Des révoltes de prisonniers éclatent dans plusieurs CRA ! (suivi)

Depuis le début de l’urgence sanitaire les personnes enfermées demandent à être libérées face à la fermeture des frontières, mais l’État poursuit sa politique d’enfermement. Aucune mesure sanitaire n’est prise pour empêcher la propagation du virus à l’intérieur du centre.
Alors que les flics de la PAF (les matons des cra) rentrent et sortent des prisons pour sans-papiers au risque d’y ramener le virus, les prisonniers restent enfermés. Au CRA de Vincennes, déjà 3 cas de personnes contaminées dans le centre ont été officiellement déclarés.
Depuis presqu’un mois les prisonniers de différents centre de rétention exige qu’on leurs fournissent du matériel pour se protéger de la pandémie. Quand des masques (comme à Vincennes) ou du gel (comme à Oissel) est fourni, c’est qu’il y a déjà des prisonniers malades.
lire aussi : Enfermer, enfermer toujours… la situation dans les CRA au 10 avril
Depuis samedi, plusieurs révoltent ont lieu dans au moins trois centre de rétention: Mesnil-Amelot, Vincennes et Oissel. Samedi 11 au matin, après avoir passé 2 jours en cellule d’isolement,  un prisonnier du cra du Mesnil-Amelot est libéré discrètement par les keufs de la PAF alors qu’il présente les symptomes du coronavirus. 
 
A la prison pour sans-papiers de Vincennes, Un nouveau prisonnier a été déclaré positif au coronavirus, et les infirmières commencent à dire a des prisonniers “qu’ils sont tous contaminé”. une cellule est brulé et les prisonnniers sont sortit dans la promenade pendant que les keufs font une fouille du batiment.
 
Au Mesnil Amelot après une assemblée en fin d’après midi, les prisonniers décident de bloquer la promenade pour exiger leur liberté. Le soir des gradés des keufs et la direction du CRA tentent de les convaincre de rentrer dans leurs batiments sans rien obtenir. 
Les prisonniers décident alors de passer la nuit dehors tous ensemble pour continuer à protester. Les keufs leurs retirent alors leurs matelas pour les empêcher de se reposer. Le lendemain matin, le dimanche 12, la majorité des prisonniers décident de sauter la barrière les séparant du batiment où sont enfermées les prisonnières. La prison du Mesnil est collée à une caserne de CRS, qui sont appelés en renfort en plus des keufs en tenue anti-émeute déjà présents. Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des batiments. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules a l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transferer dans d’autres prisons pour étranger.e.s (5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel).
Ils ont appelés en renfort en plus des keufs en tenue anti-émeute déjà présents.
Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des batiments. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules a l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transferer dans d’autres prisons pour étranger.e.s (5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel).
 
Le dimanche 12 au soir, des prisonniers de Vincennes du batiment 2A se révoltent. Ca fait plusieurs jours que des prisonniers sont officiellement malades du coronavirus. Un prisonnier est gravement malade et les keufs (comme c’est souvent le cas) refusent d’appeler les secours. Les retenus bloquent la promenade en exigeant une prise en charge rapide du prisonnier malade. Ce sera le cas après plusieurs heures de tensions.
 
Le même soir (le 12) les prisonniers du centre de rétention de Oissel se mettent en grève de la faim pour exiger leurs libérations immédiate. Les trois prisonniers transférés du Mesnil-Amelot, rejoignent la lutte dès leurs arrivées. Pour le moment les prisonniers n’ont obtenu aucune réponse de la part de l’administration.
 

  • Nuit de révolte au CRA de Mesnil-Amelot 
  • Des transferts au CRA de Lesquin (près de Lille)
  • Révoltes aussi au CRA de Vincennes
  • Prisonniers en  de la faim à Oissel (près de Rouen)

 
  • Nuit de révolte au CRA de Mesnil-Amelot 
Le 11 avril, à 20h les prisonniers du CRA 2 du Mesnil-Amelot occupent la cour du bâtiment et bloquent la promenade aux cris de “liberté !”. Suite à une nuit de révolte et une journée de répression le lendemain, certains retenus ont été transféré dans d’autres CRA.
Suivi de la révolte des prisonniers du CRA de Mesnil-Amelot. Une revendication : la libération de tou.te.s !
Avant la nuit et suite à l’échange avec le chef de police, puis avec le directeur du CRA, les retenus se sont installés pour dormir dehors, mais les flics ont pris leurs matelas pour les empêcher de se reposer. Ils ont continué a bloquer quand même. Le matin, ils ont sauté la grille pour rejoindre le bâtiment des femmes et familles. Ils ont continué à tenir ensemble alors les policiers ont chargé vers 11h avec un dispositif policier énorme (ils parlaient de 100 flics). Ils les ont rassemblé dans un coin, forcé à se mettre par terre et confisqué des téléphones. Ils ont menotté et emmenés, 8 prisonniers « identifiés comme leader sur les cameras ». Les autres prisonniers ont été réenfermés dans les chambres.

 

 

  • Des transfert au CRA de Lesquin (près de Lille)
 
 
Hier 8 prisonniers du Mesnil-Amelot ont été transféré dans d’autres CRA suite à la révolte (visiblement pas de GAV). Au CRA de Lesquin (près de Lille) ils sont 5 et isolés du reste du centre : les flics ont rouvert un batiment qui était fermé juste pour les y enfermer. Les 3 autres auraient été transférés  au CRA de Oissel (près de Rouen) ou les prisonniers sont en greve de la faim depuis hier soir. En plus de la violence qu’ils ont subit, la répression c’est aussi l’isolement loin des autres et loin des proches dans un batiment ou les cabines sont HS.  Un des prisonniers raconte la pression des flics pour les faire craquer pendant le transfert :

 

“On s’est fait maltraités, tapés, on nous a mis les menottes super serrées. On est arrivés ici au CRA de Lille à 16h environ. Pendant tous les trajet les flics nous ont menacés de poursuites, ils disaient “vous allez le payer cher”, le directeur aussi nous disait ça au Mesnil, uniquement parce qu’on s’est exprimé et qu’on a dit les choses clairement.

C’est de la maltraitance j’ai jamais vu ça de ma vie, on s’est fait gazer, matraquer, on a été mis par terre avec 40 condés qui nous encerclaient, nous mettaient la pression à mort, puis ils nous ont passé les menottes super serré. Sur le trajet c’était du foutage de gueule, ils essayaient de nous faire péter les plombs, mais nous on est pas rentrés dans leur jeu, pas un insulte ni rien. Ce qui les dérange c’est qu’on s’exprime bien, on a dit les choses clairement, on a dit ce qu’on voulait, et ça les dérange, on est devenus des cibles à abattre. On reste debout même si on s’est fait menacé de ouf. S’ils avaient pu ils nous auraient mis une balle. 

J’ai vécu un truc de fou, on a été traité comme des mecs en cavale. Ca a été dur. Là on est 4 au CRA de Lille, ils ont réouvert le bâtiment juste pour nous, il y a juste une personne âgée dans un autre bâtiment.”

 
 
  • Révoltes aussi au CRA de Vincennes 

Au centre de rétention de Vincennes, jeudi 9 avril, un premier prisonnier, présent depuis plus d’un mois au CRA, a été diagnostiqué malade du coronavirus. Les autres prisonniers sont bien conscients du risque que l’Etat les fait encourir. Alors que des nouveaux cas se confirment au sein de la prison, des masques ont enfin été distribués aux prisonniers, alors qu’ils en réclamaient depuis longtemps. Trop tard selon les prisonniers… Pour continuer à protester contre cette situation, pour refuser d’etre divisés en groupe et exiger leur libération, il y a eu une grosse mobilisation au 2A et au 2B.

 “On a pas le choix, on fait tout ensemble, on mange tous en même temps, il n’y a pas 1 mètre entre nous, on fait comme d’habitude, on est 2 par chambre, on se douche dans la même douche…

Une fois qu’ils étaient sûrs que le Corona était ici. Avant, on leur avait demandé mais ils ne nous ont rien donné. Et pourtant ça devrait être la sécurité avant tout.

On est en guerre ici. On est pas en sécurité. On ne sait rien. Ca va mal finir ici, on va tomber un par un. Le commandant a dit c’est pas toi qui décide. On parle avec ASSFAM mais pour l’instant rien ne change.

