“Les mesures de sécurité contre le COVID 19 sont très très faible, mais on y est confronté et on est limite livré à nous même“ : témoignage d’un prisonnier du CRA de Mesnil Amelot

Depuis fin mars, les prisonnièr.es des cra de Palaiseau et de Plaisir ont été régroupé.es dans le cra de Mesnil Amelot, à proximité de l’aéroport Charles de Gaulle. Les révoltes qui se sont produites dans le centre pour protester contre le manque absolue de mesures de protection contre la propagation du covid-19 ont été réprimées avec le déplacement de certains prisonniers vers les cra de Lille et de Oissel (Rouen). Au Mesnil, rien n’a changé aux conditions de saleté et proximité dans lesquelles les détenu.es sont obligés à vivre – pire, deux bâtiments du centre ont été vidés et tous les détenus ont été regroupés dans une même structure. Entre samedi et dimanche dernière, 22 personnes en plus ont été renfermées à Mesnil.

 Je suis rentré au CRA le 12 avril, je suis passé auprès du tribunal qui m’a assigné à résidence, ils m’ont relaché. Ils m’ont dit d’aller au commissariat pour signature. Je suis parti au comissariat, ils m’ont juste dit respecte bien ce qui est écrit dans le jugement. Parce que le tribunal m’a condamné à signer 3 fois pendant 28 jours, chaque mercredi je dois me présenter au commissariat. Et puis je suis revenu chez moi.
Le lendemain je suis allongé tranquille avec ma femme, ça a sonné, on a ouvert la porte. Ils disent venez avec nous pour vous dire comment faire la procédure de signature. Je leur ai dit c’est bon c’est clair, y a rien à expliquer, ils ont insisté, “la chef voudrait vous parlez”. Personnellement je suis sorti en short. Après ils m’ont emmené au commissariat, et là hop retournement de situation, ils m’ont menoté, et dit monsieur vous allez repartir au CRA.
 
Ils nous harcèlent, y a pas que moi.
 
Personnellement je viens pas de prison, même les policiers y disent toi t’as rien à faire ici, il devait pas t’embarquer. Mon histoire à moi je la comprends pas.
 
Je me suis retrouvé encore dans le CRA, comme si j’avais dormi, j’ai rêvé que j’étais chez moi et le lendemain quand je me suis révéillée…
 
Actuellement je suis toujours au centre de rétention. Je vais vous parler de ce qui se passe en mesure d’hygiène et sanitaire. Les mesures de sécruité contre le COVID 19 sont très très faible, mais on y est confronté et on est limite livré à nous même.
 
Moi personnellement pour toucher les portes et tout ça j’utilise un tee-shirt et je le lave après.
 
En 1er lieu y a des gens qui viennent de prison, ils les amènent au CRA et puis ils subissent rien, ni dépistages, ni gants, ni solution hydro-alcoolique rien, pas de mesure de sécurité.
 
Les chambres c’est des petites chambres avec des lits superposés, les mesures de sécurités sont trés faibles donc on essaie.
 
Moi personnellement dans ma chambre quand mon co-détenu commence a tousser, je sors dans la petite cours, je préfère rester une heure ou deux dans le froid la nuit que d’affronter ce virus que je connais même pas le remède, que même les plus grands chercheurs, les plus grands médecins trouvent pas la solution.
 
Y a plusieurs cas, moi je trouve qu’ils ont les symptomes. Ils vous le disent carrément, j’ai du mal à respirer, j’ai du mal à avaler, ils ont les larmes aux yeux, ils toussent, ils vomissent.
 
Pourquoi je prends des risques moi à rester ici. D’une part il nous dise y a le blocage y a pas d’avion, et d’une autre part on est livré à nous même, à affronter ce virus que même même les states, même les états unis ont pas réussi à trouver le remède.
 
Y a des gens qui disent, moi personellement si y avait un avion je préfère rentrer chez moi, quitter là.
 
L’allume cigare c’est des petits boutons dans le mur sur le côté, tout le monde y touche, les robinets tout le monde y touche, les portes…
 
Dans refectoire on est tous collé, y a même pas 5 à 10 cm de distance entre nous, on n’a pas de petite bouteille d’eau, on touche tous le même pichet, y a encore plus de contact là bas, alors j’évite de manger.
 
Même les policiers ils ont pas de masques, ils ont pas de gants, ils ont rien eux aussi, voilà limite on est tous les 2 confrontés à nous même.
 
Le danger ça vient de l’extérieur.

