Révolte au CRA2 du Mesnil-Amelot: 3 batiments en feu hier soir !

La prison pour sans papier du Mesnil-Amelot (77) est juste à côté de l’aéroport CDG. Y sont enfermé plus de 230 prisonnier.e.s et c’est aussi la seule prison en IDF pour femme sans papier. Depuis la création de ce blog en novembre dernier, on a souvent relayé des luttes collectives, des révoltes qui y ont eu lieu. Mais aussi les violences policières, les expulsions cachées et violentes, le racisme des keufs..

C’est au moins la troisième fois cette année que des prisonniers du CRA2 essayent de mettre à mal la machine à expulser en tentant de brûler des cellules.

Ce lundi 28 octobre en début de soirée, dans trois batiments (le 9, le 10 et le 11) des feux se déclenchent. Le batiment 10 est le plus touché.

Les pompiers interviennent (trop) rapidement et jugent qu’on peut continuer à y enfermer des personnes sans danger pour la santé. Résultat les prisonniers des batiments concernés se retrouvent à dormir dans ces mêmes cellules qui ont brulés, sans matelas ni draps.

La répression à déjà commencé:  deux prisonniers ont été amenés à l’isolement (et peut être en garde-à-vue). L’un deux a été reconnu par un keuf du CRA parce qu’il l’avait déjà tapé l’année dernière.

Un prisonnier fait savoir que: “Aujourd’hui les keufs sont chaud chaud. Ils cherchent qui c’est. Mais ils savent pas La direction du CRA a dit jusqu’à jeudi pour le nettoyage. Mais rien a commencé. Pas de shampoing de gel douche ajd c’est pour la punition. Alors qu’hier y avait déjà pas de shampoing, alors qu’y avait pas eu de feux.”

Des nouvelles bientôt.

Pour rappel: ce dimanche dans la soirée, une cellule à brûlé aussi au centre de rétention de Plaisir dans le 78.

Force et solidarité avec tou.te.s les prisonnièr.e.s !

Pour s’organiser en IDF en solidarité avec les prisonnièr.e.s en CRA : RDV tous les mercredi a 18h au CICP (21 ter rue Voltaire, métro Rue des boulets sur la ligne 9)

Témoignages de prisonniers à Vincennes

Alors même que dans les prisons pour sans-papiers de Vincennes et de Mesnil des tentatives d’évasion ont eu lieu ce weekend (malheureusement les détenus ont été attrapés), on transcrit ici deux témoignages de prisonniers renfermés dans le CRA de Vincennes, sur les conditions de vie à l’intérieur, les juges, les flics, et le refus de soin.

Solidarité avec les detenus, à bas les CRA!

 

 

J., prisonnier à Vincennes depuis 3 jours.

« Ici c’est le stress quotidien, y a plus de droit, ici tout fonctionne à la force, y a des vols clandestins, c’est vraiment difficile à vivre mais bon c’est le système français. Moi ça fait 5 fois que je suis en entre de rétention, depuis 2017, peu importe les démarche administratives que tu fais, ça change rien. Moi j’ai des enfants ici, j’ai été marié, j’ai fait mes études … Quand on essaye d’aller à la CEDH, il se passe rien, ils ont aussi leurs réseaux à l’intérieur, c’est un réseau fermé ..

Ouais c’est vrai ici on est logé, nourri mais c’est tout y a pas de respect. Je vous parle en connaissance de cause, c’est un vrai réseau, de toute façon ils ont des quotas, jugements ou pas si ils doivent vous expulser ils vous expulserons, ils forcent. Les juges et les avocats ils se connaissent, des fois il te forcent à prendre un avocat, c’est pour faire fonctionner une économie.

Y a 8 mois j’étais au CRA de Plaisir, ils ont compris que je captais ce qu’il se passait alors ils m’ont transféré. La je sais qu’ils vont me garder, c’est pas la première fois. Et pour les recours, ça sert à rien l’avocat il mange leur argent, si tu sais qu’ils vont te renvoyer à la fin.

