Alerte expulsion des gréviste de la faim du centre de retention du Canet – Marseille

10 septembre 2020 :

Depuis plusieurs semaines, les détenus des centres de rétention de Marseille et d’autres villes (Rennes, Lyon, Mesnil-Amelot) sont en grève de la faim pour obtenir leur libération. Beaucoup sont enfermés jusqu’à 90 jours, le maximum légal, alors même que leur expulsion est rendue impossible par la fermeture des frontières et l’annulation des vols. A Marseille, les personnes enfermées craignent la propagation du covid-19, dans des conditions sanitaires désastreuses et alors que 5 cas ont déjà été diagnostiqués …dans la police aux frontières qui contrôle le centre !

L’État a décidé de casser ce mouvement qui prend de l’ampleur et qui commence à être relayé, médiatiquement, mais aussi par la multiplication des mobilisations de soutien en cette rentrée (3 manifestations à Marseille) : il a décidé d’une expulsion collective imminente du CRA de Marseille vers la Tunisie , par bateau, sur la ligne Marseille-Tunis opérée par la Corsica Linea et la Compagnie tunisienne de navigation (CTN). Cette semaine, le consul de Tunis a procédé à l’identification d’une quinzaine de retenus tunisiens au Canet, auxquels pourraient s’ajouter d’autres retenus tunisiens de Nîmes. Ce qui signifie la mise en œuvre imminente de la procédure d’expulsion.

Merci de vous tenir prêt à agir pour empêcher cette expulsion et soutenir les personnes qui résistent à l’intérieur des murs !

Vous pouvez aussi exiger la libération des retenus et dénoncer cette politique de terreur auprès de représentants de l’État français à Marseille et ses collaborateurs (dont les compagnies maritimes):

Préfecture de Marseille (Juliette Trignat au secrétariat général, Madame Assidon à la préfecture à l’égalité des chances,
Pierre Dartout à la préfecture de région, Sébastien Oddone au cabinet du préfet):
pref-secretariat-sg@bouches-du-rhone.gouv.fr
pref-pdec-sec@bouches-du-rhone.gouv.fr
pierre.dartout@bouches-du-rhone.gouv.fr
juliette.trignat@bouches-du-rhone.gouv.fr
sebastien.oddone@bouches-du-rhone.gouv.fr

Consulat de Tunisie à Marseille (Monsieur le Consul Seif Eddine
Fliss, au 8 bd d’Athènes): cgtmarsei@numericable.fr ou 04 91 50 28 68

La police aux frontières de Marseille : téléphone 04 91 53 60 90 ou fax
04 91 53 61 20

La Compagnie tunisienne de navigation CTN (21 rue Mazenod et 8 rue
André Allard): 04 91 91 55 71/35

La Corsica Linea : 08 25 88 80 88 (bureaux 42 rue Ruffy et 45 boulevard des Dames)

Le port autonome de Marseille (place de la Joliette):
gpmm@marseille-port.fr claire.battedou@marseille-port.fr ou par téléphone 04 91 39 46 41

Et enfin n’hésitez pas à interpeler les nouveaux et nouvelles
élu.es de la mairie qui ont promis de faire de Marseille un port ouvert :

mrubirola@marseille.fr bpayan@marseille.fr sghali@marseille.fr etc.

Lutte en cours à la prison pour sans papier de Marseille: APPEL A RASSEMBLEMENT LE 24.08.20 A MARSEILLE !

Les prisonniers du centre de rétention à Marseille sont en grève de la faim
pour protester contre leur enfermement en pleine crise du Covid-19. C’est le cas dans plusieurs CRA depuis plusieurs semaines: Toulouse, Nimes, Rennes, Mesnil-Amelot, Vincennes et Lyon au moins.A chaque fois les préfecture décident de continuer à enfermer des gen.te.s en risquant volontairement de les mettres en danger.

Les prisonniers de Marseille ont décidé de faire sortir un communiqué à relayer un maximum:

« La semaine du 17 août on était plusieurs dizaines de personnes à s’être mises en grève de la faim pendant plusieurs jours car on a peur pour notre vie, à cause de la mauvaise gestion des risques de contamination au Covid-19 ici. Tout le monde s’en fiche de notre situation : la police ne fait rien, Forum Réfugiés, l’association qui est déléguée pour s’occuper des aspects juridique ici dans le centre, ne réagit pas à notre grève de la faim, et la population dehors nous oublie. On veut se faire entendre, même si notre grève de la faim est difficile à supporter. Il y en a un dans le CRA qui est en grève de la faim depuis trente jours, il a fait plusieurs malaises. Il a été envoyé deux fois à l’hôpital Nord à cause de sa grève de la faim, mais la troisième fois qu’il a fait un malaise la police a dit aux
pompiers de repartir sans s’occuper de lui.
On se remet en grève de la faim dès ce week-end du 22-23 août à cause de la même situation qui ne change pas.
Les frontières sont fermées et pourtant on nous maintient 60 jours ou plus en centre de rétention.
Dans le même temps les arrestations continuent puisqu’il y a toujours des gens qui arrivent dans le CRA. Les risques de contamination augmentent donc.
Il y a au moins 4 cas confirmés de coronavirus au sein de la PAF (Police aux frontières) qui garde le centre de rétention de Marseille, et pourtant rien n’est fait pour nous protéger. On nous donne pas de masques, les seuls qui en ont ici les obtiennent grâce aux visites. Dans la police ça se met en arrêt maladie pour éviter de venir au CRA, la police aussi elle a peur.

