Mesnil : Greve de le Faim, Jour 3

Dans le CRA 3 du Mesnil Amelot, une grève de la faim est en cours depuis samedi. La grève a l’air d’être généralisée dans tous les bâtiments et les prisonniers sont solidaires entre eux. Les flics et la direction du centre ne sont pas contents et essaient de casser la grève, par exemple en empêchant aux grévistes de prendre leur traitement, comme l’expliquent deux prisonniers :

“Si tu vas à l’infirmerie prendre ton traitement ils te demandent si tu as mangé. Si tu dis que non, que tu fais la grève de la faim, ils refusent de te donner le traitement. C’est leur technique, ils utilisent ça contre la grève, pour mettre la pression pour que certains lâchent. C’est soit tu manges soit t’as pas ton traitement, t’imagines ? forcément des gens ils mangent. C’est arrivé même qu’il y ait des bagarres entre nous à cause de ça, des gens qui sont en manque de leur traitement, ils sont obligés de manger.”

“J’ai un ami malade, il a la main cassé, ils lui donnent rien ils veulent pas donner le doliprane. Ils disent “si tu manges pas je donne pas le doliprane”. Il y a beaucoup de gens malades ici.”

Malgré la répression la grève tient, un autre prisonnier rappelle :

“On continue la grève de la faim, notre seule demande c’est que quelqu’un vienne nous écouter.”

Dimanche en fin d’après-midi, plusieurs personnes sont allées derrière le CRA pour crier leur soutien aux grévistes, qui nous ont répondu par dessus les barbelés, en sortant en masse dans la promenade et en restant ensemble malgré les menaces des keufs. Un autre gréviste raconte :

“On vous entendait dehors crier ‘Liberté, liberté!’, nous aussi on a crié. Ça nous a fait beaucoup de bien !”

Comme d’habitude c’était un beau moment de rage, pour une fois on peut entendre les voix de ceux de l’intérieur pour de vrai et ensemble, sans le box du parloir qui isole des autres, sans le flic qui te fouille à l’entrée, sans l’intermédiaire du téléphone.
Cette fois-ci le groupe de solidaires n’a pas échappé au contrôle d’identité à la sortie… Dommage que la plupart n’avait pas leurs papiers sur eux.elles 😉

Les grévistes ont besoin de force, hésitez pas à appeler les cabines, à aller en visite, ou encore mieux à vous organiser collectivement pour aller gueuler dehors, devant le CRA ou ailleurs dans les rues !

La solidarité est une arme
Feu aux CRA, et nique la PAF

Le 16 Octobre Marchons sur le Centre de Rétention de Vincennes !!! (texte d’appel en arabe disponible)

Dans le cadre du mouvement de lutte des sans-papiers initié par les marches des solidatités post-confinement et de la Marche sur l'Elysée prévue le 17 Octobre prochain voici un appel écrit avec le Collectif de Sans-Papiers de Montreuil (CSPM) pour aller montrer notre solidarité aux prisonniers du CRA de Vincennes le 16 Octobre. Soyons nombreu.x.ses à répondre à l'appel et présent.es à 16h30 à la gare RER de Joinville-Le-Pont (Bois de Vincennes).

Le 16 octobre, nous marcherons en direction du Centre de Rétention de Vincennes afin d’exiger immédiatement la fin des expul- sions forcées reprises récemment, la fin des rafles et des contrôles aux faciès par la Police.

Le 16 octobre, nous marcherons en direction du Centre de Rétention de Vincennes afin de faire entendre notre pleine et entière solidarité envers nos sœurs et nos frères, retenu.es et subissant autant des risques de contamination, que des violences policières.

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” Ils sont là pour violence, c’est ça leur travail ? ” : solidarité entre prisonniers et provocations policières à Vincennes

Malgré le confinement, les frontières fermées et la pandémie à l’extérieur, malgré les conditions sanitaires désastreuses et les retenus qui tombent malades, la prison pour étrangers de Vincennes continue d’enfermer des personnes qui n’ont pas les “bon papiers”. Depuis plusieurs semaines, les prisonniers sont transférés d’un bâtiment à un autre comme s’ils étaient des objets, ils sont mis en isolement pendant des jours et des jours si les flics suspectent qu’ils soient malades, mais ces derniers refusent d’hospitaliser les gens sauf s’ils sont vraiment au bout de leur vie.

