Brochures

Pour les copines enfermées en CRA, c’est la double peine du racisme et du sexisme c’est-à- dire qu’en plus des violences subies par tous et toutes, elles doivent supporter d’autres « formes » de violences. Elles ont toujours pour but d’intimider et d’humilier la personne. Ça peut être des insultes liées à leur genre, de la drague non consentie, donc du harcèlement,de la part des flics, des menaces par rapport à leurs enfants. En plus du stress des conditions de vie en CRA et de la déportation, elles doivent vivre avec la possibilité et une probabilité plus élevée de se faire violer. Au Mesnil-Amelot, en décembre, une femme enfermée s’est faite violer par un keuf du CRA. Le viol est aussi utilisé comme une punition, une forme de répression de la part des keufs. Un autre moyen de leur faire fermer leur gueule, de leur mettre la pression. Les copines avec qui on était en contact nous racontaient que face à ce viol, elles avaient décidé de résister ensemble, c’est-à-dire de rester toujours ensemble, de ne jamais se retrouver seules. Il y a souvent une grande solidarité et complicité entre les meufs au Mesnil. Elles s’échangent les produits de première nécessité comme les serviettes hygiéniques, elles s’entraident morale- ment, elles partagent les informations sur les résistances, sur les parloirs sauvages.

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Ce document vise à rassembler des informations juridiques et pratiques pour comprendre et tenter de s’en sortir en cas d’arrestation et de risque d’expulsion. Il est conçu à partir de la lecture des textes de loi et de retours d’expérience. La loi ne nous laissant pas beaucoup de place pour nous en sortir, un certain nombre de conseils sont en dehors de la légalité. Ce guide est très condensé, et les pratiques évoluent selon le moment et les préfectures. Il n’est donc pas complet. Par ailleurs, "c’est toi et ta chance" : selon la préfecture, le flic, l’avocat et le juge sur lequel vous tombez, ce qui vous arrivera n’arrivera pas forcément à quelqu’un d’autre. Cette brochure n’est pas juste un guide à l’usage des personnes susceptibles d’être expulsées, mais aussi une initiative contre les frontières. Il s’agit autant de fournir des outils pour échapper à l’État que de s’opposer à lui, d’enrayer sa machine à expulser. Participer à des luttes, refuser d’embarquer, faire de la prison, et tout ce qui pourrait arriver pendant que vous êtes au centre de rétention ne posera pas forcément de problème pour votre accès à un titre de séjour plus tard.

This brochure aims to collect legal and practical information useful to understand your rights and try to be released in case of arrest and possible deportation. The brochure has been written on the basis of legal texts and first­ and second­hand experiences. The French legal system doesn’t leave many opportunities for gaining freedom in such cases, and some of the advice reported here are not legal or legally allowed. This guide is very dense, and practices change from one case to another, and from one prefecture to another. They are therefore not exhaustive. Moreover, “it’s you and your good luck”: depending on the prefecture, cops, lawyers and  judges that you meet, what happens to one person is not guaranteed to happen in the same way to another. These pages are not only a guide for those who can be deported, but also an act against national borders. This text is not only concerned with providing tools to escape State control, but it also wishes to oppose it, by blocking its deporting machine. Taking part in a struggle, refusing to board a plane, spending time in jail, and everything that might happen to you while you are in a detention center, is not necessarily going to be a problem when you will try to obtain a residency permit later on.

Une chose est certaine : neuf mois de luttes contres les centres de retention ne peuvent pas rentrer dans une brochure. Même si on se limite aux CRA en Ile-de-France, plein de trucs se passent sans qu’on en soit au courant ; même si on essaye de relayer au maximum la parole de l’intérieur et de construire de la solidarité à l’extérieur, on n’est jamais assez nombreux-ses, on n’arrive pas à voir tout un tas de formes de résistance, de rébellion et d’organisation de prisonniers-ères…

Malgré tout ça, revenir sur ces mois de mobilisations, de révoltes et de solidarité permet de mieux comprendre le fonctionnement de la machine à expulser, montre que les prisons pour sans-papiers sont loin d’être des espaces pacifiés, indique quelques pistes à suivre pour celleux qui veulent – ou doivent – lutter contre les CRA.
La parole et les luttes des prisonniers-ères le rappellent sans cesse : ces lieux d’enfermement doivent disparaitre.
A BAS LES CRA !

Depuis deux ans l’Etat rénove des Centres de Rétention
Administrative (CRA = prisons pour étranger.es sans papier) pour créer des centaines de nouvelles places en rétention.

Aujourd’hui il s’apprête même à faire construire trois nouveaux centres ! Diverses entreprises se font de l’argent sur le dos des étranger.e.s en bâtissant et entretenant ces prisons labellisées “humaines” grâce à la caution fournie par des associations humanitaires.

Contre l’enfermement et son marché, ciblons les boîtes collabos !

Depuis décembre 2018, les centres de rétention pour migrant·e·s sont secoués par des révoltes, des formes d’organisation collective, des grèves de la faim. 

À partir de janvier 2019, des personnes solidaires se rencontrent, pour faire sortir la parole de l’intérieur et soutenir la lutte à l’extérieur.
Cette brochure En lutte contre les CRA essaie de raconter tout ça.

On relaie cette brochure qui rassemble des témoignage de personnes enfermées au CRA de Sète et réalisé par un collectif de soutien local. Paroles d’enfermés au CRA de Sète d’après les entretiens menés par le Collectif toutes et tous étrangers au parloir du Centre de Rétention Administrative de Sète au cours de l’année 2018