“L’histoire dira son mot un jour. Pour l’instant, on est des morts réservés” : témoignage d’un prisonnier de Mesnil-Amelot

On reçoit et on publie le témoignage d’un prisonnier du CRA de Mesnil-Amelot.

Malgré le virus, le confinement et l’impossibilité de déporter les gens, des sans-papiers se font encore arreter et enfermer dans ces prisons. Après la grève de la faim lancée lundi dernier (grève qui continue pour certains prisonniers), et l’appel lancé aux groupes solidaires avec les sans-papiers, une trentaine de prisonniers y sont renfermées, dans des conditions “pas humaines”, comme le dit le prisonnier.

Ca fait seize jours que je suis dans le CRA du Mesnil Amelot, j’ai été arrêté le 17 mars. Ce qu’on est en train de vivre ici c’est inhumain, la démocratie est bafouée en France.

Selon le gouvernement, le virus ne peut pas atteindre le centre, mais il n’y a pas de gel, pas de masque, pas de gants. Ici il y a des gens qui arrivent tous les jours, hier quatre personnes, aujourd’hui encore trois ou quatre et pas de dépistage.

Il y a eu deux libérations hier, mais des nouvelles personnes arrivent donc ça sert à quoi ? C’est sale, partout. La CIMADE est fermée. On est qu’avec les policiers. On est plus de 30 personnes ici.

Il y a encore deux personnes qui font la grève de la faim, moi je l’ai fait quatre jours mais je suis allée manger hier. Ce qu’on vit ici c’est pas humain. Il y a que des Africains qui sont ici. On n’est pas des criminels. Si vous prenez ma place qu’elle sera votre réaction ?

La guerre dans mon pays, au Congo Brazville,
c’est un business. Les gouvernements font ce qu’ils veulent. J’ai servi l’armée nationale congolaise. En 2003 j’ai demandé l’asile en France. Ça fait 17 ans que je vis en France. Mais ce que je vis ici c’est encore pire qu’en Afrique.

Ce qu’on vit ici en France c’est de l’esclavage. Les Africains ne sont pas libres. Elle est où la déclaration universelle des droits de l’Homme ? L’histoire dira son mot un jour. Pour l’instant on est des morts réservés.

En ce moment, il est encore plus difficile que d’habitude de mettre en place des pratiques de solidarité réelle avec les prisonniers-ères dans les CRA. Un petit truc, pour montrer qu’on est au courant de ce qui se passe dans les CRA et pour tenter de ralentir le sale boulot des préfectures, c’est de participer au mail bombing, chaque jour à 11h.

Libération immédiate de tou.te.s les prisonniers-ères !
Fermeture et abolition des CRA !
Des papiers pour tou.te.s, ou pas de papiers du tout !

Solidarité aux prisonniers du Mesnil Amelot et de Vincennes : appel à harceler les préfectures en ces temps de confinement !


Le 30 mars au matin tous les prisonniers du bâtiment 9 et 10 et quelques prisonniers du bâtiment 11 du CRA du Mesnil Amelot ont entamé une grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate; les prisonniers de Vincennes sont également mobilisés. La situation dans ces prisons pour sans papiers, comme dans toutes les autres en France, est très dure :
parloirs fermés, dégradation des problèmes sanitaires, aucune mesure sanitaire prise. Nous devons manifester notre solidarité aux personnes enfermées. Le confinement nous empêche de nous rassembler devant les CRA pour manifester cette solidarité, mais en envoyant massivement des mails aux adresses des préfectures on peut montrer qu’on est au courant de ce
qui se passe à l’intérieur des CRA et qu’on est toujours là ; c’est aussi une manière de ralentir leur sale travail en saturant leurs boites mails et, si on est vraiment nombreux.euses, qui sait, en faisait bugger leur système ?

On vous propose d’à partir du VENDREDI 3 AVRIL À 11H, de participer collectivement à l’envoi d’un e-mail (texte plus bas) aux adresses ci-dessous :

pref-eloignement@seine-saint-denis.gouv.fr
pref-eloignement@val-de-marne.gouv.fr
pref-eloignement@hauts-de-seine.gouv.fr
pref-astreinte-eloignement@seine-et-marne.gouv.fr

Il faut envoyer le texte à chaque adresse séparément. Les envois collectifs finissent directement dans les spams. Copiez le texte dans le corps du message. Changer l’objet du mail peut être également une bonne technique.

L’idée est de reproduire l’envoi de ces mails TOUS LES JOURS de 11H à 12H !

Brisons le silence, ne laissons pas isolés les prisonniers en lutte !

Texte à envoyer:
“Au CRA du Mesnil Amelot, les retenus ont entamé une grève de la faim depuis le 30 mars pour protester contre l’enfermement et les conditions qui empirent avec le coronavirus; les retenus de Vincennes restent également mobilisés. A l’intérieur comme à l’extérieur, on continuera à lutter contre vos politiques racistes et contre les CRA qui tuent, torturent, tabassent.

On demande la libération immédiate de tous les retenus et la fermeture du CRA.