Si vous voulez communiquer à l’exterieur, appelez BFMTV ! Ecrivez sur le twitter de Macron”

 

Le 11 avril une nouvelle personne a été confirmée positive au CRA, un prisonnier qui était dans la même chambre que celui qui est tombé malade, une chambre dans laquelle ils étaient 3. iL y a eu deux libérations au JLD. Deux prisonniers sont testés positif au coronavirus au CRA2A. Les autres prisonniers sont inquiet et les infirmieres leurs annoncent qu’ils sont “tous contaminés”.

“Ca fait longtemps qu’on a signalé que la maladie était présente”. Les prisonniers demandent à ce que tous puissent faire des tests, savoir qui est contaminé. Il n’y a pas de savon, pas de gel, pas de shampooing, rien ! “

 

Le 12 avril au matin, un départ de feu a eu lieu dans l’un des bâtiments de la prison, les flics ont mis un prisonnier en cellule d’isolement. Pendant ce temps là tous les autres étaient regroupé par les keufs de la PAF (les matons des cra) dans la promenade, le temps d’une fouille du batiment. Un prisonnier raconte comment ça se passe

“Jte dis ca va, mais je dis ça par habitude. Ici c’est vraiment la merde. On en a marre de recevoir des appels de journaliste ou d’autres personnes. Après il se passe quoi ? Rien ? Je dis pas que c’est pas gentil d’appeler et de prendre des nouvelles mais bon… Y a pas d’article sur ce qui se passe à Vincennes !

Moi je sors de l’isolement là. Ils ont fouillé toutes les cellules mais ils ont pas trouvé ce qu’ils cherchaient.

L’infirmiere elle me dit: “Tu parles français ? Je lui dis “Non je parle pas français je suis un ane! Ecrivez-le moi.” Elle l’a écrit noir sur blanc: “Vous l’avez tous le coronavirus”. Elle me l’a dit: “Vous l’avez tous le coronavirus, au centre de Vincennes vous l’avez tous attrapé”. Basta.

Je lui ai dit “Mais maintenant vous attendez quoi pour nous faire des tests ?” Elle a dit “On attend que vous ayez des symptomes”. Maintenant la suite je ne sais pas. Seul dieu le sait. Ils vont nous laisser crever dans ce centre, c’est ça la suite. Ils vont attendre un par un qu’on tombe et qu’on ait la fièvre et là quand ce sera grave ils nous emmèneront à l’hôpital.

Moi je vous ai dit y a un deuxieme gars positif ils l’ont emmené tout là l’heure. Tout de façon on est tous positif. Le gars qui était positif, ils l’ont testé samedi et ils sont venu le chercher ce matin dans la chambre. Ca veut dire qu’on est resté encore une journée de plus avec lui.

Ils nous ont distribué des masques.Mais les masques on s’en sert pas, on les prend on les jettes. Parce qu’il fallait nous les donner avant. Ca sert à quoi maintenant? Maintenant qu’on est tous contaminé. Ca fait plus d’un mois qu’on est enfermé ici et qu’ils ne font rien. Maintenant qu’y a les premiers cas, ils nous donnent des masques? Ici y a même pas de savon, alors à quoi ça sert les masques ?

Franchement je prefere retourner en prison, j’étais mieux là bas.

Les frontières vont pas rouvrir avant septembre, ils le disent à la télé sur BFM, CNEWS et les autres chaines. Alors pourquoi ils nous gardent enfermé ici, hein ? Ils savent très bien qu’ils vont pas avoir le temps de nous renvoyer chez nous. Moi je serai content de rentrer chez moi, mais maintenant. Je veux pas pourrir encore dans le centre.

Maintenant il faut faire des vrais truc depuis dehors, faut que ça bouge !!

Je vous souhaite un bon apres midi quand meme..”

 

Dans la même journée, un autre cas a été confirmé dimanche soir : le prisonnier était épuisé et n’arrivait plus à respirer. Les prisonniers ont affronté les flics pour exiger qu’il soit emmené à l’hôpital, mais fidèles à leurs sale boulot raciste ils ont refusé d’appeler une ambulance et ont dit qu’il serait testé mardi. 

Transcription résumée des témoignages relayé par leparia.fr :

Ce soir à l’instant les sans-papiers enfermés au centre de rétention de Vincennes nous informent de la présence d’un quatrième cas de Covid-19. Les retenus affrontent actuellement le police pour exiger l’hospitalisation en urgence de leur compagnon. Ce dernier est épuisé ne peut plus respirer correctement. La police refuse d’appeler une ambulance, osant leur dire qu’il sera testé mardi. Il n’a vu aucun médecin et souffre. Ils exigent, soit d’être expulsés, soit d’être libérés, mais refusent catégoriquement d’être contaminés les uns après les autres enfermés dans cette prison loin de leurs proches.

22h50, le 12 avril.

« ça va pas du tout . Ça va gazer là. Macron c’est criminel ce qu’il est en train de faire. Demain, On sait pas c’est qui y va mourir. Chaque jour un nouveau cas, on est tous contaminés. On est en panique. La police elle s’en bat les couilles de notre vie. Y a un cas, et ils veulent pas comprendre. S’il vous plait aidez-nous. C’est des criminels.(…)  Là y a un mec il est tombé, il arrive même pas a marcher. Il a pleuré. Il est malade. Quand il mange il a pas de goût : c’est le corona, c’est comme ça ! S’il vous plait, je demande de l’aide. (…) On demande juste l’aide, juste de l’aide. Même envoyez nous chez nous aujourd’hui au bled, Juste nous laissez pas ici. Vous voulez qu’on parte chez nous, on part chez nous, Mais on veut pas mourir là. (…) On a des familles au bled, des proches, envie de les voir. Faites n’importe quel truc pour nous sauver. Même si on sort pas d’ici, même s’ils voulaient nous envoyer , qu’ils nous envoient : ils nous laissent pas comme ça (…) » 

« Ici les gens ça va pas, ici les gens sont paranos, ils ont peur. Vous voyez c’est le quatrième cas. Chaque jour. La ça fait 5 jours : 4 nouveaux cas. Les gens ça va pas du tout ici, vous voyez ou pas ? Les gens ils sont paranos, y a des gens ils veulent pas mourir, ils voulaient partir aujourd’hui au bled. On veut plus mourir nous. On est encore jeunes pourquoi on nous gache la vie. Ils ont pas le droit ! Ils ont pas le droit !! (…)  Y a des gens ils sont avec nous, ils sont malades. (…) ils ont plus de goût quand ils mangent. De là ça va faire : 5éme cas, 6ème cas…Jusqu’à y aura plus personne. C’est ça ce qu’ils veulent (…)» 

Aux alentours de minuit, les retenus ont obtenu que le prisonnier soit enmené par une ambulance mais la lutte pour la libération continue :

« La personne vient d’être évacuée à l’hôpital (…) On a pas gagné encore il faut qu’on sorte tous de là  parce qu’on sait pas si on est positifs ou négatifs.

Ouais hier ça a bougé un peu. En fait le soir on a vu qu’y avait un troisième cas de coronavirus donc on a décidé de faire un peu de bruit. On est resté dans la promenade jusqu’à ce qu’y ait une ambulance. Y avait beaucoup de police mais ils ont pas été violent. Si on avait rien fait, il se serait rien passé c’est sur. Il serait toujours là le gars. Là on attend de voir qui sera le prochain malade..”

 

Aujourd’hui une nouvelle personne a de grave symptomes respiratoire et est toujours enfermée ! Le prisonnier qui avait été mis à l’isolement après le départ de feu dans une cellule a été mis en garde à vue ce matin !

 

  • Prisonniers en  de la faim à Oissel (près de Rouen)
Depuis le dimanche 12 au soir, tous les prisonniers du centre de rétention de Oissel sont en grève de la faim: Ils exigent leurs libération immédiate. On relaye ici le témoignage d’un prisonnier qui a été transféré suite à la répression au CRA du Mesnil-Amelot, et d’un autre prisonnier qui raconte pourquoi ils se sont mis en grève de la faim. 
 
Retranscription Oissel grève de la faim 13.04.20 :
    
 “D’accord bon on est arrivé hier ici seulement. Nous on était a Mesnil Amelot que vous connaissez bien. Ici pour le moment moi je connais pas grand chose, faut que j’appelle quelqu’un qui vous fasse le compte rendu à partir d’ici. Bon seulement nous on est venu on les a trouvé en grève de faim, beh nous aussi on continue avec eux.
Sinon nous a  Mesnil Amelot on avait commencé ça, c’est pour ça qu’on nous a transféré ici.
 