Il y a des tests au coronavirus qui
commencent à être faits sur les prisonniers dans le CRA.
Nos proches hésitent même à venir nous voir parce qu’on a peur que ce centre soit un gros foyer de coronavirus. De manière générale nos proches aussi sont épuisé·es par cette situation. Des parents doivent s’occuper seules de leurs enfants. Nos proches aussi sont cassé·es par les procédures juridiques, la séparation et le mal de vivre. Les frais d’avocats coûtent parfois plusieurs milliers d’euros. Les avocat·es commis·es d’office ne font rien. L’association qui gère le CRA de Marseille, Forum Réfugiés, ne s’occupe que des cas qu’elle considère défendables et laisse les autres dans la merde, par exemple ceux qui n’ont pas de famille dehors ni de visites en parloir. Ce CRA est dégueulasse, il n’y a que les parloirs qui sont relativement propres. On est une cinquantaine en ce moment dans le CRA, et on ne peut pas respecter les distances de sécurité dedans. On est plusieurs par cellule et trop nombreux au réfectoire. C’est pour ces raisons qu’on refuse de remonter au réfectoire et qu’on a décidé de se mettre en grève de la faim, pour dénoncer cette situation dangereuse et in- juste. »

 

Appel à rassemblement devant le CRA de Marseille : Lundi 24/08 à 19h
(Rendez-vous au au niveau des escaliers à gauche de l’entrée du CRA)

SOLIDARITE AVEC LES PRISONNIER.E.S ! A BAS LES CRA !

” Il faut fermer les centres maintenant ” : communiqué et révendications des prisonniers en lutte de Nimes

Depuis jeudi dernier tous les prisonniers du centre de rétention de Nimes ont décidé de lutter ensemble pour obtenir leurs libérations. La-bas il y a beaucoup de sortants de prisons, qui mangent donc une double peine de trois mois imposés par la préfecture. Jeudi tous les prisonniers ont décidé de lancer une grève de la faim pour tenter de mettre la pression sur la préfecture. Dans le même temps des luttes ont lieu dans les prisons de Marseille, Lyon et Toulouse. Dans au moins une de ces prisons des départs de feux ont lieu en plus de grève de la faim collective.

A Toulouse une prisonnière serait tombé malade, du covid19. Au lieu de libérer tous le monde et de fermer au plus vite cette prison puor sans papier, la préfecture décide de confiner les prisonnières dans leurs batiments, leurs interdisant même l’accès à la promenade. Tous les prisonniers ont décidés de se mettre en grève de la faim pendant au moins deux jours pour exiger leurs libérations et des soins adaptés pour les prisonnières possiblement malade.

Pour le moment aucune préfecture n’a décidé de répondre aux prisonnier.e.s en lutte. Alors les prisonniers de Nimes ont fait sortir un premier communiqué réclament leurs libertés et la fermeture de tous les centres de rétentions.

Faisons circuler au max !
Ne laissons pas les prisonniers-ères isolé.e.s :
Organisons-nous à l’extérieur pour soutenir leurs luttes,
et pour en finir avec les taules pour sans-papiers !

 

« IL FAUT FERMER LES CENTRES MAINTENANT »

« Y a beaucoup de gens qui ont un passeport en activité, qui ont déjà purgé leurs peines et qui restent enfermé entre ces quatre murs parce que les frontières sont fermées. Et cela pourquoi ? Parce que les frontières sont fermées. Donc on va encore y rester plusieurs mois. Les repas sont infecte, les lieux sales et infestes de tous genre d’insectes qui nous piquent la nuit. Y a des gens qui sont en couple des femmes et ont des enfants qui vivent en France depuis plusieurs années. Y en a qui travaillaient et qui avaient un logement mais hélas faute de papiers ils se retrouvent ici pour une durée inconnue. Et sous prétexte qu’on n’a pas de papiers on est traité comme des moins que riens. Y a six jours on a fait une grève de la faim ils s’en foutent comme de l’an 40. Les keufs nous disaient que ça servaient à rien et certains ont rigolé.

Comme tout êtres humains on réclame notre droit ainsi qu’un arrêt de notre privation de liberté. D’après les responsables d’ici on peut rester trois mois.

Les prisonniers des CRA de Toulouse Lyon et Marseille ont eux aussi ras le bol et ils ont décidé de lutter aussi, certains par le feu ou la grève de la faim.

On a l’impression de devenir fou à tourner ainsi toute la journée, nous n’avons plus d’argent pour acheter du tabac et des cigarettes ce qui amplifient le stress et la pression. Franchement en prison nous étions mieux, on se dépannait en tabac. Ici pour se faire raser ou se couper les cheveux on est presque obligé de mendier.

Ici ils nous refusent les téléphones avec photo pour éviter qu’on puisse montrer l’etat des lieux. Et ils osent parler d’égalité.

C’est comme l’association qu’il y a ici, forum refugié. Au lieu de nous encourager ils nous disent on a tout fait, au sens où ce que vous faites ne servira à rien.

L’autre jours y a un policier qui au petit déjeuner et qui nous a dit « plus vite sale bicot ». Je me suis retourné mais je n’ai pas pu voir lequel c’était ça.

Y en a plein qui sont dégoutés et qui veulent juste repartir.

Depuis 5 jours qu’on fait la grève de la faim on n’a toujours pas vu de médecin ou d’infirmier pour vérifier notre état de santé.



Nous prisonniers de Nimes nous revendiquons :
  • Rétablissement des parloirs
  • On nous a enfermé sans raison, nous exigeons notre remise en liberté immédiate !
  • Nourriture décente
  • Changement d’équipe de policiers, avec des policiers qui ne sont pas raciste
  • Possibilité de cantiner en centre de rétention
  • La possibilité de laver nous-même nos bâtiments et la promenade
  • La possibilité de se protéger face au covid19 avec du matériel et des soins.

a bas les cra !

Les prisonniers de Vincennes toujours en lutte !

Pour protester contre des conditions d’enfermement encore plus pourries que d’habitude, les prisonniers du CRA de Vincennes sont toujours en lutte. Vendredi dernier la PAF (police aux frontières) du centre a eu la géniale idée de déplacer tout le monde dans un seul batiment (sur les trois où ils étaient enfermés avant), et d’entasser les gens à quatre dans chaque cellule. En pleine canicule, cette opération a obligé certains prisonniers de dormir dans le couloir ou dans la cour, sans compter le stress de choper le virus, vu qu’il n’y a ni possibilité de distantiation sociale, ni des masques ou du gel à disposition.

