CONTRE LA CONSTRUCTION D’UNE EXTENSION DU CRA AU MESNIL AMELOT, ORGANISONS-NOUS !

L’État prévoit l’ouverture d’un nouveau Centre de Rétention Administratif (CRA) de 64 places au Mesnil-Amelot. La première réunion publique entre collectifs et personnes opposés à ce nouveau projet et à
l’enfermement des étranger.es, qui a eu lieu en mars dernier, a lancé une dynamique de mobilisation qu’il faut maintenant intensifier: ce sont des milliers de personnes en plus qui passeront en CRA tous les ans si ce projet est mené à bien. Nous appelons ainsi à une deuxième AG publique entre collectifs et personnes en lutte contre ce projet d’extension. Nous appelons à nous réunir le 2 juin à 18h30, dans la salle « petit congrès » à l’annexe Varlin de la Bourse du Travail de Paris, au 85 rue charlot.

Continuer la lecture de « CONTRE LA CONSTRUCTION D’UNE EXTENSION DU CRA AU MESNIL AMELOT, ORGANISONS-NOUS ! »

Retour sur la manifestation en soutien à la grève de la faim et aux révoltes à Vincennes

Samedi 12 mars, nous étions entre 70 et 80 personnes à manifester au CRA de Vincennes : depuis le 17 mars 2022, une grève de la faim est en cours dans les différents bâtiments. Les prisonniers dénoncent l’enfermement, les mauvais traitements, les peines de prison ferme prononcées après des refus de test et les allers retours prison-CRA qui s’enchaînent sans fin, les expulsions forcées et cachées.
Nous avons déjà relayé plusieurs de leurs témoignages expliquant les raisons de la grève, ici et ici, et plusieurs prisonniers ont participé aux émissions de radio de l’Envolée, écoutables ici et dans  l’émission du vendredi 11 mars 2022 (à venir sur le site de l’Envolée) .
A l’intérieur, les flics mettent la pression aux personnes qui font la grève en notant les noms, en tapant dans les portes, en déclenchant l’alarme incendie au milieu de la nuit, etc. Les prisonniers avec qui nous sommes en contact, ceux qui passent à la radio et à qui nous rendons visite sont également particulièrement ciblés, les flics tentant d’individualiser la grève en désignant des gens censés être les « leaders ». 

Continuer la lecture de « Retour sur la manifestation en soutien à la grève de la faim et aux révoltes à Vincennes »

Liens avec des prisonniers condamnés pour violences sexistes : des pistes de réflexions et d’actions

Depuis 3 ans que l’assemblée d’Ile de France contre les centres de rétention existe, il est arrivé qu’on soit confronté à des situations compliquées dans nos liens avec les personnes enfermées à l‘intérieur des CRA. Des retenus avec qui on était en contact avaient parfois été condamnés pour des violences sexistes et sexuelles (harcèlement, violences conjugales, agressions sexuelles, viols). La plupart du temps nous l’avons appris car la personne nous l’a dit elle-même (en général parce qu’elle avait été envoyée en CRA à sa sortie de prison), ou bien parce que sa compagne nous l’a dit. En mars 2021, suite à l’incendie ayant eu lieu au CRA du Mesnil-Amelot, 7 personnes sont passées devant le tribunal de Meaux : au cours du travail d’antirépression que nous avons tenté de faire, nous avons été confronté à leurs dossiers pénaux et appris que plusieurs d’entre eux avaient été condamnés pour des violences sexistes. Ont suivi de nombreux débats sur la forme du soutien que nous avions envie de leur apporter : si nous étions globalement tous.tes d’accord pour continuer le travail minimal d’antirep afin d’exprimer notre solidarité avec la révolte survenue en janvier, il n’y avait pas de consensus sur le fait de pousser le soutien plus loin (notamment maintenir une correspondance avec eux, aller en parloir, envoyer des mandats). Est ce qu’on avait vraiment envie de faire ça ? Si d’habitude, on part plutôt du postulat qu’on interagit avec les personnes en CRA en tant que personnes qui subissent le racisme d’Etat et l’enfermement, sans distinction quant à leurs parcours, que faire une fois que l’on sait que telle personne a commis un viol ou battait sa femme ? Dans le cas des prisonniers de l’incendie, nous avions appris les faits via le dossier judiciaire : est-ce qu’on voulait vraiment se baser sur le casier des gens, c’est-à-dire un produit de la police et de la justice que l’on rejette, pour construire notre action politique ? 

Continuer la lecture de « Liens avec des prisonniers condamnés pour violences sexistes : des pistes de réflexions et d’actions »