Ca va le transfert a pas été trop violent ?
 
Oui ça été très très violent. Parce que nous on a réclamé notre droit à Mesnil-Amelot et ils ont refusé.  Nous on a fait la même histoire à mesnil amelot. Ils ont refusé. Parce que là bas les toilettes et les douches étaient bouché complètement bouché. On a pas de gel ou quoi.
C’est ici en arrivant que j’ai eu le gel. Parce qu’à MEsnil-amelot on avait pas ça.On avait réclamé plusieurs fois et ils ont refusé. Déjà à Mesnil-Amelot y avait plus de cinquante personne ce qui est pas normal en ce moment avec tous ça.
Si tout le monde s’est révolté là bas c’est à cause d’un un SDF qui est rentré, il a fait une semaine et il est partit. Il avait la fièvre de 39 degré. Directement ils ont décreté quelque chose, je sais pas quoi mais ils l’ont fait sortir directement.
Ca ca a révolté le coeur de tout le monde. On a décidé maintenant de faire la grève de la faim. On a grevé deux jours. On était dehors, personne rentrait dans la cellule. Tout le monde était dehors dans la cours. Dans la nuit le directeur est venu parler avec nous pour trouver une solution. Le lendemain ils ont appelé trois patrouilles de CRS qui sont venu nous encerclé ils ont bastonné les gens, et puis moi je fais partie des portes paroles avec d’autres personnes au nombre de 7. Ils nous ont mis les menottes, puis on nous a mis à l’isolement. Et vers 14h30 les escortes sont venues mettre les masques sur la bouche de certaines personnes. Ils ont mis les codes. Ils nous on attaché comme des chiens pour nous faire rentrer dans la voiture.
Nous on est arrivé ici et les autres ils sont resté enfermé là bas”.
 
Ouai et on a eu des nouvelles des gars enfermé à Lille aussi..
 
“Je te passe un autre prisonnier qui est là depuis plus longtemps.”

“Ca va pas.. On a fait la grève de faim parce que ça va pas. 
 
Toi t’es prisonnier à Oissel, vous êtes en grève de la faim depuis quand?
 
Ouais à Oissel ouai. Depuis hier, pour qu’ils nous libèrent tous. On est tous en grève de la faim. On est 13 personnes.. non 16 personnes.
 
Avec les arrivées de Mesnil ca fait 16 c’est ça ?
 
Ouais
 
Les flics ont réagit comment?
 
Ils ont dit “Vous mangez pas”. Mais ils ont rien dit, ils ont rien compris. Ils ont pas été violent. Pour l’instant on a pas de chef, on nous a pas parlé. Ce matin ils ont ouvert le patio comme par hasard. Ils ont dit celui qui veut sortir au patio il peut. Bah au  bout de 10minutes ils ont fermées. 
 
Le patio c’est la promenade? Celle qui est fermée d’habitude?
 
Ouai c’est la grande promenade. Ils l’ont ouvert aujourd’hui ouai.
 
Je me demandais à Oissel, y a plusieurs personnes qui étaient malade. Ca va mieux?
 
Ouai ca va mieux.. Mais on va continuer la grève de faim jusqu’au bout ils ont dit.”
 

Ne laissons pas seuls les prisonniers en lutte, relayons leur parole et soutenons les de toutes les manières possibles ! 
 
Ce soir et tous les jours à venir à 20h :
 
Crions à nos fenetres pour la libération de tou.te.s les prisonniers-ères sans-papiers ! Accrochons des banderoles ou écrivons partout que les CRA doivent être fermés maintenant !
 
 
Et continuons à saturer de mails les préfectures en ces temps de confinement !
 

Appel des prisonniers du Mesnil-Amelot en lutte aux associations de soutiens aux sans papiers !

Il y a plus de 15 jours le gouvernement à annoncé le confinement et l’état de “pandémie”. Dans le même temps la majorité des frontières étaient fermées.
Depuis le 16 mars les parloirs sont suspendu dans les prisons et les centres de rétentions. Le même jours le contrôleur général des lieux de privation et de liberté (CGLPL) exigaient la fermeture des CRA.
Le soir même les prisonnier.e.s de l’ensemble du CRA étaient en grève de la faim et exigaient leurs libération immédiate.
Les jours suivant les juges (JLD -juges des libertés et détention et TA -Tribunal Administratif) ont libéré beaucoup de prisonniers et prisonnières de ce centre. Souvent contre l’avis de la préfecture qui a essayé d’expulser jusqu’au dernier moment.

Des prisonniers se sont exprimés dans l’émission de l’Actu des luttes du 23 mars pour raconter les conditions d’enfermement là-bas.

Depuis ce sont majoritairement des personnes sortants de prisons et étrangers qui sont amenés au Mesnil-Amelot.

Rien est fait pour protéger les retenus face aux risques liés aux coronavirus qui devraient libéré le plus rapidement possible. Depuis hier matin tous les prisonniers du batiment 9 et 10 et quelques prisonniers du batiment 11 sont en grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate. Ils ont écrit un communiqué, à relayer un maximum, que vous pouvez trouver ici.

Aujourd’hui, mardi 31 mars, les prisonniers demandent aux associations:  de relayer un maximum leur communiqué, de contacter la préfecture pour exiger la fermeture du centre,  de contacter des journalistes pour que les prisonniers soient entendu dehors.

Je vous écris au nom de tous les détenus du CRA2 du Mesnil-Amelot. On demande à la CIMADE ainsi qu’à toutes les associations de soutiens aux sans-papiers de nous défendre, de faire une demande auprès de la préfecture de la fermeture du CRA. On demande a l’ADE, l’association de défense des étrangers de nous défendre parce qu’on est jugé sans avocat, sans voir le juge. En fait on est jugé sans notre présence ou notre dossier.

A toutes ces associations: s’il vous plait, aidez nous. On a peur de la suite.

Le numéro de la cabine de Mesnil-Amelot pour joindre directement les prisonniers en grève de la faim : 01.60.54.16.56

Révoltes et luttes pour la liberté dans les CRA – Actualisé au 29 mars

N'importe qui peut discuter avec les prisonnier-es en CRA en appelant les cabines.

En ce moment encore plus que d'habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l'avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées : Soutenir les retenu.e.s – Numéros et adresses des CRA

MISE A JOUR 29 MARS/

Le 16 mars le gouvernement annonce le début de la période de confinement pour au moins 15 jours (prolongé depuis de 15 jours supplémentaires), et dans la foulée la suspension des parloirs pour les prisons et pour les centres de rétentions. La majorité des frontières sont fermées empêchant les expulsions des étranger.e.s enfermé.e.s dans les centres de rétention.
 
Avant l’annonce de la pandémie par le gouvernement, les personnes enfermées en CRA connaissaient déjà des gros problèmes d’accès aux soins: rupture de traitement à leurs arrivées, distribution massive de médicament de type calmant, anxyolitique sans ordonnance et sans prescription, présence très rare des médecins de garde, infirmerie sous équipée pour soigner. De plus, lorsque les prisonniers essaient d’appeler les pompiers, régulièrement les flics de la PAF(*Police aux frontières) les bloquent à l’entrée du centre, s’en foutant complètement de l’état des gens enfermés. Le recours systématique aux anxyolitiques et aux somnifères pour mater les rétenus et pouvoir mieux les maitriser a amené en novembre dernier à la mort par overdose d’un prisonnier à Vincennes, Mohammed.
 
En plus de ces problèmes d’accès aux soins, les prisons pour sans papiers étaient déjà confrontées avant la pandémie, a des problèmes d’hygiènes importants (douches et toilettes collectives peu ou pas lavées, problème pour faire nettoyer son linge, parfois des problèmes de gale).
Lors des mouvements de luttes qui ont eu lieu cette année dans beaucoup de centres de rétention les prisonniers et prisonnières ont quasiment toujours exigé l’accès à une nourriture correcte, végétarienne ou halal (c’était encore le cas à Oissel lors d’une grève de la faim commencée le 22 janvier par l’ensemble des prisonniers de la section homme, mouvement de luttes de plusieurs semaines).
 