Mais comme on l’a vu de manière très claire depuis le début du confinement, les keufs, les prefs et les juges aiment bien mettre en danger la vie des prisonniers-ères. Du coup voilà, un autre coup de génie : il y a deux jours, des nouvelles personnes ont été emmenées au CRA de Vincennes, dont au moins quatre avec des symptomes de Covid. Ces nouveaux prisonniers sont actuellement en isolement dans un des batiments qui avait été vidé vendredi, mais on n’a malheureusement pas plus d’infos sur leur état de santé. A quoi elle joue, l’administration de cette taule pour sans-papiers? Enfermer tout le monde dans un espace minuscuele et ramener des personnes avec le virus, pour voir ce qui va se passer?

Les prisonniers ne sont pas restés les bras croisés : après le déplacement forcé de vendredi dans le batiment 1, presque la moitié des prisonniers a décidé immédiatement de rentrer en grève de la faim. Les jours suivants, certains parmi les grevistes ont dû recommencer à accepter les repas pour des raisons sanitaires. En effet, pas mal des gens à l’intérieur ont des conditions de santé compliquées, que l’enfermement et la manque de suivi de la part du personnel médical collabo ont rendu encore plus critiques.
Mais un groupe très déter de prisonniers a continué la grève de la faim, qui entre aujourd’hui dans son cinquième jour de lutte !

En parallèle, une plainte collective a été déposée dimanche dernier à l’administration du centre, pour dénoncer ces conditions de retentions insupportables, avec les signatures de la presque totalité des prisonniers. Au début de l’article, on a publié une photo de ce document, dont vous trouverez plus bas le texte retranscrit.

Soyons solidaires avec les prisonniers de Vincennes en lutte : appelons les cabines du batiment 1 où ils sont enfermés, faisons circuler partout ces infos, organisons-nous avec des potes pour nous faire entendre depuis l’extérieur !

virus ou pas, a bas les cra !
liberte pour tou.te.s
et solidarite avec
les prisonniers
en lutte !

PLAINTE RETENU ADMINISTRATIF

Date : 09 aout 2020
Nom : Au nom de tous les detenus en centre de rétention administrative de Paris

Description des faits :
Nous sommes actuellement tous placé en centre de rétention administrative de Pairs (CRA 1) et nous sommes à plus de 60 personnes dans un batiment (CRA 1) depuis trois jours soit depuis le 07 aout 2020, après nous avoir tous regroupé dans le meme batiment et nous sommes à quatre personnes dans des très mauvaises conditions, en manque d'air et d'oxigène. Il fait très chaud, manque de la nourriture insuffisante et il y a plusieurs personnes parmi nous qui sont malades (asthmatique, nerveux, suicidaire). Et canicule depuis le 07 aout 2020 à 44 °C.
Nous souhaitons avoir un changement dans le plus bref délai.
Il y a trois personnes contaminées de VIRUS présent dans le cenre.
Il y a plusieurs en grève depuis 3 jours. Sans manger. AU REFUS.

Suivent 35 signatures

« Les 80 personnes, on est en grève de la faim » : communiqué des prisonniers du CRA de Lille en lutte !

Depuis jeudi, tous les prisonniers du centre de rétention de Lille Lesquin refusent les plateaux. Ils demandent la libération de tout le monde suite à la suspicion d’un cas de Covid que la direction veut masquer. Alors qu’au moins un cas de Covid avait été confirmé dans cette prison en mars, entre 40 et 50 personnes y étaient toujours enfermées pendant le confinement et plusieurs mouvements collectifs ont été violemment réprimés avec tabassages et transferts. Depuis quelques semaines le CRA est de nouveau plein, tellement que les flics ont déjà transféré plusieurs prisonniers vers Calais et d’autres centres. L’ordre de Malte, l’asso présente dans la prison, n’est toujours pas réapparue depuis le déconfinement.

Faisons tourner au max leur communiqué !

Tous les gens dans le centre, dans les quatre zones, les 80 personnes, on est en grève de la faim. Le centre il est plein. Il y a trop de monde. Ca fait 3 jours que personne est sorti pour manger. Aujourd’hui on a demandé le médecin et y a pas de médecin, comme tous les jours. Ca fait presque 5 jours que y a que l’infirmerie : les gens ici ils toussent, ils ont de la fièvre, ils ont mal à la tête. Les policiers disaient hier que les médecins viennent pas parce qu’ils ont peur. Ya que du doliprane en attendant. Lundi ou mardi les policiers ils vont se faire tester. Nous on sait même pas si on va se faire tester.

On est en grève parce qu’on a peur, parce que pendant deux semaines y avait quelqu’un ici au centre de Lille qui avait le Covid. Il a été transféré à Calais et il a été testé positif là-bas. Les policiers depuis trois jours ils ont des masques et des gants, nous on a aucun moyen, on a rien, même pas du gel. On peut même pas se laver les mains. Avant ça y avait aucun moyen de protection dans le centre, rien.

Ca fait aussi trois jours qu’ils ont arrêté les parloirs, en fait ils ont tout arrêté. Avant y avait les amis, les cousins qui ramenaient des gâteaux ou des clopes au parloir. Maintenant les gens ici ils fument une cigarette par jour, et pour le café, tout le monde partage le même gobelet.

Pourquoi est-ce qu’on reste ici ? En plus les frontières elles sont fermées. Ils ont aucun moyen pour expulser les gens. De toute façon ils cachent les choses : ils veulent pas faire sortir l’information comme quoi y a quelqu’un qui est contaminé ici. Quand les gens sont enfermés dans le CRA ils sont pas testés avant. On a peur, on est stressé, y a des malades, on a que du doliprane.

Chaque chambre, on est 3 ou 4 dedans, les toilettes sont dégueulasses, les robinets et les douches  ìmarchent pas, ça fait trois ou quatre jours que le ménage a pas été fait. Quand on arrive il nous donne un petit plastique de shampoing et c’est tout. Là y a des gens ça fait plus d’une semaine ils ont pas pris de douche. Ils ont aucun moyen pour se laver. Ici le temps il passe pas. Y a des policiers qui font de la torture morale. Y a pas de protection.

On demande la libération de tout le monde.

Les prisonniers du CRA de lille.

Solidarité avec les prisonniers
du cra de Lille en lutte !
Liberte pour tous et toutes !

