Retour sur un week-end chargé de lutte contre les CRA !

Le samedi 17 octobre a eu lieu l’acte 4 de la Marche des Solidarités : en septembre des collectifs de sans-papiers ont commencé à marcher vers Paris depuis plusieurs coins de la France, pour se retrouver lors de la marche du 17, supposée viser l’Elysée. Les mots d’ordre de la marche : des papiers et logements pour tous-tes et la fermeture des centres de rétention. 
On a décidé d’investir cet espace de lutte : on voulait continuer à porter la question des CRA, souvent un peu laissée de côté face aux demandes de régularisation, et rendre visible les luttes qui ont lieu à l’intérieur. On trouve aussi la dynamique en cours depuis le confinement intéressante : dans de nombreux endroits, des collectifs de sans-papiers se sont reconstitués ou sont apparus, et c’était donc pour nous l’occasion de tisser des liens avec elles et eux pour lutter ensemble contre les CRA, de continuer à articuler intérieur et extérieur. 
 

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COMMUNIQUE des prisonniers en grève de la faim au CRA de Vincennes

Depuis lundi 2 novembre 2020, les prisonniers du batiment 1 du CRA de Vincennes sont en grève de la faim. Ils rejoignent ainsi d’autres sans-papiers en lutte dans les CRA de Toulouse et de Marseille. Ils ont écrit un communiqué collectif  qu’on publie ici, où ils expliquent les raisons de la grève : les conditions sanitaires pourries (confirmées par la vidéo sortie ici), mais aussi les provocations et les humiliations des flics, sans oublier le sale travail des juges et les vols cachés.

Suite au début de la grève, les flics ont commencé à mettre des gros coups de pression aux prisonniers, par exemple en fouillant à fond et à plusieurs reprises les cellules et en renversant tout ce qu’ils trouvaient. Les grévistes tiennent le coup, mais ils ont besoin du max de soutien depuis l’extérieur : hésitons pas à appeler les cabines, à harceler l’administration du CRA ou l’asso qui intervient dans le centre, ou à chercher d’autres moyens pour montrer notre solidarité malgré le confinement.

contre les cra et l’enfermement, solidarite avec les sans-papiers
en lutte !
liberte pour tous et toutes !

MOTIFS DE LA GREVE  DE FAIM

En ces jours, compte tenu de la crise sanitaire dans laquelle nous sommes, le 01 Novembre 2020 nous, retenus du centre de rétention administrative de Vincennes-Paris, avons décidé uninanimement d’entamer une grève de la faim pour les raisons suivantes :

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Dans les CRA de Toulouse et de Marseille, les prisonnièr.e.s se révoltent !

Ces articles, d'abord publiés sur https://toulouseanticra.noblogs.org/ et https://mars-infos.org/ montrent que dans toute la France, les prisonnièr.e.s des CRA se révoltent - via une grève de la faim à Toulouse ou encore un communiqué collectif à Marseille. Iels protestent contre les conditions d'enfermement pourries, encore plus en temps de confinement. Soutien aux luttes des prisonniers et prisonnières ! Fermeture de toutes les prisons !

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Le 16 Octobre Marchons sur le Centre de Rétention de Vincennes !!! (texte d’appel en arabe disponible)

Dans le cadre du mouvement de lutte des sans-papiers initié par les marches des solidatités post-confinement et de la Marche sur l'Elysée prévue le 17 Octobre prochain voici un appel écrit avec le Collectif de Sans-Papiers de Montreuil (CSPM) pour aller montrer notre solidarité aux prisonniers du CRA de Vincennes le 16 Octobre. Soyons nombreu.x.ses à répondre à l'appel et présent.es à 16h30 à la gare RER de Joinville-Le-Pont (Bois de Vincennes).

Le 16 octobre, nous marcherons en direction du Centre de Rétention de Vincennes afin d’exiger immédiatement la fin des expul- sions forcées reprises récemment, la fin des rafles et des contrôles aux faciès par la Police.

Le 16 octobre, nous marcherons en direction du Centre de Rétention de Vincennes afin de faire entendre notre pleine et entière solidarité envers nos sœurs et nos frères, retenu.es et subissant autant des risques de contamination, que des violences policières.