Des révoltes de prisonniers éclatent dans plusieurs CRA ! (suivi)

Depuis le début de l’urgence sanitaire les personnes enfermées demandent à être libérées face à la fermeture des frontières, mais l’État poursuit sa politique d’enfermement. Aucune mesure sanitaire n’est prise pour empêcher la propagation du virus à l’intérieur du centre.
Alors que les flics de la PAF (les matons des cra) rentrent et sortent des prisons pour sans-papiers au risque d’y ramener le virus, les prisonniers restent enfermés. Au CRA de Vincennes, déjà 3 cas de personnes contaminées dans le centre ont été officiellement déclarés.
Depuis presqu’un mois les prisonniers de différents centre de rétention exige qu’on leurs fournissent du matériel pour se protéger de la pandémie. Quand des masques (comme à Vincennes) ou du gel (comme à Oissel) est fourni, c’est qu’il y a déjà des prisonniers malades.
lire aussi : Enfermer, enfermer toujours… la situation dans les CRA au 10 avril
Depuis samedi, plusieurs révoltent ont lieu dans au moins trois centre de rétention: Mesnil-Amelot, Vincennes et Oissel. Samedi 11 au matin, après avoir passé 2 jours en cellule d’isolement,  un prisonnier du cra du Mesnil-Amelot est libéré discrètement par les keufs de la PAF alors qu’il présente les symptomes du coronavirus. 
 
A la prison pour sans-papiers de Vincennes, Un nouveau prisonnier a été déclaré positif au coronavirus, et les infirmières commencent à dire a des prisonniers “qu’ils sont tous contaminé”. une cellule est brulé et les prisonnniers sont sortit dans la promenade pendant que les keufs font une fouille du batiment.
 
Au Mesnil Amelot après une assemblée en fin d’après midi, les prisonniers décident de bloquer la promenade pour exiger leur liberté. Le soir des gradés des keufs et la direction du CRA tentent de les convaincre de rentrer dans leurs batiments sans rien obtenir. 
Les prisonniers décident alors de passer la nuit dehors tous ensemble pour continuer à protester. Les keufs leurs retirent alors leurs matelas pour les empêcher de se reposer. Le lendemain matin, le dimanche 12, la majorité des prisonniers décident de sauter la barrière les séparant du batiment où sont enfermées les prisonnières. La prison du Mesnil est collée à une caserne de CRS, qui sont appelés en renfort en plus des keufs en tenue anti-émeute déjà présents. Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des batiments. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules a l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transferer dans d’autres prisons pour étranger.e.s (5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel).
Ils ont appelés en renfort en plus des keufs en tenue anti-émeute déjà présents.
Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des batiments. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules a l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transferer dans d’autres prisons pour étranger.e.s (5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel).
 
Le dimanche 12 au soir, des prisonniers de Vincennes du batiment 2A se révoltent. Ca fait plusieurs jours que des prisonniers sont officiellement malades du coronavirus. Un prisonnier est gravement malade et les keufs (comme c’est souvent le cas) refusent d’appeler les secours. Les retenus bloquent la promenade en exigeant une prise en charge rapide du prisonnier malade. Ce sera le cas après plusieurs heures de tensions.
 
Le même soir (le 12) les prisonniers du centre de rétention de Oissel se mettent en grève de la faim pour exiger leurs libérations immédiate. Les trois prisonniers transférés du Mesnil-Amelot, rejoignent la lutte dès leurs arrivées. Pour le moment les prisonniers n’ont obtenu aucune réponse de la part de l’administration.
 

  • Nuit de révolte au CRA de Mesnil-Amelot 
  • Des transferts au CRA de Lesquin (près de Lille)
  • Révoltes aussi au CRA de Vincennes
  • Prisonniers en  de la faim à Oissel (près de Rouen)

 
  • Nuit de révolte au CRA de Mesnil-Amelot 
Le 11 avril, à 20h les prisonniers du CRA 2 du Mesnil-Amelot occupent la cour du bâtiment et bloquent la promenade aux cris de “liberté !”. Suite à une nuit de révolte et une journée de répression le lendemain, certains retenus ont été transféré dans d’autres CRA.
Suivi de la révolte des prisonniers du CRA de Mesnil-Amelot. Une revendication : la libération de tou.te.s !
Avant la nuit et suite à l’échange avec le chef de police, puis avec le directeur du CRA, les retenus se sont installés pour dormir dehors, mais les flics ont pris leurs matelas pour les empêcher de se reposer. Ils ont continué a bloquer quand même. Le matin, ils ont sauté la grille pour rejoindre le bâtiment des femmes et familles. Ils ont continué à tenir ensemble alors les policiers ont chargé vers 11h avec un dispositif policier énorme (ils parlaient de 100 flics). Ils les ont rassemblé dans un coin, forcé à se mettre par terre et confisqué des téléphones. Ils ont menotté et emmenés, 8 prisonniers « identifiés comme leader sur les cameras ». Les autres prisonniers ont été réenfermés dans les chambres.

 

 

  • Des transfert au CRA de Lesquin (près de Lille)
 
 
Hier 8 prisonniers du Mesnil-Amelot ont été transféré dans d’autres CRA suite à la révolte (visiblement pas de GAV). Au CRA de Lesquin (près de Lille) ils sont 5 et isolés du reste du centre : les flics ont rouvert un batiment qui était fermé juste pour les y enfermer. Les 3 autres auraient été transférés  au CRA de Oissel (près de Rouen) ou les prisonniers sont en greve de la faim depuis hier soir. En plus de la violence qu’ils ont subit, la répression c’est aussi l’isolement loin des autres et loin des proches dans un batiment ou les cabines sont HS.  Un des prisonniers raconte la pression des flics pour les faire craquer pendant le transfert :

 

“On s’est fait maltraités, tapés, on nous a mis les menottes super serrées. On est arrivés ici au CRA de Lille à 16h environ. Pendant tous les trajet les flics nous ont menacés de poursuites, ils disaient “vous allez le payer cher”, le directeur aussi nous disait ça au Mesnil, uniquement parce qu’on s’est exprimé et qu’on a dit les choses clairement.

