérieur, on raconte de ces violences subies, par Mohammed comme par tou.te.s les autres :

« La veille de sa mort, il avait encore mal [parlant de Mohammed], il s’était fait étrangler par des flics. Tous les jours, on voit des prisonniers qui ont des bleus, des traces de coups »

« Je suis en train de voir des choses ici, que j’ai jamais vues, l’autre jour, j’étais posé avec un gars ; il avait mal au ventre, j’appelle les flics, « y a quelqu’un qui va pas bien », le flic il me regarde avec un petit sourire « il est mort, il respire ? » »

Les morts dites accidentelles dans les centre de rétentions sont loin
d’être rares. C’est le deuxième décès qui a lieu à Vincennes en trois mois. Le 19 août, un prisonnier, de nationalité roumaine avait aussi été retrouvé mort dans sa cellule. Selon les journaux, sa mort serait due à des médicaments, les prisonniers parlant d’une overdose de méthadone. Lors de cette affaire, au moment de la découverte du corps, les prisonniers avaient été sortis du bâtiment pendant des heures, de manière à ce que personne ne sache vraiment ce qu’il s’était passé.

Quand il s’agit d’un mort, il faut vite tout cacher, dissimuler, effacer. Aujourd’hui, les camarades de Mohammed craignent, qu’encore une fois, les policiers fassent tout pour étouffer l’affaire. Ils appellent à se mobiliser pour Mohammed, pour qu’il ne soit pas oublié.

Crever dans un CRA n’est jamais un accident : que ce soit à cause de la violence des keufs, du manque de soins, de l’enfermement, c’est le CRA même qui produit ces morts. Dans ce cas, les médecins sont clairement dangereux et responsables car ils laissent entre les mains de prisonnier.e.s du véritable poison.

 

L’AG contre les CRA et le collectif sans papiers Paris 1 appellent à une réunion publique, le mercredi 13 novembre à 18h, au CICP (21ter rue Voltaire).

Ne laissons pas que cette énième mort passe sous silence. Soyons solidaires des prisonniers-ères, organisons la lutte à l’extérieur.

L’enfermement des étranger.e.s et les frontières tuent.
A bas les CRA !

Témoignages de prisonniers à Vincennes

Alors même que dans les prisons pour sans-papiers de Vincennes et de Mesnil des tentatives d’évasion ont eu lieu ce weekend (malheureusement les détenus ont été attrapés), on transcrit ici deux témoignages de prisonniers renfermés dans le CRA de Vincennes, sur les conditions de vie à l’intérieur, les juges, les flics, et le refus de soin.

Solidarité avec les detenus, à bas les CRA!

 

 

J., prisonnier à Vincennes depuis 3 jours.

« Ici c’est le stress quotidien, y a plus de droit, ici tout fonctionne à la force, y a des vols clandestins, c’est vraiment difficile à vivre mais bon c’est le système français. Moi ça fait 5 fois que je suis en entre de rétention, depuis 2017, peu importe les démarche administratives que tu fais, ça change rien. Moi j’ai des enfants ici, j’ai été marié, j’ai fait mes études … Quand on essaye d’aller à la CEDH, il se passe rien, ils ont aussi leurs réseaux à l’intérieur, c’est un réseau fermé ..

Ouais c’est vrai ici on est logé, nourri mais c’est tout y a pas de respect. Je vous parle en connaissance de cause, c’est un vrai réseau, de toute façon ils ont des quotas, jugements ou pas si ils doivent vous expulser ils vous expulserons, ils forcent. Les juges et les avocats ils se connaissent, des fois il te forcent à prendre un avocat, c’est pour faire fonctionner une économie.

Y a 8 mois j’étais au CRA de Plaisir, ils ont compris que je captais ce qu’il se passait alors ils m’ont transféré. La je sais qu’ils vont me garder, c’est pas la première fois. Et pour les recours, ça sert à rien l’avocat il mange leur argent, si tu sais qu’ils vont te renvoyer à la fin.

