“Tu chantes pas, tu manges pas !” // témoignage des prisonnières du CRA du Mesnil-Amelot

Au CRA du Mesnil-Amelot les prisonnières font face au harcèlement policier et à des conditions sanitaires insalubres. Alors qu’une prisonnière est tombée malade suite à une infection (dû au rationnement de serviettes hygiéniques), les prisonnières ont du lutter pour faire intervenir les pompiers. Elles dénoncent les multiples insultes et harcèlements – traitées notamment de « putes » par les flics- et aussi l’humiliation lorsque ils les forcent à chanter « joyeux anniversaire » au chef du centre sous peine de ne pas manger. Elle dénoncent aussi la nourriture périmée qui leur est donnée, qui s’ajoute au froid dans lequel elles vivent. Voici une retranscription de l’émission de l’Envolée du 9 octobre dans lequel une prisonnière raconte tout ça.

 

Bonjour madame

Bonjour, déjà merci de ton appel, est ce que tu vas bien ?

Oui ça va un peu malgré le stress et tout .

Tu voulais nous parler de choses précises aujourd’hui ?

Ouais ouais ce que je vis depuis 2 jours là, ça a commencé avant hier et ça m’a un peu bouleversée, ça ma’a rendue triste et donc c’est pourquoi je voulais le partager avec certaines personnes aussi.

N’hésite pas vas y on t’écoute.

En fait ici sur le CRA des filles, parce que nous sommes aussi avec des filles qui parlent pas français – il y a les albanaises et tout- nous vivons avec elles. Alors il y a de cela 2 jours, il y a une albanaise qui est venue me voir, comme elle parle pas français, elle, elle parle anglais… bah bien que je parle pas trop français je me débrouille quand même. Elle est venue me dire qu’elle avait ses règles et elle voulait avoir des bandes hygiéniques. Elle me dit si je peux l’accompagner à la police pour aller demander des bandes hygiéniques. Là je l’ai accompagnée, arrivées là bas on a trouvé une dame, je lui ai dit voilà, la demoiselle elle a ses règles elle voulait avoir les bandes hygiéniques et la police lui a remis juste 2 bandes. Elle a négocié elle a dit avec 2 bandes qu’est-ce que je vais faire avec ? Et la police l’a grondé. La fille elle a eu peur, on est rentrées. Après dans la journée elle a utilisé les 2 serviettes, ça n’a pas suffit. Donc elle est venue me voir elle a demandé si j’en avais aussi. Moi non plus j’en avais pas. Du coup elle a pris son habit, elle a pris sa blouse, elle l’a déchiré, elle a utilisé ça comme serviette. Sans se rendre compte qu’il y avait des problème avec ça. Et comme la femme, elle est trop fragile elle a attrapé des infections. Elle a commencé à avoir trop mal au niveau du bas ventre et au niveau de la hanche. Elle pleurait tellement fort, elle est venue me dire « je me sens pas bien, j’ai trop trop trop mal », du coup elle est tombée par terre elle a commencé a crier très fort et comme dans notre bâtiment, il y a un bouton là quand vous appuyez directement ça sonne chez la police. Moi j’ai sonné et on a essayé d’appeler la police. La police nous a répondu « nous ne sommes pas là pour vos conneries, donc démerdez vous là bas ». C’est la réponse qu’ils nous ont donnés. Et du coup la fille elle a commencé à pleurer. Au départ on croyait que non ça va passer, c’est juste une douleur, comme on avait pas aussi les antidouleurs rien du tout. Elle pleurait, elle pleurait et plus le temps avançait, la fille elle devenait pale et elle avait une forte fièvre je voyais aussi ses yeux commencer déjà à changer et tout le monde était paniqué. On savait plus quoi faire. Elle pleurai tellement, elle était par terre, elle a commencé à faire… comment appeler ça…

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LES PRISONNIERS-RES ENFERME-E-S EN CRA APPELLENT A LA SOLIDARITE !

Tract écrit et diffusé au rassemblement pour les 24 ans de l’expulsions de l’Eglise St Bernard le 22/08/2020