C’est de la maltraitance j’ai jamais vu ça de ma vie, on s’est fait gazer, matraquer, on a été mis par terre avec 40 condés qui nous encerclaient, nous mettaient la pression à mort, puis ils nous ont passé les menottes super serré. Sur le trajet c’était du foutage de gueule, ils essayaient de nous faire péter les plombs, mais nous on est pas rentrés dans leur jeu, pas un insulte ni rien. Ce qui les dérange c’est qu’on s’exprime bien, on a dit les choses clairement, on a dit ce qu’on voulait, et ça les dérange, on est devenus des cibles à abattre. On reste debout même si on s’est fait menacé de ouf. S’ils avaient pu ils nous auraient mis une balle. 

J’ai vécu un truc de fou, on a été traité comme des mecs en cavale. Ca a été dur. Là on est 4 au CRA de Lille, ils ont réouvert le bâtiment juste pour nous, il y a juste une personne âgée dans un autre bâtiment.”

 
 
  • Révoltes aussi au CRA de Vincennes 

Au centre de rétention de Vincennes, jeudi 9 avril, un premier prisonnier, présent depuis plus d’un mois au CRA, a été diagnostiqué malade du coronavirus. Les autres prisonniers sont bien conscients du risque que l’Etat les fait encourir. Alors que des nouveaux cas se confirment au sein de la prison, des masques ont enfin été distribués aux prisonniers, alors qu’ils en réclamaient depuis longtemps. Trop tard selon les prisonniers… Pour continuer à protester contre cette situation, pour refuser d’etre divisés en groupe et exiger leur libération, il y a eu une grosse mobilisation au 2A et au 2B.

 “On a pas le choix, on fait tout ensemble, on mange tous en même temps, il n’y a pas 1 mètre entre nous, on fait comme d’habitude, on est 2 par chambre, on se douche dans la même douche…

Une fois qu’ils étaient sûrs que le Corona était ici. Avant, on leur avait demandé mais ils ne nous ont rien donné. Et pourtant ça devrait être la sécurité avant tout.

On est en guerre ici. On est pas en sécurité. On ne sait rien. Ca va mal finir ici, on va tomber un par un. Le commandant a dit c’est pas toi qui décide. On parle avec ASSFAM mais pour l’instant rien ne change.

Si vous voulez communiquer à l’exterieur, appelez BFMTV ! Ecrivez sur le twitter de Macron”

 

Le 11 avril une nouvelle personne a été confirmée positive au CRA, un prisonnier qui était dans la même chambre que celui qui est tombé malade, une chambre dans laquelle ils étaient 3. iL y a eu deux libérations au JLD. Deux prisonniers sont testés positif au coronavirus au CRA2A. Les autres prisonniers sont inquiet et les infirmieres leurs annoncent qu’ils sont “tous contaminés”.

“Ca fait longtemps qu’on a signalé que la maladie était présente”. Les prisonniers demandent à ce que tous puissent faire des tests, savoir qui est contaminé. Il n’y a pas de savon, pas de gel, pas de shampooing, rien ! “

 

Le 12 avril au matin, un départ de feu a eu lieu dans l’un des bâtiments de la prison, les flics ont mis un prisonnier en cellule d’isolement. Pendant ce temps là tous les autres étaient regroupé par les keufs de la PAF (les matons des cra) dans la promenade, le temps d’une fouille du batiment. Un prisonnier raconte comment ça se passe

“Jte dis ca va, mais je dis ça par habitude. Ici c’est vraiment la merde. On en a marre de recevoir des appels de journaliste ou d’autres personnes. Après il se passe quoi ? Rien ? Je dis pas que c’est pas gentil d’appeler et de prendre des nouvelles mais bon… Y a pas d’article sur ce qui se passe à Vincennes !

Moi je sors de l’isolement là. Ils ont fouillé toutes les cellules mais ils ont pas trouvé ce qu’ils cherchaient.

L’infirmiere elle me dit: “Tu parles français ? Je lui dis “Non je parle pas français je suis un ane! Ecrivez-le moi.” Elle l’a écrit noir sur blanc: “Vous l’avez tous le coronavirus”. Elle me l’a dit: “Vous l’avez tous le coronavirus, au centre de Vincennes vous l’avez tous attrapé”. Basta.

Je lui ai dit “Mais maintenant vous attendez quoi pour nous faire des tests ?” Elle a dit “On attend que vous ayez des symptomes”. Maintenant la suite je ne sais pas. Seul dieu le sait. Ils vont nous laisser crever dans ce centre, c’est ça la suite. Ils vont attendre un par un qu’on tombe et qu’on ait la fièvre et là quand ce sera grave ils nous emmèneront à l’hôpital.

