“Après quelques jours, tout le monde est parti et j’étais toute seule ». Témoignage d’une prisonnière de Oissel

La crise sanitaire, trop peu anticipée, dans les lieux de rétention, a isolé plus encore les prisonnier·es des prisons pour étranger·es. Les règles sanitaires ne sont pas appliquées et l’accès au soin est rendu plus difficile encore. Ici, à nouveau, les femmes trinquent particulièrement : saleté, rareté de la bouffe, peur de la police, manque d’informations et impossible accès au droit. G. raconte :

« Je vous parle ce soir des Pays-Bas où j’ai été renvoyée avant-hier.
Quand je suis sortie de détention de la prison de Rennes, la PAF
m’attendait pour me renvoyer aux Pays-Bas parce que j’ai la nationalité ici. Mais sur la route de l’aéroport, il y a eu un problème de radiateur dans la voiture. Et du coup, j’ai perdu mon vol.
On était presque arrivé à l’aéroport. Donc ils m’ont emmené au centre de rétention de Oissel. C’était lundi ou mardi. Je devais aller au tribunal mais avec le virus du Corona c’était plus possible. Mon avocate m’a dit que si j’avais une adresse, je pourrai rester en France, il y avait des gens qui pouvaient m’accueillir à Paris et que je pouvais rester là. Je
connaissais personne ici donc j’avais que ça.
A la prison de Rennes, le coronavirus on en parlait pas. Ils disaient que le virus n’était pas arrivé, donc il n’y avait pas de protection, de mesures d’hygiène, ils disaient que c’était pas grève. On entendait au journal mais rien de plus.
Quand je suis arrivée au CRA de Oissel le 14 mars, il n’y avait rien. Et j’ai entendu à la télévision qu’il y avait la crise à partir du 16 mars et qu’on avait plus le droit d’être dans la rue et tout. Mais au CRA il n’y avait pas de protection.
Là bas les hommes sont plus protégés que les femmes. Il n’y a rien ni masques ni rien. Eux ils n’ont pas le droit de manger à plus de quatre à table. Nous même quand on sort ils nous protègent même pas. Et la police, ils nous touchent sans gants, sans rien, sans masques, ni des choses comme ça.
Quand je suis arrivée, il y avait quelques femmes. Dont une qui venait aussi de la prison. Quand arrive le jour de la libération, ils venaient nous chercher en prison. Une autre femme libérée, elle avait été emmenée à Oissel aussi. On était libérées de Rennes et la PAF nous amenait là.
La PAF c’était que des hommes. Ou quasi.
C’était très sale. Dans les chambres, ils ne passent que le balai et
c’est hyper sale parce qu’ils ne le font pas bien. Et moi, avec une
Espagnole qui était aussi enfermée, je leur ai demandé un balai et ils n’ont pas voulu nous le donner. Le lendemain, personne n’est venu faire le ménage et mon ami a insisté pour qu’ils nous donnent du matériel pour nettoyer. Nous avons nettoyé le petit coin fumeur qui était très très sale. Nous avons déplacé la machine à café et il y avait du café qui était déjà sec. Ils ne nettoient même pas les tables ou les chaises pour que nous puissions nous asseoir. Nous n’avons pas le droit d’avoir du
matériel de nettoyage
On était 7 femmes. Après quelques jours, tout le monde est parti et j’étais toute seule. Je ne sais pas pourquoi je n’étais pas libérée, mais sans doute parce que je viens des Pays-Bas.
Après quelques jours, j’étais toute seule au centre de rétention.
C’était vraiment bizarre. Ça n’allait pas mais je ne savais pas quoifaire. Et les associations n’étaient plus là. Il y a une femme qui m’aappelé une et deux fois. Et on a essayé de les appeler. Parfois la PAFvenait me voir, savoir comment j’allais, jouer avec moi. Ils faisaientdes commentaires.
Les derniers jours, ils m’ont donné des boîtes de conserves pour le repas.J’avais peur le soir. Il n’y avait que des hommes. Ils jouent beaucoup,
ils faisaient des commentaires pas propres. J’avais peur des policiers. La nuit, j’avais très peur, je me disais que j’étais toute seule et que les hommes pouvaient me faire ce qu’ils voulaient, me violer ou quoi.
Au moins en prison, il y avait des activités, du travail, des gens qui étaient là depuis longtemps et qui ont l’habitude. Là au centre de rétention, il n’y a rien, tu dois juste attendre. Attendre et rien faire.
Je connaissais pas mes droits. J’ai eu une avocate, ils m’ont donné un nom. J’ai vu une juge sur visioconférence à cause du coronavirus.
Un jour j’étais endormie et ils m’ont réveillé pour me dire « tu pars maintenant, tu as un vol ». J’y croyais pas, j’ai pas vu de juge, et là je dois partir là comme dans cinq minutes. Ils ne m’ont pas prévenue à l’avance. Je leur demande pourquoi ils ne m’ont pas dit avant. Ils m’ont dit qu’il n’y avait pas le droit. »

 

Les prisonniers de la section homme de Oissel ont sortit un communiqué sur la situation au CRA le 26 mars.

