Qui sommes-nous ?

 
L’assemblée contre les CRA (Centres de Rétention Administrative) d’île-de-france, s’est créée en janvier 2019 en soutien aux luttes collectives dans les CRA d’IDF. Cette assemblée, publique et ouverte à tou·te·s, se déroule tous les mercredis soirs à 19h (le lieu et l’horaire peuvent varier, donc n’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez venir à une AG actuellement c’est aux condos à Montreuil 43 rue de Stalingrad). Elle a pour objectifs de publier des communiqués et des témoignages des personnes enfermées dans les CRA, d’informer sur le fonctionnement et les acteurs des CRA, les nouvelles constructions, les procédures juridiques en cas d’arrestation et de témoigner notre solidarité avec les enfermé·e·s par l’intermédiaire de diverses actions.
 
QU’EST CE QU’UN CRA ?
 
Les CRA sont des prisons. Même si les textes juridiques ne les désignent pas comme telles, ce sont des lieux d’enfermement et de privation de liberté. Les violences policières physiques et morales, les menaces, le racisme et les humiliations y sont quotidiens. Les prisonnier.e. ont été jugé.e·s coupables de ne pas avoir les “bons papiers”. Pour l’État, seul ce bout de papier compte et son absence suffit pour enfermer et expulser. Depuis le 1er janvier 2019, la durée de rétention maximale dans les CRA est de 90 jours et ce sont plus de 50000 personnes qui y sont enfermées chaque année. À l’heure actuelle, 24 CRA ont été construits et l’État en prévoit de nouveaux dans les années à venir.
 
Lieux d’isolement et d’abus, les CRA sont un des maillons d’une chaîne bien plus grande. Une chaîne qui va des relations néo-coloniales qui organisent les visas et les accords bilatéraux aux frontières militarisées, des centres d’hébergement et d’accueil aux prisons, des préfectures à la commission d’asile, des tribunaux aux rafles et aux contrôles au faciès dans les rues et les gares. Les CRA font partie d’un système d’exploitation et d’humiliation raciste, auquel un ensemble d’acteurs participent. Certains se disent humanitaires, d’autres sont clairement répressifs, mais que ce soit pour trier, expulser ou “éduquer et intégrer”, ils participent tous au processus de fichage et de contrôle des étrangers·e·s, de leurs mouvements, de leurs comportements et de leurs vies.
 
Les CRA sont le visage le plus explicite et brutal de la mise à l’écart des migrant·e·s “sans les bons papiers”. Mais ils ne produisent pas que de l’exclusion. Ils ont pour objectif de modeler des travailleur·euse·s toujours plus exploité·e·s et soumi·se·s aux chantages continus de l‘enfermement et de l’expulsion. Ils sont un outil parmi tant d’autres utilisés par l’État et les patrons pour discipliner les prisonnier·e·s et tou·te·s celleux qui, un jour ou l’autre, pourraient se faire contrôler par les flics dans les transports, les gares, les guichets ou les lieux de travail et être enfermé·e·s. Les CRA, comme toutes les prisons, sont une menace omniprésente.
 
Par ailleurs, on constate que les liens entre prisons et CRA s’intensifient : toujours plus de personnes entrent en CRA après une peine de prison. Ces dernières années, de nombreux procès et d’allersretours entre CRA et prisons pour des révoltes et des tentatives d’évasion ont eu lieu.
 
 
REGARD SUR LES LUTTES
 
 
À l’intérieur des CRA, les luttes et les résistances individuelles ou collectives sont quotidiennes et les modes d’action multiples : grèves de la faim, blocages de promenades, tentatives de bloquer ensemble des expulsions, incendies des lieux d’enfermement, révoltes faces aux violences policières. Ce qui manque le plus souvent c’est la solidarité de l’extérieur mais aussi la capacité de relayer les paroles des prisonnier·e·s en lutte et de s’organiser pour les soutenir. Les rares fois où on entend parler des révoltes à l’intérieur, ce sont dans les communiqués des flics et dans les médias dominants (qui reprennent la parole des premiers), où les keufs se plaignent des évasions, de l’insubordination des prisonnier·e·s, des risques pour leur sécurité physique, etc.
 
Face à ça, nous cherchons à relayer les luttes des prisonnier·e·s à l’intérieur des CRA et celles menées à l’extérieur en solidarité pour qu’elles puissent rester dans le temps. Nous ne cherchons pas à tracer des bilans ou à apprendre quoi que ce soit aux prisonnier·e·s. Nous pouvons regarder la manière dont les luttes à l’intérieur se transforment, pour essayer de nous coordonner au mieux avec elleux et tenter de construire une solidarité plus efficace, pour frapper plus fort.
 
 
L’ASSEMBLÉE
 

Lorsqu’il y a des luttes à l’intérieur nous montrons notre solidarité par des parloirs sauvages et des manifestations de soutien. Nous essayons également, de nous organiser avec des proches de retenu·e·s ou avec des collectifs de sans-papiers.

 
En parallèle, nous mettons en place un travail d’information et de lutte contre les entreprises et les acteurs qui participent à la construction et au fonctionnement des CRA, les boîtes qui ramènent la bouffe et font le ménage dans les CRA, les guichets (de la Poste, de le SNCF, etc.) qui balancent les sans-papiers, les juges qui prolongent sans cesse la rétention, les assos qui cautionnent ou collaborent avec les flics dans les prisons pour étrangers·e·s. Les CRA existent aussi à cause d’elles ! 
 
Nous pensons aussi qu’il est fondamental de faire sortir autant que possible les paroles collectives et individuelles des prisonnier·e·s et relayer les luttes. Ainsi, nous nous appuyons sur plusieurs supports :
 
  • Ce blog, sur lequel nous relayons des communiqués, témoignages et autres informations sur les frontières. Ce site se veut participatif, tou·te·s celleux qui veulent relayer des paroles de l’intérieur ou des luttes en cours, ponctuellement ou plus régulièrement, ou qui veulent juste discuter, peuvent nous contacter ou écrire à anticra(at)riseup.net.
  • Une partie du site regroupe des textes qui dressent un portrait de la machine à expulser afin d’analyser et de critiquer le système de contrôle et d’expulsion des personnes qui n’ont pas les bons papiers.
 
 
  • La radio : avec l’émission L’Envolée, tous les vendredis de 19h à 20h30 sur FPP 106.3. La radio permet aux prisonnier·e·s d’appeler en direct pour raconter leurs luttes et d’avoir des nouvelles d’autres prisons pour sans-papiers. 
 
Rappelons-le, n’importe qui peut discuter avec les prisonnier·e·s en CRA en appelant les cabines.
Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, vous trouverez des informations et quelques idées ici.
 
À Calais, Lille, Lyon, Marseille, Nîmes, Sète, Toulouse, il existe aussi des collectifs qui luttent pour la fermeture des prisons pour étranger·e·s.
collectiftoutesettousetrangers sur facebook (Sète)
 
À bas les CRA! À bas tous les enfermements!
Liberté pour tou·te·s!