Mais les agents ici, ils font juste leur taff, les ordres c’est en haut, c’est
les juges, les avocats et la préfecture .. eux ils font juste leur taff, ils ferment leur gueule, ils sont même plus humains, ça fait partie de leur quotidien …

Ici dès que t’es noir ou arabe, tu te fais contrôler, c’est une pratique discriminatoire, ceux qui sont sans papiers ils payent leur tickets et tout et ils sont controlés, et on leur dit que les policiers ont le droit de faire ça.

Ici, il y a des gens qui tombent, ce matin il y a un messieurs il est tombé, il s’est ouvert la tête, il angoisse tellement, il a des ses enfants en France, il a sa femme, après les enfants qui va les nourrir, ils brisent des familles, après les enfants ils volent … franchement ici, il y a une seule voie, il faut vraiment être chanceux pour sortir, tout ce qu’ils veulent c’est te ramener dans ton pays.

Je vais te dire un truc, à la fin c’est toujours la préfecture qui gagne »

 

I., là depuis plus de 2 mois :

« Moi personnellement j’ai un problème par rapport à ma santé, j’ai l’hépatite B, on ne peut pas me soigner chez moi. Ils sont censés me prendre en charge, mais du coup on m’a envoyé dans le centre, ils m’ont dit les médecins qu’ils allaient me traiter. Ca fait 2 mois et demi que quand je vais chez lui il me donne des dolipranes, il m’a dit ça alors que j’ai un problème de foie et je suis pas censé prendre ça, les policiers ils respectent rien, ils te parlent comme ils veulent

C’est difficile, c’est des conditions difficiles après c’est la loi, nous on est pas au dessus de la loi .. Comme on dit toujours en France t’as un enfant, si tu t’occupes de l’enfant même si t’as pas le titre de séjour t’as des droits quand même, sur le territoire, moi j’ai un enfant qui est né à Paris dans le 12 eme, je travaille; je l’ai reconnu, j’ai tous les documents avec moi.

Je me suis fait contrôlé à gare de l’est, un problème de ticket alors que j’ai jamais eu de problème avec la police depuis que je suis en France et là on ramène tous les documents de ma fille, justificatif de domicile mais bon tout ce qu’ils veulent c’est me ramener au bled alors que j’ai ma fille. Après nous on est déjà ici, on a plus rien , mais du coup j’ai reconnu ma fille, je l’ai accompagné à l’hôpital parce que sa mère elle travaille, on est deux à s’occuper de l’enfant, après on m’a arrêté. Même sa mère elle a écrit au juge, il veut rien comprendre, en plus ils m’ont pris avec mon passeport …

Ils m’ont fait signé un document qui dit que je peux pas aller en Cote d’ivoire parce que par rapport à ma maladie c’était pas prudent, les médicaments sont pas disponibles chez moi  c’est pas soigné moi, me ramener chez moi c’est comme si on met ma vie en danger. Le juge il a dit que le médecin de l’Ofii a dit que je peux voyager avec ma maladie, le médecin qui a écrit les papiers il a demandé pourquoi vous mettez sa vie en danger, mais le juge veut rien savoir.

Quelqu’un qui est malade il est pas traité pendant deux mois dans le centre, tout le problème c’est lui chercher un avion pour qu’il rentre … même si tu dis t’as mal au pied , mal jambe, c’est le même médicament … je leur ai dit que j’avais du mal à respirer ils m’ont jamais amené à l’hôpital… on nous laisse pas rentrer avec des téléphones avec caméra parce que après ils savent qu’on va filmer des trucs pour ramener dehors

Moi on m’a déjà frappé deux fois la police tout ça… j’ai porté plainte et eux ils m’ont dit comme quoi j’ai un avion pour que je ne puisse pas aller au jugement avec eux ils ont affiché un avion direct. Aujourd’hui la police des polices sont venu me poser des questions, ils ont fait des papiers, ils m’ont dit j’ai un avion pour toi … c’est mon troisième vol, si j’y vais pas ils vont me forcer …

Is ont tellement organisé le truc, moi mon avocat j’ai payé 1000 balle, on est 3 il a pris 3000 balle, il a rien fait, et après on me dit tu vas
faire un recours, et le recours c’est mardi mais j’ai un avion lundi … Une fois j’ai vu un truc, un mec ils l’ont attaché, il lui ont mis un capuchon sur la tête, ils l’ont soulevé comme un sac de riz, ça m’a fait tellement pitié que j’avais les larmes aux yeux, tout ça pour toi, le mec … je croyais la France c’était un pays de droit mais la c’est trop. »