Depuis début août, un nouveau mouvement de lutte est parti dans plusieurs centres de rétention administrative (CRA). À Vincennes, Mesnil-Amelot, Nimes, Marseille, Toulouse, Lyon, Rennes les sans-papiers enfermé.e.s se sont organisé.e.s collectivement et ont lancé des grèves de la faim. Des blocages de la promenade et des départs de feu ont eu lieu aussi. Les raisons de ces mobilisations sont partout les mêmes : les conditions de rétention pourries, et la volonté de l’État d’enfermer les sans-papiers alors même que les expulsions sont en grande partie impossibles, sauf vers d’autres pays européens comme la Roumanie, la Géorgie et l’Albanie, où les vols n’ont jamais arrêtés.
Les luttes en cours sont aussi des réponses à la diffusion du coronavirus à l’intérieur
des CRA. Chaque jour des nouveaux cas sont détectés, mais les mesures sanitaires
mises en place sont inexistantes, la distanciation est impossible, et le virus continue à se propager. Ce n’est pas de la simple négligence. Nous l’avons déjà vu il y a quatre mois, pendant le confinement et l’état d’urgence, quand la situation à l’intérieur était exactement la même : les flics, les administrations des CRA, les juges et les préfectures ont rien à foutre de la vie des prisonniers-ères. Au contraire, ils jouent à les mettre en danger, à leur pourrir encore plus l’existence.
Presque partout, les parloirs sont interdits, et les prisonniers-ères se retrouvent
encore plus isolé.e.s, sans pouvoir voir les proches ni faire rentrer de la bouffe moins dégueulasse de celle qu’ils et elles mangent tous les jours. Les retenu.e.s malades, au lieu d’être hospitalisé.e.s ou libéré.e.s, sont mis.e.s en isolement. Des prisonniers testés positifs ont été transférés dans d’autres CRA, histoire de faire circuler un peu plus le virus. D’autres qui refusaient de faire l’énième test ont été déplacés dans les mêmes cellules où il y avait des gens malades. Pour l’instant, les juges et les préfs ont décidé de ne pas faire sortir personne de ces taules : qu’iels crèvent !
Malgré toute cette merde, les prisonnier-e-s continuent de résister, de raconter dans
des communiqués ce qui se passe, de lancer des actions et des revendications. Mais
les retenu.e.s répètent que pour les soutenir, il faut s’organiser dans la rue. À
l’extérieur, ça bouge aussi. Les mobilisations des sans-papiers pour la régularisation de tout le monde prennent de l’ampleur, celles contre les gérants des foyers s’intensifient, et le mot d’ordre de la fermeture des CRA est très présent. À l’extérieur des CRA comme à l’intérieur, les ennemis de celles et ceux qui luttent sont les mêmes. L’État et les préfectures, avec leurs flics racistes qui enferment et humilient. Mais aussi les patrons et leurs boites qui font de la thune sur la peau des immigré.e.s, en les exploitant dans les chantiers ou en chopant des gros financements pour gérer la vie des gens dans les foyers et dans les centres.
Organisons ensemble la solidarité depuis l’extérieur ! Covid ou pas,
fermeture des CRA !
Plus d’info sur abaslescra.noblogs.org
Nous contacter par mail : anticra@riseup.net /
Sur le téléphone de l’assemblée : 06.05.94.92.87

Tract_22_08_2020

Appel à une assemblée publique contre les CRA – Les prisons pour sans-papiers doivent être fermées, partout et pour toujours ! – Dimanche 17 mai à 14h, place de la Réunion 20e

Les prisons pour sans-papiers doivent être fermés, partout et pour toujours !

 

Appel à une assemblée publique contre les CRA (centres de rétention administrative)

D
imanche 17 mai à 14h, place de la Réunion (métro A.Dumas/Maraichers)

CRA ET CONFINEMENT 
 
Pendant le confinement, une partie des CRA n’a pas fermé et a continué à enfermer les personnes qui n’ont pas les “bons papiers”. Face au virus, rien n’a été fait : aucune protection pour les prisonniers-ères, propagation de la maladie (notamment via les keufs qui ne portaient pas toujours de masques), absence de soins et, parfois, mise à l’isolement pure et simple des personnes malades. En plus de ça, l’isolement des personnes enfermées a été renforcé par l’absence de parloirs et les galères pour acheter du tabac ou une carte de téléphone.
 

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“Tous les jours ils décident de changer les règles. Et nous on doit s’adapter.” Témoignage de CRA de Lille

La situation exceptionnelle de l’état d’urgence sanitaire ne fait qu’exacerber les violences systémiques et quotidiennes qui constituent le système d’enfermement pour étranger.e.s,  notamment pour ce qui concerne la santé et le soin. Pire encore lorsqu’il s’agit de la santé psychologique.
A Lille aujourd’hui plus de 50 personnes sont toujours enfermées.  Des grèves de la faim et des formes de lutte individuelles et collectives continuent à avoir lieu.

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L’enfermement dans des conditions de merde continue ! Situation dans les CRA au 21 avril

Après plus d’un mois d’état d’urgence sanitaire, de confinement et de fermeture des frontières, l’État continue à enfermer dans les CRA, les taules pour emprisonner (virus ou pas) celleux qui n’ont pas les “bons papiers”.

