« Les 80 personnes, on est en grève de la faim » : communiqué des prisonniers du CRA de Lille en lutte !

Depuis jeudi, tous les prisonniers du centre de rétention de Lille Lesquin refusent les plateaux. Ils demandent la libération de tout le monde suite à la suspicion d’un cas de Covid que la direction veut masquer. Alors qu’au moins un cas de Covid avait été confirmé dans cette prison en mars, entre 40 et 50 personnes y étaient toujours enfermées pendant le confinement et plusieurs mouvements collectifs ont été violemment réprimés avec tabassages et transferts. Depuis quelques semaines le CRA est de nouveau plein, tellement que les flics ont déjà transféré plusieurs prisonniers vers Calais et d’autres centres. L’ordre de Malte, l’asso présente dans la prison, n’est toujours pas réapparue depuis le déconfinement.

Faisons tourner au max leur communiqué !

Tous les gens dans le centre, dans les quatre zones, les 80 personnes, on est en grève de la faim. Le centre il est plein. Il y a trop de monde. Ca fait 3 jours que personne est sorti pour manger. Aujourd’hui on a demandé le médecin et y a pas de médecin, comme tous les jours. Ca fait presque 5 jours que y a que l’infirmerie : les gens ici ils toussent, ils ont de la fièvre, ils ont mal à la tête. Les policiers disaient hier que les médecins viennent pas parce qu’ils ont peur. Ya que du doliprane en attendant. Lundi ou mardi les policiers ils vont se faire tester. Nous on sait même pas si on va se faire tester.

On est en grève parce qu’on a peur, parce que pendant deux semaines y avait quelqu’un ici au centre de Lille qui avait le Covid. Il a été transféré à Calais et il a été testé positif là-bas. Les policiers depuis trois jours ils ont des masques et des gants, nous on a aucun moyen, on a rien, même pas du gel. On peut même pas se laver les mains. Avant ça y avait aucun moyen de protection dans le centre, rien.

Ca fait aussi trois jours qu’ils ont arrêté les parloirs, en fait ils ont tout arrêté. Avant y avait les amis, les cousins qui ramenaient des gâteaux ou des clopes au parloir. Maintenant les gens ici ils fument une cigarette par jour, et pour le café, tout le monde partage le même gobelet.

Pourquoi est-ce qu’on reste ici ? En plus les frontières elles sont fermées. Ils ont aucun moyen pour expulser les gens. De toute façon ils cachent les choses : ils veulent pas faire sortir l’information comme quoi y a quelqu’un qui est contaminé ici. Quand les gens sont enfermés dans le CRA ils sont pas testés avant. On a peur, on est stressé, y a des malades, on a que du doliprane.

Chaque chambre, on est 3 ou 4 dedans, les toilettes sont dégueulasses, les robinets et les douches  ìmarchent pas, ça fait trois ou quatre jours que le ménage a pas été fait. Quand on arrive il nous donne un petit plastique de shampoing et c’est tout. Là y a des gens ça fait plus d’une semaine ils ont pas pris de douche. Ils ont aucun moyen pour se laver. Ici le temps il passe pas. Y a des policiers qui font de la torture morale. Y a pas de protection.

On demande la libération de tout le monde.

Les prisonniers du CRA de lille.

Solidarité avec les prisonniers
du cra de Lille en lutte !
Liberte pour tous et toutes !

“Soit disant la France, les droits de l’homme, nous on les a pas vu.” // Communiqué de prisonniers du CRA de Oissel (Rouen)

Les prisonniers racontent que le CRA de Oissel est désormais plein, qu’il y a des transferts punitifs avec celui du Mesnil-Amelot (CRA dans lequel ont eu lieu pas mal de révoltes les deux dernières semaines), que les juges baclent plus que jamais les procédures, que la prefecture enferme des mineurs.. Un groupe de prisonnier a décidé de nous faire parvenir un comuniqué pour raconter tout cela. Ils sont aussi au courant des luttes contre les violences policières et de sans-papiers qui ont court en ce moment à l’extérieur et expriment leur solidarité.

Il y a des gens qui savent pas dehors alors on va vous dire.

Au tribunal, la préfecture elle nous fait passer pour des SDF, des célibataires et des personnes qui ont fait des longues peines de prison, alors qu’on est mariés, qu’on a des adresses et qu’on sort de peines de 3 ou 6 mois. Il y a des gens qui ont des papiers encore valides en Espagne, en Italie, en Allemagne, ils ont des enfants en France, un domicile fixe, une famille, mais ils ils font passer pour des SDF. Les avocats nous conseillent de porter plainte quand on sortira. Soit disant on est tous des menaces pour la république, mais ils cherchent aucun motif pour justifier ça, même les avocats disent que c’est faux. Les juges ils cherchent pas à comprendre : c’est 28 jours [prolongation de la durée de rétention par le Juge des Libertés et de la Détention ou JLD]. Il y a quelques juges qui vérifient si c’est vrai ce que dit la préfecture mais vraiment pas tous, alors c’est 28 jours. Ça c’est pour les JLD et sinon les juges du TA [Tribunal Administratif] c’est OQTF [Obligation de Quitter le Territoire Français], IRTF [Interdiction de Retour sur le Territoire Français] sans chercher à comprendre comme ça interdiction de 5 ans, 3 ans, 5 ans, 3 ans… Ils mentent sur nos vie, le préfet il fait des courses avec nous ? Il dort entre nous et nos femmes pour pouvoir dire comme ca qu’on a pas une vie commune ? La préfecture et les juges administratif détruisent des vie, des couples. Non mais on a la haine là pourquoi ils mentent et ils font des trucs comme ca ? Il y a des quantité de vices de procédure mais seulement les avocats privées et payant arrivent parfois à les prouver.

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” Ici on est solidaires ” : communiqué et témoignage des prisonniers en lutte au CRA de Mesnil

Au CRA du Mesnil-Amelot les prisonniers se sont à nouveaux mis en grève de la faim aux bâtiments 9, 10 et 11 à partir de vendredi et pendant 2 jours. Ils racontent les violences, humiliations, refus de soins de la PAF. Mais ils racontent aussi la solidarité entre prisonnier.ères.

Voici le communiqué des prisonnier.ères le 1 juin 2020 :

Nous sommes les prisonniers du centre de rétention Mesnil-Amelot. Hommes, femmes, tous les bâtiments : ici on est solidaires !

Car on se sent vraiment en prison.
Car ils nous traitent comme des chiens, ils nous parlent comme à des chiens.
Car en France ça n’existe pas la double peine alors qu’ici c’est est vraiment une 2e peine.
Car le centre c’est pire que la prison et qu’on préfère retourner en prison que de rester ici.

Car ici on mange pas bien et que dans la nourriture il y a des calmants.
Car on dort le ventre vide parce qu’on peu pas sortir même un morceau de pain de la cantine.
Car ici la nourriture c’est l’entreprise GEPSA qui a un long contrat avec le CRA et que même en prison c’est pas GEPSA.

Car chaque jour on se fait fouiller les cellules.
Car chaque jour on se fait agresser par les surveillants pour un morceau de pain de trop ou une carte oubliée.
Car on en a marre de la saleté et les agressions des policiers.

Car on paye des avocats très cher pour rien.
Car quand on demande à manger halal ils nous servent du porc.
Car ils agressent des personnes qui en ont encore des traces sur le visages et sur le corps.
Car on est coincé là alors qu’il y a pas d’avion.

Car la police ne respecte pas la santé des personnes, l’une d’entre nous est tombé ce matin parce qu’elle n’avais pas reçu son traitement.
Car on a porté plainte tous et toutes ensemble solidairement et qu’on a reçu aucune réponse, que personne nous écoute.

Pour toutes ces raisons on a fait plusieurs fois la grève de la faim ces dernières semaines mais sans solution. Ils nous disent : « même si on vous voit mourir devant nous on va rien faire. »

On peut pas rester ici si c’est pour vivre comme ça ! On veut la liberté !