Le communiqué des retenus :

Y a tous le bâtiment 9, 10 qui fait grève de la faim, et quelques
personnes du bâtiment 11.
On demande notre libération immédiate et la fermeture du centre. On a
peur de la contamination du coronavirus. Il y a encore de nouvelles
arrivées Ici il n’y a pas d’hygiène, donc c’est plus risqué que dans
d’autre endroit.
On a contacté la CIMADE, et on lui demande de faire une DML pour tout le
monde (demande de remise liberté).
Y a pas de vol, y a rien ici. Pourquoi on est là encore ?
Y a des gens qui se coupent pour sortir d’ici. La police est encore
violente avec nous. Depuis qu’on est en grève de faim les policiers
n’ont toujours pas répondu.
On veut que des journalistes nous contacte, et que la préfecture décidé
de nous libérer le plus rapidement possible.
Les retenus de Mesnil-Amelot le 30 mars 2020

Appel des prisonniers du Mesnil-Amelot en lutte aux associations de soutiens aux sans papiers !

Il y a plus de 15 jours le gouvernement à annoncé le confinement et l’état de “pandémie”. Dans le même temps la majorité des frontières étaient fermées.
Depuis le 16 mars les parloirs sont suspendu dans les prisons et les centres de rétentions. Le même jours le contrôleur général des lieux de privation et de liberté (CGLPL) exigaient la fermeture des CRA.
Le soir même les prisonnier.e.s de l’ensemble du CRA étaient en grève de la faim et exigaient leurs libération immédiate.
Les jours suivant les juges (JLD -juges des libertés et détention et TA -Tribunal Administratif) ont libéré beaucoup de prisonniers et prisonnières de ce centre. Souvent contre l’avis de la préfecture qui a essayé d’expulser jusqu’au dernier moment.

Des prisonniers se sont exprimés dans l’émission de l’Actu des luttes du 23 mars pour raconter les conditions d’enfermement là-bas.

Depuis ce sont majoritairement des personnes sortants de prisons et étrangers qui sont amenés au Mesnil-Amelot.

Rien est fait pour protéger les retenus face aux risques liés aux coronavirus qui devraient libéré le plus rapidement possible. Depuis hier matin tous les prisonniers du batiment 9 et 10 et quelques prisonniers du batiment 11 sont en grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate. Ils ont écrit un communiqué, à relayer un maximum, que vous pouvez trouver ici.

Aujourd’hui, mardi 31 mars, les prisonniers demandent aux associations:  de relayer un maximum leur communiqué, de contacter la préfecture pour exiger la fermeture du centre,  de contacter des journalistes pour que les prisonniers soient entendu dehors.

Je vous écris au nom de tous les détenus du CRA2 du Mesnil-Amelot. On demande à la CIMADE ainsi qu’à toutes les associations de soutiens aux sans-papiers de nous défendre, de faire une demande auprès de la préfecture de la fermeture du CRA. On demande a l’ADE, l’association de défense des étrangers de nous défendre parce qu’on est jugé sans avocat, sans voir le juge. En fait on est jugé sans notre présence ou notre dossier.

A toutes ces associations: s’il vous plait, aidez nous. On a peur de la suite.

Le numéro de la cabine de Mesnil-Amelot pour joindre directement les prisonniers en grève de la faim : 01.60.54.16.56

“Ils jouent avec nous, on va mourir ici” : témoignage d’un prisonnier du CRA de Mesnil Amelot

C’est toujours très chaud dans les CRA : meme si certain.e.s prisonniers-ères ont été libéré.e.s depuis hier, la majorité reste renfermée dans des conditions qui étaient dégueulasses bien avant le virus. Comme si la situation n’était déjà pas assez grave, les keufs continuent de provoquer les prisonniers-ères, font circuler des rumeurs, font péter des cables.

Alors que les luttes dans plusieurs CRA continuent, un copain prisonnier raconte comment ça se passe au CRA de Mesnil-Amelot.

Il n’y a pas d’autre solution : libération immédiate de toutes et tous les prisonniers-ères, fermeture et disparition des CRA maintenant !

 

« On va pas bien, on n’a pas de solution. On n’a pas de masques, quand tu parles à la police ils restent à dix mètres de nous, ils disent parce que « ça se trouve vous avez le corona », ils ont peur, ils restent très loin de nous, pour nous parler, mais pourquoi ?

Tu sais hier soir le président Emmanuel Macron à 20h il a dit que tout le monde doit rester confiné, mais on peut pas ici, on est beaucoup, on est genre 120 personnes. Et le ménage, tu sais, depuis hier et aujourd’hui aussi, ils ont pas fait le ménage, et la Cimade, ils ont fermé, donc si je veux quelque chose la police me dit « Attend, après ». On est 20 dans ce bâtiment, il y a en 20 dans l’autre et 40 dans un autre encore, et il y a des femmes aussi.

Le président a dit à 12h personne doit rester dans les rues, comment peuvent les familles venir nous voir ? Ça n’a pas de sens non ? On doit trouver une solution. La police a dit hier que plusieurs personnes étaient libérés par la préfecture, pourquoi ? Pourquoi nous on reste ici ? On doit partir aussi ! On n’a pas mangé depuis hier, depuis deux jours.

