Solidarité aux prisonniers du Mesnil Amelot et de Vincennes : appel à harceler les préfectures en ces temps de confinement !


Le 30 mars au matin tous les prisonniers du bâtiment 9 et 10 et quelques prisonniers du bâtiment 11 du CRA du Mesnil Amelot ont entamé une grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate; les prisonniers de Vincennes sont également mobilisés. La situation dans ces prisons pour sans papiers, comme dans toutes les autres en France, est très dure :
parloirs fermés, dégradation des problèmes sanitaires, aucune mesure sanitaire prise. Nous devons manifester notre solidarité aux personnes enfermées. Le confinement nous empêche de nous rassembler devant les CRA pour manifester cette solidarité, mais en envoyant massivement des mails aux adresses des préfectures on peut montrer qu’on est au courant de ce
qui se passe à l’intérieur des CRA et qu’on est toujours là ; c’est aussi une manière de ralentir leur sale travail en saturant leurs boites mails et, si on est vraiment nombreux.euses, qui sait, en faisait bugger leur système ?

On vous propose d’à partir du VENDREDI 3 AVRIL À 11H, de participer collectivement à l’envoi d’un e-mail (texte plus bas) aux adresses ci-dessous :

pref-eloignement@seine-saint-denis.gouv.fr
pref-eloignement@val-de-marne.gouv.fr
pref-eloignement@hauts-de-seine.gouv.fr
pref-astreinte-eloignement@seine-et-marne.gouv.fr

Il faut envoyer le texte à chaque adresse séparément. Les envois collectifs finissent directement dans les spams. Copiez le texte dans le corps du message. Changer l’objet du mail peut être également une bonne technique.

L’idée est de reproduire l’envoi de ces mails TOUS LES JOURS de 11H à 12H !

Brisons le silence, ne laissons pas isolés les prisonniers en lutte !

Texte à envoyer:
“Au CRA du Mesnil Amelot, les retenus ont entamé une grève de la faim depuis le 30 mars pour protester contre l’enfermement et les conditions qui empirent avec le coronavirus; les retenus de Vincennes restent également mobilisés. A l’intérieur comme à l’extérieur, on continuera à lutter contre vos politiques racistes et contre les CRA qui tuent, torturent, tabassent.

On demande la libération immédiate de tous les retenus et la fermeture du CRA.

Le communiqué des retenus :

Y a tous le bâtiment 9, 10 qui fait grève de la faim, et quelques
personnes du bâtiment 11.
On demande notre libération immédiate et la fermeture du centre. On a
peur de la contamination du coronavirus. Il y a encore de nouvelles
arrivées Ici il n’y a pas d’hygiène, donc c’est plus risqué que dans
d’autre endroit.
On a contacté la CIMADE, et on lui demande de faire une DML pour tout le
monde (demande de remise liberté).
Y a pas de vol, y a rien ici. Pourquoi on est là encore ?
Y a des gens qui se coupent pour sortir d’ici. La police est encore
violente avec nous. Depuis qu’on est en grève de faim les policiers
n’ont toujours pas répondu.
On veut que des journalistes nous contacte, et que la préfecture décidé
de nous libérer le plus rapidement possible.
Les retenus de Mesnil-Amelot le 30 mars 2020

Contre les violences patriarcales de l’état, liberté pour toutes les femmes enfermées!

Vendredi 13 février une agression sexuelle a eu lieu dans la prison pour sans-papiers du Mesnil Amelot. Un retenu est passé dans le batiment des femmes et a agressé trois copines, dans l’indifference des flics qui ont mis un bon quart d’heure avant d’intervenir. Depuis, l’agresseur a été déporté et l’affaire classée, comme si la déportation avait effacé ce qui s’est passé. Une des copines a été déportée alors que les deux autres restent isolées dans le centre, sous la menace de la déportation et sans avoir vu ni un psy ni un medecin. Les copines nous racontent les moqueries quotidiennes des flics, les insultes et les blagues racistes, et la culpabilisation qu’elles subissent de la part des juges et de l’infirmière du centre.

L’hétéropatriarcat et le racisme sont liés et se renforcent mutuellement. Dans les politiques migratoires des États occidentaux, leur violence prend la forme du contrôle des corps des femmes migrantes par des lois racistes et sexistes. Ces lois d’une part les criminalisent (les femmes exilées et racisées sont plus souvent accusées de vol, de mensonge etc) et d’autre part les reduisent au silence en les obligeant à prouver les situations de violence extrême qu’elles ont subi (à la pref, aux instances de l’asile, devant les juges etc). Cette violence est toujours jugée par le regard d’un pouvoir occidental et patriarcal, sans tenir compte des formes particulieres qu’elle peut prendre.

L’agression sexuelle qui a eu lieu le 13 février dans la prison pour sans papiers du Mesnil Amelot n’est pas un acte isolé. Elle est le produit d’un système d’enfermement et de contrôle, qui va des prisons aux frontières en passant par les centres de rétention. Le but des CRA est d’effacer la vie des personnes qui sont enfermées pour la simple raison de ne pas posséder les bons papiers. Comme les prisons, ce sont des lieux où le racisme et le sexisme d’État se montrent dans toute leur violence. Dans ces cages, les femmes subissent au quotidien des formes d’oppression patriarcale : les insultes et le sexisme de la part des flics, la culpabilisation de la part des juges et des procureurs qui mettent en causela vérité de leurs récits, la menace permanente d’une déportation vers un pays où elles sont en danger…

Le sarcasme et le mépris des tribunaux face aux agressions sexuelles subies par les copines ne nous étonnent pas, encore une fois, il s’agit d’une justice complice. L’État, la police et les juges sont autant responsables de ce qu’il s’est passé au Mesnil que l’agresseur. Ce n’est qu’une énième preuve de la nature raciste et sexiste de ces dispositifs. Nous ne leur faisons aucune confiance, nous savons que ni la justice ni la police ni l’Etat ne nous sauveront du patriarcat. Nous savons que c’est grâce aux résistances et aux luttes de celles qui sont enfermées que ces prisons seront abattues.

Nous sommes proches des copines agressées, toujours dans les mains odieuses de l’État et de ses sbires.
On leur envoie toute notre force et notre complicité.

Face à la violence partriarcale de l’Etat on appelle toustes les individualités et les collectifs se reconaissant dans des luttes antisexistes, antiracistes et anticarcerales, à montrer leur solidarité active aux copines enfermées, dans toutes les formes possibles. Leur lutte est notre lutte.

Contre l’État, les prisons et les frontières tant qu’il le faudra.
Dans les rues, les places et les cellules de prison, les femmes migrantes ne sont pas seules !

Vincennes en feu : rassemblement de soutien aux prisonniers

Prisons are for burning sticker

Grâce à un bel incendie, depuis mardi dernier un batiment entier du centre de rétention (CRA) de Vincennes est devenu inutilisable. Dans cette prison pour sans-papiers, la lutte des personnes enfermées ne s’est pas arretée. Mais la répression frappe forte, certains prisonniers sont maintenant en garde à vous. C’est à nous, depuis l’extérieur, de les soutenir.

Depuis plusieurs jours les prisonniers du bâtiment 2A du centre de rétention administrative de Vincennes avaient lancé une grève de la faim. Une répression violente de la part des flics avaient suivi.