Dans les jours qui ont suivi les fermetures des frontières, les préfectures ont fait le choix de continuer d’enfermer les prisonnier.e.s. Les problèmes sanitaires se sont amplifiés, l’accès aux soins s’est encore dégradé (si c’était possible), il n’y a plus d’approvisionnement en nouvelle nourriture dans certains centres: les repas sont régulièrement froids et périmés de plusieurs jours. L’Ofii (Office français de l’immigration et de l’intégration) n’est plus présent dans certaines prisons ou alors pendant des horaires beaucoup plus restreints. Et c’est le même Ofii qui gère les cantines (c’est à dire là où les prisonniers peuvent acheter des gâteaux, des cigarettes ou du crédit pour les téléphones) en centre de rétention.
 
Les associations humanitaires qui sont censés faire du soutien juridiques dans ces prisons ne sont plus présentes physiquement. Pour la majorité elles ont mis à disposition des permanences juridiques par téléphone. De la même manière les jugements (au juge des libertés et détention JLD, ou au tribunal administratif) se font en visioconférence, souvent sans avocat.e.
 
A tout ce qui vient d’être énuméré se rajoute le manque d’information encore plus violent à l’intérieur des prisons qu’à l’extérieur.
 
Les prisonniers et prisonnières de différents centre de rétentions se sont révolté.e.s (grève de la faim collective, blocage, incendie de cellules…) pour exiger leurs libération immédiate à partir du 15 mars à Lille-Lesquin, Mesnil-Amelot (CRA2 & CRA3), Vincennes (CRA1), Lyon et Metz au moins. (voir plus bas dans l’article)
 
Plusieurs associations ont porté un référé devant le Conseil d’Etat, dénonçant la gestion de la crise sanitaire dans les cra et demandant leur fermeture temporaire. Sans pour autant parler des conditions de vie en général en CRA avant la pandémie. Ce reféré a été rejeté le 27 mars par le conseil d’Etat , estimant que « les conditions de fonctionnement des CRA dans ces circonstances particulières ne sauraient caractériser une carence dans l’accès aux soins ou à la mise à disposition de produits d’hygiène dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Pourtant dans certains CRA les prisonniers sont clairement malades, comme au CRA de Oissel ou les retenus ont des symptômes du Covid-19.
 
Si dans la majorité des CRA il y a eu beaucoup de libérations, cependant il continue à y avoir des arrivées et principalement de sortants de prisons. Cette stratégie de la préfecture de réprimer particulièrement celles et ceux qui sortent de prison n’est pas nouvelle. Elle semble par
contre s’amplifier ces derniers jours.
 
A Mesnil-Amelot (77) et à Vincennes (94), après les quelques libérations au JLD de la semaine dernière, les expulsions continuent et des personnes sont enfermées depuis plusieurs semaines, et donc avant l’annonce de la pandémie. Les retenu.e.s dans les centres sont moins nombreux.ses, quand il ou elle ne sont pas carrément seul.e comme pour une prisonnière dans la section femme de Oissel, ou des prisonniers seuls comme ça devient fréquent à Bordeaux et à Metz, le rapport de force est donc plus favorable à la police qui continue de réprimer.
 
Des centres de rétentions semblent avoir bel et bien fermé: Strasbourg (67), Nice (06), Nîmes (30), Sète, Hendaye (64), Palaiseau (91), Plaisir (78). Nous utilisons le conditionnel parce que les CRA de Lyon et Bordeaux avaient été annoncé comme fermés avant que des prisonniers étrangers sortant de prisons y soient emmenés (avec en plus un transferts des derniers prisonniers d’Hendaye au cra de Bordeaux). Les préfectures ont communiqué sur les centres qui se vident pour mieux cacher qu’il restent des personnes enfermées dans ces prisons.
 
Samedi 21 mars, quasiment tout le CRA1 a décidé de se remettre en grève de la faim avec toujours les mêmes exigences : libérations, amélioration de la bouffe (la nourriture était périmée, les fournisseurs ne ramènent plus de nourriture dans le centre depuis plusieurs jours) et des soins.
Le lendemain ils étaient suivi par une trentaine de prisonniers du CRA2B, en grève de la faim aussi. La PAF (police aux frontières) a immédiatement commencé à leur mettre la pression. Quelques jours plus tard, une nouvelle grève de la faim recommençait au 2B face au silence de la préfecture. 
 
 
A Oissel des prisonniers qui présentent les symptômes du coronavirus sont peu ou pas soigné. Ils continuent d’être enfermé dans un batiment. Ils ont sorti un communiqué le 25 mars pour exiger la libération immédiate des prisonniers pas encore atteint par les symptômes du coronavirus et un vrai traitement médical pour les autres.
 
Au Mesnil-Amelot tous les prisonniers restant ont été regroupé dans deux batiments du CRA2. Les derniers prisonniers de Plaisir et de Palaiseau y ont été transféré. La décision de regrouper les prisonniers ensemble augmente les risques de transmission du coronavirus parmi les retenus et permet uniquement de réduire le nombre de policier de la PAF sur le terrain.
 
En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées.
 


MISE A JOUR 22 MARS/

en audio ici

Alors que d’un coté certain·e·s retenu·e·s sont peu à peu libéré·e·s, les préfectures ne sont pas pour autant dans une politique de fermeture des CRA face aux risques de l’épidémie en cours.

Si certains CRA libèrent assez rapidement sur ordonnance du JLD ou décision de la pref, dans d’autres centres, JLD et préfectures restent opposés aux mises en liberté (comme à Rennes, Coquelles ou Perpignan), et de nombreuses personnes sont encore enfermées sans savoir si elles seront ou non libérées dans les prochains jours… A Coquelles, CRA particulièrement sur peuplé au moment du début de l’épidémie, les demandes mise en liberté déposées par FTDA ont été examinées par le JLD de Boulogne-sur-Mer. Les retenus du centre ont été progressivement libérés les 19, 20 et 21 mars. A présent il ne reste plus que deux personnes au centre, lesquelles doivent passer au JLD aujourd’hui, 22 mars, selon l’administration.”

Ailleurs, beaucoup de CRA sont utilisés pour ré-enfermer les personnes qui sortent de taule. C’est le cas notamment du CRA de Bordeaux qui a été annoncé vide mais que la préfecture à ré-ouvert dans les heures suivantes pour y transférer d’ancien·e·s détenu·e·s.
Au CRA de Metz la situation est similaire. A la prison pour étranger.e.s de Marseille, la rumeur de la fermeture du centre de rétention a tourné toute la semaine : c’était pour samedi, puis pour lundi… Les dernières infos semblent plutôt dire le contraire : il ne va pas fermer et des personnes continuent à y être enfermées. Si la plupart des prisonniers ont été libérés, certains y sont encore enfermés aujourd’hui. Ces derniers jours, de nouveaux prisonniers sont arrivés, tous sortants des différentes prisons de la région : Luynes, à Aix, ou la Farlède à Toulon, par exemple.
Les deux derniers retenus du CRA de Coquelles y ont également été transférés à l’issue de leur peine de prison.

Les aller-retours CRA-prison-CRA étaient déjà bien connus mais aujourd’hui cela parait quasi systématique pour les personnes qui sortent de taule. Si certaines y reste quelques jours avant de sortir libres, d’autres, pas forcément suite à de plus longues peines, y restent prisonnières ou bien sortent avec des assignations à résidences strictes (pointage quotidien). En effet le gouvernement a modifié par décret le premier décret du 16 mars qui réglementait les permissions de sortir de chez soi, réaffirmant que les personnes assignées à résidence devaient continuer de pointer même pendant cette période de confinement.

En finir avec la bouffe et l’hygiène dégueulasses ainsi que le mépris des médecins et les refus de soins sont des revendications constamment portées par les retenu·e·s en lutte, bien avant la crise du Covid-19. Actuellement, la situation empire d’avantage et les retenu·e·s dénoncent les conditions sanitaires alors que dans certains CRA le nettoyage n’est plus fait et la qualité des repas reste toujours épouvantable (dans certains CRA, la nourriture chaude n’était plus autorisée mais seulement des repas froids servis par les flics). L’absence de l’OFFI rend impossible l’achat de cartes sim, de cigarettes, etc. L’arrêt des visites prive également les retenu·e·s des soutiens affectif et matériel de leurs proches. Les prisonnièr·e·s qui restent enfermé·e·s sont encore plus isolé·e·s par la situation actuelle : « On n’est plus nombreux du tout, donc avec les keufs c’est encore pire. »

Les prisonnièr·e·s se révoltent aussi face à la situation toujours plus exécrable des soins dûe à l’absence des médecins. En effet, dans certains CRA les médecins ne se déplacent plus et l’équipe médicale est réduite à une pharmacie qui distribue quelques médicament, voire est complètement absente. Pire, les retenu·e·s qui signalaient des symptômes similaires à ceux du covid-19 ont été placés à l’isolement dans plusieurs CRA. Ielles sont dès lors doublement enfermé·e·s au lieu d’être pris en charge par l’équipe médicale. Leurs co-retenu·e·s n’ont pas eu non plus de visite médicale. Les flics quant à eux, entrent et sortent du CRA sans aucun contrôle de leur température, ni aucune autre précaution.

