« Ils ont trouvé deux personnes contaminées hier » : des nouvelles du CRA de Lille

Dans le CRA de Lille la situation est explosive. Après le premier cas de Coronavirus trouvé la semaine dernière, après l’interdiction des parloirs ( ICI audio ) et après cinq jours de grève de la faim et de lutte ( ICI article ), une partie des prisonniers (moitié environ) a été testée ce mardi. Résultat : au moins deux nouveaux cas de prisonniers malades.
Malgré ça, aucune nouvelle mesure sanitaire a été prise. Apparemment l’Ordre de Malte, l’asso qui intervient dans le centre, va déposer une demande de mise en liberté, faudra voir si ça marche.

Un prisonnier rapidement la situation à l’intérieur, voici son témoignage :

 
« Ils ont trouvé deux personnes contaminées hier, mais beaucoup ont pas fait le test. Ça veut dire que quelqu’un dans ta chambre peut être malade et tu sais pas, peut être s’ils vont tester tout le monde ils vont trouver d’autres. Ils ont fait le test du nez, du coup certains ont refusé parce qu’ils disent que ça marche pas. Moi je l’ai fait quand même, il faut pas rigoler avec cette maladie.
Dans le centre ça sent mauvais, personne fait le ménage pour peur du virus, ça pue dans les cellules. C’est grave, on a peur pour la santé. »

Les prisonniers sont vénèrs et demandent de faire circuler au maximum les infos

à l’extérieur, la solidarité s’organise : ce samedi (27 juin), le Comité sans papiers de Lille (https://www.facebook.com/CSP59/ ) appelle à une manif en solidarité :
IL FAUT LIBÉRER TOUS LES SANS PAPIERS – SAMEDI 27 JUIN A 14H, MARCHONS DE PORTE DE DOUAI A CRA DE LESQUIN

Virus ou pas, abolition des CRA !

 

Appel à une assemblée publique contre les CRA – Les prisons pour sans-papiers doivent être fermées, partout et pour toujours ! – Dimanche 17 mai à 14h, place de la Réunion 20e

Les prisons pour sans-papiers doivent être fermés, partout et pour toujours !

 

Appel à une assemblée publique contre les CRA (centres de rétention administrative)

D
imanche 17 mai à 14h, place de la Réunion (métro A.Dumas/Maraichers)

CRA ET CONFINEMENT 
 
Pendant le confinement, une partie des CRA n’a pas fermé et a continué à enfermer les personnes qui n’ont pas les “bons papiers”. Face au virus, rien n’a été fait : aucune protection pour les prisonniers-ères, propagation de la maladie (notamment via les keufs qui ne portaient pas toujours de masques), absence de soins et, parfois, mise à l’isolement pure et simple des personnes malades. En plus de ça, l’isolement des personnes enfermées a été renforcé par l’absence de parloirs et les galères pour acheter du tabac ou une carte de téléphone.
 

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La solidarité avant tout. Vraiment ? Un régard sur les pays européens

Comment COVID-19 affecte les régimes de détention et d’expulsion en Europe

 
 (texte collectif écrit en anglais et traduit en français) 
 
La pandémie du Covid19 plonge tous les pays du monde entier dans une crise économique et une crise de santé publique – le virus nous affecte tou.te.s. Malgré son envergure mondiale, les États et leurs gouvernements cherchent des réponses nationales.
 
En Europe, la pandémie a poussé, à certains égards, à la solidarité et à la priorisation de la santé publique, mais aussi – et surtout –  aux  restrictions de la vie sociale et des libertés publiques. Dans de nombreux pays, le droit de circuler, de se rassembler et de protester ont été restreints par des mesures d’urgences au nom de la crise sanitaire et nous observons de nombreuses tendances autoritaires dans la mise en œuvre des mesures prises.
 
 
Il est souvent souligné que l’épidémie du Covid19 nous affecte tou.te.s. Cependant, cette crise, ainsi que les réponses qui lui sont apportées, s’appliquent à géométrie variable et catalysent souvent des discriminations et des exclusions préexistantes. Cette pandémie ne met pas seulement en lumière les conditions dégradantes dans les prisons et les centres de rétention en temps normal, mais montre également le visage le plus laid des politiques d’enfermement et d’expulsion des États de l’UE. Les États ont fait un choix sur les corps qui méritent d’être protégés et guéris et ceux qui sont exclus de la prévention, sans parler des soins. Nous sommes des militants du Danemark, d’Allemagne, de Suisse, de France et d’Italie engagés dans des luttes anti-déportation et anti-rétention. Nous nous sommes réunis pour collecter des informations sur nos contextes, afin de fournir un aperçu plus large de l’impact de COVID-19 sur différents pays. Le système de l’enfermement et des déportations diffère selon les pays européens, ce qui rend la comparaison souvent difficile. Dans certains pays, la détention administrative est effectuée dans des camps semi-ouverts. Dans d’autres, les personnes peuvent être placées en détention provisoire avant expulsion pendant une période pouvant aller jusqu’à 18 mois. Le système des camps pour les demandeurs d’asile diffère également selon les pays. Par conséquent, nous n’expliquerons pas en détail les caractéristiques exactes de chaque pays. Dans ce texte, nous avons établi une distinction entre la rétention provisoire en vue d’une expulsion et les système de camps. De plus amples informations sur les systèmes de papiers de chaque pays sont disponibles ici.
Conséquences de Covid19 sur les expulsions
Au regard de la situation actuelle des expulsions en Europe, quelques points communs se dégagent. Les expulsions entre Etats européens dans le cadre du règlement Dublin  ont été temporairement suspendues en mars, elles ont depuis reprises dans certains pays. En France, des expulsions ont eu lieu au cours du mois de mars et d’avril vers la Hollande, la Roumanie et le Portugal. Au Danemark, au moins une tentative de renvoi vers la Roumanie a été reporté depuis la fin supposée des déportations « internes ».  Il y a encore un manque de clarté concernant les vols charters et les expulsions vers les pays d’origine : si ces vols semblent totalement suspendus pour la France et l’Italie, ce n’est pas le cas pour certains pays qui semblent moins touchés par le Covid19 et les mesures d’urgence. Du côté français, les expulsions vers les pays d’origine ont été stoppées car le pays a fermé toutes ses frontières extérieures et pourrait ne pas les rouvrir avant l’année prochaine. En Allemagne par exemple, les autorités ont encore tenté de déporter des personnes vers leurs pays fin mars, ce qui a échoué deux fois en raison de mouvements de protestation. Malgré tout, il semble que les autorités allemandes poursuivent leurs efforts pour expulser les gens à tout prix. Au Danemark, le gouvernement n’est pas transparent sur l’arrêt total des expulsions vers les pays d’origine. Parallèlement, il insiste sur l’importance de rattraper tous les vols « manqués » une fois la crise terminée En Suisse, les expulsions vers les pays d’origine sont toujours possibles mais fortement restreintes.
Conséquences de Covid19 sur la détention 
 
