Vincennes en feu : rassemblement de soutien aux prisonniers

Prisons are for burning sticker

Grâce à un bel incendie, depuis mardi dernier un batiment entier du centre de rétention (CRA) de Vincennes est devenu inutilisable. Dans cette prison pour sans-papiers, la lutte des personnes enfermées ne s’est pas arretée. Mais la répression frappe forte, certains prisonniers sont maintenant en garde à vous. C’est à nous, depuis l’extérieur, de les soutenir.

Depuis plusieurs jours les prisonniers du bâtiment 2A du centre de rétention administrative de Vincennes avaient lancé une grève de la faim. Une répression violente de la part des flics avaient suivi.

Le 4 février au soir des prisonniers ont appelé pour dire que le bâtiment de la prison pour sans papiers étaient en feu. Tous les prisonniers du 2A et du 2B ont été encerclés par la police anti-émeute dans la court de leur bâtiment. Les flics les ont menacé et tabassé. Les prisonniers ont dû rester là-bas pendants plusieurs heures, sous la pluie et au froid. Pendant ce temps, des fouilles ont eu lieu au 2B.

Une trentaine de prisonniers du CRA 2A ont été emmenés passer la nuit de l’incendie dans un comico, vu que les chambres étaient inutilisables. Ils sont rentrés le lendemain, sans visiblement que personne n’ait été placé à GAV, mais une enquête est en cours. Certains ont été transférés au CRA 1 où ils sont maintenant encore plus nombreux par chambre ; d’autres au CRA 2B où certains sont obligés de dormir sur des matelas brûlés ; et encore d’autres au CRA de Palaiseau ou du Mesnil-Amelot.

Suite à l’incendie du batiment 2A du CRA de Vincennes, jeudi matin les flics sont venus au petit matin chercher plusieurs prisonniers. Plusieurs d’entre eux sont en garde à vue. Certains au commissariat du 20e, d’autres au commissariat du 12e. Ils vont probablement été déférés dans les jours qui viennent.
Bonne nouvelle : le bâtiment 2A est réellement rendu inutilisable, il faut dire que depuis l’extérieur on peut voir que les fenêtres ont volé en éclats et que le toit est dans un sale état ! Il y a eu des libérations du fait de l’incendie, apparemment au moins 14 !

C’est un moment important. A l’intérieur des CRA, les gens continuent à se battre pour la liberté et pour faire disparaitre ces lieux. L’État et la police réagissent et essaient d’étouffer ces révoltes. Maintenant plus que jamais, organisons notre solidarité depuis l’extérieur !

RDV Dimanche 9 Février, à partir de 16 heures,Automatic word wrap
Bvd de la Chapelle au niveau de rue Caplat, à côté du métro Barbès.

Ce sont les révoltes qui ferment les CRA !Automatic word wrap
Solidarité avec les prisonnier.e.s !

 

Le CRA de Vincennes brûle

MISE A JOUR/ 6 février

Attention suite à l’incendie du batiment 2A du CRA de Vincennes, les flics sont venus au petit matin chercher plusieurs prisonniers. Plusieurs d’entre eux sont en garde à vue. Certains au commissariat du 20e d’autres au commissariat du 12e.

Il y a un ressemblement en cours devant le commissariat du 12e pour soutenir un lycéen de paul Valéry en GAV. Au cours de ce rassemblement, quelqu’un a pris la parole pour parler des retenus de Vincennes.

Des papiers pour tout.es ou pas de papiers du tout !

MISE A JOUR / 5 février

Hier mercredi 5 février, suite à la destruction du Batiment 2A du CRA de Vincennes, une trentaine de personnes sont allées crier leur solidarité avec les prisonniers. Les retenus du bâtiment 2B, bâtiment dans lequel des matelas avait également brulé la veille, ont répondus en criant liberté. Quelques minutes après les personnes en contact avec l’intérieur ont eut plus de détails sur ce qu’il s’est passé pour les retenus depuis l’incendie.