 

Toujours des conditions de merde
  • Des libérations, des nouvelles arrivées et des CRA qui ré-ouvrent

Dans la semaine du 13 avril, l’État s’est remis à enfermer massivement dans les CRA : il y a eu entre 15 et 20 nouvelles personnes enfermées à Nîmes, 17 au Mesnil-Amelot dans le courant de la semaine, puis 22 dans la nuit de samedi 18 à dimanche 19. Côté prisonnières, au Mesnil-Amelot, suite à des libérations une personne s’est retrouvée enfermée seule comme ça avait été le cas à Oissel il y a deux semaines. Ces meufs se retrouvent seules et isolées à faire face au racisme et au sexisme des keufs , dans des conditions encore plus dures que les mecs emprisonnés. Les préfectures d’Ile-de-France ne sont pas dans une optique de fermeture des CRA comme ça a pu être annoncé dans certaines presses, notamment après la décision du Tribunal Administratif de Paris concernant le CRA de Vincennes. Au CRA de Lille-Lesquin, des personnes enfermées à Lille continuent à être libérées mais souvent au milieu de la nuit et les personnes se retrouvent alors seules et à la rue à 2h du matin dans les rue de Lesquin sans moyen de se rendre à Lille. Pour ce qui est des prisonniers du Mesnil-Amelot transférés à Lille suite à la révolte, cette fois il n’y a eu aucune libération.

Des préfectures avaient annoncé la fermeture de certains centres de rétention qui n’ont jamais fermé en réalité, il faut continuer à être vigilant. En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées. Ça été le cas pour le CRA de Lyon qui a été annoncé fermé mais où 30 personnes étaient enfermées la semaine dernière, il y a encore beaucoup de nouvelles personnes enfermées chaque jour, et aussi pas mal de libérations. Ça a été aussi le cas au CRA de Lille qui n’avait plus qu’une zone ouverte il y a deux semaines, alors qu’aujourd’hui les quatre zones sont utilisées pour enfermer. Ou encore à Nîmes qui le 16 avril servait à enfermer 15 personnes. Le CRA de Bordeaux sert toujours, lui aussi, à appliquer la double peine, pour les personnes qui viennent de purger une peine de prison, cueillies par les flics directement à la sortie et enfermées en centre de rétention.

lire aussi : Enfermer, enfermer toujours… la situation dans les CRA au 10 avril

Le 16 avril il y avait 5 personnes enfermées au CRA de Toulouse à Cornebarrieu (1). Comme dans tous les CRA, les flics refusent l’accès au soin des prisonniers et les tabassent. Ce jour là, alors qu’un prisonnier faisait un malaise les flics ne sont pas intervenus malgré les appels de ses co-retenus et lorsque la PAF a finie par arriver, ca a été pour frapper la personne et l’isoler. Suite à ça, le lendemain le prisonnier en question entame une grève de la faim. Le samedi 18, de nouvelles personnes y sont enfermées, dans les jours qui suivent, il y a quelques libérations. Le prisonnier en grève de la faim se retrouve seul à partir de dimanche soir. L’État persiste à maintenir l’enferment dans des CRA où très peu de personnes sont enfermées, comme à Toulouse, mais aussi dans les centre de rétention “d’outre mer”, dans les colonies françaises. C’est le cas en Guyane, où 10 personnes étaient enfermées le 20 avril, et 5 sont encore enfermées le 21 avril, toutes sortantes de prison. Alors que cette prison pour étranger.e.s avait été vidée au début du confinement.
À Mayotte, alors que le CRA était fermé, il va ouvrir à nouveau pour enfermer en quatorzaine les étranger.e.s qui arrivent par bateau depuis les Comores, soit disant pour les confiner mais il semblerait surtout que ce CRA reprenne du service.
Partout sur les territoires contrôlés par l’État français, on peut penser que les préfectures se préparent au déconfinement (qui est dans moins de 90 jours, la durée maximale d’enfermement) en espérant pouvoir reprendre les déportations des prisonnier.e.s.

  • Sur la santé

Le refus de soin est la règle dans les CRA : les keufs, la préfecture, les juges et les médecins laissent les conditions de santé des retenu.e.s empirer de plus en plus. D’un coté les traitements en cours sont interrompus, de l’autre les personnes qui tombent malades en CRA n’ont pas de médocs. Les infirmeries servent de pharmacie pour distribuer doliprane à ceux qui auraient besoins de soins, et continuent d’essayer de cachetonner un maximum de prisonniers. Dans des cas d’urgence, les flics refusent d’hospitaliser les gens (on l’a vu aussi récemment pour des cas de coronavirus). Et tout ça dans des conditions sanitaires dégueulasses.

Lorsque des prisonniers malades en cours de traitement sont enfermés en CRA, la rupture de soin est quasi systématique : un appel a été lancé en solidarité à l’un d’entre eux au Mesnil-Amelot, enfermé alors qu’il avait été libéré de prison pour être opéré. Les ruptures de traitement sont une double peine infligée aux prisonniers, une peine qui vise à mettre en danger la vie de ces personnes.

Pour ce qui est du Covid-19 plus spécifiquement, l’État fait prendre aux prisonnier.e.s le risque de crever en continuant à les enfermer, souvent à plusieurs par cellule, dans des conditions sanitaires insalubres, en laissant les flics, qui entrent et sortent chaque jour, les contaminer, et en enfermant de nouvelles personnes, chaque jour aussi. Les préfectures, pour maintenir les CRA ouverts, prétendent pouvoir tester tout le monde.