Dans un certain nombre de pays européens des libérations ont eu lieu dans plusieurs centres de rétention au début de la crise du fait des risques sanitaires et de l’arrêt des déportations. 
Mais partout, de nombreux centres, voire la quasi totalité, restent ouverts et de nombreuses personnes sont toujours enfermées. Pire, la plupart des gouvernements ont imposé de nouvelles restrictions, et avec le ralentissement voire arrêt des déportations, les conditions de rétention deviennent à peine distinguables de celles de la prison. Les cinq pays ont en commun que les parloirs dans les centres de rétention comme dans les prisons sont actuellement interdits et que les prisonniers sont encore plus isolés de leurs proches et du reste du monde qu’auparavant.  Dans tous les pays, le droit des personnes à la santé, et peut-être à la vie, est gravement violé depuis le début du confinement.
 En Suisse, selon des informations officielles, les autorités genevoises ont libéré tout le monde en retenue et vidé complètement les centres de détention administrative de Favra et Frambois. Cependant, cette décision ne s’est pas étendue à dans d’autres régions du pays; à Bâle et à Zurich, par exemple, il y a encore plus d’une soixantaine de personnes en rétention provisoire. Dans les deux cantons, les autorités soutiennent que le motif juridique des expulsions n’a pas changé et soulignent qu’en général les expulsions sont toujours possibles et exécutées chaque fois qu’elles peuvent être réalisées. En Allemagne, les autorités n’ont pas élaboré d’approche globale sur la façon de protéger et de libérer les personnes en détention provisoire, laissant aux différents Land la possibilité de gérer à sa manière. Quelques centres de détention ont fermé et libéré tous les détenus et plusieurs personnes en attente de transfert de Dublin vers l’Italie notamment, ont été relâchées assez rapidement après l’arrêt des transferts de Dublin. Cependant, de nombreuses personnes restent détenues même si on ne sait pas vraiment quand les vols d’expulsion pourraient reprendre. Dans un centre de rétention de Darmstadt, des personnes ont manifesté contre leur emprisonnement. Aujourd’hui, cinq personnes y sont toujours retenues. Ils rapportent que les doutes liés à la situation et le fait de savoir que de nombreuses autres personnes ont été libérées mais qu’eux sont toujours enfermés représente un énorme stress psychologique pour eux. Au Danemark, le gouvernement refuse de libérer les personnes en détention pour expulsion, mais continue d’arrêter et de détenir de nouvelles personnes – bien que les prisons «normales» aient été fermées pour les nouveaux condamnés. Les gens sont continuellement transférés entre les différents lieux de rétention. Toutes les personnes qui sont transférées à Ellebæk, la prison fermée pour expulsion d’où des personnes sont expulsées de force, sont soumises à l’isolement forcé dans une prison d’État pendant deux semaines avant leur transfert.
En France, le confinement général a été déclaré le 16 mars. De nombreuses prisons pour sans-papiers sont actuellement vides du fait des libérations massives de prisonniers au cours des premières semaines de l’isolement. Cependant, elles ne sont pas définitivement fermées et d’autres centres continuent de fonctionner malgré la pandémie. À ce jour, de nombreux centres de rétention administrative (CRA) se remplissent à nouveau rapidement et les nouvelles rétention sont très souvent validées et prolongées par les juges. Comme on pouvait s’y attendre, le confinement et l’état d’urgence ont renforcé les contrôles d’identité et les arrestations arbitraires – même de travailleurs sans papiers qui n’ont pas d’autre soutien financier pendant la crise que de continuer à travailler. De nombreuses personnes sans-papiers sont également transférées directement des prisons à des centres de rétention : cette «double peine» existe depuis longtemps en France et s’est intensifiée pendant la crise. En Italie, les centres de détention (CPR) sont toujours ouverts. La fonctionnalité des centres dépend des autorités locales, et les informations à ce sujet sont partagées par le siège de la police locale (préfecture). Même si certains juges, à Potenza et Trieste par exemple, ne valident pas la prolongation de la détention, dans de nombreux cas, les CPR continuent de faire entrer de nouveaux détenus et les juges locaux prolongent ou valident la détention comme si rien n’avait changé. La principale différence est qu’au lieu d’une expulsion, il n’y aura qu’une obligation de quitter le pays.
 
Ainsi, les expulsions ne pouvant pas être effectuées, les motifs juridiques de la rétention pour expulsion disparaissent également. Même si nous rejetons cette prémisse absurde, autant que nous rejetons le régime de rétention et d’expulsion à travers l’Europe dans son ensemble, nous tenons à souligner que cela ne laisse plus aux autorités aucune justification légale ou institutionnellement acceptée pour maintenir ces centres ouverts, en particulier pendant la pandémie.
Conditions dans les centres de détention et les camps “d’accueil”
 