Un résumé de la situation dans les centres de rétentions qui date du 22 mars est disponible pour celles et ceux qui voudraient plus d’informations.

En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées.

“Ici c’est vraiment la double peine” Communiqué des prisonniers du cra de Oissel le 25 mars

 Depuis plus d’une semaine les juges ont libéré une grande partie des prisonniers de la prison pour étranger.e.s de Oissel.. que la préfecture à remplacée par des sortants de prisons, eux aussi étrangers.

Avec la fermeture des frontières et donc l’arrêt des expulsions, les centres de rétentions montrent ici totalement leurs rôles de taules dont l’un des objectifs en plus d’expulser est bien d’enfermer des étrangèr.e.s.

Nous avions relayé il y a quelques jours des témoignages de prisonniers du même centre de rétention.

Quatre personnes de la prisons pour sans-papier de Oissel sont malade et ont les symptômes du coronavirus. Les keufs les laissent enfermés dans les mêmes batiments que les autres sans avoir le droit à d’autre soin que le dolipranne. Les prisonniers ont écrit un communiqué pour exiger leur libération immédiate. Ils y racontent aussi comment les keufs de la PAF (=Police aux frontières) ne fait pas le minimum pour protéger les prisonniers: ils ne portent pas de masques ni de gants et laissent les prisonniers sans savons ni produit hygiénique.

Communiqué des prisonniers de Oissel le 25 mars 2020

Ce matin, quatre gars étaient malades avec des symptômes du coronavirus : problèmes respiratoires, maux de tête, nez qui coule, éternuements. A l’infirmerie, l’infirmier leur a donné des comprimés de doliprane de 1000 mg et il a pris leur température. Aucun test n’a été fait pour savoir s’ils avaient contracté le virus. Les policiers sont venus nous distribuer des masques et ils ont dit aux quatre qui étaient malades de se confiner dans leurs cellules et de rester loin.
Les policiers rentrent chez eux tous les jours, ils quittent le centre et on sait pas ce qu’ils peuvent rapporter. Les infirmiers aussi peuvent nous contaminer. Les femmes de ménage n’ont ni gants pour se protéger, ni masques.
A l’heure où on parle, il n’y a plus de savon pour se laver les mains. Plus de gel hydroalcoolique : on a un téléphone collectif qu’on utilise tous pour recevoir les appels, mais on a pas de produit antibactérien pour le nettoyer.
Les policiers n’ont pas de protection : pas de masques et pas de gants. On a des comprimés, ici, pour pouvoir dormir, et l’infirmier qui nous donne les comprimés, il l’ouvre, met la gélule dans sa main, la met dans notre main et demande qu’on la prenne sur place. Même l’Ofii, qui nous vend les cigarettes, gâteaux et dentifrice, vient sans masques. Le petit déjeuner est servi par quelqu’un d’extérieur qui donne les pains, et lui non plus n’a pas de masque.
Y a pas de médecin. Ce matin il y avait une sale ambiance. Ici c’est vraiment la double peine : il n’y a que des sortants de prison étrangers. Tout le monde regarde les infos, et nous on ne nous libère pas.
Pour toutes ces raisons, nous, les prisonniers du centre de rétention administrative d’Oissel,
nous sommes en danger ici.

On demande :
-Des masques, des gants, du savon, du gel hydroalcoolique.
-Le rétablissement des parloirs,
ou
-des smartphones pour tout le monde pour pouvoir voir nos familles en visioconférence,
ou
-la libération de tout le monde.

-Des soins pour les malades

« Il reste des gens, […] et tous, ils viennent de prison » Des nouvelles de la situation a la prison de Oissel

A la fin de la semaine dernière, pas mal de pays ont annoncé la fermeture de leurs frontières avec la France et la fin des liaisons aériennes – et donc des expulsions vers ces pays : Maroc, Tunisie, Algérie, Italie, etc. Les mesures de confinement annoncées en début de semaine pour l’extérieur ont un effet décuplé dans les taules et les prisons pour étrangers, empêchant tout contact avec l’extérieur, tout contact humain – sinon avec des matons ou des keufs de la PAF (police aux frontières). Les parloirs sont supprimés pour « au moins deux semaines », l’association présente dans le CRA ne vient plus, le greffe refuse de recevoir les prisonnier.e.s et l’OFFI, qui vend ordinairement clopes, gâteaux et recharges, ne vient quasiment plus non plus. A tout ça se rajoute la peur du virus, dans un espace où les prisonnier.e.s ne peuvent pas s’isoler les un.e.s des autres.

