« Ils ont trouvé deux personnes contaminées hier » : des nouvelles du CRA de Lille

Dans le CRA de Lille la situation est explosive. Après le premier cas de Coronavirus trouvé la semaine dernière, après l’interdiction des parloirs ( ICI audio ) et après cinq jours de grève de la faim et de lutte ( ICI article ), une partie des prisonniers (moitié environ) a été testée ce mardi. Résultat : au moins deux nouveaux cas de prisonniers malades.
Malgré ça, aucune nouvelle mesure sanitaire a été prise. Apparemment l’Ordre de Malte, l’asso qui intervient dans le centre, va déposer une demande de mise en liberté, faudra voir si ça marche.

Un prisonnier rapidement la situation à l’intérieur, voici son témoignage :

 
« Ils ont trouvé deux personnes contaminées hier, mais beaucoup ont pas fait le test. Ça veut dire que quelqu’un dans ta chambre peut être malade et tu sais pas, peut être s’ils vont tester tout le monde ils vont trouver d’autres. Ils ont fait le test du nez, du coup certains ont refusé parce qu’ils disent que ça marche pas. Moi je l’ai fait quand même, il faut pas rigoler avec cette maladie.
Dans le centre ça sent mauvais, personne fait le ménage pour peur du virus, ça pue dans les cellules. C’est grave, on a peur pour la santé. »

Les prisonniers sont vénèrs et demandent de faire circuler au maximum les infos

à l’extérieur, la solidarité s’organise : ce samedi (27 juin), le Comité sans papiers de Lille (https://www.facebook.com/CSP59/ ) appelle à une manif en solidarité :
IL FAUT LIBÉRER TOUS LES SANS PAPIERS – SAMEDI 27 JUIN A 14H, MARCHONS DE PORTE DE DOUAI A CRA DE LESQUIN

Virus ou pas, abolition des CRA !

 

« Les 80 personnes, on est en grève de la faim » : communiqué des prisonniers du CRA de Lille en lutte !

Depuis jeudi, tous les prisonniers du centre de rétention de Lille Lesquin refusent les plateaux. Ils demandent la libération de tout le monde suite à la suspicion d’un cas de Covid que la direction veut masquer. Alors qu’au moins un cas de Covid avait été confirmé dans cette prison en mars, entre 40 et 50 personnes y étaient toujours enfermées pendant le confinement et plusieurs mouvements collectifs ont été violemment réprimés avec tabassages et transferts. Depuis quelques semaines le CRA est de nouveau plein, tellement que les flics ont déjà transféré plusieurs prisonniers vers Calais et d’autres centres. L’ordre de Malte, l’asso présente dans la prison, n’est toujours pas réapparue depuis le déconfinement.

Faisons tourner au max leur communiqué !

Tous les gens dans le centre, dans les quatre zones, les 80 personnes, on est en grève de la faim. Le centre il est plein. Il y a trop de monde. Ca fait 3 jours que personne est sorti pour manger. Aujourd’hui on a demandé le médecin et y a pas de médecin, comme tous les jours. Ca fait presque 5 jours que y a que l’infirmerie : les gens ici ils toussent, ils ont de la fièvre, ils ont mal à la tête. Les policiers disaient hier que les médecins viennent pas parce qu’ils ont peur. Ya que du doliprane en attendant. Lundi ou mardi les policiers ils vont se faire tester. Nous on sait même pas si on va se faire tester.

On est en grève parce qu’on a peur, parce que pendant deux semaines y avait quelqu’un ici au centre de Lille qui avait le Covid. Il a été transféré à Calais et il a été testé positif là-bas. Les policiers depuis trois jours ils ont des masques et des gants, nous on a aucun moyen, on a rien, même pas du gel. On peut même pas se laver les mains. Avant ça y avait aucun moyen de protection dans le centre, rien.

Ca fait aussi trois jours qu’ils ont arrêté les parloirs, en fait ils ont tout arrêté. Avant y avait les amis, les cousins qui ramenaient des gâteaux ou des clopes au parloir. Maintenant les gens ici ils fument une cigarette par jour, et pour le café, tout le monde partage le même gobelet.

Pourquoi est-ce qu’on reste ici ? En plus les frontières elles sont fermées. Ils ont aucun moyen pour expulser les gens. De toute façon ils cachent les choses : ils veulent pas faire sortir l’information comme quoi y a quelqu’un qui est contaminé ici. Quand les gens sont enfermés dans le CRA ils sont pas testés avant. On a peur, on est stressé, y a des malades, on a que du doliprane.

Chaque chambre, on est 3 ou 4 dedans, les toilettes sont dégueulasses, les robinets et les douches  ìmarchent pas, ça fait trois ou quatre jours que le ménage a pas été fait. Quand on arrive il nous donne un petit plastique de shampoing et c’est tout. Là y a des gens ça fait plus d’une semaine ils ont pas pris de douche. Ils ont aucun moyen pour se laver. Ici le temps il passe pas. Y a des policiers qui font de la torture morale. Y a pas de protection.

On demande la libération de tout le monde.

Les prisonniers du CRA de lille.

Solidarité avec les prisonniers
du cra de Lille en lutte !
Liberte pour tous et toutes !

“Soit disant la France, les droits de l’homme, nous on les a pas vu.” // Communiqué de prisonniers du CRA de Oissel (Rouen)

Les prisonniers racontent que le CRA de Oissel est désormais plein, qu’il y a des transferts punitifs avec celui du Mesnil-Amelot (CRA dans lequel ont eu lieu pas mal de révoltes les deux dernières semaines), que les juges baclent plus que jamais les procédures, que la prefecture enferme des mineurs.. Un groupe de prisonnier a décidé de nous faire parvenir un comuniqué pour raconter tout cela. Ils sont aussi au courant des luttes contre les violences policières et de sans-papiers qui ont court en ce moment à l’extérieur et expriment leur solidarité.

Il y a des gens qui savent pas dehors alors on va vous dire.