“Soit disant la France, les droits de l’homme, nous on les a pas vu.” // Communiqué de prisonniers du CRA de Oissel (Rouen)

Les prisonniers racontent que le CRA de Oissel est désormais plein, qu’il y a des transferts punitifs avec celui du Mesnil-Amelot (CRA dans lequel ont eu lieu pas mal de révoltes les deux dernières semaines), que les juges baclent plus que jamais les procédures, que la prefecture enferme des mineurs.. Un groupe de prisonnier a décidé de nous faire parvenir un comuniqué pour raconter tout cela. Ils sont aussi au courant des luttes contre les violences policières et de sans-papiers qui ont court en ce moment à l’extérieur et expriment leur solidarité.

Il y a des gens qui savent pas dehors alors on va vous dire.

Au tribunal, la préfecture elle nous fait passer pour des SDF, des célibataires et des personnes qui ont fait des longues peines de prison, alors qu’on est mariés, qu’on a des adresses et qu’on sort de peines de 3 ou 6 mois. Il y a des gens qui ont des papiers encore valides en Espagne, en Italie, en Allemagne, ils ont des enfants en France, un domicile fixe, une famille, mais ils ils font passer pour des SDF. Les avocats nous conseillent de porter plainte quand on sortira. Soit disant on est tous des menaces pour la république, mais ils cherchent aucun motif pour justifier ça, même les avocats disent que c’est faux. Les juges ils cherchent pas à comprendre : c’est 28 jours [prolongation de la durée de rétention par le Juge des Libertés et de la Détention ou JLD]. Il y a quelques juges qui vérifient si c’est vrai ce que dit la préfecture mais vraiment pas tous, alors c’est 28 jours. Ça c’est pour les JLD et sinon les juges du TA [Tribunal Administratif] c’est OQTF [Obligation de Quitter le Territoire Français], IRTF [Interdiction de Retour sur le Territoire Français] sans chercher à comprendre comme ça interdiction de 5 ans, 3 ans, 5 ans, 3 ans… Ils mentent sur nos vie, le préfet il fait des courses avec nous ? Il dort entre nous et nos femmes pour pouvoir dire comme ca qu’on a pas une vie commune ? La préfecture et les juges administratif détruisent des vie, des couples. Non mais on a la haine là pourquoi ils mentent et ils font des trucs comme ca ? Il y a des quantité de vices de procédure mais seulement les avocats privées et payant arrivent parfois à les prouver.

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” Ici on est solidaires ” : communiqué et témoignage des prisonniers en lutte au CRA de Mesnil

Au CRA du Mesnil-Amelot les prisonniers se sont à nouveaux mis en grève de la faim aux bâtiments 9, 10 et 11 à partir de vendredi et pendant 2 jours. Ils racontent les violences, humiliations, refus de soins de la PAF. Mais ils racontent aussi la solidarité entre prisonnier.ères.

Voici le communiqué des prisonnier.ères le 1 juin 2020 :

Nous sommes les prisonniers du centre de rétention Mesnil-Amelot. Hommes, femmes, tous les bâtiments : ici on est solidaires !

Car on se sent vraiment en prison.
Car ils nous traitent comme des chiens, ils nous parlent comme à des chiens.
Car en France ça n’existe pas la double peine alors qu’ici c’est est vraiment une 2e peine.
Car le centre c’est pire que la prison et qu’on préfère retourner en prison que de rester ici.

Car ici on mange pas bien et que dans la nourriture il y a des calmants.
Car on dort le ventre vide parce qu’on peu pas sortir même un morceau de pain de la cantine.
Car ici la nourriture c’est l’entreprise GEPSA qui a un long contrat avec le CRA et que même en prison c’est pas GEPSA.

Car chaque jour on se fait fouiller les cellules.
Car chaque jour on se fait agresser par les surveillants pour un morceau de pain de trop ou une carte oubliée.
Car on en a marre de la saleté et les agressions des policiers.

Car on paye des avocats très cher pour rien.
Car quand on demande à manger halal ils nous servent du porc.
Car ils agressent des personnes qui en ont encore des traces sur le visages et sur le corps.
Car on est coincé là alors qu’il y a pas d’avion.

Car la police ne respecte pas la santé des personnes, l’une d’entre nous est tombé ce matin parce qu’elle n’avais pas reçu son traitement.
Car on a porté plainte tous et toutes ensemble solidairement et qu’on a reçu aucune réponse, que personne nous écoute.

Pour toutes ces raisons on a fait plusieurs fois la grève de la faim ces dernières semaines mais sans solution. Ils nous disent : « même si on vous voit mourir devant nous on va rien faire. »

On peut pas rester ici si c’est pour vivre comme ça ! On veut la liberté !

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La solidarité avant tout. Vraiment ? Un régard sur les pays européens

Comment COVID-19 affecte les régimes de détention et d’expulsion en Europe

 
 (texte collectif écrit en anglais et traduit en français) 
 
La pandémie du Covid19 plonge tous les pays du monde entier dans une crise économique et une crise de santé publique – le virus nous affecte tou.te.s. Malgré son envergure mondiale, les États et leurs gouvernements cherchent des réponses nationales.
 
En Europe, la pandémie a poussé, à certains égards, à la solidarité et à la priorisation de la santé publique, mais aussi – et surtout –  aux  restrictions de la vie sociale et des libertés publiques. Dans de nombreux pays, le droit de circuler, de se rassembler et de protester ont été restreints par des mesures d’urgences au nom de la crise sanitaire et nous observons de nombreuses tendances autoritaires dans la mise en œuvre des mesures prises.
 