Moi je vous ai dit y a un deuxieme gars positif ils l’ont emmené tout là l’heure. Tout de façon on est tous positif. Le gars qui était positif, ils l’ont testé samedi et ils sont venu le chercher ce matin dans la chambre. Ca veut dire qu’on est resté encore une journée de plus avec lui.

Ils nous ont distribué des masques.Mais les masques on s’en sert pas, on les prend on les jettes. Parce qu’il fallait nous les donner avant. Ca sert à quoi maintenant? Maintenant qu’on est tous contaminé. Ca fait plus d’un mois qu’on est enfermé ici et qu’ils ne font rien. Maintenant qu’y a les premiers cas, ils nous donnent des masques? Ici y a même pas de savon, alors à quoi ça sert les masques ?

Franchement je prefere retourner en prison, j’étais mieux là bas.

Les frontières vont pas rouvrir avant septembre, ils le disent à la télé sur BFM, CNEWS et les autres chaines. Alors pourquoi ils nous gardent enfermé ici, hein ? Ils savent très bien qu’ils vont pas avoir le temps de nous renvoyer chez nous. Moi je serai content de rentrer chez moi, mais maintenant. Je veux pas pourrir encore dans le centre.

Maintenant il faut faire des vrais truc depuis dehors, faut que ça bouge !!

Je vous souhaite un bon apres midi quand meme..”

 

Dans la même journée, un autre cas a été confirmé dimanche soir : le prisonnier était épuisé et n’arrivait plus à respirer. Les prisonniers ont affronté les flics pour exiger qu’il soit emmené à l’hôpital, mais fidèles à leurs sale boulot raciste ils ont refusé d’appeler une ambulance et ont dit qu’il serait testé mardi. 

Transcription résumée des témoignages relayé par leparia.fr :

Ce soir à l’instant les sans-papiers enfermés au centre de rétention de Vincennes nous informent de la présence d’un quatrième cas de Covid-19. Les retenus affrontent actuellement le police pour exiger l’hospitalisation en urgence de leur compagnon. Ce dernier est épuisé ne peut plus respirer correctement. La police refuse d’appeler une ambulance, osant leur dire qu’il sera testé mardi. Il n’a vu aucun médecin et souffre. Ils exigent, soit d’être expulsés, soit d’être libérés, mais refusent catégoriquement d’être contaminés les uns après les autres enfermés dans cette prison loin de leurs proches.

22h50, le 12 avril.

« ça va pas du tout . Ça va gazer là. Macron c’est criminel ce qu’il est en train de faire. Demain, On sait pas c’est qui y va mourir. Chaque jour un nouveau cas, on est tous contaminés. On est en panique. La police elle s’en bat les couilles de notre vie. Y a un cas, et ils veulent pas comprendre. S’il vous plait aidez-nous. C’est des criminels.(…)  Là y a un mec il est tombé, il arrive même pas a marcher. Il a pleuré. Il est malade. Quand il mange il a pas de goût : c’est le corona, c’est comme ça ! S’il vous plait, je demande de l’aide. (…) On demande juste l’aide, juste de l’aide. Même envoyez nous chez nous aujourd’hui au bled, Juste nous laissez pas ici. Vous voulez qu’on parte chez nous, on part chez nous, Mais on veut pas mourir là. (…) On a des familles au bled, des proches, envie de les voir. Faites n’importe quel truc pour nous sauver. Même si on sort pas d’ici, même s’ils voulaient nous envoyer , qu’ils nous envoient : ils nous laissent pas comme ça (…) » 

« Ici les gens ça va pas, ici les gens sont paranos, ils ont peur. Vous voyez c’est le quatrième cas. Chaque jour. La ça fait 5 jours : 4 nouveaux cas. Les gens ça va pas du tout ici, vous voyez ou pas ? Les gens ils sont paranos, y a des gens ils veulent pas mourir, ils voulaient partir aujourd’hui au bled. On veut plus mourir nous. On est encore jeunes pourquoi on nous gache la vie. Ils ont pas le droit ! Ils ont pas le droit !! (…)  Y a des gens ils sont avec nous, ils sont malades. (…) ils ont plus de goût quand ils mangent. De là ça va faire : 5éme cas, 6ème cas…Jusqu’à y aura plus personne. C’est ça ce qu’ils veulent (…)» 

Aux alentours de minuit, les retenus ont obtenu que le prisonnier soit enmené par une ambulance mais la lutte pour la libération continue :

« La personne vient d’être évacuée à l’hôpital (…) On a pas gagné encore il faut qu’on sorte tous de là  parce qu’on sait pas si on est positifs ou négatifs.

Ouais hier ça a bougé un peu. En fait le soir on a vu qu’y avait un troisième cas de coronavirus donc on a décidé de faire un peu de bruit. On est resté dans la promenade jusqu’à ce qu’y ait une ambulance. Y avait beaucoup de police mais ils ont pas été violent. Si on avait rien fait, il se serait rien passé c’est sur. Il serait toujours là le gars. Là on attend de voir qui sera le prochain malade..”

 

Aujourd’hui une nouvelle personne a de grave symptomes respiratoire et est toujours enfermée ! Le prisonnier qui avait été mis à l’isolement après le départ de feu dans une cellule a été mis en garde à vue ce matin !