Au tribunal, la préfecture elle nous fait passer pour des SDF, des célibataires et des personnes qui ont fait des longues peines de prison, alors qu’on est mariés, qu’on a des adresses et qu’on sort de peines de 3 ou 6 mois. Il y a des gens qui ont des papiers encore valides en Espagne, en Italie, en Allemagne, ils ont des enfants en France, un domicile fixe, une famille, mais ils ils font passer pour des SDF. Les avocats nous conseillent de porter plainte quand on sortira. Soit disant on est tous des menaces pour la république, mais ils cherchent aucun motif pour justifier ça, même les avocats disent que c’est faux. Les juges ils cherchent pas à comprendre : c’est 28 jours [prolongation de la durée de rétention par le Juge des Libertés et de la Détention ou JLD]. Il y a quelques juges qui vérifient si c’est vrai ce que dit la préfecture mais vraiment pas tous, alors c’est 28 jours. Ça c’est pour les JLD et sinon les juges du TA [Tribunal Administratif] c’est OQTF [Obligation de Quitter le Territoire Français], IRTF [Interdiction de Retour sur le Territoire Français] sans chercher à comprendre comme ça interdiction de 5 ans, 3 ans, 5 ans, 3 ans… Ils mentent sur nos vie, le préfet il fait des courses avec nous ? Il dort entre nous et nos femmes pour pouvoir dire comme ca qu’on a pas une vie commune ? La préfecture et les juges administratif détruisent des vie, des couples. Non mais on a la haine là pourquoi ils mentent et ils font des trucs comme ca ? Il y a des quantité de vices de procédure mais seulement les avocats privées et payant arrivent parfois à les prouver.

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” Ici on est solidaires ” : communiqué et témoignage des prisonniers en lutte au CRA de Mesnil

Au CRA du Mesnil-Amelot les prisonniers se sont à nouveaux mis en grève de la faim aux bâtiments 9, 10 et 11 à partir de vendredi et pendant 2 jours. Ils racontent les violences, humiliations, refus de soins de la PAF. Mais ils racontent aussi la solidarité entre prisonnier.ères.

Voici le communiqué des prisonnier.ères le 1 juin 2020 :

Nous sommes les prisonniers du centre de rétention Mesnil-Amelot. Hommes, femmes, tous les bâtiments : ici on est solidaires !

Car on se sent vraiment en prison.
Car ils nous traitent comme des chiens, ils nous parlent comme à des chiens.
Car en France ça n’existe pas la double peine alors qu’ici c’est est vraiment une 2e peine.
Car le centre c’est pire que la prison et qu’on préfère retourner en prison que de rester ici.

Car ici on mange pas bien et que dans la nourriture il y a des calmants.
Car on dort le ventre vide parce qu’on peu pas sortir même un morceau de pain de la cantine.
Car ici la nourriture c’est l’entreprise GEPSA qui a un long contrat avec le CRA et que même en prison c’est pas GEPSA.

Car chaque jour on se fait fouiller les cellules.
Car chaque jour on se fait agresser par les surveillants pour un morceau de pain de trop ou une carte oubliée.
Car on en a marre de la saleté et les agressions des policiers.

Car on paye des avocats très cher pour rien.
Car quand on demande à manger halal ils nous servent du porc.
Car ils agressent des personnes qui en ont encore des traces sur le visages et sur le corps.
Car on est coincé là alors qu’il y a pas d’avion.

Car la police ne respecte pas la santé des personnes, l’une d’entre nous est tombé ce matin parce qu’elle n’avais pas reçu son traitement.
Car on a porté plainte tous et toutes ensemble solidairement et qu’on a reçu aucune réponse, que personne nous écoute.

Pour toutes ces raisons on a fait plusieurs fois la grève de la faim ces dernières semaines mais sans solution. Ils nous disent : « même si on vous voit mourir devant nous on va rien faire. »

On peut pas rester ici si c’est pour vivre comme ça ! On veut la liberté !

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Grève de la faim en cours au CRA de Mesnil Amelot !

Le CRA du Mesnil-Amelot n’a cessé de se remplir de nouveaux prisonniers pendant le confinement (notamment ceux qui n’ont pas été enfermés à Vincennes suite à la décision du TA). Ces nouveaux prisonniers du CRA ne sont pas testés, ce qui augmente le risque que le virus se diffuse : c’est exactement ce qui s’est passé au CRA de Vincennes, où une personne sortant de prison a été ramenée directement au centre malgré le fait qu’elle était déjà malade. Une fois de plus, les flics et la préfecture jouent avec la vie des gens, ce sont eux memes qui produisent la contamination !
 
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“Tous les jours ils décident de changer les règles. Et nous on doit s’adapter.” Témoignage de CRA de Lille

La situation exceptionnelle de l’état d’urgence sanitaire ne fait qu’exacerber les violences systémiques et quotidiennes qui constituent le système d’enfermement pour étranger.e.s,  notamment pour ce qui concerne la santé et le soin. Pire encore lorsqu’il s’agit de la santé psychologique.
A Lille aujourd’hui plus de 50 personnes sont toujours enfermées.  Des grèves de la faim et des formes de lutte individuelles et collectives continuent à avoir lieu.

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” Ils sont là pour violence, c’est ça leur travail ? ” : solidarité entre prisonniers et provocations policières à Vincennes

Malgré le confinement, les frontières fermées et la pandémie à l’extérieur, malgré les conditions sanitaires désastreuses et les retenus qui tombent malades, la prison pour étrangers de Vincennes continue d’enfermer des personnes qui n’ont pas les “bon papiers”. Depuis plusieurs semaines, les prisonniers sont transférés d’un bâtiment à un autre comme s’ils étaient des objets, ils sont mis en isolement pendant des jours et des jours si les flics suspectent qu’ils soient malades, mais ces derniers refusent d’hospitaliser les gens sauf s’ils sont vraiment au bout de leur vie.

Ces deux derniers jours, ça a bougé au CRA. Jeudi soir d’abord, lorsqu’un groupe de solidaires et d’ennemi.e.s des frontières est passé à l’extérieur de la prison, et les prisonniers ont répondu avec force de manière collective.
Hier soir (vendredi) ensuite, quand l’équipe de nuit des keufs est rentrée dans une cellule en provoquant les personnes qui y étaient enfermées, alors même qu’elles venaient de rompre le jeûne pour le Ramadan.


