“Les mesures de sécurité contre le COVID 19 sont très très faible, mais on y est confronté et on est limite livré à nous même“ : témoignage d’un prisonnier du CRA de Mesnil Amelot

Depuis fin mars, les prisonnièr.es des cra de Palaiseau et de Plaisir ont été régroupé.es dans le cra de Mesnil Amelot, à proximité de l’aéroport Charles de Gaulle. Les révoltes qui se sont produites dans le centre pour protester contre le manque absolue de mesures de protection contre la propagation du covid-19 ont été réprimées avec le déplacement de certains prisonniers vers les cra de Lille et de Oissel (Rouen). Au Mesnil, rien n’a changé aux conditions de saleté et proximité dans lesquelles les détenu.es sont obligés à vivre – pire, deux bâtiments du centre ont été vidés et tous les détenus ont été regroupés dans une même structure. Entre samedi et dimanche dernière, 22 personnes en plus ont été renfermées à Mesnil.

 Je suis rentré au CRA le 12 avril, je suis passé auprès du tribunal qui m’a assigné à résidence, ils m’ont relaché. Ils m’ont dit d’aller au commissariat pour signature. Je suis parti au comissariat, ils m’ont juste dit respecte bien ce qui est écrit dans le jugement. Parce que le tribunal m’a condamné à signer 3 fois pendant 28 jours, chaque mercredi je dois me présenter au commissariat. Et puis je suis revenu chez moi.
Le lendemain je suis allongé tranquille avec ma femme, ça a sonné, on a ouvert la porte. Ils disent venez avec nous pour vous dire comment faire la procédure de signature. Je leur ai dit c’est bon c’est clair, y a rien à expliquer, ils ont insisté, “la chef voudrait vous parlez”. Personnellement je suis sorti en short. Après ils m’ont emmené au commissariat, et là hop retournement de situation, ils m’ont menoté, et dit monsieur vous allez repartir au CRA.
 
Ils nous harcèlent, y a pas que moi.
 
Personnellement je viens pas de prison, même les policiers y disent toi t’as rien à faire ici, il devait pas t’embarquer. Mon histoire à moi je la comprends pas.
 
Je me suis retrouvé encore dans le CRA, comme si j’avais dormi, j’ai rêvé que j’étais chez moi et le lendemain quand je me suis révéillée…
 
Actuellement je suis toujours au centre de rétention. Je vais vous parler de ce qui se passe en mesure d’hygiène et sanitaire. Les mesures de sécruité contre le COVID 19 sont très très faible, mais on y est confronté et on est limite livré à nous même.
 
Moi personnellement pour toucher les portes et tout ça j’utilise un tee-shirt et je le lave après.
 
En 1er lieu y a des gens qui viennent de prison, ils les amènent au CRA et puis ils subissent rien, ni dépistages, ni gants, ni solution hydro-alcoolique rien, pas de mesure de sécurité.
 
Les chambres c’est des petites chambres avec des lits superposés, les mesures de sécurités sont trés faibles donc on essaie.
 
Moi personnellement dans ma chambre quand mon co-détenu commence a tousser, je sors dans la petite cours, je préfère rester une heure ou deux dans le froid la nuit que d’affronter ce virus que je connais même pas le remède, que même les plus grands chercheurs, les plus grands médecins trouvent pas la solution.
 
Y a plusieurs cas, moi je trouve qu’ils ont les symptomes. Ils vous le disent carrément, j’ai du mal à respirer, j’ai du mal à avaler, ils ont les larmes aux yeux, ils toussent, ils vomissent.
 
Pourquoi je prends des risques moi à rester ici. D’une part il nous dise y a le blocage y a pas d’avion, et d’une autre part on est livré à nous même, à affronter ce virus que même même les states, même les états unis ont pas réussi à trouver le remède.
 
Y a des gens qui disent, moi personellement si y avait un avion je préfère rentrer chez moi, quitter là.
 
L’allume cigare c’est des petits boutons dans le mur sur le côté, tout le monde y touche, les robinets tout le monde y touche, les portes…
 
Dans refectoire on est tous collé, y a même pas 5 à 10 cm de distance entre nous, on n’a pas de petite bouteille d’eau, on touche tous le même pichet, y a encore plus de contact là bas, alors j’évite de manger.
 
Même les policiers ils ont pas de masques, ils ont pas de gants, ils ont rien eux aussi, voilà limite on est tous les 2 confrontés à nous même.
 
Le danger ça vient de l’extérieur.

“Ici vous avez le droit à rien” : témoignage d’un prisonnier du cra de Nîmes

Le cra de Nîmes fait partie des cra encore ouverts à l’heure actuelle. Normalement il y a 140 places, 7 bâtiments de 10 cellules pour 2 personnes. Dans le bâtiment où la personne témoigne (zone B1) 4 des cellules ne peuvent pas être occupées à cause du lavabo bouché et de fuites d’eau. Malgré les risques que cela représente, avant hier il y avait des gens qui étaient 2 par cellule, des nouveaux arrivants notamment. Aux dernières informations, il y aurait encore 11 prisonniers qui y sont détenus.
 
” Ici, c‘est 10 000 fois pire qu’une prison.
Ici vous avez le droit à rien.
Qui c’est les gens qui ont une téléphone sans caméra? Je voulais en acheter un mais c’est 30 euros et avec la carte 45. Et, pour activer la puce, il faut avoir un papier valide sauf que la plupart des gens ils arrivent ici sans papiers. 
 
Ca fait plus de 20 jours que je suis là et hier seulement ils ont changé les 2 serviettes.
Y’a des policiers ils portent des masques et d’autres non. Y’a des gens ils arrivent on sait pas si ils sont contaminés. Si y’en a un qui rentre avec le virus, il nous le colle directement.
 
Ici, il y a beaucoup d’analyses à faire. Ici les wc c’est dégueu. Ici c’est lavé avec une serpillère sale, avec de l’eau sale. Ca pue.
Si on pouvait faire des prélèvements, je vous dit pas tous les microbes. Le lavabo pareil.
 
Les moisissures y’en a partout, tout autour de la cellule, dans la cellule. L’aération je vous en parle pas. La bouche qui aspire l’air c’est des saletés. Y’a plein de microparticules qui sortent
chaque seconde. La poussière elle est marron, noirâtre qui sort de l’air chaud alors qu’il fait pas froid. On a pas besoin de chaleur.
 
La honte de la france. En prison aussi c’est sale vous imaginez même pas. Ici on a le droit à rien, absolument à rien. Ici il faut arriver avec des shampoings. Je vais faire payer l’etat. On nous donne un tout petit savon blanc, et ça te laisse des traces blanches sur les mains qui ne partent pas. Y’a pas d’éponges.
Aussi, c’est la première fois que je vois des toilettes comme ça.
 
Ici c’est super blindé, si ils nous laissent tout seuls, je sais même pas si on arrivera à sortir. J’aurais préféré rester dans ma cellule (de
prison), au moins j’étais tranquille.”

L’enfermement dans des conditions de merde continue ! Situation dans les CRA au 21 avril

Après plus d’un mois d’état d’urgence sanitaire, de confinement et de fermeture des frontières, l’État continue à enfermer dans les CRA, les taules pour emprisonner (virus ou pas) celleux qui n’ont pas les “bons papiers”.

 

Toujours des conditions de merde
  • Des libérations, des nouvelles arrivées et des CRA qui ré-ouvrent

Dans la semaine du 13 avril, l’État s’est remis à enfermer massivement dans les CRA : il y a eu entre 15 et 20 nouvelles personnes enfermées à Nîmes, 17 au Mesnil-Amelot dans le courant de la semaine, puis 22 dans la nuit de samedi 18 à dimanche 19. Côté prisonnières, au Mesnil-Amelot, suite à des libérations une personne s’est retrouvée enfermée seule comme ça avait été le cas à Oissel il y a deux semaines. Ces meufs se retrouvent seules et isolées à faire face au racisme et au sexisme des keufs , dans des conditions encore plus dures que les mecs emprisonnés. Les préfectures d’Ile-de-France ne sont pas dans une optique de fermeture des CRA comme ça a pu être annoncé dans certaines presses, notamment après la décision du Tribunal Administratif de Paris concernant le CRA de Vincennes. Au CRA de Lille-Lesquin, des personnes enfermées à Lille continuent à être libérées mais souvent au milieu de la nuit et les personnes se retrouvent alors seules et à la rue à 2h du matin dans les rue de Lesquin sans moyen de se rendre à Lille. Pour ce qui est des prisonniers du Mesnil-Amelot transférés à Lille suite à la révolte, cette fois il n’y a eu aucune libération.

