[radio] Témoignages de prisonniers à Mesnil, Vincennes, Oissel, Lille

Les paroles des prisonniers de plusieurs CRA dans deux émissions récentes de l’Envolée. Bonne écoute !

29 mai : Vincennes et Mesnil

 

  • Nouvelles des Centre de rétention administrative: une nouvelle grève de la faim au Mesnil-Amelot ; des jugements sans visio en absence des prévenus.
  • Interview de trois prisonniers du CRA de Vincennes.

 

ÉMISSION DU 29 MAI 2020 : les prisonnier.es face au (dé)confinement

12 juin : Oissel

Appel : un prisonnier de la prison pour étranger de Oissel, qui nous raconte les violences policières ainsi que les conditions de vie et sanitaire dans les CRA

Emission du 12 juin 2020 : Les prisons toujours confinées, meurtres policiers et violences policières en CRA

19 juin : Lille

Contamination au CRA de Lille déjà plein : des masques et des tests que pour les keufs, les 80 prisonniers refusent les repas depuis jeudi : appel de l’intérieur

EMISSION DU 19 JUIN 2020 – Gilets Jaunes face à la justice // COVID et mouvement collectif au CRA de Lille

L’enfermement dans des conditions de merde continue ! Situation dans les CRA au 21 avril

Après plus d’un mois d’état d’urgence sanitaire, de confinement et de fermeture des frontières, l’État continue à enfermer dans les CRA, les taules pour emprisonner (virus ou pas) celleux qui n’ont pas les “bons papiers”.

 

Toujours des conditions de merde
  • Des libérations, des nouvelles arrivées et des CRA qui ré-ouvrent

Dans la semaine du 13 avril, l’État s’est remis à enfermer massivement dans les CRA : il y a eu entre 15 et 20 nouvelles personnes enfermées à Nîmes, 17 au Mesnil-Amelot dans le courant de la semaine, puis 22 dans la nuit de samedi 18 à dimanche 19. Côté prisonnières, au Mesnil-Amelot, suite à des libérations une personne s’est retrouvée enfermée seule comme ça avait été le cas à Oissel il y a deux semaines. Ces meufs se retrouvent seules et isolées à faire face au racisme et au sexisme des keufs , dans des conditions encore plus dures que les mecs emprisonnés. Les préfectures d’Ile-de-France ne sont pas dans une optique de fermeture des CRA comme ça a pu être annoncé dans certaines presses, notamment après la décision du Tribunal Administratif de Paris concernant le CRA de Vincennes. Au CRA de Lille-Lesquin, des personnes enfermées à Lille continuent à être libérées mais souvent au milieu de la nuit et les personnes se retrouvent alors seules et à la rue à 2h du matin dans les rue de Lesquin sans moyen de se rendre à Lille. Pour ce qui est des prisonniers du Mesnil-Amelot transférés à Lille suite à la révolte, cette fois il n’y a eu aucune libération.

Des préfectures avaient annoncé la fermeture de certains centres de rétention qui n’ont jamais fermé en réalité, il faut continuer à être vigilant. En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées. Ça été le cas pour le CRA de Lyon qui a été annoncé fermé mais où 30 personnes étaient enfermées la semaine dernière, il y a encore beaucoup de nouvelles personnes enfermées chaque jour, et aussi pas mal de libérations. Ça a été aussi le cas au CRA de Lille qui n’avait plus qu’une zone ouverte il y a deux semaines, alors qu’aujourd’hui les quatre zones sont utilisées pour enfermer. Ou encore à Nîmes qui le 16 avril servait à enfermer 15 personnes. Le CRA de Bordeaux sert toujours, lui aussi, à appliquer la double peine, pour les personnes qui viennent de purger une peine de prison, cueillies par les flics directement à la sortie et enfermées en centre de rétention.

lire aussi : Enfermer, enfermer toujours… la situation dans les CRA au 10 avril

Le 16 avril il y avait 5 personnes enfermées au CRA de Toulouse à Cornebarrieu (1). Comme dans tous les CRA, les flics refusent l’accès au soin des prisonniers et les tabassent. Ce jour là, alors qu’un prisonnier faisait un malaise les flics ne sont pas intervenus malgré les appels de ses co-retenus et lorsque la PAF a finie par arriver, ca a été pour frapper la personne et l’isoler. Suite à ça, le lendemain le prisonnier en question entame une grève de la faim. Le samedi 18, de nouvelles personnes y sont enfermées, dans les jours qui suivent, il y a quelques libérations. Le prisonnier en grève de la faim se retrouve seul à partir de dimanche soir. L’État persiste à maintenir l’enferment dans des CRA où très peu de personnes sont enfermées, comme à Toulouse, mais aussi dans les centre de rétention “d’outre mer”, dans les colonies françaises. C’est le cas en Guyane, où 10 personnes étaient enfermées le 20 avril, et 5 sont encore enfermées le 21 avril, toutes sortantes de prison. Alors que cette prison pour étranger.e.s avait été vidée au début du confinement.
À Mayotte, alors que le CRA était fermé, il va ouvrir à nouveau pour enfermer en quatorzaine les étranger.e.s qui arrivent par bateau depuis les Comores, soit disant pour les confiner mais il semblerait surtout que ce CRA reprenne du service.
Partout sur les territoires contrôlés par l’État français, on peut penser que les préfectures se préparent au déconfinement (qui est dans moins de 90 jours, la durée maximale d’enfermement) en espérant pouvoir reprendre les déportations des prisonnier.e.s.

  • Sur la santé

Le refus de soin est la règle dans les CRA : les keufs, la préfecture, les juges et les médecins laissent les conditions de santé des retenu.e.s empirer de plus en plus. D’un coté les traitements en cours sont interrompus, de l’autre les personnes qui tombent malades en CRA n’ont pas de médocs. Les infirmeries servent de pharmacie pour distribuer doliprane à ceux qui auraient besoins de soins, et continuent d’essayer de cachetonner un maximum de prisonniers. Dans des cas d’urgence, les flics refusent d’hospitaliser les gens (on l’a vu aussi récemment pour des cas de coronavirus). Et tout ça dans des conditions sanitaires dégueulasses.

Lorsque des prisonniers malades en cours de traitement sont enfermés en CRA, la rupture de soin est quasi systématique : un appel a été lancé en solidarité à l’un d’entre eux au Mesnil-Amelot, enfermé alors qu’il avait été libéré de prison pour être opéré. Les ruptures de traitement sont une double peine infligée aux prisonniers, une peine qui vise à mettre en danger la vie de ces personnes.

Pour ce qui est du Covid-19 plus spécifiquement, l’État fait prendre aux prisonnier.e.s le risque de crever en continuant à les enfermer, souvent à plusieurs par cellule, dans des conditions sanitaires insalubres, en laissant les flics, qui entrent et sortent chaque jour, les contaminer, et en enfermant de nouvelles personnes, chaque jour aussi. Les préfectures, pour maintenir les CRA ouverts, prétendent pouvoir tester tout le monde.

A l’heure où, depuis l’épidémie, la société tout entière est envahie par des angoisses morbides augmentées par la situation catastrophique des hôpitaux, il faut imaginer ce que vivent les retenu.es enfermé.es sans aucune protection ni prise en charge de leur santé, avec comme seule certitude qu’ils seront les dernier.es -avec les prisonnier.es de la pénitentiaire – à être soigné.es…

  • Sur les proches

Les effets de l’enfermement, en prison comme en CRA, n’affectent pas que les prisonnier.e.s mais aussi leur entourage : des heures d’attente pour aller au parloir, les abus de la part des flics pendant la fouille, le mépris des juges. En ces temps d’épidémie, à cela s’ajoutent l’interdiction des visites et la peur de la contagion, en plus du manque d’information et l’absence des mesures sanitaires à l’intérieur des centres de rétention. Dans certains CRA il y a la possibilité pour les proches de venir apporter quelques affaires de première nécessité aux prisonniers comme de la nourriture, des vêtements, tabac, carte sim (à Lille, par exemple, une fois par semaine seulement). Au Mesnil-Amelot des flics sont même allés jusqu’à mettre des amendes de confinement à des familles qui venaient faire passer des affaires pour leurs proches enfermés.

Face à cette situation, les prisonnier.es s’organisent et les révoltes se multiplient.

Toujours plus de révoltes face à l’enfermement

À Vincennes, Lille, Mesnil-Amelot, Lyon et Oissel toutes les luttes menées par les prisonnier.es ces dernières semaines exigent la libération immédiate de tous les prisonnier.es et la fermeture de ces prisons pour étranger.es.

  • Révolte et répression au Mesnil Amelot

Au Mesnil-Amelot tous les prisonniers restants ont été regroupés dans les bâtiments du CRA2. Les derniers prisonniers de Plaisir et de Palaiseau y ont été transférés fin mars. La décision de regrouper les prisonniers ensemble augmente les risques de transmission du coronavirus parmi les retenus et permet uniquement de réduire le nombre de policiers de la PAF sur le terrain. Dans la nuit du 11 au 12 avril, la cour de promenade a été bloquée par les prisonnier.e.s qui l’ont envahie en criant “Liberté ! Liberté !”. Les gradés et la direction du CRA ont essayé de les faire remonter dans leurs cellules, mais ils ont refusé et ont passé la nuit dehors. Dans la matinée du 12, le dispositif de flics grossit, des CRS sont venus en renfort en plus des flics anti-émeute déjà présents. Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des bâtiments et confisquent des téléphones. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules à l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transférer dans d’autres prisons pour étranger.e.s : 5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel (Rouen). Pour les prisonniers qui se retrouvent à Lille, la répression continue, ils sont mis dans une zone du CRA ouverte pour l’occasion, isolés des autres prisonniers. Depuis, pas mal de prisonniers du CRA ont été libérés, mais sur les deux prisonniers transférés du Mesnil-Amelot qui sont passés en JLD, les deux ont été prolongés. L’un d’entre eux s’est révolté suite à cette décision et les flics lui ont fait passé la journée en garde à vue.