Le 4 février au soir des prisonniers ont appelé pour dire que le bâtiment de la prison pour sans papiers étaient en feu. Tous les prisonniers du 2A et du 2B ont été encerclés par la police anti-émeute dans la court de leur bâtiment. Les flics les ont menacé et tabassé. Les prisonniers ont dû rester là-bas pendants plusieurs heures, sous la pluie et au froid. Pendant ce temps, des fouilles ont eu lieu au 2B.

Une trentaine de prisonniers du CRA 2A ont été emmenés passer la nuit de l’incendie dans un comico, vu que les chambres étaient inutilisables. Ils sont rentrés le lendemain, sans visiblement que personne n’ait été placé à GAV, mais une enquête est en cours. Certains ont été transférés au CRA 1 où ils sont maintenant encore plus nombreux par chambre ; d’autres au CRA 2B où certains sont obligés de dormir sur des matelas brûlés ; et encore d’autres au CRA de Palaiseau ou du Mesnil-Amelot.

Suite à l’incendie du batiment 2A du CRA de Vincennes, jeudi matin les flics sont venus au petit matin chercher plusieurs prisonniers. Plusieurs d’entre eux sont en garde à vue. Certains au commissariat du 20e, d’autres au commissariat du 12e. Ils vont probablement été déférés dans les jours qui viennent.
Bonne nouvelle : le bâtiment 2A est réellement rendu inutilisable, il faut dire que depuis l’extérieur on peut voir que les fenêtres ont volé en éclats et que le toit est dans un sale état ! Il y a eu des libérations du fait de l’incendie, apparemment au moins 14 !

C’est un moment important. A l’intérieur des CRA, les gens continuent à se battre pour la liberté et pour faire disparaitre ces lieux. L’État et la police réagissent et essaient d’étouffer ces révoltes. Maintenant plus que jamais, organisons notre solidarité depuis l’extérieur !

RDV Dimanche 9 Février, à partir de 16 heures,Automatic word wrap
Bvd de la Chapelle au niveau de rue Caplat, à côté du métro Barbès.

Ce sont les révoltes qui ferment les CRA !Automatic word wrap
Solidarité avec les prisonnier.e.s !

 

Grève de la faim et répression au CRA de Vincennes

Depuis samedi dernier, les prisonniers du batiment 2A du CRA de Vincennes sont en lutte : pendant 3 jours, ils ont réfusé de manger à la cantine, ils sont restés soudés et solidaires, mais ont dû faire face à la répression violente de la part des keufs.

Les flics ont tout fait pour faire craquer les gens et casser la lutte : samedi soir, au début de la grève de la faim, les prisonniers sont renfermés dans le batiment et ils sont fouillés dans toutes les chambres ; dimanche, un prisonnier est tabassé par les keufs, qui refusent aussi l’accès à l’infermerie pour les prisonniers malades ; lundi, les prisonniers se font réveiller par des douches incendie, d’autres tabassages ont lieu, les keufs avec les chiens ; mardi, l’eau du batiment est coupée, pas de douches ni rien.

Un prisonnier du batiment 2A raconte des conditions de vie à l’intérieur, et de ces derniers jours de luttes et de répression (à partir de la minute 35) :

CENTRE DE RETENTION

Et voici, le témoignage écrit d’un prisonnier :

On veut juste des conditions de vie normale parce que nous on vit ici c’est trois mois c’est une vraie peine de prison. Une peine mais nous on veut juste sortir, on a des enfants ici. Le CRA c’est invivable surtout à cause de la violence des policiers et aussi parce qu’il essaient de nous faire craquer. Les gens qui sortent d’ici certains deviennent fous.

Ils nous rendent fous. À l’intérieur on les voit devenir fous petit à petit. Il y a quelqu’un la dernière fois ils lui l’ont appelés pour une prise de sang, et quand il est revenu il s’est écroulé en tremblant et tout, on comprend pas si ils essaient de nous tuer parfois.

Il y a un mec qui a le bras cassé à cause de flics qui lui sont tombés dessus. On essaie de l’aider comme on peut mais le soir il crie, il peut pas dormir.

On savait pas que c’était comme ça a France, tant de racisme. Il y a même un policier qui a craqué quand il a réalisé ce qu’il se passait dans le centre. Les policiers c’est tous des stagiaires donc ils font de la merde. Ils essaient de nous faire craquer avec des fouilles tous les jours, des tabassages de gens avec les jambes et les mains scotchées…

Nous on craque ici on a envie de sortir d’ici le plus vite possible.

Samedi soir on a commencé une grève de la faim on était 28 je pense. Les policiers sont venus pour nous foutre la pression on leur a dit que la nourriture c’est immangeable. L’entreprise qui fait la nourriture c’est GEPSA ils donnent pas de sel, pas d’eau, les plats sont immangeables, c’est GEPSA on peut lire sur leurs gilets. On leur a dit aussi il y a pas de porte dans les toilettes et des toilettes sales avec des gens malades partout.

L’infirmerie fait pas sont travail. Ici beaucoup on la gale. Dès que tu viens qui tu dis que t’es malade ils donnent juste des gros calmant, c’est une pharmacie pas une infirmerie. Les infirmières sont super méchantes. Pharmacie : Valium, Rivotril, Subutex, Tramadol… les gens qui prennent ça ont les voit devenir dingues.

Cette nuit là vers 4h ils nous ont arrosés avec les douches incendies. Ils ont arrosé tous le monde, toutes les chambres. Les vêtements, les matelas, les couvertures tout était mouillé. On tremblait on pouvait pas dormir dans ce froid. Au haut-parleur ils ont dit : « si vous mangez pas demain à midi ca va continuer » Ils voulaient nous faire craquer.

Heureusement que certains ont des chambres tellement sales qu’ils dorment dans les couloirs ou dans la salle commune. Eux ils avaient les couvertures sèches. Alors on s’est mis tous dans la même salle pour se réchauffer avec les couvertures sèches et essayer de dormir.

C’était horrible, le lendemain on était plus que 18 en grève de la faim. Ils nous ont notés et après ils sont venus nous taper, juste pour en découdre ?

Le lendemain donc hier, ils ont coupé l’eau. Ça a commencé hier soir certains étaient réveillés, mais nous on s’en est rendu compte que ce matin : d’un coup plus d’eau dans les douches, robinets, toilettes. Tout le monde est paniqué ou énervé. Même la machine pour boire elle est coupée. Quand on demande pourquoi, ils disent : « arrêtez de nous casser les couilles ».

On en a marre on en peut plus des fois on pense au suicide. Même aux USA les prison c’est pas comme ça.

Les CRA existent pour isoler les prisonniers-ères, pour leur faire croire qu’iels sont seul.e.s face aux flics, aux juges, aux avocats, aux associations. La solidarité depuis l’extérieur est une arme, ça permet aux prisonniers-ères de tenir le coup. Soyons solidaires avec les prisonniers du batiment 2A de Vincennes, et tou.te.s les autres. Par exemple, en appellant les cabines du CRA pour montrer notre soutien à la lutte, en faisant des parloirs et des parloirs sauvages… voici toutes les infos.
Numéros des cabines de Vincennes 2A :
01 48 93 69 47
01 48 93 69 62
01 48 93 90 42

PS Dimanche dernier, avant un parloir, des personnes de l’Assemblée contre les CRA ont assisté à une tentative d’évasion à Vincennes. Elles racontent ce qui s’est passé :
Vers 16h30, alors qu’on attend depuis pret de deux heures, une alarme retentit. Des flics se mettent à courrir, nous aussi. Un homme saute par dessus un portail qui l’améne à l’extétieur du CRA (côté batiment 1), traverse la route malheureusement face à lui un parking grillagé. Là une quinzaine de flics arrivant de toute part le rattrape sous nos cris et nos yeux impuissant alors qu’il est suspendu au grillage. Ils le transporteront allongé jusqu’à la voiture qui l’emmenera en garde à vu. Il ne se débatait même plus comme si il avait mis tout le reste de son énergie dans cette tentative d’évasion.