On est en danger, on n’a pas de masques, on n’a rien, on est en train de mourir ici, on est déjà morts. Si on sort, chacun va rentrer chez soi, mais ici il y a tellement de monde, ça n’a pas de sens. La police, ils ont peur pour eux mêmes, mais ils devraient avoir peur pour nous aussi.

On l’a dit à la police, tous les jours, on a besoin de masques, on doit nettoyer les chambres, on le fera nous mêmes, donnez nous le matériel et on va nettoyer. Vous devez dire aux gens de nous envoyer une caméra, pour filmer ce qui se passe ici. C’est déjà assez compliqué, on a besoin d’une solution, maintenant.

La préfecture peut tout faire, elle a le pouvoir de nous libérer. La police, ils sont racistes. Tu sais ce qui s’est passé, on voulait aller aux machines pour manger un gâteau, le policier a dit non, « on vous donne trois repas par jour », je lui ai dit « tu me donnes pas d’ordres, ta bouffe n’est pas saine, on veut aller à la machine, c’est mon droit », il m’a dit « mangez vous entre vous », et il m’a dit d’attendre trois heures. Ils jouent avec nous, on va mourir ici ».

“Vraiment on nous a oublié ici” / Communiqué de grève de la faim des retenus Mesnil-Amelot

Alors que beaucoup de pays refusent les avions venus de France, que la Cimade et les personnels de nettoyage ne sont plus dans les centres, que certains JLD n’ont pas lieu, que l’infirmerie et les médecins continuent de mépriser les retenu.es, aujourd’hui pleins de luttes ont lieu dans plein de CRA en France (au moins Vincennes, Mesnil-Amelot, Lyon, Lesquin).

Les prisonnier.es sont en grève de le faim depuis hier soir ou ce matin. dans certains centres il y a aussi eu des départs de feu, des évasions collectives, des blocages et bordel en tous genres. Alors que dans certains centres il y a des libérations (Palaiseau) dans d’autres, les préfectures continuent d’expulser vers les quelques destination où il y a encore des vols, voire même d’enfermer de nouvelles personnes (Mesnil-Amelot encore ce matin)

Voici le communiqué écrit par les retenus du CRA 3 de Mesnil-Amelot en grève de la faim depuis hier soir :

 

Nous sommes retenus du CRA de Mesnil-Amelot au CRA 3. Là on est en grève de la faim, on mange pas. Le CRA 2 est aussi en grève de la faim, le CRA 1 de Vincennes aussi et le CRA de Lyon et celui de Lille il paraît.

Il y a rien ici il y a que la police qui nous enferme. Avec le virus pas de visite au médecin, il s’en fout, et les policiers trainent dans les couloirs sans masque. Aujourd’hui on a parlé avec le chef du CRA, il a dit on s’en fout faites ce que vous voulez. Maintenant il y a les CRS devant le centre.

La plupart des aéroports ferment, les avions sont coupés, pourquoi on est encore là ? On est comme des animaux on enfermés comme en prison sans qu’ils nous expulsent et sans n’avoir rien commis, et ca pendant 3 mois. Il reste que quelques pays avec des avions et ils continuent d’expulser. Il paraît que il y a des CRA ou des gens ont été libérés, mais nous on sais pas on est toujours enfermés et en plus ils ramènent encore des nouveaux prisonniers, aujourd’hui même, c’est pas normal. Au réfectoire on était à 50 personnes dans la même salle.

La Cimade et l’offi c’est fermé donc nous on est au courant de rien. Pas non plus de nettoyage, si ca continue on va faire nous même mais sans produits ou protection.

Vraiment on nous a oublié ici, avec le virus l’état pense à autre chose, le préfet nous a oublié.

Besoin de mobilisation au maximum pour la liberté pour tout.e.s.

“De toute façon le résultat pour nous c’est la misère” Communiqué de prisonnier du CRA2 du Mesnil-Amelot

Depuis ce midi quasiment tous les prisonniers et prisonnières du centre de rétention de Mesnil-Amelot (240 prisonnièr.e.s) sont en grève de la faim pour exiger leurs libérations suite aux rumeurs de confinement qui tourne un peu partout.

Dans le même temps une grève de la faim a lieu au CRA1 de la prison de Vincennes, de Lille Lesquin et et Lyon (voir des temoignages de prisonnier de ce CRA).

Hier une centaine de prisonniers du centre pénitentier de Metz ont bloqué quatre promenades pour protester contre les mesures liés aux coronavirus.

“On est en grève de la faim depuis ce midi dans tout le centre de rétention de Mesnil-Amelot.

On mange pas à cause du virus et de tout ça:

-La fermeture de l’OFFI: y a pas de clopes, y a pas de recharges téléphoniques tout ce qui s’achète, tout ce qui est à demander à la préfecture on peut pas le demander. Même les gens qui veulent demander un vol tout ça ils pevent pas. A cause de cette fermeture.

-Y a plus de ménage dans les chambres, le couloir, la salle de bain ou les toilettes.

-Y a pas d’hygiène ici: tout ce qui est savon, papier toilette, lame gillette, rasoir y a pas.