Ce vendredi 20 mars en début d’après-midi, il restait une prisonnière dans la section Femmes et huit prisonniers – tous des sortants de prisons – côté hommes. Les huit gars passent en appel demain.

Pour rappel, cette prison pour étranger.e.s est à Oissel, à 20 km de Rouen, dans une école de police au beau milieu d’une forêt, à 4 km de la gare sans transports en commun. Là-bas les violences policières sont quotidiennes, et particulièrement au mitard. Une grève de la faim de tout le bâtiment homme avait commencé  le 22 janvier pour exiger l’arrêt des violences au mitard . Nous publions ici les témoignages de prisonniers encore enfermés dans le centre.

Lien vers le communiqué du 22 janvier:

https://abaslescra.noblogs.org/communique-des-prisonniers-de-oissel-en-lutte/

Ce vendredi 20 mars quand nous publions ce témoignage il restait 6 prisonniers enfermés à Oissel, et une prisonnière. Les deux prisonniers qui ont témoignés ont été libérés dans la journée.

Oissel, le 20 mars 2020

« On reste des humains. On était 50 ici. Tout le monde a été libéré. Il reste que 8 personnes. Les 8 personnes sont passées hier chez le juge : le juge nous a libérés, c’est le procureur qui nous dit non.

Moi, j’ai peur d’être malade, ici. La préfecture fait n’importe quoi. Hier j’ai pris ma feuille de libération, le juge m’a dit : « Attends le procureur. » J’attends 4 heures. A 9 heures de la nuit, on nous dit : « Non, le procureur fait appel. T’as 48 heures pour faire appel. »

Même pour rentrer dans nos pays, on fait comment ? C’est fermé !

Normalement on reste pas ici autant de temps. Moi je meurs ici. Y a pas de nettoyage. La femme de nettoyage rentre pas dans les chambres. La promenade est fermée. La nourriture est pas bonne.

Un deuxième:

“L’OFFI, c’est fermé. Ils viennent que le matin pendant une heure. Même France terre d’asile, ils parlent par téléphone. Ils appellent sur la cabine, ils demandent les infos… mais ca fait deux semaines qu’on les voit pas. Interdits de parloir, interdits de visite… Même des cigarettes, on en a pas. L’Offi vient que le matin, quand on dort tous. Parce que la nuit ici, on dort pas ; on stresse un peu. Même le médecin, c’est fermé. On m’a dit pour ma radio : « Attends demain.» Mais demain, je sais pas, moi.

Ils sont avec nous comme des chiens. On a besoin de solutions.

Ici, quand on parle, on nous frappe et on nous jette à l’isolement.

Aujourd’hui, ils ont libéré deux personnes, c’est tout. Il reste des gens de plein de pays et c’est tout ; et tous, ils viennent de prison. »

Une nouvelle évasion à Oissel ce week-end !

Encore une nouvelle évasion hier matin à Oissel: vers 11h un prisonnier à réussi à passer par la promenade et à se tirer ! C’est la troisième en une semaine: un prisonnier avait profité d’un feu de cellule pour se barrer le week end dernier, puis un autre a réussi à se casser de l’hôpital. Beaucoup de force à lui (et eux) on espère qu’il est déjà loin !
Juste après les keufs foutent la pression aux prisonniers et refusent de servir direct le repas. Tout ça se rajoute aux tensions déjà présente ces dernières semaines: depuis le 22 janvier des prisonniers luttent face aux violences policières et la collaboration de France terre d’asile (l’asso présente dans le CRA). On relaye ici un témoignage d’un prisonnier qui raconte l’ambiance juste après l’évasion.
Pour rappel pour appeler directement les prisonniers, comme dans la majorité des CRA y a des cabines où ils peuvent répondre directement. Pour Oissel côté homme:  02 35 68 61 56 / 77 09
 
 
 
En ce moment tout le monde est entrain de se gratter parce qu’y a un gars qui est rentré avec la gale. J’ai demandé le médecin pour qu’on ait des médicaments on m’ a dit y a pas.
Y en a un autre qui s’est évadé ce matin vers 11h-11h30 et ils nous ont pas donné à manger jusqu’à 14h. Ca fait trois jours qu’ils font pas de ménage, quand on a demandé au policier ils nous disent que c’est par rapport au coronavirus. Ils ont pas peur d’eux, mais il s’en foutent de nous clairement.
C’est pas notre problème si le gars s’est évadé. C’est leurs problèmes.
Y a des gens qui vont se suicider, y a un mec ca fait quatre jours il a pas mangé. Y en a qui avalent des trucs en métals, d’autres du shampoing. C’est chaud.
Y a pas de droit de l’homme ici a l’intérieur, y a pas. 
Des que tu demandes un truc on te repond demain demain. On se fout de toi quoi.
Le truc pour allumer la cigarette il marche pas, donc quand on tape sur la porte pour avoir un briquet ils nous font galerer pendant 20 minutes. Alors qu’à la caméra ils voient bien qu’on galère et qu’on tape.
Y a des insultes et des provocations tout le temps ici.
C’est un truc de ouf ce qui se passe ici. Déjà dans une cellule y a pas la porte des toilettes donc c’est pas possible d’être ici. Vous voyez  qu’y a pas de droit de l’homme y a rien du tout.”
 