LIBERTE POUR TOU.TE.S
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS-ÈRES EN LUTTE
A BAS LES CRA !

 

Jusqu’au 2 février : Un appel à la mobilisation contre les CRAdepuis l’Italie

Suite aux derniers évènements dans les prisons pour sans-papiers, des camarades en Italie appellent à une semaine d’actions contre les CPR (CRA), pour la libération de toustes les prisonnièrs. Soyons nombreux-ses en France aussi à montrer notre solidarité.

A bas l’enfermement et les frontières, en Italie comme en France et partout ailleurs !

Voici le texte d’appel traduit en italien (d’autres témoignages et infos après l’appel) :

DU 27 JANVIER AU 2 FEVRIER: SEMAINE D’ACTIONS
ET DE MOBILISATIONS POUR LA FERMETURE DE
TOUS LES CPR, POUR LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DE TOU.TE.S LES DETENU.E.S ET POUR VAKHTANG

Le 18 Janvier, Vakhtang Enukidze est mort a l’hôpital de Gorizia après avoir été battu à mort par les forces de l’ordre entre les murs du CPR (1) de Gradisca d’Isonzo (Frioul-Vénétie Julienne).
Les détenus nous l’ont rapporté, le 18 janvier au soir, alors que, ayant appris la mort d’une personne, nous nous étions retrouvés devant le CPR pour leur parler. Ils nous l’ont crié par dessus les murs, nous ont appelés et nous ont envoyé des vidéos, avec tout
le courage de ceux qui savent que personne d’autre ne sait ce qui s’est réellement passé au sein du CPR.

La préfecture de police et le ministère public ont tout fait, dès le début, pour minimiser sa mort : « mort d’un migrant lors d’une rixe » titraient les journaux le lendemain de la publication de la nouvelle par Melting Pot (2). Néanmoins, nous somme parvenus à faire entendre la voix des détenus, comme tant d’autres solidaires l’avaient fait avant nous pendant des années. Ainsi de nombreuses personnes dans toute l’Italie ont pu entendre leurs témoignages. Le lendemain, dimanche 19 Janvier, beaucoup d’entre nous sont retournés devant le CPR, tandis que les détenus nous appelaient, fuyant les coups qui – nous disaient-ils – étaient réservés à ceux qui parlaient avec les personnes présentes dehors. Les directives semblaient claires: plus aucune communication avec l’extérieur. La nuit, les gardes ont tenté de saisir tous les téléphones portables, une “récupération” que le ministère public a justifiée « aux fins de l’enquête ».

Cette même nuit, un député et un avocat sont venus visiter le CPR à l’improviste, y trouvant les agents des forces de l’ordre en tenue
antiémeute et les ont entendus parler du sang présent dans l’établissement. La presse a alors commencé à rapporter la version des camarades de Vakhtang: battu à mort par la police, un nouveau cas “Cucchi” (3), étranger cette fois, et dans un CPR et non une prison. Le procureur a rapidement déclaré que les éléments de cette version n’était que « des rumeurs ». Le 21 Janvier à 4 heures du matin, les trois compagnons de cellule de Vakhtang, qui faisaient partie de ceux qui s’étaient déclarés prêts à témoigner, ont été déportés en Égypte sans que personne ne le sache. C’est ainsi
que le « ministère public enquête », comme nous le disent les journaux.

Lorsque la version des témoins a filtré, la presse a directement étiqueté l’assemblée qui transmet les voix des détenus comme un groupe d’extrémistes et d’incitateurs à la révolte – comme si les révoltes avaient besoin d’une incitation extérieure -, essayant ainsi de la délégitimer. Dans un même temps, de multiples tentatives de saper la crédibilité des détenus ont été faites. Vakhtang a été décrit comme violent, toxico et automutilateur, description visant à diminuer l’empathie envers lui. Les détenus en général sont décrits comme des violeurs, des trafiquants de drogue et/ou des criminels.

Vakhtang était une personne vivante, avec ses propres rêves, enfermée dans un enfer carceral créé par des lois racistes. Dans tous les CPR italiens se trouvent des détenus enfermés dans des camps du simple fait de ne pas avoir de documents en règle.Leur emprisonnement ne se termine pas toujours par une expulsion, les détenus etant souvent libérées avec un “foglio di via” (4) qui les oblige à vivre dans la clandestinité.

Les personnes déportées, en revanche, se retrouvent contraintes de rentrer dans leur pays d’origine sans possibilité de revenir en Italie, où certains ont toute leur vie et leur famille, ainsi ramenées au point de départ d’un terrifiant voyage déjà affronté au moins une fois. La menace d’expulsion est la plus grande qu’une personne non
européenne puisse recevoir: le CPR, théâtre d’abus et encore pire que la prison, sert à rendre cette menace réelle. Elle contraint les gens a accepter des conditions de travail inhumaines, afin de maintenir un emploi, sésame en vue d’une carte de séjour.

La loi suivra son cours et peut-être qu’un jour quelqu’un sera jugé coupable. Mais il nous appartient maintenant de ne pas laisser le meurtre de Vakhtang passer inaperçu et de faire tout notre possible pour que tous les CPR soient définitivement fermés. Encouragé.e.s par la réponse de solidarité reçue de toute l’Italie, nous lançons un appel à une semaine d’actions et de mobilisations en vue de la fermeture de tous les CPR, pour la libération immédiate des personnes qui y sont enfermées et pour Vakhtang.

Nous invitons donc tous les individus, assemblées, groupes, associations, organisations, comités à faire tout leur possible pour atteindre cet objectif. Convaincus que chacun peut exprimer sa colère et sa dissidence comme il l’entend, nous pensons qu’est venu le moment d’agir. Que chacun.e s’organise la où il vit. Faisons en sorte que ces lieux infernaux ferment.

 

Si vous souhaitez nous informer des initiatives ou des actions a venir, vous pouvez nous
écrire (italien, espagnol, anglais, français, etc.) à: nocprnofrontieretrieste@riseup.net

 

(1) les CPR, Centri di Permanenza per i Rimpatri, ou Centres de rétention pour les
rapatriements en Francais, sont l’équivalent italien des CRA (Centres de Rétention
Administratif) dans lesquels la détention est possible jusqu’a une durée de 6 mois.
(2) https://www.meltingpot.org/
(3) Stefano Cucchi est un jeune Italien battu à mort par la police alors qu’il était en
détention provisoire à Rome le 22 Octobre 2009.
(4) Interdiction du territoire d’une commune, par exemple.

 

no cpr e no frontiere. né in fvg né altrove. libertà!