“Ici c’est le terminus, si tu arrives à t’en sortir c’est que t’as vraiment un mental d’acier”.Témoignage d’une prisonnière du Mesnil-Amelot

Pas beaucoup de monde semble en etre au courant : dans le CRA de Mesnil-Amelot une section est réservée aux prisonnières.
En plus du racisme et de la guerre contre les pauvres, le CRA est aussi un lieu de violences sexistes contre les meufs qui n’ont pas les bons papiers.

On relaye ici le témoignage d’une prisonnière du CRA de Mesnil-Amelot:

 

Je suis ici depuis début septembre, j’étais d’abord au centre de Metz. Après un mois, il m’ont ramené à Charles de Gaulle pour un vol, j’ai refusé, ils m’ont mis en garde à vue et après ils m’ont mis ici à Mesnil Amelot. Quand je suis arrivé, j’avais des médicaments que je prenais à Metz mais ils m’ont tout pris. J’ai pleuré, j’ai tout fait mais rien. C’était limite comme si je parlais avec personne, ils s’en foutaient.
Du coup ils m’ont pris de force et ils m’ont mis dans la cellule. Là j’ai compris que c’est comme une prison, c’est encore pire qu’à Metz. Ça ressemble beaucoup à une prison, la zone est insalubre, c’est dégradé et pas entretenu, les toilettes sont sales et bouchées.
La laverie c’est pas bien, les vêtements ils sentent, on est obligé de les laver après, mais nous non plus on a pas vraiment de savon, on a un petit savon, qui ne te permet même pas de te laver.
J’ai compris que c’est à toi d’aller voir auprès de l’administration, quand tu pars si t’as la chance tu rentres voir l’administration, si t’as pas de chance tu peux rester pendant 3 – 4 heures début. Tu dois passer par une porte avec les policiers, s’ils te laissent pas rentrer tu peux pas voir l’administration, pareil pour infirmerie.
Par exemple, j’ai mal aux dents et j’ai essayé d’aller à infirmerie et ils me laissent pas rentrer car ils disent que c’est trop tard pour aujourd’hui, ce sera demain 14h. c’est pour dire qu’ils s’en foutent, si t’as mal ou pas, ils s’en foutent.

Ça se passe comment avec la police ?

Les policiers sont là quand on mange, ils nous surveillent pendant qu’on mange, après ils ferment et ils nous ramènent dans la cellule. Pour l’embarquement c’est eux qui arrivent pour te porter même de force. Souvent le dimanche ils font la fouille, ils viennent en masse, même si t’es en train de te laver et tout tu dois sortir. Tout le monde dans la cour, et ils peuvent tout jeter de tes affaires pendant la fouille. Finie la fouille, tu peux rentrer.

Tu disais que t’as eu beaucoup de tentative d’embarquements ?

Oui moi c’est déjà la cinquième fois qu’ils me ramènent pour un vol, c’est pas normal. Surtout parce que j’ai juste un problème de papiers, je n’ai plus de visa, c’est tout.

Vous êtes combien dans la section ?

C’est organisé que les hommes sont d’un côté et les femmes de l’autre, on est séparées par un grillage. De femmes ici on est une vingtaine, voire plus, une trentaine. Avec différents cas, certaines sont ici pour les papiers seulement, d’autres sortent de prison, d’autres doivent être rapatriées en Italie ou en Espagne car elles sont dublinées. Il y a de femmes enceintes actuellement, un couple dont la femme est enceinte, et une autre toute seule, elle est enceinte de deux jumeaux en plus.

Cela pour te dire qu’ici c’est le terminus, si tu arrives à t’en sortir c’est que t’as vraiment un mental d’acier. Beaucoup ne résistent pas et ont des troubles à la tête. Tous les jours tu dors, tu manges et t’attends d’être libérée, au tribunal s’ils te libèrent pas ils te ramènent ici, toujours la même chose.

