” y’a pas de sécurité y’a rien du tout “. Contamination, isolement et refus de soin à Vincennes

Depuis jeudi 10 avril, un cas de coronavirus est déclaré au CRA de Vincennes. Depuis c’est l’épidémie dans le centre, avec pour l’instant 7 cas déclarés en tout. Compte tenu des mesure d’hygiène prises trop tard et totalement merdiques, la plupart des retenus sont probablement infectés.

Mardi dernier, un référé liberté a été présenté devant le tribunal administratif en demandant la fermeture du centre, mais la pref, prétextant tester tout le monde et prendre des mesures d’hygiène, a réussi à empêcher la fermeture : le tribunal a uniquement rendu une décision empêchant les nouvelles admissions à Vincennes.

Résultat : une vague massive de placement en rétention au CRA du Mesnil Amelot, sur lequel les flics semblent maintenant se reporter.

Malgré quelques libérations et hospitalisations, la solution des flics a été d’abord de mettre les prisonniers identifiés comme étant infectés en isolement. Puis dimanche dernier (19 avril), ils ont déplacé les personnes du CRA 2B dans le CRA 2A, et mis les prisonniers infectés au CRA 2B. La conséquence, c’est une plus grande promiscuité et plus de risques pour l’ensemble des retenus : ils sont une vingtaine en tout au 2A, au moins 2 par cellule, et 4 au 2B, considérés comme infectés, tous dans la même cellule. C’est d’ailleurs absurde de considérer que dans de telles conditions d’hygiène, seules 4 personnes seraient infectées.

En plus de ça, les prisonniers identifiés comme étant infectés, et à qui on avait promis une hospitalisation, se sont vu dire qu’ils allaient être gardés au CRA 2B car leur cas n’était pas assez grave.

Encore et toujours la pref et le CRA s’obstinent à refuser la fermeture du centre, en montrant une fois de plus une considération inexistante pour la vie des prisonniers et en jouant à les déplacer d’un bâtiment à un autre.

La seule mesure de sécurité qui compte, c’est la liberté !

Continuons de les soutenir et de mettre la pression aux administrations des CRA et à la pref. 

Ici, deux témoignages d’un copain en isolement depuis jeudi, et ensuite un témoignage sonore d’un autre prisonnier lui aussi en isolement. Et pour finir un témoignage d’un prisonnier qui n’a pas été contaminé, déplacé au batiment 2a ce dimanche.

Premier, témoignage d’un retenu identifié comme contaminé et mis à l’isolement (jeudi 16 avril) : 

Je veux dire que les gens ici on a la moitié, tous ils ont la corona, ils ont tous la corona, moi aussi j’ai la corona, ça veux dire y’a pas de sécurité y’a rien du tout, ça veux dire il s’en bat les couilles le prefet il fait rien de nous, ça veux dire pour l’instant on à 4 cas ou 5, ça veux dire c’est trop là dans un centre de détention qui y’a des gens même pas 20 personne, il y ai déjà 5 cas ou 4 cas, ça veux dire c’est trop pour les gens ici.

Depuis elle arrive la corona ça fait rien changé, ils ont rien changé, ça veux dire ils ont pas libéré trop, normalement il faut libéré tout le monde, ils on laissé 20 personnes ici 20 personne à l’autre CRA, ça veux dire ça va marché la corona, a chaque jour on voit un autre cas, chaque jour on voit un autre cas, ça veut dire et ça marche ça marche, demain il y a un autre cas, après demain il y a un autre cas et etc et voilà.

Je veux dire que on à demander déjà la mise en liberté au juge avec les avocats et avec tout, mais le prefet, le juges ils ont pas libéré, ils ont rien fait, il s’en bat les couilles de nous c’est tout, et voilà c’est ça.

Enfait moi je suis en corona, ils ont dit on va te prendre dans un hopital, je pense moi y’a pas de place alors les hopitaux, les gens qui sont devant moi, avant moi ils sont rester là, dans cette chambre, ils sont rester là 3 jour 4 jours. Ils m’ont dit on va te prendre ce soir mais, je sais pas, j’attend et y’a rien. Parceque y’a pas de place et tout. Ils ont dit que peut-être on va te prendre dans un hotel, tu va rester 14 jour ici, 2 semaine ici, et on verra ils ont dit que je peux te libéré, tu à vu, ils ont donner la liberté, quand j’ai pris le corona, quand j’ai pris la corona ils ont dit que j’étais libéré, quand tu va à l’hopital, y’a un hotel, tu est libéré tu va pas à la police, y’a pas, ça veux dire tu reste ici deux semaine et tout, ça veux dire c’est on à rien fait tu voit, ça veux dire on fait rien changer, normalement ils ont fait ça des premiers.

Deuxième, témoignages de ce retenu toujours à l’isolement après 3 jours (18 avril) : 

Je suis toujours là depuis 3 jours, la chambre elle est même pas nettoyé elle est sale, elle est bouché, la, quand je me douche elle bouché, on dirait c’est une piscine, elle est bouché on dirais une piscine, l’eau elle va jusqu’au mollet, y’a même pas une table pour manger, y’a rien y’a même pas une chaise, y’a rien du tout, elle est sale elle est pas propre, c’est ça et quand je demande pour nettoyer, ils disent ils viens tout à l’heure, ils viens tout à l’heure, ils viens tout à l’heure. Et c’est la dernière fois y’a une policière qui m’a insulté de ma mère, t’a vu, parce que j’ai demander pour nettoyer la chambre, elle m’a insulté, elle m’a dit je suis pas t’a mère. Et je sort à 5 min et je reviens, j’ai même pas le temps pour respirer. Ça veux dire la je vais prendre la corona trop de quantité, parce que la c’est pas propre là, normalement il vont me prendre dans une chambre propre et tout, soit ils vont m’envoyer à l’hôpital, soit ils vont nettoyer la chambre et tout. C’est grave, tu t’imagine pas comment, tu t’imagine pas, en plus moi je suis sensible de ça. Ça veux dire je peux pas rester dans un isolement comme ça. Ça fait rien changer ça veux dire, ça veux dire à chaque fois on doit démerder.

Troisième, enregistrement, sonore, d’un autre prisonnier en isolement dans le batiment 2b :

Quatrième, témoignage d’une retenu déplacé du 2B au 2A :

T’es un prisonnier du CRA de Vincennes, t’etais enfermé au batiment 2B et on vient de te transférer au 2A c’est ça ?

Tout le monde c’est pas que moi, tout le monde

Et tu sais combien de monde à été transféré ?

16 personnes comme ça

Et pour les gens à l’isolement ?

Ils sont au CRA B2. Les gens qui sont à l’isolement ils sont sortit maintenant mais ils sont rentré dans le CRA 2B, trois personnes.

Donc la au 2B y a trois prisonniers qui sont atteint du coronavirus ?

Ouai c’est ça c’est les trois malade.Ils sont touché par le coronavirus. Ils ont libéré les autres.