-Y a pas de test de coronavirus pour les nouveaux retenus qui arrivent y a pas. Ca exste pas ici. Y a pas de médecin au centre, ca existe pas un médecin qui va faire des test de coronavirus au centre. Les policiers ça se trouve, ils ramènent le coronavirus au centre.

-La cimade -l’association de soutien juridique- n’est pas là aujourd’hui et on ne nous dit rien.

-La nourriture, tout ce qui est de la bouffe tout ça, ils donnent des barquettes: la bouffe est degueulasse. On mange mal quoi.

-Sur les visites: Ils (la police) te laissent rien rentrer: ni la bouffe, ni le shampoing ni tout ce qui a lien avec l’hygiène il laisse rien à part argent et cigarette.

-Sur les soins: déjà c’est difficile d’habitude. Y a des gens qui sont diabétiques au centre, y a des gens qui ont ds maladies psychiatriques et des crises.

On demande la libération de tous les prisonniers et prisonnières. Mais y a personne qui réponds pour le moment, même la directrice n’a rien dit pour le moment.

Parce que pour le moment on est en danger. Si y a quelqu’un de malade tout le monde va être malade. Y a des gens malades et on mange pas bien alors c’est dur de guérir. Déjà les gens sont mal soigné. Le diabétique, les policiers ils ont déchiré son dossier médical.

On demande à être tous libéré. Et une vraie amélioration pour l’hygiène parce que tout est sale. On peut pas changer les couvertures. On a demandé ils (les policiers) “On va voir ce qu’on va faire”.

La police, elle s’en fout. Eux ils sont équipés. Ils ont des savons dans leurs poches et tout. Y a pas de sécurité médicale pour nous. On a même pas de savonnete pour se laver le visage le matin.

Y a une rumeur comme quoi c’est l’armée qui va remplacer la police aux frontières dans le CRA. Y a des policiers qui disent qu’ils ont peur et que c’est comme ça que ca va finir: “Dans deux-trois jours on arrête de travailler.” Nous on sait pas comment ça va se passer.

De toute façon le résultat pour nous c’est la misère, les policiers traitent les gens mal. Ils leurs parlent mal. Ils font comme ils veulent, genre c’est eux qui décident.

La nourriture est pas bonne, la police fait pas son travail jste ils parlent mal aux retenus tout ça. Tout est sale. Même si tu vis dehors tu peux pas vivre ici même pas 24 h.

Des prisonniers du CRA2 de Mesnil-Amelot, le 16 mars 2020

Contre les violences patriarcales de l’état, liberté pour toutes les femmes enfermées!

Vendredi 13 février une agression sexuelle a eu lieu dans la prison pour sans-papiers du Mesnil Amelot. Un retenu est passé dans le batiment des femmes et a agressé trois copines, dans l’indifference des flics qui ont mis un bon quart d’heure avant d’intervenir. Depuis, l’agresseur a été déporté et l’affaire classée, comme si la déportation avait effacé ce qui s’est passé. Une des copines a été déportée alors que les deux autres restent isolées dans le centre, sous la menace de la déportation et sans avoir vu ni un psy ni un medecin. Les copines nous racontent les moqueries quotidiennes des flics, les insultes et les blagues racistes, et la culpabilisation qu’elles subissent de la part des juges et de l’infirmière du centre.

L’hétéropatriarcat et le racisme sont liés et se renforcent mutuellement. Dans les politiques migratoires des États occidentaux, leur violence prend la forme du contrôle des corps des femmes migrantes par des lois racistes et sexistes. Ces lois d’une part les criminalisent (les femmes exilées et racisées sont plus souvent accusées de vol, de mensonge etc) et d’autre part les reduisent au silence en les obligeant à prouver les situations de violence extrême qu’elles ont subi (à la pref, aux instances de l’asile, devant les juges etc). Cette violence est toujours jugée par le regard d’un pouvoir occidental et patriarcal, sans tenir compte des formes particulieres qu’elle peut prendre.

L’agression sexuelle qui a eu lieu le 13 février dans la prison pour sans papiers du Mesnil Amelot n’est pas un acte isolé. Elle est le produit d’un système d’enfermement et de contrôle, qui va des prisons aux frontières en passant par les centres de rétention. Le but des CRA est d’effacer la vie des personnes qui sont enfermées pour la simple raison de ne pas posséder les bons papiers. Comme les prisons, ce sont des lieux où le racisme et le sexisme d’État se montrent dans toute leur violence. Dans ces cages, les femmes subissent au quotidien des formes d’oppression patriarcale : les insultes et le sexisme de la part des flics, la culpabilisation de la part des juges et des procureurs qui mettent en causela vérité de leurs récits, la menace permanente d’une déportation vers un pays où elles sont en danger…

Le sarcasme et le mépris des tribunaux face aux agressions sexuelles subies par les copines ne nous étonnent pas, encore une fois, il s’agit d’une justice complice. L’État, la police et les juges sont autant responsables de ce qu’il s’est passé au Mesnil que l’agresseur. Ce n’est qu’une énième preuve de la nature raciste et sexiste de ces dispositifs. Nous ne leur faisons aucune confiance, nous savons que ni la justice ni la police ni l’Etat ne nous sauveront du patriarcat. Nous savons que c’est grâce aux résistances et aux luttes de celles qui sont enfermées que ces prisons seront abattues.

