[brochure] Témoignages de prisonnièr.es enfermé.e.s en CRA pendant l’état d’urgence sanitaire

On publie une petite brochure avec quelques témoignages de prisonnier.es enfermé.e.s en CRA pendant la pandemie et l’état d’urgence sanitaire.

Iels racontent des conditions pourris dans lesquelles iels se sont retrouvé.e.s, de comment les keufs et de la préfecture, qui n’avaient rien à foutre de faire tomber malades les prisonnier.es, les ont délibérément mis.e.s en danger. Mais iels parlent aussi des solidarités et des luttes qui ont eu lieu, malgré la peur et l’isolement, encore plus forts que d’habitude.

Aujourd’hui, les personnes sans-papiers continuent d’etre emprisonné.e.s, les rafles reprennent, les frontières vont bientot rouvrir et les déportations aussi… mais à l’extérieur, de plus en plus de gens s’organisent contre le racisme et les violences policières, et révendiquent des papiers pour tout le monde. Dans les rues et partout, soyons solidaires avec les prisonnier.es, luttons pour l’abolition immédiate des CRA !

Nouvelle brochure contre les CRA ! Mars-novembre 2019

Une chose est certaine : neuf mois de luttes contres les centres de retention ne peuvent pas rentrer dans une brochure. Même si on se limite aux CRA en Ile-de-France, plein de trucs se passent sans qu’on en soit au courant ; même si on essaye de relayer au maximum la parole de l’intérieur et de construire de la solidarité à l’extérieur, on n’est jamais assez nombreux-ses, on n’arrive pas à voir tout un tas de formes de résistance, de rébellion et d’organisation de prisonniers-ères…
 
Malgré tout ça, revenir sur ces mois de mobilisations, de révoltes et de solidarité permet de mieux comprendre le fonctionnement de la machine à expulser, montre que les prisons pour sans-papiers sont loin d’être des espaces pacifiés, indique quelques pistes à suivre pour celleux qui veulent – ou doivent – lutter contre les CRA.
La parole et les luttes des prisonniers-ères le rappellent sans cesse : ces lieux d’enfermement doivent disparaitre.
A BAS LES CRA !
 
Ici, les liens vers la brochure :

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MISE EN PAGE CLASSIQUE

MISE EN PAGE EN PLANCHE (internet)

Et un extrait de l’introduction :
 
En février 2019, dans la foulée de grèves de la faim et de révoltes dans des prisons pour sans-papier (CRA) en Ile-de-France et ailleurs, une première brochure sur trois mois de luttes (décembre-février) était sortie pour continuer à les relayer plus largement.
 
Depuis les mouvements collectifs ont continué : grève de la faim, incendies de cellules ou de bâtiments, communiqués, manifestations à l’intérieur des centres, montée sur les toits, des prisonnier·e·s qui se mettent en lien entre différentes prisons.
 
Cette brochure est faite dans la même optique que la première : non pas pour faire le récit d’une histoire qui n’est pas encore terminée, mais pour faire circuler la parole de celleux qui luttent à l’intérieur et relayer leurs revendications, pour renforcer la solidarité à l’extérieur, pour inventer d’autres moyens qui puissent entraver la machine à expulser.
 
Les personnes qui n’ont pas les bons papiers sont toujours raflées, emprisonnées et déportées, et la violence quotidienne des keufs et des tribunaux ne s’arrête pas. Les révoltes dans les CRA non plus ! Et à l’extérieur des gens continuent à s’organiser contre ces prisons et pour soutenir les prisonnièr·es, à Paris comme ailleurs.
 