Vidéo d’une intervention de la police au sein du CPR.
Link1: http://nofrontierefvg.noblogs.org/files/2020/01/WhatsApp-Video-2020-01-18-at-
18.40.35.mp4?_=1
Link2: https://www.facebook.com/nocprfvg/videos/478605026408512/

Témoignage (en Italien) d’un détenu sur les faits qui menèrent à la mort de VakhtangLink: https://nofrontierefvg.noblogs.org/post/2020/01/19/testimonianze-sappiamo-chi-
e-stato/

Plus d’infos: Assemblea No CPR no Frontiere Friuli-Venezia Giulia
https://nofrontierefvg.noblogs.org/
https://www.facebook.com/nocprfvg/

S’opposer aux déportations : résistances quotidiennes au CRA de Vincennes

On le répète souvent : les résistances dans les prisons pour sans-papiers sont quotidiennes, tout comme les violences des keufs et la repression. Un copain du CRA de Vincennes a appelé pendant l’émission de l’Envolée du 19 décembre pour raconter quelques épisodes qui ont eu lieu il y a trois semaines : un séjour en garde-à-vous à cause du refus de voir un consul (c’est le consul qui signe les laissez-passer grace auxquels les prisonniers-ères sont expulsé.e.s) ; une “nuit blanche” où des prisonniers solidaires ont tenté d’empecher des expulsions ; un groupe de prisonniers qui déchire sa carte du CRA en signe de protestation…

Voici la retranscription de la discussion durant l’émission qui est disponible plus bas :

-Bonjour. (intervenant)

-Salut. (animatrice)

-Je suis au CRA de Vincennes, à Paris. J’ai parlé avec des gens m’ont proposés de parler avec vous.  Seulement pour raconter un peu de mon histoire et tout ce que j’ai remarqué dès le moment où j’étais prisonnier dans ce centre-là. (intervenant)

-Çà fait trente jours que tu es dans le CRA ?  (animateur)

-Oui c’est ça monsieur, ça fait un mois que je suis là.  (intervenant)

-Et dernièrement ils ont voulus te faire voir le consul,  peut-être que tu voulais raconter d’autres trucs avant ? (animateur)

-Voilà, c’était la première fois que l’on m’a appelé pour voir le consul. J’ai accepté mais la police s’est trompée et ils ne m’ont pas ramenés à l’ambassade de mon pays d’origine. Voilà, j’ai accepté de passer à l’ambassade de mon pays d’origine. Avec la police pas de problème jusqu’à ce qu’on soient entrés dans l’ambassade de mon pays d’origine. J’étais devant le consul, qui m’a montré le dossier que la préfecture lui avait transmis. Il m’a montré tout le dossier et à l’intérieur il y a quelque chose qui m’a choqué.
Après ça j’ai décidé de refuser tout les rendez-vous (consulaires) que l’on pourrait me proposer après. Pourquoi ? Je vais te dire pourquoi. J’ai remarqué que dans ce dossier il était écrit que j’avais déposé une
demande d’asile (en France). Depuis ma demande d’asile ça fait presque deux ans que je vis en France.
Au bout de deux ans on a refusé ma demande. J’ai déposé un recours pour ma demande mais je n’ai pas reçus de convocation avant D’être arrêté à Paris. J’ai été placé en garde-à-vue au commissariat. Dans le
commissariat on me dit : « vous avez une OQTF  monsieur ». Je leur ait répondu que non je n’avais pas d’OQTF. Après j’ai été transféré au centre, ça va, la nourriture n’est pas bonne mais c’est pas grave. Au
vingt-huitième jour on m’a programmé une visite à l’ambassade. Mais je savais que nous les demandeurs d’asile avons le droit, même si l’État refuse notre demande d’asile ici en France, qu’au moins il ne révèle pas à notre pays d’origine que l’on a demandés l’asile. Ca risquerai de créer des problèmes si jamais on retourne chez nous.

Si on rentre chez nous automatiquement il y aura un contrôle à l’aéroport de notre pays d’origine et on nous demandera pourquoi on a déposé une demande  d’asile, pourquoi on est pas bien dans notre pays. Vous imaginez comment ça se passe dans les pays en Afrique en général.

C’est pas comme en Europe. Vous le savez et tout le monde sait ça. On va vous dire que vous êtes contre votre État, que vous êtes contre votre gouvernement, on va te créer des problèmes si toi tu n’as participé à rien. Quand votre état d’origine sait que vous êtes un
demandeur d’asile dans un État étranger ça va vous créer beaucoup de problèmes. (intervenant)

-Et là tu as vu qu’en fait cette demande d’asile dans le  dossier du consulat ? (animateur)

-Oui tout à fait mon ami. La troisième fois j’ai refusé d’aller au consulat, alors ils m’ont placés en garde-à-vue. Je suis passé devant un tribunal pour cette affaire là, ils m’ont fait lire un papier comme quoi
je risquai trois ans de prison parce que j’ai refusé de d’aller à l’ambassade. Ça n’est pas normal de faire trois ans de prison parce que tu as refusé de voir le consul. J’ai trouvé que c’était bizarre. Ils ont d’autres manières de connaître mon identité, ils n’ont pas besoin de m’amener à l’ambassade. (intervenant)

-Parce qu’en fait ce qu’il faut rappeler c’est que quand l’état français décide d’expulser des gens il faut qu’il y ait un accord de la part du pays dans lequel les personnes sont renvoyées. C’est pour ça qu’il y a
besoin de faire toutes ces démarches auprès du consulat. (animateur)

-Dès le moment ou je suis au commissariat, automatiquement ils ont mes papiers, mes empruntes, ils ont toutes les preuves (de mon identité). Ils ont mon adresse, mon dossier de demande d’asile. Ils ont beaucoup de preuves et n’ont pas besoin de passer par l’ambassade. Même s’ils ont le droit de m’amener à l’ambassade, au moins qu’ils ne mettent pas dans le dossier comme quoi je suis un demandeur d’asile. Et comme ils ont refusé ma demande ils n’ont pas à prévenir mon pays d’origine. Au moins. On est venus en France parce qu’on est déjà en danger. Peut importe quel danger, mais en plus ils vont nous causer de gros problèmes. Au moins qu’ils ne nous mettent pas en danger en disant : « ce monsieur il n’a pas de papiers, il n’a pas le droit de rester, c’est pour ça qu’il faut qu’il quitte la France ». Ça va, on peut rentrer tranquillement selon eux mais on ne peut pas imaginer les problèmes qu’on va rencontrer en rentrant. (intervenant)

-Ça ne justifie pas que l’on renvoi qui que ce soit mais bien sur c’est encore pire de renvoyer quelqu’un dans ces conditions. Alors que tu te protégeais en allant pas au consulat, les keuf te foutent en garde à vue ! (animatrice)

-Après la garde à vue ils m’ont amenés au tribunal de Clichy et après devant le juge. Il m’a dit : « pourquoi vous avez refusé d’aller au consulat ? Vous ne voulez pas partir ? ». J’ai répondu que non je ne voulais pas partir. J’ai des problèmes et en même temps la  préfecture de police de Paris va encore me rajouter des problème. J’ai dit que le jour où j’ai demandé l’asile à l’OFPRA, la préfecture m’a donné une brochure avec mes devoirs et mes droits. Dans mes droits il y est écrit que si ma demande est rejetée mon état d’origine ne saura aucun détail. La demande reste secrète. C’est entre moi et l’état français, mon état d’origine ne doit pas le savoir. Le juge m’a relaxé, il a reconnu que j’avais des raisons sérieuses de ne pas vouloir me rendre au consulat. (intervenant)