Ces deux derniers jours, ça a bougé au CRA. Jeudi soir d’abord, lorsqu’un groupe de solidaires et d’ennemi.e.s des frontières est passé à l’extérieur de la prison, et les prisonniers ont répondu avec force de manière collective.
Hier soir (vendredi) ensuite, quand l’équipe de nuit des keufs est rentrée dans une cellule en provoquant les personnes qui y étaient enfermées, alors même qu’elles venaient de rompre le jeûne pour le Ramadan.


On publie ici des témoignages sur ces deux épisodes.

Comme d’habitude, les flics montrent tout leur mépris envers les prisonniers.
Comme d’habitude, la réponse à la hogra et à la violence de l’état c’est la solidarité et la lutte.

Ne laissons pas les prisonniers-ères isolé.e.s, soutenons leurs luttes !
Liberté pour tou.te.s et abolition des Cra maintenant !

Jeudi 23 dans la soirée, des feux d’artifice ont été tirés devant le centre de rétention administrative, et les prisonniers racontent qu’ils ont entendu crier “Liberté” pendant quelques minutes. Les flics à l’intérieur n’ont visiblement pas apprécié le spectacle et comme ça criait aussi à l’intérieur, ils ont voulu mettre des gens à l’isolement : les prisonniers ont résisté et réussi à empêcher les flics de les diviser. Feu aux CRA !

“Hier il y a eu des feux d’artifice dehors, les policiers ils se sont énervés, ils aiment pas les trucs comme ça. Ils sont venus pour essayer d’emmener des gens à l’isolement, on les a pas laissé faire. On a crié pendant les feux d’artifice, alors ils demandaient « pourquoi vous criez ? ». Ils voulaient mettre 2 personnes à l’isolement « pourquoi tu cries, pourquoi tu tires la chaise ? » Nous on criait pour se soulager, et parce qu’on a vu les feux d’artifices. Finalement ils ont emmené personne à l’isolement parce qu’on a refusé, après ça s’est calmé.

La violence c’est sur tout le monde, pas que hier. Parfois ils descendent des gens au coffre parce que là bas il y a pas de caméra et ils tabassent les gens. Une personne a 3 certificats médicaux parce qu’il a été tabassé.”

Un autre retenu s’exprime ensuite :

“Hier on a commencé à crier, les flics sont venus, ils ont parlé méchamment, ils nous ont poussé, ils nous ont provoqué. Ils ont dit « on va vous ramener à l’isolement, on vous a vu crié à la caméra, c’est interdit ». Du coup on a refusé, un policier m’a poussé pas mal de fois avec des insultes. C’était pour nous provoquer.

Puis le chef est venu, tout le monde a dit « nous on a rien fait ». Tout ça ça a duré 20mn. A la fin ils ont emmené personne. A cause de ça ils ont pas ouvert le distributeur.

On est 13 personnes dans le bâtiment 2A, et il y a 3 personnes contaminées avec test positif. Elles sont ici dans le CRA, dans le 2B, en isolement, alors qu’elles devraient être à l’hôpital.

Maintenant il y a le droit à une visite par semaine par personne.

C’est n’importe quoi ce qui se passe. Nous on cherche pas que la liberté, on cherche la santé aussi. On va mourir pour rien. Un animal malade ici vous le ramenez à l’hôpital, mais nous les êtres humains on nous laisse là. On est ici parce qu’on n’a pas de papiers, mais on a le droit de vivre quand même non ? On dit que la France elle respecte les droits de l’homme mais ici elle respecte rien du tout. C’est de l’hypocrisie, c’est pas humain.”

Le lendemain vendredi 24 avril, premier jour de Ramadan, la rupture du jeûne d’un groupe de prisonniers musulmans est interrompue par l’irruption d’une équipe de keufs dans une cellule. Il faut savoir aussi que pendant le Ramadan, les retenus ont droit d’amener de la bouffe dans les cellules, ce qui est normalement interdit. Mais apparemment les flics n’ont rien à foutre…

” Comme c’est ramadan depuis le matin tout le monde est dans sa chambre tranquille, il y avait pas de problème alors les flics viennent nous provoquer pour chercher les problèmes, parce qu’on a pas la même religion.
Là ils viennent de rentrer dans ma chambre, on était 3 personnes en train de manger, tranquilles, ils ne toquent pas à la porte, ils rentrent comme ça en donnant un coup de pied dans la porte et font du bordel, je leur demande ce qu’ils veulent, ils me disent qu’ils cherchent une plaque de cuisson, qu’ils vont me mettre à l’isolement. Mais moi j’ai pas de plaque, je leur dis, en plus il y a des caméras dans le couloir ils auraient vu si j’avais une plaque.
Ils sont violents avec nous parce qu’on est musulmans. Ils sont là pour la violence c’est ça leur travail ? Maintenant je vais dénoncer, si je meurs ici c’est que c’est eux qui m’ont tué.
Ils menacent de me mettre en isolement. Je leur dis vas-y prends moi, mets moi en isolement, ils pensent qu’on a peur ? Pourquoi ils cherchent les problèmes avec nous ? Ca va mal finir. “