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La solidarité avant tout. Vraiment ? Un régard sur les pays européens

Comment COVID-19 affecte les régimes de détention et d’expulsion en Europe

 
 (texte collectif écrit en anglais et traduit en français) 
 
La pandémie du Covid19 plonge tous les pays du monde entier dans une crise économique et une crise de santé publique – le virus nous affecte tou.te.s. Malgré son envergure mondiale, les États et leurs gouvernements cherchent des réponses nationales.
 
En Europe, la pandémie a poussé, à certains égards, à la solidarité et à la priorisation de la santé publique, mais aussi – et surtout –  aux  restrictions de la vie sociale et des libertés publiques. Dans de nombreux pays, le droit de circuler, de se rassembler et de protester ont été restreints par des mesures d’urgences au nom de la crise sanitaire et nous observons de nombreuses tendances autoritaires dans la mise en œuvre des mesures prises.
 
 
Il est souvent souligné que l’épidémie du Covid19 nous affecte tou.te.s. Cependant, cette crise, ainsi que les réponses qui lui sont apportées, s’appliquent à géométrie variable et catalysent souvent des discriminations et des exclusions préexistantes. Cette pandémie ne met pas seulement en lumière les conditions dégradantes dans les prisons et les centres de rétention en temps normal, mais montre également le visage le plus laid des politiques d’enfermement et d’expulsion des États de l’UE. Les États ont fait un choix sur les corps qui méritent d’être protégés et guéris et ceux qui sont exclus de la prévention, sans parler des soins. Nous sommes des militants du Danemark, d’Allemagne, de Suisse, de France et d’Italie engagés dans des luttes anti-déportation et anti-rétention. Nous nous sommes réunis pour collecter des informations sur nos contextes, afin de fournir un aperçu plus large de l’impact de COVID-19 sur différents pays. Le système de l’enfermement et des déportations diffère selon les pays européens, ce qui rend la comparaison souvent difficile. Dans certains pays, la détention administrative est effectuée dans des camps semi-ouverts. Dans d’autres, les personnes peuvent être placées en détention provisoire avant expulsion pendant une période pouvant aller jusqu’à 18 mois. Le système des camps pour les demandeurs d’asile diffère également selon les pays. Par conséquent, nous n’expliquerons pas en détail les caractéristiques exactes de chaque pays. Dans ce texte, nous avons établi une distinction entre la rétention provisoire en vue d’une expulsion et les système de camps. De plus amples informations sur les systèmes de papiers de chaque pays sont disponibles ici.
Conséquences de Covid19 sur les expulsions
Au regard de la situation actuelle des expulsions en Europe, quelques points communs se dégagent. Les expulsions entre Etats européens dans le cadre du règlement Dublin  ont été temporairement suspendues en mars, elles ont depuis reprises dans certains pays. En France, des expulsions ont eu lieu au cours du mois de mars et d’avril vers la Hollande, la Roumanie et le Portugal. Au Danemark, au moins une tentative de renvoi vers la Roumanie a été reporté depuis la fin supposée des déportations « internes ».  Il y a encore un manque de clarté concernant les vols charters et les expulsions vers les pays d’origine : si ces vols semblent totalement suspendus pour la France et l’Italie, ce n’est pas le cas pour certains pays qui semblent moins touchés par le Covid19 et les mesures d’urgence. Du côté français, les expulsions vers les pays d’origine ont été stoppées car le pays a fermé toutes ses frontières extérieures et pourrait ne pas les rouvrir avant l’année prochaine. En Allemagne par exemple, les autorités ont encore tenté de déporter des personnes vers leurs pays fin mars, ce qui a échoué deux fois en raison de mouvements de protestation. Malgré tout, il semble que les autorités allemandes poursuivent leurs efforts pour expulser les gens à tout prix. Au Danemark, le gouvernement n’est pas transparent sur l’arrêt total des expulsions vers les pays d’origine. Parallèlement, il insiste sur l’importance de rattraper tous les vols « manqués » une fois la crise terminée En Suisse, les expulsions vers les pays d’origine sont toujours possibles mais fortement restreintes.
Conséquences de Covid19 sur la détention 
 
Dans un certain nombre de pays européens des libérations ont eu lieu dans plusieurs centres de rétention au début de la crise du fait des risques sanitaires et de l’arrêt des déportations. 
Mais partout, de nombreux centres, voire la quasi totalité, restent ouverts et de nombreuses personnes sont toujours enfermées. Pire, la plupart des gouvernements ont imposé de nouvelles restrictions, et avec le ralentissement voire arrêt des déportations, les conditions de rétention deviennent à peine distinguables de celles de la prison. Les cinq pays ont en commun que les parloirs dans les centres de rétention comme dans les prisons sont actuellement interdits et que les prisonniers sont encore plus isolés de leurs proches et du reste du monde qu’auparavant.  Dans tous les pays, le droit des personnes à la santé, et peut-être à la vie, est gravement violé depuis le début du confinement.
 En Suisse, selon des informations officielles, les autorités genevoises ont libéré tout le monde en retenue et vidé complètement les centres de détention administrative de Favra et Frambois. Cependant, cette décision ne s’est pas étendue à dans d’autres régions du pays; à Bâle et à Zurich, par exemple, il y a encore plus d’une soixantaine de personnes en rétention provisoire. Dans les deux cantons, les autorités soutiennent que le motif juridique des expulsions n’a pas changé et soulignent qu’en général les expulsions sont toujours possibles et exécutées chaque fois qu’elles peuvent être réalisées. En Allemagne, les autorités n’ont pas élaboré d’approche globale sur la façon de protéger et de libérer les personnes en détention provisoire, laissant aux différents Land la possibilité de gérer à sa manière. Quelques centres de détention ont fermé et libéré tous les détenus et plusieurs personnes en attente de transfert de Dublin vers l’Italie notamment, ont été relâchées assez rapidement après l’arrêt des transferts de Dublin. Cependant, de nombreuses personnes restent détenues même si on ne sait pas vraiment quand les vols d’expulsion pourraient reprendre. Dans un centre de rétention de Darmstadt, des personnes ont manifesté contre leur emprisonnement. Aujourd’hui, cinq personnes y sont toujours retenues. Ils rapportent que les doutes liés à la situation et le fait de savoir que de nombreuses autres personnes ont été libérées mais qu’eux sont toujours enfermés représente un énorme stress psychologique pour eux. Au Danemark, le gouvernement refuse de libérer les personnes en détention pour expulsion, mais continue d’arrêter et de détenir de nouvelles personnes – bien que les prisons «normales» aient été fermées pour les nouveaux condamnés. Les gens sont continuellement transférés entre les différents lieux de rétention. Toutes les personnes qui sont transférées à Ellebæk, la prison fermée pour expulsion d’où des personnes sont expulsées de force, sont soumises à l’isolement forcé dans une prison d’État pendant deux semaines avant leur transfert.
En France, le confinement général a été déclaré le 16 mars. De nombreuses prisons pour sans-papiers sont actuellement vides du fait des libérations massives de prisonniers au cours des premières semaines de l’isolement. Cependant, elles ne sont pas définitivement fermées et d’autres centres continuent de fonctionner malgré la pandémie. À ce jour, de nombreux centres de rétention administrative (CRA) se remplissent à nouveau rapidement et les nouvelles rétention sont très souvent validées et prolongées par les juges. Comme on pouvait s’y attendre, le confinement et l’état d’urgence ont renforcé les contrôles d’identité et les arrestations arbitraires – même de travailleurs sans papiers qui n’ont pas d’autre soutien financier pendant la crise que de continuer à travailler. De nombreuses personnes sans-papiers sont également transférées directement des prisons à des centres de rétention : cette «double peine» existe depuis longtemps en France et s’est intensifiée pendant la crise. En Italie, les centres de détention (CPR) sont toujours ouverts. La fonctionnalité des centres dépend des autorités locales, et les informations à ce sujet sont partagées par le siège de la police locale (préfecture). Même si certains juges, à Potenza et Trieste par exemple, ne valident pas la prolongation de la détention, dans de nombreux cas, les CPR continuent de faire entrer de nouveaux détenus et les juges locaux prolongent ou valident la détention comme si rien n’avait changé. La principale différence est qu’au lieu d’une expulsion, il n’y aura qu’une obligation de quitter le pays.
 