Mais les agents ici, ils font juste leur taff, les ordres c’est en haut, c’est
les juges, les avocats et la préfecture .. eux ils font juste leur taff, ils ferment leur gueule, ils sont même plus humains, ça fait partie de leur quotidien …

Ici dès que t’es noir ou arabe, tu te fais contrôler, c’est une pratique discriminatoire, ceux qui sont sans papiers ils payent leur tickets et tout et ils sont controlés, et on leur dit que les policiers ont le droit de faire ça.

Ici, il y a des gens qui tombent, ce matin il y a un messieurs il est tombé, il s’est ouvert la tête, il angoisse tellement, il a des ses enfants en France, il a sa femme, après les enfants qui va les nourrir, ils brisent des familles, après les enfants ils volent … franchement ici, il y a une seule voie, il faut vraiment être chanceux pour sortir, tout ce qu’ils veulent c’est te ramener dans ton pays.

Je vais te dire un truc, à la fin c’est toujours la préfecture qui gagne »

 

I., là depuis plus de 2 mois :

« Moi personnellement j’ai un problème par rapport à ma santé, j’ai l’hépatite B, on ne peut pas me soigner chez moi. Ils sont censés me prendre en charge, mais du coup on m’a envoyé dans le centre, ils m’ont dit les médecins qu’ils allaient me traiter. Ca fait 2 mois et demi que quand je vais chez lui il me donne des dolipranes, il m’a dit ça alors que j’ai un problème de foie et je suis pas censé prendre ça, les policiers ils respectent rien, ils te parlent comme ils veulent

C’est difficile, c’est des conditions difficiles après c’est la loi, nous on est pas au dessus de la loi .. Comme on dit toujours en France t’as un enfant, si tu t’occupes de l’enfant même si t’as pas le titre de séjour t’as des droits quand même, sur le territoire, moi j’ai un enfant qui est né à Paris dans le 12 eme, je travaille; je l’ai reconnu, j’ai tous les documents avec moi.

Je me suis fait contrôlé à gare de l’est, un problème de ticket alors que j’ai jamais eu de problème avec la police depuis que je suis en France et là on ramène tous les documents de ma fille, justificatif de domicile mais bon tout ce qu’ils veulent c’est me ramener au bled alors que j’ai ma fille. Après nous on est déjà ici, on a plus rien , mais du coup j’ai reconnu ma fille, je l’ai accompagné à l’hôpital parce que sa mère elle travaille, on est deux à s’occuper de l’enfant, après on m’a arrêté. Même sa mère elle a écrit au juge, il veut rien comprendre, en plus ils m’ont pris avec mon passeport …

Ils m’ont fait signé un document qui dit que je peux pas aller en Cote d’ivoire parce que par rapport à ma maladie c’était pas prudent, les médicaments sont pas disponibles chez moi  c’est pas soigné moi, me ramener chez moi c’est comme si on met ma vie en danger. Le juge il a dit que le médecin de l’Ofii a dit que je peux voyager avec ma maladie, le médecin qui a écrit les papiers il a demandé pourquoi vous mettez sa vie en danger, mais le juge veut rien savoir.

Quelqu’un qui est malade il est pas traité pendant deux mois dans le centre, tout le problème c’est lui chercher un avion pour qu’il rentre … même si tu dis t’as mal au pied , mal jambe, c’est le même médicament … je leur ai dit que j’avais du mal à respirer ils m’ont jamais amené à l’hôpital… on nous laisse pas rentrer avec des téléphones avec caméra parce que après ils savent qu’on va filmer des trucs pour ramener dehors

Moi on m’a déjà frappé deux fois la police tout ça… j’ai porté plainte et eux ils m’ont dit comme quoi j’ai un avion pour que je ne puisse pas aller au jugement avec eux ils ont affiché un avion direct. Aujourd’hui la police des polices sont venu me poser des questions, ils ont fait des papiers, ils m’ont dit j’ai un avion pour toi … c’est mon troisième vol, si j’y vais pas ils vont me forcer …