Les prisonnièr·e·s dénoncent la coupure brutale de leur traitements médicaux ou encore le mépris des médecins face à des situations de danger et bien sur l’absence totale de mesures en lien avec l’épidémie. Tou·te·s réclament une libération immédiate de tou·te·s les retenu·e·s ! Pour appuyer des revendications, les luttes continuent, à la fois des luttes individuelles, (un incendie de cellule a eu lieu au CRA de Perpignan le 20 mars), mais aussi collectives. Au CRA de Vincennes ou il reste encore une trentaine de prisonniers dans chacun des deux bâtiments (un 3e bâtiment avait été rendu inutilisable par l’incendie du 4 février) une grève commune aux retenus des deux bâtiments est en cours en ce moment. Elle a été initiée par les prisonniers du bâtiment 1 samedi soir (21 mars) puis suivie aujourd’hui par les retenus du bâtiment 2B.

Voici plusieurs communiqués et témoignages écrits par des retenus de plusieurs CRA partout en France, à faire circuler au max !


La situation dans plusieurs CRA en France
à l’époque du coronavirus

Alors que la gestion de l’urgence de l’épidémie de coronavirus s’étend partout en France, avec l’imposition du confinement et les contrôles de police dans les rues, à l’intérieur des lieux d’enfermement la violence et la répression de l’État se font de plus en plus dures. Et c’est les plus précaires qui seront le plus touché: celleux qui sont à la rue et/ou qui n’ont pas de papiers.

Dans les prisons et dans les centres de rétention administrative interdiction des parloirs et toute autre activité collective, les mesures sanitaires prisent sont ridicules, et il n’y  aucune information donnée aux personnes enfermées. Tout ça alors même que depuis la diffusion massive du Covid-19, plusieurs pays ont fermé leurs frontières aux avions venus de France, empêchant les déportations, et laissant comme seule fonction au CRA d’être des prisons.

Dans les tribunaux, alors que la plupart des audiences a été annulée et plusieurs la majorité des avocat.e.s arrêtent de s’y rendre, les JLD et les comparutions immédiates continuent d’avoir lieux, la preuve que les rêves d’enfermement de l’État vont bien au-delà du confinement pour contenir le virus.

Certaines associations humanitaires qui travaillent dans les centres (Cimade, Assfam, France Terre d’Asile, Forum Réfugiée, l’Ordre de Malte) ont arrêté de venir dans les CRA. Les personnels de nettoyage ne sont plus dans les centres, et dans plein de batiment y a plus de savons disponible pour les prisonnier.e.s. Dans la plupart des centres de rétentions y a plus ou quasiment plus l’OFFI (Office français de l’immigration et de l’intégration) donc plus d’achat de clopes ou du crédit pour téléphone. L’infirmerie et les médecins continuent de mépriser les prisonnièr.e.s retenu.es, les flics se tiennent à des mètres de distance d’eux, alors qu’on sait bien que les seuls qui sortent du centre et qui peuvent ramener le virus à l’intérieur c’est bien les flics…

Face à tout ça les prisonnier.e.s n’arrêtent pas de lutter et résister par plein de moyens différents. Le dimanche 15 puis le lundi 16 mars, à Vincennes, Mesnil-Amelot, Lyon, et Lille-Lesquin les prisonnier.es se mettent en grève de le faim. Dans certains centres il y a aussi eu des départs de feu, des évasions collectives, des blocages et du bordel en tous genre (comme à Metz).

Iels dénoncent le manque d’hygiène, pas de masques ni de gants pour les flics ni pour elleux, la violence de la part de la police et le mépris des médecins. Iels demandent la libération de tout le monde.


Voici plusieurs communiqués et témoignages publiés depuis le dimanche 15 mars, à faire circuler au max !

Communiqué des prisonniers de Mesnil-Amelot :
    CRA2
:https://abaslescra.noblogs.org/de-toute-facon-le-resultat-pour-nous-cest-la-misere-communique-de-prisonnier-du-cra2-du-mesnil-amelot/
    CRA3
:https://abaslescra.noblogs.org/vraiment-on-nous-a-oublie-ici-comminuque-de-greve-de-la-faim-des-retenus-mesnil-amelot/

Communiqué des prisonniers du centre de rétention de Lille-Lesquin :
https://abaslescra.noblogs.org/on-prefere-mourir-de-faim-que-de-cette-merde-communique-des-prisonniers-du-centre-de-retention-de-lille-lesquin-du-15-mars/

Communiqué de prisonniers du cra 1 de Vincennes le 16 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/greve-de-la-faim-et-foutage-de-gueule-paroles-de-linterieur-du-cra-de-vincennes/

Témoignage d’un prisonnier de Lyon St Ex le 17 mars:
https://crametoncralyon.noblogs.org/temoignage-au-cra-de-lyon-st-ex-greve-de-la-faim-face-a-la-suppression-des-visites-et-des-audiences-et-la-crainte-des-prisonnier-es-face-au-coronavirus/

Lettre collective de prisonniers du CRA de Vincennes le 19 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/au-cra-de-vincennes-les-prisonniers-sont-encore-plus-isoles-et-encore-moins-en-securite/

Témoignage d’un prisonnier du CRA de Bordeaux le 20 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/ils-ont-endormis-tout-le-monde-en-disant-que-le-cra-etait-ferme-temoignage-dun-prisonnier-du-cra-de-bordeaux-toujours-ouvert/

Témoignage de deux prisonnier du CRA de Oissel du 20 mars 2020: https://abaslescra.noblogs.org/il-reste-des-gens-et-tous-ils-viennent-de-prison-des-nouvelles-de-la-situation-a-la-prison-de-oissel/


Après la grande journée de luttes du 16 mars, ça reste très chaud. La bonne nouvelle est que pas mal de prisonniers-ères ont été libéré.e.s depuis mardi dans plusieurs centres. Notamment les personnes qui passent devant le-la juge, celles qui ont pu payer un.e. avocat.e, et celles qui sont en contact avec les associations qui bossent dans les centres et qui ont demandé la mise en liberté des prisonniers-ères. Mais les autres prisonniers-ères restent enfermée dans des conditions qui étaient dégueulasses bien avant le virus, et comme si la situation n’était déjà pas assez grave, les keufs continuent de provoquer les prisonniers-ères, font circuler des rumeurs, font péter des cables.

Les keufs ont fait beaucoup tourner des rumeurs de libérations de tous les prisonniers a Vincennes (et dans d’autres cra) ce lundi avant d’arrêter d’en parler. De ce que disent les prisonniers du CRA1 de Vincennes, il reste encore une trentaine de personnes enfermées là bas;. Alors que dans certains centres il y a des libérations, d’autres continuent d’expulser vers les quelques destination ou il y a encore des vols, voire même d’enfermer de nouvelles personnes : au Mesnil-Amelot le 16 et le 17 mars encore, au matin, des nouvelles personnes sont arrivées au centre. Apparemment, ce sont surtout de personnes qui sortent de taule et sont envoyées directement au CRA. Ainsi la peine pour les sans-pap est prolongée de trois mois de plus, et avec le risque de choper le virus en plus !

À Bordeaux une action collective au tribunal a permis la libération de tous les retenus du CRA, de même pour les CRA de Nîmes et Montpellier qui sont en cours de se vider ! A Toulouse une action du même genre serait en cours pour les 62 prisonnier.e.s. A Rennes, toutes les demandes de remises en liberté ont été refusé ce mercredi 18 mars. À Palaiseau, Strasbourg, Hendaye, Oissel, Plaisir les gens commencent à sortir, vu qu’avec la fermeture des frontières iels peuvent pas être déporté.e.s. Dans certains CRA, à Hendaye comme à Strasbourg, des personnes ont été transférées d’un centre à l’autre.