Solidarité avec tou.tes les prisonniè.re.s !
Pour rappel pour s’organiser en IDF, assemblée contre les cra: Rdv tous les mercredi à 18h au 21 ter rue voltaire (CICP), métro rue des boulets (l9).

Vincennes, Oissel, Mesnil Amelot : une nouvelle année de luttes contre les CRA a commencé !

Depuis deux mois, les luttes des prisonniers-ères sans-papiers dans les centres de rétention administrative (CRA) sont intenses et déterminées. La répression ne se fait pas attendre : on ne peut pas regarder sans réagir !

A l’extérieur des CRA, les rafles, les contrôles au faciès, les expulsions des campements continuent sans cesse et permettent de renfermer et de déporter de plus en plus d’étrangers-ères (27.000 expulsions depuis Mayotte en 2019, 18 906 expulsions depuis la France hexagonale en 2019 contre 15 677 en 2018). A l’intérieur des ces prisons, les personnes enfermées qui n’ont pas les « bons papiers » s’organisent et se révoltent, contre les violences policières, contre des conditions d’enfermement vraiment pourries, mais aussi pour obtenir la liberté et pour que ces lieux disparaissent.

Ils et elles nous montrent que ce ne sont pas les pétitions, les articles journalistiques, les visites des élu.e.s ou l’indignation citoyenne à pouvoir ralentir et enrayer cette machine d’enfermement et d’expulsions, mais les luttes des prisonniers-ères. C’est pour soutenir ces luttes qu’il est urgent et nécessaire, à l’extérieur, de construire une solidarité active.


          • Oissel : en lutte contre les violences des flics et contre celleux qui les couvrent

Les copains qui sont passés dans le CRA de Oissel disent tous la même chose : passages à tabac systématiques, humiliations quotidiennes, racisme, la cellule d’isolement (mitard) où les prisonniers, menottés et casqués, sont frappés violemment… Fin janvier, après que les keufs aient tabassé un prisonnier qui protestait contre la mise au mitard d’un autre prisonnier, les prisonniers du CRA de Oissel ont lancé une lutte qui continue jusqu’à aujourd’hui.

Des grèves de la faim et des résistances collectives se sont organisées, un collectif de prisonniers a fait sortir plusieurs communiqués, où il dénonce les violences subies, les conditions d’enfermement et la collaboration entre France Terre d’Asile (FTDA) et les condés. Leurs paroles et leur rage sont sorties des murs de la prison, malgré les tentative des keufs, des journalistes et de FTDA de les faire taire et de les isoler encore plus.

Les flics ont intimidé tout le monde, déporté et transféré certains prisonniers vers d’autres CRA, tabassé d’autres. Dans les journaux les prisonniers sont décrits comme des individus « manipulés » par l’extérieur. La seule parole relayée par la presse est celle des flics, qui justifient les violences et qui décrivent Oissel comme un hôtel à 5 étoiles. France Terre d’Asile, l’association qui est payée par l’État pour fournir un suivi juridique aux prisonniers-ères de Oissel, montre une fois de plus son vrai visage, en soutenant la version des keufs et niant celle des prisonniers.

Malgré la répression et les mensonges de FTDA et des flics les prisonniers restent déters, et ils continuent à rappeler à l’administration du CRA qu’ils n’ont besoin d’aucune manipulation de l’extérieur pour se révolter contre leurs conditions d’enfermement. À l’extérieur un groupe de personnes solidaires et ennemies de toutes les prisons a montré sa complicité à la lutte de Oissel en rappelant à Pierre Henry, le directeur général de FTDA, quelle est la place de ceux qui font du profit sur l’enfermement des gens. Lundi dernier lors d’une discussion publique où il était censé présenter sa liste aux élections municipales du 10e arrondissement il a été contesté et empêché de parler. Pas de place pour les collabos !

Des assos de Rouen ont appelé à un rassemblement devant le CRA le 15 février dernier en solidarité avec les prisonnièr.e.s enfermées.

On rappelle que dans cette prison y a aussi un batiment pour enfermer les femmes étrangèr.e.s. Elles sont très peu nombreuses (7 à 8 prisonnières ces dernières semaines) et donc particulièrement sous pression des keufs, insultées, menacées de déportation tout le temps.