-Ça ne va pas solutionner le problème parce que tu es toujours en CRA. (animatrice)

-Je suis retourné au CRA mais je vous dirai une chose aussi. Ils font des trucs bizarres avec nous. Le jour ou je devais passer devant le juge des libertés c’était le quatre décembre. C’est à dire le jour où ils m’ont placés en garde-à-vue. C’est comme ça que j’ai perdu mon droit à passer devant le juge des libertés. (intervenant)

-Et comme ça tu es obligé de refaire trente jours.  (animatrice)

-Je suis obligé de passer encore trente jours là avant  de voir le juge et pendant ce temps là il peut se passer  beaucoup de choses. Ils ont volés mon droit à passer  devant le juge et avec un peu de chance être libéré, je  ne sais pas mais il faut laisser leur chance aux gens.  C’est un droit.
Le soir ou je suis rentré du tribunal j’ai trouvé un jugement comme quoi j’avais trente jours de plus pour absence. Le juge m’a condamné parce que j’étais  absent puisque à ce moment là j’étais en garde-à-vue.(intervenant)

-Tu ne peux pas faire appel sur ça ? (animateur)

-J’ai fait appel mais ils ont refusés. (intervenant)

-Ils ont refusés alors que tu n’as pas pu te défendre et te justifier. (animateur)

-C’est écœurant de voir ça. (animatrice)

-Et ça n’est pas seulement mon histoire. Il y a plusieurs histoires de ce genre là. Les détails changent mais comment dire, a gauche à droite on entends es gens qui ne connaissent pas bien leurs droits et ils (la police et la préfecture) en profitent pour jouer comme ils le veulent. Ils te font perdre ton temps, ils rejettent tes appels, il y a trop de qui n’est pas prise en compte. (intervenant)

-En plus à Vincennes en ce moment il y a  particulièrement d’actions. Il y a eu des tentatives d’évasion non ? (animateur)

-Oui plusieurs fois. Depuis que je suis dans le CRA, plus de quatre fois. Il y a des gens qui ont cassés le plafond pour sortir. Qui ont cassés des fenêtres pour sortir, les toilettes aussi. Ils ont enlevés les toilettes pour descendre en bas. Mais chaque fois ils se font
arrêtés et ils n’arrivent pas à sortir. (intervenant)

-Il y a eu de la répression après ? (animateur)

-Oui de la garde-à-vue, des garde-à-vue de 48H directe. (intervenant)

-Ils sont jugés directement après ? (animateur)

-Non, non, ils sont transférés dans un autre CRA mais on reste en contact avec eux. Ils restent simplement en garde-à-vue 48H sans rien ajouter à leur casier. Souvent ils font leur garde-à-vue dans une chambre, seuls, à l’intérieur du centre. (intervenant)

-Mais non ?! Ca n’est pas du tout légal. Normalement les locaux de garde-à-vue c’est des locaux bien  spécifiques déterminés par la loi. C’est pas possible. Putain c’est de la folie. (animateur)

-Mais dans le centre de rétention ?! (animatrice)

-C’est pas un problème pour eux monsieur, ils savent qu’on a pas de preuves. Ils cachent tout. Il y a des endroits où il n’y a pas de caméras. Mon ami qui est à coté me dit que c’est pire que la police de chez nous. (intervenant)

-On a de la souffrance ici, on a de la souffrance, camarades. (deuxième intervenant)

-On imagine. On m’a dit que collectivement vous aviez faits des actions pour éviter la déportation d’un de vos potes. (animateur)

-Oui oui on a fait une nuit blanche, on étaient d’accords. Presque une centaine de personnes ici. On était rassemblés dans la cour du centre. Personne ne devait dormir. On a discutés. Après ils ont fait rentrés plus de policiers. Ils ont ramenés 20 policiers, ils ont menacés de nous ont gazés pour nous ont renvoyer dans nos chambres. On a pas bougés. (intervenant)

-Quand vous avez refusés de bouger, qu’est-ce qui c’est passé ? (animateur)

-On a parlés au commandant, il a essayé de nous calmer mais nous on voulaient pas dormir. On reste ici debout. On ne veut pas dormir c’est notre droit. Il a dit : « quand je vais chercher quelqu’un je vais le chercher, je m’en fous de vous. J’ai l’expérience de ça, je peux prendre qui je veux, vous ne pouvez pas m’empêcher de prendre l’un d’entre vous ». Ils ont essayés de nous faire peur mais on a pas bougés. D’abord ils ont seulement sortis leurs gazeuses pour nous effrayer. On est restés solides jusqu’à six heures du matin.  Malheureusement ça n’a pas marché, ils auraient pu êtres plus violents. (intervenant)

-J’ai entendu que d’autres avaient déchirés leurs cartes. (animateur)

-Oui c’est au même moment. La même nuit ou l’on a fait la nuit blanche. Plusieurs personnes ont déchirés leur carte, ils ont dit : « on est déjà sans-papiers alors ça ne change rien ». (intervenant)

-Vous avez raison. Franchement c’est hyper classe toute la solidarité que vous venez de faire avec votre pote. Ça n’a pas marché parce que de toute façon ils sont plus forts mais c’est important de résister de cette manière. (animateur)

-Ce qui est sur c’est que ce problème là , ça ne va jamais se finir. Les gens, même si on les renvois dans leur pays d’origine, au bout d’un moi, deux mois ils vont retourner en France. Le problème c’est que lorsqu’ils reviennent de cette façon là, après ils ne reviennent pas avec de l’amour pour la France. Même s’ils avaient essayés de mener une vie sérieuse, ça change le caractère avec le stress. On quitte notre pays, on imagine que la France c’est un pays bien, un pays de droit, de sécurité, c’est ça qu’on imagine. Mais quand on vient ici, à la fin c’est le contraire. (intervenant)

-Est-ce que ton poto à coté veut parler ? (animateur)

-Je veux remercier pour votre aide à retransmettre  notre parole, ça nous donne du courage, je vous passe mon ami. (intervenant)

-Bonsoir. (deuxième intervenant)

-Bonsoir. (animateur)-Salut. (animatrice)

-Je suis en France depuis onze ans. J’ai fait mes études ici, je suis quelqu’un de bien, j’ai un casier judiciaire vierge. (deuxième intervenant )

-Après on sans fout, même avec un casier tu devrais avoir le droit de vivre ici. (animateur)

-J’ai trouvé beaucoup de problèmes ici. On nous traite comme des groupes de voyous, vraiment dans notre France. Nous sommes ici pour construire notre vie. Je suis avec des voleur ici, avec la police, j’ai pas compris. (deuxième intervenant)

-Oui ben moi aussi je vole, j’ai volé mais ne t’inquiètes pas c’est pas contagieux. (animatrice)

-Ce qui est sur c’est que la promiscuité dans les CRA ça ne simplifie rien. Tu te retrouves à vivre avec des gens que tu n’as pas choisis mais ça ne veut pas dire que c’est parce-qu’ils sont voleurs que tu ne
t’entends pas bien avec eux. (animateur)