Dans d’autres centres la situation reste tendue, à Calais l’administration  du centre est contre les libérations, soit disant pour protéger les personnes et pour éviter que les retenus une fois sortis s’échappent en Angleterre ou en Belgique. Quelques personnes ont été libérées entre le mardi 17 mars et le mercredi 18 mais il reste beaucoup de prisonnier.e.s à l’intérieur. Des rafles ont eu lieu le weekend dernier, des personnes sur place disent que c’est l’hallu totale, le CRA est surpeuplé, des matelas sont mis par terre dans les cellules, 2 algériens ont été déportés vers l’Algérie et un congolais vers la République du Congo. L’administration bloque l’accès aux dossier et refuse de communiquer la liste des personnes présentes
et les arrêtés. Le tribunal libère au compte-goutte…


Au-delà des CRA, dans les prisons aussi des résistances et des luttes démarrent, depuis l’interdiction des parloirs et des activités collectives les prisonniers ont bougé dans seize taules partout en France, à Metz Epinal, Grasse Perpignan, La Santé, Angers, Nancy, Varennes le grand, Montauban, Aiton, Sequedin, Maubeuge, Douai, Valance, Saint-Etienne, Toulon. Le matin de mercredi 18 un prisonnier malade testé positif au corona virus est mort à la prison de la Santé, tandis que les syndicats de police penitentiaire invitent les familles à calmer leur proches enfermé.e.s.
Plus d’infos sur la situation dans les taules ici:

Le Covid-19 : la prison dans la prison – video


Les revoltes et les luttes des prisonnier.e.s nous indiquent les
responsabilités de l’État dans la crise actuelle.

La seule solution:
libération immédiate de toutes et tous les prisonniers-ères, fermeture et disparition des CRA maintenant !

Plus que jamais, il est important d’appeler les cabines (les numéros ici), de relayer la parole des prisonniers et ce qui se passe à l’intérieur, et de montrer la solidarité depuis l’extérieur !!

“Ici c’est vraiment la double peine” Communiqué des prisonniers du cra de Oissel le 25 mars

 Depuis plus d’une semaine les juges ont libéré une grande partie des prisonniers de la prison pour étranger.e.s de Oissel.. que la préfecture à remplacée par des sortants de prisons, eux aussi étrangers.

Avec la fermeture des frontières et donc l’arrêt des expulsions, les centres de rétentions montrent ici totalement leurs rôles de taules dont l’un des objectifs en plus d’expulser est bien d’enfermer des étrangèr.e.s.

Nous avions relayé il y a quelques jours des témoignages de prisonniers du même centre de rétention.

Quatre personnes de la prisons pour sans-papier de Oissel sont malade et ont les symptômes du coronavirus. Les keufs les laissent enfermés dans les mêmes batiments que les autres sans avoir le droit à d’autre soin que le dolipranne. Les prisonniers ont écrit un communiqué pour exiger leur libération immédiate. Ils y racontent aussi comment les keufs de la PAF (=Police aux frontières) ne fait pas le minimum pour protéger les prisonniers: ils ne portent pas de masques ni de gants et laissent les prisonniers sans savons ni produit hygiénique.

Communiqué des prisonniers de Oissel le 25 mars 2020

Ce matin, quatre gars étaient malades avec des symptômes du coronavirus : problèmes respiratoires, maux de tête, nez qui coule, éternuements. A l’infirmerie, l’infirmier leur a donné des comprimés de doliprane de 1000 mg et il a pris leur température. Aucun test n’a été fait pour savoir s’ils avaient contracté le virus. Les policiers sont venus nous distribuer des masques et ils ont dit aux quatre qui étaient malades de se confiner dans leurs cellules et de rester loin.
Les policiers rentrent chez eux tous les jours, ils quittent le centre et on sait pas ce qu’ils peuvent rapporter. Les infirmiers aussi peuvent nous contaminer. Les femmes de ménage n’ont ni gants pour se protéger, ni masques.
A l’heure où on parle, il n’y a plus de savon pour se laver les mains. Plus de gel hydroalcoolique : on a un téléphone collectif qu’on utilise tous pour recevoir les appels, mais on a pas de produit antibactérien pour le nettoyer.
Les policiers n’ont pas de protection : pas de masques et pas de gants. On a des comprimés, ici, pour pouvoir dormir, et l’infirmier qui nous donne les comprimés, il l’ouvre, met la gélule dans sa main, la met dans notre main et demande qu’on la prenne sur place. Même l’Ofii, qui nous vend les cigarettes, gâteaux et dentifrice, vient sans masques. Le petit déjeuner est servi par quelqu’un d’extérieur qui donne les pains, et lui non plus n’a pas de masque.
Y a pas de médecin. Ce matin il y avait une sale ambiance. Ici c’est vraiment la double peine : il n’y a que des sortants de prison étrangers. Tout le monde regarde les infos, et nous on ne nous libère pas.
Pour toutes ces raisons, nous, les prisonniers du centre de rétention administrative d’Oissel,
nous sommes en danger ici.

On demande :
-Des masques, des gants, du savon, du gel hydroalcoolique.
-Le rétablissement des parloirs,
ou
-des smartphones pour tout le monde pour pouvoir voir nos familles en visioconférence,
ou
-la libération de tout le monde.

-Des soins pour les malades

« On préfére mourir de faim que de cette merde ! » Communiqué des prisonniers du centre de rétention de Lille-Lesquin du 15 mars

“« On préfére mourir de faim que de cette merde ! »

le 15/03/2020 Infos depuis le Centre de Rétention Administratif (CRA) de Lesquin.
Vendredi, le 13/03/2020, nous avons appris qu’au moins un cas de coronavirus a été confirmé au sein du CRA. Si la personne a été évacuée, aucune mesure n’a été prise pour notre sécurité vis-à-vis de l’épidémie.
Les policiers de la Police aux Frontiéres (PAF) ont des gants et des masques, et nous, rien.
Nous avons donc décidé d’arréter de fréquenter Ies espaces collectifs du centre de rétention, afin de nous protéger, ce qui implique le réfectoire. Nous ne mangeons donc plus depuis maintenant trois jours pour beaucoup d’entre nous.
Autres conséquences :
– l’association, présente habituellement pour nous aider à faire valoir nos droits, est absente. Comment nous défendre et nous informer ?
– les visites de nos proches et soutiens sont également interdites renforqant notre isolement.
– de nombreuses audiences du juge des libertés et de Ia détention sont reportées, or c’est à l’occasion de ces audiences que nous pouvons étre Iibérés. Et nous ne pouvons pas rester enfermés sans autorisation dujuge.
– la plupart des liaisons internationales en avion (et notamment vers I’ltalie, le Maroc) sont annulées. Si dans tous les cas nous ne pouvons pas étre expulsés à quoi bon nous garder ?

Pour notre survie et le respect de nos droits, nous exigeons la liberté immédiate de toutes les personnes enfermées au CRA de Lesquin et dans tous les centres de rétention !
Face à I’isolement et l’inquiétude dans lesquels nous sommes, nous souhaitons faire entendre nos voix via la diffusion de ce message. Faites — tourner !
Vous pouvez aussi nous appeler sur les numéros de cabine du CRA pour prendre de nos nouvelles, faire sortir nos messages.
Hall : 03.20.44.74.13 Zone A : 03.20.32.76.20 Zone B : 03.20.32.70.53 Zone C : 03.20.32.75.31 “

 

STOP AUX EXPULSIONS. FERMETURE DE TOUS LES CENTRES DE DÉTENTION, MAINTENANT !

LIBERTÉ POUR TOU.TE.S ! MAISON POUR TOU.TE.S !

TEMOIGNAGE AU CRA DE LYON ST EX : GREVE DE LA FAIM FACE A LA SUPPRESSION DES VISITES ET DES AUDIENCES ET LA CRAINTE DES PRISONNIER-ES FACE AU CORONAVIRUS !

Des luttes sont en cours dans pas mal de prisons pour étrangèr.e.s contre les mesures liés aux coronavirus. On relaye un maximum de communiqué:

Plusieurs grèves de la faim ont lieu dans d’autres CRA (Lesquin, Vincennes, Mesnil-Amelot notamment) en ce moment même.
Liberté pour tou-te-s les prisonnier-e-s !!!!

 » Bonjour,

En fait nous on est au centre de rétention de Lyon.

