Un prisonnier meurt au CRA de Rennes

Depuis le 19 décembre un prisonnier du centre de rétention administrative de Rennes était a l’hôpital suite à une tentative de suicide. Il est mort ce samedi 28 décembre.

Depuis août c’est le troisième mort dans ces prisons pour étrangèr.e.s. Il est important de rappeler que c’est bien l’état et les flics de la PAF (police aux frontières) qui sont responsables de ces morts.

Force et solidarité à ses proches et aux prisonniers de Rennes pour qui la fin d’année doit être très dure. Des camarades ont appelé les cabines du CRA de Rennes aujourd’hui. Dans deux bâtiments au moins, tout le monde n’était pas encore au courant de la mort du prisonnier.

Les prisonniers racontaient de nouvelles violences policières, une tentative de suicide hier avec une lame alors qu’ils avaient prévenu les keufs de la PAF du risque de la situation.

On redonne le lien vers le texte écrit après la mort de Mohamed au centre de rétention de Vincennes en novembre, et l’hommage collectif des prisonniers du bâtiment 2A quelques jours plus tard:

Lien vers le texte écrit suite à la mort de Mohamed

Lien vers le texte de l’hommage des prisonniers

 

A bas les cra !

Pour rappel: Pour nous rencontrer, c’est tous les mercredi (à partir du 8 janvier) a 18h au CICP,21 ter rue Voltaire métro Rue des boulets (L9).

Et Rdv à la cantine des pyrénées le 12 janvier à partir de 12h pour soutenir l’assemblée contre les cra en IDF. C’est au 77 rue de la mare dans le 20e.

récit des révoltes aux CRA Rennes et Rouen au printemps 2019

Au centre de Oissel y a plus d’un mois une grève de la faim réprimé se transforme en révolte : résultat 8 cellule sur 12 rendue inutilisable. Cette révolte est passée sous silence partout.. sauf dans le CRA de Rennes où une dizaine de prisonniers de Oissel ont été transféré suite à la révolte.

Suite à un vol caché violent des prisonniers du cra de Rennes se révolte et y foutent le feu.. La répression ne se fait pas attendre, déjà 4 d’entre eux ont pris du ferme.

Là au centre (de Oissel près de Rouen) il doit y avoir 4 chambres. En tout y en avait douze. Mais j’crois y a deux trois mois ici ils ont fait une grève de la faim, ils ont démonté les chambres ils ont démoli tous les lits. Là il reste 4 chambres. Chaque chambre c’est 6 ou 8 personnes. Donc là on est ptet 30 ouai… On est quatre chambres, y a deux chambres où la douche elle marche pas.

Bah en fait depuis ça (les grèves de la faim), moi j’étais au centre de rétention de Rennes, je suis rentré le 26 là bas. Et y ‘avait des mecs ils étaient ici à Rouen, ils avaient fait la grève de la faim et tout ça. Yen avait 10 ils les ont tous transférés. Ya 10 personnes ils les ont transférées à Rennes. Et c’est là bas j’ai appris ils avaient fait la grève de la faim et tout ça.

Et moi quand ils m’ont transféré de là bas (Rennes), c’est parce qu’il y a eu un incendie. Et ils ont scotché un mec. Tu sais comment ils font. Ils rentrent dans ta chambre. Ils viennent le soir hein. Ils voient si tout le monde est là. Ils font l’effectif à minuit et ils repassent à deux heures voir si t’es bien dans ta chambre.

A quatre heure du matin ils sont rentrés et à ce qu’il parait ils m’ont dit, moi je sais pas j’étais pas dans le même bâtiment, à ce qu’il parait ils s’apprêtaient à faire la prière. Ils sont venus sur lui, ils se sont jetés sur lui. Une éponge dans la bouche pour qu’il se morde pas la langue, un casque de boxeur sur la tête, pour qu’il se tape pas la tête sur les murs, et menottés par derrière, et scotché menotté les pieds, le mec il touchait pas le sol.

Moi j’ai entendu les cris et tout ça j’étais pas dans le même bâtiment. Il touchait pas par terre le mec. Son vol il a commencé là où il était en fait.

Et les mecs qui étaient avec lui, ses binômes, ceux qui dorment avec lui, ses co, ba ils étaient enragés je crois. Ils ont foutu le feu, devant les caméras.

J’étais en contact avec un tunisien là bas et il m’a dit ils ont pris deux ans deux ans et un an. En plus le Tunisien avec qui je parlais hier il a pris l’avion. Il a dit franchement moi je rentre.

Les mecs ils ont mis le feu, ils ont brûlé les matelas tout ça. Parce que les mecs ils ont brûlé le feu, c’était à l’extérieur. C’est pour dire. A l’extérieur…

Alors les mecs ils ont commencé à foutre le feu dehors, devant les caméras. Je te dis ça parce que vraiment les gens qui prennent deux piges deux piges une pige c’est compliqué tu vois. Ils ont pris deux piges pour ça. Pour avoir brûlé des matelas dehors. Ca veut dire y a rien qui brûle.

Les keufs t’as vu ils sont arrivés, ils ont sorti l’armurerie. Les matraques, les gaz. Ils ont mis les personnes accroupies dans un coin là bas et puis ils les ont dispatchés dans les autres bâtiments. Et la nuit les gens ils ont pas dormi. Parce que les autres bâtiment y a dix personnes ils sont blindés. Ils ont passé une nuit blanche dans la salle télé.