Une trentaine de prisonniers du CRA 2A ont été emmenés passer la nuit de l’incendie (nuit du mardi 4) dans un comico vu que les chambres étaient inutilisables. Hier soir (le mercredi 5) ils sont rentrés, sans visiblement que personne n’ait été placé à GAV (info en cours de vérification), mais une enquête est en cours. Certains ont été transférés au CRA 1 où ils sont maintenant encore plus nombreux par chambre ; d’autres au CRA 2B où certains sont obligés de dormir sur des matelas brûlés ; et encore d’autres au CRA de Palaiseau ou du Mesnil-Amelot.
Pour montrer notre solidarité avec les prisonniers : les numéros de cabines de ces différents CRA.

Bonne nouvelle : Le bâtiment 2A est réellement rendu inutilisable, il faut dire que depuis l’extérieur on peut voir que les fenêtres ont volé en éclats et que le toit est dans un sale état ! Il y a eu des libérations du fait de l’incendie, apparemment au moins 14 !

 

4 février

Après plusieurs jours de luttes et de répression violente, ce soir 4 février des prisonniers ont appelé pour raconter que des incendies sont en cours dans deux batiments du CRA de Vincennes. Les batiments ont été endommagés.

Tous les prisonniers sont dans la cours, encerclés par les keufs qui les empechent de bouger, en les laissant sous la pluie. Des prisonniers parlent d’une personne blessée mais les informations restent confuses.

Ne laissons pas les prisonniers isolés, soyons solidaires, soutenons les révoltes !

A bas les CRA !

 

Pour faire des parloirs avec les prisonniers, infos ici

Pour appeler les cabines :
Vincennes 1 : 01 45 18 59 70 – 01 45 18 12 40 – 01 45 18 02 50
Vincennes 2 : 01 48 93 69 47 – 01 48 93 69 62 – 01 48 93 90 42
Vincennes 3 : 01 48 93 99 80 – 01 43 76 50 87 – 01 48 93 91 12

Italie : révoltes et morts dans les prisons pour sans-papiers

Ces dernières semaines en Italie une vague de révoltes et évasions traverse les prisons pour sans papiers du nord au sud du pays. Voici quelques récits de résistance et répression qui nous sont arrivés de l’autre côté des Alpes, traduits et recoupés du blog hurriya.noblogs.org.

Turin

Depuis six mois désormais le CPR de Corso Brunelleschi à Turin n’arrête pas de brûler. Malgré la destruction de deux bâtiments l’administration du CPR a voulu garder un nombre élevé de détenus, à peu près cent, en utilisant la cantine comme chambre et entassant les gens les unes sur les autres. Dans la nuit du 5 janvier trois airs de la prison pour sans papiers ont pris feu, en laissant un seul bâtiment à l’abri des flammes. Les reclus sont sortis dans la court, entourés par la police, alors qu’à l’extérieur un groupe de personnes étaient venues porter leur solidarité en criant « Liberté » et « Feu aux CPR ». Face à la destruction des trois airs du CPR, l’administration a été obligée de libérer certains prisonniers, au moins six dont malheureusement une personne a été expulsée.

Après la révolte, les flics sont entrés dans le centre, ils ont tabassés les prisonniers et arrêtés sept personnes, qui ont été amenées à la prison de Le Vallette, toujours à Turin. Des sept, un a été renvoyé directe au CPR tandis que les autres sont passés en comparution immédiate. Le procès a été renvoyé en avril et ils ont été ensuite renvoyés au CPR, en isolement et sans téléphone.

Le 11 janvier un rassemblement en solidarité aux détenus a eu lieu devant le CPR, en même temps qu’un rassemblement à Rome devant le CPR de Ponte Galeria, et un à Gradisca. Après les premières interventions au micro, quelques détenus montent sur le toit du bâtiment bleu, le seul qui n’a pas été touché par les flammes. La situation reste tendue à l’intérieur, les prisonniers n’arrêtent pas de protester pour obtenir des matelas et des couvertures, vu qu’après l’incendie il ne reste plus que 30 places dans le centre, alors qu’il y a au moins 80 personnes détenues. Le rassemblement s’est terminé par un cortège deter de près de 150 solidaires qui a traversé le quartier et est revenu sous les murs du CPR pour crier « Liberté ! ».

