Communiqué du collectif de retenus de Oissel !

Après la grève de la faim et un deuxième communiqué, un troisième communiqué dénonçant France Terre d’Asile hier (Ftda c’est l’asso présente dans le cra et sensé faire du soutien juridique aux prisonnier.es.) le collectif de prisonnier souhaite continuer à faire sortir les informations sur la situation dans le cra.

On commence à en parler dans la presse depuis la dernière dépêche AFP mais c’est comme d’hab la parole des keufs et ou des avocat.e.s qu’on relaye et pas celles des premièr.e.s concerné.e.s.

 

Quatrième communiqué du collectif des prisonniers de Oissel

 

 

Concernant les retenus qui ont été tabassés et ont déposé plainte, nous réclamons que toute la lumière soit faite sur ces actes. Nous réclamons de plus la fin de tous les actes de violences et de maltraintes à notre égard.

A l’heure qu’il est on ne voit aucun changement au niveau de nos revendications depuis le début du mouvement.

Le colectif des personnes retenues poursuivra sa mobilisation pour plus de justice sociale (conditions de rétention digne) sans se laisser intimit par des actes de violences ou d’insultes.

Toujours à propos de France Terre d’Asile, le collectif en est venu à demander le départ des personnes la répresentant actuellement au CRA de Oissel. Nous estimons que rien n’a été mis en place pour nous défendre depuis le débtu de notre mouvement et que ces personnes sont de plus en plus partisanes de la préfectures et des méthodes de gestion du cente.

La promenade est organisée au moment du nettoyage des chambres de 10h30 a 11h ce qui la rend toujours compliquée. Sachez aussi que les douches dans les chambres n’ont pas d’eau chaude.

Les retenus se sont plaints à maintes reprises auprès de l’association France terre d’asile mais en vain.

Il y a aussi des retenues qui font la totalité des 90 jours de rétention. Ici il n’y a pas d’activité à part la salle de télévision et souvent il y a de la tension pour les chaines. Nous ne comprenons pas car il n’y a pas une autre salle de télévision qui reste toujours fermée à clé.  La promenade elle, n’est pas toujours régulière et c’est ce qui cause aussi une tensio entre retenues et les policiers.

Contrairement ce qui a été dit par le commandant de police du CRA d’Oissel dans la presse, si la durée de la rétention est bien passée de 45 à 90 jkours depuis la nouvelle loi, il faut savoir qu’une personne retenue reste ici de 1 a 2 mois environs et non pas 15 jours en moyenne.

Le collectif des personnes retenues au C.R.A de Oissel

 

Continuons à faire tourner un maximum leurs communiqués collectif !

Ni police ni charité, vive la lutte des sans papiers !

Communiqué du 22 janvier 2020 des prisonniers de Oissel en lutte

La prison pour étrangèr.e.s de Oissel (près de Rouen) est connue pour ses keufs violents et raciste, sa direction qui réprime tous les mouvements de lutte. Dans cette taule le mitard est régulièrement utilisé pour tabasser des prisonniers.

Cette prison a été en partie brulé à la fin du mois d’avril par des prisonniers après une grève de la faim violemment reprimée.

Samedi dernier des keufs tapent un prisonnier et l’amène au mitard ( il en est ressortit le mercredi 22 janvier) parce qu’il avait voulu se montrer solidaire d’un autre prisonnier.  Le soir des policiers cagoulés avec des chiens rentrent dans le centre pour foutre la pression aux prisonniers. Depuis les violences, coups de pressions, insultes racistes ne se sont pas arrêtés.

Ce mercredi 22 janvier au soir, les 42 prisonniers de la section homme du cra de Oissel se sont mis en grève de la faim. On relaye leurs communiqués: 

Au centre de rétention de Oissel (près de Rouen) la police est violente et nous humilie tous les jours. Toujours ils provoquent, ils disent “Baisse les yeux !”. La nourriture est froide et n’est pas halal, alorsqu’il y a une majorité de prisonniers qui sont musulmans.
Même la prison c’est mieux qu’ici. Y en a ils ont 10 ou 20 ans ici et onles mets en centre de rétention.
Depuis samedi c’est encore pire. La police à encore voulu mettre unprisonnier à l’isolement. Son ami s’y est opposéet ils l’ont amené violemment aussi à l’isolement. Le soir y avait la police avec des chiens et des cagoules dans le centre pour nous faire peur.
Le prisonnier qui était à l’isolement il vient d’en sortir. Ils l’ont
tabassé, il peut pls parler, il a des bleus partout. Les yeux et les
oreilles sont gonflées.
Hier ils ont cassés le pied d’un autre prisonnier.
Tout ça va pas du tout. Tout le monde se plaint. Nous sommes plus de 42 prisonniers enfermés ici. Donc là on fait la grève commune. Ce soir personne ne mange.
On va essayer d’occuper le couloir parce que ce qui c’est passé depuissamedi dernier c’est encore pire que d’habitude.
Ici y a pas d’hygiène. Les chambres sont pas nettoyés tous les jours.