Même si les systèmes de camps sont différents à travers l’Europe, il y a un élément commun à tous les pays : la détérioration des conditions depuis le début de la pandémie. Pour être clair : les normes et règles sanitaires qui sont établies pour toute la société ne sont pas valables dans ces espaces. 
 En Allemagne, jusqu’à aujourd’hui, aucun camp (grands camps d’accueils où les personnes sont hébergées et assignées à résidence comme de la quasi-rétention) n’a été évacué. A l’inverse  : un certain nombre de ces camps ont été mis en quarantaine, donc totalement isolés du monde extérieur, dès qu’un habitant était testé positif. À Suhl, 533 personnes ont été collectivement détenues dans des conditions similaires à celles d’un centre de rétention après qu’un habitant du centre d’accueil a été testé positif pour Covid-19. Au lieu d’isoler la personne seule, les autorités ont confiné tout le camp et la police l’encerclait en permanence pour s’assurer que personne ne sortait. Dans un autre camp collectif, les résidents signalent le manque d’informations concernant le virus et de mesures de protection quasi inexistantes. Un autre exemple choquant est le camp d’Ellwangen où une personne sur deux, sur 500  personnes, a maintenant été testée positive. L’ensemble du camp est verrouillé, des protestations ont éclaté alors que les habitants critiquaient le manque d’informations, l’absence d’une stratégie efficace de protection des personnes et le manque de Wifi dans les sections isolées du camp. La revendication des personnes est la fermeture définitive des camps. Au Danemark, le gouvernement propose de tester les migrants sans-abri pour le virus, mais au moment où ces derniers demandent de l’aide, ils peuvent être retenus et expulsés – s’ils sont sans papiers. Le gouvernement a pris des mesures pour tenter de contenir la propagation du virus dans les centres, ce qui comprend le report de toutes les activités de loisir et de scolarité, la formation et le travail, ne laissant aux résidents aucune activité à l’exception des pauses fumeurs. Cependant, dans des centres tels que Kærshovedgård et Ellebæk, les mesures de distanciation sociale ne peuvent toujours pas être respectées, plusieurs personnes partageant chaque chambre. Il semble qu’une personne présentant des symptômes de coronavirus a été transférée d’un camp au centre de rétention de Sjælsmark et isolée dans une pièce, avec une pancarte sur la porte “Indication d’une infection par Covid-19”.
Dans les centres de rétention français, les mesures sanitaires ne sont pas du tout respectées. Les conditions d’hygiène sont désastreuses, comme le confirment les photos que nous avons obtenues du centre de Lille. Les visites sont également interdites, la nourriture et l’accès aux soins de santé sont devenus encore plus difficiles et inefficaces, les cellules et les salles communes sont encore plus sales qu’auparavant, car les nettoyeurs ne viennent plus. Dans au moins trois CRA, des prisonniers ont été déclarés positifs au virus et, très tardivement, isolés des autres résidents en étant placés au mitard (et quasiment jamais transférées à l’hôpital). En Italie, l’interdiction pour les résidents d’avoir leur téléphone portable avec eux a été étendue à tous les centres de rétention (CPR); cette mesure donne une base juridique à une pratique déjà utilisée dans le CPR de Turin, sur laquelle les autorités ne reculeront probablement pas après la crise.
On observe une situation similaire en Suisse où des photos et des séquences vidéo de chambres surpeuplées et de cuisines sales utilisées par plus de 80 personnes ont été publiées. Les habitants des camps qui ont été testés positifs ont été mis en quarantaine dans le camp et non dans un établissement médical. À Bâle, plusieurs dizaines de demandeurs d’asile ont été transférés du camp de Bässlergut dans un bunker souterrain. À Zurich, au moins deux camps ont supprimé l’aide financière d’urgence. C’est terrifiant car il s’agit du montant minimum défini par la loi pour survivre. Ces deux camps sont administrés par la société ORS, société privée et à but lucratif, qui fait du profit en incarcérant des personnes dans différents pays européens.
Actes de résistance
 
Les réponses des États de l’UE au COVID-19 révèlent clairement leurs structures oppressives, et le système d’enfermement et d’expulsion en est un parfait exemple. Les conditions inacceptables provoquent une résistance à l’intérieur et à l’extérieur des camps et des centres de rétention dans toute l’Europe. En Allemagne, les retenus ont manifesté contre la détérioration de leur situation ; dans un camp d’accueil, les résidents ont entamé une grève de la faim. Ils exigent leur libération immédiate des prisons, un hébergement décentralisé et le droit d’accéder aux soins de pour tou.te.s. Des groupes d’activistes à l’extérieur soutiennent les manifestations dans les prisons et les camps et s’efforcent de porter leur voix à l’extérieur. Dans le centre d’hébergement collectif susmentionné de Brême, des résidents et des militants allemands ont lancé la campagne # ShutDownLindenstraße (vidéo de la manifestation du 17 mars, vidéo des manifestations du 2 avril). Les manifestants ont critiqué les soins de santé problématiques, le manque sévère de précautions pour propager l’infection Covid-19, pas d’intimité, pas d’air frais dans les chambres ainsi que le stress émotionnel / mental.
Au Danemark également, il existe une étroite coopération entre les retenus et  certains collectifs. Les militants utilisent la radio et les réseaux sociaux pour diffuser les demandes de libération des retenus au public et attirer l’attention sur les troubles dans les centres. L’utilisation de ces canaux est également répandu en Suisse, où des campagnes ont été lancées pour attirer l’attention sur la situation dans les camps et faire des demandes concrètes à la société civile. En outre, la société civile est invitée à ouvrir des espaces privés tels que des hôtels et des airbnbs pour accueillir les personnes enfermées dans les camps d’hébergement. En ce sens, quatre maisons ont été squattées à Zurich.
 En France, les révotes au sein des centres de rétention s’intensifient. Il y a une résistance quotidienne contre les flics, les détenus font des grèves de la faim et certains prisonniers ont mis le feu à leurs cellules et matelas pour protester. Toutes les différentes formes de résistance ont pour finaliter de dénoncer les conditions sanitaires misérables et ont des revendications similaires à celles des autres pays : la libération immédiate de tous les retenu.e.s et la fermeture des centres. Des conditions analogues en Italie entraînent des protestations et des révoltes dans les centres de rétention. À Gradisca, une partie d’un centre de rétention a été détruite par le feu. Tout porte à croire que ces protestations ne s’arrêteront pas. La répression inhérente au système d’immigration continuera de susciter des résistances. 
Remarques finales
 
Ces situations révèlent la violence sous-jacente et la nature coercitive du régime de rétention et d’expulsion de l’UE. Dans une UE qui prétend donner la priorité à la santé des personnes, les centres de rétention / prisons peuvent être identifiés comme «une exception à l’état d’exception». Ce que la pandémie rend plus évident que jamais, c’est que la véritable fonction de ces centres est de contenir un petit groupe pour avertir tous les autres. Les centres de rétention ne sont pas seulement des outils pour exercer un contrôle sur les populations racisées, mais aussi une mesure dissuasive pour inspirer la peur à tous ceux qui n’ont pas de séjour régulier dans l’UE. En temps de crise, comme celui que nous traversons, les centres de rétention révèlent finalement leur véritable rôle, ayant perdu la façade institutionnelle qui justifiait rhétoriquement leur nécessité. La déportation était la seule raison qui pouvait être utilisée par les gouvernements européens pour justifier les centres, et elle est en train de disparaître. Les gouvernements de l’UE indiquent clairement que tout le monde ne mérite pas d’être protégé contre la pandémie.
 