  • Grève de la faim et solidarité à Oissel

Lorsque, le dimanche 12 avril, les 3 prisonniers du Mesnil-Amelot arrivent à Oissel après un transfert violent, les 13 prisonniers du CRA de Oissel ont lancé une grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate. Comme ils le disaient déjà le 25 mars, ils dénoncent le manque de matériel de protection sanitaire (gel hydroalcoolique, savon, masques) qui met en danger les personnes enfermées. Les trois prisonniers transférés rejoignent alors la lutte en cours. Ils n’ont pas pu récupérer leurs affaires et leurs papiers que les keufs de la PAF ont laissé au Mesnil-Amelot.

Face à des révoltes dans les CRA, la stratégie des keufs et des préfectures est souvent de transférer ceux qu’ils considèrent comme “les meneurs” vers d’autres CRA pour briser les solidarités et l’organisation : peine perdue puisque de Mesnil à Oissel, la lutte continue ! Cette semaine au CRA de Oissel il y a eu quelques libérations et encore des arrivées. Les derniers prisonniers en grève de la faim ont arrêté le 17 Avril sans avoir obtenu aucune réponse de la part de l’administration, ils étaient à ce moment là 10 prisonniers dans ce CRA.

  • Isolement et grèves à Vincennes

Fin mars, des grèves de la faim avaient eu lieu au CRA de Vincennes. Depuis, le bâtiment 1 a fermé, les prisonniers sont concentrés dans les bâtiments 2A et 2B, où le 9 avril, des cas de coronavirus ont été confirmés, alors que les prisonniers réclamaient depuis longtemps la liberté et au moins des mesures sanitaires à la hauteur de la crise. Les flics, plutôt que d’emmener les prisonniers malades à l’hôpital, les emmènent à l’isolement. Le 12 avril, après un départ de feu dans la matinée, un prisonnier malade avec les symptômes du coronavirus était très mal en point dans la soirée. Les prisonniers ont affronté les flics pour exiger qu’il soit emmené à l’hôpital, mais fidèles à leurs sale boulot raciste, ils ont refusé d’appeler une ambulance et ont dit qu’il serait testé mardi. Aux alentours de minuit, les retenus ont fini par obtenir que le prisonnier soit emmené par une ambulance.
Pour protéger les keufs, l’administration a mis des masques à disposition des prisonnier.e.s, ce qui a évidemment été pris comme une insulte : à quoi peuvent servir les masques quand tout le monde est potentiellement déjà contaminé, et alors que la situation était dénoncée depuis des semaines ?

lire aussi : “Y’a pas de sécurité, y’a rien du tout” / Contamination, isolement et refus de soin à Vincennes

 

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Sur la justice, les politiques et les médias : même en temps de crise, n’oublions pas que ce ne sont pas des alliés
  • Le tribunal refuse de faire fermer le CRA de Vincennes

Le 14 avril, le tribunal administratif de Paris a statué sur un référé liberté demandant la fermeture du CRA de Vincennes avec une décision lâche et ambigüe, puisqu’il refuse de fermer le centre et interdit seulement les nouveaux placements en rétention dans le CRA de Vincennes. On sait que ça ne veut pas dire moins d’enfermement : dans les jours qui suivirent, on a assisté à une vague massive d’arrivées au CRA du Mesnil-Amelot, il semblerait que les préfectures et les flics se reportent maintenant sur celui-là. Le tribunal demande aussi au CRA de Vincennes, pour les prisonniers qui seraient testés positifs au Covid19, de “les isoler et les confiner tout en maintenant leur accès aux soins nécessaires à leur état de santé”. Plus que de l’hypocrisie, c’est de l’indécence et de l’acharnement car la justice sait pertinemment que l’accès aux soins en CRA est inexistant, en temps normal et encore plus en ce moment. La preuve : dimanche dernier, les flics ont rassemblés les 4 prisonniers malades dans le bâtiment 2B en les mettant tous dans la même cellule et ont entassé tous les autres (une vingtaine) à 2 par cellule dans le bâtiment 2A – on se doute bien d’ailleurs qu’il y a plus de 4 personnes porteuses du virus. On a dit aux malades qu’ils allaient être gardés au CRA car leur cas n’était pas assez grave. Finalement une personne sera libérée du CRA 2B le 20 avril et une personne hospitalisée.

  • Sur les médias, les politiques et les institutions

Les médias ont beaucoup écrit sur les CRA lors de la révolte du 11-12 avril au Mesnil-Amelot, avec des articles dans tous les sens. Pour changer, ils ne s’intéressent aux CRA que lorsqu’il y a matière a faire vendre des articles sur des “échauffourées” entre flics et prisonniers. Pire que ça, ils mettent les gens en danger : plusieurs journalistes (y compris “militants”) ont publié des témoignages audios des prisonniers et des articles avec leur prénom. En dehors d’une possible répression judiciaire après les révoltes, ces journalistes exposent les prisonniers à des représailles des flics, qui peuvent les identifier. Au Mesnil lors de la révolte, les flics disaient ouvertement que les prisonniers ciblés par les transferts ou les tabassages étaient “ceux qui parlaient trop aux journalistes”, que les flics rodaient autour des cabines téléphoniques en tendant l’oreille et tentaient de confisquer les téléphones portables.
Espérons tout de même que la brève mise sous projecteurs des CRA, notamment au Mesnil-Amelot, grâce à la révolte des retenus, ait un effet sur l’attitude quotidienne des flics, au moins pour un temps…

Avec la révolte au Mesnil on a aussi assisté à l’habituelle coup de com des politiques avec notamment Coquerel, député France Insoumise, qui s’est déplacé au CRA le 13 avril pour alerter sur la situation et distribuer des masques “à la fois aux retenus et aux policiers”. Il s’étend d’ailleurs largement dans la presse sur la manière dont les flics sont mis en danger. Les prisonniers eux, disent que rien n’a changé dans le CRA depuis sa visite.
Les institutions “indépendantes” se réveillent aussi avec notamment la Contrôleuse Générale des Lieux de Privation de Liberté, Adeline Hazan, qui s’est rendue à Vincennes et au Mesnil-Amelot et a annoncé le 17 avril qu’elle appelait le gouvernement à désengorger et à fermer les CRA. Pareil pour le défenseur des droits : pour la 2ème fois depuis le début du confinement, il a réclamé le 18 avril la fermeture de tous les CRA et la libération des prisonnier.es. Comme d’habitude tout ça c’est bien beau mais ça n’a aucun effet…

Pour nous, il ne s’agit pas (comme le font certaines associations et politiciens de “gauche”) de demander la fermeture temporaire des CRA jusqu’à la fin du confinement, ni d’exiger que les CRA soient réformés pour les rendre plus “humains” ou plus efficients. Pour nous, il s’agit de partir des paroles et des luttes des prisonniers-ères, qui montrent clairement ce qu’il faut faire avec ces prisons pour sans-papiers : les détruire.
Pour ça on continuera, virus ou pas, à faire sortir leurs paroles et à soutenir leur révoltes.

A BAS LES CRA !
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS-ERES EN LUTTE
LIBERTÉ POUR TOU.TE.S, AVEC OU SANS PAPIERS !

Alors que le confinement nous empêche de nous réunir, la lutte et la solidarité qui s’expriment depuis l’extérieur reposent sur d’autres moyens que ceux habituels. (clique sur la banderole)

 

Pour rappel : n’importe qui peut discuter avec les prisonnier-es en CRA en appelant les cabines. En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées : Soutenir les retenu.e.s – Numéros et adresses des CRA


(1) A Toulouse, un site pour lutter contre l’existence des prisons pour étranger.e.s et pour relayer la parole de l’intérieur a été créé. Il est à suivre et à partager ! https://toulouseanticra.noblogs.org/

 

 

 

“Je vais tenir jusqu’à la réponse de la DML” des nouvelles des luttes à Oissel

Le dimanche 12 avril les 13 prisonniers du cra de Oissel ont lancé une grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate. Comme ils le disaient déjà le 25 mars, le manque de matériel (gel hydroalcoolique, savon, masques) de protection sanitaire mettaient en danger les personnes enfermées.

Le 12 au soir en répression du mouvement qui a eu lieu le week-end dernier, trois prisonniers sont transférés du Mesnil-Amelot et rejoignent la lutte. Ils n’ont pas pu récuperer leurs affaires et leurs papiers que les keufs de la PAF ont laissé à la prison pour sans papier de Mesnil-Amelot.

Cette semaine il y a eu quelques libérations et encore des arrivées. Les derniers prisonniers en grève de la faim ont arrêtés aujourd’hui sans avoir obtenu aucune réponse de la part de l’administration. La lutte ne s’arrête pas !

Nous relayons d’abord deux témoignages sonores, et ensuite la retranscription d’un témoignage de deux prisonniers de Oissel, du 16 avril pris par des militant.e.s solidaire des environs.

  • Témoignage relayé par l’Envolée (min. 16)

Flash info quotidien du 16 avril 2020

 

  • Deuxième témoignage, pris le 16 avril

 

  • Retranscription d’un troisième témoignage

« Tout le monde a mangé ce matin, on est plus que trois en gréve de la faim, les 3 transférés de Mesnil Amelot.