On vous a tous testé ces derniers jours ?

Ouai on nous a tous testé. Pour nous que l’appareil pour la fievre. Ils nous ont dit vous etes pas contaminé.

Donc ca veut dire qu’ils vous ont transféré dans le batiment où y avait le plus de personnes malades..Est ce qu’ils ont décontaminé le batiment  avant de vous transferer ?

Meme ici y a des gens qui sont contaminés. Donc même le virus il est dans le centre.

Ils ont pas nettoyé le centre donc ça reste. Ca a commencé au CRA 2A et ils ont même pas nettoyé. Ils nous ont rentré ici. On reste une semaine ou deux semaines ca veut dire sur et certain qu’il va y avoir d’autres gens. Je sais pas si c’est moi ou d’autres ou je sais pas on est beaucoup.

Donc ils vous mettent en danger…

Bah ouai on est en danger. J’ai demandé un masque. Ils m’ont On m’a donné un masque. J’en ai redemandé un autre. On me dit « Non  le masque pour une journée ». J’ai parlé avec le policier je lui aidit « Le masque tu sais c’est autorisé pour 4h » Il m’a dit « Y a pas le choix on a pas beaucoup de masques. »

Les policiers eux sont protégés ?

Y a des policiers ils ont des masques, y en a d’autre nan. Et même les policiers ils sont contaminés. Ils font n’importe quoi de toute façon. On va attendre.. On a pas le choix..

Y ad ‘autres choses que tu veux rajouter sur Vincennes ?

Pour vincennes.. On veut sortir de là.. Bah ouai on a envie de sortir de la. On va mourir ici On dirait qu’on fait la queue la pour la mort là.

Ils vous ont donné du savon, du gel, de quoi désinfecter des cellules ?

Meme pas, tu connais hein.. Y a du shampoing et du gel douche de base .

 

Fermetures immédiate des CRA !

Liberté pour Tout.te.s !

A bas les CRA ! 

 

 

“Y’a pas de test pour le corona, y’a rien du tout”

Au CRA de Vincennes alors qu’un quatrième cas de corona virus est déclaré, l’état continue dans sa logique d’enfermement, sans aucune considération pour la vie des retenues, alors même que les frontières sont fermées. Les prisonniers se sont révoltés ce dimanche 12 avril au soir pour exiger l’hospitalisation de quelqu’un de très malade ayant les symptômes du coronavirus.

 

“Bonjour j’espère que vous allez bien c’est T. je suis au centre de rétention de Vincenne, je vais vous laissez un message, pour hier y’a eu le discours de notre cher président macron, j’espère que vous avez entendu comme moi, sauf si j’ai de la merde dans les oreilles, il à bien dit que les frontière non européenne sont fermées, là jusque là ils nous gardent on sait rien du tout, il nous relâche pas, ils veulent pas nous relâcher. Or les frontière elles sont fermées le président il l’a dit, il l’a dit et tout le monde a entendu.

De deux, on nous a promis, hier on nous à promis qu’on allait avoir les tests pour tout le monde, pour le corona virus, ce matin changement de programme y’a rien du tout, c’est des paroles dans le vent.

On à manger aussi la gamelle, même les rats mangeraient pas ça.

Et puis, j’ai appelé, moi personnellement, le consulat d’algérie, le consul d’algérie qui m’a dit moi je mettrait pas les pieds avant le mois de janvier, et encore, au centre de rétention.

Moi j’ai demander au consul qu’il me fasse un laisser passer, et je leur ai même demandé que je paye le billet pour rentrer chez moi. Il m’ont dit “Non c’est pas possible.” E Lui-même le consul il m’a confirmé que les frontières elles sont fermées, il m’a dit vous inquiété pas quand vous allez être relâché, ils peuvent rien faire. Et ça fait là il nous traite comme des moins que rien, et la bouffe c’est la merde.

Le consul il m’a dit, comme je vous l’ait dit encore une fois encore une fois je précise, le consul il m’a dit personnellement il à peur de venir ici il viendra pas. Je lui demandé si il peux faire quelque chose pour moi, je lui est donné le nom de ma famille, mon adresse à Alger, je suis capable même de payer mon billet. Il m’a dit non ça marche pas comme ça, je viendrais jamais jusqu’à avant le mois de janvier et même si je viens je vous ferais pas de laisser passez, les mecs qui vivent en Europe le laisser passer pour rentrer à Alger. Et sans laissez passez ils peuvent pas nous expulser.

Et puis il nous à dit de demander, il m’a donné un numéro de téléphone que malheureusement j’ai perdu. Comme quoi il pouvais faire un papier, un papier pour qu’il nous relâche parce qu’ils nous retienne pour rien du tout. Maintenant on comprend rien du tout.

Je vous redit y’a pas de test pour le corona, y’a rien du tout, on nous à promis ça hier, ce matin changement de programme y’a pas de test pour tout le monde et en plus y’a un 4ème cas ils l’ont embarqué ce matin, c’est un afghan.”

En solidarité avec les prisonniers enfermés au Mesnil-Amelot continuons d’harceler les préfectures et d’exiger la fermeture de toutes les prisons !

Des révoltes de prisonniers éclatent dans plusieurs CRA ! (suivi)

Depuis le début de l’urgence sanitaire les personnes enfermées demandent à être libérées face à la fermeture des frontières, mais l’État poursuit sa politique d’enfermement. Aucune mesure sanitaire n’est prise pour empêcher la propagation du virus à l’intérieur du centre.
Alors que les flics de la PAF (les matons des cra) rentrent et sortent des prisons pour sans-papiers au risque d’y ramener le virus, les prisonniers restent enfermés. Au CRA de Vincennes, déjà 3 cas de personnes contaminées dans le centre ont été officiellement déclarés.
Depuis presqu’un mois les prisonniers de différents centre de rétention exige qu’on leurs fournissent du matériel pour se protéger de la pandémie. Quand des masques (comme à Vincennes) ou du gel (comme à Oissel) est fourni, c’est qu’il y a déjà des prisonniers malades.
lire aussi : Enfermer, enfermer toujours… la situation dans les CRA au 10 avril
Depuis samedi, plusieurs révoltent ont lieu dans au moins trois centre de rétention: Mesnil-Amelot, Vincennes et Oissel. Samedi 11 au matin, après avoir passé 2 jours en cellule d’isolement,  un prisonnier du cra du Mesnil-Amelot est libéré discrètement par les keufs de la PAF alors qu’il présente les symptomes du coronavirus. 
 
A la prison pour sans-papiers de Vincennes, Un nouveau prisonnier a été déclaré positif au coronavirus, et les infirmières commencent à dire a des prisonniers “qu’ils sont tous contaminé”. une cellule est brulé et les prisonnniers sont sortit dans la promenade pendant que les keufs font une fouille du batiment.
 