 
Listing OF CAMPAIGNS AND INFORMATION PLATFORMS
 
  • Denmark :
Link to the statement from inside Kærshovedgård camp, published on Facebook: https://www.facebook.com/CLOSETHECAMPSDK/photos/pcb.3647608855282708/3647608681949392/?type=3&theater
 
 
Droplet Radio has provided a platform for voices inside Kærshovedgaard deportation camp, Sjæslmark Deportation Camp and another camp in Jutland (in English and Danish):  https://www.spreaker.com/user/fredagaften/drbrd-2, https://www.spreaker.com/user/fredagaften/program-3-master-final-aac-for-audio-pod
 
Krav Fra en Pandemi, the Danish platform of the transnational campaign Demands from a Pandemic, whose manifesto includes the demand to close all camps and guarantee health for all:
 
  • Switzerland : 
Rise Against Borders: http://riseagainstborders.org
 
Solinetz Bern, call for the support of rejected asylum seekers by civil society: https://solidaritaetsnetzbern.ch/aufruf-private-unterkunft/
 
Squatting of houses “Solidarity for all”: https://zuhause.zureich.rip
 
  • France :
Latests news of the situations and the revolts happening 
 
Call for mail bombing to the prefectures and solidarity banners 
 
Situation in the CRA of Lille (with some pictures) 
 
Call from the prisoners of the center Mesnil Amelot (close to Paris) to the associations who support migrants to ask the state for a general release 
 
Some informations of the CRA in Lyon and Toulouse
 
  • Germany :
We´ll come United – an open initiative of people from different social, antiracist and political networks in Germany. Follow them on Twitter and Facebook.
 
Community for All – local network against the deportation prision in Darmstadt, Germany. You can also follow them on Facebook or Twitter.
 
Together we are Bremen – a group of refugees and supporters in Bremen, that is currently very active protesting the conditions in camps. Follow them on Twitter or Facebook.
 
Refugees 4 Refugees – Self-organized platform by and for refugees. Follow them on Twitter.
 
Antirassistische Netzwerk Sachsen-Anhalt – supports the struggles at the reception camp Halbertadt. Follow them on Twitter. 
 
  • Italy : 
General overview about the current situation in the CPR and revolts happening : 
 
  • Belgium : 
General overview about the current situation in the CPR and revolts happening : 
 
  • International :
 

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Feux de cellules et vol charter: des nouvelles de la prison du Mesnil-Amelot

Des prisonniers enfermés au Mesnil-Amelot continuent de faire sortir régulièrement des nouvelles. Le Mesnil c’est la plus grosse prison pour sans-papier de France, à côté de l’aéroport Charles de Gaulles avec plus de 240 places pour enfermés les étranger.e.s. C’est aussi la seule prison pour étrangère en Ile de France où la préfecture peut enfermer des femmes et des enfants.

Depuis le début du confinement – et du surenfermement dans les prisons : plus de parloirs, encore moins de possibilité de recours juridique : les prisonnier.e.s du Mesnil-Amelot sont jugé sans leurs présence – les prisonnier.e.s se sont révoltés très régulièrement. Dès le 16 mars une première grève de la faim des prisonniers du CRA 2 et du CRA 3 se mettent en grève de la faim pour exiger la fermeture de la prison et du matériel pour se protéger. Depuis différentes formes de lutte ont eu lieu : blocage de promenade, grève de la faim, communiqué, feu de cellule.. La direction et la préfecture n’ont quasiment rien laché face à ces différents mouvements : toujours pas de test massifs des prisonnier.e.s et des keufs, toujours plus de personnes enfermées, toujours pas de moyen pour que les prisonnier.e.s puissent se protéger face au virus (masques, gel ou savon).

Depuis le début du ramadan, le 24 avril, les prisonniers qui font le ramadan ont été séparés des autres.

Le mercredi 29 avril différentes préfectures ont mis en œuvre l’expulsion d’une cinquantaine de personnes enfermées dans les prisons du Mesnil-Amelot,de Lille-Lesquin et de Toulouse (au moins) vers la Roumanie à travers un vol spécialement affrétés par Tarom, une compagnie roumaine.

Le jeudi 30 avril plusieurs cellules sont brulés dans le batiment 11 avant qu’un prisonnier accusé par les keufs de la PAF (police aux frontières) soient d’abord placé à l’isolement, le lendemain 3 personnes ont fait une gav, deux on été réenfermé au CRAla 3éme a surement été jugé en comparution immédiate. Les pompiers et des employés d’EDF interviennent pour retaper au plus vite et que la PAF puissent continuer d’enfermer toujours plus. Les prisonniers ont été regroupé dans un même batiment, ce retrouvant jusqu’à 4 par chambre.

Le 3 mai une cellule du bâtiment 10 est brûlé. Les pompiers sont en ce début d’après-midi encore au CRA. Cette fois impossible de déplacés les retenus, ils devront dormir dans des chambres encore pleine de cendre. Pas encore d’information sur de possible placement en GAV.

Depuis plusieurs jours des prisonniers se plaignent régulièrement d’effets « étranges » après les repas : fatigues intenses, langue sèche. Leurs compagnes racontent qu’ils dorment l’après midi-entière contrairement à leurs habitudes et qu’il ont la voix pâteuse au téléphone. Ils dénoncent l’utilisation de médicament dans la nourriture pour calmer les prisonniers et les empêcher de se révolter.