 
Il est souvent souligné que l’épidémie du Covid19 nous affecte tou.te.s. Cependant, cette crise, ainsi que les réponses qui lui sont apportées, s’appliquent à géométrie variable et catalysent souvent des discriminations et des exclusions préexistantes. Cette pandémie ne met pas seulement en lumière les conditions dégradantes dans les prisons et les centres de rétention en temps normal, mais montre également le visage le plus laid des politiques d’enfermement et d’expulsion des États de l’UE. Les États ont fait un choix sur les corps qui méritent d’être protégés et guéris et ceux qui sont exclus de la prévention, sans parler des soins. Nous sommes des militants du Danemark, d’Allemagne, de Suisse, de France et d’Italie engagés dans des luttes anti-déportation et anti-rétention. Nous nous sommes réunis pour collecter des informations sur nos contextes, afin de fournir un aperçu plus large de l’impact de COVID-19 sur différents pays. Le système de l’enfermement et des déportations diffère selon les pays européens, ce qui rend la comparaison souvent difficile. Dans certains pays, la détention administrative est effectuée dans des camps semi-ouverts. Dans d’autres, les personnes peuvent être placées en détention provisoire avant expulsion pendant une période pouvant aller jusqu’à 18 mois. Le système des camps pour les demandeurs d’asile diffère également selon les pays. Par conséquent, nous n’expliquerons pas en détail les caractéristiques exactes de chaque pays. Dans ce texte, nous avons établi une distinction entre la rétention provisoire en vue d’une expulsion et les système de camps. De plus amples informations sur les systèmes de papiers de chaque pays sont disponibles ici.
Conséquences de Covid19 sur les expulsions
Au regard de la situation actuelle des expulsions en Europe, quelques points communs se dégagent. Les expulsions entre Etats européens dans le cadre du règlement Dublin  ont été temporairement suspendues en mars, elles ont depuis reprises dans certains pays. En France, des expulsions ont eu lieu au cours du mois de mars et d’avril vers la Hollande, la Roumanie et le Portugal. Au Danemark, au moins une tentative de renvoi vers la Roumanie a été reporté depuis la fin supposée des déportations « internes ».  Il y a encore un manque de clarté concernant les vols charters et les expulsions vers les pays d’origine : si ces vols semblent totalement suspendus pour la France et l’Italie, ce n’est pas le cas pour certains pays qui semblent moins touchés par le Covid19 et les mesures d’urgence. Du côté français, les expulsions vers les pays d’origine ont été stoppées car le pays a fermé toutes ses frontières extérieures et pourrait ne pas les rouvrir avant l’année prochaine. En Allemagne par exemple, les autorités ont encore tenté de déporter des personnes vers leurs pays fin mars, ce qui a échoué deux fois en raison de mouvements de protestation. Malgré tout, il semble que les autorités allemandes poursuivent leurs efforts pour expulser les gens à tout prix. Au Danemark, le gouvernement n’est pas transparent sur l’arrêt total des expulsions vers les pays d’origine. Parallèlement, il insiste sur l’importance de rattraper tous les vols « manqués » une fois la crise terminée En Suisse, les expulsions vers les pays d’origine sont toujours possibles mais fortement restreintes.
Conséquences de Covid19 sur la détention 
 
Dans un certain nombre de pays européens des libérations ont eu lieu dans plusieurs centres de rétention au début de la crise du fait des risques sanitaires et de l’arrêt des déportations. 
Mais partout, de nombreux centres, voire la quasi totalité, restent ouverts et de nombreuses personnes sont toujours enfermées. Pire, la plupart des gouvernements ont imposé de nouvelles restrictions, et avec le ralentissement voire arrêt des déportations, les conditions de rétention deviennent à peine distinguables de celles de la prison. Les cinq pays ont en commun que les parloirs dans les centres de rétention comme dans les prisons sont actuellement interdits et que les prisonniers sont encore plus isolés de leurs proches et du reste du monde qu’auparavant.  Dans tous les pays, le droit des personnes à la santé, et peut-être à la vie, est gravement violé depuis le début du confinement.
 En Suisse, selon des informations officielles, les autorités genevoises ont libéré tout le monde en retenue et vidé complètement les centres de détention administrative de Favra et Frambois. Cependant, cette décision ne s’est pas étendue à dans d’autres régions du pays; à Bâle et à Zurich, par exemple, il y a encore plus d’une soixantaine de personnes en rétention provisoire. Dans les deux cantons, les autorités soutiennent que le motif juridique des expulsions n’a pas changé et soulignent qu’en général les expulsions sont toujours possibles et exécutées chaque fois qu’elles peuvent être réalisées. En Allemagne, les autorités n’ont pas élaboré d’approche globale sur la façon de protéger et de libérer les personnes en détention provisoire, laissant aux différents Land la possibilité de gérer à sa manière. Quelques centres de détention ont fermé et libéré tous les détenus et plusieurs personnes en attente de transfert de Dublin vers l’Italie notamment, ont été relâchées assez rapidement après l’arrêt des transferts de Dublin. Cependant, de nombreuses personnes restent détenues même si on ne sait pas vraiment quand les vols d’expulsion pourraient reprendre. Dans un centre de rétention de Darmstadt, des personnes ont manifesté contre leur emprisonnement. Aujourd’hui, cinq personnes y sont toujours retenues. Ils rapportent que les doutes liés à la situation et le fait de savoir que de nombreuses autres personnes ont été libérées mais qu’eux sont toujours enfermés représente un énorme stress psychologique pour eux. Au Danemark, le gouvernement refuse de libérer les personnes en détention pour expulsion, mais continue d’arrêter et de détenir de nouvelles personnes – bien que les prisons «normales» aient été fermées pour les nouveaux condamnés. Les gens sont continuellement transférés entre les différents lieux de rétention. Toutes les personnes qui sont transférées à Ellebæk, la prison fermée pour expulsion d’où des personnes sont expulsées de force, sont soumises à l’isolement forcé dans une prison d’État pendant deux semaines avant leur transfert.
En France, le confinement général a été déclaré le 16 mars. De nombreuses prisons pour sans-papiers sont actuellement vides du fait des libérations massives de prisonniers au cours des premières semaines de l’isolement. Cependant, elles ne sont pas définitivement fermées et d’autres centres continuent de fonctionner malgré la pandémie. À ce jour, de nombreux centres de rétention administrative (CRA) se remplissent à nouveau rapidement et les nouvelles rétention sont très souvent validées et prolongées par les juges. Comme on pouvait s’y attendre, le confinement et l’état d’urgence ont renforcé les contrôles d’identité et les arrestations arbitraires – même de travailleurs sans papiers qui n’ont pas d’autre soutien financier pendant la crise que de continuer à travailler. De nombreuses personnes sans-papiers sont également transférées directement des prisons à des centres de rétention : cette «double peine» existe depuis longtemps en France et s’est intensifiée pendant la crise. En Italie, les centres de détention (CPR) sont toujours ouverts. La fonctionnalité des centres dépend des autorités locales, et les informations à ce sujet sont partagées par le siège de la police locale (préfecture). Même si certains juges, à Potenza et Trieste par exemple, ne valident pas la prolongation de la détention, dans de nombreux cas, les CPR continuent de faire entrer de nouveaux détenus et les juges locaux prolongent ou valident la détention comme si rien n’avait changé. La principale différence est qu’au lieu d’une expulsion, il n’y aura qu’une obligation de quitter le pays.
 