Au Mesnil Amelot après une assemblée en fin d’après midi, les prisonniers décident de bloquer la promenade pour exiger leur liberté. Le soir des gradés des keufs et la direction du CRA tentent de les convaincre de rentrer dans leurs batiments sans rien obtenir. 
Les prisonniers décident alors de passer la nuit dehors tous ensemble pour continuer à protester. Les keufs leurs retirent alors leurs matelas pour les empêcher de se reposer. Le lendemain matin, le dimanche 12, la majorité des prisonniers décident de sauter la barrière les séparant du batiment où sont enfermées les prisonnières. La prison du Mesnil est collée à une caserne de CRS, qui sont appelés en renfort en plus des keufs en tenue anti-émeute déjà présents. Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des batiments. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules a l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transferer dans d’autres prisons pour étranger.e.s (5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel).
Ils ont appelés en renfort en plus des keufs en tenue anti-émeute déjà présents.
Une partie des prisonniers se fait tabasser pendant que les keufs font une fouille général des batiments. Puis les CRS ramènent de force les prisonniers dans leurs cellules a l’exception de 8 personnes qui se font interpeller puis transferer dans d’autres prisons pour étranger.e.s (5 à Lille Lesquin et 3 à Oissel).
 
Le dimanche 12 au soir, des prisonniers de Vincennes du batiment 2A se révoltent. Ca fait plusieurs jours que des prisonniers sont officiellement malades du coronavirus. Un prisonnier est gravement malade et les keufs (comme c’est souvent le cas) refusent d’appeler les secours. Les retenus bloquent la promenade en exigeant une prise en charge rapide du prisonnier malade. Ce sera le cas après plusieurs heures de tensions.
 
Le même soir (le 12) les prisonniers du centre de rétention de Oissel se mettent en grève de la faim pour exiger leurs libérations immédiate. Les trois prisonniers transférés du Mesnil-Amelot, rejoignent la lutte dès leurs arrivées. Pour le moment les prisonniers n’ont obtenu aucune réponse de la part de l’administration.
 

  • Nuit de révolte au CRA de Mesnil-Amelot 
  • Des transferts au CRA de Lesquin (près de Lille)
  • Révoltes aussi au CRA de Vincennes
  • Prisonniers en  de la faim à Oissel (près de Rouen)

 
  • Nuit de révolte au CRA de Mesnil-Amelot 
Le 11 avril, à 20h les prisonniers du CRA 2 du Mesnil-Amelot occupent la cour du bâtiment et bloquent la promenade aux cris de “liberté !”. Suite à une nuit de révolte et une journée de répression le lendemain, certains retenus ont été transféré dans d’autres CRA.
Suivi de la révolte des prisonniers du CRA de Mesnil-Amelot. Une revendication : la libération de tou.te.s !
Avant la nuit et suite à l’échange avec le chef de police, puis avec le directeur du CRA, les retenus se sont installés pour dormir dehors, mais les flics ont pris leurs matelas pour les empêcher de se reposer. Ils ont continué a bloquer quand même. Le matin, ils ont sauté la grille pour rejoindre le bâtiment des femmes et familles. Ils ont continué à tenir ensemble alors les policiers ont chargé vers 11h avec un dispositif policier énorme (ils parlaient de 100 flics). Ils les ont rassemblé dans un coin, forcé à se mettre par terre et confisqué des téléphones. Ils ont menotté et emmenés, 8 prisonniers « identifiés comme leader sur les cameras ». Les autres prisonniers ont été réenfermés dans les chambres.

 

 

  • Des transfert au CRA de Lesquin (près de Lille)
 
 
Hier 8 prisonniers du Mesnil-Amelot ont été transféré dans d’autres CRA suite à la révolte (visiblement pas de GAV). Au CRA de Lesquin (près de Lille) ils sont 5 et isolés du reste du centre : les flics ont rouvert un batiment qui était fermé juste pour les y enfermer. Les 3 autres auraient été transférés  au CRA de Oissel (près de Rouen) ou les prisonniers sont en greve de la faim depuis hier soir. En plus de la violence qu’ils ont subit, la répression c’est aussi l’isolement loin des autres et loin des proches dans un batiment ou les cabines sont HS.  Un des prisonniers raconte la pression des flics pour les faire craquer pendant le transfert :

 

“On s’est fait maltraités, tapés, on nous a mis les menottes super serrées. On est arrivés ici au CRA de Lille à 16h environ. Pendant tous les trajet les flics nous ont menacés de poursuites, ils disaient “vous allez le payer cher”, le directeur aussi nous disait ça au Mesnil, uniquement parce qu’on s’est exprimé et qu’on a dit les choses clairement.

C’est de la maltraitance j’ai jamais vu ça de ma vie, on s’est fait gazer, matraquer, on a été mis par terre avec 40 condés qui nous encerclaient, nous mettaient la pression à mort, puis ils nous ont passé les menottes super serré. Sur le trajet c’était du foutage de gueule, ils essayaient de nous faire péter les plombs, mais nous on est pas rentrés dans leur jeu, pas un insulte ni rien. Ce qui les dérange c’est qu’on s’exprime bien, on a dit les choses clairement, on a dit ce qu’on voulait, et ça les dérange, on est devenus des cibles à abattre. On reste debout même si on s’est fait menacé de ouf. S’ils avaient pu ils nous auraient mis une balle. 

J’ai vécu un truc de fou, on a été traité comme des mecs en cavale. Ca a été dur. Là on est 4 au CRA de Lille, ils ont réouvert le bâtiment juste pour nous, il y a juste une personne âgée dans un autre bâtiment.”

 
 
  • Révoltes aussi au CRA de Vincennes 

Au centre de rétention de Vincennes, jeudi 9 avril, un premier prisonnier, présent depuis plus d’un mois au CRA, a été diagnostiqué malade du coronavirus. Les autres prisonniers sont bien conscients du risque que l’Etat les fait encourir. Alors que des nouveaux cas se confirment au sein de la prison, des masques ont enfin été distribués aux prisonniers, alors qu’ils en réclamaient depuis longtemps. Trop tard selon les prisonniers… Pour continuer à protester contre cette situation, pour refuser d’etre divisés en groupe et exiger leur libération, il y a eu une grosse mobilisation au 2A et au 2B.

 “On a pas le choix, on fait tout ensemble, on mange tous en même temps, il n’y a pas 1 mètre entre nous, on fait comme d’habitude, on est 2 par chambre, on se douche dans la même douche…

Une fois qu’ils étaient sûrs que le Corona était ici. Avant, on leur avait demandé mais ils ne nous ont rien donné. Et pourtant ça devrait être la sécurité avant tout.

On est en guerre ici. On est pas en sécurité. On ne sait rien. Ca va mal finir ici, on va tomber un par un. Le commandant a dit c’est pas toi qui décide. On parle avec ASSFAM mais pour l’instant rien ne change.