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Alerte expulsion des gréviste de la faim du centre de retention du Canet – Marseille

10 septembre 2020 :

Depuis plusieurs semaines, les détenus des centres de rétention de Marseille et d’autres villes (Rennes, Lyon, Mesnil-Amelot) sont en grève de la faim pour obtenir leur libération. Beaucoup sont enfermés jusqu’à 90 jours, le maximum légal, alors même que leur expulsion est rendue impossible par la fermeture des frontières et l’annulation des vols. A Marseille, les personnes enfermées craignent la propagation du covid-19, dans des conditions sanitaires désastreuses et alors que 5 cas ont déjà été diagnostiqués …dans la police aux frontières qui contrôle le centre !

L’État a décidé de casser ce mouvement qui prend de l’ampleur et qui commence à être relayé, médiatiquement, mais aussi par la multiplication des mobilisations de soutien en cette rentrée (3 manifestations à Marseille) : il a décidé d’une expulsion collective imminente du CRA de Marseille vers la Tunisie , par bateau, sur la ligne Marseille-Tunis opérée par la Corsica Linea et la Compagnie tunisienne de navigation (CTN). Cette semaine, le consul de Tunis a procédé à l’identification d’une quinzaine de retenus tunisiens au Canet, auxquels pourraient s’ajouter d’autres retenus tunisiens de Nîmes. Ce qui signifie la mise en œuvre imminente de la procédure d’expulsion.

Merci de vous tenir prêt à agir pour empêcher cette expulsion et soutenir les personnes qui résistent à l’intérieur des murs !

Vous pouvez aussi exiger la libération des retenus et dénoncer cette politique de terreur auprès de représentants de l’État français à Marseille et ses collaborateurs (dont les compagnies maritimes):

Préfecture de Marseille (Juliette Trignat au secrétariat général, Madame Assidon à la préfecture à l’égalité des chances,
Pierre Dartout à la préfecture de région, Sébastien Oddone au cabinet du préfet):
pref-secretariat-sg@bouches-du-rhone.gouv.fr
pref-pdec-sec@bouches-du-rhone.gouv.fr
pierre.dartout@bouches-du-rhone.gouv.fr
juliette.trignat@bouches-du-rhone.gouv.fr
sebastien.oddone@bouches-du-rhone.gouv.fr

Consulat de Tunisie à Marseille (Monsieur le Consul Seif Eddine
Fliss, au 8 bd d’Athènes): cgtmarsei@numericable.fr ou 04 91 50 28 68

La police aux frontières de Marseille : téléphone 04 91 53 60 90 ou fax
04 91 53 61 20

La Compagnie tunisienne de navigation CTN (21 rue Mazenod et 8 rue
André Allard): 04 91 91 55 71/35

La Corsica Linea : 08 25 88 80 88 (bureaux 42 rue Ruffy et 45 boulevard des Dames)

Le port autonome de Marseille (place de la Joliette):
gpmm@marseille-port.fr claire.battedou@marseille-port.fr ou par téléphone 04 91 39 46 41

Et enfin n’hésitez pas à interpeler les nouveaux et nouvelles
élu.es de la mairie qui ont promis de faire de Marseille un port ouvert :

mrubirola@marseille.fr bpayan@marseille.fr sghali@marseille.fr etc.

Lutte en cours à la prison pour sans papier de Marseille: APPEL A RASSEMBLEMENT LE 24.08.20 A MARSEILLE !

Les prisonniers du centre de rétention à Marseille sont en grève de la faim
pour protester contre leur enfermement en pleine crise du Covid-19. C’est le cas dans plusieurs CRA depuis plusieurs semaines: Toulouse, Nimes, Rennes, Mesnil-Amelot, Vincennes et Lyon au moins.A chaque fois les préfecture décident de continuer à enfermer des gen.te.s en risquant volontairement de les mettres en danger.