Lettre d’un prisonnier de Vincennes

Les violences policières sont quotidiennes dans les prisons pour sans-papiers. On a déjà beaucoup relayé ici des plaintes contre la police, des témoignages racontant ces mêmes violences.

On relaye ici une lettre du vendredi 04 octobre écrite par un prisonnier du CRA 1 de Vincennes !

Je viens de me faire insulter pour la 8e fois en une semaine, ce qui est fréquent au CRA 1 du centre de rétention de Vincennes. Mais cette fois-ci, le 3 octobre, en montant les escaliers 4 policiers me croisent, 3 femmes et 1 homme grand de taille (1m90 environ, métisse). L’une d’entre elles me croise du regard et dit “il a quoi ?” puis me dit en se retournant “vas-y monte grosse merde”. Par la suite j’ai voulu en savoir plus en me rapprochant, c’est là où le policier m’a pris brusquement et m’a fait tomber des escaliers, quelques témoins sont venus s’interposer pour éviter le pire. J’ai pu me relever et le policier m’a étranglé en me poussant contre le mur qui mène de la salle du réfectoire à la salle de l’accueil, puis m’a fauché et c’est là où il y a eu plusieurs policiers sur les lieux. J’ai reçu des coups sur le bassin et surtout sur la tête, après ça j’ai perdu du sang et je voyais flou mais je n’avais pas perdu conscience au départ. Une fois en isolement, j’ai demandé des soins, le policier qui m’avait frappé disait “je m’en bas les couilles” comme au début (aux escaliers). Ce n’est qu’après et une fois que les autres policiers sont arrivés que l’on m’a conduit à l’infirmerie, on m’a fait les premiers soins puis on m’a suggéré d’aller à l’hôpital, j’ai dit que je voulais rejoindre ma chambre. Une fois dans ma chambre j’ai perdu connaissance après 20 ou 25 minutes, c’est là où j’ai demandé à aller à l’hôpital, j’espère que vous prendrez en considération cet écrit pour que ce genre d’injustice ne se reproduise plus, car les policiers sont sensés représenter la loi et non user de l’autorité policière par rapport à des humeurs personnelles. Veuillez recevoir mes salutations. 

 

 

Pour rappel en IDF des personnes s’organisent contre les centres de rétentions: RDV tous les mercredi a 18h au CICP (21 ter rue Voltaire, métro ligne 9).

Solidarité avec tou.tes les prisonnièr.e.s !

“Pas de liberté, pas d’égalité, pas de fraternité avec nous”. Communiqué des prisonniers en lutte dans le CRA de Plaisir (78)

“Pas de liberté, pas d’égalité, pas de fraternité avec nous”. Communiqué des prisonniers en lutte dans le CRA de Plaisir

Voici le communiqué des prisonniers en lutte du CRA de Plaisir. Pour rappel, ils sont en grève de la faim depuis vendredi 20 pour protester contre l’interruption des visites, les refus de prise de soins et le comportement des flics.
Samedi soir une équipe de keufs extérieure au centre est rentrée avec des chiens pour casser la grève de la faim, ils ont tabassé et insulté, une personne a été mise en GAV et une autre en cellule d’isolement toute la nuit.
Mais leur lutte continue, soyons solidaires!

 

Ca fait trois jours qu’on fait grève de la faim.

Ici les policiers font plein d’abus, ils abusent trop. Ils traitent les gens comme des chiens.

Ils font les visites comme ils veulent, et des fois ils prennent des gens qui ont rien fait et ils les menottent pour les mettre en cellule d’isolement toute la nuit. Meme avec le médecin c’est compliqué, ils refusent tout. Il y en a un parmi nous qui a le pied déboîté et ils les ramènent meme pas à l’hôpital.

Des fois ils arrêtent les caméras pour taper les gens. Hier soir (samedi 21) à minuit ils ont ramené au moins trente policiers avec les matraques et des gazeuses pour nous faire rentrer de force dans notre chambre.

On a pas le droit de fumer ni traîner dans les couloirs ni regarder la télé après minuit.
Les déjeuners aussi, tous les jours ils nous réveillent à 7h obligé, comme si on était à l’armée.
Les tondeuses et les lames ils refusent de nous passer, les fenetres sont bloquées h24.
Les lits ne sont pas bien, ça fait du bruit toute la nuit, on n’arrive pas à dormir.
Et dans la nuit ils passent toutes les 30 minutes , ça réveille les gens parce que les portes font du bruit. On n’a pas de coussins.