Si vous voulez communiquer à l’exterieur, appelez BFMTV ! Ecrivez sur le twitter de Macron”

 

Le 11 avril une nouvelle personne a été confirmée positive au CRA, un prisonnier qui était dans la même chambre que celui qui est tombé malade, une chambre dans laquelle ils étaient 3. iL y a eu deux libérations au JLD. Deux prisonniers sont testés positif au coronavirus au CRA2A. Les autres prisonniers sont inquiet et les infirmieres leurs annoncent qu’ils sont “tous contaminés”.

“Ca fait longtemps qu’on a signalé que la maladie était présente”. Les prisonniers demandent à ce que tous puissent faire des tests, savoir qui est contaminé. Il n’y a pas de savon, pas de gel, pas de shampooing, rien ! “

 

Le 12 avril au matin, un départ de feu a eu lieu dans l’un des bâtiments de la prison, les flics ont mis un prisonnier en cellule d’isolement. Pendant ce temps là tous les autres étaient regroupé par les keufs de la PAF (les matons des cra) dans la promenade, le temps d’une fouille du batiment. Un prisonnier raconte comment ça se passe

“Jte dis ca va, mais je dis ça par habitude. Ici c’est vraiment la merde. On en a marre de recevoir des appels de journaliste ou d’autres personnes. Après il se passe quoi ? Rien ? Je dis pas que c’est pas gentil d’appeler et de prendre des nouvelles mais bon… Y a pas d’article sur ce qui se passe à Vincennes !

Moi je sors de l’isolement là. Ils ont fouillé toutes les cellules mais ils ont pas trouvé ce qu’ils cherchaient.

L’infirmiere elle me dit: “Tu parles français ? Je lui dis “Non je parle pas français je suis un ane! Ecrivez-le moi.” Elle l’a écrit noir sur blanc: “Vous l’avez tous le coronavirus”. Elle me l’a dit: “Vous l’avez tous le coronavirus, au centre de Vincennes vous l’avez tous attrapé”. Basta.

Je lui ai dit “Mais maintenant vous attendez quoi pour nous faire des tests ?” Elle a dit “On attend que vous ayez des symptomes”. Maintenant la suite je ne sais pas. Seul dieu le sait. Ils vont nous laisser crever dans ce centre, c’est ça la suite. Ils vont attendre un par un qu’on tombe et qu’on ait la fièvre et là quand ce sera grave ils nous emmèneront à l’hôpital.

Moi je vous ai dit y a un deuxieme gars positif ils l’ont emmené tout là l’heure. Tout de façon on est tous positif. Le gars qui était positif, ils l’ont testé samedi et ils sont venu le chercher ce matin dans la chambre. Ca veut dire qu’on est resté encore une journée de plus avec lui.

Ils nous ont distribué des masques.Mais les masques on s’en sert pas, on les prend on les jettes. Parce qu’il fallait nous les donner avant. Ca sert à quoi maintenant? Maintenant qu’on est tous contaminé. Ca fait plus d’un mois qu’on est enfermé ici et qu’ils ne font rien. Maintenant qu’y a les premiers cas, ils nous donnent des masques? Ici y a même pas de savon, alors à quoi ça sert les masques ?

Franchement je prefere retourner en prison, j’étais mieux là bas.

Les frontières vont pas rouvrir avant septembre, ils le disent à la télé sur BFM, CNEWS et les autres chaines. Alors pourquoi ils nous gardent enfermé ici, hein ? Ils savent très bien qu’ils vont pas avoir le temps de nous renvoyer chez nous. Moi je serai content de rentrer chez moi, mais maintenant. Je veux pas pourrir encore dans le centre.

Maintenant il faut faire des vrais truc depuis dehors, faut que ça bouge !!

Je vous souhaite un bon apres midi quand meme..”

 

Dans la même journée, un autre cas a été confirmé dimanche soir : le prisonnier était épuisé et n’arrivait plus à respirer. Les prisonniers ont affronté les flics pour exiger qu’il soit emmené à l’hôpital, mais fidèles à leurs sale boulot raciste ils ont refusé d’appeler une ambulance et ont dit qu’il serait testé mardi. 

Transcription résumée des témoignages relayé par leparia.fr :

Ce soir à l’instant les sans-papiers enfermés au centre de rétention de Vincennes nous informent de la présence d’un quatrième cas de Covid-19. Les retenus affrontent actuellement le police pour exiger l’hospitalisation en urgence de leur compagnon. Ce dernier est épuisé ne peut plus respirer correctement. La police refuse d’appeler une ambulance, osant leur dire qu’il sera testé mardi. Il n’a vu aucun médecin et souffre. Ils exigent, soit d’être expulsés, soit d’être libérés, mais refusent catégoriquement d’être contaminés les uns après les autres enfermés dans cette prison loin de leurs proches.

22h50, le 12 avril.

« ça va pas du tout . Ça va gazer là. Macron c’est criminel ce qu’il est en train de faire. Demain, On sait pas c’est qui y va mourir. Chaque jour un nouveau cas, on est tous contaminés. On est en panique. La police elle s’en bat les couilles de notre vie. Y a un cas, et ils veulent pas comprendre. S’il vous plait aidez-nous. C’est des criminels.(…)  Là y a un mec il est tombé, il arrive même pas a marcher. Il a pleuré. Il est malade. Quand il mange il a pas de goût : c’est le corona, c’est comme ça ! S’il vous plait, je demande de l’aide. (…) On demande juste l’aide, juste de l’aide. Même envoyez nous chez nous aujourd’hui au bled, Juste nous laissez pas ici. Vous voulez qu’on parte chez nous, on part chez nous, Mais on veut pas mourir là. (…) On a des familles au bled, des proches, envie de les voir. Faites n’importe quel truc pour nous sauver. Même si on sort pas d’ici, même s’ils voulaient nous envoyer , qu’ils nous envoient : ils nous laissent pas comme ça (…) » 

« Ici les gens ça va pas, ici les gens sont paranos, ils ont peur. Vous voyez c’est le quatrième cas. Chaque jour. La ça fait 5 jours : 4 nouveaux cas. Les gens ça va pas du tout ici, vous voyez ou pas ? Les gens ils sont paranos, y a des gens ils veulent pas mourir, ils voulaient partir aujourd’hui au bled. On veut plus mourir nous. On est encore jeunes pourquoi on nous gache la vie. Ils ont pas le droit ! Ils ont pas le droit !! (…)  Y a des gens ils sont avec nous, ils sont malades. (…) ils ont plus de goût quand ils mangent. De là ça va faire : 5éme cas, 6ème cas…Jusqu’à y aura plus personne. C’est ça ce qu’ils veulent (…)» 

Aux alentours de minuit, les retenus ont obtenu que le prisonnier soit enmené par une ambulance mais la lutte pour la libération continue :

« La personne vient d’être évacuée à l’hôpital (…) On a pas gagné encore il faut qu’on sorte tous de là  parce qu’on sait pas si on est positifs ou négatifs.