Le portugais, le guinéen et moi.

Hier je suis tombé dans les pommes, moi je vais pas manger même si je reste tout seul, je vais tenir jusqu’à la réponse de la DML

Ils sont en train de faire le ménage, ils n’ont pas ouvert la cour de promenade

“Pourquoi ?” Réponse des policiers «  C’est le chef qui décide, quand tout le monde aura mangé »

On tient la gréve de la faim, on a rien signé, aucune décharge.

Moi je ne fume pas mais certains n’ont plus de cigarettes…

Les autres, pour l’instant, ça va , tout le monde en a marre.

Ils ont réparé la machine à café ce matin…J’espère qu’ils vont me libèrer »

 

 

Un autre

« Depuis samedi , on mange pas, nos affaires ont été mises dans des sacs poubelle avec nos papiers, mon extrait de naissance, avec nos noms dessus, les 7 ou 8 tranférés, on n’arrive pas à les récupèrer…Les retenus de Mesnil Amelot essaient de donner les sacs mais les policiers disent qu’ils vont les jeter à la poubelle, ma compagne , elle a appelé et elle a enregistré la communication..On nous a fait signer un document pour les affaires mais j’ai refusé…Je me sens volé.

Je n’ai pas d’argent, pas possibilité de téléphoner ou d’envoyer des SMS, il me reste trois cigarettes…

Ma famille veut venir me laisser des affaires et de l’argent mais des policiers disent que peut-être ils ne pourront récupèrer le sac, d’autres disent que oui…

C’est dégradant ici, fatigant,j’ai mal à la tête,j’ai froid toute la journée, ma santé se décline..

On est trois en gréve de la faim, M. devrait être libéré aujourd’hui…On sera deux…

Ils ne m’ont pas libéré car je n’ai pas de passeport, je suis européen, je n’en ai jamais eu, je comprends trés bien le français et je sais ce que je dis, je me sens retenu , pris en otage et c’est lourd…

Le matin, à 9H , il font des travaux,sortent les gens des cellules, je ne peux dormir,je suis fatigué.

Le policier il me dit « si tu veux la promenade, tu sors…Suis dans la petite cour, en prison on avait 4H de promenade

Ma rétention a été prolongée de 28 jours , confirmé en appel.

Je suis en France depuis 2011, j’ai un grand frère ici propriétaire, ma compagne depuis 2017 et nous voulons nous marier…

Ici y’a pas de violeur ou de terroriste, on est fatigué , c’est dégradant ce qu’on vit..

La justice c’est du cas par cas, ça dépend du juge..

On a du gel, mais pas de bouteille d’eau,on n’a pas accès à l’eau froide..

On est déterminé,on est deux , on tient, on ‘a pas signé de décharge

J’apprends plus tard par SMS que le procureur a fait appel de la décision du JLD et son avocat lui demande 1000 euros pour faire appel

On verra demain …

 

“on va faire la grève de la faim, ce soir on mange pas Pas de violence mais on va prendre les couettes et les mettre dehors” / Grève de la faim en cours des prisonniers du CRA de Oissel

Le CRA de Oissel est isolé dans une école de flics au milieu d’une foret à 20 km de Rouen et a 4km de la gare de Oissel. Les prisonniers racontent souvent que c’est l’un des pires à la fois pour la violence des équipes de flics et aussi pour le peu d’aide que fourni l’association humanitaire sensé faire du soutien juridique (France terre d’Asile) qui est à l’intérieur. Le 12 Avril, le lendemain de la révolte au Mesnil-Amelot les retenus de Oissel commencent une grève de la faim pour demander leur liberté !
A Vincennes, Lille, Mesnil-Amelot, Lyon et Oissel toutes les luttes menées par les prisonnier.e.s ces dernières semaines exigent la libération immédiate de tous les prisonnier.e.s et la fermeture de ces prisons pour étranger.e.s.
 
Voici le témoignage d’un prisonnier du CRA de Oissel retranscrit le 12.04 par l’observatoire du CRA de Oissel et que relayons :
 
“J’ai parlé à toutes les personnes, on va faire la grève de la faim, ce soir on mange pas. Pas de violence mais on va prendre les couettes et les mettre dehors. Beaucoup prennent du doliprane ici, on peut pas accepter, c’est dangereux. N’hésitez pas à m’appeler, je suis prêt à parler au nom des autres, rien contre la police mais on veut prendre en compte la crise sanitaire, les policiers n’ont pas le nécessaire, il faut désinfecter ici, la femme de ménage ne fait pas les chambres, les portes, qu’ils désinfectent le téléphone.
 
Le pot de gel, un pot pour 13 personnes ça peut pas durer, si tout le mond een prend, en 1 H c’est fini… On va faire dans les règles, la prefecture nous traite come des bons à rien, trop d’erreurs dans nos dossiers. Tous les jours ma femme risque d’être contaminée à son travail, c’est ma femme je l’aime. Si elle a un problème, mon fils ira chez son grand-père mais je suis son père je veux m’occuper de lui. J’ai payé ma dette, on nous donne pas une chance, faut que je me suicide ou quoi ? On a une petite bouteille d’eau le midi et rien jusqu’au soir, c’est pas normal. J’ai vécu mon adolescence en France, j’ai tous mes repères ici. Soit ils nous libèrent soit on va faire ça dans les régles, partir la tête haute”
 
 
Suite à la révolte au CRA du Mesnil-Amelot, les flics ont décrété qu’il y avait 8 “leaders” qu’ils ont transféré dans d’autres prisons pour sans-papiers. Cinq prisonniers ont été emmenés et isolés au CRA de Lille et trois personnes ont été violemment transféré à Oissel.
 
Le 14 Avril, la grève de la faim continue. Ils ont eu un échange avec FR3 région, ils essaient de faire savoir leur revendications. Un prisonnier raconte commence ca se passe deux jours après le début de la grève, la pression des flics, deux libérations mais trois transferts depuis le CRA de Mesnil-Amelot, toujours pas de nettoyage. Ces derniers jours les tentatives de suicides se sont multipliées.
 
Voici le témoignage d’un prisonnier du CRA de Oissel retranscrit le 14.04 par l’observatoire du CRA de Oissel et que relayons :
 
“Y’a un agent qui parle mal aux retenus comme si on est des chiens, dès que tu parles, il t’agresse…ça crée des tensions.. La femme de ménge, elle avait pas de masque… Ils nous ont tous jeté dehors dans la petite cour, la cour de promenade est toujours fermée, je sais pas pourquoi, y’a des travaux depuis ce matin…
 
Beaucoup de policiers dans le couloir et personne n’a de masque. Franchement je suis mal réveillé, un qui nous parle trop mal, tu lui demandes un truc gentiment, même son regard, il cherche quoi ?… Je lui ai fait comprendre, c’est pas parce que tu as l’uniforme, tu parles tranquille… Je l’ai dit à la journaliste pour ce policier, c’est pas parce qu’il a une matraque, je lui ai dit j’ai pas peur de toi.
 
Deux albanais, ils ont mangé hier, un j’ai pas trop confiance, l’autre 15 mn avant le repas, il est parti voir les agents, il ne se sentait pas bien, avait les mains moites, il est parti voir le médecin et après il a mangé, on l’a cramé…
Au CRA, on est 14, deux ont été libérés. Le ménage, à 10H15 aujourd’hui, pendant 40 mn, ils ont vérifié les chambres, voir si elles sont aux normes, ils ont peur des journalistes, ils corrigent. Depuis vendredi je croisais personne, là ils ont peur, ils viennent, ils corrigent, c’est pas sérieux…On va pas se prendre la tête avec eux, ils prennent des photos eux, peut-être même de nous…
 
Depuis hier, les gens ne mangent plus, c’est bizarre, d’habitude j’suis pas comm’ça, en prison j’étais pas comm’ça, ils me rendent nerveux. Le roumain, il a toujours sa plaie ouverte, un autre albanais voulait faire ça, on l’a calmé, on lui a dit non. Je m’occupe de ceux qui sont engagés dans le mouvement..Y’a un géorgien, il a un traitement à prendre, épilepsie, hépatite C et d’autres maladies, on a parlé jusqu’à 6H du matin, il veut plus prendre son traitement, on lui dit de les prendre, il dit qu’il veut rester comm’ça jusqu’à ce que les pompiers viennent le chercher…La dernière fois il m’a roulé une cigarette, je savais pas qu’il avait une hépatite, il me raconte ses maladies, je savais pas, j’ai fumé derrière lui… Je m’entends bien avec tout le monde, c’est moi qui leur amène les clopes, on se partage tout, il peut transmettre sa maladie aux gens…
 
Pour Mesnil Amelot, les transférés ils ont cru que c’était fermé, en fait on leur a dit le préfet prévoit de fermer. À Mesnil Amelot, ils sont durs les flics, ils ont transporté un mec comme une valise jusqu’au CRA de Lille avec du scotch et un casque…
 
Je passe en appel demain à 9H, mon avocate a tous les documents, le seul probléme mon passeport, à cause de ça il me bloque le juge pourtant y’en a qui sortent sans adresse et sans passeport, le JAP m’a pas laissé sortir pour le faire mon passeport et j’avais tous les papiers…
La dernière fois 40 mn devant le JLD (Juge des liberté et detentions) , mon avocate et moi, on y croyait, elle était souriante la juge et elle m’écoutait… Je venais de faire ma prière, mon nom au haut parleur, « vous restez avec nous…
 