Le témoignage d’un autre retenu confirme ce foutage complet et provocatoire des keufs:

« Allo ouais je vous appelle, là on était à l’heure de manger, on était toute la journée on est calme on parle pas avec eux, on essaye faire notre religion tranquille, chacun dans sa chambre, jusqu’à l’heure de coupure pour que on mange, la police il vient, il nous laisse pas tranquille, je sais pas y’a aucun respect je sais pas, ils sont venu chercher un plateau, c’est quoi un plateau, laisse nous manger après on va déposer le plateau, c’est même pas une minute on à même pas encore couper, on à rien manger jusque là. ils viens ils prend mon amis ils essaye de le taper, ils voulais lui mettre isolement, juste pour un plateau, en plus ils vienne tous presque 20 policier ils vienne, ils essaye de nous taper, de nous faire des truc.

C’est pas logique j’ai jamais vu ça c’est pas logique, c’est des trucs c’est inimaginable, tu peux pas l’imaginer dans ta tête, je comprend plus rien du tout ici , je comprend plus rien du tout.

C’est le mois de ramadan nous on est calme en plus y’a la maladie, y’a les crises, y’a des gens leurs famille sont malades, y’a des gens ils savent même pas leur famille ils sont mort ou pas.
y’a un ami avec moi ici, son père il est maladie avec le covid 19, il a même pas de nouvelles de lui, les gens ça les stress, la police ils nous respecte pas, ils essaye de nous taper, nous mettre isolement au mois de ramadam, nous c’est même pas ça même pas avaler un truc même pas boire de l’eau.

Je sais pas ils sont tellement méchant je sais même pas comment ça va se passer ici avec eux, nous on est solidaire déjà, ils nous respectent pas, ils fait des trucs pour que nous on s’énerve pour que à la fin ils nous mettre isolement. Nous on veux pas ça, nous on est en train de faire notre mois de ramadan tranquillement, on parle pas avec eux, on été calme toute la journée, à la fin ils viens ils nous fait ça, la merde, pour rien du tout.

Parce que nous ici on est des animaux on est pas des humains pour eux, on est des animaux je vous le répéte on est des animaux, jamais j’ai vu, ici en france y’a du racisme, la police c’est des raciste ils nous aiment pas, je sais pas pourquoi ils nous aime pas, on à rien fait, oui on à pas de papier, c’est pas parce que on à pas de papier on est pas des humains, même nous on à des famille, c’est pas parce que on est pas naît en france, si il fallait nous faire faire esclavage, on est pas des esclavage, on est en 2020, quand même.

y’a des choses c’est vraiment, c’est des… j’arrive même pas les mots je veux dire vraiment.

Aidez nous, aidez nous, aidez nous, qu’est-ce que peux vous dire aidez nous, parce que nous on est en train de fatigué là, s’il vous plait, qu’est-ce que je vous demande le jour d’aujourd’hui, que vous essayer de nous aider, pas plus pas moins.

On à même pas demander qu’ils nous laisser sortir ou un truc, juste respectez nous, respectez nous, nous on vous respecte.

C’est mois de ramadan, normalement on est à coté de notre famille on est enfermé avec la maladie, avec la crise, on à même pas de visites, on est en train de souffrir ici. En plus ils nous donne du manger, hé vous le manger même pas, même ils le donne vous le manger même pas, c’est dégueulasse, t’arrive même pas à le manger, ouais à la fin ils nous respectent pas plus.

Franchement je vois ça c’est inimaginable, tu peux pas l’imaginer dans ta tête tu peux pas, tu peux pas. S’il vous plait aidez nous, qu’est-ce que je vous demande, s’ils vous plait aidez nous, aidez nous, aidez nous, on est en train de souffrir, on est en train de nous torturer la police ici, vous entendez au centre de Vincennes on est en train de souffrir, on est en train de souffrir, on est en train de souffrir.