Ouais hier ça a bougé un peu. En fait le soir on a vu qu’y avait un troisième cas de coronavirus donc on a décidé de faire un peu de bruit. On est resté dans la promenade jusqu’à ce qu’y ait une ambulance. Y avait beaucoup de police mais ils ont pas été violent. Si on avait rien fait, il se serait rien passé c’est sur. Il serait toujours là le gars. Là on attend de voir qui sera le prochain malade..”

 

Aujourd’hui une nouvelle personne a de grave symptomes respiratoire et est toujours enfermée ! Le prisonnier qui avait été mis à l’isolement après le départ de feu dans une cellule a été mis en garde à vue ce matin !

 

  • Prisonniers en  de la faim à Oissel (près de Rouen)
Depuis le dimanche 12 au soir, tous les prisonniers du centre de rétention de Oissel sont en grève de la faim: Ils exigent leurs libération immédiate. On relaye ici le témoignage d’un prisonnier qui a été transféré suite à la répression au CRA du Mesnil-Amelot, et d’un autre prisonnier qui raconte pourquoi ils se sont mis en grève de la faim. 
 
Retranscription Oissel grève de la faim 13.04.20 :
    
 “D’accord bon on est arrivé hier ici seulement. Nous on était a Mesnil Amelot que vous connaissez bien. Ici pour le moment moi je connais pas grand chose, faut que j’appelle quelqu’un qui vous fasse le compte rendu à partir d’ici. Bon seulement nous on est venu on les a trouvé en grève de faim, beh nous aussi on continue avec eux.
Sinon nous a  Mesnil Amelot on avait commencé ça, c’est pour ça qu’on nous a transféré ici.
 
Ca va le transfert a pas été trop violent ?
 
Oui ça été très très violent. Parce que nous on a réclamé notre droit à Mesnil-Amelot et ils ont refusé.  Nous on a fait la même histoire à mesnil amelot. Ils ont refusé. Parce que là bas les toilettes et les douches étaient bouché complètement bouché. On a pas de gel ou quoi.
C’est ici en arrivant que j’ai eu le gel. Parce qu’à MEsnil-amelot on avait pas ça.On avait réclamé plusieurs fois et ils ont refusé. Déjà à Mesnil-Amelot y avait plus de cinquante personne ce qui est pas normal en ce moment avec tous ça.
Si tout le monde s’est révolté là bas c’est à cause d’un un SDF qui est rentré, il a fait une semaine et il est partit. Il avait la fièvre de 39 degré. Directement ils ont décreté quelque chose, je sais pas quoi mais ils l’ont fait sortir directement.
Ca ca a révolté le coeur de tout le monde. On a décidé maintenant de faire la grève de la faim. On a grevé deux jours. On était dehors, personne rentrait dans la cellule. Tout le monde était dehors dans la cours. Dans la nuit le directeur est venu parler avec nous pour trouver une solution. Le lendemain ils ont appelé trois patrouilles de CRS qui sont venu nous encerclé ils ont bastonné les gens, et puis moi je fais partie des portes paroles avec d’autres personnes au nombre de 7. Ils nous ont mis les menottes, puis on nous a mis à l’isolement. Et vers 14h30 les escortes sont venues mettre les masques sur la bouche de certaines personnes. Ils ont mis les codes. Ils nous on attaché comme des chiens pour nous faire rentrer dans la voiture.
Nous on est arrivé ici et les autres ils sont resté enfermé là bas”.
 
Ouai et on a eu des nouvelles des gars enfermé à Lille aussi..
 
“Je te passe un autre prisonnier qui est là depuis plus longtemps.”

“Ca va pas.. On a fait la grève de faim parce que ça va pas. 
 
Toi t’es prisonnier à Oissel, vous êtes en grève de la faim depuis quand?
 
Ouais à Oissel ouai. Depuis hier, pour qu’ils nous libèrent tous. On est tous en grève de la faim. On est 13 personnes.. non 16 personnes.
 
Avec les arrivées de Mesnil ca fait 16 c’est ça ?
 
Ouais
 
Les flics ont réagit comment?
 
Ils ont dit “Vous mangez pas”. Mais ils ont rien dit, ils ont rien compris. Ils ont pas été violent. Pour l’instant on a pas de chef, on nous a pas parlé. Ce matin ils ont ouvert le patio comme par hasard. Ils ont dit celui qui veut sortir au patio il peut. Bah au  bout de 10minutes ils ont fermées. 
 
Le patio c’est la promenade? Celle qui est fermée d’habitude?
 
Ouai c’est la grande promenade. Ils l’ont ouvert aujourd’hui ouai.
 
Je me demandais à Oissel, y a plusieurs personnes qui étaient malade. Ca va mieux?
 
Ouai ca va mieux.. Mais on va continuer la grève de faim jusqu’au bout ils ont dit.”
 

Ne laissons pas seuls les prisonniers en lutte, relayons leur parole et soutenons les de toutes les manières possibles ! 
 
Ce soir et tous les jours à venir à 20h :
 
Crions à nos fenetres pour la libération de tou.te.s les prisonniers-ères sans-papiers ! Accrochons des banderoles ou écrivons partout que les CRA doivent être fermés maintenant !
 
 
Et continuons à saturer de mails les préfectures en ces temps de confinement !
 

LES PRISONNIERS DES CRA CRIENT LIBERTÉ, FAISONS DE MÊME !

Depuis hier soir, les prisonniers du centre de rétention de Mesnil-Amelot ont occupé la cour de la prison pour sans-papiers, ils sont restés ensemble pour exiger leur libération, jusqu’à ce matin quand les keufs ont chargé. Sept personnes ont été emmenées en garde-à-vue.

Suivi de la révolte des prisonniers du CRA de Mesnil-Amelot. Une revendication : la libération de tou.te.s !

 

Au CRA de Vincennes, où au moins deux prisonniers ont très certainement chopé le virus, les gens bougent aussi et subissent la répression. Ce matin, après un départ de feu dans une cellule, une personne a été mise en isolement, et tout le monde a été fouillé.

Les sans-papiers enfermés dans les CRA demandent la libération immédiate de tout le monde. Alors que l’Etat compte les laisser crever dans ces taules, ils luttent coup sur coup pour obtenir leur liberté, maintenant.


Pour celleux, comme nous, qui sont à l’extérieur mais confiné.e.s, que faire pour les soutenir?

A PARTIR DE MAINTENANT :

  • CE SOIR et LES JOURS À VENIR à 20H 
    
    Crions à nos fenetres pour la libération de tou.te.s les prisonniers-ères sans-papiers ! 
    
    Accrochons des banderoles ou écrivons partout que les CRA doivent être fermés maintenant ! (vous pouvez envoyez vos photos à anticra@riseup.net)
  • Appelons en masse les numéros de l'administration des cra, pour leur faire savoir qu'on ne les aime pas et qu'on sait ce qui se passe dans les centres.
    