Des préfectures avaient annoncé la fermeture de certains centres de rétention qui n’ont jamais fermé en réalité, il faut continuer à être vigilant. En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées. Ça été le cas pour le CRA de Lyon qui a été annoncé fermé mais où 30 personnes étaient enfermées la semaine dernière, il y a encore beaucoup de nouvelles personnes enfermées chaque jour, et aussi pas mal de libérations. Ça a été aussi le cas au CRA de Lille qui n’avait plus qu’une zone ouverte il y a deux semaines, alors qu’aujourd’hui les quatre zones sont utilisées pour enfermer. Ou encore à Nîmes qui le 16 avril servait à enfermer 15 personnes. Le CRA de Bordeaux sert toujours, lui aussi, à appliquer la double peine, pour les personnes qui viennent de purger une peine de prison, cueillies par les flics directement à la sortie et enfermées en centre de rétention.

lire aussi : Enfermer, enfermer toujours… la situation dans les CRA au 10 avril

Le 16 avril il y avait 5 personnes enfermées au CRA de Toulouse à Cornebarrieu (1). Comme dans tous les CRA, les flics refusent l’accès au soin des prisonniers et les tabassent. Ce jour là, alors qu’un prisonnier faisait un malaise les flics ne sont pas intervenus malgré les appels de ses co-retenus et lorsque la PAF a finie par arriver, ca a été pour frapper la personne et l’isoler. Suite à ça, le lendemain le prisonnier en question entame une grève de la faim. Le samedi 18, de nouvelles personnes y sont enfermées, dans les jours qui suivent, il y a quelques libérations. Le prisonnier en grève de la faim se retrouve seul à partir de dimanche soir. L’État persiste à maintenir l’enferment dans des CRA où très peu de personnes sont enfermées, comme à Toulouse, mais aussi dans les centre de rétention “d’outre mer”, dans les colonies françaises. C’est le cas en Guyane, où 10 personnes étaient enfermées le 20 avril, et 5 sont encore enfermées le 21 avril, toutes sortantes de prison. Alors que cette prison pour étranger.e.s avait été vidée au début du confinement.
À Mayotte, alors que le CRA était fermé, il va ouvrir à nouveau pour enfermer en quatorzaine les étranger.e.s qui arrivent par bateau depuis les Comores, soit disant pour les confiner mais il semblerait surtout que ce CRA reprenne du service.
Partout sur les territoires contrôlés par l’État français, on peut penser que les préfectures se préparent au déconfinement (qui est dans moins de 90 jours, la durée maximale d’enfermement) en espérant pouvoir reprendre les déportations des prisonnier.e.s.

  • Sur la santé

Le refus de soin est la règle dans les CRA : les keufs, la préfecture, les juges et les médecins laissent les conditions de santé des retenu.e.s empirer de plus en plus. D’un coté les traitements en cours sont interrompus, de l’autre les personnes qui tombent malades en CRA n’ont pas de médocs. Les infirmeries servent de pharmacie pour distribuer doliprane à ceux qui auraient besoins de soins, et continuent d’essayer de cachetonner un maximum de prisonniers. Dans des cas d’urgence, les flics refusent d’hospitaliser les gens (on l’a vu aussi récemment pour des cas de coronavirus). Et tout ça dans des conditions sanitaires dégueulasses.

Lorsque des prisonniers malades en cours de traitement sont enfermés en CRA, la rupture de soin est quasi systématique : un appel a été lancé en solidarité à l’un d’entre eux au Mesnil-Amelot, enfermé alors qu’il avait été libéré de prison pour être opéré. Les ruptures de traitement sont une double peine infligée aux prisonniers, une peine qui vise à mettre en danger la vie de ces personnes.

Pour ce qui est du Covid-19 plus spécifiquement, l’État fait prendre aux prisonnier.e.s le risque de crever en continuant à les enfermer, souvent à plusieurs par cellule, dans des conditions sanitaires insalubres, en laissant les flics, qui entrent et sortent chaque jour, les contaminer, et en enfermant de nouvelles personnes, chaque jour aussi. Les préfectures, pour maintenir les CRA ouverts, prétendent pouvoir tester tout le monde.

A l’heure où, depuis l’épidémie, la société tout entière est envahie par des angoisses morbides augmentées par la situation catastrophique des hôpitaux, il faut imaginer ce que vivent les retenu.es enfermé.es sans aucune protection ni prise en charge de leur santé, avec comme seule certitude qu’ils seront les dernier.es -avec les prisonnier.es de la pénitentiaire – à être soigné.es…

  • Sur les proches

Les effets de l’enfermement, en prison comme en CRA, n’affectent pas que les prisonnier.e.s mais aussi leur entourage : des heures d’attente pour aller au parloir, les abus de la part des flics pendant la fouille, le mépris des juges. En ces temps d’épidémie, à cela s’ajoutent l’interdiction des visites et la peur de la contagion, en plus du manque d’information et l’absence des mesures sanitaires à l’intérieur des centres de rétention. Dans certains CRA il y a la possibilité pour les proches de venir apporter quelques affaires de première nécessité aux prisonniers comme de la nourriture, des vêtements, tabac, carte sim (à Lille, par exemple, une fois par semaine seulement). Au Mesnil-Amelot des flics sont même allés jusqu’à mettre des amendes de confinement à des familles qui venaient faire passer des affaires pour leurs proches enfermés.

Face à cette situation, les prisonnier.es s’organisent et les révoltes se multiplient.

Toujours plus de révoltes face à l’enfermement

À Vincennes, Lille, Mesnil-Amelot, Lyon et Oissel toutes les luttes menées par les prisonnier.es ces dernières semaines exigent la libération immédiate de tous les prisonnier.es et la fermeture de ces prisons pour étranger.es.

  • Révolte et répression au Mesnil Amelot

Au Mesnil-Amelot tous les prisonniers restants ont été regroupés dans les bâtiments du CRA2. Les derniers prisonniers de Plaisir et de Palaiseau y ont été transférés fin mars. La décision de regrouper les prisonniers ensemble augmente les risques de transmission du coronavirus parmi les retenus et permet uniquement de réduire le nombre de policiers de la PAF sur le terrain. Dans la nuit du 11 au 12 avril, la cour de promenade a été bloquée par les prisonnier.e.s qui l’ont envahie en criant “Liberté ! Liberté !”. Les gradés et la direction du CRA ont essayé de les faire remonter dans leurs cellules, mais ils ont refusé et ont passé la nuit dehors. Dans la matinée du 12, le dispositif de flics grossit, des CRS sont venus en renfort en plus des flics anti-émeute déjà présents. Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des bâtiments et confisquent des téléphones. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules à l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transférer dans d’autres prisons pour étranger.e.s : 5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel (Rouen). Pour les prisonniers qui se retrouvent à Lille, la répression continue, ils sont mis dans une zone du CRA ouverte pour l’occasion, isolés des autres prisonniers. Depuis, pas mal de prisonniers du CRA ont été libérés, mais sur les deux prisonniers transférés du Mesnil-Amelot qui sont passés en JLD, les deux ont été prolongés. L’un d’entre eux s’est révolté suite à cette décision et les flics lui ont fait passé la journée en garde à vue.

  • Grève de la faim et solidarité à Oissel

Lorsque, le dimanche 12 avril, les 3 prisonniers du Mesnil-Amelot arrivent à Oissel après un transfert violent, les 13 prisonniers du CRA de Oissel ont lancé une grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate. Comme ils le disaient déjà le 25 mars, ils dénoncent le manque de matériel de protection sanitaire (gel hydroalcoolique, savon, masques) qui met en danger les personnes enfermées. Les trois prisonniers transférés rejoignent alors la lutte en cours. Ils n’ont pas pu récupérer leurs affaires et leurs papiers que les keufs de la PAF ont laissé au Mesnil-Amelot.

Face à des révoltes dans les CRA, la stratégie des keufs et des préfectures est souvent de transférer ceux qu’ils considèrent comme “les meneurs” vers d’autres CRA pour briser les solidarités et l’organisation : peine perdue puisque de Mesnil à Oissel, la lutte continue ! Cette semaine au CRA de Oissel il y a eu quelques libérations et encore des arrivées. Les derniers prisonniers en grève de la faim ont arrêté le 17 Avril sans avoir obtenu aucune réponse de la part de l’administration, ils étaient à ce moment là 10 prisonniers dans ce CRA.

  • Isolement et grèves à Vincennes

Fin mars, des grèves de la faim avaient eu lieu au CRA de Vincennes. Depuis, le bâtiment 1 a fermé, les prisonniers sont concentrés dans les bâtiments 2A et 2B, où le 9 avril, des cas de coronavirus ont été confirmés, alors que les prisonniers réclamaient depuis longtemps la liberté et au moins des mesures sanitaires à la hauteur de la crise. Les flics, plutôt que d’emmener les prisonniers malades à l’hôpital, les emmènent à l’isolement. Le 12 avril, après un départ de feu dans la matinée, un prisonnier malade avec les symptômes du coronavirus était très mal en point dans la soirée. Les prisonniers ont affronté les flics pour exiger qu’il soit emmené à l’hôpital, mais fidèles à leurs sale boulot raciste, ils ont refusé d’appeler une ambulance et ont dit qu’il serait testé mardi. Aux alentours de minuit, les retenus ont fini par obtenir que le prisonnier soit emmené par une ambulance.
Pour protéger les keufs, l’administration a mis des masques à disposition des prisonnier.e.s, ce qui a évidemment été pris comme une insulte : à quoi peuvent servir les masques quand tout le monde est potentiellement déjà contaminé, et alors que la situation était dénoncée depuis des semaines ?

lire aussi : “Y’a pas de sécurité, y’a rien du tout” / Contamination, isolement et refus de soin à Vincennes

 

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Sur la justice, les politiques et les médias : même en temps de crise, n’oublions pas que ce ne sont pas des alliés
  • Le tribunal refuse de faire fermer le CRA de Vincennes

Le 14 avril, le tribunal administratif de Paris a statué sur un référé liberté demandant la fermeture du CRA de Vincennes avec une décision lâche et ambigüe, puisqu’il refuse de fermer le centre et interdit seulement les nouveaux placements en rétention dans le CRA de Vincennes. On sait que ça ne veut pas dire moins d’enfermement : dans les jours qui suivirent, on a assisté à une vague massive d’arrivées au CRA du Mesnil-Amelot, il semblerait que les préfectures et les flics se reportent maintenant sur celui-là. Le tribunal demande aussi au CRA de Vincennes, pour les prisonniers qui seraient testés positifs au Covid19, de “les isoler et les confiner tout en maintenant leur accès aux soins nécessaires à leur état de santé”. Plus que de l’hypocrisie, c’est de l’indécence et de l’acharnement car la justice sait pertinemment que l’accès aux soins en CRA est inexistant, en temps normal et encore plus en ce moment. La preuve : dimanche dernier, les flics ont rassemblés les 4 prisonniers malades dans le bâtiment 2B en les mettant tous dans la même cellule et ont entassé tous les autres (une vingtaine) à 2 par cellule dans le bâtiment 2A – on se doute bien d’ailleurs qu’il y a plus de 4 personnes porteuses du virus. On a dit aux malades qu’ils allaient être gardés au CRA car leur cas n’était pas assez grave. Finalement une personne sera libérée du CRA 2B le 20 avril et une personne hospitalisée.