Merci beaucoup et je vous souhaite une bonne soirée. »

Pour Mohammed et tou.te.s les autres

Vendredi 8 novembre, un prisonnier est décédé au centre de rétention de Vincennes. Il avait 19 ans, il était enfermé depuis 28 jours. Au matin, ses co-détenus l’ont découvert entre la vie et la mort dans son lit. Deux jours plus tard, un hommage lui a été rendu avec et par les prisonniers dans la cour du CRA :

« Quand on a su pour le jeune Mohammed, on a voulu lui faire un hommage, un genre une prière avec tout le monde. Au début on a demandé le pardon tout ça comme le veut la tradition islamique, et après on est allés voir tout le monde de toutes les religions et ceux qui n’ont pas de religion.

On a dit : on va faire un hommage symbolique dans la cour et on a vu que tout les prisonniers étaient d’accord, c’était avec plaisir pour eux. On a dit à midi tout le monde va chercher son ticket pour le restaurant et avant qu’il parte au restaurant pour manger il faut qu’il monte vers la cour comme ça il vient pour faire une prière, un hommage symbolique pour lui.

Comme ça fait un message pour les responsables ici, parce que cette histoire elle pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous. On a fait une petite prière debout, il y a un gars qui a lu un peu du coran et après il y a un demandé à un monsieur âgé il a 65 ans, il est d’origine de Russie, il est là, il est chrétien, il a fait un peu de prière avec la bible.

La police ils ont remarqué, ils sont venus ils ont dit « qu’est ce que vous préparez ? qu’est ce que vous préparez ? » ils voyaient qu’on va faire quelque chose de casse mais c’était juste un symbole pour le jeune tunisien et ça s’est passé tranquille après on a repris la normale.»

A l’extérieur aussi, il était important de faire quelque chose. Vendredi, nous étions plusieurs à vouloir nous rendre ensemble derrière le CRA de Vincennes pour faire un parloir sauvage (se rapprocher le plus possible des grilles et se faire entendre des retenus), crier notre solidarité aux personnes à l’intérieur et notre colère contre les CRA et les frontières qui tuent.

Mais les RG avaient visiblement intercepté l’info puisque 3 camions de flics étaient stationnés devant le CRA, et des flics en civil nous attendaient au RER et nous ont empêché de faire le parloir, confisquant au passage notre banderole.

On a donc décidé de remettre ça au dimanche soir : cette fois-ci on a pu se rapprocher du CRA et crier, les gens de l’intérieur nous ont entendu et ont répondu ; deux minutes après 3 camions de flics ont débarqué et nous ont nassé-es pendant quelques minutes, avant de nous raccompagner jusqu’au RER – nous on a crié nos slogans jusque dans le wagon.

Tout cela montre quand même que les flics et la préfecture sont sur les dents en ce moment : ils savent qu’une mort en CRA ne reste pas sans réaction ; ils ont peur des révoltes de prisonnier-es et ils ont peur des liens qui peuvent être faits entre intérieur et extérieur, et accentuent donc la surveillance et la répression des deux côtés.

Mais les camarades qui ont entendu le parloir depuis l’intérieur du CRA appellent à la solidarité et à la mobilisation  : « Il faut faire beaucoup de manifs ! tous les jours si c’est possible ! C’est pas croyable ce qu’il se passe ici ». Nous on est toujours plus déterminé-es : on reviendra!

Pour Mohammed et tou.te.s les autres, ni oubli ni pardon.

Liberté pour tou.te.s!

A bas les CRA!

Retour sur le rassemblement devant le CRA de Lyon Saint Exupéry

En réponse à l’appel au secours diffusé le lundi 15 avril et en soutien à tous.tes les prisonnier.es, un rassemblement a été organisé devant le CRA de St-Exupéry réunissant plus d’une soixantaine de personnes. Voici un retour du rassemblement du mardi 23 avril.

En réponse à cet appel et en soutien à tous.tes les prisonnier.es, un rassemblement a été organisé et une soixantaine de personnes ont répondu par leur présence.

18h15 : les flics se mettent en place, ils sont une dizaine à l’entrée principale et 6-8 devant l’entrée du cargoport qui longe le CRA.

19h : Arrivée du cortège composé d’une soixantaine de personnes. Les banderoles sont déployées (« Ni PAF, ni Rafle, Ni Prison, Ni Expulsion »), des slogans sont scandés (« Freedom, Houliya, Liberta », « Tout le monde déteste la police », « No border, No Nation, Stop Deportation », « Carte de séjour, carté d’identité, ce ne sont que des papiers, il faut les brûler ») sous le bruit des casseroles et des tambours. On lit l’appel à rassemblement, les prisonnier.es nous entendent et répondent en criant.