On revendique
-La fin des violences policières, de la xénophobie des policiers et de leurs racisme
-Un minimum d’hygiène et de dignité
-De la nourriture correcte
-Des soins corrects

Les prisonniers en grève de la faim de Oissel, le 22 janvier

Dispo en affiche :

Pour rappel les numéros de cabines qui permettent de joindre directement les prisonniers et montrer votre solidarité:

02 35 68 61 56 / 77 09

récit des révoltes aux CRA Rennes et Rouen au printemps 2019

Au centre de Oissel y a plus d’un mois une grève de la faim réprimé se transforme en révolte : résultat 8 cellule sur 12 rendue inutilisable. Cette révolte est passée sous silence partout.. sauf dans le CRA de Rennes où une dizaine de prisonniers de Oissel ont été transféré suite à la révolte.

Suite à un vol caché violent des prisonniers du cra de Rennes se révolte et y foutent le feu.. La répression ne se fait pas attendre, déjà 4 d’entre eux ont pris du ferme.

Là au centre (de Oissel près de Rouen) il doit y avoir 4 chambres. En tout y en avait douze. Mais j’crois y a deux trois mois ici ils ont fait une grève de la faim, ils ont démonté les chambres ils ont démoli tous les lits. Là il reste 4 chambres. Chaque chambre c’est 6 ou 8 personnes. Donc là on est ptet 30 ouai… On est quatre chambres, y a deux chambres où la douche elle marche pas.

Bah en fait depuis ça (les grèves de la faim), moi j’étais au centre de rétention de Rennes, je suis rentré le 26 là bas. Et y ‘avait des mecs ils étaient ici à Rouen, ils avaient fait la grève de la faim et tout ça. Yen avait 10 ils les ont tous transférés. Ya 10 personnes ils les ont transférées à Rennes. Et c’est là bas j’ai appris ils avaient fait la grève de la faim et tout ça.

Et moi quand ils m’ont transféré de là bas (Rennes), c’est parce qu’il y a eu un incendie. Et ils ont scotché un mec. Tu sais comment ils font. Ils rentrent dans ta chambre. Ils viennent le soir hein. Ils voient si tout le monde est là. Ils font l’effectif à minuit et ils repassent à deux heures voir si t’es bien dans ta chambre.

A quatre heure du matin ils sont rentrés et à ce qu’il parait ils m’ont dit, moi je sais pas j’étais pas dans le même bâtiment, à ce qu’il parait ils s’apprêtaient à faire la prière. Ils sont venus sur lui, ils se sont jetés sur lui. Une éponge dans la bouche pour qu’il se morde pas la langue, un casque de boxeur sur la tête, pour qu’il se tape pas la tête sur les murs, et menottés par derrière, et scotché menotté les pieds, le mec il touchait pas le sol.

Moi j’ai entendu les cris et tout ça j’étais pas dans le même bâtiment. Il touchait pas par terre le mec. Son vol il a commencé là où il était en fait.

Et les mecs qui étaient avec lui, ses binômes, ceux qui dorment avec lui, ses co, ba ils étaient enragés je crois. Ils ont foutu le feu, devant les caméras.

J’étais en contact avec un tunisien là bas et il m’a dit ils ont pris deux ans deux ans et un an. En plus le Tunisien avec qui je parlais hier il a pris l’avion. Il a dit franchement moi je rentre.

Les mecs ils ont mis le feu, ils ont brûlé les matelas tout ça. Parce que les mecs ils ont brûlé le feu, c’était à l’extérieur. C’est pour dire. A l’extérieur…

Alors les mecs ils ont commencé à foutre le feu dehors, devant les caméras. Je te dis ça parce que vraiment les gens qui prennent deux piges deux piges une pige c’est compliqué tu vois. Ils ont pris deux piges pour ça. Pour avoir brûlé des matelas dehors. Ca veut dire y a rien qui brûle.

