La justice en boucle pour enfermer… Retour sur le procès d’une révolte

Vendredi 5 mars 2021 avait lieu au tribunal de Meaux le procès des personnes inculpées pour la révolte du CRA du Mesnil-Amelot (https://abaslescra.noblogs.org/le-cra-du-mesnil-en-feu-7-revoltes-en-proces-soutien-a-la-rebellion-en-reunion/). On y était présent.es, pour soutenir les révoltés et les luttes des prisonnier.es en général !
On a déjà beaucoup parlé de la révolte qui a eu lieu en janvier. Pour un rappel des faits, n’hésitez pas à lire cet article : https://abaslescra.noblogs.org/les-prisonnier-es-dans-les-cra-se-rebellent-soyons-solidaires-appel-pour-une-reunion-publique-samedi-23-janvier/.
Depuis, l’Assemblée contre les CRA Paris-IDF a organisé, en soutien, une réunion publique, une cantine et un rassemblement devant le tribunal le 5 mars. Le but : que soient visibilisés au maximum la révolte et les conditions d’enfermement dégueulasses, ainsi que la criminalisation du refus des tests PCR et le doublement des 90 jours de rétention (https://abaslescra.noblogs.org/les-tests-covid-un-nouvel-outil-de-criminalisation-ou-comment-letat-reussit-a-doubler-le-temps-de-retention/). 
Devant le tribunal on était une quarantaine de personnes venues pour soutenir les inculpés de la révolte. On n’a pas pu rentrer, les jauges Covid étant un bon prétexte pour supprimer la publicité des audiences ; la bonne dizaine de policiers présents devant les portes nous ont donc repoussé.es.

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Soutien aux révoltés de Mesnil ! Appel pour se rendre au tribunal de Meaux mardi 26

Mercredi 20 janvier les prisonniers du CRA de Mesnil Amelot se sont révoltés. Deux batiments de cette prison pour sans-papiers ont cramé. Comme c’est souvent le cas, la repression a été violente : les flics sont intervenus avec des renforts, des prisonniers ont été hospitalisés, et 5 personnes ont été arretées.

Après la garde-à-vue, une des 5 personnes arretées a été retransférée au CRA du Mesnil-Amelot :  elle passera en procès en mars. Les 4 autres sont jugées au tribunal de Meaux (77) mardi 26 janvier.

Dans un moment où les préfectures, les flics et les juges testent des nouveaux outils pour enfermer toujours plus et plus longtemps les sans-papiers, en CRA et en taule (plus d’infos ici), les prisonniers-ères réagissent, se révoltent et appellent à la solidairté. Il est fondamental de soutenir les prisonnniers-ères qui se rébellent et luttent pour la liberté. Ne les laissons pas seuls face à la justice !

En solidarité avec les inculpés du Mesnil, soyons nombreux et nombreuses
au tribunal de Meaux
RDV mardi 26 janvier à 12h30
devant le tribunal.

Liberté pour tous et toutes !
Feu aux CRA !

« Tu chantes pas, tu manges pas ! » // témoignage des prisonnières du CRA du Mesnil-Amelot

Au CRA du Mesnil-Amelot les prisonnières font face au harcèlement policier et à des conditions sanitaires insalubres. Alors qu’une prisonnière est tombée malade suite à une infection (dû au rationnement de serviettes hygiéniques), les prisonnières ont du lutter pour faire intervenir les pompiers. Elles dénoncent les multiples insultes et harcèlements – traitées notamment de « putes » par les flics- et aussi l’humiliation lorsque ils les forcent à chanter « joyeux anniversaire » au chef du centre sous peine de ne pas manger. Elle dénoncent aussi la nourriture périmée qui leur est donnée, qui s’ajoute au froid dans lequel elles vivent. Voici une retranscription de l’émission de l’Envolée du 9 octobre dans lequel une prisonnière raconte tout ça.

 

Bonjour madame

Bonjour, déjà merci de ton appel, est ce que tu vas bien ?

Oui ça va un peu malgré le stress et tout .

Tu voulais nous parler de choses précises aujourd’hui ?

Ouais ouais ce que je vis depuis 2 jours là, ça a commencé avant hier et ça m’a un peu bouleversée, ça ma’a rendue triste et donc c’est pourquoi je voulais le partager avec certaines personnes aussi.

N’hésite pas vas y on t’écoute.

En fait ici sur le CRA des filles, parce que nous sommes aussi avec des filles qui parlent pas français – il y a les albanaises et tout- nous vivons avec elles. Alors il y a de cela 2 jours, il y a une albanaise qui est venue me voir, comme elle parle pas français, elle, elle parle anglais… bah bien que je parle pas trop français je me débrouille quand même. Elle est venue me dire qu’elle avait ses règles et elle voulait avoir des bandes hygiéniques. Elle me dit si je peux l’accompagner à la police pour aller demander des bandes hygiéniques. Là je l’ai accompagnée, arrivées là bas on a trouvé une dame, je lui ai dit voilà, la demoiselle elle a ses règles elle voulait avoir les bandes hygiéniques et la police lui a remis juste 2 bandes. Elle a négocié elle a dit avec 2 bandes qu’est-ce que je vais faire avec ? Et la police l’a grondé. La fille elle a eu peur, on est rentrées. Après dans la journée elle a utilisé les 2 serviettes, ça n’a pas suffit. Donc elle est venue me voir elle a demandé si j’en avais aussi. Moi non plus j’en avais pas. Du coup elle a pris son habit, elle a pris sa blouse, elle l’a déchiré, elle a utilisé ça comme serviette. Sans se rendre compte qu’il y avait des problème avec ça. Et comme la femme, elle est trop fragile elle a attrapé des infections. Elle a commencé à avoir trop mal au niveau du bas ventre et au niveau de la hanche. Elle pleurait tellement fort, elle est venue me dire « je me sens pas bien, j’ai trop trop trop mal », du coup elle est tombée par terre elle a commencé a crier très fort et comme dans notre bâtiment, il y a un bouton là quand vous appuyez directement ça sonne chez la police. Moi j’ai sonné et on a essayé d’appeler la police. La police nous a répondu « nous ne sommes pas là pour vos conneries, donc démerdez vous là bas ». C’est la réponse qu’ils nous ont donnés. Et du coup la fille elle a commencé à pleurer. Au départ on croyait que non ça va passer, c’est juste une douleur, comme on avait pas aussi les antidouleurs rien du tout. Elle pleurait, elle pleurait et plus le temps avançait, la fille elle devenait pale et elle avait une forte fièvre je voyais aussi ses yeux commencer déjà à changer et tout le monde était paniqué. On savait plus quoi faire. Elle pleurai tellement, elle était par terre, elle a commencé à faire… comment appeler ça…

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