C’est pas normal, franchement l’état du centre est crade, très dégueulasse.
Et souvent quand les policiers arrivent ils nous disent des paroles très racistes.

Et il y a d’autres parmi nous souvent qu’ils les attachent pied à la tete et des casques à la tete, scotch à la bouche et te font montrer dans l’avion comme un coulis de voyage.

Et l’accusation aussi, quand on leur donne nos dossiers ils envoient pas tout au juge ni à nos avocats. ça aussi c’est pas normal.

Il y a de gens aussi qui viennent au centre, passé un jour ils voient meme pas le juge et ils sont libérés, alors que d’autres n’ont meme pas le droit de passer devant le juge administratif et c’est pas normal aussi.

Pas de liberté, pas d’égalité, pas de fraternité avec nous. C’est la vérité

 

Les prisonniers du cra du Plaisir le 22/09/2019.

Mouvement collectif le 16 aout a la prison pour étrangèr.e.s de Lyon (Fr/Ang/Espagnol)

On relaye avec un peu de retard un exte paru y a 2 jours sur le blog des copain.e.s de Lyon ! Solidarité & force aux prisonniers en lutte

AUJOURD’HUI GREVE DE LA FAIM AU CRA DE LYON SAINT-EXUPERY !

Les prisonnier-e-s du Centre de rétention – CRA de Lyon ont entamé-e-s une grève de la faim ce midi du coté bleu et du coté jaune !

Hier soir les keufs ont éteind les lumières des chambres à 22h. Ils ont matraqués les personnes à l’intérieur.
Aujourd’hui la galère continue avec gazage massif à la lacrimo et le parcage des personnes dans la cour, puis de certains dans une cage dans la cour.

Grosse force à elleux dans la lutte qu’iels entament et la répression qu’iels subissent
Feu aux frontières, aux prisons, aux CRA qui compile les deux et à ce syteme d’enfermement raciste !

—-

TODAY HUNGER STRIKE IN THE RETENTION CENTER OF LYON SAINT-EXUPERY

The retention center’s prisonners next to Lyon near the airport begun at midday an hunger stike in the blue and yellow side!

Yesterday evening, cops put off the light in the bedroom. They clubbed person inside.
Today the pain continu with massif tear gas and the enclossing in the courtyard.

Lot of strenght to them in the fight they began and the suppression they are enduring
Fire to the borders, to jails, to the retention center which is the both of them and to this racist system of imprisonnement !

TODAVIA HUELGA DE HAMBRE AL CENTRO DE RETENCION DE LYON SAINT-EXUPERY

Los prisionerxs del centro de retencion de Lyon empezaron une huelga de hambre al mediodia del lado azul y amarillo.

Ayer por la tarde, la policia apagaron las luces de los cuartos.
Ellxs apporearon las personas.
Todavia, el infierno continua con los gas lacrymogenos y el encarcelamiento de personas en el patio, depues en une jaula para unos de ellos.

Mucha fuerza para ellxs en la lucha que estan comienzandos y la represion que estan aguantando
Fuego a las frontieras, a las carceles, y a los centros de retencion que representan estas dos cosas y a todo esta systema de reclusion racista !

Tentative d’évasion et évasion à Plaisir et au Mesnil-Amelot !

Quelques nouvelles du Plaisir et du Mesnil-Amelot, et pour une fois même une bonne nouvelle !

Mardi 6 août, Mesnil-Amelot. Un prisonnier est transféré vers l’aéroport pour être déporté. A l’arrivé, pendant le transfert des affaires, une porte mal fermée et.. une personne de plus qui est libre !

De ce qu’on sait, aujourd’hui, 5 jours plus tard il est toujours libre. Beaucoup de force à lui !

Puis le vendredi 08 août au Plaisir, 3 prisonniers ont essayé de s’évader tard dans la nuit. Malheuresement les keufs les ont rattrapé, et un d’eux à été transferé immédiatement dans une prison pour sans papier.