“On va faire un tour de France gratuit des CRA, tant que ça ne s’améliorera pas ! ” : révoltes au CRA de Lille et transferts au CRA de Metz

A Lille, la prison pour sans papiers est toujours remplie, plus de 45 personnes sont actuellement enfermées, ni les juges ni les préfets ne libèrent, les conditions sont toujours aussi pourries et les tensions se sont exacerbées avec le début du Ramadan : les flics laissent rentrer de la bouffe dans certains bâtiments et pas dans d’autres et se foutent de la gueule des prisonnier.e.s.
 
 

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CONTRE LE RACISME, LES PRISONS ET LES FRONTIERES : MOBILISONS-NOUS !

Publié par les copaines de Crame ton CRA – Lyon, on fait tourner un appel à se mobiliser contre les CRA ainsi qu’un texte pour la fermeture totale des CRA :

CONTRE LE RACISME, LES PRISONS ET LES FRONTIERES : MOBILISONS-NOUS ! Covid ou pas, la répression est toujours là et il est important d'y répondre !

Appel à préparer des banderoles et des slogans pour le mardi 5 mai, à les prendre en photos et à les poster sur l'évènement, à les envoyer par message à la page Crame ton CRA - Lyon St Ex, ou bien à les envoyer à l'adresse mail lyonanticra@riseup.net.

Si vous avez des idées de slogans/banderoles, n'hésitez-pas à les proposer sur l'évènement pour que l'appel soit le plus inclusif possible! voici quelques idées :

"ouvrir les frontières, fermer les prisons"
"mur par mur, pierre par pierre, nous détruirons toutes les frontières"
"ni patron, ni macron, ni maton"
"virus ou pas, à bas les CRA"
"Vérité et justice pour Adil, Mohamed, Boris"
"La police assassine, justice pour les victimes"
"Pas de justice, pas de paix"
"A bas le racisme et l'islamophobie"

Virus ou pas, à bas le racisme, les frontières et soutien à toustes les prisonnierEs !

https://www.facebook.com/events/1462275560638383/
 

Il y a un mois dans le contexte de l’épidémie de Covid-19 qui déferlait en Europe, certains articles de presse ont rapidement évoqué la situation dans les lieux de privation de liberté : CRA, maisons d’arrêt, maisons centrales. Dans cet espace médiatique, quatre des associations qui gèrent les prisons pour étrangèrEs (CRA) et qui participent à la politique migratoire raciste et répressive et de l’État lançaient soudainement un appel à leur fermeture temporaire.
 

Elle n’est évidemment que temporaire. L’intervention dans les centre de rétention représente l’obtention de marchés publics s’élevant à plusieurs milliers d’euros. Pour ces associations la présence dans les CRA signifie des financements conséquents. L’objectif de cette fermeture temporaire est de préserver leurs salarieEs qui répriment et trient les migrantEs. Ce n’est clairement pas par souci des prisonnierEs qu’iels ont elleux-mêmes enfermé.

Le danger pour les PrisonnierEs est inhérent à l’enfermement.
Ce n’est pas le virus qui doit justifier la fermeture des centres de rétention mais bien l’existence même d’un système qui enferme, torture et déporte les sans-papiériséEs.
Cinq personnes sont mortes entre les murs des CRA en France depuis 2017 dont trois depuis août dernier. Des dizaines y sont actuellement malades. Ces associations assurent, organisent et protègent l’enfermement, les pires conditions de détentions, les violences policières, les vols, les tabassages, les humiliations, les viols, le refus de soin et la mise en danger médicale… tout ce qui structure les CRA.

Le droit à la santé (mentale ou physique) ne pourra jamais être assuré pour des personnes enferméEs, Covid19 ou pas. La violence est inhérente à l’enfermemement. Cette pandémie ajoute une violence supplémentaire pour les prisonnierEs.

Aucune valeur n’est à accorder à cet appel comme à tout appel provenant d’associations qui organisent la répression, le tri, le fichage, la déportation des migrantEs (Forum Réfugiés, Cimade, ASSFAM, France Terre d’Asile, Ordre de Malte…)

Depuis la publication de cet appel, de nombreuses associations sont retournées dans les CRA ou continuent leur répression par télétravail. Actuellement, de nombreuxses personnes continuent d’être enferméEs, dont minimum une trentaine à Lyon.

Personne ne peut se réjouir d’une fermeture provisoire, personne ne doit être enferméE ni sanspapiériséE, les CRA ne doivent tout simplement pas exister.

En tout temps, à bas les prisons et les frontières, et solidarité avec touxtes les prisonnierEs.  »

 


publié initialement sur Crame ton CRA – Lyon

 

Situation au CRA de Toulouse le 26 avril : 7 nouvelles personnes enfermées en 48 heures et des juges qui valident et prolongent l’enfermement, virus ou pas.

On relaye ici le témoignage d’un retenu au CRA de Toulouse recueilli le 26 avril par les copaines de Toulouse Anti CRA


7 nouvelles personnes sorties de prison ont été enfermées ces 3 derniers jours. Au total, 8 personnes, 2 au secteur E et 6 au secteur D.

L’audience en visio du JLD du samedi 26 avril n’a libéré personne, pas même celui qui est au CRA depuis un mois et qui a subi des violences policières. Ils ne peuvent pas le déporter, les frontières du Portugal sont aussi fermées. Pendant l’audience la préfecture est la plus floue possible sur les frontières et les déportations, vu qu’elles ne peuvent pas avoir lieu. Évidemment le juge n’y voit rien à redire et se fout du danger pour la santé des personnes, sachant que les 7 arrivent toutes de la maison d’arrêt de Seysses, où il y a eu un cas de Covid-19 testé positif le 17 avril. On enferme, on applique la double peine, c’est de toute façon déjà le cas hors période de pandémie, les prisonnier·e·s qui arrivent au bout de leur détention ont droit à une autre prison tenue par les flics de la PAF.