A l’heure où, depuis l’épidémie, la société tout entière est envahie par des angoisses morbides augmentées par la situation catastrophique des hôpitaux, il faut imaginer ce que vivent les retenu.es enfermé.es sans aucune protection ni prise en charge de leur santé, avec comme seule certitude qu’ils seront les dernier.es -avec les prisonnier.es de la pénitentiaire – à être soigné.es…

  • Sur les proches

Les effets de l’enfermement, en prison comme en CRA, n’affectent pas que les prisonnier.e.s mais aussi leur entourage : des heures d’attente pour aller au parloir, les abus de la part des flics pendant la fouille, le mépris des juges. En ces temps d’épidémie, à cela s’ajoutent l’interdiction des visites et la peur de la contagion, en plus du manque d’information et l’absence des mesures sanitaires à l’intérieur des centres de rétention. Dans certains CRA il y a la possibilité pour les proches de venir apporter quelques affaires de première nécessité aux prisonniers comme de la nourriture, des vêtements, tabac, carte sim (à Lille, par exemple, une fois par semaine seulement). Au Mesnil-Amelot des flics sont même allés jusqu’à mettre des amendes de confinement à des familles qui venaient faire passer des affaires pour leurs proches enfermés.

Face à cette situation, les prisonnier.es s’organisent et les révoltes se multiplient.

Toujours plus de révoltes face à l’enfermement

À Vincennes, Lille, Mesnil-Amelot, Lyon et Oissel toutes les luttes menées par les prisonnier.es ces dernières semaines exigent la libération immédiate de tous les prisonnier.es et la fermeture de ces prisons pour étranger.es.

  • Révolte et répression au Mesnil Amelot

Au Mesnil-Amelot tous les prisonniers restants ont été regroupés dans les bâtiments du CRA2. Les derniers prisonniers de Plaisir et de Palaiseau y ont été transférés fin mars. La décision de regrouper les prisonniers ensemble augmente les risques de transmission du coronavirus parmi les retenus et permet uniquement de réduire le nombre de policiers de la PAF sur le terrain. Dans la nuit du 11 au 12 avril, la cour de promenade a été bloquée par les prisonnier.e.s qui l’ont envahie en criant “Liberté ! Liberté !”. Les gradés et la direction du CRA ont essayé de les faire remonter dans leurs cellules, mais ils ont refusé et ont passé la nuit dehors. Dans la matinée du 12, le dispositif de flics grossit, des CRS sont venus en renfort en plus des flics anti-émeute déjà présents. Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des bâtiments et confisquent des téléphones. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules à l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transférer dans d’autres prisons pour étranger.e.s : 5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel (Rouen). Pour les prisonniers qui se retrouvent à Lille, la répression continue, ils sont mis dans une zone du CRA ouverte pour l’occasion, isolés des autres prisonniers. Depuis, pas mal de prisonniers du CRA ont été libérés, mais sur les deux prisonniers transférés du Mesnil-Amelot qui sont passés en JLD, les deux ont été prolongés. L’un d’entre eux s’est révolté suite à cette décision et les flics lui ont fait passé la journée en garde à vue.

  • Grève de la faim et solidarité à Oissel

Lorsque, le dimanche 12 avril, les 3 prisonniers du Mesnil-Amelot arrivent à Oissel après un transfert violent, les 13 prisonniers du CRA de Oissel ont lancé une grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate. Comme ils le disaient déjà le 25 mars, ils dénoncent le manque de matériel de protection sanitaire (gel hydroalcoolique, savon, masques) qui met en danger les personnes enfermées. Les trois prisonniers transférés rejoignent alors la lutte en cours. Ils n’ont pas pu récupérer leurs affaires et leurs papiers que les keufs de la PAF ont laissé au Mesnil-Amelot.

Face à des révoltes dans les CRA, la stratégie des keufs et des préfectures est souvent de transférer ceux qu’ils considèrent comme “les meneurs” vers d’autres CRA pour briser les solidarités et l’organisation : peine perdue puisque de Mesnil à Oissel, la lutte continue ! Cette semaine au CRA de Oissel il y a eu quelques libérations et encore des arrivées. Les derniers prisonniers en grève de la faim ont arrêté le 17 Avril sans avoir obtenu aucune réponse de la part de l’administration, ils étaient à ce moment là 10 prisonniers dans ce CRA.