Entre temps, les résistances et les luttes dans le CRA n’ont pas arrêté : samedi dernier, une cellule a pris le feu, et un prisonnier est arrivé à s’échapper de la prison pour sans-papiers. Bonne cavale à lui, et courage à toustes les autres ! Hier aussi, lundi 24 février, un prisonnier est arrivé à s’échapper…


            • Vincennes : le CRA en feu !

Le premier février les prisonniers du bâtiment 2A du CRA de Vincennes lancent une grève de la faim, qui tient trois jours mais elle est violemment réprimée. Pendant 3 jours, ils ont refusé de manger à la cantine, ils sont restés soudés et solidaires, mais ont dû faire face à la répression violente de la part des keufs.

Les flics ont tout fait pour faire craquer les gens et casser la lutte : samedi soir, au début de la grève de la faim, les prisonniers sont renfermés dans le bâtiment et ils sont fouillés dans toutes les cellules; dimanche, un prisonnier est tabassé par les keufs, qui refusent aussi l’accès à l’infirmerie pour les prisonniers malades; lundi, les prisonniers se font réveiller par des douches anti-incendie, d’autres tabassages ont lieu, les keufs viennent avec les chiens; mardi, l’eau du bâtiment est coupée, pas de douches ni rien.

Le mardi 4 février, un gros incendie touche le bâtiment 2A et une partie du bâtiment 2B. Le 2A est fortement endommagé, il reste fermé jusqu’à aujourd’hui. Après une nuit dans la cour, sous la pluie, encerclés et menacés par les flics et les maîtres-chiens, une trentaine de prisonniers du CRA 2A ont été emmenés passer la nuit de l’incendie dans un comico, vu que les chambres étaient inutilisables. Le lendemain, certains ont été transférés au CRA 1 où ils sont maintenant encore plus nombreux par chambre ; d’autres au CRA 2B où certains ont été obligés de dormir sur des matelas brûlés ; et encore d’autres au CRA de Palaiseau ou du Mesnil-Amelot.

Suite à l’incendie du batiment 2A du CRA de Vincennes, jeudi 6 février matin les flics sont venus au petit matin chercher plusieurs prisonniers. Plusieurs d’entre ont été amenés en garde à vue, et après 36 heures retransférés dans le CRA. La préfecture à annoncée l’ouverture d’une enquête. Depuis, les déportations, les passages à tabac, les menaces et les humiliations n’ont pas arrêté.

La vengeance des keufs continuent et ils ont pas mal visé des prisonniers qui étaient du 2A ces dernières semaines semaine. Un prisonnier a été accusé de parler à des journalistes (et en général à l’extérieur) au moment où une dizaine de keufs le tabassait avant de le mettre au mitard.. puis de l’expulser par un vol caché quelques heures plus tard.

Encore ce soir mardi 25, les keufs sont rentrés dans des chambres du batiment 1 en provoquant et en tabassant les prisonniers, deux ont été ramené au mitard, où ils se trouvent actuellement.

La révolte a quand-même payé : le bâtiment 2a du CRA, rendu inutilisable par l’incendie, reste fermé. Dans les jours suivants, il y a eu des libérations, apparemment au moins 14 ! Et en tout cas, un bâtiment fermé ça veut dire environ 60 places de moins où enfermer et torturer pour tenter d’expulser les sans-papiers !

À l’extérieur on continue de soutenir les prisonniers et de diffuser leur parole. Un parloir sauvage a eu lieu la nuit après l’incendie, pour donner force et courage et montrer solidarité à ceux qui se révoltent. Un rassemblement en soutien aux révoltés de Vincennes a également eu lieu le dimanche 9 février à Barbès, avec prises de parole de l’intérieur.


            • Mesnil Amelot

Au Mesnil-Amelot y a deux CRA qui n’ont pas les mêmes règles / manières de fonctionner : le CRA2 (où y a aussi un batiment pour enfermer les prisonnières) & le CRA3.

Depuis l’incendie du bâtiment 2A à la prison pour sans papiers de Vincennes, le mardi 4 février, il n’est plus possible de faire rentrer de la bouffe au CRA3. Pour s’opposer à cette nouvelle interdiction des keufs, une trentaine de prisonniers ont refusé les repas le lundi 10 février à midi. Une pétition a été signée par pas mal de prisonniers de plusieurs bâtiments et filée à la direction du CRA. Le lendemain de la bouffe passait en parloir (mais c’était pas les mêmes keufs ni les mêmes gradés)

Les prisonniers ont fait sortir des témoignages de la situation au Mesnil depuis le début de l’année : violences policières, racisme, conditions de détention pourries et manque de soins. Voici le lien aux témoignages des copains enfermés


Pour rappel: Rendez vous tous les mercredi à 18h au CICP pour l’assemblée d’IDF contre les centres de rétention ! C’est au 21ter rue Voltaire, métro rue des boulets sur la ligne 9.