Les prisonniers de Marseille ont décidé de faire sortir un communiqué à relayer un maximum:

« La semaine du 17 août on était plusieurs dizaines de personnes à s’être mises en grève de la faim pendant plusieurs jours car on a peur pour notre vie, à cause de la mauvaise gestion des risques de contamination au Covid-19 ici. Tout le monde s’en fiche de notre situation : la police ne fait rien, Forum Réfugiés, l’association qui est déléguée pour s’occuper des aspects juridique ici dans le centre, ne réagit pas à notre grève de la faim, et la population dehors nous oublie. On veut se faire entendre, même si notre grève de la faim est difficile à supporter. Il y en a un dans le CRA qui est en grève de la faim depuis trente jours, il a fait plusieurs malaises. Il a été envoyé deux fois à l’hôpital Nord à cause de sa grève de la faim, mais la troisième fois qu’il a fait un malaise la police a dit aux
pompiers de repartir sans s’occuper de lui.
On se remet en grève de la faim dès ce week-end du 22-23 août à cause de la même situation qui ne change pas.
Les frontières sont fermées et pourtant on nous maintient 60 jours ou plus en centre de rétention.
Dans le même temps les arrestations continuent puisqu’il y a toujours des gens qui arrivent dans le CRA. Les risques de contamination augmentent donc.
Il y a au moins 4 cas confirmés de coronavirus au sein de la PAF (Police aux frontières) qui garde le centre de rétention de Marseille, et pourtant rien n’est fait pour nous protéger. On nous donne pas de masques, les seuls qui en ont ici les obtiennent grâce aux visites. Dans la police ça se met en arrêt maladie pour éviter de venir au CRA, la police aussi elle a peur.

Il y a des tests au coronavirus qui
commencent à être faits sur les prisonniers dans le CRA.
Nos proches hésitent même à venir nous voir parce qu’on a peur que ce centre soit un gros foyer de coronavirus. De manière générale nos proches aussi sont épuisé·es par cette situation. Des parents doivent s’occuper seules de leurs enfants. Nos proches aussi sont cassé·es par les procédures juridiques, la séparation et le mal de vivre. Les frais d’avocats coûtent parfois plusieurs milliers d’euros. Les avocat·es commis·es d’office ne font rien. L’association qui gère le CRA de Marseille, Forum Réfugiés, ne s’occupe que des cas qu’elle considère défendables et laisse les autres dans la merde, par exemple ceux qui n’ont pas de famille dehors ni de visites en parloir. Ce CRA est dégueulasse, il n’y a que les parloirs qui sont relativement propres. On est une cinquantaine en ce moment dans le CRA, et on ne peut pas respecter les distances de sécurité dedans. On est plusieurs par cellule et trop nombreux au réfectoire. C’est pour ces raisons qu’on refuse de remonter au réfectoire et qu’on a décidé de se mettre en grève de la faim, pour dénoncer cette situation dangereuse et in- juste. »

 

Appel à rassemblement devant le CRA de Marseille : Lundi 24/08 à 19h
(Rendez-vous au au niveau des escaliers à gauche de l’entrée du CRA)

SOLIDARITE AVEC LES PRISONNIER.E.S ! A BAS LES CRA !

” Il faut fermer les centres maintenant ” : communiqué et révendications des prisonniers en lutte de Nimes

Depuis jeudi dernier tous les prisonniers du centre de rétention de Nimes ont décidé de lutter ensemble pour obtenir leurs libérations. La-bas il y a beaucoup de sortants de prisons, qui mangent donc une double peine de trois mois imposés par la préfecture. Jeudi tous les prisonniers ont décidé de lancer une grève de la faim pour tenter de mettre la pression sur la préfecture. Dans le même temps des luttes ont lieu dans les prisons de Marseille, Lyon et Toulouse. Dans au moins une de ces prisons des départs de feux ont lieu en plus de grève de la faim collective.

A Toulouse une prisonnière serait tombé malade, du covid19. Au lieu de libérer tous le monde et de fermer au plus vite cette prison puor sans papier, la préfecture décide de confiner les prisonnières dans leurs batiments, leurs interdisant même l’accès à la promenade. Tous les prisonniers ont décidés de se mettre en grève de la faim pendant au moins deux jours pour exiger leurs libérations et des soins adaptés pour les prisonnières possiblement malade.

Pour le moment aucune préfecture n’a décidé de répondre aux prisonnier.e.s en lutte. Alors les prisonniers de Nimes ont fait sortir un premier communiqué réclament leurs libertés et la fermeture de tous les centres de rétentions.