[…]
 
 

BROCHURES PARUES JUSQU’ICI

Une chose est certaine : neuf mois de luttes contres les centres de retention ne peuvent pas rentrer dans une brochure. Même si on se limite aux CRA en Ile-de-France, plein de trucs se passent sans qu’on en soit au courant ; même si on essaye de relayer au maximum la parole de l’intérieur et de construire de la solidarité à l’extérieur, on n’est jamais assez nombreux-ses, on n’arrive pas à voir tout un tas de formes de résistance, de rébellion et d’organisation de prisonniers-ères…

Malgré tout ça, revenir sur ces mois de mobilisations, de révoltes et de solidarité permet de mieux comprendre le fonctionnement de la machine à expulser, montre que les prisons pour sans-papiers sont loin d’être des espaces pacifiés, indique quelques pistes à suivre pour celleux qui veulent – ou doivent – lutter contre les CRA.
La parole et les luttes des prisonniers-ères le rappellent sans cesse : ces lieux d’enfermement doivent disparaitre.
A BAS LES CRA !

 

Depuis décembre 2018, les centres de rétention pour migrant·e·s sont secoués par des révoltes, des formes d’organisation collective, des grèves de la faim. À partir de janvier 2019, des personnes solidaires se rencontrent, pour faire sortir la parole de l’intérieur et soutenir la lutte à l’extérieur.
Cette brochure En lutte contre les CRA essaie de raconter tout ça.

 

 

On relaie cette brochure qui rassemble des témoignage de personnes enfermées au CRA de Sète et réalisé par un collectif de soutien local. Paroles d’enfermés au CRA de Sète d’après les entretiens menés par le Collectif toutes et tous étrangers au parloir du Centre de Rétention Administrative de Sète au cours de l’année 2018

Une brochure pour raconter les mouvements dans les CRA depuis trois mois

Une brochure pour raconter les mouvements dans les CRA depuis trois mois

A faire touner !

c’est ici pour la télécharger!

Depuis décembre 2018, les centres de rétention pour migrant·e·s sont secoués par des révoltes, des formes d’organisation collective, des grèves de la faim. À partir de janvier 2019, des personnes solidaires se rencontrent, pour faire sortir la parole de l’intérieur et soutenir la lutte à l’extérieur.

 

Depuis décembre 2018, les centres de rétention pour migrant·e·s sont secoués par des révoltes, des formes d’organisation collective, des grèves de la faim. À partir de janvier 2019, des personnes solidaires se rencontrent, pour faire sortir la parole de l’intérieur et soutenir la lutte à l’extérieur.
Cette brochure En lutte contre les CRA essaie de raconter tout ça.

Dans cette brochure, nous avons rassemblé les communiqués, ainsi que des lettres et des coups de fil, de prisonnier·ère·s en lutte à l’intérieur des CRA entre décembre 2018 et févier 2019.
Ielles racontent leurs conditions de vie, la quotidienneté de rétention et les violences subies, mais aussi les résistances toujours présentes, les tentatives d’auto-organisation, les révoltes.
Nous avons aussi fait des comptes-rendus de quelques actions à l’extérieur en solidarité avec ces luttes et contre la machine à expulser : manifs, parloirs sauvages…
Alors que dans les CRA les révoltes continuent, cette brochure ne se veut pas seulement comme un recueil de témoignages, mais aussi comme un outil pour continuer à soutenir les révoltes des personnes détenues, pour en finir avec ces prisons.

Voici un extrait tiré de l’introduction de la brochure :

Les centres de rétention administrative sont des prisons

Lorsqu’on parle des CRA, il est important de commencer par cela : même si les textes juridiques ne les désignent pas comme tels, ce sont des lieux d’enfermement et de privation de liberté, où les violences policières, les menaces et les humiliations sont à l’ordre du jour.
Les prisonniers et les prisonnières reclu·e·s derrière les murs des CRA ont été jugé·e·s coupables d’un crime particulier : celui de ne pas avoir les “bons papiers”. Pour l’État, seul le bout de papier compte, et son absence suffit pour enfermer et expulser.

C’est la raison d’être des CRA. Enfermer et expulser, toujours loin des regards. C’est pour cela que les CRA sont situés dans des coins paumés, éloignés de tout sauf des casernes ou des écoles de police, pour que les flics puissent intervenir rapidement en cas de révoltes.
Il suffit de faire une visite à un·e copain·e détenu·e pour se rendre compte que l’isolement de ces lieux ne sert qu’à rendre davantage invisibles celleux qui y sont et dissuader la solidarité depuis l’extérieur. La solitude et l’absence des liens avec leurs proches sont calculées pour briser le moral des retenu·e·s afin de mieux les maîtriser.
Dans cette brochure, nous montrerons que ce projet ne fonctionne pas toujours : les rébellions et les luttes à l’intérieur n’ont jamais cessé. À l’extérieur, des groupes s’organisent pour les soutenir, mais il reste beaucoup à faire pour que ces prisons disparaissent.