Nous sommes proches des copines agressées, toujours dans les mains odieuses de l’État et de ses sbires.
On leur envoie toute notre force et notre complicité.

Face à la violence partriarcale de l’Etat on appelle toustes les individualités et les collectifs se reconaissant dans des luttes antisexistes, antiracistes et anticarcerales, à montrer leur solidarité active aux copines enfermées, dans toutes les formes possibles. Leur lutte est notre lutte.

Contre l’État, les prisons et les frontières tant qu’il le faudra.
Dans les rues, les places et les cellules de prison, les femmes migrantes ne sont pas seules !

Les flics se foutent de ma gueule : “ T’es grande, pourquoi tu l’as pas tapé ”. La juge m’a crié “ tu me racontes que du mensonge ”

Le 13 février trois prisonnières sont agressées dans le centre de rétention administrative du Mesnil Amelot. Plusieurs minutes passent avant que la police intervienne, ni un suivi ni une aide d’aucun type ne sont proposés. Elles décident de porter plainte, pour dénoncer leurs conditions d’enfermement et la violence de la police. Le seul résultat sera la déportation de l’agresseur, et le classement sans suite des faits. La menace ne serait plus présente, selon les juges et les flics. Depuis, une des trois copines a été déportée, alors que les deux autres, essayant de rester solidaires face aux conditions inhumaines d’enfermement dans ces prisons, subissent au quotidien les insultes et le sarcasme des policiers. Devant les juges, à plusieurs reprises on a nié la vérité de leurs récits au sujet de l’agression, et on les a culpabilisées pour ce qui s’est passé. Voici leurs paroles, sorties des murs du CRA.

« Je suis dans l’attente de mon asile en Hollande. J’étais en prison à Versailles avant, j’ai volé un parfum. On m’a condamné à six mois, après quatre mois je savais pas, ils sont venus me chercher, ils m’ont amené ici. En 2019 j’étais déjà passée par un centre de rétention, j’ai été attrapée à la frontière avec l’Espagne. Ils m’ont rapatriée au Peru. Mais je peux pas rester là bas, le père de mon enfant va me tuer, c’est le chef d’une bande et il va me tuer. Du coup je suis revenue, je suis allée en Hollande. J’ai demandé l’asile. Je suis venu ici voir un ami. Mais cet « ami » a volé mon sac, tout mon argent et mes papiers. Le 31 janvier, à la sortie de mon temps de prison, ils m’avaient réservé un vol, mais il n’y avait pas de laissez-passer, je n’avais pas vu le consul. Mon passeport est en Hollande, j’ai refusé. Le 13 février dernier j’ai été agressée dans le centre. Un autre retenu est passe du bâtiment des hommes, d’abord il a essayé d’agresser une autre copine, dans la sale télé, où elle était tout sole mais elle s’est échappée. Après il est rentré dans la chambre où j’étais avec mon amie, il s’est jeté sur elle, il a essayé de lui enlever son pantalon. Elle s’est enfuie, il s’est jeté sur moi. J’étais paralysée, je pouvais pas bouger. Les flics ont mis quinze minutes pour arriver, ils s’en foutaient. Dans les chambres, les caméras marchent pas, c’est eux qui me l’ont dit. On a porté plainte. L’affaire a été classée, parce que le mec a été renvoyé au pays. Le procureur m’a dit que ce serait pas arrivé si j’étais partie lors de mon premier vol. Ma copine chilienne quelle était dans la chambre au moment de l’agression, a essayé de se suicider, ils l’ont déportée. Elle avait vu le psy du centre, il lui a dit que si elle avait fait une vraie tentative de suicide elle aurait réussi à se tuer. Ici ils sont tous méchants. On a essayé de saisir le jld pour des raisons extraordinaires. On nous a fait attendre de 10 h à 18h avant de nous dire que le juge pouvait pas s’exprimer sur ces faits. C’est du racisme tout ça. Les médecins, l’infirmière, ils sont juste capables de te donner des médocs et des calmants. La cuisinière est méchante, une fille a renversée son café, elle en a demandé un autre et elle a dit non. Quand on a nos règles, ils nous donnent deux serviettes hygiéniques par jour, qu’est-ce que je dois faire avec deux tampons pour une journée entière ? Je veux juste qu’on me renvoie en Hollande, ils sont plus humains là bas. J’en peux plus de ce pays raciste. Ici les flics, la greffe, tout le monde, ils sont tous ensemble, tous d’accord. À compter du 1er mars ils vont me chercher un vol, mais comment je peux retourner là bas s’ils vont me tuer ? »