Ainsi, les expulsions ne pouvant pas être effectuées, les motifs juridiques de la rétention pour expulsion disparaissent également. Même si nous rejetons cette prémisse absurde, autant que nous rejetons le régime de rétention et d’expulsion à travers l’Europe dans son ensemble, nous tenons à souligner que cela ne laisse plus aux autorités aucune justification légale ou institutionnellement acceptée pour maintenir ces centres ouverts, en particulier pendant la pandémie.
Conditions dans les centres de détention et les camps “d’accueil”
 
Même si les systèmes de camps sont différents à travers l’Europe, il y a un élément commun à tous les pays : la détérioration des conditions depuis le début de la pandémie. Pour être clair : les normes et règles sanitaires qui sont établies pour toute la société ne sont pas valables dans ces espaces. 
 En Allemagne, jusqu’à aujourd’hui, aucun camp (grands camps d’accueils où les personnes sont hébergées et assignées à résidence comme de la quasi-rétention) n’a été évacué. A l’inverse  : un certain nombre de ces camps ont été mis en quarantaine, donc totalement isolés du monde extérieur, dès qu’un habitant était testé positif. À Suhl, 533 personnes ont été collectivement détenues dans des conditions similaires à celles d’un centre de rétention après qu’un habitant du centre d’accueil a été testé positif pour Covid-19. Au lieu d’isoler la personne seule, les autorités ont confiné tout le camp et la police l’encerclait en permanence pour s’assurer que personne ne sortait. Dans un autre camp collectif, les résidents signalent le manque d’informations concernant le virus et de mesures de protection quasi inexistantes. Un autre exemple choquant est le camp d’Ellwangen où une personne sur deux, sur 500  personnes, a maintenant été testée positive. L’ensemble du camp est verrouillé, des protestations ont éclaté alors que les habitants critiquaient le manque d’informations, l’absence d’une stratégie efficace de protection des personnes et le manque de Wifi dans les sections isolées du camp. La revendication des personnes est la fermeture définitive des camps. Au Danemark, le gouvernement propose de tester les migrants sans-abri pour le virus, mais au moment où ces derniers demandent de l’aide, ils peuvent être retenus et expulsés – s’ils sont sans papiers. Le gouvernement a pris des mesures pour tenter de contenir la propagation du virus dans les centres, ce qui comprend le report de toutes les activités de loisir et de scolarité, la formation et le travail, ne laissant aux résidents aucune activité à l’exception des pauses fumeurs. Cependant, dans des centres tels que Kærshovedgård et Ellebæk, les mesures de distanciation sociale ne peuvent toujours pas être respectées, plusieurs personnes partageant chaque chambre. Il semble qu’une personne présentant des symptômes de coronavirus a été transférée d’un camp au centre de rétention de Sjælsmark et isolée dans une pièce, avec une pancarte sur la porte “Indication d’une infection par Covid-19”.
Dans les centres de rétention français, les mesures sanitaires ne sont pas du tout respectées. Les conditions d’hygiène sont désastreuses, comme le confirment les photos que nous avons obtenues du centre de Lille. Les visites sont également interdites, la nourriture et l’accès aux soins de santé sont devenus encore plus difficiles et inefficaces, les cellules et les salles communes sont encore plus sales qu’auparavant, car les nettoyeurs ne viennent plus. Dans au moins trois CRA, des prisonniers ont été déclarés positifs au virus et, très tardivement, isolés des autres résidents en étant placés au mitard (et quasiment jamais transférées à l’hôpital). En Italie, l’interdiction pour les résidents d’avoir leur téléphone portable avec eux a été étendue à tous les centres de rétention (CPR); cette mesure donne une base juridique à une pratique déjà utilisée dans le CPR de Turin, sur laquelle les autorités ne reculeront probablement pas après la crise.
On observe une situation similaire en Suisse où des photos et des séquences vidéo de chambres surpeuplées et de cuisines sales utilisées par plus de 80 personnes ont été publiées. Les habitants des camps qui ont été testés positifs ont été mis en quarantaine dans le camp et non dans un établissement médical. À Bâle, plusieurs dizaines de demandeurs d’asile ont été transférés du camp de Bässlergut dans un bunker souterrain. À Zurich, au moins deux camps ont supprimé l’aide financière d’urgence. C’est terrifiant car il s’agit du montant minimum défini par la loi pour survivre. Ces deux camps sont administrés par la société ORS, société privée et à but lucratif, qui fait du profit en incarcérant des personnes dans différents pays européens.
Actes de résistance
 
Les réponses des États de l’UE au COVID-19 révèlent clairement leurs structures oppressives, et le système d’enfermement et d’expulsion en est un parfait exemple. Les conditions inacceptables provoquent une résistance à l’intérieur et à l’extérieur des camps et des centres de rétention dans toute l’Europe. En Allemagne, les retenus ont manifesté contre la détérioration de leur situation ; dans un camp d’accueil, les résidents ont entamé une grève de la faim. Ils exigent leur libération immédiate des prisons, un hébergement décentralisé et le droit d’accéder aux soins de pour tou.te.s. Des groupes d’activistes à l’extérieur soutiennent les manifestations dans les prisons et les camps et s’efforcent de porter leur voix à l’extérieur. Dans le centre d’hébergement collectif susmentionné de Brême, des résidents et des militants allemands ont lancé la campagne # ShutDownLindenstraße (vidéo de la manifestation du 17 mars, vidéo des manifestations du 2 avril). Les manifestants ont critiqué les soins de santé problématiques, le manque sévère de précautions pour propager l’infection Covid-19, pas d’intimité, pas d’air frais dans les chambres ainsi que le stress émotionnel / mental.
Au Danemark également, il existe une étroite coopération entre les retenus et  certains collectifs. Les militants utilisent la radio et les réseaux sociaux pour diffuser les demandes de libération des retenus au public et attirer l’attention sur les troubles dans les centres. L’utilisation de ces canaux est également répandu en Suisse, où des campagnes ont été lancées pour attirer l’attention sur la situation dans les camps et faire des demandes concrètes à la société civile. En outre, la société civile est invitée à ouvrir des espaces privés tels que des hôtels et des airbnbs pour accueillir les personnes enfermées dans les camps d’hébergement. En ce sens, quatre maisons ont été squattées à Zurich.
 En France, les révotes au sein des centres de rétention s’intensifient. Il y a une résistance quotidienne contre les flics, les détenus font des grèves de la faim et certains prisonniers ont mis le feu à leurs cellules et matelas pour protester. Toutes les différentes formes de résistance ont pour finaliter de dénoncer les conditions sanitaires misérables et ont des revendications similaires à celles des autres pays : la libération immédiate de tous les retenu.e.s et la fermeture des centres. Des conditions analogues en Italie entraînent des protestations et des révoltes dans les centres de rétention. À Gradisca, une partie d’un centre de rétention a été détruite par le feu. Tout porte à croire que ces protestations ne s’arrêteront pas. La répression inhérente au système d’immigration continuera de susciter des résistances. 
Remarques finales
 
Ces situations révèlent la violence sous-jacente et la nature coercitive du régime de rétention et d’expulsion de l’UE. Dans une UE qui prétend donner la priorité à la santé des personnes, les centres de rétention / prisons peuvent être identifiés comme «une exception à l’état d’exception». Ce que la pandémie rend plus évident que jamais, c’est que la véritable fonction de ces centres est de contenir un petit groupe pour avertir tous les autres. Les centres de rétention ne sont pas seulement des outils pour exercer un contrôle sur les populations racisées, mais aussi une mesure dissuasive pour inspirer la peur à tous ceux qui n’ont pas de séjour régulier dans l’UE. En temps de crise, comme celui que nous traversons, les centres de rétention révèlent finalement leur véritable rôle, ayant perdu la façade institutionnelle qui justifiait rhétoriquement leur nécessité. La déportation était la seule raison qui pouvait être utilisée par les gouvernements européens pour justifier les centres, et elle est en train de disparaître. Les gouvernements de l’UE indiquent clairement que tout le monde ne mérite pas d’être protégé contre la pandémie.
 