 

  • Prisonniers en  de la faim à Oissel (près de Rouen)
Depuis le dimanche 12 au soir, tous les prisonniers du centre de rétention de Oissel sont en grève de la faim: Ils exigent leurs libération immédiate. On relaye ici le témoignage d’un prisonnier qui a été transféré suite à la répression au CRA du Mesnil-Amelot, et d’un autre prisonnier qui raconte pourquoi ils se sont mis en grève de la faim. 
 
Retranscription Oissel grève de la faim 13.04.20 :
    
 “D’accord bon on est arrivé hier ici seulement. Nous on était a Mesnil Amelot que vous connaissez bien. Ici pour le moment moi je connais pas grand chose, faut que j’appelle quelqu’un qui vous fasse le compte rendu à partir d’ici. Bon seulement nous on est venu on les a trouvé en grève de faim, beh nous aussi on continue avec eux.
Sinon nous a  Mesnil Amelot on avait commencé ça, c’est pour ça qu’on nous a transféré ici.
 
Ca va le transfert a pas été trop violent ?
 
Oui ça été très très violent. Parce que nous on a réclamé notre droit à Mesnil-Amelot et ils ont refusé.  Nous on a fait la même histoire à mesnil amelot. Ils ont refusé. Parce que là bas les toilettes et les douches étaient bouché complètement bouché. On a pas de gel ou quoi.
C’est ici en arrivant que j’ai eu le gel. Parce qu’à MEsnil-amelot on avait pas ça.On avait réclamé plusieurs fois et ils ont refusé. Déjà à Mesnil-Amelot y avait plus de cinquante personne ce qui est pas normal en ce moment avec tous ça.
Si tout le monde s’est révolté là bas c’est à cause d’un un SDF qui est rentré, il a fait une semaine et il est partit. Il avait la fièvre de 39 degré. Directement ils ont décreté quelque chose, je sais pas quoi mais ils l’ont fait sortir directement.
Ca ca a révolté le coeur de tout le monde. On a décidé maintenant de faire la grève de la faim. On a grevé deux jours. On était dehors, personne rentrait dans la cellule. Tout le monde était dehors dans la cours. Dans la nuit le directeur est venu parler avec nous pour trouver une solution. Le lendemain ils ont appelé trois patrouilles de CRS qui sont venu nous encerclé ils ont bastonné les gens, et puis moi je fais partie des portes paroles avec d’autres personnes au nombre de 7. Ils nous ont mis les menottes, puis on nous a mis à l’isolement. Et vers 14h30 les escortes sont venues mettre les masques sur la bouche de certaines personnes. Ils ont mis les codes. Ils nous on attaché comme des chiens pour nous faire rentrer dans la voiture.
Nous on est arrivé ici et les autres ils sont resté enfermé là bas”.
 
Ouai et on a eu des nouvelles des gars enfermé à Lille aussi..
 
“Je te passe un autre prisonnier qui est là depuis plus longtemps.”

“Ca va pas.. On a fait la grève de faim parce que ça va pas. 
 
Toi t’es prisonnier à Oissel, vous êtes en grève de la faim depuis quand?
 
Ouais à Oissel ouai. Depuis hier, pour qu’ils nous libèrent tous. On est tous en grève de la faim. On est 13 personnes.. non 16 personnes.
 
Avec les arrivées de Mesnil ca fait 16 c’est ça ?
 
Ouais
 
Les flics ont réagit comment?
 
Ils ont dit “Vous mangez pas”. Mais ils ont rien dit, ils ont rien compris. Ils ont pas été violent. Pour l’instant on a pas de chef, on nous a pas parlé. Ce matin ils ont ouvert le patio comme par hasard. Ils ont dit celui qui veut sortir au patio il peut. Bah au  bout de 10minutes ils ont fermées. 
 
Le patio c’est la promenade? Celle qui est fermée d’habitude?
 
Ouai c’est la grande promenade. Ils l’ont ouvert aujourd’hui ouai.
 
Je me demandais à Oissel, y a plusieurs personnes qui étaient malade. Ca va mieux?
 
Ouai ca va mieux.. Mais on va continuer la grève de faim jusqu’au bout ils ont dit.”
 

Ne laissons pas seuls les prisonniers en lutte, relayons leur parole et soutenons les de toutes les manières possibles ! 
 
Ce soir et tous les jours à venir à 20h :
 
Crions à nos fenetres pour la libération de tou.te.s les prisonniers-ères sans-papiers ! Accrochons des banderoles ou écrivons partout que les CRA doivent être fermés maintenant !
 
 
Et continuons à saturer de mails les préfectures en ces temps de confinement !
 

Communiqué du collectif de retenus de Oissel !

Après la grève de la faim et un deuxième communiqué, un troisième communiqué dénonçant France Terre d’Asile hier (Ftda c’est l’asso présente dans le cra et sensé faire du soutien juridique aux prisonnier.es.) le collectif de prisonnier souhaite continuer à faire sortir les informations sur la situation dans le cra.