-Ici on ne peut pas dormir plus de deux heures trois heures. On ne peut pas fermer la porte et chaque nuit ils nous contrôlent. Chaque fois, chaque fois, chaque fois. (deuxième intervenant)

-Ils utilisent des pratiques qui vous fatiguent moralement, physiquement pour le jour J de l’expulsion. (animatrice)

-Oui c’est pour ça. Et quand tu passes devant le juge  des libertés ta demande est déjà rejetée avant que tu ne sois arrivé. (deuxième intervenant)

-On va devoir passer à autre chose mais continuez à rester solidaires comme vous le faites à l’intérieur. Ne vous opposez pas entre vous soi-disant entre les gentils et les méchants, les voleurs, les pas
voleurs. (animateur)

-C’est ce qu’ils cherchent au final quand même les keufs, à vous diviser. (animatrice)

-Le mieux c’est que vous restiez solidaires entre vous et que vous vous battiez. Plein de force, plein de courage, n’hésitez pas si vous voulez rappeler la semaine prochaine. (animateur)

-Merci vous êtes très gentils. Au-revoir ! (deuxième intervenant)

Voici son témoignage à écouter (à partir de la minute 38) :

EMISSION DU 6 DECEMBRE 2019

“Les yeux sont rouge, la bouche est ouverte” Témoignage du CRA1 de Vincennes du 16 décembre

“Les yeux sont rouge, la bouche est ouverte”

 
Un prisonnier est resté inconscient pendant plus de 14h entre la soirée du dimanche 16 décembre et le lendemain matin. Quatorze heures où les keufs n’ont rien fait sauf bloquer les pompiers.
Comme d’habitude ce sont les prisonniers qui se sont montré solidaire de celui qui était mal. Il aura fallu une visite de quelqu’un de sa famille, pour que les keufs de la police aux frontières qui gèrent la prison appelent les secours.
Puis une journée de galère pour ses proches pour savoir dans quel hôpital il était soigné. Finalement le prisonnier resté inconscient pendant plusieurs heures, est ramené le soir même de l’hôpital… dans le centre.
 
 
Du coup tu voulais raconter un peu comment ça c’est passé pour la personne qui était a l’hôpital hier soir ?
 
Voila… Comme le monsieur c’est un monsieur il est mauritanien mais moi je le connais pas trop il est venu y a moins de deux semaines. Il parle pas avec les gens donc il est tranquille quoi, ça veut pas dire que c’est une mauvaise personne. Mais à un moment donné ça fait trois jours je le vois pas j’avais pensé qu’il avait été libéré. 
A un moment hier  on me dit qu’il est couché donc qu’il est entrain de mourir. Je suis descendu je l’ai vu, les yeux sont ouvert,  la bouche ouverte, comment dirais-je ? Il fait même pas de mouvements donc il a passé tout le temps comme ça là. Après avec les amis on l’a ramené à l’accueil devant la police pour évacuer, pour appeler comment dirais je ? l’ambulance ou les pompiers. Mais bon… Ils ont dit qu’ils ont appelé les pompiers et que les pompiers ont dit qu’ils vontvenir dans 15 minutes. Mais dans 15 minutes ils sont pas arrivé, ni une heure ils ne sont pas venu.
Nous étions obligé de le prendre encore et de le faire retourner dans sa chambre encore. Donc on a passé toute la nuit jusqu’à 3h comme ça, donc chacun passe pour regarder si il vit ou si il vit pas. Donc c’est ça qui était l’obstacle hier ici, jusqu’à aujourd’hui le matin à 9h15 comme ça.
Moi j’ai écouté, ils ont appelé son nom en visite. Mais lui il peut même pas bouger, il parle même pas. Donc après j’ai vu les pompiers sont rentré, On la attaché avec au fauteuil roulant.  On l’a évacué vers quel hopital je sais pas on l’améné. On l’a évacué vers 9h 9h15.
 
Mais comme nous sommes tous des êtres humains si quelque choses lui arrive dans la nuit c’est pas bon. On l’amène à l’hopital dans une heure de temps ca va mais une heure …deux heures … toute la nuit jusqu’à 9h15.. on l’a amené. C’est ça que je connais là dedans. Je veux pas ajouter plus ni moins. Et puis y avait son compatriote lui il était tomber par terre parce que la manière qu’ils ont vu qu’il était mal.. bon tout le monde même moi ma tension elle a  monté j’ai commencé à pleurer. Mais bon tout cela c’est pour montrer que c’est notre frère, on a pitié de lui. Voila c’était ça.
 
C’est à quelle heures que vous l’avez trouvé inconscient ?
 
C’était entre 19h et 20h comme ça.
 
Donc ils ont mis plus de 14h a arriver les pompiers…
 
Oui. Oui jusqu’à 9h-9h15 comme ça, on l’a amené. Nous depuis 19h 20h comme ça nous étions avec lui a l’accueil de la police pour l’évacuer mais ils n’ont pas voulu. C’était ça en fait.
 
Ca c’est passé comment avec les policiers ?
 
Les policiers sont venu mais ne l’ont pas touché. Je sais pas si c’est pas leurs droit, nous nous étions a côté de lui on a fait tout pour lui. Mais les policiers ne l’ont pas touché ils ont appelé les pompiers Ils disaient que les pompiers vont venir dans 15 ou 20 minutes mais ils ne sont pas venu. Nous étions obligé de le faire rentrer dans sa chambre. Nous étions 5 ou 6 personnes et chacun va le regarder toutes les 30 ou 40 minutes. Jusqu’à 3h où tout le monde est partit dormir. Jusqu’à 9h15 quand les pompiers venu je l’ai regardé, il était pareil que quand on l’a laissé le soir.
 
Moi j’ai appelé les pompiers hier, et ils disaient que la police avait dit que c’était un malaise simulé… 
 
C’est quoi ça ? C’est quoi la simulation ? Eux même ils ont dit « Que non, Qu’ils savaient très bien. »  Nous on a fait le tensiomètre, on a regardé sa tension, le corps était souple. On a tout dit ça. Ca c’est pas vrai.
C’est quoi ça? Nous sommes tous plus de 18 ans, nous sommes des matures, nous sommes pas des bébés. On connaît l’état de notre individu. T’as compris? Voila donc c’était pas ça. Nous on a même pensé qu’il est mort. Ou si c’est le problème comme le diable chez nous, on a pensé tout ça mais il était malade vraiment. C’était pas la simulation, c’était pas ça quand même. Je veux pas parler mal les policiers, je veux pas parler mal envers le monsieur ou personne. je veux juste dire la vérité ce que je connais. Voilà .
C’était pas de la simulation, j’étais la bas, le monsieur peut pas se lever peut pas parler. Il a les yeux qui sont partit. Les yeux sont rouge, la bouche est ouverte. On a essayé de mettre de l’eau pour qu’il puisse boire un peu. On a mis l’eau dans sa bouche mais l’eau ne passe même pas. Nous étions obligé de de tourner sa tête pour verser l’eau sur des mouchoirs pour ne pas lui bloquer la respiration, par exemple si il respire avec la bouche. Voila. Mais ce n’est pas de la simulation quand même. C’est grave quand même !
 
C’est chaud qu’ils se permettent de mentir comme ça. Est ce que tu veux rajouter quelque chose d’autres ?
 