J’ai parlé avec ma femme et mon fils ce matin, ma femme elle est en congés, parfois pendant trois jours comme elle finit trop tard mon fils est avec son grand-père. Les conséquences sur ma femme ça me rend fou, elle va devenir dépressive, elle est seule dans l’appartement, avant en prison, j’avais un iphone , je pouvais les voir et appeler…ça fait un mois et demi que je n’ai pas vu mon petit, il est distant avec moi, ma femme pleure tous les jours, ses collègues la soutiennent. J’en ai marre, la France je me sens plus à ma place, tout ce qu’ils m’ont fait subir…J’étais bon à l’école au Maroc et ma famille ils avaient des moyens… Hier soir, j’ai tout repris dans ma tête, mon dossier est complet… Au TA (Tribunal Administratif), la deuxième fois, le juge il me laissait pas parler et l’avocate m’a dit c’est lui qui décide, ça dépend des juges…
 
Ils ont remis du gel, une grosse bouteille, pas désinfecté le téléphone de la cabine ni les portes, la cour est sale, y’a des mégots et des gobelets partout… Juste un petit passage dans les chambres, et les carreaux, ils étaient marrons, ils les ont nettoyés.. Ils corrigent leurs trucs.
L’infirmière, elle est trop sympa… Le médecin pas aimable…
Personne n’est malade sauf le georgien.. J’ai peur, il est rempli de maladies, il est super gentil, il a 33 ans…
Tout le monde suit le mouvement, ceux qui parlent mal le français, les flics ils les regardent de travers, je tolère pas le manque de respect, on est respectueux, qu’ils nous respectent.
 
Les flics ils disent qu’ils sont enfermés comme nous, surtout les stagiaires de l’école de police, y’a des gens de l’extérieur pour les travaux sans masque et pas de contrôle. L’albanais, il était malade, il ont pris sa température et ils l’ont ramené chez le médecin et il est revenu avec nous, pourquoi ils ne l’isolent pas, ça va un peu aujourd’hui mais on a peur.
 
J’ai fait une connerie c’est vrai, suis arrivé en 2005, y’a eu les révoltes dans les quartiers, Bouna et Zyed, les petits qui sont morts.. j’étais à Argenteuil, j’ai dérapé…
 
Pour soutenir les prisonniers de Oissel continuons de relayer leurs lutte un maximum !

Des révoltes de prisonniers éclatent dans plusieurs CRA ! (suivi)

Depuis le début de l’urgence sanitaire les personnes enfermées demandent à être libérées face à la fermeture des frontières, mais l’État poursuit sa politique d’enfermement. Aucune mesure sanitaire n’est prise pour empêcher la propagation du virus à l’intérieur du centre.
Alors que les flics de la PAF (les matons des cra) rentrent et sortent des prisons pour sans-papiers au risque d’y ramener le virus, les prisonniers restent enfermés. Au CRA de Vincennes, déjà 3 cas de personnes contaminées dans le centre ont été officiellement déclarés.
Depuis presqu’un mois les prisonniers de différents centre de rétention exige qu’on leurs fournissent du matériel pour se protéger de la pandémie. Quand des masques (comme à Vincennes) ou du gel (comme à Oissel) est fourni, c’est qu’il y a déjà des prisonniers malades.
lire aussi : Enfermer, enfermer toujours… la situation dans les CRA au 10 avril
Depuis samedi, plusieurs révoltent ont lieu dans au moins trois centre de rétention: Mesnil-Amelot, Vincennes et Oissel. Samedi 11 au matin, après avoir passé 2 jours en cellule d’isolement,  un prisonnier du cra du Mesnil-Amelot est libéré discrètement par les keufs de la PAF alors qu’il présente les symptomes du coronavirus. 
 
A la prison pour sans-papiers de Vincennes, Un nouveau prisonnier a été déclaré positif au coronavirus, et les infirmières commencent à dire a des prisonniers “qu’ils sont tous contaminé”. une cellule est brulé et les prisonnniers sont sortit dans la promenade pendant que les keufs font une fouille du batiment.
 
Au Mesnil Amelot après une assemblée en fin d’après midi, les prisonniers décident de bloquer la promenade pour exiger leur liberté. Le soir des gradés des keufs et la direction du CRA tentent de les convaincre de rentrer dans leurs batiments sans rien obtenir. 
Les prisonniers décident alors de passer la nuit dehors tous ensemble pour continuer à protester. Les keufs leurs retirent alors leurs matelas pour les empêcher de se reposer. Le lendemain matin, le dimanche 12, la majorité des prisonniers décident de sauter la barrière les séparant du batiment où sont enfermées les prisonnières. La prison du Mesnil est collée à une caserne de CRS, qui sont appelés en renfort en plus des keufs en tenue anti-émeute déjà présents. Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des batiments. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules a l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transferer dans d’autres prisons pour étranger.e.s (5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel).
Ils ont appelés en renfort en plus des keufs en tenue anti-émeute déjà présents.
Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des batiments. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules a l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transferer dans d’autres prisons pour étranger.e.s (5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel).
 
Le dimanche 12 au soir, des prisonniers de Vincennes du batiment 2A se révoltent. Ca fait plusieurs jours que des prisonniers sont officiellement malades du coronavirus. Un prisonnier est gravement malade et les keufs (comme c’est souvent le cas) refusent d’appeler les secours. Les retenus bloquent la promenade en exigeant une prise en charge rapide du prisonnier malade. Ce sera le cas après plusieurs heures de tensions.
 
Le même soir (le 12) les prisonniers du centre de rétention de Oissel se mettent en grève de la faim pour exiger leurs libérations immédiate. Les trois prisonniers transférés du Mesnil-Amelot, rejoignent la lutte dès leurs arrivées. Pour le moment les prisonniers n’ont obtenu aucune réponse de la part de l’administration.
 

  • Nuit de révolte au CRA de Mesnil-Amelot 
  • Des transferts au CRA de Lesquin (près de Lille)
  • Révoltes aussi au CRA de Vincennes
  • Prisonniers en  de la faim à Oissel (près de Rouen)

 
  • Nuit de révolte au CRA de Mesnil-Amelot 
Le 11 avril, à 20h les prisonniers du CRA 2 du Mesnil-Amelot occupent la cour du bâtiment et bloquent la promenade aux cris de “liberté !”. Suite à une nuit de révolte et une journée de répression le lendemain, certains retenus ont été transféré dans d’autres CRA.
Suivi de la révolte des prisonniers du CRA de Mesnil-Amelot. Une revendication : la libération de tou.te.s !
Avant la nuit et suite à l’échange avec le chef de police, puis avec le directeur du CRA, les retenus se sont installés pour dormir dehors, mais les flics ont pris leurs matelas pour les empêcher de se reposer. Ils ont continué a bloquer quand même. Le matin, ils ont sauté la grille pour rejoindre le bâtiment des femmes et familles. Ils ont continué à tenir ensemble alors les policiers ont chargé vers 11h avec un dispositif policier énorme (ils parlaient de 100 flics). Ils les ont rassemblé dans un coin, forcé à se mettre par terre et confisqué des téléphones. Ils ont menotté et emmenés, 8 prisonniers « identifiés comme leader sur les cameras ». Les autres prisonniers ont été réenfermés dans les chambres.

 

 

  • Des transfert au CRA de Lesquin (près de Lille)
 
 
Hier 8 prisonniers du Mesnil-Amelot ont été transféré dans d’autres CRA suite à la révolte (visiblement pas de GAV). Au CRA de Lesquin (près de Lille) ils sont 5 et isolés du reste du centre : les flics ont rouvert un batiment qui était fermé juste pour les y enfermer. Les 3 autres auraient été transférés  au CRA de Oissel (près de Rouen) ou les prisonniers sont en greve de la faim depuis hier soir. En plus de la violence qu’ils ont subit, la répression c’est aussi l’isolement loin des autres et loin des proches dans un batiment ou les cabines sont HS.  Un des prisonniers raconte la pression des flics pour les faire craquer pendant le transfert :

 

“On s’est fait maltraités, tapés, on nous a mis les menottes super serrées. On est arrivés ici au CRA de Lille à 16h environ. Pendant tous les trajet les flics nous ont menacés de poursuites, ils disaient “vous allez le payer cher”, le directeur aussi nous disait ça au Mesnil, uniquement parce qu’on s’est exprimé et qu’on a dit les choses clairement.

C’est de la maltraitance j’ai jamais vu ça de ma vie, on s’est fait gazer, matraquer, on a été mis par terre avec 40 condés qui nous encerclaient, nous mettaient la pression à mort, puis ils nous ont passé les menottes super serré. Sur le trajet c’était du foutage de gueule, ils essayaient de nous faire péter les plombs, mais nous on est pas rentrés dans leur jeu, pas un insulte ni rien. Ce qui les dérange c’est qu’on s’exprime bien, on a dit les choses clairement, on a dit ce qu’on voulait, et ça les dérange, on est devenus des cibles à abattre. On reste debout même si on s’est fait menacé de ouf. S’ils avaient pu ils nous auraient mis une balle. 

J’ai vécu un truc de fou, on a été traité comme des mecs en cavale. Ca a été dur. Là on est 4 au CRA de Lille, ils ont réouvert le bâtiment juste pour nous, il y a juste une personne âgée dans un autre bâtiment.”

 
 
  • Révoltes aussi au CRA de Vincennes 

Au centre de rétention de Vincennes, jeudi 9 avril, un premier prisonnier, présent depuis plus d’un mois au CRA, a été diagnostiqué malade du coronavirus. Les autres prisonniers sont bien conscients du risque que l’Etat les fait encourir. Alors que des nouveaux cas se confirment au sein de la prison, des masques ont enfin été distribués aux prisonniers, alors qu’ils en réclamaient depuis longtemps. Trop tard selon les prisonniers… Pour continuer à protester contre cette situation, pour refuser d’etre divisés en groupe et exiger leur libération, il y a eu une grosse mobilisation au 2A et au 2B.