  • Sur les médias, les politiques et les institutions

Les médias ont beaucoup écrit sur les CRA lors de la révolte du 11-12 avril au Mesnil-Amelot, avec des articles dans tous les sens. Pour changer, ils ne s’intéressent aux CRA que lorsqu’il y a matière a faire vendre des articles sur des “échauffourées” entre flics et prisonniers. Pire que ça, ils mettent les gens en danger : plusieurs journalistes (y compris “militants”) ont publié des témoignages audios des prisonniers et des articles avec leur prénom. En dehors d’une possible répression judiciaire après les révoltes, ces journalistes exposent les prisonniers à des représailles des flics, qui peuvent les identifier. Au Mesnil lors de la révolte, les flics disaient ouvertement que les prisonniers ciblés par les transferts ou les tabassages étaient “ceux qui parlaient trop aux journalistes”, que les flics rodaient autour des cabines téléphoniques en tendant l’oreille et tentaient de confisquer les téléphones portables.
Espérons tout de même que la brève mise sous projecteurs des CRA, notamment au Mesnil-Amelot, grâce à la révolte des retenus, ait un effet sur l’attitude quotidienne des flics, au moins pour un temps…

Avec la révolte au Mesnil on a aussi assisté à l’habituelle coup de com des politiques avec notamment Coquerel, député France Insoumise, qui s’est déplacé au CRA le 13 avril pour alerter sur la situation et distribuer des masques “à la fois aux retenus et aux policiers”. Il s’étend d’ailleurs largement dans la presse sur la manière dont les flics sont mis en danger. Les prisonniers eux, disent que rien n’a changé dans le CRA depuis sa visite.
Les institutions “indépendantes” se réveillent aussi avec notamment la Contrôleuse Générale des Lieux de Privation de Liberté, Adeline Hazan, qui s’est rendue à Vincennes et au Mesnil-Amelot et a annoncé le 17 avril qu’elle appelait le gouvernement à désengorger et à fermer les CRA. Pareil pour le défenseur des droits : pour la 2ème fois depuis le début du confinement, il a réclamé le 18 avril la fermeture de tous les CRA et la libération des prisonnier.es. Comme d’habitude tout ça c’est bien beau mais ça n’a aucun effet…

Pour nous, il ne s’agit pas (comme le font certaines associations et politiciens de “gauche”) de demander la fermeture temporaire des CRA jusqu’à la fin du confinement, ni d’exiger que les CRA soient réformés pour les rendre plus “humains” ou plus efficients. Pour nous, il s’agit de partir des paroles et des luttes des prisonniers-ères, qui montrent clairement ce qu’il faut faire avec ces prisons pour sans-papiers : les détruire.
Pour ça on continuera, virus ou pas, à faire sortir leurs paroles et à soutenir leur révoltes.

A BAS LES CRA !
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS-ERES EN LUTTE
LIBERTÉ POUR TOU.TE.S, AVEC OU SANS PAPIERS !

Alors que le confinement nous empêche de nous réunir, la lutte et la solidarité qui s’expriment depuis l’extérieur reposent sur d’autres moyens que ceux habituels. (clique sur la banderole)

 

Pour rappel : n’importe qui peut discuter avec les prisonnier-es en CRA en appelant les cabines. En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées : Soutenir les retenu.e.s – Numéros et adresses des CRA


(1) A Toulouse, un site pour lutter contre l’existence des prisons pour étranger.e.s et pour relayer la parole de l’intérieur a été créé. Il est à suivre et à partager ! https://toulouseanticra.noblogs.org/

 

 

 

« La justice en France est injuste » : nouveau témoignage depuis la prison pour sans-papiers de Vincennes

Dans un contexte d’état d’urgence sanitaire l’état et la préfecture continuent d’enfermer au CRA de Vincennes, alors qu’un 5ème cas de corona virus est confirmé dans le centre. Compte tenu des mesure d’hygiène inexistante dans le CRA, la totalité des retenu est probablement infecté.

Avant hier (mardi 14), un référé liberté à été fait au tribunal administratif, de la part de quelques associations et avocat.e.s, pour demander la fermeture du centre. La préfecture prétextant faire le test pour le virus à tout le monde et prendre des mesures d’hygiène… a réussis à empêcher la fermeture du centre et la libération des tous les prisonniers.

En gros, le juge du tribunal administratif a décidé que : aucun nouveau prisonnier doit être enfermé à Vincennes pendant deux semaines ; les prisonniers qui présentent des symptômes doivent être mis en isolement ; ceux qui sont déjà malades doivent être hospitalisés. Quelle radicalité, quel courage ! Mais ça montre aussi bien que ces trois trucs ne sont pas évidents pour la préf…

Le choix, de la préf comme du tribunal, est donc de continuer l’enfermement malgré le risque énorme pour tout les retenus. En fait, et c’est pas une nouveauté, l’état, les flics et la justice en ont rien à foutre : même pour faire emmener les personnes malade du corona à l’hôpital, les prisonniers sont obligés de foutre le bordel et de mettre la pression collectivement aux keufs !

” y’a pas de sécurité y’a rien du tout “. Contamination, isolement et refus de soin à Vincennes

Depuis jeudi 10 avril, un cas de coronavirus est déclaré au CRA de Vincennes. Depuis c’est l’épidémie dans le centre, avec pour l’instant 7 cas déclarés en tout. Compte tenu des mesure d’hygiène prises trop tard et totalement merdiques, la plupart des retenus sont probablement infectés.

Mardi dernier, un référé liberté a été présenté devant le tribunal administratif en demandant la fermeture du centre, mais la pref, prétextant tester tout le monde et prendre des mesures d’hygiène, a réussi à empêcher la fermeture : le tribunal a uniquement rendu une décision empêchant les nouvelles admissions à Vincennes.

Résultat : une vague massive de placement en rétention au CRA du Mesnil Amelot, sur lequel les flics semblent maintenant se reporter.

Malgré quelques libérations et hospitalisations, la solution des flics a été d’abord de mettre les prisonniers identifiés comme étant infectés en isolement. Puis dimanche dernier (19 avril), ils ont déplacé les personnes du CRA 2B dans le CRA 2A, et mis les prisonniers infectés au CRA 2B. La conséquence, c’est une plus grande promiscuité et plus de risques pour l’ensemble des retenus : ils sont une vingtaine en tout au 2A, au moins 2 par cellule, et 4 au 2B, considérés comme infectés, tous dans la même cellule. C’est d’ailleurs absurde de considérer que dans de telles conditions d’hygiène, seules 4 personnes seraient infectées.

En plus de ça, les prisonniers identifiés comme étant infectés, et à qui on avait promis une hospitalisation, se sont vu dire qu’ils allaient être gardés au CRA 2B car leur cas n’était pas assez grave.

Encore et toujours la pref et le CRA s’obstinent à refuser la fermeture du centre, en montrant une fois de plus une considération inexistante pour la vie des prisonniers et en jouant à les déplacer d’un bâtiment à un autre.

La seule mesure de sécurité qui compte, c’est la liberté !

Continuons de les soutenir et de mettre la pression aux administrations des CRA et à la pref. 

Ici, deux témoignages d’un copain en isolement depuis jeudi, et ensuite un témoignage sonore d’un autre prisonnier lui aussi en isolement. Et pour finir un témoignage d’un prisonnier qui n’a pas été contaminé, déplacé au batiment 2a ce dimanche.

Premier, témoignage d’un retenu identifié comme contaminé et mis à l’isolement (jeudi 16 avril) : 

Je veux dire que les gens ici on a la moitié, tous ils ont la corona, ils ont tous la corona, moi aussi j’ai la corona, ça veux dire y’a pas de sécurité y’a rien du tout, ça veux dire il s’en bat les couilles le prefet il fait rien de nous, ça veux dire pour l’instant on à 4 cas ou 5, ça veux dire c’est trop là dans un centre de détention qui y’a des gens même pas 20 personne, il y ai déjà 5 cas ou 4 cas, ça veux dire c’est trop pour les gens ici.

Depuis elle arrive la corona ça fait rien changé, ils ont rien changé, ça veux dire ils ont pas libéré trop, normalement il faut libéré tout le monde, ils on laissé 20 personnes ici 20 personne à l’autre CRA, ça veux dire ça va marché la corona, a chaque jour on voit un autre cas, chaque jour on voit un autre cas, ça veut dire et ça marche ça marche, demain il y a un autre cas, après demain il y a un autre cas et etc et voilà.

Je veux dire que on à demander déjà la mise en liberté au juge avec les avocats et avec tout, mais le prefet, le juges ils ont pas libéré, ils ont rien fait, il s’en bat les couilles de nous c’est tout, et voilà c’est ça.

Enfait moi je suis en corona, ils ont dit on va te prendre dans un hopital, je pense moi y’a pas de place alors les hopitaux, les gens qui sont devant moi, avant moi ils sont rester là, dans cette chambre, ils sont rester là 3 jour 4 jours. Ils m’ont dit on va te prendre ce soir mais, je sais pas, j’attend et y’a rien. Parceque y’a pas de place et tout. Ils ont dit que peut-être on va te prendre dans un hotel, tu va rester 14 jour ici, 2 semaine ici, et on verra ils ont dit que je peux te libéré, tu à vu, ils ont donner la liberté, quand j’ai pris le corona, quand j’ai pris la corona ils ont dit que j’étais libéré, quand tu va à l’hopital, y’a un hotel, tu est libéré tu va pas à la police, y’a pas, ça veux dire tu reste ici deux semaine et tout, ça veux dire c’est on à rien fait tu voit, ça veux dire on fait rien changer, normalement ils ont fait ça des premiers.