Faisons circuler au max !
Ne laissons pas les prisonniers-ères isolé.e.s :
Organisons-nous à l’extérieur pour soutenir leurs luttes,
et pour en finir avec les taules pour sans-papiers !

 

« IL FAUT FERMER LES CENTRES MAINTENANT »

« Y a beaucoup de gens qui ont un passeport en activité, qui ont déjà purgé leurs peines et qui restent enfermé entre ces quatre murs parce que les frontières sont fermées. Et cela pourquoi ? Parce que les frontières sont fermées. Donc on va encore y rester plusieurs mois. Les repas sont infecte, les lieux sales et infestes de tous genre d’insectes qui nous piquent la nuit. Y a des gens qui sont en couple des femmes et ont des enfants qui vivent en France depuis plusieurs années. Y en a qui travaillaient et qui avaient un logement mais hélas faute de papiers ils se retrouvent ici pour une durée inconnue. Et sous prétexte qu’on n’a pas de papiers on est traité comme des moins que riens. Y a six jours on a fait une grève de la faim ils s’en foutent comme de l’an 40. Les keufs nous disaient que ça servaient à rien et certains ont rigolé.

Comme tout êtres humains on réclame notre droit ainsi qu’un arrêt de notre privation de liberté. D’après les responsables d’ici on peut rester trois mois.

Les prisonniers des CRA de Toulouse Lyon et Marseille ont eux aussi ras le bol et ils ont décidé de lutter aussi, certains par le feu ou la grève de la faim.

On a l’impression de devenir fou à tourner ainsi toute la journée, nous n’avons plus d’argent pour acheter du tabac et des cigarettes ce qui amplifient le stress et la pression. Franchement en prison nous étions mieux, on se dépannait en tabac. Ici pour se faire raser ou se couper les cheveux on est presque obligé de mendier.

Ici ils nous refusent les téléphones avec photo pour éviter qu’on puisse montrer l’etat des lieux. Et ils osent parler d’égalité.

C’est comme l’association qu’il y a ici, forum refugié. Au lieu de nous encourager ils nous disent on a tout fait, au sens où ce que vous faites ne servira à rien.

L’autre jours y a un policier qui au petit déjeuner et qui nous a dit « plus vite sale bicot ». Je me suis retourné mais je n’ai pas pu voir lequel c’était ça.

Y en a plein qui sont dégoutés et qui veulent juste repartir.

Depuis 5 jours qu’on fait la grève de la faim on n’a toujours pas vu de médecin ou d’infirmier pour vérifier notre état de santé.



Nous prisonniers de Nimes nous revendiquons :
  • Rétablissement des parloirs
  • On nous a enfermé sans raison, nous exigeons notre remise en liberté immédiate !
  • Nourriture décente
  • Changement d’équipe de policiers, avec des policiers qui ne sont pas raciste
  • Possibilité de cantiner en centre de rétention
  • La possibilité de laver nous-même nos bâtiments et la promenade
  • La possibilité de se protéger face au covid19 avec du matériel et des soins.

a bas les cra !

Les prisonniers de Vincennes toujours en lutte !

Pour protester contre des conditions d’enfermement encore plus pourries que d’habitude, les prisonniers du CRA de Vincennes sont toujours en lutte. Vendredi dernier la PAF (police aux frontières) du centre a eu la géniale idée de déplacer tout le monde dans un seul batiment (sur les trois où ils étaient enfermés avant), et d’entasser les gens à quatre dans chaque cellule. En pleine canicule, cette opération a obligé certains prisonniers de dormir dans le couloir ou dans la cour, sans compter le stress de choper le virus, vu qu’il n’y a ni possibilité de distantiation sociale, ni des masques ou du gel à disposition.

Mais comme on l’a vu de manière très claire depuis le début du confinement, les keufs, les prefs et les juges aiment bien mettre en danger la vie des prisonniers-ères. Du coup voilà, un autre coup de génie : il y a deux jours, des nouvelles personnes ont été emmenées au CRA de Vincennes, dont au moins quatre avec des symptomes de Covid. Ces nouveaux prisonniers sont actuellement en isolement dans un des batiments qui avait été vidé vendredi, mais on n’a malheureusement pas plus d’infos sur leur état de santé. A quoi elle joue, l’administration de cette taule pour sans-papiers? Enfermer tout le monde dans un espace minuscuele et ramener des personnes avec le virus, pour voir ce qui va se passer?