 “On a pas le choix, on fait tout ensemble, on mange tous en même temps, il n’y a pas 1 mètre entre nous, on fait comme d’habitude, on est 2 par chambre, on se douche dans la même douche…

Une fois qu’ils étaient sûrs que le Corona était ici. Avant, on leur avait demandé mais ils ne nous ont rien donné. Et pourtant ça devrait être la sécurité avant tout.

On est en guerre ici. On est pas en sécurité. On ne sait rien. Ca va mal finir ici, on va tomber un par un. Le commandant a dit c’est pas toi qui décide. On parle avec ASSFAM mais pour l’instant rien ne change.

Si vous voulez communiquer à l’exterieur, appelez BFMTV ! Ecrivez sur le twitter de Macron”

 

Le 11 avril une nouvelle personne a été confirmée positive au CRA, un prisonnier qui était dans la même chambre que celui qui est tombé malade, une chambre dans laquelle ils étaient 3. iL y a eu deux libérations au JLD. Deux prisonniers sont testés positif au coronavirus au CRA2A. Les autres prisonniers sont inquiet et les infirmieres leurs annoncent qu’ils sont “tous contaminés”.

“Ca fait longtemps qu’on a signalé que la maladie était présente”. Les prisonniers demandent à ce que tous puissent faire des tests, savoir qui est contaminé. Il n’y a pas de savon, pas de gel, pas de shampooing, rien ! “

 

Le 12 avril au matin, un départ de feu a eu lieu dans l’un des bâtiments de la prison, les flics ont mis un prisonnier en cellule d’isolement. Pendant ce temps là tous les autres étaient regroupé par les keufs de la PAF (les matons des cra) dans la promenade, le temps d’une fouille du batiment. Un prisonnier raconte comment ça se passe

“Jte dis ca va, mais je dis ça par habitude. Ici c’est vraiment la merde. On en a marre de recevoir des appels de journaliste ou d’autres personnes. Après il se passe quoi ? Rien ? Je dis pas que c’est pas gentil d’appeler et de prendre des nouvelles mais bon… Y a pas d’article sur ce qui se passe à Vincennes !

Moi je sors de l’isolement là. Ils ont fouillé toutes les cellules mais ils ont pas trouvé ce qu’ils cherchaient.

L’infirmiere elle me dit: “Tu parles français ? Je lui dis “Non je parle pas français je suis un ane! Ecrivez-le moi.” Elle l’a écrit noir sur blanc: “Vous l’avez tous le coronavirus”. Elle me l’a dit: “Vous l’avez tous le coronavirus, au centre de Vincennes vous l’avez tous attrapé”. Basta.

Je lui ai dit “Mais maintenant vous attendez quoi pour nous faire des tests ?” Elle a dit “On attend que vous ayez des symptomes”. Maintenant la suite je ne sais pas. Seul dieu le sait. Ils vont nous laisser crever dans ce centre, c’est ça la suite. Ils vont attendre un par un qu’on tombe et qu’on ait la fièvre et là quand ce sera grave ils nous emmèneront à l’hôpital.

Moi je vous ai dit y a un deuxieme gars positif ils l’ont emmené tout là l’heure. Tout de façon on est tous positif. Le gars qui était positif, ils l’ont testé samedi et ils sont venu le chercher ce matin dans la chambre. Ca veut dire qu’on est resté encore une journée de plus avec lui.

Ils nous ont distribué des masques.Mais les masques on s’en sert pas, on les prend on les jettes. Parce qu’il fallait nous les donner avant. Ca sert à quoi maintenant? Maintenant qu’on est tous contaminé. Ca fait plus d’un mois qu’on est enfermé ici et qu’ils ne font rien. Maintenant qu’y a les premiers cas, ils nous donnent des masques? Ici y a même pas de savon, alors à quoi ça sert les masques ?

Franchement je prefere retourner en prison, j’étais mieux là bas.

Les frontières vont pas rouvrir avant septembre, ils le disent à la télé sur BFM, CNEWS et les autres chaines. Alors pourquoi ils nous gardent enfermé ici, hein ? Ils savent très bien qu’ils vont pas avoir le temps de nous renvoyer chez nous. Moi je serai content de rentrer chez moi, mais maintenant. Je veux pas pourrir encore dans le centre.

Maintenant il faut faire des vrais truc depuis dehors, faut que ça bouge !!

Je vous souhaite un bon apres midi quand meme..”

 

Dans la même journée, un autre cas a été confirmé dimanche soir : le prisonnier était épuisé et n’arrivait plus à respirer. Les prisonniers ont affronté les flics pour exiger qu’il soit emmené à l’hôpital, mais fidèles à leurs sale boulot raciste ils ont refusé d’appeler une ambulance et ont dit qu’il serait testé mardi. 

Transcription résumée des témoignages relayé par leparia.fr :

Ce soir à l’instant les sans-papiers enfermés au centre de rétention de Vincennes nous informent de la présence d’un quatrième cas de Covid-19. Les retenus affrontent actuellement le police pour exiger l’hospitalisation en urgence de leur compagnon. Ce dernier est épuisé ne peut plus respirer correctement. La police refuse d’appeler une ambulance, osant leur dire qu’il sera testé mardi. Il n’a vu aucun médecin et souffre. Ils exigent, soit d’être expulsés, soit d’être libérés, mais refusent catégoriquement d’être contaminés les uns après les autres enfermés dans cette prison loin de leurs proches.

22h50, le 12 avril.

« ça va pas du tout . Ça va gazer là. Macron c’est criminel ce qu’il est en train de faire. Demain, On sait pas c’est qui y va mourir. Chaque jour un nouveau cas, on est tous contaminés. On est en panique. La police elle s’en bat les couilles de notre vie. Y a un cas, et ils veulent pas comprendre. S’il vous plait aidez-nous. C’est des criminels.(…)  Là y a un mec il est tombé, il arrive même pas a marcher. Il a pleuré. Il est malade. Quand il mange il a pas de goût : c’est le corona, c’est comme ça ! S’il vous plait, je demande de l’aide. (…) On demande juste l’aide, juste de l’aide. Même envoyez nous chez nous aujourd’hui au bled, Juste nous laissez pas ici. Vous voulez qu’on parte chez nous, on part chez nous, Mais on veut pas mourir là. (…) On a des familles au bled, des proches, envie de les voir. Faites n’importe quel truc pour nous sauver. Même si on sort pas d’ici, même s’ils voulaient nous envoyer , qu’ils nous envoient : ils nous laissent pas comme ça (…) » 

« Ici les gens ça va pas, ici les gens sont paranos, ils ont peur. Vous voyez c’est le quatrième cas. Chaque jour. La ça fait 5 jours : 4 nouveaux cas. Les gens ça va pas du tout ici, vous voyez ou pas ? Les gens ils sont paranos, y a des gens ils veulent pas mourir, ils voulaient partir aujourd’hui au bled. On veut plus mourir nous. On est encore jeunes pourquoi on nous gache la vie. Ils ont pas le droit ! Ils ont pas le droit !! (…)  Y a des gens ils sont avec nous, ils sont malades. (…) ils ont plus de goût quand ils mangent. De là ça va faire : 5éme cas, 6ème cas…Jusqu’à y aura plus personne. C’est ça ce qu’ils veulent (…)» 

Aux alentours de minuit, les retenus ont obtenu que le prisonnier soit enmené par une ambulance mais la lutte pour la libération continue :

« La personne vient d’être évacuée à l’hôpital (…) On a pas gagné encore il faut qu’on sorte tous de là  parce qu’on sait pas si on est positifs ou négatifs.

Ouais hier ça a bougé un peu. En fait le soir on a vu qu’y avait un troisième cas de coronavirus donc on a décidé de faire un peu de bruit. On est resté dans la promenade jusqu’à ce qu’y ait une ambulance. Y avait beaucoup de police mais ils ont pas été violent. Si on avait rien fait, il se serait rien passé c’est sur. Il serait toujours là le gars. Là on attend de voir qui sera le prochain malade..”

 

Aujourd’hui une nouvelle personne a de grave symptomes respiratoire et est toujours enfermée ! Le prisonnier qui avait été mis à l’isolement après le départ de feu dans une cellule a été mis en garde à vue ce matin !

 

  • Prisonniers en  de la faim à Oissel (près de Rouen)
Depuis le dimanche 12 au soir, tous les prisonniers du centre de rétention de Oissel sont en grève de la faim: Ils exigent leurs libération immédiate. On relaye ici le témoignage d’un prisonnier qui a été transféré suite à la répression au CRA du Mesnil-Amelot, et d’un autre prisonnier qui raconte pourquoi ils se sont mis en grève de la faim. 
 
Retranscription Oissel grève de la faim 13.04.20 :
    
 “D’accord bon on est arrivé hier ici seulement. Nous on était a Mesnil Amelot que vous connaissez bien. Ici pour le moment moi je connais pas grand chose, faut que j’appelle quelqu’un qui vous fasse le compte rendu à partir d’ici. Bon seulement nous on est venu on les a trouvé en grève de faim, beh nous aussi on continue avec eux.
Sinon nous a  Mesnil Amelot on avait commencé ça, c’est pour ça qu’on nous a transféré ici.
 
Ca va le transfert a pas été trop violent ?
 