Is ont tellement organisé le truc, moi mon avocat j’ai payé 1000 balle, on est 3 il a pris 3000 balle, il a rien fait, et après on me dit tu vas
faire un recours, et le recours c’est mardi mais j’ai un avion lundi … Une fois j’ai vu un truc, un mec ils l’ont attaché, il lui ont mis un capuchon sur la tête, ils l’ont soulevé comme un sac de riz, ça m’a fait tellement pitié que j’avais les larmes aux yeux, tout ça pour toi, le mec … je croyais la France c’était un pays de droit mais la c’est trop. »

Procès en appel de la lutte contre la machine à expulser

article trouvé sur paris luttes info

Le 25 juin 2019 à Paris devant la Cour d’appel a eu lieu un nouveau procès de la lutte contre la machine à expulser, suite aux visites inamicales dans les agences Air France et SNCF de mars 2010, quelques heures après la condamnation à des années de taule de dix sans-papiers accusés de l’incendie du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes.

Le 22 juin 2018 en première instance, les juges ont distribué pour les dégradations et le refus de donner ses empreintes et son ADN, à trois compagnons et camarades, des peines de 4 mois ferme, 3 mois ferme et 2 mois ferme, plus des amendes de 1000 euros chacun. Quant aux quatre autres accusé.e.s uniquement des refus de signalétique et de prélèvement biologique, trois ont pris 1 mois de sursis plus 500 euros d’amende, la quatrième ayant pris 60 jours amende à 10 euros, plus 500 euros d’amende.

De 2006 à 2011, une lutte contre la machine à expulser a touché des centaines d’objectifs de manière variée, avec le feu comme avec le marteau ou l’acide, sans compter les balades sauvages et les discussions publiques, ou les idées (affiches, banderoles, tags, tracts) directement adressées à la rue au-delà de tout rapport virtuel. Une lutte sans sujet ni centre politique, qui proposait à chacun l’auto-organisation sans médiation et l’action directe diffuse à partir d’un angle particulier, la machine à expulser, une lutte au nom de la « liberté pour tous et toutes, avec ou sans papiers ».

Après des mois d’enquêtes menées par les petits soldats de la section anti-terroriste (SAT) de la brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres et deux vagues de perquisitions en février et juin 2010 dans une quinzaine de domiciles, deux vastes instructions judiciaires furent ouvertes. Elles ont fini sept années plus tard par des jugements qui se raccrochent aux branches, faute d’avoir pu mettre la main sur les anonymes qui avaient mené toutes ces attaques. Après s’être largement dégonflée, la première a ainsi conduit à la condamnation en juin 2017 de trois personnes à 4 mois de prison avec sursis, pour des tags suite à une promenade nocturne (« dégradations en réunion »). La seconde a de son côté conduit aux condamnations citées plus haut (soit, en passant, des peines supérieures à celles demandées par le procureur). En cause ? Des visites inamicales rendues à l’agence Air France de Bastille et à la boutique SNCF de Belleville, qui durent rester porte close pendant plusieurs jours, ainsi qu’une pauvre vitrine d’un magasin Bouygues redécorée dans un même élan (constituant des « dégradations ou détériorations du bien d’autrui commises en réunion »). Ces deux actions s’étaient déroulées le 17 mars 2010, quelques heures après la condamnation à des années de taule de dix sans-papiers accusés de l’incendie du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes.

A travers le verdict du 22 juin 2018, rendu ironiquement 10 ans jour pour jour après cette même révolte destructrice du CRA de Vincennes, c’est l’ensemble de la lutte contre la machine à trier, enfermer et expulser les indésirables, ponctuée ces années-là de vagues de sabotages, que le pouvoir a souhaité viser en guise d’avertissement contre toutes celles et ceux qui continuent aujourd’hui de lutter contre elle, de Calais à Paris ou de Ouistreham à Briançon. Notamment parce que l’attaque de ces mille et un rouages reste une possibilité toujours actuelle : contre Air France, Bouygues et la SNCF évidemment, et contre beaucoup d’autres encore comme La Poste qui a encore assumé le 1er juin dernier avoir balancé un sans-papier aux flics à Champigny-sur-Marne « parce que c’est la loi ». Sans oublier que des sans-papiers continuent aussi de se révolter à l’intérieur des centres de rétention, comme à Rennes le 10 mai où leur rage incendiaire a réduit de moitié les capacités d’enfermement du lieu.