A BAS LES CRA !

SOLIDARITE AVEC LES REVOLTE.E.S !

LIBERTE POUR TOU.TE.S !

Emissions de radio contre les prisons pour étrangèr.e.s depuis janvier 2020 !

Ces dernières semaines les révoltes se sont enchainées dans deux centres de rétentions: d’abord à Oissel depuis la grève de la faim lancée le 22 janvier, puis a Vincennes avec le lancement d’une grève de la faim au batiment 2A puis un incendie du même batiment.
Des affiches ou ce site internet ont été les outils pour relayer beaucoup de témoignages et de communiqués écrit mais aussi des émissions de radio où des prisonniers en lutte ont pu s’exprimer. Pour celleux qui sont plus à l’aise avec l’oral on essaye d’en faire un peu la liste.

A Lille, sur radio campus dans une émission du 6 février, des camarades ont diffusé le témoignage d’un prisonnier du centre de rétention de Lille-Lesquin (a côté de l’aéroport). Le prisonnier y raconte le parcours judiciaire de la prison au centre de rétention, des solidarités et des résistances à l’intérieur, les évasions qui ont eu lieu début janvier.

A Lyon l’émission anticarcérale la petite cuillère à relayé dans sa dernière émission de janvier des témoignages de prisonniers du cra de Mesnil-Amelot.

La petite cuillère – jeudi 16 janvier 2020

Puis dans sa première émission de février, iels ont parlé de la lutte à Oissel et à Vincennes:

La Petite Cuillere-6 Février 2020

En Ile de France des prisonnier.e.s ont continué d’utiliser la radio pour raconter leurs lutte à travers deux émissions: l’actualité des luttes et l’Envolée.
A Oissel la lutte dure depuis le 22 janvier: deux grèves de la faim ont eu lieu une le 22 janvier et l’autre le 6 février, les prisonniers ont sortit des communiqués régulièrement, bloqués des couloirs. Un prisonnier enfermé là bas en parle dans deux émission de l’envolée: d’abord le vendredi 24 janvier, juste après avoir arrêté la première grève de la faim qui avait commencé suite à de nouvelles violences policières au mitard.

EMISSION DU 24 JANVIER 2020

Puis le vendredi d’après, pour continuer à parler de la lutte que mène le collectif de retenus de Oissel. Mais aussi pour parler de France Terre d’Asile, l’association censé soutenir juridiquement les prisonniers. Les locaux de l’asso sont collé au mitard (l’isolement) où les keufs ont l’habitude d’attacher et de tabasser les prisonniers. Avec le silence complice de l’association.

EMISSION DU 31 JANVIER 2020

Le 3 février, après plusieurs jours de grève de la faim d’un groupe de prisonniers du batiment 2A, un d’entre eux raconte la répression et les humiliations des keufs depuis le début de la lutte:

CENTRE DE RETENTION

Le 7 février, trois jours après l’incendie (le batiment 2A a été mis hors d’usage), des prisonniers des deux batiments restant parlent en direct à l’Envolée pour raconter la répression (GAV, violences policières, mise au mitard, vols cachés).

EMISSION DU 7 FEVRIER 2020

Vendredi dernier, le 14 février un prisonnier du CRA2B de Vincennes parle de l’ambiance, des violences policières et du racisme des keufs.

EMISSION DU 14 FEVRIER 2020

Pour rappel: Pour s’organiser en Ile de France contre les prisons pour étrangèr.e.s rendez vous le mercredi à 18h30 au CICP (21 ter rue Voltaire, métro rue des boulets L9).

A bas les cra !

Oissel : “les gens ils reviennent bleus, ils stoppent la caméra quand ils te frappent”

Alors que les médias laissent beaucoup de place aux mensonges des flics de Oissel, qui arrivent meme à nier qu’il y a des violences quotidiennes dans le centre, voici le témoignage d’un prisonnier du CRA de Oissel qui a été ensuite transféré dans un autre CRA et enfin libéré.

Contre les violences policières et l’enfermement, la lutte des prisonniers-ères contre les CRA continue !

Liberté pour tou.te.s, solidarité avec les prisonniers-ères de Oissel et partout ailleurs !

“La bas c’est pas comme ici. Ils font des provocations, de l’isolement, ils aiment pas les arabes, ils profitent parce que les gens ils parlent pas français. Quand le chef de centre est pas là ils font ce qu’ils veulent.

Y’a pas de caméra à l’isolement, les gens ils reviennent bleus, ils stoppent la caméra quand ils te frappent. Ils m’appellent pour le médecin et en fait ils me frappent avec leurs
rangers.

Si tu tu déclares pas, si tu parles pas,si tu fermes ta gueule, on te laisse tranquille.
La bas je dors pas.
Le groupe de la nuit ils sont magnifiques.
La cheffe de centre on dirait elle a peur d’eux, elle refuse qu’ils parlent avec elle, elle veut pas que je lui montre qui c’est.