Oui ça été très très violent. Parce que nous on a réclamé notre droit à Mesnil-Amelot et ils ont refusé.  Nous on a fait la même histoire à mesnil amelot. Ils ont refusé. Parce que là bas les toilettes et les douches étaient bouché complètement bouché. On a pas de gel ou quoi.
C’est ici en arrivant que j’ai eu le gel. Parce qu’à MEsnil-amelot on avait pas ça.On avait réclamé plusieurs fois et ils ont refusé. Déjà à Mesnil-Amelot y avait plus de cinquante personne ce qui est pas normal en ce moment avec tous ça.
Si tout le monde s’est révolté là bas c’est à cause d’un un SDF qui est rentré, il a fait une semaine et il est partit. Il avait la fièvre de 39 degré. Directement ils ont décreté quelque chose, je sais pas quoi mais ils l’ont fait sortir directement.
Ca ca a révolté le coeur de tout le monde. On a décidé maintenant de faire la grève de la faim. On a grevé deux jours. On était dehors, personne rentrait dans la cellule. Tout le monde était dehors dans la cours. Dans la nuit le directeur est venu parler avec nous pour trouver une solution. Le lendemain ils ont appelé trois patrouilles de CRS qui sont venu nous encerclé ils ont bastonné les gens, et puis moi je fais partie des portes paroles avec d’autres personnes au nombre de 7. Ils nous ont mis les menottes, puis on nous a mis à l’isolement. Et vers 14h30 les escortes sont venues mettre les masques sur la bouche de certaines personnes. Ils ont mis les codes. Ils nous on attaché comme des chiens pour nous faire rentrer dans la voiture.
Nous on est arrivé ici et les autres ils sont resté enfermé là bas”.
 
Ouai et on a eu des nouvelles des gars enfermé à Lille aussi..
 
“Je te passe un autre prisonnier qui est là depuis plus longtemps.”

“Ca va pas.. On a fait la grève de faim parce que ça va pas. 
 
Toi t’es prisonnier à Oissel, vous êtes en grève de la faim depuis quand?
 
Ouais à Oissel ouai. Depuis hier, pour qu’ils nous libèrent tous. On est tous en grève de la faim. On est 13 personnes.. non 16 personnes.
 
Avec les arrivées de Mesnil ca fait 16 c’est ça ?
 
Ouais
 
Les flics ont réagit comment?
 
Ils ont dit “Vous mangez pas”. Mais ils ont rien dit, ils ont rien compris. Ils ont pas été violent. Pour l’instant on a pas de chef, on nous a pas parlé. Ce matin ils ont ouvert le patio comme par hasard. Ils ont dit celui qui veut sortir au patio il peut. Bah au  bout de 10minutes ils ont fermées. 
 
Le patio c’est la promenade? Celle qui est fermée d’habitude?
 
Ouai c’est la grande promenade. Ils l’ont ouvert aujourd’hui ouai.
 
Je me demandais à Oissel, y a plusieurs personnes qui étaient malade. Ca va mieux?
 
Ouai ca va mieux.. Mais on va continuer la grève de faim jusqu’au bout ils ont dit.”
 

Ne laissons pas seuls les prisonniers en lutte, relayons leur parole et soutenons les de toutes les manières possibles ! 
 
Ce soir et tous les jours à venir à 20h :
 
Crions à nos fenetres pour la libération de tou.te.s les prisonniers-ères sans-papiers ! Accrochons des banderoles ou écrivons partout que les CRA doivent être fermés maintenant !
 
 
Et continuons à saturer de mails les préfectures en ces temps de confinement !
 

Des témoignages audios et écrits de retenus des CRA de Mesnil-Amelot et Oissel / Actu des luttes

Dans cette émission de l’actu des luttes, plusieurs témoignages de retenus des CRA de Mesnil-Amelot ou une grève de la faim à eu lieu la semaine dernière et de Oissel. Les prisonniers de Oissel parlent le lendemain du jour  où le Conseil d’Etat explique que : “les conditions de fonctionnement des CRA dans ces circonstances particulières ne sauraient caractériser une carence dans l’accès au soins ou à la mise à disposition de produits d’hygiène dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19”.

Voici ce qu’il se passe au centre de Oissel : tous les retenus sont malades et au lit. Ils expliquent qu’ils n’ont même plus la force de lutter contre leurs conditions d’enfermement. Voici le témoignage (sous le lien vers la radio) de deux d’entre eux. Ils devaient parler à plus nombreux mais n’avaient pas la force.

Plus récemment,  le 5 avril, un prisonnier de Oissel à donné quelques nouvelles de la situation;

 “On est obligé de partager les cigarettes a 3 ou 4.”

” Ca va pas. On est 8 personnes, y a eu 3 libérations (un sénégalais, un tunisien et un géorgien). Je sais pas pourquoi ils ont été libéré, ils ont été voir le JLD et après ils ont été libéré .Hier ils ont ramené deux nouveaux, de prisons. Un à Renne et  un à Caen. Ca va pour eux pour le moment c’est le début.
Pour nous c’est trop compliqué. Les toilettes et les douches sont chambre.
On a pas de france d’asile on a pas d’ofii. Ils viennent une fois par semaine. Mais une fois par semaine c’est pas beaucoup. On a obtenu le droit que les familles viennent poser de l’argent et que la paf le ramene. Mais si t’as pas de famille ou que ta famille peut pas venir à Oissel ? Parce que le centre il est loin de tout.
Ils appellent sur les cabines pour savoir qu’est ce qui ce passe, c’est tout. Ils ont dit que tout le monde il va sortir, on sait pas.
La situation est pas bien là. Ils nettoient juste les couloirs, et pas les chambre.”

 

Retranscription du témoignage des prisonniers de Oissel qui parlent pendant l’émission:

« Tout le monde ici on est malade, ya pas à manger, ya pas de femme de ménage, ya pas pour acheter quelque chose [L’Offi]. On est pas des humains ou je sais pas moi. […] L’Offi est pas là, il a dit il vient pas jusqu’à la fin du Coronavirus. On est malade, tout le monde il est malade, moi je suis malade. Même les policiers ils ont dit « on vient pas à la prochaine semaine ». On vient pas ? On reste ici tout seul ? ou je sais pas moi si y’a possibilité de rentrer chez nous chez nos familles ? On reste ici, 14 tous les détenus qui viennent de prison. Y’a pas de libération, les albanais, les géorgien ils ont été libéré un peu mais les noirs et les arabes pas de libération. On reste ici je sais pas pourquoi. Même les frontières pour nous ramener dans nos pays elles sont fermés pendant deux mois ou jusqu’à quatre mois peut-être je sais pas moi. Pour le Ramadan aussi je sais pas comment ça va etre.. Y’a pas de femme de ménage, ici l’odeur dans les cellules… […] je te passe mon ami. »


« C’est bon je peux y aller ? Bon vas y moi je suis là depuis deux mois je sors de prison et peut importe ce que j’ai fait. Je fais du sport et tout, et au fur et à mesure que les jours passent je commence à me sentir mal et tout. J’ai commencé à voir différents symptômes sur les autres qui était là, ça veut dire des éternuements, des maux de tête, des écoulements du nez. Tous ces symptômes là qui ressemble au Corona tu vois? Et on est tous ensemble dans la même pièce, quand on regarde la télé et y en a un qui va éternuer tout le monde va attraper le microbe, indirectement. Même au niveau de la ventilation y’a pas de ventilation ici y’a rien pour aérer, tous les microbes reste ensemble c’est comme ça que le microbe va se propager. Jour après jour j’ai vu tout se dégrader ici au niveau de notre santé, à l’heure ou je parle là j’ai mal à la gorge, j’ai mal à la tête je peux même plus faire mon sport. La situation c’est vraiment de pire en pire jour après jour. La santé de tout un chacun se dégrade. Même les policiers ils sont ni gantés ni masqué, eux aussi ils ont il éternuent, ils ont des écoulements, ils sont toujours avec du papier jetable. Ils se torchent tout le temps.Et suite à cela, on parle à moins d’un mètre de distance. Ça veut dire on a contracté le virus comme ça du Corona. Y’a un mec encore qui est arrivé ce matin de prison, ils sont systématiquement masqué, tu vois? On a jamais vu notre santé se dégrader aussi vite ça veut dire que vraiment la maladie elle est ici et même la nuit on dort pas on arrive pas à dormir. Et que ça a éternue, et que il y a des maux de ventre, et que y’a des réels symptôme du Corona.

[…]

La situation à l’heure actuelle : quand je parle là j’ai du mal à parler du mal à expliquer. Pour te faire comprendre un peu la dangerosité et la gravité de la situation actuellement au centre de Oissel…

Tu disais tout à l’heure que là actuellement tout le monde est dans son lit la main sur la tête…

J’ai fait un tour là dans le bâtiment tout le monde est… Tout le monde on dirait des cadavres. Tout le monde est K.O., tu vois que ça va vraiment pas, tu vois qu’il y a un virus qui les démange. Vraiment c’est un dérangement. Voilà tout le monde se fait démanger par le virus du Corona.

Ça veut dire que hier, quand le conseil d’État à dit que les conditions en CRA, au niveau de l’hygiène ne justifient pas la libération des retenus c’est que..

C’est vraiment ça, ils sont pas d’accord pour fermer l’établissement parce que déjà, de un c’est un vrai business pour eux, tout un chacun qui est venu ici, pour acheter des cigarettes, il faut dépenser, pour acheter des… pour tout faut dépenser. Ça veut dire tous les jours ils s’enrichissent et pendant ce temps notre santé elle se dégrade. Voilà c’est vraiment la réalité des choses de ce qui se produit actuellement au centre de Oissel.