 
Listing OF CAMPAIGNS AND INFORMATION PLATFORMS
 
  • Denmark :
Link to the statement from inside Kærshovedgård camp, published on Facebook: https://www.facebook.com/CLOSETHECAMPSDK/photos/pcb.3647608855282708/3647608681949392/?type=3&theater
 
 
Droplet Radio has provided a platform for voices inside Kærshovedgaard deportation camp, Sjæslmark Deportation Camp and another camp in Jutland (in English and Danish):  https://www.spreaker.com/user/fredagaften/drbrd-2, https://www.spreaker.com/user/fredagaften/program-3-master-final-aac-for-audio-pod
 
Krav Fra en Pandemi, the Danish platform of the transnational campaign Demands from a Pandemic, whose manifesto includes the demand to close all camps and guarantee health for all:
 
  • Switzerland : 
Rise Against Borders: http://riseagainstborders.org
 
Solinetz Bern, call for the support of rejected asylum seekers by civil society: https://solidaritaetsnetzbern.ch/aufruf-private-unterkunft/
 
Squatting of houses “Solidarity for all”: https://zuhause.zureich.rip
 
  • France :
Latests news of the situations and the revolts happening 
 
Call for mail bombing to the prefectures and solidarity banners 
 
Situation in the CRA of Lille (with some pictures) 
 
Call from the prisoners of the center Mesnil Amelot (close to Paris) to the associations who support migrants to ask the state for a general release 
 
Some informations of the CRA in Lyon and Toulouse
 
  • Germany :
We´ll come United – an open initiative of people from different social, antiracist and political networks in Germany. Follow them on Twitter and Facebook.
 
Community for All – local network against the deportation prision in Darmstadt, Germany. You can also follow them on Facebook or Twitter.
 
Together we are Bremen – a group of refugees and supporters in Bremen, that is currently very active protesting the conditions in camps. Follow them on Twitter or Facebook.
 
Refugees 4 Refugees – Self-organized platform by and for refugees. Follow them on Twitter.
 
Antirassistische Netzwerk Sachsen-Anhalt – supports the struggles at the reception camp Halbertadt. Follow them on Twitter. 
 
  • Italy : 
General overview about the current situation in the CPR and revolts happening : 
 
  • Belgium : 
General overview about the current situation in the CPR and revolts happening : 
 
  • International :
 

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« La justice en France est injuste » : nouveau témoignage depuis la prison pour sans-papiers de Vincennes

Dans un contexte d’état d’urgence sanitaire l’état et la préfecture continuent d’enfermer au CRA de Vincennes, alors qu’un 5ème cas de corona virus est confirmé dans le centre. Compte tenu des mesure d’hygiène inexistante dans le CRA, la totalité des retenu est probablement infecté.

Avant hier (mardi 14), un référé liberté à été fait au tribunal administratif, de la part de quelques associations et avocat.e.s, pour demander la fermeture du centre. La préfecture prétextant faire le test pour le virus à tout le monde et prendre des mesures d’hygiène… a réussis à empêcher la fermeture du centre et la libération des tous les prisonniers.

En gros, le juge du tribunal administratif a décidé que : aucun nouveau prisonnier doit être enfermé à Vincennes pendant deux semaines ; les prisonniers qui présentent des symptômes doivent être mis en isolement ; ceux qui sont déjà malades doivent être hospitalisés. Quelle radicalité, quel courage ! Mais ça montre aussi bien que ces trois trucs ne sont pas évidents pour la préf…

Le choix, de la préf comme du tribunal, est donc de continuer l’enfermement malgré le risque énorme pour tout les retenus. En fait, et c’est pas une nouveauté, l’état, les flics et la justice en ont rien à foutre : même pour faire emmener les personnes malade du corona à l’hôpital, les prisonniers sont obligés de foutre le bordel et de mettre la pression collectivement aux keufs !

Suivi de la révolte des prisonniers du CRA de Mesnil-Amelot. Une revendication : la libération de tou.te.s !

Le 11 avril, à 20h les prisonniers du CRA 2 du Mesnil-Amelot occupent la cour du bâtiment et bloquent la promenade aux cris de “liberté !”. Depuis le début de l’urgence sanitaire les personnes enfermées demandent à être libérées face à la fermeture des frontières, mais l’État poursuit sa politique d’enfermement. De plus, aucune mesure sanitaire n’est prise pour empêcher la propagation du virus à l’intérieur du centre. Alors que les flics de la PAF rentrent et sortent de la prison pour sans-papiers au risque d’y ramener le virus, les prisonniers restent enfermés. Ne laissons pas seuls les prisonniers en lutte, relayons leur parole et soutenons les de toutes les manières possibles !

Pour appeler prisonniers dans le centre voici les numéros des cabines.

 

13.04 :

Hier 8 prisonniers du Mesnil-Amelot ont été transféré dans d’autre CRA suite à la révolte (visiblement pas de GAV). Au CRA de Lesquen (près de Lille) ils sont 5 et isolé du reste du centre : les flics ont rouvert un batiment qui était fermé juste pour les y enfermer. Les 3 autres auraient été transférés à au CRA de Oissel (près de Rouen) ou les prisonniers sont en greve de la faim depuis hier soir. En plus de la violence qu’ils ont subit, la répression c’est aussi l’isolement loin des autres et loin des proches dans un batiment ou les cabines sont HS.  Un des prisonniers raconte la pression des flics pour les faire craquer pendant le transfert :

“On s’est fait maltraités, tapés, on nous a mis les menottes super serrées. On est arrivés ici au CRA de Lille à 16h environ. Pendant tous les trajet les flics nous ont menacés de poursuites, ils disaient “vous allez le payer cher”, le directeur aussi nous disait ça au Mesnil, uniquement parce qu’on s’est exprimé et qu’on a dit les choses clairement.

C’est de la maltraitance j’ai jamais vu ça de ma vie, on s’est fait gazer, matraquer, on a été mis par terre avec 40 condés qui nous encerclaient, nous mettaient la pression à mort, puis ils nous ont passé les menottes super serré. Sur le trajet c’était du foutage de gueule, ils essayaient de nous faire péter les plombs, mais nous on est pas rentrés dans leur jeu, pas un insulte ni rien. Ce qui les dérange c’est qu’on s’exprime bien, on a dit les choses clairement, on a dit ce qu’on voulait, et ça les dérange, on est devenus des cibles à abattre. On reste debout même si on s’est fait menacé de ouf. S’ils avaient pu ils nous auraient mis une balle. 

J’ai vécu un truc de fou, on a été traité comme des mecs en cavale. Ca a été dur. Là on est 4 au CRA de Lille, ils ont réouvert le bâtiment juste pour nous, il y a juste une personne âgée dans un autre bâtiment.”

Continuons à etre solidaire avec les prisonniers en lutte ! Virus ou pas : à bas les CRA !