On commence à en parler dans la presse depuis la dernière dépêche AFP mais c’est comme d’hab la parole des keufs et ou des avocat.e.s qu’on relaye et pas celles des premièr.e.s concerné.e.s.

 

Quatrième communiqué du collectif des prisonniers de Oissel

 

 

Concernant les retenus qui ont été tabassés et ont déposé plainte, nous réclamons que toute la lumière soit faite sur ces actes. Nous réclamons de plus la fin de tous les actes de violences et de maltraintes à notre égard.

A l’heure qu’il est on ne voit aucun changement au niveau de nos revendications depuis le début du mouvement.

Le colectif des personnes retenues poursuivra sa mobilisation pour plus de justice sociale (conditions de rétention digne) sans se laisser intimit par des actes de violences ou d’insultes.

Toujours à propos de France Terre d’Asile, le collectif en est venu à demander le départ des personnes la répresentant actuellement au CRA de Oissel. Nous estimons que rien n’a été mis en place pour nous défendre depuis le débtu de notre mouvement et que ces personnes sont de plus en plus partisanes de la préfectures et des méthodes de gestion du cente.

La promenade est organisée au moment du nettoyage des chambres de 10h30 a 11h ce qui la rend toujours compliquée. Sachez aussi que les douches dans les chambres n’ont pas d’eau chaude.

Les retenus se sont plaints à maintes reprises auprès de l’association France terre d’asile mais en vain.

Il y a aussi des retenues qui font la totalité des 90 jours de rétention. Ici il n’y a pas d’activité à part la salle de télévision et souvent il y a de la tension pour les chaines. Nous ne comprenons pas car il n’y a pas une autre salle de télévision qui reste toujours fermée à clé.  La promenade elle, n’est pas toujours régulière et c’est ce qui cause aussi une tensio entre retenues et les policiers.

Contrairement ce qui a été dit par le commandant de police du CRA d’Oissel dans la presse, si la durée de la rétention est bien passée de 45 à 90 jkours depuis la nouvelle loi, il faut savoir qu’une personne retenue reste ici de 1 a 2 mois environs et non pas 15 jours en moyenne.

Le collectif des personnes retenues au C.R.A de Oissel

 

Continuons à faire tourner un maximum leurs communiqués collectif !

Ni police ni charité, vive la lutte des sans papiers !

Communiqué du 22 janvier 2020 des prisonniers de Oissel en lutte

La prison pour étrangèr.e.s de Oissel (près de Rouen) est connue pour ses keufs violents et raciste, sa direction qui réprime tous les mouvements de lutte. Dans cette taule le mitard est régulièrement utilisé pour tabasser des prisonniers.

Cette prison a été en partie brulé à la fin du mois d’avril par des prisonniers après une grève de la faim violemment reprimée.

Samedi dernier des keufs tapent un prisonnier et l’amène au mitard ( il en est ressortit le mercredi 22 janvier) parce qu’il avait voulu se montrer solidaire d’un autre prisonnier.  Le soir des policiers cagoulés avec des chiens rentrent dans le centre pour foutre la pression aux prisonniers. Depuis les violences, coups de pressions, insultes racistes ne se sont pas arrêtés.

Ce mercredi 22 janvier au soir, les 42 prisonniers de la section homme du cra de Oissel se sont mis en grève de la faim. On relaye leurs communiqués: 

Au centre de rétention de Oissel (près de Rouen) la police est violente et nous humilie tous les jours. Toujours ils provoquent, ils disent “Baisse les yeux !”. La nourriture est froide et n’est pas halal, alorsqu’il y a une majorité de prisonniers qui sont musulmans.
Même la prison c’est mieux qu’ici. Y en a ils ont 10 ou 20 ans ici et onles mets en centre de rétention.
Depuis samedi c’est encore pire. La police à encore voulu mettre unprisonnier à l’isolement. Son ami s’y est opposéet ils l’ont amené violemment aussi à l’isolement. Le soir y avait la police avec des chiens et des cagoules dans le centre pour nous faire peur.
Le prisonnier qui était à l’isolement il vient d’en sortir. Ils l’ont
tabassé, il peut pls parler, il a des bleus partout. Les yeux et les
oreilles sont gonflées.
Hier ils ont cassés le pied d’un autre prisonnier.
Tout ça va pas du tout. Tout le monde se plaint. Nous sommes plus de 42 prisonniers enfermés ici. Donc là on fait la grève commune. Ce soir personne ne mange.
On va essayer d’occuper le couloir parce que ce qui c’est passé depuissamedi dernier c’est encore pire que d’habitude.
Ici y a pas d’hygiène. Les chambres sont pas nettoyés tous les jours.

On revendique
-La fin des violences policières, de la xénophobie des policiers et de leurs racisme
-Un minimum d’hygiène et de dignité
-De la nourriture correcte
-Des soins corrects

Les prisonniers en grève de la faim de Oissel, le 22 janvier

Dispo en affiche :

Pour rappel les numéros de cabines qui permettent de joindre directement les prisonniers et montrer votre solidarité:

02 35 68 61 56 / 77 09

récit des révoltes aux CRA Rennes et Rouen au printemps 2019

Au centre de Oissel y a plus d’un mois une grève de la faim réprimé se transforme en révolte : résultat 8 cellule sur 12 rendue inutilisable. Cette révolte est passée sous silence partout.. sauf dans le CRA de Rennes où une dizaine de prisonniers de Oissel ont été transféré suite à la révolte.