19h45 – 20h15 : On appelle des personnes enfermées, plusieurs personnes prennent la parole dans différentes langues (italien, portugais, allemand, anglais, français, arabe…). Ils parlent des conditions d’enfermement, de leur parcours et de toutes les violences qu’ils ont subi et subissent.

Après 20h15 : A l’intérieur, ils chantent des slogans « Liberté, liberté », que l’on reprend ensemble. Ils essaient de se rassembler mais les flics les gazent et les enferment en cellule collective. Ils les ont privé de repas.

20h45 : on bouge devant l’entrée principale à leur demande. Les flics nous suivent. D’autres keufs de la paf et de la nationale sortent du CRA, ils s’équipent. Iels sont en tout une vingtaine.
On se rapproche des grillages, on reprend “liberté liberté”, ça dure quelques minutes puis les flics arrachent les banderoles et nous aspergent de spray de gel lacrymo poivre et piment. Iels nous chassent à coups de tonfa et d’insultes sur 400m.

https://rebellyon.info/Retour-du-rassemblement-devant-le-CRA-de-20577

Retour sur le rassemblement en soutien à la grève de la faim au CRA de Lyon Saint-Exupéry

Retour sur le rassemblement en soutien à la grève de la faim au CRA de Lyon Saint-Exupéry

Le dimanche 17 mars à 19h15, une soixantaine de personnes se sont rassemblées devant le Centre de Rétention Administrative (une prison pour les étranger.e.s en attente d’expulsion) de Lyon St Exupéry pour soutenir la grève de la faim entamée collectivement par des détenus depuis le 16 mars.

Ceux-ci se révoltent contre l’enfermement et les outils de répression qui lui sont associé. Dans leur communiqué ils déclarent n’avoir « aucun droit avec ni les policiers ni forum réfugiés [association mandatée pour gérer le CRA] on est comme des animaux ». En effet ils dénoncent les violences physiques et psychologiques exercées par la PAF (police aux frontières, en charge du maintien de l’ordre du centre de rétention) ; l’absence de soins de première nécessité tout en étant surmédicamentés (distributions abusives d’anxiolitiques comme le valium, le tercian…) ; la nourriture infecte et périmée …

Pour briser l’isolement et soutenir la mobilisation des détenus, leurs proches, des familles et des militant.es contre les CRA se sont rassemblé.es devant le centre de rétention. Il leur semble impératif de rendre visible et de dénoncer la violence qui structure ces lieux d’enfermement. Ils et elles manifestent contre la criminalisation, l’enfermement et la déportation des étranger.es organisées par les politiques migratoires de l’Etat français.

Les détenus et les soutiens ont pu communiquer à travers les murs du CRA. Le soutien avait des tambours, des darboukas, des casseroles et un mégaphone pour faire entendre leur solidarité. Des familles ont ainsi pu s’exprimer et faire passer des messages à leurs proches incarcérés. Le communiqué des grévistes a été lu, des slogans de soutiens ont été scandés. Les détenus ont répondu avec leur voix et en tambourinant contre les murs du centre de rétention. Face à ce soutien, la PAF a réprimé les détenus à coups de matraques et de gazage.

Le rassemblement s’est terminé vers 21h après que 4 camions de police aient débarqué pour mettre fin à la mobilisation. Avant de partir, les soutiens ont dénoncé la répression exercée par la police à l’intérieur du CRA.