Mais si l’État n’a pas oublié de boucler sa petite vengeance contre les sept camarades et compagnon.ne.s, y compris de longues années après, c’est aussi pour une petite raison supplémentaire : frapper une manière de lutter et de s’auto-organiser de façon autonome au sein de la guerre sociale. Une manière sans partis, syndicats ni journaflics où l’on se met en jeu à la première personne pour agir directement contre tout ce qui nous opprime, des frontières à l’enfermement, du contrôle social aux guerres technologiques, de l’exploitation à la domination, une manière sans médiation pour en finir avec le vieux monde de l’autorité.
Pour ne donner que quelques exemples, alors que les fins limiers de l’anti-terrorisme ne sont jamais parvenus à identifier les joyeux saccageurs d’Air France et de la SNCF, le tribunal a fourgué 2 mois ferme à un compagnon qui dans l’après-midi est filoché par des policiers de la SAT qui le voient acheter de la colle dans le 18e arrondissement puis le perdent, colle dont la composition chimique au néoprène – la plus courante qui soit – serait la même que celle utilisée pour l’agence Air France du 11e arrondissement. C’est bidon, mais cela suffit à ces larbins pour distribuer des peines de ferme. Car pour tous les accusé.e.s, le fait « d’avoir des centres d’intérêts en rapport avec les mobiles des infractions commises », soit plus prosaïquement d’avoir à la maison des livres, des brochures et des affiches subversives ou d’être présent à des rassemblements en solidarité avec les inculpés de l’incendie du centre de rétention de Vincennes, suffit à justifier pour les charognes en toge l’existence « d’indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’il/elle ait commis des dégradations en réunion, outre l’existence de raisons plausibles de soupçonner qu’il/elle avait commis une infraction ». Misère de la démocratie totalitaire qui justifie a posteriori à travers du papier saisi en perquisition des peines qui vont jusqu’à 2 mois de prison ferme en jours-amende pour les seuls refus d’ADN et de signalétique, en l’absence de toute autre accusation concernant un fait spécifique.

Les grosses ficelles ont donc été comme souvent de sortie ce 22 juin 2018, ce qui n’est pas une surprise contre des accusé.e.s dont le profil ou le casier correspondent à leur non-collaboration depuis le début de cette affaire : celui d’individus rétifs à la loi. Rien de nouveau sous les fourches caudines de la justice, dont l’objectif est d’effrayer et de punir quiconque s’oppose ou fait obstacle à la marche radieuse de l’ordre social et de la paix des marchés. Qui plus est quand on refuse obstinément de se confesser aux flics, de s’auto-ficher dans leurs poulaillers ou de renier ses idées anti-autoritaires devant les tribunaux. Qui plus est quand on ne se reconnaît pas dans les catégories d’innocent et de coupable, mais qu’on défend l’idée d’une liberté en acte contre le pouvoir.

Les sept camarades et compagnon.ne.s ont fait appel du jugement du 22 juin 2018 prononcé par la 16e chambre du tribunal correctionnel. Après une première audience relais le 2 novembre 2018, le procès en appel s’est tenu mardi 25 juin 2019 à 9h, chambre 11 pôle 4, à l’ancien tribunal (métro Cité).

Chacun peut d’ores et déjà exprimer sa solidarité de la manière qu’il trouvera la plus adéquate ! De la Méditerranée devenue un gigantesque cimetière marin à la mise en camps des migrants qui forcent les frontières terrestres, de la construction de dizaines de nouvelles prisons aux technologies de contrôle de la ville-carcérale et à l’extension des frontières intérieures, saboter la machine à expulser et à enfermer est bien le moins que l’on puisse faire.
Liberté pour toutes et tous, avec ou sans papiers !

Des ennemis de toutes les frontières

Action contre Air France et les déportations pendant la Marche des Fiertés à Paris !