Les prisonniers ne sont pas restés les bras croisés : après le déplacement forcé de vendredi dans le batiment 1, presque la moitié des prisonniers a décidé immédiatement de rentrer en grève de la faim. Les jours suivants, certains parmi les grevistes ont dû recommencer à accepter les repas pour des raisons sanitaires. En effet, pas mal des gens à l’intérieur ont des conditions de santé compliquées, que l’enfermement et la manque de suivi de la part du personnel médical collabo ont rendu encore plus critiques.
Mais un groupe très déter de prisonniers a continué la grève de la faim, qui entre aujourd’hui dans son cinquième jour de lutte !

En parallèle, une plainte collective a été déposée dimanche dernier à l’administration du centre, pour dénoncer ces conditions de retentions insupportables, avec les signatures de la presque totalité des prisonniers. Au début de l’article, on a publié une photo de ce document, dont vous trouverez plus bas le texte retranscrit.

Soyons solidaires avec les prisonniers de Vincennes en lutte : appelons les cabines du batiment 1 où ils sont enfermés, faisons circuler partout ces infos, organisons-nous avec des potes pour nous faire entendre depuis l’extérieur !

virus ou pas, a bas les cra !
liberte pour tou.te.s
et solidarite avec
les prisonniers
en lutte !

PLAINTE RETENU ADMINISTRATIF

Date : 09 aout 2020
Nom : Au nom de tous les detenus en centre de rétention administrative de Paris

Description des faits :
Nous sommes actuellement tous placé en centre de rétention administrative de Pairs (CRA 1) et nous sommes à plus de 60 personnes dans un batiment (CRA 1) depuis trois jours soit depuis le 07 aout 2020, après nous avoir tous regroupé dans le meme batiment et nous sommes à quatre personnes dans des très mauvaises conditions, en manque d'air et d'oxigène. Il fait très chaud, manque de la nourriture insuffisante et il y a plusieurs personnes parmi nous qui sont malades (asthmatique, nerveux, suicidaire). Et canicule depuis le 07 aout 2020 à 44 °C.
Nous souhaitons avoir un changement dans le plus bref délai.
Il y a trois personnes contaminées de VIRUS présent dans le cenre.
Il y a plusieurs en grève depuis 3 jours. Sans manger. AU REFUS.

Suivent 35 signatures

« Les 80 personnes, on est en grève de la faim » : communiqué des prisonniers du CRA de Lille en lutte !

Depuis jeudi, tous les prisonniers du centre de rétention de Lille Lesquin refusent les plateaux. Ils demandent la libération de tout le monde suite à la suspicion d’un cas de Covid que la direction veut masquer. Alors qu’au moins un cas de Covid avait été confirmé dans cette prison en mars, entre 40 et 50 personnes y étaient toujours enfermées pendant le confinement et plusieurs mouvements collectifs ont été violemment réprimés avec tabassages et transferts. Depuis quelques semaines le CRA est de nouveau plein, tellement que les flics ont déjà transféré plusieurs prisonniers vers Calais et d’autres centres. L’ordre de Malte, l’asso présente dans la prison, n’est toujours pas réapparue depuis le déconfinement.

Faisons tourner au max leur communiqué !

Tous les gens dans le centre, dans les quatre zones, les 80 personnes, on est en grève de la faim. Le centre il est plein. Il y a trop de monde. Ca fait 3 jours que personne est sorti pour manger. Aujourd’hui on a demandé le médecin et y a pas de médecin, comme tous les jours. Ca fait presque 5 jours que y a que l’infirmerie : les gens ici ils toussent, ils ont de la fièvre, ils ont mal à la tête. Les policiers disaient hier que les médecins viennent pas parce qu’ils ont peur. Ya que du doliprane en attendant. Lundi ou mardi les policiers ils vont se faire tester. Nous on sait même pas si on va se faire tester.