publié sur Rebellyon

Un dimanche contre les centres de rétention

Récit écrit par quelques personnes venues le dimanche 3 mars devant la gare du Nord pour participer à la manifestation contre les centres de rétention.
A 14h nous sommes près d’une centaine de personnes rassemblées devant la gare du Nord. Neuf camions de flics nous attendent au niveau du boulevard Magenta et sept autres vers la rue du Faubourg-Saint-Denis, prêts à nous barrer la route vers Barbès et La Chapelle où nous voulions passer.
On décolle finalement vers 14h30 à 150 en direction de Magenta derrière une banderole disant “Solidarité avec les révolté.e.s dans les centres de rétention” et traduite en arabe. Alors qu’on a à peine fait 20 mètres un flic s’approche et nous annonce pour la forme : “votre manif n’est pas déclarée. Vous serez bloqué.e.s.”. On fait quelques dizaines de mètres supplémentaires puis on est nassé.e.s. Dans un premier temps la nasse est plutôt lâche, plein de gens y entrent et en sortent (certain.e.s pour aller differ au rassemblement à République en soutien aux révoltes actuelles en Algérie) tandis qu’environ 150 personnes restent et entonnent des slogans (“Pierres par pierres, murs par murs, nous détruirons les centres de rétention !”, “Liberté pour tou.te.s ! Avec ou sans papiers !”, “Ni police, ni charité, vive la lutte des sans-papiers !”, “Liberté, Houriya, Freedom”, etc…). Sur le parvis, en face de l’entrée principale de la gare, beaucoup de gens s’arrêtent, curieux. Certain.e.s leur donnent des tracts avec le texte d’appel en français et en arabe. Pendant au moins une heure, plusieurs slogans sont entonnés avec énergie.
Le temps passe et les gens se lassent, discutent mais ne gueulent plus. Après plus de deux heures les flics commencent à laisser les gens quitter la nasse de nouveau, mais par petits groupes et escortés jusqu’au métro. Une centaine de personne reste, exigeant de quitter la nasse tous.te.s ensemble, pour rester solidaires face aux éventuels contrôles d’identité. Les flics finissent par former une haie d’honneur entre la nasse et la bouche de métro. Tout le monde l’emprunte. Ils poussent les dernières personnes dans le couloir de la station puis, alors qu’un flic, seul, tente d’empêcher l’accès à la gare, plusieurs personnes le dépassent facilement suivies du reste du cortège qui s’élance à nouveau en reprenant les slogans. Ça résonne fort dans le grand hall de la gare ! On est une centaine à gueuler en avançant parmi la foule. Les flics, qui n’avaient pas prévu le coup, sont une petite dizaine à nous suivre sans nous bloquer. On décide de prendre le RER pour aller devant le CRA de Vincennes. Un rdv à 18h à la station Joinville-le-Pont avait circulé de bouche à oreille pour aller faire entendre notre solidarité avec les retenus par-delà les murs. Arrivé.e.s aux portiques on se les maintient ouverts pour que tout le monde passe.
On est encore une bonne soixantaine de personnes lorsqu’on arrive au RER de Joinville-le-Pont vers 17h45, soit un quart d’heure en avance sur l’horaire annoncé. Ne voyant pas de keufs sur notre chemin on décide de partir sans attendre en direction de l’arrière du CRA, d’où on est plus proches des retenus. Le cortège toujours bruyant prend la route banderole en tête, perturbant ainsi la circulation, et arrive sans encombre à proximité des bâtiments. Aucun flic à l’horizon. On fait le maximum de bruit en criant et en sifflant, certain.e.s en montant sur la butée alors que celleux resté.e.s sur la chaussée guettent l’arrivée des bleus. On marque une pause pour écouter s’il y a du répondant de l’autre côté des murs puis, entendant des cris, on recule vers l’A4 pour s’en rapprocher. Des bâches ont été posées sur les grilles intérieures pour empêcher les retenus de voir vers l’extérieur, sauf à certains endroits ! On a pu voir quelques personnes à travers une fenêtre qui n’avait pas été condamnée. Ils sautent à l’intérieur, nous sautons à l’extérieur. Il nous entendent et gueulent avec joie. Idem de notre côté. Après un quart d’heure d’échange, une dizaine de camions de flics arrive mais nous avons le temps de nous regrouper. Ils nous nassent pendant 10 minutes puis nous escortent jusqu’au quai du RER. On repasse devant un terrain de foot où des joueurs, nous ayant vu un peu plus tôt marcher en sens inverse, nous relancent en scandant “Liberté pour tou.te.s !”.
Contre l’enfermement, à bas les frontières !
N.B : Le même jour, un rassemblement contre les CRA  avait lieu à Toulouse.

Manif contre les centres de rétention le 3 mars!

Des luttes ont lieu dans les centres de rétention d’Ile de France!

Pour les soutenir manifestation le 3 mars rendez-vous à 14h à Gare du Nord !

Contre les rafles et les expulsions, contre l’enfermement et les frontières!

Depuis début janvier, un mouvement de révolte se développe dans les centres de rétention. Si les résistances individuelles n’ont jamais cessé, des liens et une organisation collective se tissent aujourd’hui parmi les retenu.e.s pour lutter contre leur enfermement, contre les déportations et contre les violence policières :

• grèves de la faim coordonnées entre les CRA du Mesnil-Amelot, de Vincennes, d’Oissel et de Plaisir
• tentatives collectives d’empêcher les déportations a Vincennes
• émeutes à Rennes.

Les CRA (centre de rétention administrative) sont des prisons pour étranger.e.s dans lesquelles l’État entasse les personnes sans-papiers pour pouvoir les déporter. Avec les centres d’accueil et autres dispositifs de contrôle, les CRA font partie de la machine à expulser que l’État a mis en place depuis des dizaines d’années pour ficher, trier, enfermer et expulser toujours plus.