On publie ici des témoignages sur ces deux épisodes.

Comme d’habitude, les flics montrent tout leur mépris envers les prisonniers.
Comme d’habitude, la réponse à la hogra et à la violence de l’état c’est la solidarité et la lutte.

Ne laissons pas les prisonniers-ères isolé.e.s, soutenons leurs luttes !
Liberté pour tou.te.s et abolition des Cra maintenant !

Jeudi 23 dans la soirée, des feux d’artifice ont été tirés devant le centre de rétention administrative, et les prisonniers racontent qu’ils ont entendu crier “Liberté” pendant quelques minutes. Les flics à l’intérieur n’ont visiblement pas apprécié le spectacle et comme ça criait aussi à l’intérieur, ils ont voulu mettre des gens à l’isolement : les prisonniers ont résisté et réussi à empêcher les flics de les diviser. Feu aux CRA !

“Hier il y a eu des feux d’artifice dehors, les policiers ils se sont énervés, ils aiment pas les trucs comme ça. Ils sont venus pour essayer d’emmener des gens à l’isolement, on les a pas laissé faire. On a crié pendant les feux d’artifice, alors ils demandaient « pourquoi vous criez ? ». Ils voulaient mettre 2 personnes à l’isolement « pourquoi tu cries, pourquoi tu tires la chaise ? » Nous on criait pour se soulager, et parce qu’on a vu les feux d’artifices. Finalement ils ont emmené personne à l’isolement parce qu’on a refusé, après ça s’est calmé.

La violence c’est sur tout le monde, pas que hier. Parfois ils descendent des gens au coffre parce que là bas il y a pas de caméra et ils tabassent les gens. Une personne a 3 certificats médicaux parce qu’il a été tabassé.”

Un autre retenu s’exprime ensuite :

“Hier on a commencé à crier, les flics sont venus, ils ont parlé méchamment, ils nous ont poussé, ils nous ont provoqué. Ils ont dit « on va vous ramener à l’isolement, on vous a vu crié à la caméra, c’est interdit ». Du coup on a refusé, un policier m’a poussé pas mal de fois avec des insultes. C’était pour nous provoquer.

Puis le chef est venu, tout le monde a dit « nous on a rien fait ». Tout ça ça a duré 20mn. A la fin ils ont emmené personne. A cause de ça ils ont pas ouvert le distributeur.

On est 13 personnes dans le bâtiment 2A, et il y a 3 personnes contaminées avec test positif. Elles sont ici dans le CRA, dans le 2B, en isolement, alors qu’elles devraient être à l’hôpital.

Maintenant il y a le droit à une visite par semaine par personne.

C’est n’importe quoi ce qui se passe. Nous on cherche pas que la liberté, on cherche la santé aussi. On va mourir pour rien. Un animal malade ici vous le ramenez à l’hôpital, mais nous les êtres humains on nous laisse là. On est ici parce qu’on n’a pas de papiers, mais on a le droit de vivre quand même non ? On dit que la France elle respecte les droits de l’homme mais ici elle respecte rien du tout. C’est de l’hypocrisie, c’est pas humain.”

Le lendemain vendredi 24 avril, premier jour de Ramadan, la rupture du jeûne d’un groupe de prisonniers musulmans est interrompue par l’irruption d’une équipe de keufs dans une cellule. Il faut savoir aussi que pendant le Ramadan, les retenus ont droit d’amener de la bouffe dans les cellules, ce qui est normalement interdit. Mais apparemment les flics n’ont rien à foutre…

” Comme c’est ramadan depuis le matin tout le monde est dans sa chambre tranquille, il y avait pas de problème alors les flics viennent nous provoquer pour chercher les problèmes, parce qu’on a pas la même religion.
Là ils viennent de rentrer dans ma chambre, on était 3 personnes en train de manger, tranquilles, ils ne toquent pas à la porte, ils rentrent comme ça en donnant un coup de pied dans la porte et font du bordel, je leur demande ce qu’ils veulent, ils me disent qu’ils cherchent une plaque de cuisson, qu’ils vont me mettre à l’isolement. Mais moi j’ai pas de plaque, je leur dis, en plus il y a des caméras dans le couloir ils auraient vu si j’avais une plaque.
Ils sont violents avec nous parce qu’on est musulmans. Ils sont là pour la violence c’est ça leur travail ? Maintenant je vais dénoncer, si je meurs ici c’est que c’est eux qui m’ont tué.
Ils menacent de me mettre en isolement. Je leur dis vas-y prends moi, mets moi en isolement, ils pensent qu’on a peur ? Pourquoi ils cherchent les problèmes avec nous ? Ca va mal finir. “

Le témoignage d’un autre retenu confirme ce foutage complet et provocatoire des keufs:

« Allo ouais je vous appelle, là on était à l’heure de manger, on était toute la journée on est calme on parle pas avec eux, on essaye faire notre religion tranquille, chacun dans sa chambre, jusqu’à l’heure de coupure pour que on mange, la police il vient, il nous laisse pas tranquille, je sais pas y’a aucun respect je sais pas, ils sont venu chercher un plateau, c’est quoi un plateau, laisse nous manger après on va déposer le plateau, c’est même pas une minute on à même pas encore couper, on à rien manger jusque là. ils viens ils prend mon amis ils essaye de le taper, ils voulais lui mettre isolement, juste pour un plateau, en plus ils vienne tous presque 20 policier ils vienne, ils essaye de nous taper, de nous faire des truc.

C’est pas logique j’ai jamais vu ça c’est pas logique, c’est des trucs c’est inimaginable, tu peux pas l’imaginer dans ta tête, je comprend plus rien du tout ici , je comprend plus rien du tout.

C’est le mois de ramadan nous on est calme en plus y’a la maladie, y’a les crises, y’a des gens leurs famille sont malades, y’a des gens ils savent même pas leur famille ils sont mort ou pas.
y’a un ami avec moi ici, son père il est maladie avec le covid 19, il a même pas de nouvelles de lui, les gens ça les stress, la police ils nous respecte pas, ils essaye de nous taper, nous mettre isolement au mois de ramadam, nous c’est même pas ça même pas avaler un truc même pas boire de l’eau.