Bon moi j’ai pas d’autres trucs à rajouter seulement comme ça… Nous sommes dans la merde on a pas tué quelqu’un, moi je suis vendeur de cigarette j’ai été opéré. Comment dirais je ? on m’a donné un séjour de 6 mois, il est périmé et après on m’a envoyé un OQTF (Obligation de quitter le territoire français). Donc je travaille pas car les papiers qu’on m’avait donné c’était pour la maladie. On m’a pris on m’a mis ici. Donc j’ai rien fait. C’est ça qui nous étonne beaucoup. Y a des gens ici ils ont rien fait, ceux qui ont fait ça c’est autre chose. Nous sommes des être humains.
Moi j’ai la dette depuis 2017 a janvier 2019. 3000e que je devais à mon logeur. J’ai regardé d’une manière général comment survivre. J’ai commencé à vendre des cigarettes pour payer le loyer de mon logeur et ma nourriture.En faisant ca on m’a attrapé et ça fait un mois et quelques que je suis la.
Peut être qu’ils veulent que je vole ou attaquer les magasins ? Si je fais pas ça comme je peux vivre.
 
Faut bien que tous le monde puisse vivre !
 
Nous sommes pas des bandits, nous aimons le bonheur de la France pour tout le monde effectivement. On veut pas le malheur de la France, on nous considère aujourd’hui comme nous sommes le malheur de la France et ses ennemis. C’est le contraire ! Nous voulons les papiers avec autorisation de travail. 
 
Un deuxième prisonnier prends la parole:
 
Bonjour grand ca va bien ? On voulait, on est la au CRA1 centre de rétention de Vincennes ici là. On veut expliquer ce qui s’est passé hier ici. C’est la vérité.
 
Salut ! Ca te dérange si on relaye aussi ce que tu racontes ?
 
Pourquoi ca me dérangerait ?
Parce que je n’ai rien fait, je suis dans un endroit dangereux. Qu’est ce que j’ai peur ? Mets ça mon grand, j’ai pas peur. 
Dimanche on était tous dans le salon, on regardait le foot un truc comme ça . Et là un ami est venu nous voir. Tout le monde était dans le salon. Le gars il est encore vivant, lui n’est pas mourir. Il est tomber comme ça. Mais les policiers même ils veulent pas le toucher, ils veulent pas l’aider. Ils disent si nous on peut l’aider.Nous on prends lui on le ramène dans l’infirmerie. Déjà c’est pas notre travail à nous. Parce que c’est pas nous qui l’avons ramener ici. On l’a rencontré ici. On est de tel ou tel pays. On fait union ici, nous on est ensemble.
Nous on a beaucoup aidé lui, on a ramené les mouchoirs tout ça. Tout le monde est témoins de ça. De base eux il veut pas dire la vérité à vous. Ils vont dire autre quelque chose qui n’est pas clair.
 
Nous qui est la aussi ce que nous on peut expliquer c’est ça ! Ils l’ont pas touché, même si en une minute ils peuvent sauver sa vie. Si y a quelqu’un de fatigué comme ça tu le laisses et souffrir souffrir même si il doit sauver sa vie, il va mourir.  
Ici moi je voulais parler de ce qu’ils font avec les immigrés.Quand on te prends dans la rue on te dit « Nan c’est juste pour vérifier les papiers les documents tout ça. C’est rien. » Mais en fait c’est des problemes en vrai. Mais ils vont te ramener ici, ils te traitent comme un animal ou tu n’es plus vivant. Ils vont te traiter comme quelqu’un qui est animal. 
Y a plein de gens qui sont malade ici même mais ils vont pas ramener les gens à l’hopital. Ils mettent les gens malade contre les gens qui ne sont pas maladie. Tu vois ?
C’est pas normal tu connais lui il est malade déjà tu l’amène a l’hôpital. Quelqu’un qui est malade contre quelqu’un qui n’est pas malade, il est content même? La semaine passé. C’est pas qu’hier,. La semaine dernière y a un mec jsais pas si c’était un algérien. Il est tombé et il a commencé à vomir le sang. Il est tombé par terre boum ! Il n’est même pas partit à l’hôpital. 
 
A l’infirmerie ici dans le centre de rétention à Vincennes y a pas un bon docteur. T’es malade il va te donner que le dolipranne. C’est pas le dolipranne qui guérit le corps de quelqu’un. Quelqu’un de malade il doit voir le docteur, il doit l’ausculter, faire radio, faire l’autre chose. Ici quand qqlun tombe par terre, il le donne à l’infirmerie. C’est un policier civil mais eux ils dit tout le monde c’est une infirmerie. C’est pas une infirmerie c’est la police. Mais l’infirmerie ils te font pas une piqure ou une radio. Comment tu vas dire que c’est un docteur ça ? Moi aussi je peux faire. La vie de ma mère je peux faire.  Moi aussi je peux ouvrir une boite de dolipranne et la donner à tout le monde. Moi aussi je peux faire ca.
 Y a des gens qui sont forcés, avec des départs volontaires. Avec des avions cachés ils arrivent à 4 ou 5 personnes pour te forcer à partir sans prévenir que la semaine prochaine tu dois voyager. Tu peux dormir à 5h du matin eux ils te prennent comme ça . A 5h du matin ils te ramenent dans ton pays d’origine.
 
Les français maintenant ils ont l’air d’en avoir contre les africains. Maintenant arriver afrique ils disent qu’ils ont des droits la bas. Mais si les africains font ca contre les français la bas. 
Mais ils demandent pas les francais de titre de séjours, les français arrivent avec leurs documents de france. Ils font ce qu’ils veulent la bas.C’est le gouvernement de l’afrique qui ont pas suivi ce qui passe. Ils ont pas suivi.
 
Y a plein de gens ici ils dorment dans la rue. Les autres ils travaillent vraiment pour gagner leurs vies. Ils ont pas besoin des bagarres ou ils cherchent même pas les problèmes. Mais eux ils regardent pas ça. Moi avant de créer un problème avec eux je regarde la situation de la personne. Non moi je peux pas dire je peux pas le garder ou le soutenir dans la merde. Même quelqu’un qui a rien fait tu sais que c’est vrai qu’il a pas de document
Mais c’est quelqu’un qui cherche le document. Il a pas document, mais tu donnes le document. Si tu lui donnes le document mais tous les immigrés ne sont pas venu de l’Afrique avec les documents.
Tu viens immigrer ici tu cherches les documents. Mais si ils donnent pas les documents comment les immigrés ils vont chercher les documents ?
C’est nous qui construisons l’Afrique c’est pas eux. Ca va pas continuer comme ça. Ca peut pas. 
Si on est ami tu viens tout le temps chez moi mais tu aimes pas me voir chez toi. Comment on va dire qu’on est ami ? C’est pas possible. Et c’est les gouvernements à nous qui ont pas suivi.
Bon je laisse. Merci mon grand, respect à vous. Ce qui se passe ici la vérité, ils disent pas la vérité. Y a plein de gens qui sont malade, qui ont eu des crises cardiaques, des tensions qui montent tout le temps. On va pas tout dire, l’histoire de nourriture on va laisser à côté. Si y a de l’eau à boire déjà c’est bon. Mais tout lemonde peut pas tenir avec le pain sec et un sachet de mayonnaise. Il donne deux sachets, et un sachet de ketchup. Mais c’est pas la nourriture qu’on vient chercher.
On laisse ça a côté. Mais le probleme vraiment c’est comment ils traitent les gens.
Y a pas bon docteur ici. Tu tombes maladie tu vas mourir comme ça. L’infirmerie ici c’est des policiers, ils sont pas la pour aider les immigrés.
Tu pars demander renseignement sur l’association, eux ils disent ils connaissent rien du tout.
Ils disent pas la vérité, ils restent enfermé dans le bureau. Mais si tu connais rien pourquoi tu vas dans ton bureau ? Moi je suis désolé. Des fois le gars il vient avec les documents d’espagne, mais eux ils ramenent en Afrique. Tellement il est pervers. Il les ramene pas en territoire espagnol mais en territoire africain. Déjà c’est pas normal.
Merci beaucoup, y a quelqu’un qui doit rajouter quelque chose. Pour moi c’est bon.
 