Suite à un vol caché violent des prisonniers du cra de Rennes se révolte et y foutent le feu.. La répression ne se fait pas attendre, déjà 4 d’entre eux ont pris du ferme.

Là au centre (de Oissel près de Rouen) il doit y avoir 4 chambres. En tout y en avait douze. Mais j’crois y a deux trois mois ici ils ont fait une grève de la faim, ils ont démonté les chambres ils ont démoli tous les lits. Là il reste 4 chambres. Chaque chambre c’est 6 ou 8 personnes. Donc là on est ptet 30 ouai… On est quatre chambres, y a deux chambres où la douche elle marche pas.

Bah en fait depuis ça (les grèves de la faim), moi j’étais au centre de rétention de Rennes, je suis rentré le 26 là bas. Et y ‘avait des mecs ils étaient ici à Rouen, ils avaient fait la grève de la faim et tout ça. Yen avait 10 ils les ont tous transférés. Ya 10 personnes ils les ont transférées à Rennes. Et c’est là bas j’ai appris ils avaient fait la grève de la faim et tout ça.

Et moi quand ils m’ont transféré de là bas (Rennes), c’est parce qu’il y a eu un incendie. Et ils ont scotché un mec. Tu sais comment ils font. Ils rentrent dans ta chambre. Ils viennent le soir hein. Ils voient si tout le monde est là. Ils font l’effectif à minuit et ils repassent à deux heures voir si t’es bien dans ta chambre.

A quatre heure du matin ils sont rentrés et à ce qu’il parait ils m’ont dit, moi je sais pas j’étais pas dans le même bâtiment, à ce qu’il parait ils s’apprêtaient à faire la prière. Ils sont venus sur lui, ils se sont jetés sur lui. Une éponge dans la bouche pour qu’il se morde pas la langue, un casque de boxeur sur la tête, pour qu’il se tape pas la tête sur les murs, et menottés par derrière, et scotché menotté les pieds, le mec il touchait pas le sol.

Moi j’ai entendu les cris et tout ça j’étais pas dans le même bâtiment. Il touchait pas par terre le mec. Son vol il a commencé là où il était en fait.

Et les mecs qui étaient avec lui, ses binômes, ceux qui dorment avec lui, ses co, ba ils étaient enragés je crois. Ils ont foutu le feu, devant les caméras.

J’étais en contact avec un tunisien là bas et il m’a dit ils ont pris deux ans deux ans et un an. En plus le Tunisien avec qui je parlais hier il a pris l’avion. Il a dit franchement moi je rentre.

Les mecs ils ont mis le feu, ils ont brûlé les matelas tout ça. Parce que les mecs ils ont brûlé le feu, c’était à l’extérieur. C’est pour dire. A l’extérieur…

Alors les mecs ils ont commencé à foutre le feu dehors, devant les caméras. Je te dis ça parce que vraiment les gens qui prennent deux piges deux piges une pige c’est compliqué tu vois. Ils ont pris deux piges pour ça. Pour avoir brûlé des matelas dehors. Ca veut dire y a rien qui brûle.

Les keufs t’as vu ils sont arrivés, ils ont sorti l’armurerie. Les matraques, les gaz. Ils ont mis les personnes accroupies dans un coin là bas et puis ils les ont dispatchés dans les autres bâtiments. Et la nuit les gens ils ont pas dormi. Parce que les autres bâtiment y a dix personnes ils sont blindés. Ils ont passé une nuit blanche dans la salle télé.

Communiqué des prisonniers du CRA de Oissel (Rouen) en lutte du 8 juin 2019!

Alors que leur centre de rétention est en travaux suite à des révoltes qui l’ont mis partiellement hors d’usage il y a deux mois, les prisonniers du CRA de Oissel, près de Rouen, sont en lutte depuis plusieurs jours. Ils ont écrit jeudi 6 juin 2019 un communiqué pour raconter les raisons de leur colère et de leur mobilisation.

Nous on fait grève par rapport à la nourriture qui est pas bonne. Le centre de rétention est sale. Les douches sont bouchées. Les lavabos sont bouchés.

Y a un terrain de foot où personne peut faire du sport. C’est les policiers qui font du sport à notre place. Y a pas d’activité ici.

Le CRA est en travaux. Hier on s’est embrouillé avec eux, ce matin ils ont reveillé tot le matin tout le monde pour prendre des gens et les ramener en Espagne.

Toute la journée y a du bruit parce que le centre est en travaux. Il est en travaux parce qu’il a brulé recemment. On devrait être sorti pendant les travaux. Il devrait pas y avoir de prisonniers ici.

Hier ils ont mis un gars qui avait 16 ans a l’hôpital pour lui faire le test osseux et depuis pas de nouvelles des résultats. Il est toujours
là.

Ici les flics ont conseillé à la femme d’un prisonnier de divorcer de son mari si elle veut avoir un jours les papiers.