Témoignage d’un prisonnier du CRA de Toulouse qui a voulu se suicider à son arrivée au CRA, après avoir passé 3 mois à la prison de Seysses :

« Je sors de la prison pourquoi on me met ici, encore 28 jours ? Ils m’ont donné 6 mois ferme pour conduite sans permis et j’ai fait 3 mois à Seysses, je sais que j’ai fait une connerie, j’ai payé mais pourquoi je suis là maintenant, j’ai une famille, je suis marié, ma mère est ici aussi, on a une maison, on paye le loyer, j’ai un contrat, un CDI, tout, pourquoi on me met ici ?

Les frontières sont fermées et ils nous gardent ici pourquoi ?

On fait quoi ici ? On peut pas manger à notre faim, pas de visites, pas de cigarettes, on peut rien faire, c’est très sale, c’est trop dur pour nous. Moi j’ai des papiers et je suis ici, y’en a qui ont pas de papiers et qui sortent, je comprends pas comment ça marche…Pourquoi je reste pas dehors jusqu’à à la fin du coronavirus avec ma famille ? ça sert à rien que je reste là. J’ai personne en Roumanie, si je pars là-bas et si je reviens, ils vont encore me mettre en prison !

3 mois et demi que je n’ai pas vu ma famille, je voulais mourir aujourd’hui, je voulais me mettre la corde et mourir,  je l’ai dit à ma famille, je leur ai dit excusez-moi pour tout, je vais mourir…

J’ai attaché le drap à la gorge, 4 policiers sont arrivés, ils ont vu à la caméra, ils m’ont vu à la balustrade…Après je me suis calmé.

Un policier d’ici a parlé avec ma mère, elle est venue au centre pour venir me chercher, les gendarmes l’ont arrêté, ils lui ont mis une amende au rond point, elle n’a pas d’argent, elle est venue à pied, pas de bus qui marchent…

J’ai un peu d’argent sur moi mais je peux pas téléphoner, je peux pas acheter de cigarettes, j’ai un téléphone avec caméra mais ils veulent pas qu’on filme, je peux pas le garder. »

 


Article initialement publié sur Toulouse Anti CRA

” Ils sont là pour violence, c’est ça leur travail ? ” : solidarité entre prisonniers et provocations policières à Vincennes

Malgré le confinement, les frontières fermées et la pandémie à l’extérieur, malgré les conditions sanitaires désastreuses et les retenus qui tombent malades, la prison pour étrangers de Vincennes continue d’enfermer des personnes qui n’ont pas les “bon papiers”. Depuis plusieurs semaines, les prisonniers sont transférés d’un bâtiment à un autre comme s’ils étaient des objets, ils sont mis en isolement pendant des jours et des jours si les flics suspectent qu’ils soient malades, mais ces derniers refusent d’hospitaliser les gens sauf s’ils sont vraiment au bout de leur vie.

Ces deux derniers jours, ça a bougé au CRA. Jeudi soir d’abord, lorsqu’un groupe de solidaires et d’ennemi.e.s des frontières est passé à l’extérieur de la prison, et les prisonniers ont répondu avec force de manière collective.
Hier soir (vendredi) ensuite, quand l’équipe de nuit des keufs est rentrée dans une cellule en provoquant les personnes qui y étaient enfermées, alors même qu’elles venaient de rompre le jeûne pour le Ramadan.


On publie ici des témoignages sur ces deux épisodes.

Comme d’habitude, les flics montrent tout leur mépris envers les prisonniers.
Comme d’habitude, la réponse à la hogra et à la violence de l’état c’est la solidarité et la lutte.

Ne laissons pas les prisonniers-ères isolé.e.s, soutenons leurs luttes !
Liberté pour tou.te.s et abolition des Cra maintenant !

Jeudi 23 dans la soirée, des feux d’artifice ont été tirés devant le centre de rétention administrative, et les prisonniers racontent qu’ils ont entendu crier “Liberté” pendant quelques minutes. Les flics à l’intérieur n’ont visiblement pas apprécié le spectacle et comme ça criait aussi à l’intérieur, ils ont voulu mettre des gens à l’isolement : les prisonniers ont résisté et réussi à empêcher les flics de les diviser. Feu aux CRA !

“Hier il y a eu des feux d’artifice dehors, les policiers ils se sont énervés, ils aiment pas les trucs comme ça. Ils sont venus pour essayer d’emmener des gens à l’isolement, on les a pas laissé faire. On a crié pendant les feux d’artifice, alors ils demandaient « pourquoi vous criez ? ». Ils voulaient mettre 2 personnes à l’isolement « pourquoi tu cries, pourquoi tu tires la chaise ? » Nous on criait pour se soulager, et parce qu’on a vu les feux d’artifices. Finalement ils ont emmené personne à l’isolement parce qu’on a refusé, après ça s’est calmé.

La violence c’est sur tout le monde, pas que hier. Parfois ils descendent des gens au coffre parce que là bas il y a pas de caméra et ils tabassent les gens. Une personne a 3 certificats médicaux parce qu’il a été tabassé.”

Un autre retenu s’exprime ensuite :

“Hier on a commencé à crier, les flics sont venus, ils ont parlé méchamment, ils nous ont poussé, ils nous ont provoqué. Ils ont dit « on va vous ramener à l’isolement, on vous a vu crié à la caméra, c’est interdit ». Du coup on a refusé, un policier m’a poussé pas mal de fois avec des insultes. C’était pour nous provoquer.

Puis le chef est venu, tout le monde a dit « nous on a rien fait ». Tout ça ça a duré 20mn. A la fin ils ont emmené personne. A cause de ça ils ont pas ouvert le distributeur.

On est 13 personnes dans le bâtiment 2A, et il y a 3 personnes contaminées avec test positif. Elles sont ici dans le CRA, dans le 2B, en isolement, alors qu’elles devraient être à l’hôpital.

Maintenant il y a le droit à une visite par semaine par personne.

C’est n’importe quoi ce qui se passe. Nous on cherche pas que la liberté, on cherche la santé aussi. On va mourir pour rien. Un animal malade ici vous le ramenez à l’hôpital, mais nous les êtres humains on nous laisse là. On est ici parce qu’on n’a pas de papiers, mais on a le droit de vivre quand même non ? On dit que la France elle respecte les droits de l’homme mais ici elle respecte rien du tout. C’est de l’hypocrisie, c’est pas humain.”