Ils m’ont frappé, j’ai 2 dents cassées, ils ont continué de me frapper à l’isolement. Quand ils frappent ils mettent les gants. Ils m’ont mis le
casque, le scotch pour pas que je parle
J’ai parlé à la police nationale.

(En parlant des 2 matons très violents 🙂 y’a 40 à 60 personnes dans le centre qui ont peur d’eux. Ils ont voulu m’envoyer en prison. Ils sont venus pour m’envoyer en garde à vue puis prison.

La grève de la faim elle a duré 3 jours, ont l’a faire à cause des violences tous les jours. Les gens ont peur d’aller manger car ils cherchent toujours quelque chose pour nous frapper.

Les juges de Oissel sont racistes. Moi je lui ai dit bonjour, il m’a pas laissé finir et il m’a dit : “30 jours”

La bas on dort 6 sur 6. Y’a quelqu’un il a son bras cassé. Les gens ils pleurent la bas, et moi je peux pas dormir. La promenade est fermée toutes la journée, les heures de manger ils respectent pas.

Y’a de la haine. La bas ils disent : y’a pas de chefs, c’est nous les chefs. Ils sont jaloux entre eux.
Ils disent de moi que je vais balancer. Y’a un journaliste il devait venir à 11h et ils m’ont transféré à 5 heures du matin. En plus c’était
le groupe qui frappait tous les jours. Ils ont perdu mon appareil dentaire, il m’a coûté 2000 euros.

C’est de malins. Samedi dimanche on dirait c’est des boîtes de nuit. Quand ils m’ont transféré c’était la BAC, il m’ont fait signer un
papier. La PAF, ils avaient peur de la BAC, ils m’ont proposé un café. Y’a un policier qui travaille la bas il était à la BAC avant, il a été
déposé du coup il a la haine. Y’en a un il marche comme le loup. Ils étaient à 10 contre 1 c’est quoi ça? Les autres ils comprennent pas la loi.

Je me fais frapper presque tous les jours
La bas on peut aller à l’isolement à cause d’une bouteille d’eau. Si j’ai oublié un papier après manger je sais c’est la fin pour moi.
Ici c’est bien, le centre de Oissel il faut tout changer. Y’a une policière elle va arrêter tellement c’est horrible. Ils retirent leur numéro (matricule).

Le jour ou je me suis fait cassé le pieds, ils m’ont pas autorisé à voir le médecin. J’ai déposé plainte à Rennes, j’ai fait un certificat. Le juge il a envoyé un médecin mais il a révisé (comprendre il a considéré que c’était un élément suffisant). Heureusement y’a pas de pistolet la bas. Ils sont bourrés.

A Oissel il faut que tu marches comme un âne. Jamais ils libèrent la bas. Si je fais tomber un verre la bas, c’est isolement.

Y’a un gars il lui ont cassé l’épaule, du coup ils l’ont mis à l’isolement. Ils peuvent pas l’expulser maintenant car il est venu avec un visa tourisme. Tous les jours il l’emmènent à l’hôpital. C’est trop des malins.
Ils nous donnent des médocs avec une date mort (= médocs périmés).”

La lutte ne s’arrête pas à Oissel: “Aujourd’hui les retenus organisent une mobilisation”

Une semaine après la dernière grève de la faim, les personnes enfermées dans la prisons pour sans-papiers de Oissel avaient décidé de recommencer une grève de la faim. En assemblée ils ont décidé d’arrêter la grève de la faim après 24h et de continuer la lutte d’autres manières.Plusieurs communiqués ont continué à sortir dénonçant les conditions de rétention pourries, les violences policières et la connivence de France Terre d’Asile (deuxième, troisième, quatrième communiqué).
Malgré les intimidations et les attaques (dans la presse aussi), leur lutte ne s’est pas arrêtée : force et courage à eux !

Voici le communiqué qu’ils ont écrit, à faire tourner au maximum :

Nous vous informons que les retenus du CRA de Oissel étaient de nouveau en grève de la faim de 24h pour tenter d’obtenir la fin des violences policières. Aujourd’hui les retenus organisent une mobilisation au tour du porte parole pour discuter et pour définir d’autres actions afin de dénoncer les mauvais traitements inhumains.

On revendique la fin des violences policières, de la xénophobie et de leurs racismes. Nous réclamons à ce que ces policiers qui nous provoquent sans arrêt soient affectés ailleurs dans d’autres services. Ils ne sont pas propriétaire du lieu (le CRA).