Deuxième, témoignages de ce retenu toujours à l’isolement après 3 jours (18 avril) : 

Je suis toujours là depuis 3 jours, la chambre elle est même pas nettoyé elle est sale, elle est bouché, la, quand je me douche elle bouché, on dirait c’est une piscine, elle est bouché on dirais une piscine, l’eau elle va jusqu’au mollet, y’a même pas une table pour manger, y’a rien y’a même pas une chaise, y’a rien du tout, elle est sale elle est pas propre, c’est ça et quand je demande pour nettoyer, ils disent ils viens tout à l’heure, ils viens tout à l’heure, ils viens tout à l’heure. Et c’est la dernière fois y’a une policière qui m’a insulté de ma mère, t’a vu, parce que j’ai demander pour nettoyer la chambre, elle m’a insulté, elle m’a dit je suis pas t’a mère. Et je sort à 5 min et je reviens, j’ai même pas le temps pour respirer. Ça veux dire la je vais prendre la corona trop de quantité, parce que la c’est pas propre là, normalement il vont me prendre dans une chambre propre et tout, soit ils vont m’envoyer à l’hôpital, soit ils vont nettoyer la chambre et tout. C’est grave, tu t’imagine pas comment, tu t’imagine pas, en plus moi je suis sensible de ça. Ça veux dire je peux pas rester dans un isolement comme ça. Ça fait rien changer ça veux dire, ça veux dire à chaque fois on doit démerder.

Troisième, enregistrement, sonore, d’un autre prisonnier en isolement dans le batiment 2b :

Quatrième, témoignage d’une retenu déplacé du 2B au 2A :

T’es un prisonnier du CRA de Vincennes, t’etais enfermé au batiment 2B et on vient de te transférer au 2A c’est ça ?

Tout le monde c’est pas que moi, tout le monde

Et tu sais combien de monde à été transféré ?

16 personnes comme ça

Et pour les gens à l’isolement ?

Ils sont au CRA B2. Les gens qui sont à l’isolement ils sont sortit maintenant mais ils sont rentré dans le CRA 2B, trois personnes.

Donc la au 2B y a trois prisonniers qui sont atteint du coronavirus ?

Ouai c’est ça c’est les trois malade.Ils sont touché par le coronavirus. Ils ont libéré les autres.

On vous a tous testé ces derniers jours ?

Ouai on nous a tous testé. Pour nous que l’appareil pour la fievre. Ils nous ont dit vous etes pas contaminé.

Donc ca veut dire qu’ils vous ont transféré dans le batiment où y avait le plus de personnes malades..Est ce qu’ils ont décontaminé le batiment  avant de vous transferer ?

Meme ici y a des gens qui sont contaminés. Donc même le virus il est dans le centre.

Ils ont pas nettoyé le centre donc ça reste. Ca a commencé au CRA 2A et ils ont même pas nettoyé. Ils nous ont rentré ici. On reste une semaine ou deux semaines ca veut dire sur et certain qu’il va y avoir d’autres gens. Je sais pas si c’est moi ou d’autres ou je sais pas on est beaucoup.

Donc ils vous mettent en danger…

Bah ouai on est en danger. J’ai demandé un masque. Ils m’ont On m’a donné un masque. J’en ai redemandé un autre. On me dit « Non  le masque pour une journée ». J’ai parlé avec le policier je lui aidit « Le masque tu sais c’est autorisé pour 4h » Il m’a dit « Y a pas le choix on a pas beaucoup de masques. »

Les policiers eux sont protégés ?

Y a des policiers ils ont des masques, y en a d’autre nan. Et même les policiers ils sont contaminés. Ils font n’importe quoi de toute façon. On va attendre.. On a pas le choix..

Y ad ‘autres choses que tu veux rajouter sur Vincennes ?

Pour vincennes.. On veut sortir de là.. Bah ouai on a envie de sortir de la. On va mourir ici On dirait qu’on fait la queue la pour la mort là.

Ils vous ont donné du savon, du gel, de quoi désinfecter des cellules ?

Meme pas, tu connais hein.. Y a du shampoing et du gel douche de base .

 

Fermetures immédiate des CRA !

Liberté pour Tout.te.s !

A bas les CRA ! 

 

 

“on va faire la grève de la faim, ce soir on mange pas Pas de violence mais on va prendre les couettes et les mettre dehors” / Grève de la faim en cours des prisonniers du CRA de Oissel

Le CRA de Oissel est isolé dans une école de flics au milieu d’une foret à 20 km de Rouen et a 4km de la gare de Oissel. Les prisonniers racontent souvent que c’est l’un des pires à la fois pour la violence des équipes de flics et aussi pour le peu d’aide que fourni l’association humanitaire sensé faire du soutien juridique (France terre d’Asile) qui est à l’intérieur. Le 12 Avril, le lendemain de la révolte au Mesnil-Amelot les retenus de Oissel commencent une grève de la faim pour demander leur liberté !
A Vincennes, Lille, Mesnil-Amelot, Lyon et Oissel toutes les luttes menées par les prisonnier.e.s ces dernières semaines exigent la libération immédiate de tous les prisonnier.e.s et la fermeture de ces prisons pour étranger.e.s.
 
Voici le témoignage d’un prisonnier du CRA de Oissel retranscrit le 12.04 par l’observatoire du CRA de Oissel et que relayons :
 
“J’ai parlé à toutes les personnes, on va faire la grève de la faim, ce soir on mange pas. Pas de violence mais on va prendre les couettes et les mettre dehors. Beaucoup prennent du doliprane ici, on peut pas accepter, c’est dangereux. N’hésitez pas à m’appeler, je suis prêt à parler au nom des autres, rien contre la police mais on veut prendre en compte la crise sanitaire, les policiers n’ont pas le nécessaire, il faut désinfecter ici, la femme de ménage ne fait pas les chambres, les portes, qu’ils désinfectent le téléphone.
 
Le pot de gel, un pot pour 13 personnes ça peut pas durer, si tout le mond een prend, en 1 H c’est fini… On va faire dans les règles, la prefecture nous traite come des bons à rien, trop d’erreurs dans nos dossiers. Tous les jours ma femme risque d’être contaminée à son travail, c’est ma femme je l’aime. Si elle a un problème, mon fils ira chez son grand-père mais je suis son père je veux m’occuper de lui. J’ai payé ma dette, on nous donne pas une chance, faut que je me suicide ou quoi ? On a une petite bouteille d’eau le midi et rien jusqu’au soir, c’est pas normal. J’ai vécu mon adolescence en France, j’ai tous mes repères ici. Soit ils nous libèrent soit on va faire ça dans les régles, partir la tête haute”
 
 
Suite à la révolte au CRA du Mesnil-Amelot, les flics ont décrété qu’il y avait 8 “leaders” qu’ils ont transféré dans d’autres prisons pour sans-papiers. Cinq prisonniers ont été emmenés et isolés au CRA de Lille et trois personnes ont été violemment transféré à Oissel.
 
Le 14 Avril, la grève de la faim continue. Ils ont eu un échange avec FR3 région, ils essaient de faire savoir leur revendications. Un prisonnier raconte commence ca se passe deux jours après le début de la grève, la pression des flics, deux libérations mais trois transferts depuis le CRA de Mesnil-Amelot, toujours pas de nettoyage. Ces derniers jours les tentatives de suicides se sont multipliées.
 
Voici le témoignage d’un prisonnier du CRA de Oissel retranscrit le 14.04 par l’observatoire du CRA de Oissel et que relayons :
 
“Y’a un agent qui parle mal aux retenus comme si on est des chiens, dès que tu parles, il t’agresse…ça crée des tensions.. La femme de ménge, elle avait pas de masque… Ils nous ont tous jeté dehors dans la petite cour, la cour de promenade est toujours fermée, je sais pas pourquoi, y’a des travaux depuis ce matin…
 
Beaucoup de policiers dans le couloir et personne n’a de masque. Franchement je suis mal réveillé, un qui nous parle trop mal, tu lui demandes un truc gentiment, même son regard, il cherche quoi ?… Je lui ai fait comprendre, c’est pas parce que tu as l’uniforme, tu parles tranquille… Je l’ai dit à la journaliste pour ce policier, c’est pas parce qu’il a une matraque, je lui ai dit j’ai pas peur de toi.
 