Je sais pas ils sont tellement méchant je sais même pas comment ça va se passer ici avec eux, nous on est solidaire déjà, ils nous respectent pas, ils fait des trucs pour que nous on s’énerve pour que à la fin ils nous mettre isolement. Nous on veux pas ça, nous on est en train de faire notre mois de ramadan tranquillement, on parle pas avec eux, on été calme toute la journée, à la fin ils viens ils nous fait ça, la merde, pour rien du tout.

Parce que nous ici on est des animaux on est pas des humains pour eux, on est des animaux je vous le répéte on est des animaux, jamais j’ai vu, ici en france y’a du racisme, la police c’est des raciste ils nous aiment pas, je sais pas pourquoi ils nous aime pas, on à rien fait, oui on à pas de papier, c’est pas parce que on à pas de papier on est pas des humains, même nous on à des famille, c’est pas parce que on est pas naît en france, si il fallait nous faire faire esclavage, on est pas des esclavage, on est en 2020, quand même.

y’a des choses c’est vraiment, c’est des… j’arrive même pas les mots je veux dire vraiment.

Aidez nous, aidez nous, aidez nous, qu’est-ce que peux vous dire aidez nous, parce que nous on est en train de fatigué là, s’il vous plait, qu’est-ce que je vous demande le jour d’aujourd’hui, que vous essayer de nous aider, pas plus pas moins.

On à même pas demander qu’ils nous laisser sortir ou un truc, juste respectez nous, respectez nous, nous on vous respecte.

C’est mois de ramadan, normalement on est à coté de notre famille on est enfermé avec la maladie, avec la crise, on à même pas de visites, on est en train de souffrir ici. En plus ils nous donne du manger, hé vous le manger même pas, même ils le donne vous le manger même pas, c’est dégueulasse, t’arrive même pas à le manger, ouais à la fin ils nous respectent pas plus.

Franchement je vois ça c’est inimaginable, tu peux pas l’imaginer dans ta tête tu peux pas, tu peux pas. S’il vous plait aidez nous, qu’est-ce que je vous demande, s’ils vous plait aidez nous, aidez nous, aidez nous, on est en train de souffrir, on est en train de nous torturer la police ici, vous entendez au centre de Vincennes on est en train de souffrir, on est en train de souffrir, on est en train de souffrir.

Merci beaucoup et je vous souhaite une bonne soirée. »

“Ici vous avez le droit à rien” : témoignage d’un prisonnier du cra de Nîmes

Le cra de Nîmes fait partie des cra encore ouverts à l’heure actuelle. Normalement il y a 140 places, 7 bâtiments de 10 cellules pour 2 personnes. Dans le bâtiment où la personne témoigne (zone B1) 4 des cellules ne peuvent pas être occupées à cause du lavabo bouché et de fuites d’eau. Malgré les risques que cela représente, avant hier il y avait des gens qui étaient 2 par cellule, des nouveaux arrivants notamment. Aux dernières informations, il y aurait encore 11 prisonniers qui y sont détenus.
 
” Ici, c‘est 10 000 fois pire qu’une prison.
Ici vous avez le droit à rien.
Qui c’est les gens qui ont une téléphone sans caméra? Je voulais en acheter un mais c’est 30 euros et avec la carte 45. Et, pour activer la puce, il faut avoir un papier valide sauf que la plupart des gens ils arrivent ici sans papiers. 
 
Ca fait plus de 20 jours que je suis là et hier seulement ils ont changé les 2 serviettes.
Y’a des policiers ils portent des masques et d’autres non. Y’a des gens ils arrivent on sait pas si ils sont contaminés. Si y’en a un qui rentre avec le virus, il nous le colle directement.
 
Ici, il y a beaucoup d’analyses à faire. Ici les wc c’est dégueu. Ici c’est lavé avec une serpillère sale, avec de l’eau sale. Ca pue.
Si on pouvait faire des prélèvements, je vous dit pas tous les microbes. Le lavabo pareil.
 
Les moisissures y’en a partout, tout autour de la cellule, dans la cellule. L’aération je vous en parle pas. La bouche qui aspire l’air c’est des saletés. Y’a plein de microparticules qui sortent
chaque seconde. La poussière elle est marron, noirâtre qui sort de l’air chaud alors qu’il fait pas froid. On a pas besoin de chaleur.
 
La honte de la france. En prison aussi c’est sale vous imaginez même pas. Ici on a le droit à rien, absolument à rien. Ici il faut arriver avec des shampoings. Je vais faire payer l’etat. On nous donne un tout petit savon blanc, et ça te laisse des traces blanches sur les mains qui ne partent pas. Y’a pas d’éponges.
Aussi, c’est la première fois que je vois des toilettes comme ça.
 
Ici c’est super blindé, si ils nous laissent tout seuls, je sais même pas si on arrivera à sortir. J’aurais préféré rester dans ma cellule (de
prison), au moins j’étais tranquille.”

L’enfermement dans des conditions de merde continue ! Situation dans les CRA au 21 avril

Après plus d’un mois d’état d’urgence sanitaire, de confinement et de fermeture des frontières, l’État continue à enfermer dans les CRA, les taules pour emprisonner (virus ou pas) celleux qui n’ont pas les “bons papiers”.

 

Toujours des conditions de merde
  • Des libérations, des nouvelles arrivées et des CRA qui ré-ouvrent

Dans la semaine du 13 avril, l’État s’est remis à enfermer massivement dans les CRA : il y a eu entre 15 et 20 nouvelles personnes enfermées à Nîmes, 17 au Mesnil-Amelot dans le courant de la semaine, puis 22 dans la nuit de samedi 18 à dimanche 19. Côté prisonnières, au Mesnil-Amelot, suite à des libérations une personne s’est retrouvée enfermée seule comme ça avait été le cas à Oissel il y a deux semaines. Ces meufs se retrouvent seules et isolées à faire face au racisme et au sexisme des keufs , dans des conditions encore plus dures que les mecs emprisonnés. Les préfectures d’Ile-de-France ne sont pas dans une optique de fermeture des CRA comme ça a pu être annoncé dans certaines presses, notamment après la décision du Tribunal Administratif de Paris concernant le CRA de Vincennes. Au CRA de Lille-Lesquin, des personnes enfermées à Lille continuent à être libérées mais souvent au milieu de la nuit et les personnes se retrouvent alors seules et à la rue à 2h du matin dans les rue de Lesquin sans moyen de se rendre à Lille. Pour ce qui est des prisonniers du Mesnil-Amelot transférés à Lille suite à la révolte, cette fois il n’y a eu aucune libération.