Le lendemain vendredi 24 avril, premier jour de Ramadan, la rupture du jeûne d’un groupe de prisonniers musulmans est interrompue par l’irruption d’une équipe de keufs dans une cellule. Il faut savoir aussi que pendant le Ramadan, les retenus ont droit d’amener de la bouffe dans les cellules, ce qui est normalement interdit. Mais apparemment les flics n’ont rien à foutre…

” Comme c’est ramadan depuis le matin tout le monde est dans sa chambre tranquille, il y avait pas de problème alors les flics viennent nous provoquer pour chercher les problèmes, parce qu’on a pas la même religion.
Là ils viennent de rentrer dans ma chambre, on était 3 personnes en train de manger, tranquilles, ils ne toquent pas à la porte, ils rentrent comme ça en donnant un coup de pied dans la porte et font du bordel, je leur demande ce qu’ils veulent, ils me disent qu’ils cherchent une plaque de cuisson, qu’ils vont me mettre à l’isolement. Mais moi j’ai pas de plaque, je leur dis, en plus il y a des caméras dans le couloir ils auraient vu si j’avais une plaque.
Ils sont violents avec nous parce qu’on est musulmans. Ils sont là pour la violence c’est ça leur travail ? Maintenant je vais dénoncer, si je meurs ici c’est que c’est eux qui m’ont tué.
Ils menacent de me mettre en isolement. Je leur dis vas-y prends moi, mets moi en isolement, ils pensent qu’on a peur ? Pourquoi ils cherchent les problèmes avec nous ? Ca va mal finir. “

Le témoignage d’un autre retenu confirme ce foutage complet et provocatoire des keufs:

« Allo ouais je vous appelle, là on était à l’heure de manger, on était toute la journée on est calme on parle pas avec eux, on essaye faire notre religion tranquille, chacun dans sa chambre, jusqu’à l’heure de coupure pour que on mange, la police il vient, il nous laisse pas tranquille, je sais pas y’a aucun respect je sais pas, ils sont venu chercher un plateau, c’est quoi un plateau, laisse nous manger après on va déposer le plateau, c’est même pas une minute on à même pas encore couper, on à rien manger jusque là. ils viens ils prend mon amis ils essaye de le taper, ils voulais lui mettre isolement, juste pour un plateau, en plus ils vienne tous presque 20 policier ils vienne, ils essaye de nous taper, de nous faire des truc.

C’est pas logique j’ai jamais vu ça c’est pas logique, c’est des trucs c’est inimaginable, tu peux pas l’imaginer dans ta tête, je comprend plus rien du tout ici , je comprend plus rien du tout.

C’est le mois de ramadan nous on est calme en plus y’a la maladie, y’a les crises, y’a des gens leurs famille sont malades, y’a des gens ils savent même pas leur famille ils sont mort ou pas.
y’a un ami avec moi ici, son père il est maladie avec le covid 19, il a même pas de nouvelles de lui, les gens ça les stress, la police ils nous respecte pas, ils essaye de nous taper, nous mettre isolement au mois de ramadam, nous c’est même pas ça même pas avaler un truc même pas boire de l’eau.

Je sais pas ils sont tellement méchant je sais même pas comment ça va se passer ici avec eux, nous on est solidaire déjà, ils nous respectent pas, ils fait des trucs pour que nous on s’énerve pour que à la fin ils nous mettre isolement. Nous on veux pas ça, nous on est en train de faire notre mois de ramadan tranquillement, on parle pas avec eux, on été calme toute la journée, à la fin ils viens ils nous fait ça, la merde, pour rien du tout.

Parce que nous ici on est des animaux on est pas des humains pour eux, on est des animaux je vous le répéte on est des animaux, jamais j’ai vu, ici en france y’a du racisme, la police c’est des raciste ils nous aiment pas, je sais pas pourquoi ils nous aime pas, on à rien fait, oui on à pas de papier, c’est pas parce que on à pas de papier on est pas des humains, même nous on à des famille, c’est pas parce que on est pas naît en france, si il fallait nous faire faire esclavage, on est pas des esclavage, on est en 2020, quand même.

y’a des choses c’est vraiment, c’est des… j’arrive même pas les mots je veux dire vraiment.

Aidez nous, aidez nous, aidez nous, qu’est-ce que peux vous dire aidez nous, parce que nous on est en train de fatigué là, s’il vous plait, qu’est-ce que je vous demande le jour d’aujourd’hui, que vous essayer de nous aider, pas plus pas moins.

On à même pas demander qu’ils nous laisser sortir ou un truc, juste respectez nous, respectez nous, nous on vous respecte.

C’est mois de ramadan, normalement on est à coté de notre famille on est enfermé avec la maladie, avec la crise, on à même pas de visites, on est en train de souffrir ici. En plus ils nous donne du manger, hé vous le manger même pas, même ils le donne vous le manger même pas, c’est dégueulasse, t’arrive même pas à le manger, ouais à la fin ils nous respectent pas plus.

Franchement je vois ça c’est inimaginable, tu peux pas l’imaginer dans ta tête tu peux pas, tu peux pas. S’il vous plait aidez nous, qu’est-ce que je vous demande, s’ils vous plait aidez nous, aidez nous, aidez nous, on est en train de souffrir, on est en train de nous torturer la police ici, vous entendez au centre de Vincennes on est en train de souffrir, on est en train de souffrir, on est en train de souffrir.

Merci beaucoup et je vous souhaite une bonne soirée. »

“Les mesures de sécurité contre le COVID 19 sont très très faible, mais on y est confronté et on est limite livré à nous même“ : témoignage d’un prisonnier du CRA de Mesnil Amelot

Depuis fin mars, les prisonnièr.es des cra de Palaiseau et de Plaisir ont été régroupé.es dans le cra de Mesnil Amelot, à proximité de l’aéroport Charles de Gaulle. Les révoltes qui se sont produites dans le centre pour protester contre le manque absolue de mesures de protection contre la propagation du covid-19 ont été réprimées avec le déplacement de certains prisonniers vers les cra de Lille et de Oissel (Rouen). Au Mesnil, rien n’a changé aux conditions de saleté et proximité dans lesquelles les détenu.es sont obligés à vivre – pire, deux bâtiments du centre ont été vidés et tous les détenus ont été regroupés dans une même structure. Entre samedi et dimanche dernière, 22 personnes en plus ont été renfermées à Mesnil.