    Numéro de Mesnil-Amelot : 01 60 54 40 60
    Vincennes: 01 43 53 79 00
  • Saturons les mails de préfectures, ne les laissons pas faire leur sale travail impunément ! --> Appel à saturer de mails les préfectures en ces temps de confinement !
    
    pref-eloignement@seine-saint-denis.gouv.fr
    
    pref-eloignement@val-de-marne.gouv.fr
    
    pref-eloignement@hauts-de-seine.gouv.fr
    
    pref-astreinte-eloignement@seine-et-marne.gouv.fr

SOLIDARITE AVEC LES SANS-PAPIERS EN LUTTES CONTRE LES CRA

VIRUS OU PAS, LIBERTE POUR TOU.TE.S LES PRISONNIERS-ERES ET FIN DES CRA !


PS : Attention si vous appelez les cabines dans la perspective de publier un témoignage, veillez à l’anonymisation des prisonnier.ères : ne diffusez pas leur prénom ou des audios de leur voix sans modification, cela les expose à une arrestation, un procès, une peine de prison, le tabassage des flics à l’intérieur, etc, en particulier dans le contexte actuel.

 

Appel Audio: Mailbombing

Une semaine après le lancement de la campagne de mailbombing des préfectures pour la libération des prisonniers et la fermeture du CRA de Vincennes et du Mesnil-Amelot, nous renouvelons notre invitation à encombrer les boîtes mail des préfectures avec un audio à diffuser sur toutes les moyens radios.
Voici l’article avec le texte et les adresses e-mail.

mesnil et vincennes

Solidarité aux prisonniers du Mesnil Amelot et de Vincennes : APPEL MAILBOMBING mis à jour après révoltes au Mesnil 12/04

Le 11 avril, à 20h les prisonniers du CRA 2 du Mesnil-Amelot occupent la cour du bâtiment et bloquent la promenade aux cris de “liberté !”, pour exiger leur libération et pour protester contre l’absence de mesures sanitaires, alors que les policiers rentrent et sortent de la prison tous les jours, en plus de la fermeture des parloirs. Le 12 avril au matin, les flics en équipement anti-émeute chargent à plus d’une centaine les prisonniers présents dans la cour. Ils confisquent des portables, et envoient en garde-à-vue au moins 7 personnes.

Au CRA de Vincennes, deux personnes enfermées ont été contaminées par le virus, alors même que les prisonniers exigent d’être libérés – ou au minmum des mesures sanitaires sérieuses – depuis le début du confinement. Un départ de feu a eu lieu ce matin dans une cellule en signe de protestation.
 
Il n’y aucun doute sur le fait que ce sont les policiers qui font rentrer le virus, ce sont les seuls à rentrer et sortir quotidiennement des CRA, et donc à augmenter le danger pour les prisonniers en plus de leur sale travail habituel.
 
Ne laissons pas seuls les prisonniers en lutte, relayons leur parole et soutenons les de toutes les manières possibles !
 
Le confinement nous empêche de nous rassembler devant les CRA pour lutter avec les révolté.e.s et manifester notre solidarité, mais en envoyant massivement des mails aux adresses des préfectures on peut montrer qu’on est au courant de la répression en cours à l’intérieur des CRA et qu’on est toujours là ; c’est aussi une manière de ralentir leur sale travail en saturant leurs boites mails et, si on est vraiment nombreux.euses, qui sait, en faisait bugger leur système ?
 
On vous propose d’à partir de maintenant, lundi 13 avril, de participer collectivement à l’envoi d’un e-mail (texte plus bas) aux adresses ci-dessous :
 
 
Il faut envoyer le texte à chaque adresse séparément. Les envois collectifs finissent directement dans les spams. Copiez le texte dans le corps du message. Changer l’objet du mail peut être également une bonne technique.
L’idée est de reproduire l’envoi de ces mails AUSSI SOUVENT QUE POSSIBLE !
 
Brisons le silence, ne laissons pas isolés les prisonniers en lutte ! Texte à envoyer:
 
“Au CRA du Mesnil Amelot, les retenus ont bloqué la cour de promenade à partir du samedi 11 avril à 20h jusqu’au dimanche 12 avril au matin, en étant délogés violemment par la police. Les prisonniers se sont mobilisés pour protester contre l’enfermement et les conditions qui se dégradent avec le coronavirus. Au même moment, au CRA de Vincennes aussi, alors que les prisonniers ont alertés l’administration et se sont mobilisés pour exiger leur libération et, a minima des mesures sanitaires sérieuses, des cas de coronavirus ont été confirmés.
A l’intérieur comme à l’extérieur, on continuera à lutter contre vos politiques racistes et contre les CRA qui tuent, torturent, tabassent.
On exige la libération immédiate de tous les retenus et la fermeture des CRA !
 
Le communiqué des retenus :
 
“Ils ne respectent pas le droit des gens, pas de mesures sanitaires dignes et quand tu dis quelque chose les policiers ils te frappent c’est pas humain ! Sérieux les avions ils vont pas redécoller avant septembre on nous a dit, ça veut dire quoi ? On va pas rester ici jusqu’en septembre !”
“On a bloqué on s’est mis tous dans une cour, c’est à dire les 4 bâtiments qui étaient ouverts dans la cour tous ensemble. Tant qu’ils trouvent pas de solution on bougera pas d’ici ! Tout à l’heure ils nous ont gazé matraqués ils ont des boucliers, depuis tout à l’heure on subit des violences pour rien ! Là ils sont à la sortie de la cour vers la grille matraque à la main, casque et ce qui va avec ! Que les journalistes nous appellent mais là ! Maintenant !”
 
“Ils nous ont amené le directeur du centre il a dit qu’ils ont pas de solution pour nous. Alors ont a dit si c’est comme ca on va dormir dehors. Pourquoi ils nous gardent alors qu’il y a pas de vol et que le Corona est dans le centre ? On est pas animaux. ici c’est la double peine ! Il y en a qui sont en t-shirt mais on est allé cherché des couvertures par derrière on va dormir dehors on va rester toute la nuit ! et demain personne ne mange !”

 

Nouveaux témoignages de prisonniers de Plaisir et Vincennes

Les voix à l’intérieur des CRA continuent de crier, faisons les sortir !
Vous pouvez communiquer à l’intérieur des CRA, et envoyer vos messages sur ce site. Ne laissons pas les personnes détenues seules !

Nous relayons ici deux témoignages reçu sur notre mail:

22 mars 2020, Paris Vincennes CRA 1 :

On parle avec vous tout les jours, il se passe rien, personne parle de nous. On vient comme des animaux. Tout le monde s’en fou

Y’a des gens qui sont malades, ils vivent avec nous.

Y’a des pigeons mort ici, ils nous ramènent le virus.

Ça fait 3 jours y’en a qui mangent plus, la bouffe elle est périmé. Ils mettent un autre ticket sur les vieux ticket, on enlève le ticket la bouffe est périmé depuis 3 jours. Bizarement pendant 3,4 jours on nous serre la même bouffe. Ils veulent nous tuer.