Deux albanais, ils ont mangé hier, un j’ai pas trop confiance, l’autre 15 mn avant le repas, il est parti voir les agents, il ne se sentait pas bien, avait les mains moites, il est parti voir le médecin et après il a mangé, on l’a cramé…
Au CRA, on est 14, deux ont été libérés. Le ménage, à 10H15 aujourd’hui, pendant 40 mn, ils ont vérifié les chambres, voir si elles sont aux normes, ils ont peur des journalistes, ils corrigent. Depuis vendredi je croisais personne, là ils ont peur, ils viennent, ils corrigent, c’est pas sérieux…On va pas se prendre la tête avec eux, ils prennent des photos eux, peut-être même de nous…
 
Depuis hier, les gens ne mangent plus, c’est bizarre, d’habitude j’suis pas comm’ça, en prison j’étais pas comm’ça, ils me rendent nerveux. Le roumain, il a toujours sa plaie ouverte, un autre albanais voulait faire ça, on l’a calmé, on lui a dit non. Je m’occupe de ceux qui sont engagés dans le mouvement..Y’a un géorgien, il a un traitement à prendre, épilepsie, hépatite C et d’autres maladies, on a parlé jusqu’à 6H du matin, il veut plus prendre son traitement, on lui dit de les prendre, il dit qu’il veut rester comm’ça jusqu’à ce que les pompiers viennent le chercher…La dernière fois il m’a roulé une cigarette, je savais pas qu’il avait une hépatite, il me raconte ses maladies, je savais pas, j’ai fumé derrière lui… Je m’entends bien avec tout le monde, c’est moi qui leur amène les clopes, on se partage tout, il peut transmettre sa maladie aux gens…
 
Pour Mesnil Amelot, les transférés ils ont cru que c’était fermé, en fait on leur a dit le préfet prévoit de fermer. À Mesnil Amelot, ils sont durs les flics, ils ont transporté un mec comme une valise jusqu’au CRA de Lille avec du scotch et un casque…
 
Je passe en appel demain à 9H, mon avocate a tous les documents, le seul probléme mon passeport, à cause de ça il me bloque le juge pourtant y’en a qui sortent sans adresse et sans passeport, le JAP m’a pas laissé sortir pour le faire mon passeport et j’avais tous les papiers…
La dernière fois 40 mn devant le JLD (Juge des liberté et detentions) , mon avocate et moi, on y croyait, elle était souriante la juge et elle m’écoutait… Je venais de faire ma prière, mon nom au haut parleur, « vous restez avec nous…
 
J’ai parlé avec ma femme et mon fils ce matin, ma femme elle est en congés, parfois pendant trois jours comme elle finit trop tard mon fils est avec son grand-père. Les conséquences sur ma femme ça me rend fou, elle va devenir dépressive, elle est seule dans l’appartement, avant en prison, j’avais un iphone , je pouvais les voir et appeler…ça fait un mois et demi que je n’ai pas vu mon petit, il est distant avec moi, ma femme pleure tous les jours, ses collègues la soutiennent. J’en ai marre, la France je me sens plus à ma place, tout ce qu’ils m’ont fait subir…J’étais bon à l’école au Maroc et ma famille ils avaient des moyens… Hier soir, j’ai tout repris dans ma tête, mon dossier est complet… Au TA (Tribunal Administratif), la deuxième fois, le juge il me laissait pas parler et l’avocate m’a dit c’est lui qui décide, ça dépend des juges…
 
Ils ont remis du gel, une grosse bouteille, pas désinfecté le téléphone de la cabine ni les portes, la cour est sale, y’a des mégots et des gobelets partout… Juste un petit passage dans les chambres, et les carreaux, ils étaient marrons, ils les ont nettoyés.. Ils corrigent leurs trucs.
L’infirmière, elle est trop sympa… Le médecin pas aimable…
Personne n’est malade sauf le georgien.. J’ai peur, il est rempli de maladies, il est super gentil, il a 33 ans…
Tout le monde suit le mouvement, ceux qui parlent mal le français, les flics ils les regardent de travers, je tolère pas le manque de respect, on est respectueux, qu’ils nous respectent.
 
Les flics ils disent qu’ils sont enfermés comme nous, surtout les stagiaires de l’école de police, y’a des gens de l’extérieur pour les travaux sans masque et pas de contrôle. L’albanais, il était malade, il ont pris sa température et ils l’ont ramené chez le médecin et il est revenu avec nous, pourquoi ils ne l’isolent pas, ça va un peu aujourd’hui mais on a peur.
 
J’ai fait une connerie c’est vrai, suis arrivé en 2005, y’a eu les révoltes dans les quartiers, Bouna et Zyed, les petits qui sont morts.. j’étais à Argenteuil, j’ai dérapé…
 
Pour soutenir les prisonniers de Oissel continuons de relayer leurs lutte un maximum !

“Y’a pas de test pour le corona, y’a rien du tout”

Au CRA de Vincennes alors qu’un quatrième cas de corona virus est déclaré, l’état continue dans sa logique d’enfermement, sans aucune considération pour la vie des retenues, alors même que les frontières sont fermées. Les prisonniers se sont révoltés ce dimanche 12 avril au soir pour exiger l’hospitalisation de quelqu’un de très malade ayant les symptômes du coronavirus.

 

“Bonjour j’espère que vous allez bien c’est T. je suis au centre de rétention de Vincenne, je vais vous laissez un message, pour hier y’a eu le discours de notre cher président macron, j’espère que vous avez entendu comme moi, sauf si j’ai de la merde dans les oreilles, il à bien dit que les frontière non européenne sont fermées, là jusque là ils nous gardent on sait rien du tout, il nous relâche pas, ils veulent pas nous relâcher. Or les frontière elles sont fermées le président il l’a dit, il l’a dit et tout le monde a entendu.

De deux, on nous a promis, hier on nous à promis qu’on allait avoir les tests pour tout le monde, pour le corona virus, ce matin changement de programme y’a rien du tout, c’est des paroles dans le vent.

On à manger aussi la gamelle, même les rats mangeraient pas ça.

Et puis, j’ai appelé, moi personnellement, le consulat d’algérie, le consul d’algérie qui m’a dit moi je mettrait pas les pieds avant le mois de janvier, et encore, au centre de rétention.

Moi j’ai demander au consul qu’il me fasse un laisser passer, et je leur ai même demandé que je paye le billet pour rentrer chez moi. Il m’ont dit “Non c’est pas possible.” E Lui-même le consul il m’a confirmé que les frontières elles sont fermées, il m’a dit vous inquiété pas quand vous allez être relâché, ils peuvent rien faire. Et ça fait là il nous traite comme des moins que rien, et la bouffe c’est la merde.

Le consul il m’a dit, comme je vous l’ait dit encore une fois encore une fois je précise, le consul il m’a dit personnellement il à peur de venir ici il viendra pas. Je lui demandé si il peux faire quelque chose pour moi, je lui est donné le nom de ma famille, mon adresse à Alger, je suis capable même de payer mon billet. Il m’a dit non ça marche pas comme ça, je viendrais jamais jusqu’à avant le mois de janvier et même si je viens je vous ferais pas de laisser passez, les mecs qui vivent en Europe le laisser passer pour rentrer à Alger. Et sans laissez passez ils peuvent pas nous expulser.

Et puis il nous à dit de demander, il m’a donné un numéro de téléphone que malheureusement j’ai perdu. Comme quoi il pouvais faire un papier, un papier pour qu’il nous relâche parce qu’ils nous retienne pour rien du tout. Maintenant on comprend rien du tout.

Je vous redit y’a pas de test pour le corona, y’a rien du tout, on nous à promis ça hier, ce matin changement de programme y’a pas de test pour tout le monde et en plus y’a un 4ème cas ils l’ont embarqué ce matin, c’est un afghan.”

En solidarité avec les prisonniers enfermés au Mesnil-Amelot continuons d’harceler les préfectures et d’exiger la fermeture de toutes les prisons !

“C’est ignoble ce qu’ils font” Une proche d’un prisonnier du Mesnil témoigne

Les effets de l’enfermement, en prison comme en CRA, n’affectent pas que les prisonnier.e.s mais aussi leur entourage : des heures d’attente pour aller au parloir, les abus de la part des flics pendant la fouille, le mépris des juges. En ces temps d’épidémie, à cela se rajoutent l’interdiction des visites et la peur de la contagion, en plus du manque d’information et l’absence des mesures sanitaires à l’intérieur des centres de rétention. Malgré ça, les proches n’arrêtent pas de soutenir les prisonnier.e.s au quotidien et dans leurs luttes. Ici nous relayons la parole d’une entre elles, quelques jours après la dernière révolte qui a eu lieu.

Mon copain est enfermé au centre de rétention du Mesnil Amelot, y a pas du tout de sécurité, la maladie y est, il y a bien de personnes malades de Covid-19 mais on en parle pas, dès que quelqu’un en parle il est menotté et envoyé ailleurs. Mon chéri est enfermé là bas depuis le 6 avril, il a tous les papiers qui prouvent qu’il est européen, qu’il habite en France depuis vingt ans, le seul papier qu’il n’a pas c’est la nationalité, par contre moi j’ai la nationalité, on a un enfant qui a la nationalité, qui est né ici, il suit les cours ici, va à l’école, on a toutes les impôts, tous les papiers prouvant que mon conjoint habite bien ici, à telle adresse, ils (la police) changent l’adresse, ils changent le nom, ils disent tout ce qu’ils veulent, ils veulent relâcher les gens.

– Tu veux dire qu’ils ont fait des faux papiers ?

– Écoutez, ils lui ont donné un papier disant qu’il n’habite pas en France, qu’ils n’ont pas de preuves, il m’a dit que le nom c’est pas son nom, ils ont inversé des lettres. Après ils ont marqué qu’il n’a pas de famille en France, or c’est faux. On ne me laisse pas lui donner de papiers, on n’a pas droit de communiquer quoi que ce soit, tout est fermé, si on ouvre la bouche toute suite c’est la prison. Malheureusement il est sorti de prison parce qu’il a fait une petite bêtise, en 2009, il a été jugé pour deux mois de prison ferme, donc il a fait deux mois, il est sorti et il ne savait pas, il a été amené directe au CRA, alors que je l’attendais à la maison. Il était à la prison de Nanterre.On lui a dit qu’il va être expulsé de France pendant trois ans, alors qu’il a une femme, il a des enfants, un travail, il paie ses impôts, il vit ici. Il a un passeport polonais, il a la pièce d’identité, il a un papier français périmé, la carte de séjour, il a fait un recours mais on lui a dit que c’était pas la peine parce que nous sommes européens, et du coup on lui a pas renouvelé, d’autant plus nous sommes dans l’espace Schengen.
Et pourtant il est enfermé là bas, il ne peut rien dire, on lui dit qu’il n’a pas de papiers, qu’il va être expulsé. On veut pas le relâcher et il y a le Covid-19 qui est au centre. Aujourd’hui je réclame vraiment qu’il soit libéré au plus tôt possible. Parce que déjà il a été enfermé pendant deux mois alors que l’histoire elle date de 2009, nous sommes en 2020, ils sont venus le chercher, ils l’ont menotté.

