Contre les CRA et les frontières : appel à une assemblée publique

Les centres de rétention administrative (CRA) existent depuis 1981 et servent à enfermer des personnes qui n’ont pas les bons papiers, dans l’attente de leur expulsion. Ils sont pensés comme l’anti-chambre de l’expulsion mais sont avant tout des espaces d’enfermement et de tri, des bons et mauvais sans papiers. 
L’enfermement maximal dans les CRA est de 90jours, soit 3 mois, dans des conditions particulièrement pourries. Le Covid, comme dans tous les autres lieux d’enfermement, a empiré la situation d’une part d’un point de vue sanitaire (l’accès aux droits est restreint, l’accès aux soins et l’hygiène sont quasiment inexistants dans les CRA) mais également d’un point de vue répressif puisque l’Etat profite des refus de tests PCR pour criminaliser les prisonnier-ère-s et les enfermer encore plus.
Face à ça, de nombreuses révoltes ont eu lieu cette année dans les CRA : incendie au Mesnil-Amelot (à côté de l’Aéroprot Roissy-Charles de Gaulle), grèves de la faim, révoltes et évasions. C’est avant tout pour continuer à soutenir ces luttes que l’assemblée contre les CRA en Ile de France existe et appelle celleux qui voudraient nous rejoindre ou tout simplement en apprendre plus sur les luttes dans les CRA à une réunion publique mercredi 22 septembre à 19h à la Parole Errante à Montreuil.

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L’État agrandit le C.R.A de Lesquin pour toujours plus d’enfermé.es !

Voici un communiqué venu du nord au sujet du CRA de Lesquin à Lille:

L’État agrandit le C.R.A (Centre de rétention) de Lesquin pour toujours plus d’enfermé.es !

Macron et son gouvernement, depuis leur accession au pouvoir, se placent dans la continuité de leur prédécesseurs, à savoir
s’inscrire dans une vision répressive de l’immigration. Depuis trois ans, la politique du ministère de l’intérieur est de renforcer le contrôle et l’enfermement des personnes étrangères avec, notamment, la loi asile et immigration de 2019. Cette loi, rappelons-le, permet notamment d’enfermer une personne pour une durée maximale de 90 jours contre 45 auparavant. Dans le même temps, l’État entreprend des travaux afin d’augmenter sa capacité à mettre des personnes derrière les barreaux. Rien que pour l’année 2020, 481 nouvelles places seront disponibles. Selon les endroits il peut s’agir de ré-ouvertures de centre (Hendaye, Geispolsheim), de travaux d’extension ou de construction de nouveaux centres comme à Lyon, Olivet et Bordeaux, dont les ouvertures sont prévues pour fin 2023. Les deux centres de la région (Coquelles et Lesquin) sont également concernés.

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Mesnil : Greve de le Faim, Jour 3

Dans le CRA 3 du Mesnil Amelot, une grève de la faim est en cours depuis samedi. La grève a l’air d’être généralisée dans tous les bâtiments et les prisonniers sont solidaires entre eux. Les flics et la direction du centre ne sont pas contents et essaient de casser la grève, par exemple en empêchant aux grévistes de prendre leur traitement, comme l’expliquent deux prisonniers :

« Si tu vas à l’infirmerie prendre ton traitement ils te demandent si tu as mangé. Si tu dis que non, que tu fais la grève de la faim, ils refusent de te donner le traitement. C’est leur technique, ils utilisent ça contre la grève, pour mettre la pression pour que certains lâchent. C’est soit tu manges soit t’as pas ton traitement, t’imagines ? forcément des gens ils mangent. C’est arrivé même qu’il y ait des bagarres entre nous à cause de ça, des gens qui sont en manque de leur traitement, ils sont obligés de manger. »

« J’ai un ami malade, il a la main cassé, ils lui donnent rien ils veulent pas donner le doliprane. Ils disent « si tu manges pas je donne pas le doliprane ». Il y a beaucoup de gens malades ici. »

Malgré la répression la grève tient, un autre prisonnier rappelle :

« On continue la grève de la faim, notre seule demande c’est que quelqu’un vienne nous écouter. »

Dimanche en fin d’après-midi, plusieurs personnes sont allées derrière le CRA pour crier leur soutien aux grévistes, qui nous ont répondu par dessus les barbelés, en sortant en masse dans la promenade et en restant ensemble malgré les menaces des keufs. Un autre gréviste raconte :

« On vous entendait dehors crier ‘Liberté, liberté!’, nous aussi on a crié. Ça nous a fait beaucoup de bien ! »

Comme d’habitude c’était un beau moment de rage, pour une fois on peut entendre les voix de ceux de l’intérieur pour de vrai et ensemble, sans le box du parloir qui isole des autres, sans le flic qui te fouille à l’entrée, sans l’intermédiaire du téléphone.
Cette fois-ci le groupe de solidaires n’a pas échappé au contrôle d’identité à la sortie… Dommage que la plupart n’avait pas leurs papiers sur eux.elles 😉

Les grévistes ont besoin de force, hésitez pas à appeler les cabines, à aller en visite, ou encore mieux à vous organiser collectivement pour aller gueuler dehors, devant le CRA ou ailleurs dans les rues !

La solidarité est une arme
Feu aux CRA, et nique la PAF