Tout les jours ils libèrent 10,15 personnes. Nous on est encore 28.

J’ai 58 ans je suis diabétique, je suis malade et ils laissent pas passer l’ambulance.

Ici ont a rien, on ramasse les mégots, ont se transmet les microbes.

On passe la nuit à pleurer ici, y a plus d’avion on fait quoi ici ?

Tout le monde souffre on pleure en larme.

Je connaît même pas mon pays on a la rage.

Il nous manque beaucoup de soutien, voila comment on vit.

22 mars 2020, CRA de Plaisir

On est vraiment dans la merde, on est 3

Ils nous laissent enfermés comme des chiens.

Les policiers ils nous disent faut patienter faut patienter

On est dans la merde, on va se suicider, ils s’en battent les couilles.

Nous ils nous ont pas libéré, on sait même pas pourquoi.

On pète les plombs

On a pas de medecin rien du tout

Je vous jure on va se suicider

“Liberez nous, c’est tout” Témoignage d’un prisonnier du CRA2B de Vincennes pendant la grève de la faim

Ca fait 10 jours depuis l’annonce de la suspension des parloirs, que les keufs ont diffusées des rumeurs de fermeture du CRA, de libération massives qui finalement ne se sont pas réalisées.

Cette prison pour sans papier est dans une école de police, situé au bout du bois de Vincennes. Les étrangers y sont enfermés dans deux batiments : le CRA1 et le CRA2B (le CRA2A a brûlé début février). 

Le 16 mars la majorité des prisonniers du CRA1 de Vincennes ont débuté une grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate et l’amélioration des conditions d’enfermement.

Depuis il y a une cinquantaine de libération les premiers jours (sur plus d’une centaine de prisonnier) puis … plus rien. Des dates de tribunal tombent : le 27 mars ou le 4 avril. Bref dans très longtemps dans cette période de confinement.

Samedi soir, le 21 mars, quasiment tout le CRA1 a décidé de se remettre en grève de la faim avec toujours les mêmes exigences: libérations, amélioration de la bouffe et des soins. Le lendemain ils étaient suivi par une trentaine de prisonniers du CRA2B.

Ce matin plusieurs dizaines de prisonniers du CRA2B ont décidé de commencer une nouvelle grève de la faim. Les keufs de la PAF (PAF = police aux frontières, les matons des CRA) ont déjà commencé à mettre la pression. Nous relayons ici le témoignage, récupéré par téléphone, d’un prisonnier en lutte.

Je vais raconter pourquoi on est grève de la faim. La première des choses : ils nous ramènent des trucs qui vont expirer hier, le 23 mars, tu sens que ça pue, un mauvais odeur. Encore, on a peur que dans la nourriture il y a la coronavirus, on sait pas d’où vient cette nourriture.
Le camion qui ramène la nourriture, ça fait 4 ou 5 jours qu’il marche pas. D’habitude le matin ils nous donnent le pain et la confiture, hier ils nous ont pas donné, ils nous ont donné ça le soir, comme des blocs. On mange pas tous la même chose : normalement, tout le monde mange pareil. Maintenant, une personne mange le riz, d’autres les pâtes, d’autres cous-cous. Ça veut dire que c’est du stock.
Ils ont arrêté le lange, pas de lange. Hier j’étais chez un infirmier pour avoir une pilule pour dormir, j’ai demandé le médecin, elle m’a dit pas de médecin. Aujourd’hui, pareil, pas de médecin.
Encore, les visites sont arrêtées. On a rien, ni à manger ni des cigarettes. Il n’y a pas de poste, je peux pas faire sortir l’argent de mon compte.
L’Assfam, ils sont pas là. On parle par appel téléphonique.

Il y a de prisonniers malades ?

Il y a de gens malades. Par exemple, en Égyptien est sorti de l’hôpital et est venu là.

Et les flics ?

Ils s’en battent les couilles. Si tu manges pas, c’est pas grave.
Ce matin, ils étaient six à manger, les autres on a pas mangé. Mais je ne sais pas si ça va durer ce soir, les gens vont manger peut etre.

Tu veux dire un dernier truc pour les gens à l’extérieur ?

Qu’ils parlent de nous dans les journaux, qu’ils viennent chez nous les journalistes, qu’ils fassent des manifestations… maintenant tout est fermé pour le virus. Nous on a pas de papiers ni rien, mais on est des êtres humains. On a rien fait, on est pas de criminels, on est pas de terroristes. Juste on a pas de papiers, ils nous ramènent là. Ils sont où les droits de l’homme? Ils disent la France, égalité fraternité. Elle est où l’égalité fraternité ? Je la vois pas.
Jusqu’à quand on va rester dans cette situation ? Jusqu’à quand ?
On est pas protégés, c’est ça, clair et net. A n’importe quel moment, un policier peut ramener la maladie. Deux médecins sont morts, j’ai vu ça. Tu veux que les policiers ne ramènent pas la maladie ?
Les juges, certains libèrent et d’autres libèrent pas. Pourquoi ?
Libérez nous, c’est tout. On va rentrer chez nous, on va pas sortir de la maison.”

 

 
En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées.

“C’est simple on demande la liberté” / témoignages de prisonniers en grève de la faim au CRA de Vincennes – batiment 1

La grève de la faim, débutée par les retenus samedi soir (21 mars), continue au batiment 1 du CRA de Vincennes. Encore beaucoup de prisonniers n’ont pas mangé hier soir les repas avec comme revendication principale, la liberté.

Beaucoup de prisonniers ont des problèmes de santé et l’équipe médicale ne fait rien à part donner des cachets. Un prisonnier a des graves problèmes respiratoires, il a appelé les pompiers à plusieurs reprises mais les flics ne les laissent pas entrer dans le CRA.

Voici ici deux témoignages de retenus, du batiment 1, en grève de la faim.

“Du coté de l’hygiène il y a plus rien, plus de nettoyage, rien. Les pigeons sont morts dans la cour c’est flippant. Les draps sont dégueulasses et pas changés, les toilettes collectives beaucoup sont fermées, il reste que 3 ou 4 toilettes et on est encore, quoi ? une vingtaine de personnes.. Parfois pendant plusieurs jours il y a plus l’Offi donc on peut rien acheter. Aussi la machine à clope elle accepte que les pièces. Certains ils ont des billets de dix mais ils peuvent pas acheter de cigarettes. Et puis depuis pas mal de jours déjà plus de visite ça c’est pas normal non? c’est la déprime un peu quand même..

La bouffe c’est de la merde c’est le même repas chaque jours à chaque repas… On a aussi un petit morceau de pain de genre 5cm c’est pas assez… Et il y en a qui mangent pas de porc mais la police ils veulent rien changer. Jusqu’à il y a encore 5 à 6 jours il y en a qui ont été emmené à l’aéroport. De retour au CRA ils ont été libéré. C’est arrivé à une dizaine de personnes à peu près. Mais depuis plusieurs jours il y a plus de libération on sait pas pourquoi. Par contre ils nous ont donné des dates de jugements : 28 mars, 30 mars, jusqu’au 7 avril pour certain, c’est pas possible !