Les keufs t’as vu ils sont arrivés, ils ont sorti l’armurerie. Les matraques, les gaz. Ils ont mis les personnes accroupies dans un coin là bas et puis ils les ont dispatchés dans les autres bâtiments. Et la nuit les gens ils ont pas dormi. Parce que les autres bâtiment y a dix personnes ils sont blindés. Ils ont passé une nuit blanche dans la salle télé.

Communiqué des prisonniers du CRA de Oissel (Rouen) en lutte du 8 juin 2019!

Alors que leur centre de rétention est en travaux suite à des révoltes qui l’ont mis partiellement hors d’usage il y a deux mois, les prisonniers du CRA de Oissel, près de Rouen, sont en lutte depuis plusieurs jours. Ils ont écrit jeudi 6 juin 2019 un communiqué pour raconter les raisons de leur colère et de leur mobilisation.

Nous on fait grève par rapport à la nourriture qui est pas bonne. Le centre de rétention est sale. Les douches sont bouchées. Les lavabos sont bouchés.

Y a un terrain de foot où personne peut faire du sport. C’est les policiers qui font du sport à notre place. Y a pas d’activité ici.

Le CRA est en travaux. Hier on s’est embrouillé avec eux, ce matin ils ont reveillé tot le matin tout le monde pour prendre des gens et les ramener en Espagne.

Toute la journée y a du bruit parce que le centre est en travaux. Il est en travaux parce qu’il a brulé recemment. On devrait être sorti pendant les travaux. Il devrait pas y avoir de prisonniers ici.

Hier ils ont mis un gars qui avait 16 ans a l’hôpital pour lui faire le test osseux et depuis pas de nouvelles des résultats. Il est toujours
là.

Ici les flics ont conseillé à la femme d’un prisonnier de divorcer de son mari si elle veut avoir un jours les papiers.

Y a des gars qui devrait être a l’hôpital. Y a un gars qui doit se faire opérer, il ne peut pas respirer par le nez. Y a un mec ici qu’a l’hépatite B et un autre l’hépatite C. Ils devraient être à l’hôpital.

On sait qu’a Rennes depuis l’incendie du CRA de la bas c’est plus pareil. Ils ont plus de sport, les visite c’est plus compliqué. Les policiers écoutent tout et laissent les porte ouverte.

Face à tous ça, on appelle les prisonniers de Rennes et de tous les autres centre à nous rejoindre dans la lutte !

Des prisonniers du CRA de Oissel.

 

note : il y a quelques semaines, pour protester contre une  expulsion violence, des prisonniers du CRA de Rennes ont mis le feu à des matelas et endommagé les bâtiments. Quatre d’entre eux ont déjà été jugés et condamnés à des peines de prisons ferme allant de sept mois à deux ans.

Coup de fil au CRA de Oissel

Des prisonniers du CRA de Oissel parlent de leurs conditions toujours aussi horribles au téléphone …

En fait c’est la merde ici là. Y a rien. On peut rentrer rien du tout. Des vêtements. Du manger. Rien du tout. Tu peux faire rien du tout. Même une promenade. Tu peux pas sortir pour une promenade, t’es enfermé 24 sur 24. On te fait sortir juste pour le ménage. Sitôt après nous faire rentrer. C’est banal ici. Franchement c’est quelque chose pour nous. On est dans la merde.

Y a pas de promenade y a rien. Pas dans la chambre. Dans la cour. Y a un couloir t as vu, on reste dans le couloir. Même ma famille veut rentrer des trucs pour manger et elle peut rien rentrer.

Même le réseau y a pas t’as vu.

C’est la merde ici. On est 6 dans la chambre ou 7. On est 7 dans la chambre. En plus y a rien à manger. Ils mettent des trucs. Des fois on peut même pas manger. Des fois on meurt de faim. En fait pour acheter à manger, y a que des biscuits, des trucs bidons, pas des trucs biens.

Y a rien. Rien.

Nouveau communiqué du centre de rétention de Oissel !

Le 17 janvier, des prisonniers du centre de rétention de Oissel nous ont contacté pour nous prévenir qu’ils partaient en grève de la faim. Depuis ils sont 13 (sur une trentaine de prisonniers administratif) a être en grève de la faim.
Parce que la préfecture ne réagit pas, parce que les keufs s’en foutent ils ont décidé de faire sortir un communiqué expliquant leurs revendications. Nous le relayons ici:

 

 

 

Communiqué des retenus de Oissel en grève de la faim depuis 3 jours !