  • Isolement et grèves à Vincennes

Fin mars, des grèves de la faim avaient eu lieu au CRA de Vincennes. Depuis, le bâtiment 1 a fermé, les prisonniers sont concentrés dans les bâtiments 2A et 2B, où le 9 avril, des cas de coronavirus ont été confirmés, alors que les prisonniers réclamaient depuis longtemps la liberté et au moins des mesures sanitaires à la hauteur de la crise. Les flics, plutôt que d’emmener les prisonniers malades à l’hôpital, les emmènent à l’isolement. Le 12 avril, après un départ de feu dans la matinée, un prisonnier malade avec les symptômes du coronavirus était très mal en point dans la soirée. Les prisonniers ont affronté les flics pour exiger qu’il soit emmené à l’hôpital, mais fidèles à leurs sale boulot raciste, ils ont refusé d’appeler une ambulance et ont dit qu’il serait testé mardi. Aux alentours de minuit, les retenus ont fini par obtenir que le prisonnier soit emmené par une ambulance.
Pour protéger les keufs, l’administration a mis des masques à disposition des prisonnier.e.s, ce qui a évidemment été pris comme une insulte : à quoi peuvent servir les masques quand tout le monde est potentiellement déjà contaminé, et alors que la situation était dénoncée depuis des semaines ?

lire aussi : “Y’a pas de sécurité, y’a rien du tout” / Contamination, isolement et refus de soin à Vincennes

 

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Sur la justice, les politiques et les médias : même en temps de crise, n’oublions pas que ce ne sont pas des alliés
  • Le tribunal refuse de faire fermer le CRA de Vincennes

Le 14 avril, le tribunal administratif de Paris a statué sur un référé liberté demandant la fermeture du CRA de Vincennes avec une décision lâche et ambigüe, puisqu’il refuse de fermer le centre et interdit seulement les nouveaux placements en rétention dans le CRA de Vincennes. On sait que ça ne veut pas dire moins d’enfermement : dans les jours qui suivirent, on a assisté à une vague massive d’arrivées au CRA du Mesnil-Amelot, il semblerait que les préfectures et les flics se reportent maintenant sur celui-là. Le tribunal demande aussi au CRA de Vincennes, pour les prisonniers qui seraient testés positifs au Covid19, de “les isoler et les confiner tout en maintenant leur accès aux soins nécessaires à leur état de santé”. Plus que de l’hypocrisie, c’est de l’indécence et de l’acharnement car la justice sait pertinemment que l’accès aux soins en CRA est inexistant, en temps normal et encore plus en ce moment. La preuve : dimanche dernier, les flics ont rassemblés les 4 prisonniers malades dans le bâtiment 2B en les mettant tous dans la même cellule et ont entassé tous les autres (une vingtaine) à 2 par cellule dans le bâtiment 2A – on se doute bien d’ailleurs qu’il y a plus de 4 personnes porteuses du virus. On a dit aux malades qu’ils allaient être gardés au CRA car leur cas n’était pas assez grave. Finalement une personne sera libérée du CRA 2B le 20 avril et une personne hospitalisée.

  • Sur les médias, les politiques et les institutions

Les médias ont beaucoup écrit sur les CRA lors de la révolte du 11-12 avril au Mesnil-Amelot, avec des articles dans tous les sens. Pour changer, ils ne s’intéressent aux CRA que lorsqu’il y a matière a faire vendre des articles sur des “échauffourées” entre flics et prisonniers. Pire que ça, ils mettent les gens en danger : plusieurs journalistes (y compris “militants”) ont publié des témoignages audios des prisonniers et des articles avec leur prénom. En dehors d’une possible répression judiciaire après les révoltes, ces journalistes exposent les prisonniers à des représailles des flics, qui peuvent les identifier. Au Mesnil lors de la révolte, les flics disaient ouvertement que les prisonniers ciblés par les transferts ou les tabassages étaient “ceux qui parlaient trop aux journalistes”, que les flics rodaient autour des cabines téléphoniques en tendant l’oreille et tentaient de confisquer les téléphones portables.
Espérons tout de même que la brève mise sous projecteurs des CRA, notamment au Mesnil-Amelot, grâce à la révolte des retenus, ait un effet sur l’attitude quotidienne des flics, au moins pour un temps…

Avec la révolte au Mesnil on a aussi assisté à l’habituelle coup de com des politiques avec notamment Coquerel, député France Insoumise, qui s’est déplacé au CRA le 13 avril pour alerter sur la situation et distribuer des masques “à la fois aux retenus et aux policiers”. Il s’étend d’ailleurs largement dans la presse sur la manière dont les flics sont mis en danger. Les prisonniers eux, disent que rien n’a changé dans le CRA depuis sa visite.
Les institutions “indépendantes” se réveillent aussi avec notamment la Contrôleuse Générale des Lieux de Privation de Liberté, Adeline Hazan, qui s’est rendue à Vincennes et au Mesnil-Amelot et a annoncé le 17 avril qu’elle appelait le gouvernement à désengorger et à fermer les CRA. Pareil pour le défenseur des droits : pour la 2ème fois depuis le début du confinement, il a réclamé le 18 avril la fermeture de tous les CRA et la libération des prisonnier.es. Comme d’habitude tout ça c’est bien beau mais ça n’a aucun effet…

Pour nous, il ne s’agit pas (comme le font certaines associations et politiciens de “gauche”) de demander la fermeture temporaire des CRA jusqu’à la fin du confinement, ni d’exiger que les CRA soient réformés pour les rendre plus “humains” ou plus efficients. Pour nous, il s’agit de partir des paroles et des luttes des prisonniers-ères, qui montrent clairement ce qu’il faut faire avec ces prisons pour sans-papiers : les détruire.
Pour ça on continuera, virus ou pas, à faire sortir leurs paroles et à soutenir leur révoltes.