11h30 :

Une charge de police a eu lieu vers 11h. Dispositif policier énorme (ils parlent de 100 flics). Ils les ont rassemblé dans un coin, forcé à se mettre par terre et confisqué des téléphones. Ils ont menotté et emmenés, surement en garde à vue, 7 prisonniers « identifiés comme leader sur les cameras ». Les autres prisonniers ont été réenfermés dans les chambres.


Ce matin :

Hier soir suite à l’échange avec le chef de police, puis avec le directeur du CRA, les retenus se sont installés pour dormir dehors, mais les flics ont pris leurs matelas pour éviter un incendie. Ils ont continué a bloquer quand même. Ce matin, ils ont sauté la grille pour rejoindre le bâtiment des femmes et familles, d’où ils seraient plus visibles de l’extérieur du CRA. Ils cherchent a être le plus visibles possible et continuent a tenir ensemble alors que les policiers se préparent a charger. De plus en plus difficile d’être en contact avec eux.


Des audios des retenus qui ont été fait par d’autre personnes paris lutte info


21h50 : ils ont décidé de passer la nuit dans la cours

Ils nous ont amené le directeur du centre il a dit qu’ils ont pas de solution pour nous. Alors ont a dit si c’est comme ca on va dormir dehors. Pourquoi ils nous gardent alors qu’il y a pas de vol et que le Corona est dans le centre ? On est pas animaux. ici c’est la double peine ! Il y en a qui sont en t-shirt mais on est allé cherché des couvertures par derrière on va dormir dehors on va rester toute la nuit ! et demain personne ne mange !


21h20 : Ils sont actuellement en négociation avec le comandant les keufs..

“Ils ne respectent pas le droit des gens, pas de mesures sanitaires dignes et quand tu dis quelque chose les policiers ils te frappent c’est pas humain ! Sérieux les avions ils vont pas redécoller avant septembre on nous a dit, ça veut dire quoi ? On va pas rester ici jusqu’en septembre !”

“On a bloqué on s’est mis tous dans une cour, c’est à dire les 4 bâtiments qui étaient ouverts dans la cour tous ensemble. Tant qu’ils trouvent pas de solution on bougera pas d’ici ! Tout à l’heure ils nous ont gazé matraqués ils ont des boucliers, depuis tout à l’heure on subit des violences pour rien ! Là ils sont à la sortie de la cour vers la grille matraque à la main, casque et ce qui va avec ! Que les journalistes nous appellent mais là ! Maintenant !”

Libération immédiate de tou·te·s les prisonniers·ères !

 

 

 

 

Appel des prisonniers du Mesnil-Amelot en lutte aux associations de soutiens aux sans papiers !

Il y a plus de 15 jours le gouvernement à annoncé le confinement et l’état de “pandémie”. Dans le même temps la majorité des frontières étaient fermées.
Depuis le 16 mars les parloirs sont suspendu dans les prisons et les centres de rétentions. Le même jours le contrôleur général des lieux de privation et de liberté (CGLPL) exigaient la fermeture des CRA.
Le soir même les prisonnier.e.s de l’ensemble du CRA étaient en grève de la faim et exigaient leurs libération immédiate.
Les jours suivant les juges (JLD -juges des libertés et détention et TA -Tribunal Administratif) ont libéré beaucoup de prisonniers et prisonnières de ce centre. Souvent contre l’avis de la préfecture qui a essayé d’expulser jusqu’au dernier moment.

Des prisonniers se sont exprimés dans l’émission de l’Actu des luttes du 23 mars pour raconter les conditions d’enfermement là-bas.

Depuis ce sont majoritairement des personnes sortants de prisons et étrangers qui sont amenés au Mesnil-Amelot.

Rien est fait pour protéger les retenus face aux risques liés aux coronavirus qui devraient libéré le plus rapidement possible. Depuis hier matin tous les prisonniers du batiment 9 et 10 et quelques prisonniers du batiment 11 sont en grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate. Ils ont écrit un communiqué, à relayer un maximum, que vous pouvez trouver ici.

Aujourd’hui, mardi 31 mars, les prisonniers demandent aux associations:  de relayer un maximum leur communiqué, de contacter la préfecture pour exiger la fermeture du centre,  de contacter des journalistes pour que les prisonniers soient entendu dehors.

Je vous écris au nom de tous les détenus du CRA2 du Mesnil-Amelot. On demande à la CIMADE ainsi qu’à toutes les associations de soutiens aux sans-papiers de nous défendre, de faire une demande auprès de la préfecture de la fermeture du CRA. On demande a l’ADE, l’association de défense des étrangers de nous défendre parce qu’on est jugé sans avocat, sans voir le juge. En fait on est jugé sans notre présence ou notre dossier.

A toutes ces associations: s’il vous plait, aidez nous. On a peur de la suite.

Le numéro de la cabine de Mesnil-Amelot pour joindre directement les prisonniers en grève de la faim : 01.60.54.16.56

” On demande notre libération immédiate et la fermeture du centre” Communiqué du Mesnil-Amelot

Il y a plus de 15 jours le gouvernement à annoncé le confinement et l’état de “pandémie”. Dans le même temps la majorité des frontières étaient fermées.
Depuis le 16 mars les parloirs sont suspendu dans les prisons et les centres de rétentions. Le même jours le contrôleur général des lieux de privation et de liberté (CGLPL) exigaient la fermeture des CRA.
Le soir même les prisonnier.e.s de l’ensemble du CRA étaient en grève de la faim et exigaient leurs libération immédiate.
Les jours suivant les juges (JLD -juges des libertés et détention et TA -Tribunal Administratif) ont libéré beaucoup de prisonniers et prisonnières de ce centre. Souvent contre l’avis de la préfecture qui a essayé d’expulser jusqu’au dernier moment.

Depuis ce sont majoritairement des personnes sortants de prisons et étrangers qui sont amenés au Mesnil-Amelot.

Rien est fait pour protéger les retenus face aux risques liés aux coronavirus qui devraient libéré le plus rapidement possible. Depuis ce matin tous les prisonniers du batiment 9 et 10 et quelques prisonniers du batiment 11 sont en grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate.

A FAIRE TOURNER UN MAXIMUM !!

 

” Y a tous le batiment 9, 10 qui fait grève de la faim, et quelques personnes du batiment 11.
On demande notre liberation immédiate et la fermeture du centre. On a peur de la contamination du coronavirus. Il y a encore de nouvelles arrivées Ici il n’y a pas d’hygiène, donc c’est plus risqué que dans d’autre endroit.
On a contacté la CIMADE, et on lui demande de faire une DML pour tout le monde (demande de remise liberté).
Y a pas de vol, y a rien ici. Pourquoi on est là encore ?
Y a des gens qui se coupent pour sortir d’ici. La police est encore violente avec nous. Depuis qu’on est en grève de faim les policiers n’ont toujours pas répondu.
On veut que des journalistes nous contacte, et que la préfecture décidé de nous libérer le plus rapidement possible. ”
Les retenus de Mesnil-Amelot le 30 mars 2020

Le numéro de la cabine de Mesnil-Amelot pour joindre directement les prisonniers en grève de la faim : 01.60.54.16.56

Révoltes et luttes pour la liberté dans les CRA – Actualisé au 29 mars

N'importe qui peut discuter avec les prisonnier-es en CRA en appelant les cabines.

En ce moment encore plus que d'habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l'avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées : Soutenir les retenu.e.s – Numéros et adresses des CRA

MISE A JOUR 29 MARS/

Le 16 mars le gouvernement annonce le début de la période de confinement pour au moins 15 jours (prolongé depuis de 15 jours supplémentaires), et dans la foulée la suspension des parloirs pour les prisons et pour les centres de rétentions. La majorité des frontières sont fermées empêchant les expulsions des étranger.e.s enfermé.e.s dans les centres de rétention.
 