Ici y a des étrangers de l’union europeenne qui ont même pas passé 3 mois en France !
Ici c’est pas un centre de rétention c’est une prison. La cours est miniscule. Ca ne peut être qu’une prison.
Ici c’est un truc de fou les policiers sont racistes avec nous.
Ca fait trois jours que plus de treize d’entre nous ne mangeons pas.
On réclame notre liberté et la fin des interdictions de séjour dans l’espace Schengen. On a ces interdictions parce qu’on a été contrôlé dans la rue. La question c’est pas si on a commis des délits ou des crimes.
Ici un gars s’est fait violé pendant la fouille. Ils lui ont mis un doigt dans le cul, pendant 4 jours il a pas pu dormir.
Et tout ça, il faut pas que ça reste entre nous et les flics.
Ici les demandes d’asiles ils s’en foutent, que t’ais des cicatrices, des preuves ils s’en foutent. Quand t’es ménacé de mort au pays, ils s’en foutent aussi.

On fait un appel a la solidarité a l’extérieur !

Les 13 grévistes de la faim de Oissel le 20/01/2019

 

Pour plus d’info voir les deux communiqués déjà écrit par d’autres prisonniers de Oissel:

-En décembre contre l’isolement:

https://abaslescra.noblogs.org/post/2018/12/28/communique-des-prisonniers-du-centre-de-oissel/

-En janvier dans la lutte:

https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/01/12/communique-des-prisonniers-en-lutte-de-oissel-rouen/

 

A bas les cra !

Actu des luttes du 11 janvier: Paroles des prisonniers en lutte a Mesnil et a Rouen !

Un moment de direct a la radio: une semaine après le début de la grève de la faim au centre de rétention de Vincennes, 4 jours après le début de la lutte a Mesnil et le lendemain de la lutte au centre de Oissel.

Résumé de l’émission:

Depuis le 3 janvier, une grève de la faim collective a éclaté au bâtiment A2 du centre de rétention de Vincennes. Le soir même un communiqué sortait, pour appeler a la solidarité dehors.

Dans la suite de l’émission , nous reviendrons sur ce mouvement dans les centres de rétention et a cet effet , nous diffuserons un témoignage d’un prisonnier du centre du Mesnil-Amelot et nous aurons par téléphone des personnes détenues au centre de rétention de Oissel près de Rouen.

LES CENTRES DE RÉTENTION EN LUTTE

LES CENTRES DE RÉTENTION EN LUTTE

Des nouvelles revendications au centre de rétention de Oissel !

A Oissel la lutte continue malgré la répression !

Le 12 janvier, de nouvelles revendications simples et claires ont été posée par les prisonniers en lutte. Nous relayons ici :

Nos revendications:

– Nous demandons la fermeture du CRA de Oissel parce que les conditions de détention y sont horrible

-Nous demandons que les policiers cessent de nous traiter comme des animaux

-Nous réclamons des repas corrects

-Le centre est sale: nous réclamons la proprété.

-Nous demandons que les personnes malades psychiatriques ne soient pas placées ici mais soient envoyées dans des lieux de soins

-Nous réclamons que les retenus qui ont la gale soient soignés au lieu de contaminer tout le monde.

-Nous demandons l’arrêt des fouilles intégrales

-Nous réclamons le respect de notre intimité durant les visites

-Nous réclamons le respect de la part des policiers

Nous allons porter plainte.

Les retenus de Oissel en grève de la faim, le 12 janvier 2019

 

 

Appel à soutien pour les prisonniers en lutte dans les centre de rétention ! Nous contacter: anticra@riseup.net

A bas les cra !

 

(Pour rappel: https://actualitedesluttes.info/?p=4012, des prisonniers de Oissel ont appelé en direct pour raconter leurs lutte et la répression).

 

Communiqué des prisonniers en lutte de Oissel (Rouen) !

La lutte dans les centres de rétention continue… et s’amplifie ! Aujourd’hui 11 janvier c’est au tour du centre de rétention de Oissel de partir en grève de la faim. Les keufs ont bien compris le danger d’une grève de la faim qui s’étend de CRA en CRA. Aujourd’hui celui qu’ils considéraient être un leader a été plusieurs fois convoqué par le chef du CRA pour lui mettre des coups de pression : interdiction de visites si les gars ne se remettent pas à manger, transfert punitif à Marseille loin de sa famille… Deux autres retenus ont été placés à l’isolement au CRA après avoir refusé le repas. Pour le moment on n’a pas de nouvelles d’eux.