A BAS LES CRA !
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS-ERES EN LUTTE
LIBERTÉ POUR TOU.TE.S, AVEC OU SANS PAPIERS !

Alors que le confinement nous empêche de nous réunir, la lutte et la solidarité qui s’expriment depuis l’extérieur reposent sur d’autres moyens que ceux habituels. (clique sur la banderole)

 

Pour rappel : n’importe qui peut discuter avec les prisonnier-es en CRA en appelant les cabines. En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées : Soutenir les retenu.e.s – Numéros et adresses des CRA


(1) A Toulouse, un site pour lutter contre l’existence des prisons pour étranger.e.s et pour relayer la parole de l’intérieur a été créé. Il est à suivre et à partager ! https://toulouseanticra.noblogs.org/

 

 

 

Messages de solidarité aux révoltés dans les CRA

Pendant que des révoltes éclatent dans les CRA de Mesnil-Amelot, à Vincennes et à Oissel, un appel à la solidarité a été lancé : harceler les préfectures et les administrations des prisons pour sans-papiers, écrire et crier partout que les retenus en lutte ne sont pas isolés, que les CRA doivent fermer et ne plus jamais rouvrir.

On publie ici les premières photos reçues, que vous pouvez toujours envoyer à anticra@riseup.net.

Lisez jusq’à la fin, il y a des slogans stylés et un grand final (qui est aussi une bonne idée d’action)…


 

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Avant la révolte des prisonniers Mesnil mais toujours pendant le confinement :

 

… et pour finir, un gros message de solidarité depuis Bordeaux, reçu avec ce texte :
” En ce moment même, un soulèvement est en cours au CRA du Mesnil-Amelot. D’ordinaire, la détention est une torture. En ces jours de pandémie, c’est une sentence de mort.
Dans les CRA, les CEF, les HP, toutes les prisons, jusqu’aux EHPAD, les détenu.e.s crèvent en silence. “

 

 

 

 

les prisonniers des cra crient liberté,
faisons de meme

des papiers pour tou.te.s
ou pas de papiers du tout !

 

LES PRISONNIERS DES CRA CRIENT LIBERTÉ, FAISONS DE MÊME !

Depuis hier soir, les prisonniers du centre de rétention de Mesnil-Amelot ont occupé la cour de la prison pour sans-papiers, ils sont restés ensemble pour exiger leur libération, jusqu’à ce matin quand les keufs ont chargé. Sept personnes ont été emmenées en garde-à-vue.

Suivi de la révolte des prisonniers du CRA de Mesnil-Amelot. Une revendication : la libération de tou.te.s !

 

Au CRA de Vincennes, où au moins deux prisonniers ont très certainement chopé le virus, les gens bougent aussi et subissent la répression. Ce matin, après un départ de feu dans une cellule, une personne a été mise en isolement, et tout le monde a été fouillé.

Les sans-papiers enfermés dans les CRA demandent la libération immédiate de tout le monde. Alors que l’Etat compte les laisser crever dans ces taules, ils luttent coup sur coup pour obtenir leur liberté, maintenant.


Pour celleux, comme nous, qui sont à l’extérieur mais confiné.e.s, que faire pour les soutenir?

A PARTIR DE MAINTENANT :

  • CE SOIR et LES JOURS À VENIR à 20H 
    
    Crions à nos fenetres pour la libération de tou.te.s les prisonniers-ères sans-papiers ! 
    
    Accrochons des banderoles ou écrivons partout que les CRA doivent être fermés maintenant ! (vous pouvez envoyez vos photos à anticra@riseup.net)
  • Appelons en masse les numéros de l'administration des cra, pour leur faire savoir qu'on ne les aime pas et qu'on sait ce qui se passe dans les centres.
    
    Numéro de Mesnil-Amelot : 01 60 54 40 60
    Vincennes: 01 43 53 79 00
  • Saturons les mails de préfectures, ne les laissons pas faire leur sale travail impunément ! --> Appel à saturer de mails les préfectures en ces temps de confinement !
    
    pref-eloignement@seine-saint-denis.gouv.fr
    
    pref-eloignement@val-de-marne.gouv.fr
    
    pref-eloignement@hauts-de-seine.gouv.fr
    
    pref-astreinte-eloignement@seine-et-marne.gouv.fr

SOLIDARITE AVEC LES SANS-PAPIERS EN LUTTES CONTRE LES CRA

VIRUS OU PAS, LIBERTE POUR TOU.TE.S LES PRISONNIERS-ERES ET FIN DES CRA !