Quand hier j’ai fait une demande de remise en liberté, je l’ai fait à 16h 30. J’ai eu la requête qui rejette ma demande de mise en liberté à 19h 13 pile poil. C’est écrit noir sur blanc : « ne peut pas être libéré car ne présente pas de positivité du Coronavirus à l’heure actuelle ». Ce qui est strictement faux ! Vraiment aucun test de PCR ou de sérologie n’a été fait pour prouver que untel n’a pas de Corona et ne peut pas être libéré. Vraiment, c’est vraiment du faux noir sur blanc.

[…]

Et du coup pour revenir là-dessus depuis les derniers jours il y a vraiment eu aucune libération ?

Il y a eu quelques libération mais c’est les mecs du Maroc, la frontière elle a été fermée et il a été libéré. Mais sinon depuis il y a eu aucune libération. En fait les mecs qui ont été libérés c’est pour des raisons administratives, mais tous ceux qui sont là pour des raisons juridiques c’est-à-dire ceux qui sort de taule, non. [au CRA tout le monde est là pour des raison administratives (sans-papiers), mais les nouvelles personnes qui arrivent en ce moment en CRA sont le plus souvent des détenus qui viennent de finir leur peine de prison]

C’est si divisé ? Ceux qui sortent de taule ils restent et ceux qui sortent pas de taule sont libérés ? Y’a personne là qui est dans le CRA, qui s’est fait choper dans la rue ou des trucs comme ça ?

Exactement c’est que des taulards, que des mecs qui sortent de taule.

Parce que dans les autres CRA c’est pas du tout si clair que ça, Genre au Mesnil-Amelot. ou à Vincennes il y en a qui sont là depuis avant le confinement et les interdictions de parloir et tout, et il y en a d’autres qui sont arrivés de taule depuis et qui ont été libérés.

Ah, mais à Oissel c’est vraiment comme ca. En tout cas ici, la situation c’est pire, c’est grave, tout ce qu’on attend ici c’est un cadavre. Je crois qu’il faut qu’on crève d’abord et après… pour l’instant la plupart des gens ils ont les symptômes du Corona.

Et du coup les équipes médicales tout ça les infirmières les médecins y’a rien ?

Déjà y a pas de médecin OK ? Après il y a une infirmière, quand t’as mal, quand on a des symptômes tout ça, elle donne des doliprane c’est tout elle peut rien faire d’autre. Même elle, elle te dit : « Mais moi je suis en bas de l’échelle, même moi-même. Et moi aussi je peux vous contaminer parce que je vais chez moi, je vais voir mes enfants, je vais dehors et après je suis parmi vous tous les jours. »

Et avec France Terre D’Asile [l’association présente dans le centre en temps normal] ça se passe comment ?

On a plus de visites, on les voit plus, on les reçoit au téléphone. Que des coups de fil que des coups de fil. Mais le problème c’est qu’on utilise tous le même téléphone [cabines téléphoniques du centre] ça veut dire que quand y’a un mec qui décroche, qui parle, et qu’il y a un autre mec qui prend le téléphone après, et ben ya tous les microbes laissées par le premier mec. Et ainsi de suite ,et ainsi de suite, le virus, il se propage entre les divers mecs qui sont ici. Même pas de désinfectant pour nettoyer les cabines.

Il y a autre chose que tu veux raconter ?

Bah moi ça fait un moment que je suis là et personnellement je vois que ma santé elle se dégrade, jour après jour. Là je vous parle avec difficulté d’habitude je suis plus lucide que ça. Je peux même plus faire mon sport. Et même les fenêtres ici tout est fermé, tout. Y’a rien qui est aéré ya pas de vent qui sort dehors pour pouvoir aérer la cellule. Ça veut dire on est tous comme si on était dans un sac-poubelle fermé quoi! Enfermé avec le virus qui se multiplient au lieu qu’il soit… Ouais ben j’ai dis ce que j’avais à dire. À l’heure ou je parle là j’ai mal à la tête et je vais… Je suis au bout là, vraiment je suis au bout, c’est la première fois que j’arrive au bout comme ça. Je suis vraiment à bout de souffle, et le nez qui coule, j’ai mal à la gorge, je suis vraiment en burnout comme ils disent…

“Après quelques jours, tout le monde est parti et j’étais toute seule ». Témoignage d’une prisonnière de Oissel

La crise sanitaire, trop peu anticipée, dans les lieux de rétention, a isolé plus encore les prisonnier·es des prisons pour étranger·es. Les règles sanitaires ne sont pas appliquées et l’accès au soin est rendu plus difficile encore. Ici, à nouveau, les femmes trinquent particulièrement : saleté, rareté de la bouffe, peur de la police, manque d’informations et impossible accès au droit. G. raconte :

« Je vous parle ce soir des Pays-Bas où j’ai été renvoyée avant-hier.
Quand je suis sortie de détention de la prison de Rennes, la PAF
m’attendait pour me renvoyer aux Pays-Bas parce que j’ai la nationalité ici. Mais sur la route de l’aéroport, il y a eu un problème de radiateur dans la voiture. Et du coup, j’ai perdu mon vol.
On était presque arrivé à l’aéroport. Donc ils m’ont emmené au centre de rétention de Oissel. C’était lundi ou mardi. Je devais aller au tribunal mais avec le virus du Corona c’était plus possible. Mon avocate m’a dit que si j’avais une adresse, je pourrai rester en France, il y avait des gens qui pouvaient m’accueillir à Paris et que je pouvais rester là. Je
connaissais personne ici donc j’avais que ça.
A la prison de Rennes, le coronavirus on en parlait pas. Ils disaient que le virus n’était pas arrivé, donc il n’y avait pas de protection, de mesures d’hygiène, ils disaient que c’était pas grève. On entendait au journal mais rien de plus.
Quand je suis arrivée au CRA de Oissel le 14 mars, il n’y avait rien. Et j’ai entendu à la télévision qu’il y avait la crise à partir du 16 mars et qu’on avait plus le droit d’être dans la rue et tout. Mais au CRA il n’y avait pas de protection.
Là bas les hommes sont plus protégés que les femmes. Il n’y a rien ni masques ni rien. Eux ils n’ont pas le droit de manger à plus de quatre à table. Nous même quand on sort ils nous protègent même pas. Et la police, ils nous touchent sans gants, sans rien, sans masques, ni des choses comme ça.
Quand je suis arrivée, il y avait quelques femmes. Dont une qui venait aussi de la prison. Quand arrive le jour de la libération, ils venaient nous chercher en prison. Une autre femme libérée, elle avait été emmenée à Oissel aussi. On était libérées de Rennes et la PAF nous amenait là.
La PAF c’était que des hommes. Ou quasi.
C’était très sale. Dans les chambres, ils ne passent que le balai et
c’est hyper sale parce qu’ils ne le font pas bien. Et moi, avec une
Espagnole qui était aussi enfermée, je leur ai demandé un balai et ils n’ont pas voulu nous le donner. Le lendemain, personne n’est venu faire le ménage et mon ami a insisté pour qu’ils nous donnent du matériel pour nettoyer. Nous avons nettoyé le petit coin fumeur qui était très très sale. Nous avons déplacé la machine à café et il y avait du café qui était déjà sec. Ils ne nettoient même pas les tables ou les chaises pour que nous puissions nous asseoir. Nous n’avons pas le droit d’avoir du
matériel de nettoyage
On était 7 femmes. Après quelques jours, tout le monde est parti et j’étais toute seule. Je ne sais pas pourquoi je n’étais pas libérée, mais sans doute parce que je viens des Pays-Bas.
Après quelques jours, j’étais toute seule au centre de rétention.
C’était vraiment bizarre. Ça n’allait pas mais je ne savais pas quoifaire. Et les associations n’étaient plus là. Il y a une femme qui m’aappelé une et deux fois. Et on a essayé de les appeler. Parfois la PAFvenait me voir, savoir comment j’allais, jouer avec moi. Ils faisaientdes commentaires.
Les derniers jours, ils m’ont donné des boîtes de conserves pour le repas.J’avais peur le soir. Il n’y avait que des hommes. Ils jouent beaucoup,
ils faisaient des commentaires pas propres. J’avais peur des policiers. La nuit, j’avais très peur, je me disais que j’étais toute seule et que les hommes pouvaient me faire ce qu’ils voulaient, me violer ou quoi.
Au moins en prison, il y avait des activités, du travail, des gens qui étaient là depuis longtemps et qui ont l’habitude. Là au centre de rétention, il n’y a rien, tu dois juste attendre. Attendre et rien faire.
Je connaissais pas mes droits. J’ai eu une avocate, ils m’ont donné un nom. J’ai vu une juge sur visioconférence à cause du coronavirus.
Un jour j’étais endormie et ils m’ont réveillé pour me dire « tu pars maintenant, tu as un vol ». J’y croyais pas, j’ai pas vu de juge, et là je dois partir là comme dans cinq minutes. Ils ne m’ont pas prévenue à l’avance. Je leur demande pourquoi ils ne m’ont pas dit avant. Ils m’ont dit qu’il n’y avait pas le droit. »

 

Les prisonniers de la section homme de Oissel ont sortit un communiqué sur la situation au CRA le 26 mars.

Un résumé de la situation dans les centres de rétentions qui date du 22 mars est disponible pour celles et ceux qui voudraient plus d’informations.

En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées.

“Ici c’est vraiment la double peine” Communiqué des prisonniers du cra de Oissel le 25 mars

 Depuis plus d’une semaine les juges ont libéré une grande partie des prisonniers de la prison pour étranger.e.s de Oissel.. que la préfecture à remplacée par des sortants de prisons, eux aussi étrangers.