Force à tou.te.s les évadé.e.s !

Pour rappel la lutte s’organise toujours à l’extérieur. Prochaine assemblée de lutte en IDF  le 11 septembre à 18h au CICP. 21 ter Rue Voltaire, métro rue des bolets sur la ligne 9.

 

 

 

Des nouvelles de la lutte dans les CPR (CRA) en Italie!

Quelques nouvelles des luttes contre la machine à expulser en Italie

Depuis plusieurs mois, les matons et les collabos qui travaillent dans les centres de rétention italiens (CPR) semblent ne pas pouvoir trouver du repos : tentatives d’évasion, grèves de la faim, confrontations avec les keufs se succèdent sans cesse, grâce à la détermination et la rage des prisonniers et prisonnières.

3 juillet : 72 personnes enfermées dans le CPR de Caltannissetta sont en grève de la faim pour lutter contre la rétention et les déportations prévues vers la Tunisie, la dernière d’une série de protestations et révoltes qui ont été nombreuses ces années (comme la destruction de trois bâtiments du centre en décembre 2017).

5 juillet : le jour même de la réouverture de la section pour hommes du CPR de Roma (fermée suite à une grande révolte en 2015), une nouvelle révolte a lieu, pendant laquelle 7 personnes arrivent à s’échapper de la prison pour étrangers.

7 juillet : un détenu du CPR de Torino meurt faute de soins. Dans les jours qui suivent, une révolte secoue le CPR. Une tentative d’incendie, des affrontements avec la police, des prisonniers blessés.

12 juillet : pour protester contre la bouffe immangeable et dans la foulée de la révolte pour le détenu laissé créver, une grève de la faim déboute dans le CPR de Turin. Pendant 3 jours, presque personne mange. Des détenus montent sur le toit, gros tabassages de la part des keufs.

17 juillet : une ordonnance signée directement par le ministre de l’intérieur Salvini établit la déportation d’un copain anarchiste vers son pays d’origine en raison de sa « dangerosité sociale ». Dans l’aéroport de Milan un rassemblement des copaines et solidaires, au dernier moment le recours à la CEDU est accepté et la déportation suspendue. Le copain est renfermé dans le CPR de Bari, il sortira après quatre jours de détention.

22 juillet : double tentative d’évasion du CPR de Turin (les deux personnes ont été malheureusement rattrapés).

28 juillet : toujours à Turin, des incendies ont été déclenchés, un prisonnier monte sur le toit pour résister à sa déportation, et une petite révolte contre le personnel de la cantine a lieu (les détenus jettent la bouffe dégueulasse contre la gueule des opérateurs).

Mais les luttes contre le racisme d’État continuent aussi à l’extérieur des CPR, comme dans les campagnes de Foggia. 11 juillet : à la tentative d’évacuation et de destruction d’une bidonville où vivent des centaines des migrant.e.s, les habitent.e.s opposent une forte résistance. Malgré la destruction de plusieurs baraques, l’évacuation n’a pas lieu.

Pour rappel la lutte s’organise toujours à l’extérieur. Prochaine assemblée de lutte en IDF  le 11 septembre à 18h au CICP. 21 ter Rue Voltaire, métro rue des bolets sur la ligne 9.

Déportation massives, sans laisser-passer : témoignage suite à la lutte au sein du CRA de Lyon St-Exupéry

Article publié le 27 juillet

Déportations dans des pays au hasard, tout ça sans laisser-passer, répression suite au grèves de la faim et à la lutte des dernières semaines au sein du CRA de Lyon Saint-Exupéry. Nouveau témoignage concernant les déportations, les provocations des keufs, et l’arnaque médicale.
Soutien et force à tou.te.s les prisonnier.e.s face à l’enfermement, aux keufs, et a tout le système CRA ! Feu aux frontières ! Liberté pour tou-te-s ! A bas les CRA !!!

Du coup, t’avais envie de parler du fait que ya un vol qui avait été programmé pour toi hier, est-ce que t’as envie d’en parler un peu?