Ainsi, les expulsions ne pouvant pas être effectuées, les motifs juridiques de la rétention pour expulsion disparaissent également. Même si nous rejetons cette prémisse absurde, autant que nous rejetons le régime de rétention et d’expulsion à travers l’Europe dans son ensemble, nous tenons à souligner que cela ne laisse plus aux autorités aucune justification légale ou institutionnellement acceptée pour maintenir ces centres ouverts, en particulier pendant la pandémie.
Conditions dans les centres de détention et les camps “d’accueil”
 
Même si les systèmes de camps sont différents à travers l’Europe, il y a un élément commun à tous les pays : la détérioration des conditions depuis le début de la pandémie. Pour être clair : les normes et règles sanitaires qui sont établies pour toute la société ne sont pas valables dans ces espaces. 
 En Allemagne, jusqu’à aujourd’hui, aucun camp (grands camps d’accueils où les personnes sont hébergées et assignées à résidence comme de la quasi-rétention) n’a été évacué. A l’inverse  : un certain nombre de ces camps ont été mis en quarantaine, donc totalement isolés du monde extérieur, dès qu’un habitant était testé positif. À Suhl, 533 personnes ont été collectivement détenues dans des conditions similaires à celles d’un centre de rétention après qu’un habitant du centre d’accueil a été testé positif pour Covid-19. Au lieu d’isoler la personne seule, les autorités ont confiné tout le camp et la police l’encerclait en permanence pour s’assurer que personne ne sortait. Dans un autre camp collectif, les résidents signalent le manque d’informations concernant le virus et de mesures de protection quasi inexistantes. Un autre exemple choquant est le camp d’Ellwangen où une personne sur deux, sur 500  personnes, a maintenant été testée positive. L’ensemble du camp est verrouillé, des protestations ont éclaté alors que les habitants critiquaient le manque d’informations, l’absence d’une stratégie efficace de protection des personnes et le manque de Wifi dans les sections isolées du camp. La revendication des personnes est la fermeture définitive des camps. Au Danemark, le gouvernement propose de tester les migrants sans-abri pour le virus, mais au moment où ces derniers demandent de l’aide, ils peuvent être retenus et expulsés – s’ils sont sans papiers. Le gouvernement a pris des mesures pour tenter de contenir la propagation du virus dans les centres, ce qui comprend le report de toutes les activités de loisir et de scolarité, la formation et le travail, ne laissant aux résidents aucune activité à l’exception des pauses fumeurs. Cependant, dans des centres tels que Kærshovedgård et Ellebæk, les mesures de distanciation sociale ne peuvent toujours pas être respectées, plusieurs personnes partageant chaque chambre. Il semble qu’une personne présentant des symptômes de coronavirus a été transférée d’un camp au centre de rétention de Sjælsmark et isolée dans une pièce, avec une pancarte sur la porte “Indication d’une infection par Covid-19”.
Dans les centres de rétention français, les mesures sanitaires ne sont pas du tout respectées. Les conditions d’hygiène sont désastreuses, comme le confirment les photos que nous avons obtenues du centre de Lille. Les visites sont également interdites, la nourriture et l’accès aux soins de santé sont devenus encore plus difficiles et inefficaces, les cellules et les salles communes sont encore plus sales qu’auparavant, car les nettoyeurs ne viennent plus. Dans au moins trois CRA, des prisonniers ont été déclarés positifs au virus et, très tardivement, isolés des autres résidents en étant placés au mitard (et quasiment jamais transférées à l’hôpital). En Italie, l’interdiction pour les résidents d’avoir leur téléphone portable avec eux a été étendue à tous les centres de rétention (CPR); cette mesure donne une base juridique à une pratique déjà utilisée dans le CPR de Turin, sur laquelle les autorités ne reculeront probablement pas après la crise.
On observe une situation similaire en Suisse où des photos et des séquences vidéo de chambres surpeuplées et de cuisines sales utilisées par plus de 80 personnes ont été publiées. Les habitants des camps qui ont été testés positifs ont été mis en quarantaine dans le camp et non dans un établissement médical. À Bâle, plusieurs dizaines de demandeurs d’asile ont été transférés du camp de Bässlergut dans un bunker souterrain. À Zurich, au moins deux camps ont supprimé l’aide financière d’urgence. C’est terrifiant car il s’agit du montant minimum défini par la loi pour survivre. Ces deux camps sont administrés par la société ORS, société privée et à but lucratif, qui fait du profit en incarcérant des personnes dans différents pays européens.
Actes de résistance
 
