La brochure de conseils en cas d’arrestation téléchargeable / The brochure of advice in case of arrest can be downloaded

Ici les documents à télécharger en plusieurs langues / Here the documents to download in several languages :

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Français

Ce document vise à rassembler des informations juridiques et pratiques pour comprendre et tenter de s’en sortir en cas d’arrestation et de risque d’expulsion. Il est conçu à partir de la lecture des textes de loi et de retours d’expérience. La loi ne nous laissant pas beaucoup de place pour nous en sortir, un certain nombre de conseils sont en dehors de la légalité. Ce guide est très condensé, et les pratiques évoluent selon le moment et les préfectures. Il n’est donc pas complet. Par ailleurs, « c’est toi et ta chance » : selon la préfecture, le flic, l’avocat et le juge sur lequel vous tombez, ce qui vous arrivera n’arrivera pas forcément à quelqu’un d’autre. Cette brochure n’est pas juste un guide à l’usage des personnes susceptibles d’être expulsées, mais aussi une initiative contre les frontières. Il s’agit autant de fournir des outils pour échapper à l’État que de s’opposer à lui, d’enrayer sa machine à expulser. Participer à des luttes, refuser d’embarquer, faire de la prison, et tout ce qui pourrait arriver pendant que vous êtes au centre de rétention ne posera pas forcément de problème pour votre accès à un titre de séjour plus tard.

 

English

This brochure aims to collect legal and practical information useful to understand your rights and try to be released in case of arrest and possible deportation. The brochure has been written on the basis of legal texts and first­ and second­hand experiences. The French legal system doesn’t leave many opportunities for gaining freedom in such cases, and some of the advice reported here are not legal or legally allowed. This guide is very dense, and practices change from one case to another, and from one prefecture to another. They are therefore not exhaustive. Moreover, “it’s you and your good luck”: depending on the prefecture, cops, lawyers and  judges that you meet, what happens to one person is not guaranteed to happen in the same way to another. These pages are not only a guide for those who can be deported, but also an act against national borders. This text is not only concerned with providing tools to escape State control, but it also wishes to oppose it, by blocking its deporting machine. Taking part in a struggle, refusing to board a plane, spending time in jail, and everything that might happen to you while you are in a detention center, is not necessarily going to be a problem when you will try to obtain a residency permit later on.

 

« Papiers ou sans papiers, je dois vivre. » Témoignage d’un prisonnier du CRA du Mesnil Amelot

Nous retranscrivons ici le témoignage d’un prisonnier du Mesnil Amelot :

La première fois c’était en 2013, à Paris au Mesnil Amelot. J’ai été libéré après 2 jours, 48 heures, quand je suis passé devant le jld j’ai donné toute mes preuves, une adresse fixe et mes démarches d’asile, qui n’a pas abouti. En 2014 je suis fini à Metz, j’ai 45 jours là bas, après pour la déportation j’ai été transféré à Plaisir et puis à l’aéroport. Ils te mettent dans des boxes… Ils m’ont scotché et ramené dans l’avion, les passagers disaient « on peut partir avec lui » mais les flics les ont menacés, ils m’ont torturé. J’ai été renvoyé chez moi au Cameroun. Je suis revenu en 2017 en situation irrégulière. En octobre 2018 j’ai été contrôlé et j’ai été amené en CRA malgré le fait que j’étais pacsé. J’ai été un des derniers à « profiter » de 45 jours, en décembre j’ai été libéré. En décembre 2019 à nouveau un contrôle, on m’a amené au CRA de Palaiseau et j’ai été libéré au bout de deux jours, j’étais marié. Mais en janvier dernier, après un contrôle on me remet une convocation soi-disant pour vérifier mon titre de séjour, parce qu’il y avait pas assez de pièces… Là ils m’ont retenu et amené au CRA, ici à Mesnil. Au bout d’un mois et 8 jours ils m’ont programmé un vol, bien que je sois marié avec une française. Ils disent que c’est à cause du fait que mon passeport est périmé, alors que ma carte d’identité est valide. J’ai un récépissé des démarches de renouvèlement de mon passeport, mais le consul a quand même donné un laissez-passer. J’ai fait appel deux fois, j’ai un vol programmé le 28 février. Je suis fatigué, je veux rentrer au bled et trouver une solution, revenir. Ma femme me soutient mais c’est dur, depuis 2014 comme ça…