« J’ai été arrêtée dans un magasin, ils m’accusent d’avoir volé mais c’est pas vrai. J’étais avec ma mère, elle est diabétique, ils l’ont laissé au centre commercial toute seule et ils m’ont amené au commissariat. J’ai essayé d’expliquer à la police que je pouvais pas rentrer en Tunisie, ils rigolaient, ils disaient « on va lui réserver un vol, il faut lui trouver une hôtesse pour son vol ». Ils m’ont dit «on va te ramener au CRA », je savais pas ce que c’est, j’ai demandé si c’était une prison et ils m’ont dit oui. Je voulais appeler ma mère, j’étais inquiète, ils m’ont dit que j’avais le droit d’appeler personne. Quand j’ai vu le consul il m’a dit « tu fais quoi ici, c’est bizarre », il m’a dit qu’il veut m’aider. Pour le moment je n’ai pas de laissez-passer. J’étais dans la salle télé quand l’homme m’a agressée, j’ai réussi a esquiver le pire mais les flics ont mis une bonne quinzaine de minutes avant de le rattraper. Depuis l’agression, les flics se foutent de ma gueule, ils me disent « T’es grande, pourquoi tu l’as pas tapé ». La juge elle m’a crié dessus, « tu me racontes que du mensonge ». J’ai pas vu de médecin, je l’ai demandé plusieurs fois. Si je vois le médecin il va faire un rapport direct.

On avait un rdv avec le psychologue suite à l’agression le 20 mars (plus d’un mois après l’event) mais ça a été annulé car la plainte a été classée. L’autre jour, j’ai fait une crise de panique, j’arrivais pas à respirer, ma copine a appelé la police, ils m’ont dit « t’as quoi madame t’as quoi madame ». Je vais pas bien. Ici ils nous traitent comme des chiens. La dame, la policière, elle arrête pas de me poser de questions, même sur vous. Parfois je fais comme si je ne parlais pas français, pour pas leur répondre. Le soir ici c’est film de l’horreur, les douches elles marchent toutes seules, les lumières s’allument. Je ne peux pas rester ici. »

“Papiers ou sans papiers, je dois vivre.” Témoignage d’un prisonnier du CRA du Mesnil Amelot

Nous retranscrivons ici le témoignage d’un prisonnier du Mesnil Amelot :

La première fois c’était en 2013, à Paris au Mesnil Amelot. J’ai été libéré après 2 jours, 48 heures, quand je suis passé devant le jld j’ai donné toute mes preuves, une adresse fixe et mes démarches d’asile, qui n’a pas abouti. En 2014 je suis fini à Metz, j’ai 45 jours là bas, après pour la déportation j’ai été transféré à Plaisir et puis à l’aéroport. Ils te mettent dans des boxes… Ils m’ont scotché et ramené dans l’avion, les passagers disaient « on peut partir avec lui » mais les flics les ont menacés, ils m’ont torturé. J’ai été renvoyé chez moi au Cameroun. Je suis revenu en 2017 en situation irrégulière. En octobre 2018 j’ai été contrôlé et j’ai été amené en CRA malgré le fait que j’étais pacsé. J’ai été un des derniers à « profiter » de 45 jours, en décembre j’ai été libéré. En décembre 2019 à nouveau un contrôle, on m’a amené au CRA de Palaiseau et j’ai été libéré au bout de deux jours, j’étais marié. Mais en janvier dernier, après un contrôle on me remet une convocation soi-disant pour vérifier mon titre de séjour, parce qu’il y avait pas assez de pièces… Là ils m’ont retenu et amené au CRA, ici à Mesnil. Au bout d’un mois et 8 jours ils m’ont programmé un vol, bien que je sois marié avec une française. Ils disent que c’est à cause du fait que mon passeport est périmé, alors que ma carte d’identité est valide. J’ai un récépissé des démarches de renouvèlement de mon passeport, mais le consul a quand même donné un laissez-passer. J’ai fait appel deux fois, j’ai un vol programmé le 28 février. Je suis fatigué, je veux rentrer au bled et trouver une solution, revenir. Ma femme me soutient mais c’est dur, depuis 2014 comme ça…

J’ai eu une interdiction du territoire e un OQTF. L’avocat a fait retirer l’interdiction mais je dois respecter l’OQTF. Chez moi ça va être dur le retour, les ambassades sont dures au bled, mais je préfère avoir ma liberté dans mon pays que rester enfermé dans des conditions si mauvaises. Au tribunal il y avait la grève des avocats, deux fois j’ai pas eu d’avocat j’ai dû me défendre tout seul. Au premier tribunal, au deuxième prolongement, à la cour d’appel, jamais il y a eu d’avocat. Tu sais, y a des juges qui sont pas cléments, ils regardent pas la réalité, ils essaient même pas de faire leur travail, ils essaient juste de te faire condamner.
Normalement j’ai tout, j’ai tout ce qu’il faut, après l’état doit faire ce qu’il a à faire. Papiers ou sans papiers, je dois vivre. Tu peux pas vivre en France sans que la police te contrôle. Tu te dis « essaie, essaie, même s’il faut rentrer chez toi ». Je suis trop épuisé. Parfois tu penses que ça sert à rien, pour moi ça fait dix ans, onze ans même, depuis 2009 j’ai quitté mon pays. En dix ans t’as pas de visa, pas de titre de séjour, pose toi des questions, au bout de onze ans tu te dis faut faire le plus difficile. La préfecture ils doivent faire les choses dans la logique, regarder les dossiers de gens, voir les démarches qu’ils ont fait. Ils nous rendent fous, tu vois c’est pour ça dans les foyers y a des gens qui finissent en psychiatrie, on les traite comme des fous. J’ai la patience moi, je sais que ça va aller.