– Il était au centre ce week-end, pendant la révolte ?

– Exactement, on essaie de joindre tout le monde pour qu’on puisse les libérer, y a pas de masques, y a pas de gel, y a pas de shampoing, y a rien du tout, les wc sont blindés de caca, tout est sale. Ils sont en train de manger en se touchant les coudes, ils dorment par deux dans les chambres, c’est humiliant. Après la protestation on leur a pris les matelas, on leur a pris les couettes, ensuite ils ont tout mélangé et leur ont donné, sachant qu’il y a le Covid-19 dans le centre ils le gardent là bas. J’exige qu’ils soient libérés. Franchement ils attendent quoi ? Qu’ils soient malades pour le relâcher et qu’ils rentrent à la maison et qu’ils nous filent la maladie ?
On est européen, on est dans Schengen, il a le droit d’être là. On nous impose d’être séparé alors qu’on est une famille, on veut vivre ensemble. On a tout, imaginez si on achète un appartement en France, on le fout dehors et l’appartement qu’est-ce qu’il en est ? On ne fait jamais ça dans un pays européen à une personne, qu’elle soit européenne ou pas, on est tous des êtres humains. On dit qu’il y a que des personnes en situation irrégulière là bas, mais c’est faux, il y a des Portugais, des Roumains, des Polonais. Qu’ils viennent pas nous dire que ce sont des sans papiers parce qu’ils ont des familles en France, tout le monde a des familles ici. C’est pire que la prison, on leur impose quelque chose qui n’est pas de leur choix, ils ont payé leur dette en prison, ils ont déjà été enfermés, pourquoi payeraient-ils plus cher ?

– Il a subi une répression suite à ce qui s’est passé au centre ?

– On lui a viré toutes ses affaires, il a été obligé de ramasser toutes ses affaires par terre, les autres personnes qui ont témoigné, les porte-paroles ont été menottés, ils les ont tapé sur les bras, les jambes, ils les ont mis d’un côté pour les amener ailleurs. Où est la loi ? C’est quoi la loi ? Liberté égalité fraternité : où est tout ça ? À aucun français on n’aurait fait ça dans un autre pays, les autres pays les accueillent, tout le monde les accueille. On ne comprend pas pourquoi on est traité comme ça. C’est du racisme. On dit que les européens sont des racistes. Maintenant je vois le racisme en France. Moi je suis européenne, j’ai la nationalité française, ça fait trente ans que j’habite en France, j’ai des enfants qui sont nés sur le territoire français, qui ont suivi les études. J’avais une fille qui faisait des études pour rentrer dans la police, elle a abandonné, parce que le système qu’il y a, elle en veut pas. On est tous honnêtes, on veut tous travailler, aider les autres. Imaginez mon conjoint, il est là bas, il avait quelques affaires que je lui ai donné parce qu’on m’a autorisée une seule fois pour lui donner ses affaires, j’ai pas pu l’avoir au téléphone pour deux mois et demi, on communiquait que par des lettres. Je lui ai donné quelques affaires, ces affaires là servent maintenant à tout le monde au centre, parce que personne n’a de vêtements, c’est des vêtements sales, ils n’ont pas le droit d’utiliser de machine à laver parce que c’est fermé, ils ont pas droit d’acheter des recharges téléphoniques parce que c’est fermé, tout est fermé, ils les prennent vraiment pour des.. je sais pas, moins que rien. Quand ils l’ont laissé sortir, mon conjoint a pu récupérer cinquante euros, avec ça il a dépanné tout le monde qui est là bas, parce qu’ils ne leur donnaient rien. Vous imaginez ? Il y en a qui ont été ramassés à la rue, ils n’ont pas de survêtements, pas de vêtements, mon conjoint avec le peu qu’il avait il a partagé avec eux. Les douches sont bouchées, ils ne peuvent pas se laver. Tout le monde rentre dans la même merde. Ils les traitent pire que des animaux. J’espère que ça va faire ouvrir les yeux sur ça. On peut pas rentrer, on peut pas leur donner de l’argent ou des affaires, on peut rien faire.
Depuis le six avril il s’est représenté devant le juge pour être relâché, ça n’a pas été accordé, il a été prolongé de 28 jours, il a fait un appel dans les 24 heures, on lui a redonné un papier en lui changeant le nom, c’était pas le bon nom, ils ont écrit qu’il a pas de famille, pas de travail, alors que j’ai envoyé tous les papiers certifiants, son passeport, nos impôts, là où je travaille, j’ai tout envoyé, le permis de conduire français, l’immatriculation de sa voiture. Je ne comprends pas pourquoi on traite des hommes de telle sort. Les gens n’ont pas de vêtements là bas, il y a un pauvre marocain qui est là bas, qui mérite d’être soigné parce qu’il a des problèmes de santé mentale, le pauvre il se trouve là bas avec ces gens là, il a besoin de soin. Il y a un papi qui est malade du foi, qui a le foi qui est atteint, il est là bas. Mais enfin on est tous des être humains, on veut vivre ! Pourquoi on leur fait ça ? Pourquoi on nous fait ça ? Depuis qu’il est parti de la maison j’ai perdu dix kilos, je ne dors pas, je ne mange pas. C’est ignoble. Un chien il est mieux traité que les gens enfermés là bas.
Ils nous font croire que ce sont des sans papiers, des étrangers en condition irrégulière, c’est faux. La plupart de ces gens travaillent ici, ils se démerdent pour pouvoir vivre en France, ils veulent prouver qu’ils ont des papiers, mais on leur donne pas le choix, on leur impose quelque chose qu’ils ne veulent pas. Imaginez ils vont envoyer des européens dans leur pays, mais vous croyez que ces européens là ils vont laisser toute leur famille ici ? C’est ignoble ce qu’ils font. Ils peuvent pas séparer les familles, que ce soit des familles portugaises, marocaines, peu importe. Un homme qui va être renvoyé dans son pays mais bien sûr qu’il va revenir chercher sa famille. Il y a sa vie derrière lui ici, il y a la vie qu’il a construit ici, on a construit une vie ici avec mon conjoint, il va pas laisser ça comme ça. Qui va nous entendre ?

(…)

Le problème se pose, avec la maladie toute les familles, que ce soit la mienne ou celle des autres, on est pas sûres de retrouver nos chéris. Mon copain, il est parti au mois de février, là on est au mois d’avril, il a été prolongé jusqu’au 6 mai, là je ne suis pas sûre de revoir mon chéri. Il faut comprendre les familles qui sont derrière, parce qu’ils sont pas tous seuls. (…) On sait pas si on va les retrouver en santé, on sait pas si on va les retrouver pas malades, en plus de ça ni sa famille ni ma famille n’est au courant parce que c’est une honte que la France nous traite de cette façon, vous imaginez ? C’est la honte pour moi d’être traitée en France comme ça.

– Et pourtant c’est l’État qui devrait avoir honte de faire ça, c’est la police, le directeur du centre, le préfet…

– Je sais ! Mais on peut pas les avoir au téléphone eux. De toute façon quoi qu’il arrive, vous savez, nous on se bat, on se bat, on se bat.”

 

En solidarité avec les prisonniers enfermés au Mesnil-Amelot continuons d’harceler les préfectures et d’exiger la fermeture de toutes les prisons !

Messages de solidarité aux révoltés dans les CRA

Pendant que des révoltes éclatent dans les CRA de Mesnil-Amelot, à Vincennes et à Oissel, un appel à la solidarité a été lancé : harceler les préfectures et les administrations des prisons pour sans-papiers, écrire et crier partout que les retenus en lutte ne sont pas isolés, que les CRA doivent fermer et ne plus jamais rouvrir.

On publie ici les premières photos reçues, que vous pouvez toujours envoyer à anticra@riseup.net.

Lisez jusq’à la fin, il y a des slogans stylés et un grand final (qui est aussi une bonne idée d’action)…


 

https://paris-luttes.info/IMG/arton13854.jpg

 

 

 

 

 

 

Avant la révolte des prisonniers Mesnil mais toujours pendant le confinement :

 

… et pour finir, un gros message de solidarité depuis Bordeaux, reçu avec ce texte :
” En ce moment même, un soulèvement est en cours au CRA du Mesnil-Amelot. D’ordinaire, la détention est une torture. En ces jours de pandémie, c’est une sentence de mort.
Dans les CRA, les CEF, les HP, toutes les prisons, jusqu’aux EHPAD, les détenu.e.s crèvent en silence. “

 

 

 

 

les prisonniers des cra crient liberté,
faisons de meme

des papiers pour tou.te.s
ou pas de papiers du tout !

 

Des révoltes de prisonniers éclatent dans plusieurs CRA ! (suivi)

Depuis le début de l’urgence sanitaire les personnes enfermées demandent à être libérées face à la fermeture des frontières, mais l’État poursuit sa politique d’enfermement. Aucune mesure sanitaire n’est prise pour empêcher la propagation du virus à l’intérieur du centre.
Alors que les flics de la PAF (les matons des cra) rentrent et sortent des prisons pour sans-papiers au risque d’y ramener le virus, les prisonniers restent enfermés. Au CRA de Vincennes, déjà 3 cas de personnes contaminées dans le centre ont été officiellement déclarés.
Depuis presqu’un mois les prisonniers de différents centre de rétention exige qu’on leurs fournissent du matériel pour se protéger de la pandémie. Quand des masques (comme à Vincennes) ou du gel (comme à Oissel) est fourni, c’est qu’il y a déjà des prisonniers malades.
lire aussi : Enfermer, enfermer toujours… la situation dans les CRA au 10 avril
Depuis samedi, plusieurs révoltent ont lieu dans au moins trois centre de rétention: Mesnil-Amelot, Vincennes et Oissel. Samedi 11 au matin, après avoir passé 2 jours en cellule d’isolement,  un prisonnier du cra du Mesnil-Amelot est libéré discrètement par les keufs de la PAF alors qu’il présente les symptomes du coronavirus. 
 