Des préfectures avaient annoncé la fermeture de certains centres de rétention qui n’ont jamais fermé en réalité, il faut continuer à être vigilant. En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées. Ça été le cas pour le CRA de Lyon qui a été annoncé fermé mais où 30 personnes étaient enfermées la semaine dernière, il y a encore beaucoup de nouvelles personnes enfermées chaque jour, et aussi pas mal de libérations. Ça a été aussi le cas au CRA de Lille qui n’avait plus qu’une zone ouverte il y a deux semaines, alors qu’aujourd’hui les quatre zones sont utilisées pour enfermer. Ou encore à Nîmes qui le 16 avril servait à enfermer 15 personnes. Le CRA de Bordeaux sert toujours, lui aussi, à appliquer la double peine, pour les personnes qui viennent de purger une peine de prison, cueillies par les flics directement à la sortie et enfermées en centre de rétention.

lire aussi : Enfermer, enfermer toujours… la situation dans les CRA au 10 avril

Le 16 avril il y avait 5 personnes enfermées au CRA de Toulouse à Cornebarrieu (1). Comme dans tous les CRA, les flics refusent l’accès au soin des prisonniers et les tabassent. Ce jour là, alors qu’un prisonnier faisait un malaise les flics ne sont pas intervenus malgré les appels de ses co-retenus et lorsque la PAF a finie par arriver, ca a été pour frapper la personne et l’isoler. Suite à ça, le lendemain le prisonnier en question entame une grève de la faim. Le samedi 18, de nouvelles personnes y sont enfermées, dans les jours qui suivent, il y a quelques libérations. Le prisonnier en grève de la faim se retrouve seul à partir de dimanche soir. L’État persiste à maintenir l’enferment dans des CRA où très peu de personnes sont enfermées, comme à Toulouse, mais aussi dans les centre de rétention “d’outre mer”, dans les colonies françaises. C’est le cas en Guyane, où 10 personnes étaient enfermées le 20 avril, et 5 sont encore enfermées le 21 avril, toutes sortantes de prison. Alors que cette prison pour étranger.e.s avait été vidée au début du confinement.
À Mayotte, alors que le CRA était fermé, il va ouvrir à nouveau pour enfermer en quatorzaine les étranger.e.s qui arrivent par bateau depuis les Comores, soit disant pour les confiner mais il semblerait surtout que ce CRA reprenne du service.
Partout sur les territoires contrôlés par l’État français, on peut penser que les préfectures se préparent au déconfinement (qui est dans moins de 90 jours, la durée maximale d’enfermement) en espérant pouvoir reprendre les déportations des prisonnier.e.s.

  • Sur la santé

Le refus de soin est la règle dans les CRA : les keufs, la préfecture, les juges et les médecins laissent les conditions de santé des retenu.e.s empirer de plus en plus. D’un coté les traitements en cours sont interrompus, de l’autre les personnes qui tombent malades en CRA n’ont pas de médocs. Les infirmeries servent de pharmacie pour distribuer doliprane à ceux qui auraient besoins de soins, et continuent d’essayer de cachetonner un maximum de prisonniers. Dans des cas d’urgence, les flics refusent d’hospitaliser les gens (on l’a vu aussi récemment pour des cas de coronavirus). Et tout ça dans des conditions sanitaires dégueulasses.

Lorsque des prisonniers malades en cours de traitement sont enfermés en CRA, la rupture de soin est quasi systématique : un appel a été lancé en solidarité à l’un d’entre eux au Mesnil-Amelot, enfermé alors qu’il avait été libéré de prison pour être opéré. Les ruptures de traitement sont une double peine infligée aux prisonniers, une peine qui vise à mettre en danger la vie de ces personnes.

Pour ce qui est du Covid-19 plus spécifiquement, l’État fait prendre aux prisonnier.e.s le risque de crever en continuant à les enfermer, souvent à plusieurs par cellule, dans des conditions sanitaires insalubres, en laissant les flics, qui entrent et sortent chaque jour, les contaminer, et en enfermant de nouvelles personnes, chaque jour aussi. Les préfectures, pour maintenir les CRA ouverts, prétendent pouvoir tester tout le monde.

A l’heure où, depuis l’épidémie, la société tout entière est envahie par des angoisses morbides augmentées par la situation catastrophique des hôpitaux, il faut imaginer ce que vivent les retenu.es enfermé.es sans aucune protection ni prise en charge de leur santé, avec comme seule certitude qu’ils seront les dernier.es -avec les prisonnier.es de la pénitentiaire – à être soigné.es…

  • Sur les proches

Les effets de l’enfermement, en prison comme en CRA, n’affectent pas que les prisonnier.e.s mais aussi leur entourage : des heures d’attente pour aller au parloir, les abus de la part des flics pendant la fouille, le mépris des juges. En ces temps d’épidémie, à cela s’ajoutent l’interdiction des visites et la peur de la contagion, en plus du manque d’information et l’absence des mesures sanitaires à l’intérieur des centres de rétention. Dans certains CRA il y a la possibilité pour les proches de venir apporter quelques affaires de première nécessité aux prisonniers comme de la nourriture, des vêtements, tabac, carte sim (à Lille, par exemple, une fois par semaine seulement). Au Mesnil-Amelot des flics sont même allés jusqu’à mettre des amendes de confinement à des familles qui venaient faire passer des affaires pour leurs proches enfermés.

Face à cette situation, les prisonnier.es s’organisent et les révoltes se multiplient.