Les réponses des États de l’UE au COVID-19 révèlent clairement leurs structures oppressives, et le système d’enfermement et d’expulsion en est un parfait exemple. Les conditions inacceptables provoquent une résistance à l’intérieur et à l’extérieur des camps et des centres de rétention dans toute l’Europe. En Allemagne, les retenus ont manifesté contre la détérioration de leur situation ; dans un camp d’accueil, les résidents ont entamé une grève de la faim. Ils exigent leur libération immédiate des prisons, un hébergement décentralisé et le droit d’accéder aux soins de pour tou.te.s. Des groupes d’activistes à l’extérieur soutiennent les manifestations dans les prisons et les camps et s’efforcent de porter leur voix à l’extérieur. Dans le centre d’hébergement collectif susmentionné de Brême, des résidents et des militants allemands ont lancé la campagne # ShutDownLindenstraße (vidéo de la manifestation du 17 mars, vidéo des manifestations du 2 avril). Les manifestants ont critiqué les soins de santé problématiques, le manque sévère de précautions pour propager l’infection Covid-19, pas d’intimité, pas d’air frais dans les chambres ainsi que le stress émotionnel / mental.
Au Danemark également, il existe une étroite coopération entre les retenus et  certains collectifs. Les militants utilisent la radio et les réseaux sociaux pour diffuser les demandes de libération des retenus au public et attirer l’attention sur les troubles dans les centres. L’utilisation de ces canaux est également répandu en Suisse, où des campagnes ont été lancées pour attirer l’attention sur la situation dans les camps et faire des demandes concrètes à la société civile. En outre, la société civile est invitée à ouvrir des espaces privés tels que des hôtels et des airbnbs pour accueillir les personnes enfermées dans les camps d’hébergement. En ce sens, quatre maisons ont été squattées à Zurich.
 En France, les révotes au sein des centres de rétention s’intensifient. Il y a une résistance quotidienne contre les flics, les détenus font des grèves de la faim et certains prisonniers ont mis le feu à leurs cellules et matelas pour protester. Toutes les différentes formes de résistance ont pour finaliter de dénoncer les conditions sanitaires misérables et ont des revendications similaires à celles des autres pays : la libération immédiate de tous les retenu.e.s et la fermeture des centres. Des conditions analogues en Italie entraînent des protestations et des révoltes dans les centres de rétention. À Gradisca, une partie d’un centre de rétention a été détruite par le feu. Tout porte à croire que ces protestations ne s’arrêteront pas. La répression inhérente au système d’immigration continuera de susciter des résistances. 
Remarques finales
 
Ces situations révèlent la violence sous-jacente et la nature coercitive du régime de rétention et d’expulsion de l’UE. Dans une UE qui prétend donner la priorité à la santé des personnes, les centres de rétention / prisons peuvent être identifiés comme «une exception à l’état d’exception». Ce que la pandémie rend plus évident que jamais, c’est que la véritable fonction de ces centres est de contenir un petit groupe pour avertir tous les autres. Les centres de rétention ne sont pas seulement des outils pour exercer un contrôle sur les populations racisées, mais aussi une mesure dissuasive pour inspirer la peur à tous ceux qui n’ont pas de séjour régulier dans l’UE. En temps de crise, comme celui que nous traversons, les centres de rétention révèlent finalement leur véritable rôle, ayant perdu la façade institutionnelle qui justifiait rhétoriquement leur nécessité. La déportation était la seule raison qui pouvait être utilisée par les gouvernements européens pour justifier les centres, et elle est en train de disparaître. Les gouvernements de l’UE indiquent clairement que tout le monde ne mérite pas d’être protégé contre la pandémie.
 
 
Listing OF CAMPAIGNS AND INFORMATION PLATFORMS
 
  • Denmark :
Link to the statement from inside Kærshovedgård camp, published on Facebook: https://www.facebook.com/CLOSETHECAMPSDK/photos/pcb.3647608855282708/3647608681949392/?type=3&theater
 
 
Droplet Radio has provided a platform for voices inside Kærshovedgaard deportation camp, Sjæslmark Deportation Camp and another camp in Jutland (in English and Danish):  https://www.spreaker.com/user/fredagaften/drbrd-2, https://www.spreaker.com/user/fredagaften/program-3-master-final-aac-for-audio-pod
 
Krav Fra en Pandemi, the Danish platform of the transnational campaign Demands from a Pandemic, whose manifesto includes the demand to close all camps and guarantee health for all:
 
  • Switzerland : 
Rise Against Borders: http://riseagainstborders.org
 
Solinetz Bern, call for the support of rejected asylum seekers by civil society: https://solidaritaetsnetzbern.ch/aufruf-private-unterkunft/
 
Squatting of houses “Solidarity for all”: https://zuhause.zureich.rip
 
  • France :
Latests news of the situations and the revolts happening 
 
Call for mail bombing to the prefectures and solidarity banners 
 
Situation in the CRA of Lille (with some pictures) 
 
Call from the prisoners of the center Mesnil Amelot (close to Paris) to the associations who support migrants to ask the state for a general release 
 
Some informations of the CRA in Lyon and Toulouse
 
  • Germany :
We´ll come United – an open initiative of people from different social, antiracist and political networks in Germany. Follow them on Twitter and Facebook.
 
Community for All – local network against the deportation prision in Darmstadt, Germany. You can also follow them on Facebook or Twitter.
 
Together we are Bremen – a group of refugees and supporters in Bremen, that is currently very active protesting the conditions in camps. Follow them on Twitter or Facebook.
 
Refugees 4 Refugees – Self-organized platform by and for refugees. Follow them on Twitter.
 
Antirassistische Netzwerk Sachsen-Anhalt – supports the struggles at the reception camp Halbertadt. Follow them on Twitter. 
 
  • Italy : 
General overview about the current situation in the CPR and revolts happening : 
 
  • Belgium : 
General overview about the current situation in the CPR and revolts happening : 
 
  • International :
 

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« La justice en France est injuste » : nouveau témoignage depuis la prison pour sans-papiers de Vincennes

Dans un contexte d’état d’urgence sanitaire l’état et la préfecture continuent d’enfermer au CRA de Vincennes, alors qu’un 5ème cas de corona virus est confirmé dans le centre. Compte tenu des mesure d’hygiène inexistante dans le CRA, la totalité des retenu est probablement infecté.

Avant hier (mardi 14), un référé liberté à été fait au tribunal administratif, de la part de quelques associations et avocat.e.s, pour demander la fermeture du centre. La préfecture prétextant faire le test pour le virus à tout le monde et prendre des mesures d’hygiène… a réussis à empêcher la fermeture du centre et la libération des tous les prisonniers.