A la prison pour sans-papiers de Vincennes, Un nouveau prisonnier a été déclaré positif au coronavirus, et les infirmières commencent à dire a des prisonniers “qu’ils sont tous contaminé”. une cellule est brulé et les prisonnniers sont sortit dans la promenade pendant que les keufs font une fouille du batiment.
 
Au Mesnil Amelot après une assemblée en fin d’après midi, les prisonniers décident de bloquer la promenade pour exiger leur liberté. Le soir des gradés des keufs et la direction du CRA tentent de les convaincre de rentrer dans leurs batiments sans rien obtenir. 
Les prisonniers décident alors de passer la nuit dehors tous ensemble pour continuer à protester. Les keufs leurs retirent alors leurs matelas pour les empêcher de se reposer. Le lendemain matin, le dimanche 12, la majorité des prisonniers décident de sauter la barrière les séparant du batiment où sont enfermées les prisonnières. La prison du Mesnil est collée à une caserne de CRS, qui sont appelés en renfort en plus des keufs en tenue anti-émeute déjà présents. Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des batiments. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules a l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transferer dans d’autres prisons pour étranger.e.s (5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel).
Ils ont appelés en renfort en plus des keufs en tenue anti-émeute déjà présents.
Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des batiments. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules a l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transferer dans d’autres prisons pour étranger.e.s (5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel).
 
Le dimanche 12 au soir, des prisonniers de Vincennes du batiment 2A se révoltent. Ca fait plusieurs jours que des prisonniers sont officiellement malades du coronavirus. Un prisonnier est gravement malade et les keufs (comme c’est souvent le cas) refusent d’appeler les secours. Les retenus bloquent la promenade en exigeant une prise en charge rapide du prisonnier malade. Ce sera le cas après plusieurs heures de tensions.
 
Le même soir (le 12) les prisonniers du centre de rétention de Oissel se mettent en grève de la faim pour exiger leurs libérations immédiate. Les trois prisonniers transférés du Mesnil-Amelot, rejoignent la lutte dès leurs arrivées. Pour le moment les prisonniers n’ont obtenu aucune réponse de la part de l’administration.
 

  • Nuit de révolte au CRA de Mesnil-Amelot 
  • Des transferts au CRA de Lesquin (près de Lille)
  • Révoltes aussi au CRA de Vincennes
  • Prisonniers en  de la faim à Oissel (près de Rouen)

 
  • Nuit de révolte au CRA de Mesnil-Amelot 
Le 11 avril, à 20h les prisonniers du CRA 2 du Mesnil-Amelot occupent la cour du bâtiment et bloquent la promenade aux cris de “liberté !”. Suite à une nuit de révolte et une journée de répression le lendemain, certains retenus ont été transféré dans d’autres CRA.
Suivi de la révolte des prisonniers du CRA de Mesnil-Amelot. Une revendication : la libération de tou.te.s !
Avant la nuit et suite à l’échange avec le chef de police, puis avec le directeur du CRA, les retenus se sont installés pour dormir dehors, mais les flics ont pris leurs matelas pour les empêcher de se reposer. Ils ont continué a bloquer quand même. Le matin, ils ont sauté la grille pour rejoindre le bâtiment des femmes et familles. Ils ont continué à tenir ensemble alors les policiers ont chargé vers 11h avec un dispositif policier énorme (ils parlaient de 100 flics). Ils les ont rassemblé dans un coin, forcé à se mettre par terre et confisqué des téléphones. Ils ont menotté et emmenés, 8 prisonniers « identifiés comme leader sur les cameras ». Les autres prisonniers ont été réenfermés dans les chambres.

 

 

  • Des transfert au CRA de Lesquin (près de Lille)
 
 
Hier 8 prisonniers du Mesnil-Amelot ont été transféré dans d’autres CRA suite à la révolte (visiblement pas de GAV). Au CRA de Lesquin (près de Lille) ils sont 5 et isolés du reste du centre : les flics ont rouvert un batiment qui était fermé juste pour les y enfermer. Les 3 autres auraient été transférés  au CRA de Oissel (près de Rouen) ou les prisonniers sont en greve de la faim depuis hier soir. En plus de la violence qu’ils ont subit, la répression c’est aussi l’isolement loin des autres et loin des proches dans un batiment ou les cabines sont HS.  Un des prisonniers raconte la pression des flics pour les faire craquer pendant le transfert :

 

“On s’est fait maltraités, tapés, on nous a mis les menottes super serrées. On est arrivés ici au CRA de Lille à 16h environ. Pendant tous les trajet les flics nous ont menacés de poursuites, ils disaient “vous allez le payer cher”, le directeur aussi nous disait ça au Mesnil, uniquement parce qu’on s’est exprimé et qu’on a dit les choses clairement.

C’est de la maltraitance j’ai jamais vu ça de ma vie, on s’est fait gazer, matraquer, on a été mis par terre avec 40 condés qui nous encerclaient, nous mettaient la pression à mort, puis ils nous ont passé les menottes super serré. Sur le trajet c’était du foutage de gueule, ils essayaient de nous faire péter les plombs, mais nous on est pas rentrés dans leur jeu, pas un insulte ni rien. Ce qui les dérange c’est qu’on s’exprime bien, on a dit les choses clairement, on a dit ce qu’on voulait, et ça les dérange, on est devenus des cibles à abattre. On reste debout même si on s’est fait menacé de ouf. S’ils avaient pu ils nous auraient mis une balle. 

J’ai vécu un truc de fou, on a été traité comme des mecs en cavale. Ca a été dur. Là on est 4 au CRA de Lille, ils ont réouvert le bâtiment juste pour nous, il y a juste une personne âgée dans un autre bâtiment.”

 
 
  • Révoltes aussi au CRA de Vincennes 

Au centre de rétention de Vincennes, jeudi 9 avril, un premier prisonnier, présent depuis plus d’un mois au CRA, a été diagnostiqué malade du coronavirus. Les autres prisonniers sont bien conscients du risque que l’Etat les fait encourir. Alors que des nouveaux cas se confirment au sein de la prison, des masques ont enfin été distribués aux prisonniers, alors qu’ils en réclamaient depuis longtemps. Trop tard selon les prisonniers… Pour continuer à protester contre cette situation, pour refuser d’etre divisés en groupe et exiger leur libération, il y a eu une grosse mobilisation au 2A et au 2B.

 “On a pas le choix, on fait tout ensemble, on mange tous en même temps, il n’y a pas 1 mètre entre nous, on fait comme d’habitude, on est 2 par chambre, on se douche dans la même douche…

Une fois qu’ils étaient sûrs que le Corona était ici. Avant, on leur avait demandé mais ils ne nous ont rien donné. Et pourtant ça devrait être la sécurité avant tout.

On est en guerre ici. On est pas en sécurité. On ne sait rien. Ca va mal finir ici, on va tomber un par un. Le commandant a dit c’est pas toi qui décide. On parle avec ASSFAM mais pour l’instant rien ne change.

Si vous voulez communiquer à l’exterieur, appelez BFMTV ! Ecrivez sur le twitter de Macron”

 

Le 11 avril une nouvelle personne a été confirmée positive au CRA, un prisonnier qui était dans la même chambre que celui qui est tombé malade, une chambre dans laquelle ils étaient 3. iL y a eu deux libérations au JLD. Deux prisonniers sont testés positif au coronavirus au CRA2A. Les autres prisonniers sont inquiet et les infirmieres leurs annoncent qu’ils sont “tous contaminés”.

“Ca fait longtemps qu’on a signalé que la maladie était présente”. Les prisonniers demandent à ce que tous puissent faire des tests, savoir qui est contaminé. Il n’y a pas de savon, pas de gel, pas de shampooing, rien ! “

 

Le 12 avril au matin, un départ de feu a eu lieu dans l’un des bâtiments de la prison, les flics ont mis un prisonnier en cellule d’isolement. Pendant ce temps là tous les autres étaient regroupé par les keufs de la PAF (les matons des cra) dans la promenade, le temps d’une fouille du batiment. Un prisonnier raconte comment ça se passe

“Jte dis ca va, mais je dis ça par habitude. Ici c’est vraiment la merde. On en a marre de recevoir des appels de journaliste ou d’autres personnes. Après il se passe quoi ? Rien ? Je dis pas que c’est pas gentil d’appeler et de prendre des nouvelles mais bon… Y a pas d’article sur ce qui se passe à Vincennes !

Moi je sors de l’isolement là. Ils ont fouillé toutes les cellules mais ils ont pas trouvé ce qu’ils cherchaient.

L’infirmiere elle me dit: “Tu parles français ? Je lui dis “Non je parle pas français je suis un ane! Ecrivez-le moi.” Elle l’a écrit noir sur blanc: “Vous l’avez tous le coronavirus”. Elle me l’a dit: “Vous l’avez tous le coronavirus, au centre de Vincennes vous l’avez tous attrapé”. Basta.

Je lui ai dit “Mais maintenant vous attendez quoi pour nous faire des tests ?” Elle a dit “On attend que vous ayez des symptomes”. Maintenant la suite je ne sais pas. Seul dieu le sait. Ils vont nous laisser crever dans ce centre, c’est ça la suite. Ils vont attendre un par un qu’on tombe et qu’on ait la fièvre et là quand ce sera grave ils nous emmèneront à l’hôpital.