Pour remplir ces CRA, l’État et ses agents organisent de nombreuses rafles aux guichets des préfectures, dans les transports, dans les gares et dans les campements. À Paris, elles ont lieu quotidiennement à la Chapelle, Stalingrad et Gare du Nord.

Des gens s’organisent à l’extérieur en solidarité avec les prisonnier.ère.s en lutte, relaient leurs communiqués et font des parloirs sauvages et des rassemblements de soutien.

Alors que la durée de détention en CRA a été augmentée à trois mois, il est important d’être toujours plus présent.e en solidarité avec les personnes enfermées, jusqu’à la disparition des centres de rétention et l’arrêt des rafles.

Contre les rafles et les expulsions !
Contre l’enfermement et les frontières !
Liberté pour tous.tes !

Manif le 3 mars, rendez vous à 14h à Gare du Nord !

Et d’ici au 3 mars :

Samedi 16 février – 12h : repas de soutien à la cantine des Pyrénées (77 rue de la Mare)
Jeudi 21 février – 18h : réunion d’information et de discussion (21ter rue Voltaire)

https://paris-luttes.info/manifestation-contre-les-centres-11635?lang=fr

Récit de l’extérieur de la manif contre le centre de rétention de Vincennes, en soutien aux copains en lutte a l’intérieur !

Solidaires contre les frontières : rassemblement en soutien aux retenu.e.s qui s’organisent pour empêcher les expulsions.

On relaye un récit de l’extérieur de la manif qui nous a été envoyé peu après le rassemblement.

Pour rappel :

https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/01/09/recits-de-la-manif-du-lundi-7-01-en-soutien-aux-grevistes-de-la-faim-a-vincennes-dedans-dehors/

Depuis le 3 janvier plus de 25 personnes retenu.e.s au CRA de Vincennes sont en lutte pour la libération de [“tout le monde, tout de suite”->https://paris-luttes.info/greve-de-la-faim-en-cours-au-cra]. En grève de la faim, ils occupent le couloir du bâtiment 2A afin d’empêcherles expulsions prévues le matin. En effet, illes se révoltent contre les violences répétées que subissent les personnes lors de leur expulsion : menottage, baillonage de leur bouche au scotch, entrave des pieds,utilisation de psychotropes et coups portés par les flics de la PAF.

Une soixantaine de personnes se sont donc rassemblées le lundi 7 janvier à 18h, au RER de Joinville-le-Pont pour aller exprimer leur solidaritéavec les retenu.e.s en lutte.
Une banderole est déployée : “Nous danserons sur les cendres de
retention ! ” Des slogans sont gueulés sur la route du centre, tandis que nous bloquons la voie : “Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons les centres de rétention ! Des papiers pour tou.te.s ou plus de papiers du tout ! De l’air, de l’air, brûlons les frontières !
Liberté pour tou.te.s avec ou sans papiers ! Huriya ! ”

Arrivé.e.s près du centre de rétention, nous percevons les cris des
retenu.e.s du bâtiment 2 qui résonnent en réponse. Alors que nous le longeons pour accéder jusqu’à l’entrée , une compagnie de CRS et quelques flics de la brigade cynophile nous attendent embusqués sur le talus. C’est alors que l’un deux se vautre magistralement dans les ronces.

Nous rebroussons chemin pour revenir là où les retenu.e.s avec qui nous sommes en lien nous entendent le mieux. Nous crions et bloquons la route. Au bout de quelques minutes les flics veulent nous faire regagner le trottoir. Dans la confusion, ils tentent une percée à coups de matraques et de gel lacrymogène. L’utilisation d’une torche aveuglante renforce le caractère chaotique de la scène et entraine une perte de repères. Une personne est blessée, arrêtée et conduite en garde à vue.
D’autres sont également frappé.e.s, au crâne notamment.

Le cortège est scindé en deux jusqu’a bonne distance du centre, puis se reforme.
Après quelques minutes de discussions, nous décidons d’aller débriefer pour préparer la suite, notamment la solidarité avec la personne arretée. Celle-ci est sortie après 24h de garde à vue et un déferrement au dépot avant d’être convoquée pour un procès le 24 juin.

Les retenu.e.s du CRA de Vincennes sont toujours en lutte. Et le
mouvement s’amplifie : d’autres enfermé.e.s au Mesnil-Amelot et à
Oissel-Rouen les ont rejoint->https://paris-luttes.info/communique-du-cra-2-de-mesnil-11454.
Soyons nombreux-ses à exprimer notre solidarité !