Ici ils nous provoquent. A la fouille par exemple, tu vois elle est programmée, je devais envoyer un mail, j’ai demandé aux flics et ils ont récupéré mon téléphone, on peut pas avoir de smartphones ici. J’ai filmé le document pour l’envoyer, le réseau a déconné, il déconne souvent ici, ça partait pas. Le flic m’a dit « c’est fini » alors que ça faisait même pas dix minutes. Directe il a mis ses gants pour me brutaliser, je lui ai dit « pourquoi, ça sert à rien, je t’ai pas cherché », l’autre collègue il est venu me calmer, je lui ai dit qu’il allait me brutaliser. Y a d’autres ils sont humains, y a d’autres ils nous traitent comme de la merde, ils veulent pas savoir. Je cherche pas d’ennui, ça sert à rien. Mais bon, c’est la vie. Toi tu vas avoir le dernier mot et je sais ça. Il y a des gars qui se bagarrent, mais je comprends tu vois, tu pètes un cable. C’est trop. En 2018 j’ai dit c’est la dernière fois, mais comme le statut n’a pas changé, je suis à nouveau ici.

A bas les CRA !

Vincennes, Oissel, Mesnil Amelot : une nouvelle année de luttes contre les CRA a commencé !

Depuis deux mois, les luttes des prisonniers-ères sans-papiers dans les centres de rétention administrative (CRA) sont intenses et déterminées. La répression ne se fait pas attendre : on ne peut pas regarder sans réagir !

A l’extérieur des CRA, les rafles, les contrôles au faciès, les expulsions des campements continuent sans cesse et permettent de renfermer et de déporter de plus en plus d’étrangers-ères (27.000 expulsions depuis Mayotte en 2019, 18 906 expulsions depuis la France hexagonale en 2019 contre 15 677 en 2018). A l’intérieur des ces prisons, les personnes enfermées qui n’ont pas les « bons papiers » s’organisent et se révoltent, contre les violences policières, contre des conditions d’enfermement vraiment pourries, mais aussi pour obtenir la liberté et pour que ces lieux disparaissent.

Ils et elles nous montrent que ce ne sont pas les pétitions, les articles journalistiques, les visites des élu.e.s ou l’indignation citoyenne à pouvoir ralentir et enrayer cette machine d’enfermement et d’expulsions, mais les luttes des prisonniers-ères. C’est pour soutenir ces luttes qu’il est urgent et nécessaire, à l’extérieur, de construire une solidarité active.


          • Oissel : en lutte contre les violences des flics et contre celleux qui les couvrent

Les copains qui sont passés dans le CRA de Oissel disent tous la même chose : passages à tabac systématiques, humiliations quotidiennes, racisme, la cellule d’isolement (mitard) où les prisonniers, menottés et casqués, sont frappés violemment… Fin janvier, après que les keufs aient tabassé un prisonnier qui protestait contre la mise au mitard d’un autre prisonnier, les prisonniers du CRA de Oissel ont lancé une lutte qui continue jusqu’à aujourd’hui.

Des grèves de la faim et des résistances collectives se sont organisées, un collectif de prisonniers a fait sortir plusieurs communiqués, où il dénonce les violences subies, les conditions d’enfermement et la collaboration entre France Terre d’Asile (FTDA) et les condés. Leurs paroles et leur rage sont sorties des murs de la prison, malgré les tentative des keufs, des journalistes et de FTDA de les faire taire et de les isoler encore plus.

Les flics ont intimidé tout le monde, déporté et transféré certains prisonniers vers d’autres CRA, tabassé d’autres. Dans les journaux les prisonniers sont décrits comme des individus « manipulés » par l’extérieur. La seule parole relayée par la presse est celle des flics, qui justifient les violences et qui décrivent Oissel comme un hôtel à 5 étoiles. France Terre d’Asile, l’association qui est payée par l’État pour fournir un suivi juridique aux prisonniers-ères de Oissel, montre une fois de plus son vrai visage, en soutenant la version des keufs et niant celle des prisonniers.

Malgré la répression et les mensonges de FTDA et des flics les prisonniers restent déters, et ils continuent à rappeler à l’administration du CRA qu’ils n’ont besoin d’aucune manipulation de l’extérieur pour se révolter contre leurs conditions d’enfermement. À l’extérieur un groupe de personnes solidaires et ennemies de toutes les prisons a montré sa complicité à la lutte de Oissel en rappelant à Pierre Henry, le directeur général de FTDA, quelle est la place de ceux qui font du profit sur l’enfermement des gens. Lundi dernier lors d’une discussion publique où il était censé présenter sa liste aux élections municipales du 10e arrondissement il a été contesté et empêché de parler. Pas de place pour les collabos !

Des assos de Rouen ont appelé à un rassemblement devant le CRA le 15 février dernier en solidarité avec les prisonnièr.e.s enfermées.

On rappelle que dans cette prison y a aussi un batiment pour enfermer les femmes étrangèr.e.s. Elles sont très peu nombreuses (7 à 8 prisonnières ces dernières semaines) et donc particulièrement sous pression des keufs, insultées, menacées de déportation tout le temps.