Moi je vous ai dit y a un deuxieme gars positif ils l’ont emmené tout là l’heure. Tout de façon on est tous positif. Le gars qui était positif, ils l’ont testé samedi et ils sont venu le chercher ce matin dans la chambre. Ca veut dire qu’on est resté encore une journée de plus avec lui.

Ils nous ont distribué des masques.Mais les masques on s’en sert pas, on les prend on les jettes. Parce qu’il fallait nous les donner avant. Ca sert à quoi maintenant? Maintenant qu’on est tous contaminé. Ca fait plus d’un mois qu’on est enfermé ici et qu’ils ne font rien. Maintenant qu’y a les premiers cas, ils nous donnent des masques? Ici y a même pas de savon, alors à quoi ça sert les masques ?

Franchement je prefere retourner en prison, j’étais mieux là bas.

Les frontières vont pas rouvrir avant septembre, ils le disent à la télé sur BFM, CNEWS et les autres chaines. Alors pourquoi ils nous gardent enfermé ici, hein ? Ils savent très bien qu’ils vont pas avoir le temps de nous renvoyer chez nous. Moi je serai content de rentrer chez moi, mais maintenant. Je veux pas pourrir encore dans le centre.

Maintenant il faut faire des vrais truc depuis dehors, faut que ça bouge !!

Je vous souhaite un bon apres midi quand meme..”

 

Dans la même journée, un autre cas a été confirmé dimanche soir : le prisonnier était épuisé et n’arrivait plus à respirer. Les prisonniers ont affronté les flics pour exiger qu’il soit emmené à l’hôpital, mais fidèles à leurs sale boulot raciste ils ont refusé d’appeler une ambulance et ont dit qu’il serait testé mardi. 

Transcription résumée des témoignages relayé par leparia.fr :

Ce soir à l’instant les sans-papiers enfermés au centre de rétention de Vincennes nous informent de la présence d’un quatrième cas de Covid-19. Les retenus affrontent actuellement le police pour exiger l’hospitalisation en urgence de leur compagnon. Ce dernier est épuisé ne peut plus respirer correctement. La police refuse d’appeler une ambulance, osant leur dire qu’il sera testé mardi. Il n’a vu aucun médecin et souffre. Ils exigent, soit d’être expulsés, soit d’être libérés, mais refusent catégoriquement d’être contaminés les uns après les autres enfermés dans cette prison loin de leurs proches.

22h50, le 12 avril.

« ça va pas du tout . Ça va gazer là. Macron c’est criminel ce qu’il est en train de faire. Demain, On sait pas c’est qui y va mourir. Chaque jour un nouveau cas, on est tous contaminés. On est en panique. La police elle s’en bat les couilles de notre vie. Y a un cas, et ils veulent pas comprendre. S’il vous plait aidez-nous. C’est des criminels.(…)  Là y a un mec il est tombé, il arrive même pas a marcher. Il a pleuré. Il est malade. Quand il mange il a pas de goût : c’est le corona, c’est comme ça ! S’il vous plait, je demande de l’aide. (…) On demande juste l’aide, juste de l’aide. Même envoyez nous chez nous aujourd’hui au bled, Juste nous laissez pas ici. Vous voulez qu’on parte chez nous, on part chez nous, Mais on veut pas mourir là. (…) On a des familles au bled, des proches, envie de les voir. Faites n’importe quel truc pour nous sauver. Même si on sort pas d’ici, même s’ils voulaient nous envoyer , qu’ils nous envoient : ils nous laissent pas comme ça (…) » 

« Ici les gens ça va pas, ici les gens sont paranos, ils ont peur. Vous voyez c’est le quatrième cas. Chaque jour. La ça fait 5 jours : 4 nouveaux cas. Les gens ça va pas du tout ici, vous voyez ou pas ? Les gens ils sont paranos, y a des gens ils veulent pas mourir, ils voulaient partir aujourd’hui au bled. On veut plus mourir nous. On est encore jeunes pourquoi on nous gache la vie. Ils ont pas le droit ! Ils ont pas le droit !! (…)  Y a des gens ils sont avec nous, ils sont malades. (…) ils ont plus de goût quand ils mangent. De là ça va faire : 5éme cas, 6ème cas…Jusqu’à y aura plus personne. C’est ça ce qu’ils veulent (…)» 

Aux alentours de minuit, les retenus ont obtenu que le prisonnier soit enmené par une ambulance mais la lutte pour la libération continue :

« La personne vient d’être évacuée à l’hôpital (…) On a pas gagné encore il faut qu’on sorte tous de là  parce qu’on sait pas si on est positifs ou négatifs.

Ouais hier ça a bougé un peu. En fait le soir on a vu qu’y avait un troisième cas de coronavirus donc on a décidé de faire un peu de bruit. On est resté dans la promenade jusqu’à ce qu’y ait une ambulance. Y avait beaucoup de police mais ils ont pas été violent. Si on avait rien fait, il se serait rien passé c’est sur. Il serait toujours là le gars. Là on attend de voir qui sera le prochain malade..”

 

Aujourd’hui une nouvelle personne a de grave symptomes respiratoire et est toujours enfermée ! Le prisonnier qui avait été mis à l’isolement après le départ de feu dans une cellule a été mis en garde à vue ce matin !

 

  • Prisonniers en  de la faim à Oissel (près de Rouen)
Depuis le dimanche 12 au soir, tous les prisonniers du centre de rétention de Oissel sont en grève de la faim: Ils exigent leurs libération immédiate. On relaye ici le témoignage d’un prisonnier qui a été transféré suite à la répression au CRA du Mesnil-Amelot, et d’un autre prisonnier qui raconte pourquoi ils se sont mis en grève de la faim. 
 
Retranscription Oissel grève de la faim 13.04.20 :
    
 “D’accord bon on est arrivé hier ici seulement. Nous on était a Mesnil Amelot que vous connaissez bien. Ici pour le moment moi je connais pas grand chose, faut que j’appelle quelqu’un qui vous fasse le compte rendu à partir d’ici. Bon seulement nous on est venu on les a trouvé en grève de faim, beh nous aussi on continue avec eux.
Sinon nous a  Mesnil Amelot on avait commencé ça, c’est pour ça qu’on nous a transféré ici.
 
Ca va le transfert a pas été trop violent ?
 
Oui ça été très très violent. Parce que nous on a réclamé notre droit à Mesnil-Amelot et ils ont refusé.  Nous on a fait la même histoire à mesnil amelot. Ils ont refusé. Parce que là bas les toilettes et les douches étaient bouché complètement bouché. On a pas de gel ou quoi.
C’est ici en arrivant que j’ai eu le gel. Parce qu’à MEsnil-amelot on avait pas ça.On avait réclamé plusieurs fois et ils ont refusé. Déjà à Mesnil-Amelot y avait plus de cinquante personne ce qui est pas normal en ce moment avec tous ça.
Si tout le monde s’est révolté là bas c’est à cause d’un un SDF qui est rentré, il a fait une semaine et il est partit. Il avait la fièvre de 39 degré. Directement ils ont décreté quelque chose, je sais pas quoi mais ils l’ont fait sortir directement.
Ca ca a révolté le coeur de tout le monde. On a décidé maintenant de faire la grève de la faim. On a grevé deux jours. On était dehors, personne rentrait dans la cellule. Tout le monde était dehors dans la cours. Dans la nuit le directeur est venu parler avec nous pour trouver une solution. Le lendemain ils ont appelé trois patrouilles de CRS qui sont venu nous encerclé ils ont bastonné les gens, et puis moi je fais partie des portes paroles avec d’autres personnes au nombre de 7. Ils nous ont mis les menottes, puis on nous a mis à l’isolement. Et vers 14h30 les escortes sont venues mettre les masques sur la bouche de certaines personnes. Ils ont mis les codes. Ils nous on attaché comme des chiens pour nous faire rentrer dans la voiture.
Nous on est arrivé ici et les autres ils sont resté enfermé là bas”.
 
Ouai et on a eu des nouvelles des gars enfermé à Lille aussi..
 
“Je te passe un autre prisonnier qui est là depuis plus longtemps.”

“Ca va pas.. On a fait la grève de faim parce que ça va pas. 
 
Toi t’es prisonnier à Oissel, vous êtes en grève de la faim depuis quand?
 
Ouais à Oissel ouai. Depuis hier, pour qu’ils nous libèrent tous. On est tous en grève de la faim. On est 13 personnes.. non 16 personnes.
 
Avec les arrivées de Mesnil ca fait 16 c’est ça ?
 
Ouais
 
Les flics ont réagit comment?
 
Ils ont dit “Vous mangez pas”. Mais ils ont rien dit, ils ont rien compris. Ils ont pas été violent. Pour l’instant on a pas de chef, on nous a pas parlé. Ce matin ils ont ouvert le patio comme par hasard. Ils ont dit celui qui veut sortir au patio il peut. Bah au  bout de 10minutes ils ont fermées. 
 
Le patio c’est la promenade? Celle qui est fermée d’habitude?
 
Ouai c’est la grande promenade. Ils l’ont ouvert aujourd’hui ouai.
 
Je me demandais à Oissel, y a plusieurs personnes qui étaient malade. Ca va mieux?
 
Ouai ca va mieux.. Mais on va continuer la grève de faim jusqu’au bout ils ont dit.”
 

Ne laissons pas seuls les prisonniers en lutte, relayons leur parole et soutenons les de toutes les manières possibles ! 
 
Ce soir et tous les jours à venir à 20h :
 
Crions à nos fenetres pour la libération de tou.te.s les prisonniers-ères sans-papiers ! Accrochons des banderoles ou écrivons partout que les CRA doivent être fermés maintenant !
 
 
Et continuons à saturer de mails les préfectures en ces temps de confinement !