Les CRA sont des lieux d’isolement et d’abus. Mais il ne faut pas se tromper : ils ne sont pas quelque chose de complètement indépendant, d’exceptionnel par rapport au reste. Ils sont un maillon d’une chaîne bien plus large.
Cette chaîne va des relations néocoloniales qui règlent les visas et les accords bilatéraux, jusqu’aux frontières militarisées, des centres d’hébergement et d’accueil aux prisons, des préfectures à la commission d’asile, des tribunaux aux rafles et aux contrôles au faciès dans les rues et dans les gares.
Une pluralité d’acteurs fait partie de ce système. Certains se disent humanitaires, d’autres sont explicitement répressifs, mais que ce soit pour trier, expulser, ou “éduquer et intégrer”, ils participent tous au grand jeu de fichage et de contrôle des migrant·e·s, de leurs mouvements, de leurs comportements, de leurs vies.

Les CRA sont le visage le plus explicite et brutal de la mise à l’écart des migrant·e·s “sans les bons papiers”.
Mais ils ne produisent pas que de l’exclusion. Ils ont pour objectif de fabriquer des travailleurs et des travailleuses toujours plus exploité·e·s, soumis au chantage continu de la réclusion et de l’expulsion. Ils sont l’outil de l’État et des patrons pour discipliner et faire baisser la tête aux prisonniers·ère·s, certes, mais aussi à tou·te·s celleux qui, un jour ou l’autre, pourraient se faire contrôler par des flics dans une station de métro et être renfermé·e·s. Les CRA, comme toutes les prisons, sont une menace toujours présente.
Les CRA sont aussi une source de profit pour les grosses entreprises. L’enfermement paie, comme le savent bien les différentes boîtes qui collaborent avec les forces de répression dans les centres de rétention tout comme lors des expulsions. Les entreprises qui assurent la bouffe, la surveillance, le transport, mais aussi les guichets qui balancent les sans-pap’ sont toutes des rouages de la machine à expulser.
En permettant concrètement l’existence et le fonctionnement de ces lieux, elles en sont coresponsables. Pour lutter contre les CRA, on peut donc aussi s’attaquer à ces collabos.

Si on replace les centres de rétention au sein d’un système plus vaste, basé sur le profit, l’exploitation et le contrôle des migrant·e·s, les actions concrètes en soutien aux luttes en cours dans les CRA doivent être pensées en continuité avec d’autres solidarités dans les combats des migrant·e·s : pour le logement, contre les frontières, contre les violences policières.
Soutenir les résistances qui existent dans les CRA n’est que l’un des points d’entrée dans le combat contre les mécanismes du racisme d’État et de la guerre contre les pauvres.

[…]

Cette brochure raconte, de manière très partielle et non exhaustive, des moments conflictuels des deux derniers mois.
Non pas pour faire le récit d’une histoire qui n’est pas encore terminée, mais pour faire circuler la parole de celleux qui luttent à l’intérieur et relayer leurs revendications, pour renforcer la solidarité à l’extérieur, pour inventer d’autres moyens qui puissent entraver la machine à expulser.

Note

L’assemblée contre les CRA se réunit chaque mercredi à 18h. Pendant le mois d’avril, nous nous rencontrons au Cicp, 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris (M° Rue des Boulets ou Avron).

Les communiqués et les témoignages de cette brochure, ainsi que des infos sur les luttes en cours, sont disponibles sur le blog Abaslescra (https://abaslescra.noblogs.org)

Chaque quatrième vendredi du mois, lors de l’émission radio de l’Envolée (sur FPP, 106.3) on parle de la lutte dans et contre les CRA.