On est en train de faire une grève de faim parceque ils nous a enlevé nos visites. Ya plus les tribunaux qui travaillent.

Et voilà, nous aussi euh on essaye de faire notre mouvement parce que nous aussi on a peur pour nos vies. Que le virus il rentre ici voilà. Nous on est enfermés ici et ya pas de mesures de sécurité ! Ya pas de médecins qui font on va dire des controles et tout ça.

Alors du coup tout le monde il a peur. Du coté retenu-e-s et du coté policier aussi. Tout le monde il a peur. Et voilà.

Jusque là on mange pas. Cet après-midi ils vont faire une réunion pour euh… décider qu’est-ce qu’ils vont faire avec nous quoi. Parce que même les policiers ils ont plus envie de venir travailler.
C’est ça le problème aussi.
Et voilà là on est en mouvement et on attend la réponse de l’après-midi.

C’est à peu près tout ce qui se passe ici. Et en plus ils nous ont enfermé tout le monde dans les promenades. On peut pas descendre ya rien du tout.

T’as dit ils nous ont enfermé dans quoi ?

En promenade, dehors. Ya pa un échange c’est fermé. Eux-même ils ont peur.

– Et quand tu parles des audiences, tu dis ya pas d’audiences ça veut dire quoi ?

Ca veut dire les tribunaux ils ferment. Ya plus de juges, ya plus d’avocats, ya plus rien du tout.
Aujourd’hui il y a des gens qui ont été labas. Yavait des juges mais ils ont dit qu’ils vont fermer. A partir de demain tout va fermer.
Aujourdhui yavait des gens qui ont été labas mais ya pas eu d’audiences.

Et en plus les visites elles ont été coupées, ya plus de visites parce qu’ils ont peur. J’sais pas nous on est [passage inaudible] ont sait pas quoi faire quoi. »

trouvé sur: crametoncra.noblogs.org

Vincennes, Oissel, Mesnil Amelot : une nouvelle année de luttes contre les CRA a commencé !

Depuis deux mois, les luttes des prisonniers-ères sans-papiers dans les centres de rétention administrative (CRA) sont intenses et déterminées. La répression ne se fait pas attendre : on ne peut pas regarder sans réagir !

A l’extérieur des CRA, les rafles, les contrôles au faciès, les expulsions des campements continuent sans cesse et permettent de renfermer et de déporter de plus en plus d’étrangers-ères (27.000 expulsions depuis Mayotte en 2019, 18 906 expulsions depuis la France hexagonale en 2019 contre 15 677 en 2018). A l’intérieur des ces prisons, les personnes enfermées qui n’ont pas les « bons papiers » s’organisent et se révoltent, contre les violences policières, contre des conditions d’enfermement vraiment pourries, mais aussi pour obtenir la liberté et pour que ces lieux disparaissent.

Ils et elles nous montrent que ce ne sont pas les pétitions, les articles journalistiques, les visites des élu.e.s ou l’indignation citoyenne à pouvoir ralentir et enrayer cette machine d’enfermement et d’expulsions, mais les luttes des prisonniers-ères. C’est pour soutenir ces luttes qu’il est urgent et nécessaire, à l’extérieur, de construire une solidarité active.


          • Oissel : en lutte contre les violences des flics et contre celleux qui les couvrent

Les copains qui sont passés dans le CRA de Oissel disent tous la même chose : passages à tabac systématiques, humiliations quotidiennes, racisme, la cellule d’isolement (mitard) où les prisonniers, menottés et casqués, sont frappés violemment… Fin janvier, après que les keufs aient tabassé un prisonnier qui protestait contre la mise au mitard d’un autre prisonnier, les prisonniers du CRA de Oissel ont lancé une lutte qui continue jusqu’à aujourd’hui.

Des grèves de la faim et des résistances collectives se sont organisées, un collectif de prisonniers a fait sortir plusieurs communiqués, où il dénonce les violences subies, les conditions d’enfermement et la collaboration entre France Terre d’Asile (FTDA) et les condés. Leurs paroles et leur rage sont sorties des murs de la prison, malgré les tentative des keufs, des journalistes et de FTDA de les faire taire et de les isoler encore plus.

Les flics ont intimidé tout le monde, déporté et transféré certains prisonniers vers d’autres CRA, tabassé d’autres. Dans les journaux les prisonniers sont décrits comme des individus « manipulés » par l’extérieur. La seule parole relayée par la presse est celle des flics, qui justifient les violences et qui décrivent Oissel comme un hôtel à 5 étoiles. France Terre d’Asile, l’association qui est payée par l’État pour fournir un suivi juridique aux prisonniers-ères de Oissel, montre une fois de plus son vrai visage, en soutenant la version des keufs et niant celle des prisonniers.

Malgré la répression et les mensonges de FTDA et des flics les prisonniers restent déters, et ils continuent à rappeler à l’administration du CRA qu’ils n’ont besoin d’aucune manipulation de l’extérieur pour se révolter contre leurs conditions d’enfermement. À l’extérieur un groupe de personnes solidaires et ennemies de toutes les prisons a montré sa complicité à la lutte de Oissel en rappelant à Pierre Henry, le directeur général de FTDA, quelle est la place de ceux qui font du profit sur l’enfermement des gens. Lundi dernier lors d’une discussion publique où il était censé présenter sa liste aux élections municipales du 10e arrondissement il a été contesté et empêché de parler. Pas de place pour les collabos !

Des assos de Rouen ont appelé à un rassemblement devant le CRA le 15 février dernier en solidarité avec les prisonnièr.e.s enfermées.

On rappelle que dans cette prison y a aussi un batiment pour enfermer les femmes étrangèr.e.s. Elles sont très peu nombreuses (7 à 8 prisonnières ces dernières semaines) et donc particulièrement sous pression des keufs, insultées, menacées de déportation tout le temps.

Entre temps, les résistances et les luttes dans le CRA n’ont pas arrêté : samedi dernier, une cellule a pris le feu, et un prisonnier est arrivé à s’échapper de la prison pour sans-papiers. Bonne cavale à lui, et courage à toustes les autres ! Hier aussi, lundi 24 février, un prisonnier est arrivé à s’échapper…


            • Vincennes : le CRA en feu !

Le premier février les prisonniers du bâtiment 2A du CRA de Vincennes lancent une grève de la faim, qui tient trois jours mais elle est violemment réprimée. Pendant 3 jours, ils ont refusé de manger à la cantine, ils sont restés soudés et solidaires, mais ont dû faire face à la répression violente de la part des keufs.

Les flics ont tout fait pour faire craquer les gens et casser la lutte : samedi soir, au début de la grève de la faim, les prisonniers sont renfermés dans le bâtiment et ils sont fouillés dans toutes les cellules; dimanche, un prisonnier est tabassé par les keufs, qui refusent aussi l’accès à l’infirmerie pour les prisonniers malades; lundi, les prisonniers se font réveiller par des douches anti-incendie, d’autres tabassages ont lieu, les keufs viennent avec les chiens; mardi, l’eau du bâtiment est coupée, pas de douches ni rien.

Le mardi 4 février, un gros incendie touche le bâtiment 2A et une partie du bâtiment 2B. Le 2A est fortement endommagé, il reste fermé jusqu’à aujourd’hui. Après une nuit dans la cour, sous la pluie, encerclés et menacés par les flics et les maîtres-chiens, une trentaine de prisonniers du CRA 2A ont été emmenés passer la nuit de l’incendie dans un comico, vu que les chambres étaient inutilisables. Le lendemain, certains ont été transférés au CRA 1 où ils sont maintenant encore plus nombreux par chambre ; d’autres au CRA 2B où certains ont été obligés de dormir sur des matelas brûlés ; et encore d’autres au CRA de Palaiseau ou du Mesnil-Amelot.

Suite à l’incendie du batiment 2A du CRA de Vincennes, jeudi 6 février matin les flics sont venus au petit matin chercher plusieurs prisonniers. Plusieurs d’entre ont été amenés en garde à vue, et après 36 heures retransférés dans le CRA. La préfecture à annoncée l’ouverture d’une enquête. Depuis, les déportations, les passages à tabac, les menaces et les humiliations n’ont pas arrêté.

La vengeance des keufs continuent et ils ont pas mal visé des prisonniers qui étaient du 2A ces dernières semaines semaine. Un prisonnier a été accusé de parler à des journalistes (et en général à l’extérieur) au moment où une dizaine de keufs le tabassait avant de le mettre au mitard.. puis de l’expulser par un vol caché quelques heures plus tard.