Y a des gars qui devrait être a l’hôpital. Y a un gars qui doit se faire opérer, il ne peut pas respirer par le nez. Y a un mec ici qu’a l’hépatite B et un autre l’hépatite C. Ils devraient être à l’hôpital.

On sait qu’a Rennes depuis l’incendie du CRA de la bas c’est plus pareil. Ils ont plus de sport, les visite c’est plus compliqué. Les policiers écoutent tout et laissent les porte ouverte.

Face à tous ça, on appelle les prisonniers de Rennes et de tous les autres centre à nous rejoindre dans la lutte !

Des prisonniers du CRA de Oissel.

 

note : il y a quelques semaines, pour protester contre une  expulsion violence, des prisonniers du CRA de Rennes ont mis le feu à des matelas et endommagé les bâtiments. Quatre d’entre eux ont déjà été jugés et condamnés à des peines de prisons ferme allant de sept mois à deux ans.

Coup de fil au CRA de Oissel

Des prisonniers du CRA de Oissel parlent de leurs conditions toujours aussi horribles au téléphone …

En fait c’est la merde ici là. Y a rien. On peut rentrer rien du tout. Des vêtements. Du manger. Rien du tout. Tu peux faire rien du tout. Même une promenade. Tu peux pas sortir pour une promenade, t’es enfermé 24 sur 24. On te fait sortir juste pour le ménage. Sitôt après nous faire rentrer. C’est banal ici. Franchement c’est quelque chose pour nous. On est dans la merde.

Y a pas de promenade y a rien. Pas dans la chambre. Dans la cour. Y a un couloir t as vu, on reste dans le couloir. Même ma famille veut rentrer des trucs pour manger et elle peut rien rentrer.

Même le réseau y a pas t’as vu.

C’est la merde ici. On est 6 dans la chambre ou 7. On est 7 dans la chambre. En plus y a rien à manger. Ils mettent des trucs. Des fois on peut même pas manger. Des fois on meurt de faim. En fait pour acheter à manger, y a que des biscuits, des trucs bidons, pas des trucs biens.

Y a rien. Rien.

Nouveau communiqué du centre de rétention de Oissel !

Le 17 janvier, des prisonniers du centre de rétention de Oissel nous ont contacté pour nous prévenir qu’ils partaient en grève de la faim. Depuis ils sont 13 (sur une trentaine de prisonniers administratif) a être en grève de la faim.
Parce que la préfecture ne réagit pas, parce que les keufs s’en foutent ils ont décidé de faire sortir un communiqué expliquant leurs revendications. Nous le relayons ici:

 

 

 

Communiqué des retenus de Oissel en grève de la faim depuis 3 jours !

Ici y a des étrangers de l’union europeenne qui ont même pas passé 3 mois en France !
Ici c’est pas un centre de rétention c’est une prison. La cours est miniscule. Ca ne peut être qu’une prison.
Ici c’est un truc de fou les policiers sont racistes avec nous.
Ca fait trois jours que plus de treize d’entre nous ne mangeons pas.
On réclame notre liberté et la fin des interdictions de séjour dans l’espace Schengen. On a ces interdictions parce qu’on a été contrôlé dans la rue. La question c’est pas si on a commis des délits ou des crimes.
Ici un gars s’est fait violé pendant la fouille. Ils lui ont mis un doigt dans le cul, pendant 4 jours il a pas pu dormir.
Et tout ça, il faut pas que ça reste entre nous et les flics.
Ici les demandes d’asiles ils s’en foutent, que t’ais des cicatrices, des preuves ils s’en foutent. Quand t’es ménacé de mort au pays, ils s’en foutent aussi.

On fait un appel a la solidarité a l’extérieur !

Les 13 grévistes de la faim de Oissel le 20/01/2019

 

Pour plus d’info voir les deux communiqués déjà écrit par d’autres prisonniers de Oissel:

-En décembre contre l’isolement:

https://abaslescra.noblogs.org/post/2018/12/28/communique-des-prisonniers-du-centre-de-oissel/

-En janvier dans la lutte:

https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/01/12/communique-des-prisonniers-en-lutte-de-oissel-rouen/

 

A bas les cra !

Actu des luttes du 11 janvier: Paroles des prisonniers en lutte a Mesnil et a Rouen !

Un moment de direct a la radio: une semaine après le début de la grève de la faim au centre de rétention de Vincennes, 4 jours après le début de la lutte a Mesnil et le lendemain de la lutte au centre de Oissel.

Résumé de l’émission:

Depuis le 3 janvier, une grève de la faim collective a éclaté au bâtiment A2 du centre de rétention de Vincennes. Le soir même un communiqué sortait, pour appeler a la solidarité dehors.

Dans la suite de l’émission , nous reviendrons sur ce mouvement dans les centres de rétention et a cet effet , nous diffuserons un témoignage d’un prisonnier du centre du Mesnil-Amelot et nous aurons par téléphone des personnes détenues au centre de rétention de Oissel près de Rouen.

LES CENTRES DE RÉTENTION EN LUTTE

LES CENTRES DE RÉTENTION EN LUTTE