Entre temps, les résistances et les luttes dans le CRA n’ont pas arrêté : samedi dernier, une cellule a pris le feu, et un prisonnier est arrivé à s’échapper de la prison pour sans-papiers. Bonne cavale à lui, et courage à toustes les autres ! Hier aussi, lundi 24 février, un prisonnier est arrivé à s’échapper…


            • Vincennes : le CRA en feu !

Le premier février les prisonniers du bâtiment 2A du CRA de Vincennes lancent une grève de la faim, qui tient trois jours mais elle est violemment réprimée. Pendant 3 jours, ils ont refusé de manger à la cantine, ils sont restés soudés et solidaires, mais ont dû faire face à la répression violente de la part des keufs.

Les flics ont tout fait pour faire craquer les gens et casser la lutte : samedi soir, au début de la grève de la faim, les prisonniers sont renfermés dans le bâtiment et ils sont fouillés dans toutes les cellules; dimanche, un prisonnier est tabassé par les keufs, qui refusent aussi l’accès à l’infirmerie pour les prisonniers malades; lundi, les prisonniers se font réveiller par des douches anti-incendie, d’autres tabassages ont lieu, les keufs viennent avec les chiens; mardi, l’eau du bâtiment est coupée, pas de douches ni rien.

Le mardi 4 février, un gros incendie touche le bâtiment 2A et une partie du bâtiment 2B. Le 2A est fortement endommagé, il reste fermé jusqu’à aujourd’hui. Après une nuit dans la cour, sous la pluie, encerclés et menacés par les flics et les maîtres-chiens, une trentaine de prisonniers du CRA 2A ont été emmenés passer la nuit de l’incendie dans un comico, vu que les chambres étaient inutilisables. Le lendemain, certains ont été transférés au CRA 1 où ils sont maintenant encore plus nombreux par chambre ; d’autres au CRA 2B où certains ont été obligés de dormir sur des matelas brûlés ; et encore d’autres au CRA de Palaiseau ou du Mesnil-Amelot.

Suite à l’incendie du batiment 2A du CRA de Vincennes, jeudi 6 février matin les flics sont venus au petit matin chercher plusieurs prisonniers. Plusieurs d’entre ont été amenés en garde à vue, et après 36 heures retransférés dans le CRA. La préfecture à annoncée l’ouverture d’une enquête. Depuis, les déportations, les passages à tabac, les menaces et les humiliations n’ont pas arrêté.

La vengeance des keufs continuent et ils ont pas mal visé des prisonniers qui étaient du 2A ces dernières semaines semaine. Un prisonnier a été accusé de parler à des journalistes (et en général à l’extérieur) au moment où une dizaine de keufs le tabassait avant de le mettre au mitard.. puis de l’expulser par un vol caché quelques heures plus tard.

Encore ce soir mardi 25, les keufs sont rentrés dans des chambres du batiment 1 en provoquant et en tabassant les prisonniers, deux ont été ramené au mitard, où ils se trouvent actuellement.

La révolte a quand-même payé : le bâtiment 2a du CRA, rendu inutilisable par l’incendie, reste fermé. Dans les jours suivants, il y a eu des libérations, apparemment au moins 14 ! Et en tout cas, un bâtiment fermé ça veut dire environ 60 places de moins où enfermer et torturer pour tenter d’expulser les sans-papiers !

À l’extérieur on continue de soutenir les prisonniers et de diffuser leur parole. Un parloir sauvage a eu lieu la nuit après l’incendie, pour donner force et courage et montrer solidarité à ceux qui se révoltent. Un rassemblement en soutien aux révoltés de Vincennes a également eu lieu le dimanche 9 février à Barbès, avec prises de parole de l’intérieur.


            • Mesnil Amelot

Au Mesnil-Amelot y a deux CRA qui n’ont pas les mêmes règles / manières de fonctionner : le CRA2 (où y a aussi un batiment pour enfermer les prisonnières) & le CRA3.

Depuis l’incendie du bâtiment 2A à la prison pour sans papiers de Vincennes, le mardi 4 février, il n’est plus possible de faire rentrer de la bouffe au CRA3. Pour s’opposer à cette nouvelle interdiction des keufs, une trentaine de prisonniers ont refusé les repas le lundi 10 février à midi. Une pétition a été signée par pas mal de prisonniers de plusieurs bâtiments et filée à la direction du CRA. Le lendemain de la bouffe passait en parloir (mais c’était pas les mêmes keufs ni les mêmes gradés)

Les prisonniers ont fait sortir des témoignages de la situation au Mesnil depuis le début de l’année : violences policières, racisme, conditions de détention pourries et manque de soins. Voici le lien aux témoignages des copains enfermés


Pour rappel: Rendez vous tous les mercredi à 18h au CICP pour l’assemblée d’IDF contre les centres de rétention ! C’est au 21ter rue Voltaire, métro rue des boulets sur la ligne 9.

A BAS LES CRA !

SOLIDARITE AVEC LES REVOLTE.E.S !

LIBERTE POUR TOU.TE.S !