Aujourd’hui un des prisonniers de Oissel a aussi raconté une violence qu’on passe souvent sous silence : les agressions sexuelles des policiers. Dans le communiqué de Mesnil aussi, les prisonniers témoignent pour une victime d’un viol policier qui depuis s’est fait déporter.

La parole des copains est écoutable pendant presqu’une heure dans cette émission: http://actualitedesluttes.info/?p=4012

Nous relayons ici le communiqué des copains:

 

Aujourd’hui 11 janvier, nous rejoignons nous aussi la lutte dans les centres de rétention contre les conditions d’enfermement et les violences policières quotidiennes. Nous sommes déjà presque 40 en grève de la faim.

Sur les conditions d’enfermement ici y a beaucoup à dire. Déjà la bouffe n’est pas bonne, rien n’est propre. Quand on mange, les policiers ils nous regardent et utilisent leurs smartphones. On a l’impression qu’ils nous snap, ce qui est sûr c’est qu’ils se moquent de nous.
Hier à un vieux gars d’ici qui mangeait lentement, les policiers lui ont mis la pression pour qu’il finisse plus vite: « Hé India ! Hé India ! Dégage ! Il te reste plus qu’une minute ! »
Ici on nous respecte pas.
Pour boire de l’eau c’est aux toilettes. Si tu tombes malade, c’est qui qui te soigne? Pas la police en tout cas!
On nous traite comme des animaux, et pendant les visites la porte continue d’être ouverte et les policiers continuent de nous écouter. Ils continuent de nous empêcher tout contact avec nos proches, même de faire la bise à ta femme.
Ici il y a eu des histoires de viols pendant la fouille.

On a décidé de pas tout casser. Parce qu’on veut pas se faire accuser « d’ancien taulard vener », pourtant y a de quoi ici. Ici tu peux même pas cantiner et la bouffe est vraiment dégueulasse.

Ici il y a plein de profils différents : travailleurs, ceux avec un titre de séjour d’un autre pays [européen] mais que l’État veut quand même déporter au pays. Puis y a plein de nationalité enfermées !
Chez les femmes aussi, là-bas c’est la galère.
Même quand t’as ton passeport et que tu veux rentrer… Bah il se passe rien et on te laisse a galérer. Nous ici on comprend rien.

Hier on a parlé avec Mesnil Amelot. La bas aussi c’est le système du bon et mauvais flic. Nous aussi on va lutter avec eux !

Ici, a Oissel, on nous a déjà gazé dans le bâtiment. Hier ils ont voulu prendre des contacts dans des smartphones en fouille… pour voir de quel pays on pouvait venir. C’est totalement illégal !

Ici il y a beaucoup de gens, ils se coupent les veines, on doit appeler nous-mêmes l’ambulance. Et quand elle arrive, la police, la seule chose qu’elle veut savoir c’est qui a appelé. Et les flics nous engueulent.

Y a un gars ici, il a des problèmes aux reins et il pisse du sang. Elle a fait quoi la police? Elle lui a donné un doliprane. De toute façon a l’infirmerie c’est soit doliprane soit drogue.

Pour la justice… Même quand y a des vices de procédure on nous libère pas. On nous donne des numéros pour connaître nos droits. Personne n’a jamais répondu.

Après le premier communiqué, on avait vu le chef du centre. On avait décidé d’être gentils mais ça sert à rien.

Ce qu’on vit c’est le néo-colonialisme. La France a colonisé nos pays avant et maintenant ça…

Nous on a toutes nos attaches ici : parents, copines, poto, famille.
On nous dit que si on nous libère on va s’enfuir. Mais on va s’enfuir où? Y en a ici ils sont venus pour demander la protection a l’État français… Et là c’est la protection qui t’enferme !
Y en a marre de tout ça !

Nous les enfermés on voit plus nos proches, les allers retours CRA-Prison-CRA empirent encore tout ça.
On va pas passer notre vie a être enfermés !

On appelle les autres centres de rétention a rentrer en grève de la faim avec nous et ceux de Vincennes et Mesnil en banlieue parisienne !

Les retenus du CRA de Oissel le 11/01/2019

 

A bas les centres de rétention ! Solidarité avec les enfermés en lutte !

Pour rappel samedi 12/01/2019 rendez-vous a 20h a l’Écharde (19 rue Garibaldi, métro Robespierre sur la ligne 9 à Montreuil).