L’ETAT CONSTRUIT DES CRA ET DES PRISONS, DETRUISONS-LES !

L’État poursuit ses objectifs racistes de traque, d’enfermement et de déportation des personnes qui n’ont pas les bons papiers : après les nouvelles extensions des CRA de Coquelles (Calais) et de Lesquin (Lille) et les projets de création de nouveaux CRA à Lyon-Saint-Exupéry (un 2e à côté de celui déjà existant), à Olivet (à côté d’Orléans) et à Bordeaux.
C’est tout récemment que nous avons appris l’existence d’un projet d’agrandissement du CRA du Mesnil-Amelot, pour 2025. Soixante-quatre nouvelles places seront créées sur un autre site, à quelques minutes en voiture du CRA existant.

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Un prisonnier retrouvé mort au CRA de Bordeaux + grève de la faim !

On republie ici un texte paru sur Toulouse Anticra
Un prisonnier retrouvé mort au CRA de Bordeaux
Ce n'est pas la première fois qu'un retenu crève dans un CRA : à Vincennes par exemple, deux personnes sont mortes en 2019. Ce n’est jamais un accident si quelqu’un.e crève dans ces taules. Le CRA, c’est une boucherie, une machine à tuer. Luttons pour que cette mort ne soit pas oubliée !

Au CRA de Bordeaux qui est situé au sous-sol du commissariat (1), un prisonnier est retrouvé mort dans sa chambre il y a environ un mois. Aucune information ne semble avoir été diffusée sous prétexte que la famille ne souhaite pas que son nom soit révélé.

Des prisonniers sont en grève de la faim depuis 3 jours, voici le témoignage qu’ils souhaitent diffuser:

« Dans la nuit on rigolait ensemble, le mec il est parti pour dormir et le matin on est parti pour le réveiller pour manger, pour le petit déjeuner et lui il s’est pas réveillé. Oui la police est venue avec les pompiers.

Les policiers ont dit on peut pas dire aux journalistes parce que sa famille veut pas donner le nom.

Oui ils savent pourquoi il est mort, ils veulent pas nous dire. Nous on pense parce qu’il voulait pas aller au Maroc, y’a des gens qui veulent le tuer là bas, il avait beaucoup de stress, de médicaments de psychiatrie et tout ça, c’est pour ça qu’il est mort. Oui il a pris des médicaments pour mourir. Pas manger, pas dormir, il était pas bien, beaucoup de stress, pourquoi ils le laissent là ?

Il voulait pas aller au Maroc et les gens de l’État voulaient l’envoyer là-bas.

Il a pris beaucoup de cachets, il s’est suicidé je pense. Il a fait une overdose. Non il a pas dit forcément qu’il voulait se suicider. Il a dit j’espère demain Inch’Allah vous tous libérables les gars. Nous on croyait qu’il parlait pour nous, en fait il parlait pour lui, il savait qu’il allait mourir, il nous a dit ça avant de mourir.

Ici ils ont rien dit, ils s’en foutent, même pas c’est passé au journal, normalement ça passe à la télé et au journal, c’est vrai ou pas ça ?

Nous on fait la grève de la faim depuis 3 jours parce qu’on en a marre, c’est trop dur ici, c’est raciste, si on a besoin de voir un médecin à 8h, ou minuit, on peut pas jusqu’à 11h, y’a pas de médecin, si quelque chose se passe, on a rien.

On demande de passer ici parce que quelqu’un est mort. C’est même pas un centre de rétention ici. C’est trop dur, on dort pas, on mange pas bien, on prend pas bien les médicaments, il y a tous les jours quelque chose qui se passe ici.

Les policiers ils s’en foutent si on mange on mange pas, ça fait 35 jours je dors pas parce que j’ai pas l’injection pour dormir ici, l’injection de Subutex, ils le donnent pas. Le médecin refuse, il donne des cachets que je connais pas, on est mal ! »

(1) « Le centre de rétention administrative est situé au sous-sol du commissariat. Il est confiné, très exigu et les personnes qui y sont enfermées développent très rapidement des troubles psychiques dus aux conditions particulièrement anxiogènes de leur enfermement. Au-delà d’un certain nombre, les personnes se retrouvent très à l’étroit : la cour est très petite… La lumière naturelle est rare : la seule source étant un puits de jour au cœur de la courette grillagée (20m²). L’ensemble du CRA est éclairé aux néons qui restent parfois allumés la nuit…» – (Rapport rétention Cimade 2019)

Violences policières : Deux retenus gazés par un gardien au CRA du Mesnil-Amelot

Jeudi 22 avril deux prisonniers au Centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot ont été gazés par un gardien, alors qu’ils s’apprêtaient à rompre le jeûne dans leur cellule.

Nous relayons ici le témoignage de l’un des deux retenus agressés :

« Mon pote et moi étions en train de préparer le dîner dans ma cellule, quand aux alentours de 21 heures, un gardien a frappé très fort à la porte. Il a donné des grands coups contre la porte comme si on était des terroristes!

Quand le gardien est entré dans la cellule, je lui ai demandé pourquoi il s’était mis à tambouriner comme ça contre la porte. Je lui ai dit qu’on allait manger, qu’il n’avait aucune raison d’être énervé. Il m’a répondu : « Je suis policier, je fais ce que je veux. »

Tout en discutant de son attitude, on est sorti de ma cellule pour
l’appel. Puis le gardien a fait deux pas en arrière, a sorti une bombe lacrymogène et a gazé à hauteur de nos visages, sous les yeux de huit autres gardiens. Tout le monde a été choqué, même le personnel, mais personne n’a bougé le petit doigt, personne ne l’a repris.
Ni mon pote ni moi n’avons touché le gardien, nous ne l’avons pas agressé. On n’a rien fait et il s’est mis à nous gazer. Ce n’est pas un policier, c’est un homme raciste.

Vers 23 heures, le chef du centre s’est rendu dans ma cellule pour tenter de justifier l’attitude du gardien. Il m’a dit : « Tu sais c’est un nouveau, il est jeune, il ne sait pas ce qu’il fait ». Comme si c’était normal. Je suis choqué. »