PS : Attention si vous appelez les cabines dans la perspective de publier un témoignage, veillez à l’anonymisation des prisonnier.ères : ne diffusez pas leur prénom ou des audios de leur voix sans modification, cela les expose à une arrestation, un procès, une peine de prison, le tabassage des flics à l’intérieur, etc, en particulier dans le contexte actuel.

 

Appel Audio: Mailbombing

Une semaine après le lancement de la campagne de mailbombing des préfectures pour la libération des prisonniers et la fermeture du CRA de Vincennes et du Mesnil-Amelot, nous renouvelons notre invitation à encombrer les boîtes mail des préfectures avec un audio à diffuser sur toutes les moyens radios.
Voici l’article avec le texte et les adresses e-mail.

mesnil et vincennes

Témoignage de Lille-Lesquin et de Toulouse

Les paroles des prisonnieres et prisonniers continuent à sortir des centres de rétention administrative encore ouverts en France.
Vous pouvez continuer à appeler les cabines et à participer à la campagne de mailbombing.
 
Au CRA de Lille, deux batiments ont été rouvert la semaine dernière pour continuer à enfermer d’avantage. Beaucoup de personnes arrivent chaque jour.
 
 
Lille-Lesquin: Zone F, le 05 Avril 2020
Nos droits ca sert à rien.. Y en a ca fait plus de 20 jours qu’ils sont ici. Moi ca fait 15 jours que je suis ici. J’ai des papiers belge, un contrat de travail, un appartement dont je suis propriétaire mais toujours je suis ici.
On est une dizaine et on est tous regroupés ici.
Quand je suis passé en face du juge il m’a demandé les papiers, et le prefet il m’a refusé. J’ai compris, je peux pas aller chez moi en Roumanie. On m’a demandé de rester ici. j’ai fait appel. J’ai compris que les aeroports etaient fermé tous ça. J’ai fait appel. La juge m’a dit pdt l’appel que si j’envoie une preuve de ma résidence en Belgique, demain t’eslibre. J’ai dit: “Ok pas de probleme”, j’ai dit à ma femme et elle à envoyé tous mes papiers.
Ca veut dire je vais attendre encore 28 jours. La ils vont me redemander les papiers et ca va refaire le probleme…
On a parlé tous ensemble. On a fait une grève de la faim mais ca a servit à rien. . On a dit si ca bouge pas a partir de lundi ou de mardi parce qu’y a des personnes qui fument, des personnes qui mangent pas tous les repas (comme moi ce midi). Pour le moment j’ai encore un peu d’argent sur moi, mais quand ca va finir l’argent je fais comment? Les mandats on a pas le droit, et ma femme à aps le droit de venir en parloir (ils sont interdit tout ça.). Si ca bouge pas d’ici lundi ou mardi.
Pour les vêtements c’est pareil. Y a des gens qui ont même pas de famille ici.
On a pas de shampoing, pas de savon. On a rien du tout pour le truc d’hygiene. Ca je parle pas.
On vous tient au courant pour la semaine prochaine.
 
Toulouse, le 07 Avril 2020
 
On devient fou ici, on peut pas rester normal ici, ça rend fou, les gens commencent à parler seuls, pas de visites, pas de cigarettes, le policier a dit qu’on peut recevoir des colis, on a besoin de cigarettes. Je suis enfermé depuis 60 jours, y’a personne ici, on peut pas parler avec la Cimade, à la prison on peut cuisiner dans la chambre, ici ils savent qu’on mange pas, c’est pas halal la viande on la jette, y’en a un qui sort et un qui rentre tout le temps qu’est-ce qu’on fait là ? Je suis en France depuis 2013, la France est restée chez nous 132 ans, je peux pas rester, c’est quoi ça ? “

“Liberez nous et point final !” Témoignage de prisonniers du Mesnil-Amelot le 5 avril

Actuellement le CRA du Mesnil-Amelot reprend son fonctionnement habituel. Une dizaine de personne arrive chaque jour du coup le bâtiment 12 à été rouvert et ils sont maintenant de nouveaux à 3 ou 4 par chambre. Voici deux témoignages (du 5 Avril) de retenus prisonniers dans ce CRA. 
 
Alors que les juges continuent de prolonger la seule demande de tous les prisonniers c’est la libération.
 