De plus en plus d’entreprises s’invitent à la Marche des Fiertés, ce 29 juin c’était autour d’Air France avec un char Person’Aile. Une centaine de personnes ont décidés de bloquer le char, et de rappeler le rôle d’Air France dans les milliers de déportations qui ont lieu 29 juin chaque année.

On relaye ici leur tract, et leur FB: Gouines contre les déportations

Rassemblement contre les rafles, les CRA et les frontières le samedi 22 juin à 15h, à place de La Chapelle

Alors que le centre de rétention de Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes, vient de vivre, depuis janvier, la seconde révolte collective de retenu·e·s à l’occasion d’une expulsion suite à un vol caché [1] (une dizaine de détenus ont mis le feu à des matelas, entraînant une diminution de 15 places dans ce CRA), un collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes propose de manifester simultanément contre tous les centres de rétention administrative (CRA) de France, le samedi 22 juin. Cette date est aussi l’anniversaire de l’incendie du CRA de Vincennes en 2008, aboutissement d’une révolte collective faisant suite à la mort d’un retenu. Parce que ces révoltes, qui font partir en fumée des places dans les CRA, enrayent la machine à expulser, nous reprenons l’appel à les soutenir.

À Paris, nous appelons à nous retrouver à place de La Chapelle, là où les rafles et les contrôles policiers sont le quotidien de centaines de sans-papiers, comme cela s’est produit le jour de la manifestation Stop Dublin du 25 mai dernier (au moins 9 personnes interpellées, dont 3 ont fini en CRA). Ces rafles aboutissent à l’enfermement des personnes sans-papiers dans des CRA. Dans ces prisons pour étranger·e·s l’État entasse les personnes qui n’ont pas les bons papiers, afin de les avoir sous la main pour pouvoir les déporter. Privation de liberté, angoisse de l’expulsion, matons qui régulièrement tabassent ou humilient conformément à leur rôle de flics, tentatives de suicide, vidéosurveillance, contrôles, fouilles, confiscation des téléphones, difficulté des recours, être attaché·e ou masqué·e lors des expulsions, ne pas être averti·e de son expulsion, être réveillé·e et embarqué·e en pleine nuit, être passible de prison dès qu’on résiste : voilà le lot commun de violences subies par celles et ceux qui n’ont pas les bons papiers.

Nous soutenons les révoltes à l’intérieur des CRA, comme celles récemment à Vincennes et Mesnil-Amelot (grèves de la faim, résistances collectives contre les expulsions, refus de réintégrer les bâtiments, départ de feu, etc.) et nous organisons contre ces taules. Nous apportons notre solidarité aux retenu·e·s et aux révolté·e·s face à la répression : suite à la dernière révolte à Rennes, deux retenus ont été condamnés à deux ans fermes de prison, deux autres à un an ferme et un an à sept mois ferme. Le CRA les a amenés en prison, la prison les ramènera au CRA.

Contre les rafles et les déportations !
Contre les CRA et les frontières !
Contre tous les enfermements !

Soutenons les résistances des sans-papiers face à la violence et au racisme d’État !

[1Très souvent la PAF (police aux frontières) vient chercher les retenu·e·s sans qu’ils et elles soient prévenu·e·s de leur expulsion

Rassemblement devant le commissariat du 12e !

Rdv lundi 25 à 19h devant le commissariat du 12e arrondissement de Paris en solidarité avec deux personnes interpellées à la suite d’un parloir sauvage au centre de rétention de Vincenne

 

Aujourd’hui dimanche 24 mars, nous avons fait un parloir sauvage (rassemblement pour communiquer avec les gens de l’intérieur) devant le centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, où des détenus sont en grève de la faim depuis mercredi.
Deux personnes ont été interpellées par la police et placées en garde-à-vue.
 
Solidarité avec tou-te-s les enfermé-e-s !
 
Rassemblement de soutien lundi 25 mars à 19h devant le commissariat du 12e, où se trouvent es personnes arrêtées (80 avenue Daumesnil métro Gare de Lyon).
 
A bas les CRA !
Liberté pour tou-te-s !