Avant l’annonce de la pandémie par le gouvernement, les personnes enfermées en CRA connaissaient déjà des gros problèmes d’accès aux soins: rupture de traitement à leurs arrivées, distribution massive de médicament de type calmant, anxyolitique sans ordonnance et sans prescription, présence très rare des médecins de garde, infirmerie sous équipée pour soigner. De plus, lorsque les prisonniers essaient d’appeler les pompiers, régulièrement les flics de la PAF(*Police aux frontières) les bloquent à l’entrée du centre, s’en foutant complètement de l’état des gens enfermés. Le recours systématique aux anxyolitiques et aux somnifères pour mater les rétenus et pouvoir mieux les maitriser a amené en novembre dernier à la mort par overdose d’un prisonnier à Vincennes, Mohammed.
 
En plus de ces problèmes d’accès aux soins, les prisons pour sans papiers étaient déjà confrontées avant la pandémie, a des problèmes d’hygiènes importants (douches et toilettes collectives peu ou pas lavées, problème pour faire nettoyer son linge, parfois des problèmes de gale).
Lors des mouvements de luttes qui ont eu lieu cette année dans beaucoup de centres de rétention les prisonniers et prisonnières ont quasiment toujours exigé l’accès à une nourriture correcte, végétarienne ou halal (c’était encore le cas à Oissel lors d’une grève de la faim commencée le 22 janvier par l’ensemble des prisonniers de la section homme, mouvement de luttes de plusieurs semaines).
 
Dans les jours qui ont suivi les fermetures des frontières, les préfectures ont fait le choix de continuer d’enfermer les prisonnier.e.s. Les problèmes sanitaires se sont amplifiés, l’accès aux soins s’est encore dégradé (si c’était possible), il n’y a plus d’approvisionnement en nouvelle nourriture dans certains centres: les repas sont régulièrement froids et périmés de plusieurs jours. L’Ofii (Office français de l’immigration et de l’intégration) n’est plus présent dans certaines prisons ou alors pendant des horaires beaucoup plus restreints. Et c’est le même Ofii qui gère les cantines (c’est à dire là où les prisonniers peuvent acheter des gâteaux, des cigarettes ou du crédit pour les téléphones) en centre de rétention.
 
Les associations humanitaires qui sont censés faire du soutien juridiques dans ces prisons ne sont plus présentes physiquement. Pour la majorité elles ont mis à disposition des permanences juridiques par téléphone. De la même manière les jugements (au juge des libertés et détention JLD, ou au tribunal administratif) se font en visioconférence, souvent sans avocat.e.
 
A tout ce qui vient d’être énuméré se rajoute le manque d’information encore plus violent à l’intérieur des prisons qu’à l’extérieur.
 
Les prisonniers et prisonnières de différents centre de rétentions se sont révolté.e.s (grève de la faim collective, blocage, incendie de cellules…) pour exiger leurs libération immédiate à partir du 15 mars à Lille-Lesquin, Mesnil-Amelot (CRA2 & CRA3), Vincennes (CRA1), Lyon et Metz au moins. (voir plus bas dans l’article)
 
Plusieurs associations ont porté un référé devant le Conseil d’Etat, dénonçant la gestion de la crise sanitaire dans les cra et demandant leur fermeture temporaire. Sans pour autant parler des conditions de vie en général en CRA avant la pandémie. Ce reféré a été rejeté le 27 mars par le conseil d’Etat , estimant que « les conditions de fonctionnement des CRA dans ces circonstances particulières ne sauraient caractériser une carence dans l’accès aux soins ou à la mise à disposition de produits d’hygiène dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Pourtant dans certains CRA les prisonniers sont clairement malades, comme au CRA de Oissel ou les retenus ont des symptômes du Covid-19.
 
Si dans la majorité des CRA il y a eu beaucoup de libérations, cependant il continue à y avoir des arrivées et principalement de sortants de prisons. Cette stratégie de la préfecture de réprimer particulièrement celles et ceux qui sortent de prison n’est pas nouvelle. Elle semble par
contre s’amplifier ces derniers jours.
 
A Mesnil-Amelot (77) et à Vincennes (94), après les quelques libérations au JLD de la semaine dernière, les expulsions continuent et des personnes sont enfermées depuis plusieurs semaines, et donc avant l’annonce de la pandémie. Les retenu.e.s dans les centres sont moins nombreux.ses, quand il ou elle ne sont pas carrément seul.e comme pour une prisonnière dans la section femme de Oissel, ou des prisonniers seuls comme ça devient fréquent à Bordeaux et à Metz, le rapport de force est donc plus favorable à la police qui continue de réprimer.
 
Des centres de rétentions semblent avoir bel et bien fermé: Strasbourg (67), Nice (06), Nîmes (30), Sète, Hendaye (64), Palaiseau (91), Plaisir (78). Nous utilisons le conditionnel parce que les CRA de Lyon et Bordeaux avaient été annoncé comme fermés avant que des prisonniers étrangers sortant de prisons y soient emmenés (avec en plus un transferts des derniers prisonniers d’Hendaye au cra de Bordeaux). Les préfectures ont communiqué sur les centres qui se vident pour mieux cacher qu’il restent des personnes enfermées dans ces prisons.
 
Samedi 21 mars, quasiment tout le CRA1 a décidé de se remettre en grève de la faim avec toujours les mêmes exigences : libérations, amélioration de la bouffe (la nourriture était périmée, les fournisseurs ne ramènent plus de nourriture dans le centre depuis plusieurs jours) et des soins.
Le lendemain ils étaient suivi par une trentaine de prisonniers du CRA2B, en grève de la faim aussi. La PAF (police aux frontières) a immédiatement commencé à leur mettre la pression. Quelques jours plus tard, une nouvelle grève de la faim recommençait au 2B face au silence de la préfecture. 
 
 
A Oissel des prisonniers qui présentent les symptômes du coronavirus sont peu ou pas soigné. Ils continuent d’être enfermé dans un batiment. Ils ont sorti un communiqué le 25 mars pour exiger la libération immédiate des prisonniers pas encore atteint par les symptômes du coronavirus et un vrai traitement médical pour les autres.
 
Au Mesnil-Amelot tous les prisonniers restant ont été regroupé dans deux batiments du CRA2. Les derniers prisonniers de Plaisir et de Palaiseau y ont été transféré. La décision de regrouper les prisonniers ensemble augmente les risques de transmission du coronavirus parmi les retenus et permet uniquement de réduire le nombre de policier de la PAF sur le terrain.
 
En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées.
 


MISE A JOUR 22 MARS/

en audio ici

Alors que d’un coté certain·e·s retenu·e·s sont peu à peu libéré·e·s, les préfectures ne sont pas pour autant dans une politique de fermeture des CRA face aux risques de l’épidémie en cours.

Si certains CRA libèrent assez rapidement sur ordonnance du JLD ou décision de la pref, dans d’autres centres, JLD et préfectures restent opposés aux mises en liberté (comme à Rennes, Coquelles ou Perpignan), et de nombreuses personnes sont encore enfermées sans savoir si elles seront ou non libérées dans les prochains jours… A Coquelles, CRA particulièrement sur peuplé au moment du début de l’épidémie, les demandes mise en liberté déposées par FTDA ont été examinées par le JLD de Boulogne-sur-Mer. Les retenus du centre ont été progressivement libérés les 19, 20 et 21 mars. A présent il ne reste plus que deux personnes au centre, lesquelles doivent passer au JLD aujourd’hui, 22 mars, selon l’administration.”

Ailleurs, beaucoup de CRA sont utilisés pour ré-enfermer les personnes qui sortent de taule. C’est le cas notamment du CRA de Bordeaux qui a été annoncé vide mais que la préfecture à ré-ouvert dans les heures suivantes pour y transférer d’ancien·e·s détenu·e·s.
Au CRA de Metz la situation est similaire. A la prison pour étranger.e.s de Marseille, la rumeur de la fermeture du centre de rétention a tourné toute la semaine : c’était pour samedi, puis pour lundi… Les dernières infos semblent plutôt dire le contraire : il ne va pas fermer et des personnes continuent à y être enfermées. Si la plupart des prisonniers ont été libérés, certains y sont encore enfermés aujourd’hui. Ces derniers jours, de nouveaux prisonniers sont arrivés, tous sortants des différentes prisons de la région : Luynes, à Aix, ou la Farlède à Toulon, par exemple.
Les deux derniers retenus du CRA de Coquelles y ont également été transférés à l’issue de leur peine de prison.