Moi hier ils m’ont prolongé de 30 jours c’est des fils de pute… Le moral ca va pas mieux du tout. Vraiment on crève ici, on est dans la merde. Y a rien. Meme pour les chiens ils acceptent pas. Meme le chien tu le ramenes ici il accepte pas ça. Vraiment on est dans la merde.
Il nous mettent comass. Ils liberent des gens mais on sait pas pq. Y a aucune égalité. Aucune…
Ils liberent comme ils veulent, ils ramenent des gens de la prisons, ils ramenent des gens de la rue.  Vrmt c’est de la merde je sais meme pas pourquoi ils nous gardent ici. On galere bientôt c’est le ramadan. Jte jure ici on peut pas jeuner ici. C’est sale, c’est sale. Ca pue Ca pue.
Faut bouger, Comme moi ils ont rien contre moi. Je me suis fait peter pour un contrôle d’identité, j’avais jamais fait une garde a vue. Je me retrouve avec des sdf, qui sortent de la prisons j’sais pas. J’ai rien compris.
En plus ils me prolongent putain. Ca fait déjà 30 jours. J’étais à Plaisir j’ai 22 ou 23 jours la bas et ils m’ont transferé ici. Ils ont libere tout le monde la bas, sauf un gars et moi. On sait pas pourquoi.
 
Y a un condé il m’a dit y a deux jours, qu’y avait une requete mais que ça avait rejeté. J’espere que le confinement ça va durer encore un peu comme ca y aura plus de vol pour moi ahah
 
En tout cas dites aux gens de dehors de faire quelque chose, nous on en peut plus
Liberez nous et point final.

“J’aimerais parler du centre de rétention du Mesnil-Amelot, où c’est très compliqué. Les gens ne viennent pas nettoyer, les salles de bains et les chambres sont extrêmement sales. Concernant le virus, qui court partout, nous voyons qu’il n’y a pas de protection pour les prisonniers ni pour les policiers. Pas de gants, pas de masques, sans rien. Il n’y a pas d’hygiène ici. La privation de liberté est sans respect. Ils te traitent mal, comme si tu étais un chien, comme si tu venais d’une autre planète. Il y a seulement de l’irrespect envers les prisonniers, et de la violence.
 
Concernant la nourriture, il y a des bagarres. C’est obligé de manger, mais à cause de la tension les gens se battent. Ça me paraît incompréhensible, il n’y a pas d’hygiène mais on doit quand même manger tous ensemble en même temps.
 
La majorité ici, on vient de prison. Nous avons fait notre peine. Je pensais que le problème était réglé, mais ils m’ont emmené au centre. Ça me paraît illégal. Ils me mettent les menottes comme si je purgeais encore ma condamnation. Ils m’ont expliqué toutes les règles : mais ici c’est pire que la prison. En prison, il y a plus d’hygiène, plus de sécurité et de tranquillité. Dans l’autre bâtiment ils ont essayé de brûler leurs matelas car ça fait deux mois qu’ils sont ici et leur demande de mise en liberté a été rejetée.
Il y a trop de discrimination de la part des agents, qui sont racistes.
La majorité ici sont arabes, ils traitent mal les arabes, ils les discriminent beaucoup. Il y a énormément de problèmes à cause du stress, d’attendre de voir les juges, les gens attendent deux mois d’être libérés, et ils les rejettent, énormément d’angoisse pour tout le monde. Le rejet des juges est difficile, on ne sait pas au tribunal ce qu’il dit car il n’y a pas de traduction. Ils te rendent un papier avec la réponse, ils te disent seulement « Rejeté ». Il y a beaucoup d’incompréhension, ce qui crée de la tension et de la violence. Concernant les vêtements : les visites sont interdites, les gens ont peu de vêtements, les gens de la laverie ne viennent pas travailler, nous lavons nos vêtements à la main. Il n’y a aucune hygiène. Tu peux te doucher, mais tous les matins ils ferment les douches pour changer le shampoing et tout, c’est très gênant.
 
La première chose qu’on veut c’est la liberté.
 
On demande la compréhension, nous sommes extrêmement fatigués de la condamnation en prison, mais cette privation de liberté c’est pire. Je ne comprends pas pourquoi ils envoient ici des gens qui ont des papiers, des cartes de séjour, des demandes d’asiles, des adresses et des attestations d’hébergement. Comme tu sors de prison, ils t’envoient ici.
 
Ce matin, 15 personnes sont arrivées ici sortant directement de prison. C’est incompréhensible ! C’est une condamnation dans la condamnation, une double peine, mais en pire, car l’endroit est trop sale et horrible, le pire.
 
Je ne sais pas ce que les gens peuvent faire. Qu’ils viennent voir comment on vit ici, comme des chiens. Qu’ils voient les chambres, les salles de bain, l’insécurité ici, plus que tout en ce moment à cause du virus. Le ministère de la justice a soi disant libéré les fins de peine des prisons, mais ils t’envoient ici. Le ministère de la justice est le plus raciste de France.
 
Liberté, solidarité, respect, dignité pour tous, car nous sommes tous humains et tous égaux, ce n’est pas car nous avons commis des erreurs que nous sommes des mauvaises personnes. Nous ne méritons pas ce traitement.
 
Nous voulons la liberté !