En gros, le juge du tribunal administratif a décidé que : aucun nouveau prisonnier doit être enfermé à Vincennes pendant deux semaines ; les prisonniers qui présentent des symptômes doivent être mis en isolement ; ceux qui sont déjà malades doivent être hospitalisés. Quelle radicalité, quel courage ! Mais ça montre aussi bien que ces trois trucs ne sont pas évidents pour la préf…

Le choix, de la préf comme du tribunal, est donc de continuer l’enfermement malgré le risque énorme pour tout les retenus. En fait, et c’est pas une nouveauté, l’état, les flics et la justice en ont rien à foutre : même pour faire emmener les personnes malade du corona à l’hôpital, les prisonniers sont obligés de foutre le bordel et de mettre la pression collectivement aux keufs !

Suivi de la révolte des prisonniers du CRA de Mesnil-Amelot. Une revendication : la libération de tou.te.s !

Le 11 avril, à 20h les prisonniers du CRA 2 du Mesnil-Amelot occupent la cour du bâtiment et bloquent la promenade aux cris de “liberté !”. Depuis le début de l’urgence sanitaire les personnes enfermées demandent à être libérées face à la fermeture des frontières, mais l’État poursuit sa politique d’enfermement. De plus, aucune mesure sanitaire n’est prise pour empêcher la propagation du virus à l’intérieur du centre. Alors que les flics de la PAF rentrent et sortent de la prison pour sans-papiers au risque d’y ramener le virus, les prisonniers restent enfermés. Ne laissons pas seuls les prisonniers en lutte, relayons leur parole et soutenons les de toutes les manières possibles !

Pour appeler prisonniers dans le centre voici les numéros des cabines.

 

13.04 :

Hier 8 prisonniers du Mesnil-Amelot ont été transféré dans d’autre CRA suite à la révolte (visiblement pas de GAV). Au CRA de Lesquen (près de Lille) ils sont 5 et isolé du reste du centre : les flics ont rouvert un batiment qui était fermé juste pour les y enfermer. Les 3 autres auraient été transférés à au CRA de Oissel (près de Rouen) ou les prisonniers sont en greve de la faim depuis hier soir. En plus de la violence qu’ils ont subit, la répression c’est aussi l’isolement loin des autres et loin des proches dans un batiment ou les cabines sont HS.  Un des prisonniers raconte la pression des flics pour les faire craquer pendant le transfert :

“On s’est fait maltraités, tapés, on nous a mis les menottes super serrées. On est arrivés ici au CRA de Lille à 16h environ. Pendant tous les trajet les flics nous ont menacés de poursuites, ils disaient “vous allez le payer cher”, le directeur aussi nous disait ça au Mesnil, uniquement parce qu’on s’est exprimé et qu’on a dit les choses clairement.

C’est de la maltraitance j’ai jamais vu ça de ma vie, on s’est fait gazer, matraquer, on a été mis par terre avec 40 condés qui nous encerclaient, nous mettaient la pression à mort, puis ils nous ont passé les menottes super serré. Sur le trajet c’était du foutage de gueule, ils essayaient de nous faire péter les plombs, mais nous on est pas rentrés dans leur jeu, pas un insulte ni rien. Ce qui les dérange c’est qu’on s’exprime bien, on a dit les choses clairement, on a dit ce qu’on voulait, et ça les dérange, on est devenus des cibles à abattre. On reste debout même si on s’est fait menacé de ouf. S’ils avaient pu ils nous auraient mis une balle. 

J’ai vécu un truc de fou, on a été traité comme des mecs en cavale. Ca a été dur. Là on est 4 au CRA de Lille, ils ont réouvert le bâtiment juste pour nous, il y a juste une personne âgée dans un autre bâtiment.”

Continuons à etre solidaire avec les prisonniers en lutte ! Virus ou pas : à bas les CRA !


11h30 :

Une charge de police a eu lieu vers 11h. Dispositif policier énorme (ils parlent de 100 flics). Ils les ont rassemblé dans un coin, forcé à se mettre par terre et confisqué des téléphones. Ils ont menotté et emmenés, surement en garde à vue, 7 prisonniers « identifiés comme leader sur les cameras ». Les autres prisonniers ont été réenfermés dans les chambres.


Ce matin :

Hier soir suite à l’échange avec le chef de police, puis avec le directeur du CRA, les retenus se sont installés pour dormir dehors, mais les flics ont pris leurs matelas pour éviter un incendie. Ils ont continué a bloquer quand même. Ce matin, ils ont sauté la grille pour rejoindre le bâtiment des femmes et familles, d’où ils seraient plus visibles de l’extérieur du CRA. Ils cherchent a être le plus visibles possible et continuent a tenir ensemble alors que les policiers se préparent a charger. De plus en plus difficile d’être en contact avec eux.


Des audios des retenus qui ont été fait par d’autre personnes paris lutte info


21h50 : ils ont décidé de passer la nuit dans la cours

Ils nous ont amené le directeur du centre il a dit qu’ils ont pas de solution pour nous. Alors ont a dit si c’est comme ca on va dormir dehors. Pourquoi ils nous gardent alors qu’il y a pas de vol et que le Corona est dans le centre ? On est pas animaux. ici c’est la double peine ! Il y en a qui sont en t-shirt mais on est allé cherché des couvertures par derrière on va dormir dehors on va rester toute la nuit ! et demain personne ne mange !


21h20 : Ils sont actuellement en négociation avec le comandant les keufs..

“Ils ne respectent pas le droit des gens, pas de mesures sanitaires dignes et quand tu dis quelque chose les policiers ils te frappent c’est pas humain ! Sérieux les avions ils vont pas redécoller avant septembre on nous a dit, ça veut dire quoi ? On va pas rester ici jusqu’en septembre !”

“On a bloqué on s’est mis tous dans une cour, c’est à dire les 4 bâtiments qui étaient ouverts dans la cour tous ensemble. Tant qu’ils trouvent pas de solution on bougera pas d’ici ! Tout à l’heure ils nous ont gazé matraqués ils ont des boucliers, depuis tout à l’heure on subit des violences pour rien ! Là ils sont à la sortie de la cour vers la grille matraque à la main, casque et ce qui va avec ! Que les journalistes nous appellent mais là ! Maintenant !”

Libération immédiate de tou·te·s les prisonniers·ères !