A part deux ou trois, on est toujours en grève de la faim c’est simple on demande la liberté.”


« Ca fait trois jours que j’ai rien mangé, le policier m’a dit : ça n’a rien à voir avec la libération, tu vas à l’hôpital et tu reviens ici. J’ai dit tant pis… ça fais quatre jours que je mange pas, que de l’eau, de l’eau de l’eau. J’ai perdu 8 ou 10 kilo depuis le début, je suis très très maigre…

La police aussi a peur du virus, ils font rien pour nous. Ils sont pas des chefs, sont des stagiaires. Même la police ne se sent pas en sécurité, ils ont rien, ni masque ni rien. Même les infirmiers ont pas de masque, juste un médecin qui m’a donné un masque, avant hier.

À infirmerie, ils nous donnent que du Diazepam et du Valium. Que de ça. Moi je prends que du diazepam et de l’eau, je suis devenu très très maigre, je suis déshydraté…

Le ménage, de temps en temps. Le mec il a pas de masque, tout le monde qui travaille depuis l’extérieur n’a pas de masques ni de gants.
On a peur, c’est un virus mortel on le sait. Et on voit les pigeons qui meurent dans la cour. Même eux ils sont malades.

Pendant deux jours, tout le monde a rien mangé. Mais pas tout le monde a continué, ils ont peur de mourir. Il n’y a que trois ou quatre personnes qui ne mangent pas depuis quatre jours.

La bouffe, c’est de la bouffe périmée…

Il n’y a pas de vol, tout le monde ne peut pas rentrer… donc moi, je ne suis pas pourquoi je suis là. La date de l’avion est passée…

Il y a pas de visite, et s’il y a pas de visite, il n’y a pas d’argent et je peux pas payer le crédit pour parler avec ma famille. Je sais rien de ce qui se passe avec ma famille, avec ma femme et mon enfant, s’ils sont malades ou pas malades…

Avec les policiers, comment ça se passe ? Ils sont toujours agressifs avec vous ?

Pas tout le monde est agressif, mais si un est agressif, les autres suivent. Ils suivent les ordres…

Aucune personne parle de nous.
Ça fait une semaine, dix jours que les gens mangent le même… juste ils changent l’étiquette.

Une meuf, une policière m’a dit : si tu parles avec moi, tu dois respecter un mètre de distance, c’est la norme. Mais nous, entre nous les prisonniers, y a pas un mètre ! On fait comment ?

L’autre soir [pendant la grève de la faim], ils nous ont réveillé à trois heures du mat, pour nous casser les couilles, aucune raison a été donnée, juste comme ça.

Avant j’étais dans une chambre pour deux personnes, avec les toilettes et les douches. Maintenant ils m’ont changé d’étage, dans une chambre avec quatre personnes ! Les douches sont fermées, les chiottes bouchées… Les portes sont cassées, il fait froid et les pigeons peuvent rentrer jusque dans la chambre. »

À bas les CRA !
À bas l’enfermement !
Liberté pour tou.t.es !

Au CRA de Vincennes, les prisonniers sont encore plus isolés et encore moins en sécurité

Meme si plusieurs dizaines de prisonniers ont été libérés depuis lundi pour éviter l’explosion de l’épidemie dans le centre, au moins 60 personnes sont encore enfermées dans le CRA de Vincennes. Les conditions d’hygiène et de soin restent dégueulasses et dangereuses pour les prisonniers, et en plus ils sont complètement isolés de leurs proches et de leurs familles.

Les problèmes de santé et de soin à Vincennes ne naissent pas avec le coronavirus, mais avec le CRA meme. Le refus de soin, des prisonniers malades ou blessés qui sont laissés dans leur cellule ou mis en isolement, la pratique courante de cachetonner les prisonniers pour les shooter et tenter de pacifier la situation… les violences policières et médicales sont quotidiennes dans les CRA, et les infirmiers-ères et les médecins collaborent activement avec les keufs pour le maintien de l’ordre dans la prison pour sans-papiers, pour que les prisonniers ne se révoltent pas.

Peu importe si un.e prisonnier-ère est malade, blessé, s’il/elle a de la souffrance psy, s’il/elle a été tabassé par les keufs : il/elle reste enfermé et risque toujours la déportation. Bien avant le coronavirus, etre enfermé dans le CRA signifie risquer de crever. Le risque devient souvent réalité, comme pour Mohamed, mort à Vincennes en novembre 2019.

Aujourd’hui, après la lutte menée par les prisonniers entre dimanche et lundi, la situation reste horrible. Des prisonniers de Vincennes nous ont fait parvenir une liste de problèmes que la préfecture et les keufs refusent de résoudre, qui augmentent le risque pour les détenus et rendent leur enfermement encore plus insupportable.

1 /On n’a pas de masque/

2 /Il faut du savon et des désinfectants./

3 /Les contacts entre personnes ne sont pas respectés : il n’y a pas un mètre entre les personnes./

4 /On a aucune consigne des responsables du centre./

5 /Il y a encore eu des arrivées de nouveaux hier. /

6 /Il y a des personnes qui sont malades dans le centre : il n’y a pas l’infirmier, il vient seulement à 9h et à 15h. Normalement il doit être là 24h/24H et il n’y a plus de médecin, c’est seulement s’il y a quelque
chose de très grave./

7 /Les personnels d’entreprise privée ne rentrent plus sur le site : plus d’alimentation, plus de boissons, les distributeurs ne fonctionnent plus.

8 /Les visites sont arrêtées. Il n’y a plus de possibilité de recevoir de colis de famille, ni de vêtements. /

9 /Les personnes ne sont plus présentées au tribunal, qui est fermé.

10 /Il y a de la viande périmée, des repas périmés car le camion qui ramène la nourriture ne vient pas, on mange juste ce qui restait au congélateur et c’est périmé. /

11 /les gens n’ont plus de visite donc plus d’argent donc plus de possibilité d’acheter des cartes pour les appeler : on ne sait pas si nos familles sont mortes ou vivantes, si elles vont bien. /

12 /Il y a des personnes qui ont des problèmes psy ici. Certains ici sont infectés : une personne ici par exemple a une hépatite B chronique avec un traitement, un autre à un problème de cœur. Rien n’est fait. /


Certains CRA sont en train de se vider : c’est bien. Mais ils ne se vident pas complètement, et pour les prisonniers qui sont à l’intérieur, c’est encore plus la merde : il est important de rester solidaires depuis l’extérieur, de continuer à relayer leurs paroles et leurs communiqués, de soutenir les luttes qui ne cessent pas dans les prisons pour sans-papiers.

Jusqu’à quand du dernier CRA il ne restera qu’un tas de ruines.