On est en grève parce qu’on a peur, parce que pendant deux semaines y avait quelqu’un ici au centre de Lille qui avait le Covid. Il a été transféré à Calais et il a été testé positif là-bas. Les policiers depuis trois jours ils ont des masques et des gants, nous on a aucun moyen, on a rien, même pas du gel. On peut même pas se laver les mains. Avant ça y avait aucun moyen de protection dans le centre, rien.

Ca fait aussi trois jours qu’ils ont arrêté les parloirs, en fait ils ont tout arrêté. Avant y avait les amis, les cousins qui ramenaient des gâteaux ou des clopes au parloir. Maintenant les gens ici ils fument une cigarette par jour, et pour le café, tout le monde partage le même gobelet.

Pourquoi est-ce qu’on reste ici ? En plus les frontières elles sont fermées. Ils ont aucun moyen pour expulser les gens. De toute façon ils cachent les choses : ils veulent pas faire sortir l’information comme quoi y a quelqu’un qui est contaminé ici. Quand les gens sont enfermés dans le CRA ils sont pas testés avant. On a peur, on est stressé, y a des malades, on a que du doliprane.

Chaque chambre, on est 3 ou 4 dedans, les toilettes sont dégueulasses, les robinets et les douches  ìmarchent pas, ça fait trois ou quatre jours que le ménage a pas été fait. Quand on arrive il nous donne un petit plastique de shampoing et c’est tout. Là y a des gens ça fait plus d’une semaine ils ont pas pris de douche. Ils ont aucun moyen pour se laver. Ici le temps il passe pas. Y a des policiers qui font de la torture morale. Y a pas de protection.

On demande la libération de tout le monde.

Les prisonniers du CRA de lille.

Solidarité avec les prisonniers
du cra de Lille en lutte !
Liberte pour tous et toutes !

“Soit disant la France, les droits de l’homme, nous on les a pas vu.” // Communiqué de prisonniers du CRA de Oissel (Rouen)

Les prisonniers racontent que le CRA de Oissel est désormais plein, qu’il y a des transferts punitifs avec celui du Mesnil-Amelot (CRA dans lequel ont eu lieu pas mal de révoltes les deux dernières semaines), que les juges baclent plus que jamais les procédures, que la prefecture enferme des mineurs.. Un groupe de prisonnier a décidé de nous faire parvenir un comuniqué pour raconter tout cela. Ils sont aussi au courant des luttes contre les violences policières et de sans-papiers qui ont court en ce moment à l’extérieur et expriment leur solidarité.

Il y a des gens qui savent pas dehors alors on va vous dire.

Au tribunal, la préfecture elle nous fait passer pour des SDF, des célibataires et des personnes qui ont fait des longues peines de prison, alors qu’on est mariés, qu’on a des adresses et qu’on sort de peines de 3 ou 6 mois. Il y a des gens qui ont des papiers encore valides en Espagne, en Italie, en Allemagne, ils ont des enfants en France, un domicile fixe, une famille, mais ils ils font passer pour des SDF. Les avocats nous conseillent de porter plainte quand on sortira. Soit disant on est tous des menaces pour la république, mais ils cherchent aucun motif pour justifier ça, même les avocats disent que c’est faux. Les juges ils cherchent pas à comprendre : c’est 28 jours [prolongation de la durée de rétention par le Juge des Libertés et de la Détention ou JLD]. Il y a quelques juges qui vérifient si c’est vrai ce que dit la préfecture mais vraiment pas tous, alors c’est 28 jours. Ça c’est pour les JLD et sinon les juges du TA [Tribunal Administratif] c’est OQTF [Obligation de Quitter le Territoire Français], IRTF [Interdiction de Retour sur le Territoire Français] sans chercher à comprendre comme ça interdiction de 5 ans, 3 ans, 5 ans, 3 ans… Ils mentent sur nos vie, le préfet il fait des courses avec nous ? Il dort entre nous et nos femmes pour pouvoir dire comme ca qu’on a pas une vie commune ? La préfecture et les juges administratif détruisent des vie, des couples. Non mais on a la haine là pourquoi ils mentent et ils font des trucs comme ca ? Il y a des quantité de vices de procédure mais seulement les avocats privées et payant arrivent parfois à les prouver.

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