Jusqu’à danser sur les dernières cendres de retention et de prisons…

Récits de la manif du lundi 7/01 en soutien aux grévistes de la faim a Vincennes: Dedans/ Dehors

Depuis le 3 janvier, une grève de la faim collective a éclaté au batiment A2 du centre de rétention de Vincennes. Le soir même un communiqué sortait, pour appeler a la solidarité dehorOn a lancé ce blog pour relayer les paroles et les luttes de l’intérieur !
s et dedans ! (voir ici:https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/01/03/nouveau-communique-a-la-prison-pour-etrangers-de-vincennes/).

Le 7 janvier a 18h était organisé un rassemblement de solidarité depuis l’extérieur pour montrer aux grévistes qu’ils étaient pas tout seul ! Et rappeler a tous ces keufs que dehors aussi on est solidaire ! A l’intérieur au même moment dans le batiment A2 et B2 ca manifestait aussi !

On retranscrit ici des témoignages et des récits de la manifestation de dedans et de dehors.

 

S. Batiment B2. En grève de la faim depuis 6 jours suite à des violences policières.

 

J’ai entendu tout le monde crier mais la porte de ma cellule était bloquée. Alors je me suis mis a tapé dessus.
Quand les flics l’ont ouverte, la porte qui est blindée a cognée ma tête. Vu qu’ils m’avaient taper la tête la semaine dernière quand ils m’ont tabassé, j’ai eu peur que ce soit grave.
Eux ils me disaient ” y a pas de sang, c’est rien!”. Alors que pas besoin d’être médecin pour savoir que quand c’est une hémoragie interne y a pas de sang visible..
Alors j’ai taper a la porte encore et encore en demandant a aller a l’infirmerie.
Au bout d’un moment ils sont revenu et m’ont ramené devant l’infirmerie. Pendant 2h… RIEN ! Du coup je me remets a taper sur des portes et a faire du bruit.
Et là.. vie de ma mère, y a 5 flics qui me prennent et me mettent dans la cellule d’isolement.
La c’est comme d’hab, ils te provoquent… te cherchent..et se mettent a t’humilier.
Non mais vie de ma mère j’avais jamais ressenti ça comme humiliation ! Tu sais c’et la 3 fois qu’ils m’agressent commme ça ici. Et là ils m’ont tapé a plusieurs. J’ai la tête toute gonflée.. j’ai mal partout. Après ils m’ont ramené dans le batiment et j’ai toujours pas vu l’infirmière.

Par contre y avait beaucoup de bruit dans le batiment. Tout le monde était très content
S. le 07 au soir après la manif.

Pour mieux comprendre : ce copain était en grève de la faim depuis quelques jours, avec quelques autres ils avaient exiger devoir l’IGPN (“la police des polices”) por enregistrer leurs plaintes pour les violences policières subies au CRA et de pouvoir aller a l’hôpital pour se faire soigner.
Le jours de la manifestation il avait pu aller a l’hôpital, deux jours avant se plaindre a l’IGPN..
Le mardi 8 a 8h du matin, 6 flics sont venu le prendre pour le déporter de force.

Nous aussi on a fait du bruit ici. On a manifesté ici ! Y a eu beaucoup de monde qui ont refusé de manger.

Hier soir y avait un gars très malade qui a du aller a l’hôpital.

Hiers ils ont renvoyés deux gars, des européens de j’sais pas d’où.

Hé les gars… Faut s’occuper des ambassades aussi ! C’est eux qui font les laisser passer ! Y a pas que l’état français contre nous.

S. le 08 au matin du batiment A2.

 

De l’extérieur un message qui tournait après la manif:

“Des nouvelles de la manifestation d’hier: un cortège d’une soixantaine de personnes est allé crier sa solidarité avec les grévistes de la faim du CRA2. Des slogans apelant à la liberté de tou.te.s gueulé.e.s de l’intérieur et de l’extérieur en même temps !

Ca a pas mal bougé a l’intérieur et le 8 janvier le nombre de gréviste de la faim a encore augmenté !

A l’extérieur la solidarité une interpellation a eu lieu quand on repartait. On tient au courant pour organiser la solidarité pour le copain !

A l’intérieur, au moins un copain tabassé par les flics pendant que les prisonniers manifestaient. Ce copain a été déporté ce matin, 8 janvier a 8h.

Rendez vous a 18h, jeudi 10 janvier a l’Echarde, 19 rue garibaldi métro robespierre sur la ligne 9 à Montreuil ! Pour organiser tou.te.s ensemble la solidarité !