Les aller-retours CRA-prison-CRA étaient déjà bien connus mais aujourd’hui cela parait quasi systématique pour les personnes qui sortent de taule. Si certaines y reste quelques jours avant de sortir libres, d’autres, pas forcément suite à de plus longues peines, y restent prisonnières ou bien sortent avec des assignations à résidences strictes (pointage quotidien). En effet le gouvernement a modifié par décret le premier décret du 16 mars qui réglementait les permissions de sortir de chez soi, réaffirmant que les personnes assignées à résidence devaient continuer de pointer même pendant cette période de confinement.

En finir avec la bouffe et l’hygiène dégueulasses ainsi que le mépris des médecins et les refus de soins sont des revendications constamment portées par les retenu·e·s en lutte, bien avant la crise du Covid-19. Actuellement, la situation empire d’avantage et les retenu·e·s dénoncent les conditions sanitaires alors que dans certains CRA le nettoyage n’est plus fait et la qualité des repas reste toujours épouvantable (dans certains CRA, la nourriture chaude n’était plus autorisée mais seulement des repas froids servis par les flics). L’absence de l’OFFI rend impossible l’achat de cartes sim, de cigarettes, etc. L’arrêt des visites prive également les retenu·e·s des soutiens affectif et matériel de leurs proches. Les prisonnièr·e·s qui restent enfermé·e·s sont encore plus isolé·e·s par la situation actuelle : « On n’est plus nombreux du tout, donc avec les keufs c’est encore pire. »

Les prisonnièr·e·s se révoltent aussi face à la situation toujours plus exécrable des soins dûe à l’absence des médecins. En effet, dans certains CRA les médecins ne se déplacent plus et l’équipe médicale est réduite à une pharmacie qui distribue quelques médicament, voire est complètement absente. Pire, les retenu·e·s qui signalaient des symptômes similaires à ceux du covid-19 ont été placés à l’isolement dans plusieurs CRA. Ielles sont dès lors doublement enfermé·e·s au lieu d’être pris en charge par l’équipe médicale. Leurs co-retenu·e·s n’ont pas eu non plus de visite médicale. Les flics quant à eux, entrent et sortent du CRA sans aucun contrôle de leur température, ni aucune autre précaution.

Les prisonnièr·e·s dénoncent la coupure brutale de leur traitements médicaux ou encore le mépris des médecins face à des situations de danger et bien sur l’absence totale de mesures en lien avec l’épidémie. Tou·te·s réclament une libération immédiate de tou·te·s les retenu·e·s ! Pour appuyer des revendications, les luttes continuent, à la fois des luttes individuelles, (un incendie de cellule a eu lieu au CRA de Perpignan le 20 mars), mais aussi collectives. Au CRA de Vincennes ou il reste encore une trentaine de prisonniers dans chacun des deux bâtiments (un 3e bâtiment avait été rendu inutilisable par l’incendie du 4 février) une grève commune aux retenus des deux bâtiments est en cours en ce moment. Elle a été initiée par les prisonniers du bâtiment 1 samedi soir (21 mars) puis suivie aujourd’hui par les retenus du bâtiment 2B.

Voici plusieurs communiqués et témoignages écrits par des retenus de plusieurs CRA partout en France, à faire circuler au max !


La situation dans plusieurs CRA en France
à l’époque du coronavirus

Alors que la gestion de l’urgence de l’épidémie de coronavirus s’étend partout en France, avec l’imposition du confinement et les contrôles de police dans les rues, à l’intérieur des lieux d’enfermement la violence et la répression de l’État se font de plus en plus dures. Et c’est les plus précaires qui seront le plus touché: celleux qui sont à la rue et/ou qui n’ont pas de papiers.

Dans les prisons et dans les centres de rétention administrative interdiction des parloirs et toute autre activité collective, les mesures sanitaires prisent sont ridicules, et il n’y  aucune information donnée aux personnes enfermées. Tout ça alors même que depuis la diffusion massive du Covid-19, plusieurs pays ont fermé leurs frontières aux avions venus de France, empêchant les déportations, et laissant comme seule fonction au CRA d’être des prisons.

Dans les tribunaux, alors que la plupart des audiences a été annulée et plusieurs la majorité des avocat.e.s arrêtent de s’y rendre, les JLD et les comparutions immédiates continuent d’avoir lieux, la preuve que les rêves d’enfermement de l’État vont bien au-delà du confinement pour contenir le virus.

Certaines associations humanitaires qui travaillent dans les centres (Cimade, Assfam, France Terre d’Asile, Forum Réfugiée, l’Ordre de Malte) ont arrêté de venir dans les CRA. Les personnels de nettoyage ne sont plus dans les centres, et dans plein de batiment y a plus de savons disponible pour les prisonnier.e.s. Dans la plupart des centres de rétentions y a plus ou quasiment plus l’OFFI (Office français de l’immigration et de l’intégration) donc plus d’achat de clopes ou du crédit pour téléphone. L’infirmerie et les médecins continuent de mépriser les prisonnièr.e.s retenu.es, les flics se tiennent à des mètres de distance d’eux, alors qu’on sait bien que les seuls qui sortent du centre et qui peuvent ramener le virus à l’intérieur c’est bien les flics…

Face à tout ça les prisonnier.e.s n’arrêtent pas de lutter et résister par plein de moyens différents. Le dimanche 15 puis le lundi 16 mars, à Vincennes, Mesnil-Amelot, Lyon, et Lille-Lesquin les prisonnier.es se mettent en grève de le faim. Dans certains centres il y a aussi eu des départs de feu, des évasions collectives, des blocages et du bordel en tous genre (comme à Metz).

Iels dénoncent le manque d’hygiène, pas de masques ni de gants pour les flics ni pour elleux, la violence de la part de la police et le mépris des médecins. Iels demandent la libération de tout le monde.


Voici plusieurs communiqués et témoignages publiés depuis le dimanche 15 mars, à faire circuler au max !

Communiqué des prisonniers de Mesnil-Amelot :
    CRA2
:https://abaslescra.noblogs.org/de-toute-facon-le-resultat-pour-nous-cest-la-misere-communique-de-prisonnier-du-cra2-du-mesnil-amelot/
    CRA3
:https://abaslescra.noblogs.org/vraiment-on-nous-a-oublie-ici-comminuque-de-greve-de-la-faim-des-retenus-mesnil-amelot/

Communiqué des prisonniers du centre de rétention de Lille-Lesquin :
https://abaslescra.noblogs.org/on-prefere-mourir-de-faim-que-de-cette-merde-communique-des-prisonniers-du-centre-de-retention-de-lille-lesquin-du-15-mars/

Communiqué de prisonniers du cra 1 de Vincennes le 16 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/greve-de-la-faim-et-foutage-de-gueule-paroles-de-linterieur-du-cra-de-vincennes/

Témoignage d’un prisonnier de Lyon St Ex le 17 mars:
https://crametoncralyon.noblogs.org/temoignage-au-cra-de-lyon-st-ex-greve-de-la-faim-face-a-la-suppression-des-visites-et-des-audiences-et-la-crainte-des-prisonnier-es-face-au-coronavirus/

Lettre collective de prisonniers du CRA de Vincennes le 19 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/au-cra-de-vincennes-les-prisonniers-sont-encore-plus-isoles-et-encore-moins-en-securite/

Témoignage d’un prisonnier du CRA de Bordeaux le 20 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/ils-ont-endormis-tout-le-monde-en-disant-que-le-cra-etait-ferme-temoignage-dun-prisonnier-du-cra-de-bordeaux-toujours-ouvert/

Témoignage de deux prisonnier du CRA de Oissel du 20 mars 2020: https://abaslescra.noblogs.org/il-reste-des-gens-et-tous-ils-viennent-de-prison-des-nouvelles-de-la-situation-a-la-prison-de-oissel/


Après la grande journée de luttes du 16 mars, ça reste très chaud. La bonne nouvelle est que pas mal de prisonniers-ères ont été libéré.e.s depuis mardi dans plusieurs centres. Notamment les personnes qui passent devant le-la juge, celles qui ont pu payer un.e. avocat.e, et celles qui sont en contact avec les associations qui bossent dans les centres et qui ont demandé la mise en liberté des prisonniers-ères. Mais les autres prisonniers-ères restent enfermée dans des conditions qui étaient dégueulasses bien avant le virus, et comme si la situation n’était déjà pas assez grave, les keufs continuent de provoquer les prisonniers-ères, font circuler des rumeurs, font péter des cables.