Oui, en fait moi avant hier ils m’ont appelé, pour dire que hier j’ai le vol. Alors que moi je suis pas algérien.
Ils veulent me renvoyer en Algérie et le consulat il a signé. Il a signé, il me l’a dit que je suis pas algérien mais quand même il a signé.
[passage inaudible]
Ca c’est pas normal!

En plus ils m’ont ramenés jusqu’à l’aéroport, j’étais jusqu’à l’avion et j’ai refusé.
Bien sure que je refuse bien le vol! Pare que je suis pas algérien, j’vais pas en Algérie.

Ouais, surtout que ce qu’on disait c’est que tu peux te retrouver bien en galère après en Algérie…

Et oui! Le problème c’est si j’arrive en Algérie moi je sais pas il se passe quoi là bas. Ils vont m’envoyer en centre comme ici? Ils vont m’envoyer en prison? Jsais pas moi… Ils vont me garder combien de temps? Ça je sais pas…
Aucune idée..

Donc ça veut dire le consule algérien il a signé un laisser-passer…

Ouais il a signé le laisser passer mais il a même pas, [passage inaudible] il a quand même signé! Ça c’est pas normal!
Ça c’est contre la loi quoi!

Tout à fait. Et est-ce que c’est des situations qui arrivent souvent a l’intérieur du centre de rétention?

Ouais très souvent, très très souvent! Ya plein de gens qui euh…
Moi le même jour que j’ai eu le vol ya un gars aussi, lui, ils veulent le renvoyer en Tunisie et il est même pas Tunisien…
Alors les consulats aussi ils travaillent… Jsais pas comment ils travaillent… Je comprends pas.
Si quelqu’un il a un passeport ou quelque chose oui je comprends mais là ya pas de passeports, ya rien du tout. Ya RIEN RIEN RIEN!
Ya même pas des empreintes, ya rien du tout!

Moi j’suis sure et certain que j’ai rien du tout en Algérie, ni empreintes, ni passeport, j’suis même pas algérien, pourquoi ils veulent me renvoyer en Algérie? Ça je comprends pas!

Ouais et t’as refusé le vol et ça s’est passé comment après?

Oh tranquille, ils étaient tranquille, j’ai rien fait, j’ai juste refusé. Ils m’ont ramenés à la cellule j’ai été là-bas pendant deux heures après la police nationale m’a ramené au centre de rétention. Voilà.
Faut que je dit une autre chose?

Non est-ce que tu veux rajouter quelque chose?

Ouais! Je demande à la justice, ou les gens qui s’occupent de ça qu’ils vérifient bien les papiers. Parce que si on renvoi les gens dans un pays c’est pas leur pays d’origine ils vont faire quoi là-bas?!
C’est la même chose [passage inaudible]
La-bas c’est trop grave c’est pas comme ici quoi. Je trouve ça c’est injuste, ça c’est pas normal!

Ya un petit problème de justice.

Ou jsais pas moi.. ya un accord ou chacun qui rentre chez lui il prend de l’argent ou j’sais pas moi, ils prennent de l’argent sur chaque tête? Pourquoi ils veulent renvoyer les gens sans passeport que dans des pays qui sont pas leur pays quoi. J’comprends pas! Tu vois?

Euh je rajoute quoi encore?

Pourtant moi j’ai les preuves. Parce que eux ils disent qu’en 2014 que j’ai fait la demande de visa ici en France. Mais moi j’ai des preuves qu’en 2014 j’étais en prison en Allemagne.

Ouais en fait je sais pas si t’as envie d’en dire plus sur comment ça s’en passé pour toi, pourquoi ils disent que t’étais là en 2014?

Parce que ya un gars qui s’appelle TAIBI Omar, en fait TAIBI Omar c’est un faux nom. Ils disent que le monsieur TAIBI Omar, soit-disant que c’est moi, que j’étais ici en 2014, que j’ai fait la demande de visa, qu’elle a étée acceptée.
Ça veut dire le mec il a eu le visa, il a ses papiers. Et moi pendant ce temps là j’étais en prison en Allemagne!

J’avais complètement oublié mais hier j’ai parlé avec mon ex-copine, je lui ai dit «hey tu te rappel j’étais ou pendant 2014?» «toi t’étais en prison 2014 – 2015».
J’suis rentré fin octobre 2014 en prison jusqu’à début 2016.
Comment c’est possible que cette personne là c’est moi?
Il a des empreintes, il a l’ADN même, des photos, jsais pas moi…
Ya quelque chose mais ça passe pas!