Toujours plus de révoltes face à l’enfermement

À Vincennes, Lille, Mesnil-Amelot, Lyon et Oissel toutes les luttes menées par les prisonnier.es ces dernières semaines exigent la libération immédiate de tous les prisonnier.es et la fermeture de ces prisons pour étranger.es.

  • Révolte et répression au Mesnil Amelot

Au Mesnil-Amelot tous les prisonniers restants ont été regroupés dans les bâtiments du CRA2. Les derniers prisonniers de Plaisir et de Palaiseau y ont été transférés fin mars. La décision de regrouper les prisonniers ensemble augmente les risques de transmission du coronavirus parmi les retenus et permet uniquement de réduire le nombre de policiers de la PAF sur le terrain. Dans la nuit du 11 au 12 avril, la cour de promenade a été bloquée par les prisonnier.e.s qui l’ont envahie en criant “Liberté ! Liberté !”. Les gradés et la direction du CRA ont essayé de les faire remonter dans leurs cellules, mais ils ont refusé et ont passé la nuit dehors. Dans la matinée du 12, le dispositif de flics grossit, des CRS sont venus en renfort en plus des flics anti-émeute déjà présents. Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des bâtiments et confisquent des téléphones. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules à l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transférer dans d’autres prisons pour étranger.e.s : 5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel (Rouen). Pour les prisonniers qui se retrouvent à Lille, la répression continue, ils sont mis dans une zone du CRA ouverte pour l’occasion, isolés des autres prisonniers. Depuis, pas mal de prisonniers du CRA ont été libérés, mais sur les deux prisonniers transférés du Mesnil-Amelot qui sont passés en JLD, les deux ont été prolongés. L’un d’entre eux s’est révolté suite à cette décision et les flics lui ont fait passé la journée en garde à vue.

  • Grève de la faim et solidarité à Oissel

Lorsque, le dimanche 12 avril, les 3 prisonniers du Mesnil-Amelot arrivent à Oissel après un transfert violent, les 13 prisonniers du CRA de Oissel ont lancé une grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate. Comme ils le disaient déjà le 25 mars, ils dénoncent le manque de matériel de protection sanitaire (gel hydroalcoolique, savon, masques) qui met en danger les personnes enfermées. Les trois prisonniers transférés rejoignent alors la lutte en cours. Ils n’ont pas pu récupérer leurs affaires et leurs papiers que les keufs de la PAF ont laissé au Mesnil-Amelot.

Face à des révoltes dans les CRA, la stratégie des keufs et des préfectures est souvent de transférer ceux qu’ils considèrent comme “les meneurs” vers d’autres CRA pour briser les solidarités et l’organisation : peine perdue puisque de Mesnil à Oissel, la lutte continue ! Cette semaine au CRA de Oissel il y a eu quelques libérations et encore des arrivées. Les derniers prisonniers en grève de la faim ont arrêté le 17 Avril sans avoir obtenu aucune réponse de la part de l’administration, ils étaient à ce moment là 10 prisonniers dans ce CRA.

  • Isolement et grèves à Vincennes

Fin mars, des grèves de la faim avaient eu lieu au CRA de Vincennes. Depuis, le bâtiment 1 a fermé, les prisonniers sont concentrés dans les bâtiments 2A et 2B, où le 9 avril, des cas de coronavirus ont été confirmés, alors que les prisonniers réclamaient depuis longtemps la liberté et au moins des mesures sanitaires à la hauteur de la crise. Les flics, plutôt que d’emmener les prisonniers malades à l’hôpital, les emmènent à l’isolement. Le 12 avril, après un départ de feu dans la matinée, un prisonnier malade avec les symptômes du coronavirus était très mal en point dans la soirée. Les prisonniers ont affronté les flics pour exiger qu’il soit emmené à l’hôpital, mais fidèles à leurs sale boulot raciste, ils ont refusé d’appeler une ambulance et ont dit qu’il serait testé mardi. Aux alentours de minuit, les retenus ont fini par obtenir que le prisonnier soit emmené par une ambulance.
Pour protéger les keufs, l’administration a mis des masques à disposition des prisonnier.e.s, ce qui a évidemment été pris comme une insulte : à quoi peuvent servir les masques quand tout le monde est potentiellement déjà contaminé, et alors que la situation était dénoncée depuis des semaines ?

lire aussi : “Y’a pas de sécurité, y’a rien du tout” / Contamination, isolement et refus de soin à Vincennes

 

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Sur la justice, les politiques et les médias : même en temps de crise, n’oublions pas que ce ne sont pas des alliés
  • Le tribunal refuse de faire fermer le CRA de Vincennes

Le 14 avril, le tribunal administratif de Paris a statué sur un référé liberté demandant la fermeture du CRA de Vincennes avec une décision lâche et ambigüe, puisqu’il refuse de fermer le centre et interdit seulement les nouveaux placements en rétention dans le CRA de Vincennes. On sait que ça ne veut pas dire moins d’enfermement : dans les jours qui suivirent, on a assisté à une vague massive d’arrivées au CRA du Mesnil-Amelot, il semblerait que les préfectures et les flics se reportent maintenant sur celui-là. Le tribunal demande aussi au CRA de Vincennes, pour les prisonniers qui seraient testés positifs au Covid19, de “les isoler et les confiner tout en maintenant leur accès aux soins nécessaires à leur état de santé”. Plus que de l’hypocrisie, c’est de l’indécence et de l’acharnement car la justice sait pertinemment que l’accès aux soins en CRA est inexistant, en temps normal et encore plus en ce moment. La preuve : dimanche dernier, les flics ont rassemblés les 4 prisonniers malades dans le bâtiment 2B en les mettant tous dans la même cellule et ont entassé tous les autres (une vingtaine) à 2 par cellule dans le bâtiment 2A – on se doute bien d’ailleurs qu’il y a plus de 4 personnes porteuses du virus. On a dit aux malades qu’ils allaient être gardés au CRA car leur cas n’était pas assez grave. Finalement une personne sera libérée du CRA 2B le 20 avril et une personne hospitalisée.