Les keufs ont fait beaucoup tourner des rumeurs de libérations de tous les prisonniers a Vincennes (et dans d’autres cra) ce lundi avant d’arrêter d’en parler. De ce que disent les prisonniers du CRA1 de Vincennes, il reste encore une trentaine de personnes enfermées là bas;. Alors que dans certains centres il y a des libérations, d’autres continuent d’expulser vers les quelques destination ou il y a encore des vols, voire même d’enfermer de nouvelles personnes : au Mesnil-Amelot le 16 et le 17 mars encore, au matin, des nouvelles personnes sont arrivées au centre. Apparemment, ce sont surtout de personnes qui sortent de taule et sont envoyées directement au CRA. Ainsi la peine pour les sans-pap est prolongée de trois mois de plus, et avec le risque de choper le virus en plus !

À Bordeaux une action collective au tribunal a permis la libération de tous les retenus du CRA, de même pour les CRA de Nîmes et Montpellier qui sont en cours de se vider ! A Toulouse une action du même genre serait en cours pour les 62 prisonnier.e.s. A Rennes, toutes les demandes de remises en liberté ont été refusé ce mercredi 18 mars. À Palaiseau, Strasbourg, Hendaye, Oissel, Plaisir les gens commencent à sortir, vu qu’avec la fermeture des frontières iels peuvent pas être déporté.e.s. Dans certains CRA, à Hendaye comme à Strasbourg, des personnes ont été transférées d’un centre à l’autre.

Dans d’autres centres la situation reste tendue, à Calais l’administration  du centre est contre les libérations, soit disant pour protéger les personnes et pour éviter que les retenus une fois sortis s’échappent en Angleterre ou en Belgique. Quelques personnes ont été libérées entre le mardi 17 mars et le mercredi 18 mais il reste beaucoup de prisonnier.e.s à l’intérieur. Des rafles ont eu lieu le weekend dernier, des personnes sur place disent que c’est l’hallu totale, le CRA est surpeuplé, des matelas sont mis par terre dans les cellules, 2 algériens ont été déportés vers l’Algérie et un congolais vers la République du Congo. L’administration bloque l’accès aux dossier et refuse de communiquer la liste des personnes présentes
et les arrêtés. Le tribunal libère au compte-goutte…


Au-delà des CRA, dans les prisons aussi des résistances et des luttes démarrent, depuis l’interdiction des parloirs et des activités collectives les prisonniers ont bougé dans seize taules partout en France, à Metz Epinal, Grasse Perpignan, La Santé, Angers, Nancy, Varennes le grand, Montauban, Aiton, Sequedin, Maubeuge, Douai, Valance, Saint-Etienne, Toulon. Le matin de mercredi 18 un prisonnier malade testé positif au corona virus est mort à la prison de la Santé, tandis que les syndicats de police penitentiaire invitent les familles à calmer leur proches enfermé.e.s.
Plus d’infos sur la situation dans les taules ici:

Le Covid-19 : la prison dans la prison – video


Les revoltes et les luttes des prisonnier.e.s nous indiquent les
responsabilités de l’État dans la crise actuelle.

La seule solution:
libération immédiate de toutes et tous les prisonniers-ères, fermeture et disparition des CRA maintenant !

Plus que jamais, il est important d’appeler les cabines (les numéros ici), de relayer la parole des prisonniers et ce qui se passe à l’intérieur, et de montrer la solidarité depuis l’extérieur !!

“Ici c’est vraiment la double peine” Communiqué des prisonniers du cra de Oissel le 25 mars

 Depuis plus d’une semaine les juges ont libéré une grande partie des prisonniers de la prison pour étranger.e.s de Oissel.. que la préfecture à remplacée par des sortants de prisons, eux aussi étrangers.

Avec la fermeture des frontières et donc l’arrêt des expulsions, les centres de rétentions montrent ici totalement leurs rôles de taules dont l’un des objectifs en plus d’expulser est bien d’enfermer des étrangèr.e.s.

Nous avions relayé il y a quelques jours des témoignages de prisonniers du même centre de rétention.

Quatre personnes de la prisons pour sans-papier de Oissel sont malade et ont les symptômes du coronavirus. Les keufs les laissent enfermés dans les mêmes batiments que les autres sans avoir le droit à d’autre soin que le dolipranne. Les prisonniers ont écrit un communiqué pour exiger leur libération immédiate. Ils y racontent aussi comment les keufs de la PAF (=Police aux frontières) ne fait pas le minimum pour protéger les prisonniers: ils ne portent pas de masques ni de gants et laissent les prisonniers sans savons ni produit hygiénique.

Communiqué des prisonniers de Oissel le 25 mars 2020

Ce matin, quatre gars étaient malades avec des symptômes du coronavirus : problèmes respiratoires, maux de tête, nez qui coule, éternuements. A l’infirmerie, l’infirmier leur a donné des comprimés de doliprane de 1000 mg et il a pris leur température. Aucun test n’a été fait pour savoir s’ils avaient contracté le virus. Les policiers sont venus nous distribuer des masques et ils ont dit aux quatre qui étaient malades de se confiner dans leurs cellules et de rester loin.
Les policiers rentrent chez eux tous les jours, ils quittent le centre et on sait pas ce qu’ils peuvent rapporter. Les infirmiers aussi peuvent nous contaminer. Les femmes de ménage n’ont ni gants pour se protéger, ni masques.
A l’heure où on parle, il n’y a plus de savon pour se laver les mains. Plus de gel hydroalcoolique : on a un téléphone collectif qu’on utilise tous pour recevoir les appels, mais on a pas de produit antibactérien pour le nettoyer.
Les policiers n’ont pas de protection : pas de masques et pas de gants. On a des comprimés, ici, pour pouvoir dormir, et l’infirmier qui nous donne les comprimés, il l’ouvre, met la gélule dans sa main, la met dans notre main et demande qu’on la prenne sur place. Même l’Ofii, qui nous vend les cigarettes, gâteaux et dentifrice, vient sans masques. Le petit déjeuner est servi par quelqu’un d’extérieur qui donne les pains, et lui non plus n’a pas de masque.
Y a pas de médecin. Ce matin il y avait une sale ambiance. Ici c’est vraiment la double peine : il n’y a que des sortants de prison étrangers. Tout le monde regarde les infos, et nous on ne nous libère pas.
Pour toutes ces raisons, nous, les prisonniers du centre de rétention administrative d’Oissel,
nous sommes en danger ici.

On demande :
-Des masques, des gants, du savon, du gel hydroalcoolique.
-Le rétablissement des parloirs,
ou
-des smartphones pour tout le monde pour pouvoir voir nos familles en visioconférence,
ou
-la libération de tout le monde.

-Des soins pour les malades