Moi je penses c’est à cause de toute la grève, ce qu’on a fait ici, ils veulent juste nous liquider! J’avais déjà dit l’autre fois, ils ont envoyé tous ceux qui étaient ici pendant la grève, ils ont renvoyé tout le monde. Il en restait quoi quatre, tout le reste [passage inaudible].

Tout le reste a été déporté ou il s’est passé quoi après?

Bah ouais! Ils sont partit chez eux! Vite fait bien fait! Même si il a pas de passeport ils l’ont renvoyés! Comme le comment il s’appellera, Nizar, pendant quelque jours il ont trouvés le vol, ils ont trouvé le ticket et le laisser-passer, tac ils l’ont renvoyé au Maroc.
Et l’autre, et l’autre, et l’autre, et l’autre!
Et maintenant il arrive à moi!
Mais là ils se trompent, ils vont pas m’envoyer dans un pays que c’est pas moi pays!

Est-ce que t’as envie de parler du coup en général de comment ça s’est passé après la grève de la faim? Comment est-ce qu’ils se sont comportés vis à vis de vous et comment vous vous avez pu vous comporter vis a vis d’eux?

Nous on était normal comme d’habitude, t’façon on peut rien faire!
Eux ils étaient calme et pas calme! De temps en temps ils nous provoquent de temps en temps ya rien du tout.
Il y a chaque équipe elle travaille comme elle veut! Tu vois?

Ya différents équipe, ya trois ou quatre différentes équipes. Chaque équipe elle travaille comme elle veut tu vois? Et après la grève ils étaient encre plus en… Les têtes qui étaient ici qui ont parlés pour leurs droits comme moi comme Nizar comme yen a beaucoup ici, qui ont parlé avec vous, avec les journalistes, tout ça. Ils ont liquidé tout le monde!
Là il reste que moi et encore trois autres.
Le deuxième ils veulent le ramener en Tunisie, je t’ai déjà raconté, il est partit hier.
Et monsieur X il est ici il a refusé le premier vol, le deuxième vol il va partir chez lui, ils l’obligent de rentrer chez lui.

Un autre qu’il est blessé là pendant maintenant, depuis qu’il est ici, pendant 55 jours comme ça, il doit faire une opération sur son bras mais ils le font pas. Ils l’ont encore, une facture de 3000€ et quelque mais le mec il a rien fait!
Tu vois ce que je veux dire? Le mec il envoi une facture pour l’opération disant qu’il l’a fait mais lui il a rien fait… Ils l’ont amené à l’hôpital.

Tu veux dire ils l’ont amenés à l’hôpital mais il s’est rien passé?

Non ils l’ont pas opéré, ils l’ont laissé là-bas pendant trois ou quatre jours et après ils l’ont ramenés. Son bras il peut pas le bouger.
Et après il reçoit la facture de 3000 et quelque.

Alors qu’il y a aucune opération?

Ben oui ils ont rien fait! Ils ont rien fait! Aucune opération rien du tout! Oui jle dit moi ils nous prennent pour des animaux! Ils s’en foutent complètement! Ils font ce qu’ils veulent et nous on doit supporter tout ce qu’ils font!

Je dois rajouter quelque chose, j’sais pas moi.. Ici tout le monde il est presque nouveau. Les gens ils connaissent pas encore.De toute façon ils vont voir, moi ça fait presque deux mois que je suis là, j’ai vu beaucoup…

 

A lire sur Rebellyon

Témoignage d’un prisonnier du CRA de Nimes et Marseille (A lire sur mars-info)

On relaye ici un témoignage paru sur Mars-info accompagné de photos et de vidéos de l’intérieur de la prison pour sans papier de Marseilles.

Entretien avec S., sorti de la machine de détention après 90 jours passés entre le CRA de Nimes et celui de Marseille. Dans son récit il nous parle des condition précaires dans les deux centres, des tentatives de suicide auxquelles il a assisté et des pressions psychologiques de la part du personnel du CRA.

Article a lire ici