 Je suis rentré au CRA le 12 avril, je suis passé auprès du tribunal qui m’a assigné à résidence, ils m’ont relaché. Ils m’ont dit d’aller au commissariat pour signature. Je suis parti au comissariat, ils m’ont juste dit respecte bien ce qui est écrit dans le jugement. Parce que le tribunal m’a condamné à signer 3 fois pendant 28 jours, chaque mercredi je dois me présenter au commissariat. Et puis je suis revenu chez moi.
Le lendemain je suis allongé tranquille avec ma femme, ça a sonné, on a ouvert la porte. Ils disent venez avec nous pour vous dire comment faire la procédure de signature. Je leur ai dit c’est bon c’est clair, y a rien à expliquer, ils ont insisté, “la chef voudrait vous parlez”. Personnellement je suis sorti en short. Après ils m’ont emmené au commissariat, et là hop retournement de situation, ils m’ont menoté, et dit monsieur vous allez repartir au CRA.
 
Ils nous harcèlent, y a pas que moi.
 
Personnellement je viens pas de prison, même les policiers y disent toi t’as rien à faire ici, il devait pas t’embarquer. Mon histoire à moi je la comprends pas.
 
Je me suis retrouvé encore dans le CRA, comme si j’avais dormi, j’ai rêvé que j’étais chez moi et le lendemain quand je me suis révéillée…
 
Actuellement je suis toujours au centre de rétention. Je vais vous parler de ce qui se passe en mesure d’hygiène et sanitaire. Les mesures de sécruité contre le COVID 19 sont très très faible, mais on y est confronté et on est limite livré à nous même.
 
Moi personnellement pour toucher les portes et tout ça j’utilise un tee-shirt et je le lave après.
 
En 1er lieu y a des gens qui viennent de prison, ils les amènent au CRA et puis ils subissent rien, ni dépistages, ni gants, ni solution hydro-alcoolique rien, pas de mesure de sécurité.
 
Les chambres c’est des petites chambres avec des lits superposés, les mesures de sécurités sont trés faibles donc on essaie.
 
Moi personnellement dans ma chambre quand mon co-détenu commence a tousser, je sors dans la petite cours, je préfère rester une heure ou deux dans le froid la nuit que d’affronter ce virus que je connais même pas le remède, que même les plus grands chercheurs, les plus grands médecins trouvent pas la solution.
 
Y a plusieurs cas, moi je trouve qu’ils ont les symptomes. Ils vous le disent carrément, j’ai du mal à respirer, j’ai du mal à avaler, ils ont les larmes aux yeux, ils toussent, ils vomissent.
 
Pourquoi je prends des risques moi à rester ici. D’une part il nous dise y a le blocage y a pas d’avion, et d’une autre part on est livré à nous même, à affronter ce virus que même même les states, même les états unis ont pas réussi à trouver le remède.
 
Y a des gens qui disent, moi personellement si y avait un avion je préfère rentrer chez moi, quitter là.
 
L’allume cigare c’est des petits boutons dans le mur sur le côté, tout le monde y touche, les robinets tout le monde y touche, les portes…
 
Dans refectoire on est tous collé, y a même pas 5 à 10 cm de distance entre nous, on n’a pas de petite bouteille d’eau, on touche tous le même pichet, y a encore plus de contact là bas, alors j’évite de manger.
 
Même les policiers ils ont pas de masques, ils ont pas de gants, ils ont rien eux aussi, voilà limite on est tous les 2 confrontés à nous même.
 
Le danger ça vient de l’extérieur.

“Ici vous avez le droit à rien” : témoignage d’un prisonnier du cra de Nîmes

Le cra de Nîmes fait partie des cra encore ouverts à l’heure actuelle. Normalement il y a 140 places, 7 bâtiments de 10 cellules pour 2 personnes. Dans le bâtiment où la personne témoigne (zone B1) 4 des cellules ne peuvent pas être occupées à cause du lavabo bouché et de fuites d’eau. Malgré les risques que cela représente, avant hier il y avait des gens qui étaient 2 par cellule, des nouveaux arrivants notamment. Aux dernières informations, il y aurait encore 11 prisonniers qui y sont détenus.
 
” Ici, c‘est 10 000 fois pire qu’une prison.
Ici vous avez le droit à rien.
Qui c’est les gens qui ont une téléphone sans caméra? Je voulais en acheter un mais c’est 30 euros et avec la carte 45. Et, pour activer la puce, il faut avoir un papier valide sauf que la plupart des gens ils arrivent ici sans papiers. 
 
Ca fait plus de 20 jours que je suis là et hier seulement ils ont changé les 2 serviettes.
Y’a des policiers ils portent des masques et d’autres non. Y’a des gens ils arrivent on sait pas si ils sont contaminés. Si y’en a un qui rentre avec le virus, il nous le colle directement.
 
Ici, il y a beaucoup d’analyses à faire. Ici les wc c’est dégueu. Ici c’est lavé avec une serpillère sale, avec de l’eau sale. Ca pue.
Si on pouvait faire des prélèvements, je vous dit pas tous les microbes. Le lavabo pareil.
 
Les moisissures y’en a partout, tout autour de la cellule, dans la cellule. L’aération je vous en parle pas. La bouche qui aspire l’air c’est des saletés. Y’a plein de microparticules qui sortent
chaque seconde. La poussière elle est marron, noirâtre qui sort de l’air chaud alors qu’il fait pas froid. On a pas besoin de chaleur.
 
La honte de la france. En prison aussi c’est sale vous imaginez même pas. Ici on a le droit à rien, absolument à rien. Ici il faut arriver avec des shampoings. Je vais faire payer l’etat. On nous donne un tout petit savon blanc, et ça te laisse des traces blanches sur les mains qui ne partent pas. Y’a pas d’éponges.
Aussi, c’est la première fois que je vois des toilettes comme ça.
 
Ici c’est super blindé, si ils nous laissent tout seuls, je sais même pas si on arrivera à sortir. J’aurais préféré rester dans ma cellule (de
prison), au moins j’étais tranquille.”