Avec la fermeture des frontières et donc l’arrêt des expulsions, les centres de rétentions montrent ici totalement leurs rôles de taules dont l’un des objectifs en plus d’expulser est bien d’enfermer des étrangèr.e.s.

Nous avions relayé il y a quelques jours des témoignages de prisonniers du même centre de rétention.

Quatre personnes de la prisons pour sans-papier de Oissel sont malade et ont les symptômes du coronavirus. Les keufs les laissent enfermés dans les mêmes batiments que les autres sans avoir le droit à d’autre soin que le dolipranne. Les prisonniers ont écrit un communiqué pour exiger leur libération immédiate. Ils y racontent aussi comment les keufs de la PAF (=Police aux frontières) ne fait pas le minimum pour protéger les prisonniers: ils ne portent pas de masques ni de gants et laissent les prisonniers sans savons ni produit hygiénique.

Communiqué des prisonniers de Oissel le 25 mars 2020

Ce matin, quatre gars étaient malades avec des symptômes du coronavirus : problèmes respiratoires, maux de tête, nez qui coule, éternuements. A l’infirmerie, l’infirmier leur a donné des comprimés de doliprane de 1000 mg et il a pris leur température. Aucun test n’a été fait pour savoir s’ils avaient contracté le virus. Les policiers sont venus nous distribuer des masques et ils ont dit aux quatre qui étaient malades de se confiner dans leurs cellules et de rester loin.
Les policiers rentrent chez eux tous les jours, ils quittent le centre et on sait pas ce qu’ils peuvent rapporter. Les infirmiers aussi peuvent nous contaminer. Les femmes de ménage n’ont ni gants pour se protéger, ni masques.
A l’heure où on parle, il n’y a plus de savon pour se laver les mains. Plus de gel hydroalcoolique : on a un téléphone collectif qu’on utilise tous pour recevoir les appels, mais on a pas de produit antibactérien pour le nettoyer.
Les policiers n’ont pas de protection : pas de masques et pas de gants. On a des comprimés, ici, pour pouvoir dormir, et l’infirmier qui nous donne les comprimés, il l’ouvre, met la gélule dans sa main, la met dans notre main et demande qu’on la prenne sur place. Même l’Ofii, qui nous vend les cigarettes, gâteaux et dentifrice, vient sans masques. Le petit déjeuner est servi par quelqu’un d’extérieur qui donne les pains, et lui non plus n’a pas de masque.
Y a pas de médecin. Ce matin il y avait une sale ambiance. Ici c’est vraiment la double peine : il n’y a que des sortants de prison étrangers. Tout le monde regarde les infos, et nous on ne nous libère pas.
Pour toutes ces raisons, nous, les prisonniers du centre de rétention administrative d’Oissel,
nous sommes en danger ici.

On demande :
-Des masques, des gants, du savon, du gel hydroalcoolique.
-Le rétablissement des parloirs,
ou
-des smartphones pour tout le monde pour pouvoir voir nos familles en visioconférence,
ou
-la libération de tout le monde.

-Des soins pour les malades

« Il reste des gens, […] et tous, ils viennent de prison » Des nouvelles de la situation a la prison de Oissel

A la fin de la semaine dernière, pas mal de pays ont annoncé la fermeture de leurs frontières avec la France et la fin des liaisons aériennes – et donc des expulsions vers ces pays : Maroc, Tunisie, Algérie, Italie, etc. Les mesures de confinement annoncées en début de semaine pour l’extérieur ont un effet décuplé dans les taules et les prisons pour étrangers, empêchant tout contact avec l’extérieur, tout contact humain – sinon avec des matons ou des keufs de la PAF (police aux frontières). Les parloirs sont supprimés pour « au moins deux semaines », l’association présente dans le CRA ne vient plus, le greffe refuse de recevoir les prisonnier.e.s et l’OFFI, qui vend ordinairement clopes, gâteaux et recharges, ne vient quasiment plus non plus. A tout ça se rajoute la peur du virus, dans un espace où les prisonnier.e.s ne peuvent pas s’isoler les un.e.s des autres.

Ce vendredi 20 mars en début d’après-midi, il restait une prisonnière dans la section Femmes et huit prisonniers – tous des sortants de prisons – côté hommes. Les huit gars passent en appel demain.

Pour rappel, cette prison pour étranger.e.s est à Oissel, à 20 km de Rouen, dans une école de police au beau milieu d’une forêt, à 4 km de la gare sans transports en commun. Là-bas les violences policières sont quotidiennes, et particulièrement au mitard. Une grève de la faim de tout le bâtiment homme avait commencé  le 22 janvier pour exiger l’arrêt des violences au mitard . Nous publions ici les témoignages de prisonniers encore enfermés dans le centre.

Lien vers le communiqué du 22 janvier:

https://abaslescra.noblogs.org/communique-des-prisonniers-de-oissel-en-lutte/

Ce vendredi 20 mars quand nous publions ce témoignage il restait 6 prisonniers enfermés à Oissel, et une prisonnière. Les deux prisonniers qui ont témoignés ont été libérés dans la journée.

Oissel, le 20 mars 2020

« On reste des humains. On était 50 ici. Tout le monde a été libéré. Il reste que 8 personnes. Les 8 personnes sont passées hier chez le juge : le juge nous a libérés, c’est le procureur qui nous dit non.

Moi, j’ai peur d’être malade, ici. La préfecture fait n’importe quoi. Hier j’ai pris ma feuille de libération, le juge m’a dit : « Attends le procureur. » J’attends 4 heures. A 9 heures de la nuit, on nous dit : « Non, le procureur fait appel. T’as 48 heures pour faire appel. »

Même pour rentrer dans nos pays, on fait comment ? C’est fermé !

Normalement on reste pas ici autant de temps. Moi je meurs ici. Y a pas de nettoyage. La femme de nettoyage rentre pas dans les chambres. La promenade est fermée. La nourriture est pas bonne.

Un deuxième:

“L’OFFI, c’est fermé. Ils viennent que le matin pendant une heure. Même France terre d’asile, ils parlent par téléphone. Ils appellent sur la cabine, ils demandent les infos… mais ca fait deux semaines qu’on les voit pas. Interdits de parloir, interdits de visite… Même des cigarettes, on en a pas. L’Offi vient que le matin, quand on dort tous. Parce que la nuit ici, on dort pas ; on stresse un peu. Même le médecin, c’est fermé. On m’a dit pour ma radio : « Attends demain.» Mais demain, je sais pas, moi.

Ils sont avec nous comme des chiens. On a besoin de solutions.

Ici, quand on parle, on nous frappe et on nous jette à l’isolement.

Aujourd’hui, ils ont libéré deux personnes, c’est tout. Il reste des gens de plein de pays et c’est tout ; et tous, ils viennent de prison. »

Une nouvelle évasion à Oissel ce week-end !

Encore une nouvelle évasion hier matin à Oissel: vers 11h un prisonnier à réussi à passer par la promenade et à se tirer ! C’est la troisième en une semaine: un prisonnier avait profité d’un feu de cellule pour se barrer le week end dernier, puis un autre a réussi à se casser de l’hôpital. Beaucoup de force à lui (et eux) on espère qu’il est déjà loin !
Juste après les keufs foutent la pression aux prisonniers et refusent de servir direct le repas. Tout ça se rajoute aux tensions déjà présente ces dernières semaines: depuis le 22 janvier des prisonniers luttent face aux violences policières et la collaboration de France terre d’asile (l’asso présente dans le CRA). On relaye ici un témoignage d’un prisonnier qui raconte l’ambiance juste après l’évasion.
Pour rappel pour appeler directement les prisonniers, comme dans la majorité des CRA y a des cabines où ils peuvent répondre directement. Pour Oissel côté homme:  02 35 68 61 56 / 77 09
 
 
 
En ce moment tout le monde est entrain de se gratter parce qu’y a un gars qui est rentré avec la gale. J’ai demandé le médecin pour qu’on ait des médicaments on m’ a dit y a pas.
Y en a un autre qui s’est évadé ce matin vers 11h-11h30 et ils nous ont pas donné à manger jusqu’à 14h. Ca fait trois jours qu’ils font pas de ménage, quand on a demandé au policier ils nous disent que c’est par rapport au coronavirus. Ils ont pas peur d’eux, mais il s’en foutent de nous clairement.
C’est pas notre problème si le gars s’est évadé. C’est leurs problèmes.
Y a des gens qui vont se suicider, y a un mec ca fait quatre jours il a pas mangé. Y en a qui avalent des trucs en métals, d’autres du shampoing. C’est chaud.
Y a pas de droit de l’homme ici a l’intérieur, y a pas. 
Des que tu demandes un truc on te repond demain demain. On se fout de toi quoi.
Le truc pour allumer la cigarette il marche pas, donc quand on tape sur la porte pour avoir un briquet ils nous font galerer pendant 20 minutes. Alors qu’à la caméra ils voient bien qu’on galère et qu’on tape.
Y a des insultes et des provocations tout le temps ici.
C’est un truc de ouf ce qui se passe ici. Déjà dans une cellule y a pas la porte des toilettes donc c’est pas possible d’être ici. Vous voyez  qu’y a pas de droit de l’homme y a rien du tout.”
 
Solidarité avec tou.tes les prisonniè.re.s !
Pour rappel pour s’organiser en IDF, assemblée contre les cra: Rdv tous les mercredi à 18h au 21 ter rue voltaire (CICP), métro rue des boulets (l9).