 

 

Communiqué du 4 février 2020 des prisonniers de Oissel: “Notre mobilisation continue”

Depuis le mercredi 22 janvier 2020, les prisonniers de Oissel s’organisent pour résister face à la PAF (police aux frontières) qui tabasse, humilie et expulse. Mais aussi pour demander le départ de l’association du centre de rétention, France Terre d’Asile, qui plutôt que de soutenir les prisonniers dans leurs revendications prefère invisibiliser leurs luttes et se mettre du côté des keufs.

“France Terre d’Asile n’est qu’une association de paille” : les prisonniers demandent le départ de FTDA du CRA de Oissel !

Pour le moment la seule réponse des keufs ca a été de proposer des repas végétariens degueu, mais les problèmes importants sont toujours là: les violences policières, le mitard, FTDA, les expulsions.

 

“Bonsoir,

Nous vous informons que notre mobilisation continue pour obtenir satisfaction sur l’ensemble de nos revendications (conditions de rétentions). Si nous ne sommes pas entendus, nous serons bien obligés de faire un appel à nouveau à la grève de la faim. La décision à été prise à la réunion d’hier (du 03 février) par les retenus.

Mais nous gardons espoir que les choses évoluent. Nous remercions tous les associations qui nous soutiennes et qui nous apporte leur solidarité, dans cette mobilisation qui est juste.

Les prisonniers de Oissel, le  4 février

 

La veille les prisonniers du collectif de retenus de Oissel tenaient à informer qu’un des prisonnier tabassé cette semaine par la police avait été liberé le 03 février.

Suite à cette libération, on maintient notre mobilisation. Aujourd’hui une réunion se tiendra. Vu la tournure des évènements pour discuter et pour définir d’autres actions.

 

Pour rappel si vous voulez apporter votre solidarité aux prisonniers en lutte de Oissel ou d’ailleurs:

Dans tous les centres de rétentions (sauf quand la police les casse) y a des cabines publiques auxquelles les prisonniers ont accès sans intermédiaire.

Cabine Oissel:  02 35 68 61 56 / 77 09

“France Terre d’Asile n’est qu’une association de paille” : les prisonniers demandent le départ de FTDA du CRA de Oissel !

modèle de newsletter - France terre d'asile

Le collectif des prisonniers du CRA de Oissel est toujours en lutte, et continue à demander le départ de France Terre d’Asile avec un nouveau communiqué (après celui de la semaine dernière, ici), et en témoignant à la radio ce qu’ils pensent de FTDA.

La situation à Oissel reste dure : si la grève de la faim du 22 janvier a fait gagner aux prisonniers la possibilité d’avoir un repas végétarien, le chauffage est encore cassé. Surtout, les intimidations de la part des flics n’ont pas arreté, les tabassages non plus. Jeudi dernier un prisonnier a été tapé dans la cellule d’isolement, à coté de la pièce où France Terre d’Asile a son bureau. Les prisonniers entendaient leur copain qui criait, mais apparemment l’ouïe des salarié.e.s de FTDA fonctionne moins bien… Après l’isolement, le prisonnier a été déporté.

Des personnes solidaires avec les prisonniers ont continué à appeler FTDA de l’extérieur pour dénoncer leur inaction et la complicité totale avec la police et la préfecture (voici son numéro : 02.35.68.75.67). Les dirigéants de FTDA n’ont pas apprécié qu’on leur dise ce qu’ils sont vraiment, c’est-à-dire des collabos. Au point que Pierre Henry, directeur générale de FTDA (et candidat pour le 10ème arrondissement de Paris), avec son typique paternalisme dégueulasse, déclare que les prisonniers seraient manipulés” par “des militants de l’ultra-gauche qui se battent contre l’existence des CRA. Comme si les personnes sans-papiers avaient jamais eu besoin d’attendre quelqu’un pour se révolter contre la machine à expulser…

Le collectif des prisonniers de Oissel a décidé de répondre avec un communiqué :

Bonjour,
Nous répondons aux déclarations de président de France Terre d’asile, qui prétend que le collectif des personnes retenues est manipulé par l’ultra gauche. Il y a un décalage entre le déclaratif et la réalité. Cela nous a amené à dire que ce ne sont que des propos malheureux. C’est vrai que notre collectif ne peut pas plaire à tout le monde. Le président de France Terre d’asile ferait mieux de balayer devant sa porte.

Que plaise ou non, nous réclamons haut et fort le départ des 3 réprésentants de France Terre d’Asile au CRA de Oissel, car ils ne sont pas à la hauteur de leur mission. On se pose des questions en permanence sur France Terre d’Asile. Mais nous ne rentrons pas dans aucune polémique, on s’intérroge sur cette association avec un esprit critique, car au fond France Terre d’Asile n’est qu’une association de paille. Affaire à suivre”

Et encore, pendant l’émission radio de l’Envolée de vendredi dernier, un prisonnier a raconté ce que “France Terre de cauchemarfait et fait pas dans le CRA de Oissel.