Le troisième prends la parole :
 
Je crois ils ont tout dit tout ce qu’il se passait. Il a raconté l’histoire d’hier, il a raconté qu’est ce qui arrive ici en général. Ici ou en dehors de cette prison. Tout ce qu’on pense même nous.
 
 

Pour Mohammed et tou.te.s les autres

Vendredi 8 novembre, un prisonnier est décédé au centre de rétention de Vincennes. Il avait 19 ans, il était enfermé depuis 28 jours. Au matin, ses co-détenus l’ont découvert entre la vie et la mort dans son lit. Deux jours plus tard, un hommage lui a été rendu avec et par les prisonniers dans la cour du CRA :

« Quand on a su pour le jeune Mohammed, on a voulu lui faire un hommage, un genre une prière avec tout le monde. Au début on a demandé le pardon tout ça comme le veut la tradition islamique, et après on est allés voir tout le monde de toutes les religions et ceux qui n’ont pas de religion.

On a dit : on va faire un hommage symbolique dans la cour et on a vu que tout les prisonniers étaient d’accord, c’était avec plaisir pour eux. On a dit à midi tout le monde va chercher son ticket pour le restaurant et avant qu’il parte au restaurant pour manger il faut qu’il monte vers la cour comme ça il vient pour faire une prière, un hommage symbolique pour lui.

Comme ça fait un message pour les responsables ici, parce que cette histoire elle pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous. On a fait une petite prière debout, il y a un gars qui a lu un peu du coran et après il y a un demandé à un monsieur âgé il a 65 ans, il est d’origine de Russie, il est là, il est chrétien, il a fait un peu de prière avec la bible.

La police ils ont remarqué, ils sont venus ils ont dit « qu’est ce que vous préparez ? qu’est ce que vous préparez ? » ils voyaient qu’on va faire quelque chose de casse mais c’était juste un symbole pour le jeune tunisien et ça s’est passé tranquille après on a repris la normale.»

A l’extérieur aussi, il était important de faire quelque chose. Vendredi, nous étions plusieurs à vouloir nous rendre ensemble derrière le CRA de Vincennes pour faire un parloir sauvage (se rapprocher le plus possible des grilles et se faire entendre des retenus), crier notre solidarité aux personnes à l’intérieur et notre colère contre les CRA et les frontières qui tuent.

Mais les RG avaient visiblement intercepté l’info puisque 3 camions de flics étaient stationnés devant le CRA, et des flics en civil nous attendaient au RER et nous ont empêché de faire le parloir, confisquant au passage notre banderole.

On a donc décidé de remettre ça au dimanche soir : cette fois-ci on a pu se rapprocher du CRA et crier, les gens de l’intérieur nous ont entendu et ont répondu ; deux minutes après 3 camions de flics ont débarqué et nous ont nassé-es pendant quelques minutes, avant de nous raccompagner jusqu’au RER – nous on a crié nos slogans jusque dans le wagon.

Tout cela montre quand même que les flics et la préfecture sont sur les dents en ce moment : ils savent qu’une mort en CRA ne reste pas sans réaction ; ils ont peur des révoltes de prisonnier-es et ils ont peur des liens qui peuvent être faits entre intérieur et extérieur, et accentuent donc la surveillance et la répression des deux côtés.

Mais les camarades qui ont entendu le parloir depuis l’intérieur du CRA appellent à la solidarité et à la mobilisation  : « Il faut faire beaucoup de manifs ! tous les jours si c’est possible ! C’est pas croyable ce qu’il se passe ici ». Nous on est toujours plus déterminé-es : on reviendra!

Pour Mohammed et tou.te.s les autres, ni oubli ni pardon.

Liberté pour tou.te.s!

A bas les CRA!

Jeudi 7 novembre : Rassemblement en solidarité avec Amadou et tou.te.s les autres !

Appel à participer au rassemblement organisé par les camarades du collectif Sans Papiers Paris 1 :
J
eudi 7 novembre à 13h30 au foyer Olympiades, 80 rue de Tolbiac.
Soyons nombreuses-eux !

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SOLIDARITE AVEC AMADOU ET TOU.TE.S LES PRISONNIER.E.S EN CENTRE DE RETENTION !

Amadou Diop est un habitant du foyer Olympiade dans le 13e arrondissement. Il a été arrêté le 25 septembre 2019 à Gare de Lyon suite à un contrôle raciste par la police. On ne lui a pas demandé son titre de transport mais directement s’il avait des papiers.
Depuis il est enfermé au centre de rétention de Vincennes, une des prisons pour sans papier. On rappelle les conditions d’enfermements des ces prisons qui sont insupportable pour tou.te.s le monde, en plus de la pression permanente a cause des expulsions quotidiennes.
Notre camarade y est enfermé depuis presque 40 jours, il ne repassera pas devant le juge avant 20 jours. Pour que la police puisse expulser Amadou, il faut l’accord d’un consulat. Nous exigeons donc du personnel du consulat qu’il ne fasse pas ce laisser-passer, pour Amadou et tous les autres.

La famille d’Amadou, les habitant.es et le collectif sans papiers Paris 1 appelle donc à une mobilisation de tout le monde : habitant.e.s des foyers, étudiant.e.s et habitant.e.s du quartier !

RENDEZ VOUS JEUDI 7 NOVEMBRE A 13h30 devant le FOYER OLYMPIADE (80 rue de Tolbiac, métro Olympiade) pour partir ensemble montrer notre solidarité face aux consulats !

NI POLICE NI CHARITE ! VIVE LA LUTTE DES SANS PAPIERS !

Rassemblement devant le commissariat du 12e !

Rdv lundi 25 à 19h devant le commissariat du 12e arrondissement de Paris en solidarité avec deux personnes interpellées à la suite d’un parloir sauvage au centre de rétention de Vincenne

 

Aujourd’hui dimanche 24 mars, nous avons fait un parloir sauvage (rassemblement pour communiquer avec les gens de l’intérieur) devant le centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, où des détenus sont en grève de la faim depuis mercredi.
Deux personnes ont été interpellées par la police et placées en garde-à-vue.
 
Solidarité avec tou-te-s les enfermé-e-s !
 
Rassemblement de soutien lundi 25 mars à 19h devant le commissariat du 12e, où se trouvent es personnes arrêtées (80 avenue Daumesnil métro Gare de Lyon).
 
A bas les CRA !
Liberté pour tou-te-s !