J’ai eu une interdiction du territoire e un OQTF. L’avocat a fait retirer l’interdiction mais je dois respecter l’OQTF. Chez moi ça va être dur le retour, les ambassades sont dures au bled, mais je préfère avoir ma liberté dans mon pays que rester enfermé dans des conditions si mauvaises. Au tribunal il y avait la grève des avocats, deux fois j’ai pas eu d’avocat j’ai dû me défendre tout seul. Au premier tribunal, au deuxième prolongement, à la cour d’appel, jamais il y a eu d’avocat. Tu sais, y a des juges qui sont pas cléments, ils regardent pas la réalité, ils essaient même pas de faire leur travail, ils essaient juste de te faire condamner.
Normalement j’ai tout, j’ai tout ce qu’il faut, après l’état doit faire ce qu’il a à faire. Papiers ou sans papiers, je dois vivre. Tu peux pas vivre en France sans que la police te contrôle. Tu te dis « essaie, essaie, même s’il faut rentrer chez toi ». Je suis trop épuisé. Parfois tu penses que ça sert à rien, pour moi ça fait dix ans, onze ans même, depuis 2009 j’ai quitté mon pays. En dix ans t’as pas de visa, pas de titre de séjour, pose toi des questions, au bout de onze ans tu te dis faut faire le plus difficile. La préfecture ils doivent faire les choses dans la logique, regarder les dossiers de gens, voir les démarches qu’ils ont fait. Ils nous rendent fous, tu vois c’est pour ça dans les foyers y a des gens qui finissent en psychiatrie, on les traite comme des fous. J’ai la patience moi, je sais que ça va aller.

Ici ils nous provoquent. A la fouille par exemple, tu vois elle est programmée, je devais envoyer un mail, j’ai demandé aux flics et ils ont récupéré mon téléphone, on peut pas avoir de smartphones ici. J’ai filmé le document pour l’envoyer, le réseau a déconné, il déconne souvent ici, ça partait pas. Le flic m’a dit « c’est fini » alors que ça faisait même pas dix minutes. Directe il a mis ses gants pour me brutaliser, je lui ai dit « pourquoi, ça sert à rien, je t’ai pas cherché », l’autre collègue il est venu me calmer, je lui ai dit qu’il allait me brutaliser. Y a d’autres ils sont humains, y a d’autres ils nous traitent comme de la merde, ils veulent pas savoir. Je cherche pas d’ennui, ça sert à rien. Mais bon, c’est la vie. Toi tu vas avoir le dernier mot et je sais ça. Il y a des gars qui se bagarrent, mais je comprends tu vois, tu pètes un cable. C’est trop. En 2018 j’ai dit c’est la dernière fois, mais comme le statut n’a pas changé, je suis à nouveau ici.

A bas les CRA !

Une nouvelle évasion à Oissel ce week-end !

Encore une nouvelle évasion hier matin à Oissel: vers 11h un prisonnier à réussi à passer par la promenade et à se tirer ! C’est la troisième en une semaine: un prisonnier avait profité d’un feu de cellule pour se barrer le week end dernier, puis un autre a réussi à se casser de l’hôpital. Beaucoup de force à lui (et eux) on espère qu’il est déjà loin !
Juste après les keufs foutent la pression aux prisonniers et refusent de servir direct le repas. Tout ça se rajoute aux tensions déjà présente ces dernières semaines: depuis le 22 janvier des prisonniers luttent face aux violences policières et la collaboration de France terre d’asile (l’asso présente dans le CRA). On relaye ici un témoignage d’un prisonnier qui raconte l’ambiance juste après l’évasion.
Pour rappel pour appeler directement les prisonniers, comme dans la majorité des CRA y a des cabines où ils peuvent répondre directement. Pour Oissel côté homme:  02 35 68 61 56 / 77 09
 
 
 
En ce moment tout le monde est entrain de se gratter parce qu’y a un gars qui est rentré avec la gale. J’ai demandé le médecin pour qu’on ait des médicaments on m’ a dit y a pas.
Y en a un autre qui s’est évadé ce matin vers 11h-11h30 et ils nous ont pas donné à manger jusqu’à 14h. Ca fait trois jours qu’ils font pas de ménage, quand on a demandé au policier ils nous disent que c’est par rapport au coronavirus. Ils ont pas peur d’eux, mais il s’en foutent de nous clairement.
C’est pas notre problème si le gars s’est évadé. C’est leurs problèmes.
Y a des gens qui vont se suicider, y a un mec ca fait quatre jours il a pas mangé. Y en a qui avalent des trucs en métals, d’autres du shampoing. C’est chaud.
Y a pas de droit de l’homme ici a l’intérieur, y a pas. 
Des que tu demandes un truc on te repond demain demain. On se fout de toi quoi.
Le truc pour allumer la cigarette il marche pas, donc quand on tape sur la porte pour avoir un briquet ils nous font galerer pendant 20 minutes. Alors qu’à la caméra ils voient bien qu’on galère et qu’on tape.
Y a des insultes et des provocations tout le temps ici.
C’est un truc de ouf ce qui se passe ici. Déjà dans une cellule y a pas la porte des toilettes donc c’est pas possible d’être ici. Vous voyez  qu’y a pas de droit de l’homme y a rien du tout. »
 
Solidarité avec tou.tes les prisonniè.re.s !
Pour rappel pour s’organiser en IDF, assemblée contre les cra: Rdv tous les mercredi à 18h au 21 ter rue voltaire (CICP), métro rue des boulets (l9).