Encore ce soir mardi 25, les keufs sont rentrés dans des chambres du batiment 1 en provoquant et en tabassant les prisonniers, deux ont été ramené au mitard, où ils se trouvent actuellement.

La révolte a quand-même payé : le bâtiment 2a du CRA, rendu inutilisable par l’incendie, reste fermé. Dans les jours suivants, il y a eu des libérations, apparemment au moins 14 ! Et en tout cas, un bâtiment fermé ça veut dire environ 60 places de moins où enfermer et torturer pour tenter d’expulser les sans-papiers !

À l’extérieur on continue de soutenir les prisonniers et de diffuser leur parole. Un parloir sauvage a eu lieu la nuit après l’incendie, pour donner force et courage et montrer solidarité à ceux qui se révoltent. Un rassemblement en soutien aux révoltés de Vincennes a également eu lieu le dimanche 9 février à Barbès, avec prises de parole de l’intérieur.


            • Mesnil Amelot

Au Mesnil-Amelot y a deux CRA qui n’ont pas les mêmes règles / manières de fonctionner : le CRA2 (où y a aussi un batiment pour enfermer les prisonnières) & le CRA3.

Depuis l’incendie du bâtiment 2A à la prison pour sans papiers de Vincennes, le mardi 4 février, il n’est plus possible de faire rentrer de la bouffe au CRA3. Pour s’opposer à cette nouvelle interdiction des keufs, une trentaine de prisonniers ont refusé les repas le lundi 10 février à midi. Une pétition a été signée par pas mal de prisonniers de plusieurs bâtiments et filée à la direction du CRA. Le lendemain de la bouffe passait en parloir (mais c’était pas les mêmes keufs ni les mêmes gradés)

Les prisonniers ont fait sortir des témoignages de la situation au Mesnil depuis le début de l’année : violences policières, racisme, conditions de détention pourries et manque de soins. Voici le lien aux témoignages des copains enfermés


Pour rappel: Rendez vous tous les mercredi à 18h au CICP pour l’assemblée d’IDF contre les centres de rétention ! C’est au 21ter rue Voltaire, métro rue des boulets sur la ligne 9.

A BAS LES CRA !

SOLIDARITE AVEC LES REVOLTE.E.S !

LIBERTE POUR TOU.TE.S !

La lutte ne s’arrête pas à Oissel: “Aujourd’hui les retenus organisent une mobilisation”

Une semaine après la dernière grève de la faim, les personnes enfermées dans la prisons pour sans-papiers de Oissel avaient décidé de recommencer une grève de la faim. En assemblée ils ont décidé d’arrêter la grève de la faim après 24h et de continuer la lutte d’autres manières.Plusieurs communiqués ont continué à sortir dénonçant les conditions de rétention pourries, les violences policières et la connivence de France Terre d’Asile (deuxième, troisième, quatrième communiqué).
Malgré les intimidations et les attaques (dans la presse aussi), leur lutte ne s’est pas arrêtée : force et courage à eux !

Voici le communiqué qu’ils ont écrit, à faire tourner au maximum :

Nous vous informons que les retenus du CRA de Oissel étaient de nouveau en grève de la faim de 24h pour tenter d’obtenir la fin des violences policières. Aujourd’hui les retenus organisent une mobilisation au tour du porte parole pour discuter et pour définir d’autres actions afin de dénoncer les mauvais traitements inhumains.

On revendique la fin des violences policières, de la xénophobie et de leurs racismes. Nous réclamons à ce que ces policiers qui nous provoquent sans arrêt soient affectés ailleurs dans d’autres services. Ils ne sont pas propriétaire du lieu (le CRA).

 

 

Communiqué du 4 février 2020 des prisonniers de Oissel: “Notre mobilisation continue”

Depuis le mercredi 22 janvier 2020, les prisonniers de Oissel s’organisent pour résister face à la PAF (police aux frontières) qui tabasse, humilie et expulse. Mais aussi pour demander le départ de l’association du centre de rétention, France Terre d’Asile, qui plutôt que de soutenir les prisonniers dans leurs revendications prefère invisibiliser leurs luttes et se mettre du côté des keufs.

“France Terre d’Asile n’est qu’une association de paille” : les prisonniers demandent le départ de FTDA du CRA de Oissel !

Pour le moment la seule réponse des keufs ca a été de proposer des repas végétariens degueu, mais les problèmes importants sont toujours là: les violences policières, le mitard, FTDA, les expulsions.

 

“Bonsoir,

Nous vous informons que notre mobilisation continue pour obtenir satisfaction sur l’ensemble de nos revendications (conditions de rétentions). Si nous ne sommes pas entendus, nous serons bien obligés de faire un appel à nouveau à la grève de la faim. La décision à été prise à la réunion d’hier (du 03 février) par les retenus.

Mais nous gardons espoir que les choses évoluent. Nous remercions tous les associations qui nous soutiennes et qui nous apporte leur solidarité, dans cette mobilisation qui est juste.

Les prisonniers de Oissel, le  4 février

 

La veille les prisonniers du collectif de retenus de Oissel tenaient à informer qu’un des prisonnier tabassé cette semaine par la police avait été liberé le 03 février.

Suite à cette libération, on maintient notre mobilisation. Aujourd’hui une réunion se tiendra. Vu la tournure des évènements pour discuter et pour définir d’autres actions.

 

Pour rappel si vous voulez apporter votre solidarité aux prisonniers en lutte de Oissel ou d’ailleurs:

Dans tous les centres de rétentions (sauf quand la police les casse) y a des cabines publiques auxquelles les prisonniers ont accès sans intermédiaire.

Cabine Oissel:  02 35 68 61 56 / 77 09

Communiqué du collectif de retenus de Oissel !

Après la grève de la faim et un deuxième communiqué, un troisième communiqué dénonçant France Terre d’Asile hier (Ftda c’est l’asso présente dans le cra et sensé faire du soutien juridique aux prisonnier.es.) le collectif de prisonnier souhaite continuer à faire sortir les informations sur la situation dans le cra.

On commence à en parler dans la presse depuis la dernière dépêche AFP mais c’est comme d’hab la parole des keufs et ou des avocat.e.s qu’on relaye et pas celles des premièr.e.s concerné.e.s.

 

Quatrième communiqué du collectif des prisonniers de Oissel

 

 

Concernant les retenus qui ont été tabassés et ont déposé plainte, nous réclamons que toute la lumière soit faite sur ces actes. Nous réclamons de plus la fin de tous les actes de violences et de maltraintes à notre égard.

A l’heure qu’il est on ne voit aucun changement au niveau de nos revendications depuis le début du mouvement.

Le colectif des personnes retenues poursuivra sa mobilisation pour plus de justice sociale (conditions de rétention digne) sans se laisser intimit par des actes de violences ou d’insultes.

Toujours à propos de France Terre d’Asile, le collectif en est venu à demander le départ des personnes la répresentant actuellement au CRA de Oissel. Nous estimons que rien n’a été mis en place pour nous défendre depuis le débtu de notre mouvement et que ces personnes sont de plus en plus partisanes de la préfectures et des méthodes de gestion du cente.

La promenade est organisée au moment du nettoyage des chambres de 10h30 a 11h ce qui la rend toujours compliquée. Sachez aussi que les douches dans les chambres n’ont pas d’eau chaude.

Les retenus se sont plaints à maintes reprises auprès de l’association France terre d’asile mais en vain.

Il y a aussi des retenues qui font la totalité des 90 jours de rétention. Ici il n’y a pas d’activité à part la salle de télévision et souvent il y a de la tension pour les chaines. Nous ne comprenons pas car il n’y a pas une autre salle de télévision qui reste toujours fermée à clé.  La promenade elle, n’est pas toujours régulière et c’est ce qui cause aussi une tensio entre retenues et les policiers.

Contrairement ce qui a été dit par le commandant de police du CRA d’Oissel dans la presse, si la durée de la rétention est bien passée de 45 à 90 jkours depuis la nouvelle loi, il faut savoir qu’une personne retenue reste ici de 1 a 2 mois environs et non pas 15 jours en moyenne.

Le collectif des personnes retenues au C.R.A de Oissel

 

Continuons à faire tourner un maximum leurs communiqués collectif !

Ni police ni charité, vive la lutte des sans papiers !