  • Sur les médias, les politiques et les institutions

Les médias ont beaucoup écrit sur les CRA lors de la révolte du 11-12 avril au Mesnil-Amelot, avec des articles dans tous les sens. Pour changer, ils ne s’intéressent aux CRA que lorsqu’il y a matière a faire vendre des articles sur des “échauffourées” entre flics et prisonniers. Pire que ça, ils mettent les gens en danger : plusieurs journalistes (y compris “militants”) ont publié des témoignages audios des prisonniers et des articles avec leur prénom. En dehors d’une possible répression judiciaire après les révoltes, ces journalistes exposent les prisonniers à des représailles des flics, qui peuvent les identifier. Au Mesnil lors de la révolte, les flics disaient ouvertement que les prisonniers ciblés par les transferts ou les tabassages étaient “ceux qui parlaient trop aux journalistes”, que les flics rodaient autour des cabines téléphoniques en tendant l’oreille et tentaient de confisquer les téléphones portables.
Espérons tout de même que la brève mise sous projecteurs des CRA, notamment au Mesnil-Amelot, grâce à la révolte des retenus, ait un effet sur l’attitude quotidienne des flics, au moins pour un temps…

Avec la révolte au Mesnil on a aussi assisté à l’habituelle coup de com des politiques avec notamment Coquerel, député France Insoumise, qui s’est déplacé au CRA le 13 avril pour alerter sur la situation et distribuer des masques “à la fois aux retenus et aux policiers”. Il s’étend d’ailleurs largement dans la presse sur la manière dont les flics sont mis en danger. Les prisonniers eux, disent que rien n’a changé dans le CRA depuis sa visite.
Les institutions “indépendantes” se réveillent aussi avec notamment la Contrôleuse Générale des Lieux de Privation de Liberté, Adeline Hazan, qui s’est rendue à Vincennes et au Mesnil-Amelot et a annoncé le 17 avril qu’elle appelait le gouvernement à désengorger et à fermer les CRA. Pareil pour le défenseur des droits : pour la 2ème fois depuis le début du confinement, il a réclamé le 18 avril la fermeture de tous les CRA et la libération des prisonnier.es. Comme d’habitude tout ça c’est bien beau mais ça n’a aucun effet…

Pour nous, il ne s’agit pas (comme le font certaines associations et politiciens de “gauche”) de demander la fermeture temporaire des CRA jusqu’à la fin du confinement, ni d’exiger que les CRA soient réformés pour les rendre plus “humains” ou plus efficients. Pour nous, il s’agit de partir des paroles et des luttes des prisonniers-ères, qui montrent clairement ce qu’il faut faire avec ces prisons pour sans-papiers : les détruire.
Pour ça on continuera, virus ou pas, à faire sortir leurs paroles et à soutenir leur révoltes.

A BAS LES CRA !
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS-ERES EN LUTTE
LIBERTÉ POUR TOU.TE.S, AVEC OU SANS PAPIERS !

Alors que le confinement nous empêche de nous réunir, la lutte et la solidarité qui s’expriment depuis l’extérieur reposent sur d’autres moyens que ceux habituels. (clique sur la banderole)

 

Pour rappel : n’importe qui peut discuter avec les prisonnier-es en CRA en appelant les cabines. En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées : Soutenir les retenu.e.s – Numéros et adresses des CRA


(1) A Toulouse, un site pour lutter contre l’existence des prisons pour étranger.e.s et pour relayer la parole de l’intérieur a été créé. Il est à suivre et à partager ! https://toulouseanticra.noblogs.org/

 

 

 

” y’a pas de sécurité y’a rien du tout “. Contamination, isolement et refus de soin à Vincennes

Depuis jeudi 10 avril, un cas de coronavirus est déclaré au CRA de Vincennes. Depuis c’est l’épidémie dans le centre, avec pour l’instant 7 cas déclarés en tout. Compte tenu des mesure d’hygiène prises trop tard et totalement merdiques, la plupart des retenus sont probablement infectés.

Mardi dernier, un référé liberté a été présenté devant le tribunal administratif en demandant la fermeture du centre, mais la pref, prétextant tester tout le monde et prendre des mesures d’hygiène, a réussi à empêcher la fermeture : le tribunal a uniquement rendu une décision empêchant les nouvelles admissions à Vincennes.

Résultat : une vague massive de placement en rétention au CRA du Mesnil Amelot, sur lequel les flics semblent maintenant se reporter.

Malgré quelques libérations et hospitalisations, la solution des flics a été d’abord de mettre les prisonniers identifiés comme étant infectés en isolement. Puis dimanche dernier (19 avril), ils ont déplacé les personnes du CRA 2B dans le CRA 2A, et mis les prisonniers infectés au CRA 2B. La conséquence, c’est une plus grande promiscuité et plus de risques pour l’ensemble des retenus : ils sont une vingtaine en tout au 2A, au moins 2 par cellule, et 4 au 2B, considérés comme infectés, tous dans la même cellule. C’est d’ailleurs absurde de considérer que dans de telles conditions d’hygiène, seules 4 personnes seraient infectées.

En plus de ça, les prisonniers identifiés comme étant infectés, et à qui on avait promis une hospitalisation, se sont vu dire qu’ils allaient être gardés au CRA 2B car leur cas n’était pas assez grave.

Encore et toujours la pref et le CRA s’obstinent à refuser la fermeture du centre, en montrant une fois de plus une considération inexistante pour la vie des prisonniers et en jouant à les déplacer d’un bâtiment à un autre.

La seule mesure de sécurité qui compte, c’est la liberté !

Continuons de les soutenir et de mettre la pression aux administrations des CRA et à la pref. 

Ici, deux témoignages d’un copain en isolement depuis jeudi, et ensuite un témoignage sonore d’un autre prisonnier lui aussi en isolement. Et pour finir un témoignage d’un prisonnier qui n’a pas été contaminé, déplacé au batiment 2a ce dimanche.

Premier, témoignage d’un retenu identifié comme contaminé et mis à l’isolement (jeudi 16 avril) : 

Je veux dire que les gens ici on a la moitié, tous ils ont la corona, ils ont tous la corona, moi aussi j’ai la corona, ça veux dire y’a pas de sécurité y’a rien du tout, ça veux dire il s’en bat les couilles le prefet il fait rien de nous, ça veux dire pour l’instant on à 4 cas ou 5, ça veux dire c’est trop là dans un centre de détention qui y’a des gens même pas 20 personne, il y ai déjà 5 cas ou 4 cas, ça veux dire c’est trop pour les gens ici.

Depuis elle arrive la corona ça fait rien changé, ils ont rien changé, ça veux dire ils ont pas libéré trop, normalement il faut libéré tout le monde, ils on laissé 20 personnes ici 20 personne à l’autre CRA, ça veux dire ça va marché la corona, a chaque jour on voit un autre cas, chaque jour on voit un autre cas, ça veut dire et ça marche ça marche, demain il y a un autre cas, après demain il y a un autre cas et etc et voilà.

Je veux dire que on à demander déjà la mise en liberté au juge avec les avocats et avec tout, mais le prefet, le juges ils ont pas libéré, ils ont rien fait, il s’en bat les couilles de nous c’est tout, et voilà c’est ça.

Enfait moi je suis en corona, ils ont dit on va te prendre dans un hopital, je pense moi y’a pas de place alors les hopitaux, les gens qui sont devant moi, avant moi ils sont rester là, dans cette chambre, ils sont rester là 3 jour 4 jours. Ils m’ont dit on va te prendre ce soir mais, je sais pas, j’attend et y’a rien. Parceque y’a pas de place et tout. Ils ont dit que peut-être on va te prendre dans un hotel, tu va rester 14 jour ici, 2 semaine ici, et on verra ils ont dit que je peux te libéré, tu à vu, ils ont donner la liberté, quand j’ai pris le corona, quand j’ai pris la corona ils ont dit que j’étais libéré, quand tu va à l’hopital, y’a un hotel, tu est libéré tu va pas à la police, y’a pas, ça veux dire tu reste ici deux semaine et tout, ça veux dire c’est on à rien fait tu voit, ça veux dire on fait rien changer, normalement ils ont fait ça des premiers.

Deuxième, témoignages de ce retenu toujours à l’isolement après 3 jours (18 avril) : 

Je suis toujours là depuis 3 jours, la chambre elle est même pas nettoyé elle est sale, elle est bouché, la, quand je me douche elle bouché, on dirait c’est une piscine, elle est bouché on dirais une piscine, l’eau elle va jusqu’au mollet, y’a même pas une table pour manger, y’a rien y’a même pas une chaise, y’a rien du tout, elle est sale elle est pas propre, c’est ça et quand je demande pour nettoyer, ils disent ils viens tout à l’heure, ils viens tout à l’heure, ils viens tout à l’heure. Et c’est la dernière fois y’a une policière qui m’a insulté de ma mère, t’a vu, parce que j’ai demander pour nettoyer la chambre, elle m’a insulté, elle m’a dit je suis pas t’a mère. Et je sort à 5 min et je reviens, j’ai même pas le temps pour respirer. Ça veux dire la je vais prendre la corona trop de quantité, parce que la c’est pas propre là, normalement il vont me prendre dans une chambre propre et tout, soit ils vont m’envoyer à l’hôpital, soit ils vont nettoyer la chambre et tout. C’est grave, tu t’imagine pas comment, tu t’imagine pas, en plus moi je suis sensible de ça. Ça veux dire je peux pas rester dans un isolement comme ça. Ça fait rien changer ça veux dire, ça veux dire à chaque fois on doit démerder.

Troisième, enregistrement, sonore, d’un autre prisonnier en isolement dans le batiment 2b :

Quatrième, témoignage d’une retenu déplacé du 2B au 2A :

T’es un prisonnier du CRA de Vincennes, t’etais enfermé au batiment 2B et on vient de te transférer au 2A c’est ça ?

Tout le monde c’est pas que moi, tout le monde

Et tu sais combien de monde à été transféré ?

16 personnes comme ça

Et pour les gens à l’isolement ?

Ils sont au CRA B2. Les gens qui sont à l’isolement ils sont sortit maintenant mais ils sont rentré dans le CRA 2B, trois personnes.

Donc la au 2B y a trois prisonniers qui sont atteint du coronavirus ?

Ouai c’est ça c’est les trois malade.Ils sont touché par le coronavirus. Ils ont libéré les autres.

On vous a tous testé ces derniers jours ?

Ouai on nous a tous testé. Pour nous que l’appareil pour la fievre. Ils nous ont dit vous etes pas contaminé.

Donc ca veut dire qu’ils vous ont transféré dans le batiment où y avait le plus de personnes malades..Est ce qu’ils ont décontaminé le batiment  avant de vous transferer ?

Meme ici y a des gens qui sont contaminés. Donc même le virus il est dans le centre.

Ils ont pas nettoyé le centre donc ça reste. Ca a commencé au CRA 2A et ils ont même pas nettoyé. Ils nous ont rentré ici. On reste une semaine ou deux semaines ca veut dire sur et certain qu’il va y avoir d’autres gens. Je sais pas si c’est moi ou d’autres ou je sais pas on est beaucoup.

Donc ils vous mettent en danger…

Bah ouai on est en danger. J’ai demandé un masque. Ils m’ont On m’a donné un masque. J’en ai redemandé un autre. On me dit « Non  le masque pour une journée ». J’ai parlé avec le policier je lui aidit « Le masque tu sais c’est autorisé pour 4h » Il m’a dit « Y a pas le choix on a pas beaucoup de masques. »

Les policiers eux sont protégés ?

Y a des policiers ils ont des masques, y en a d’autre nan. Et même les policiers ils sont contaminés. Ils font n’importe quoi de toute façon. On va attendre.. On a pas le choix..

Y ad ‘autres choses que tu veux rajouter sur Vincennes ?

Pour vincennes.. On veut sortir de là.. Bah ouai on a envie de sortir de la. On va mourir ici On dirait qu’on fait la queue la pour la mort là.

Ils vous ont donné du savon, du gel, de quoi désinfecter des cellules ?

Meme pas, tu connais hein.. Y a du shampoing et du gel douche de base .

 

Fermetures immédiate des CRA !

Liberté pour Tout.te.s !

A bas les CRA !