Lundi 13 les flics sont rentrés dans le centre pour arreter 5 personnes accusés de resistance et dégradation, ils ont passé au tabac les gens, y en a deux avec mains et pieds cassés. Ceux qui étaient enfermés dans la zone verte qui a été détruite par la révolte ont été transferés dans la zone violet, qui a réouvert après la révolte du mois de novembre. Plus de dix personnes ont été expulsées. Avant de partir les flics ont pris les téléphones de gens pour empecher les détenus de communiquer avec l’extérieur. Evidemment les nombreuses vidéos et audios qui ont tourné depuis la révolte dérangent pas mal l’administration du centre gérée par Gepsa et les flics.Les arrestations, passages au tabac et saisies de téléphone montrent la volonté de la police et de la Questura d’empecher la communication avec l’extérieur et de faire sortir la verité sur ce qui se passe dans le centre. Entretemps les journaux font leur sale boulot en décrivant “les auteurs de la révolte” comme des monstres, radicalisés islamistes, pour empecher toute empatie et solidarité de l’extérieur et effacer les vraies raisons de leur resistance. À en rajouter une couche, l’hypothèse encore une fois que les révoltes ont été provoqués, ou encore mieux planifiées pour emprunter les mots des journalistes, par des membres de la “mouvance anarchiste”. Une hypothèse rassurante pour les institutions. Si cette hypothèse était vraie, il suffirait d’arreter, reprimer et isoler ces quelques agitateurs. Mais la réalité est bien différente, et ce qui ne peut pas etre caché derrière les murs des cpr c’est la determination et le courage de ceux et celles qui ont subit la detention et ont lutte contre ça pour regagner leur liberté.

 

Gradisca

Depuis le 16 décembre une nouvelle prison pour sans papiers a ouvert à Gradisca di Isonzo, à 40 km de Trieste. Il faut rappeler que ce centre avait fermé à la suite des révoltes contre les flics, des conditions invivables, et le meurtre d’état en 2013 d’Abdelmajid El Kodra. Le préfet avait donc présenté ce nouveau centre comme une « prison administrative à haute surveillance », avec un « système de vidéo-surveillance, avec plus de 200 cameras ».

Mais il est connu que la passion pour la liberté est plus fort de toute cage, et il a pas fallu beaucoup pour que des nouvelles résistances se mettent en place dans le CPR de Gradisca. Quelques jours après la fin de 2019, trois personnes se sont évadées, seulement une des trois a été retrouvée à Verone. Quelque cas d’automutilation a été signalé pour résister aux déportations.

Après le rassemblement du 11 janvier, une révolte a éclaté dans la nuit entre le 11 et le 12. Les militaires sont rentrés dans le centre, ils ont tabassé les détenus et ils ont pris les cartes sim de certaines de personnes qui avaient pu parler avec les solidaires pendant le rassemblement. La révolte a continuée, 8 personnes ont pu s’évader dont seulement trois ont été retrouvées. Les trois ont été passés au tabac par les flics, un d’entre eux a été amené à l’hôpital. Un jeune marocain a tenté le suicide mais ses codétenus ont pu l’empêcher. Dans la nuit du 13 janvier, les flammes étaient encore visibles, celles de matelas brûlés pour se réchauffer à l’intérieur.

Après la mort de Vakhtang Enukidze le 18 décembre plusieurs révoltes ont eu lieu dans le centre de rétention. La répression des flics n’a pas tardé à se manifester : les téléphones ont été confisqués soi disant « aux fins de l’enquête » et les trois personnes qui dormaient dans la même chambre de Vakhtang et qui étaient prêtes à témoigner ont été déportées en Egypte. Tout cela est fait pour empêcher les prisonniers de communiquer avec l’extérieur et de raconter la vérité sur la mort de Vakhtang.

Entre-temps, la presse joue le jeu des institutions. D’abord les journaux parlaient d’une bagarre entre détenus suite à laquelle Vakhtang serait mort, maintenant ils décrivent le groupe des personnes solidaires avec les prisonniers comme des ultras qui incitent à la révolte les personnes à l’intérieur du centre. Comme s’ils avaient besoin d’être incités pour se révolter contre la cage où ils sont enfermés.

Un appel à une semaine d’action contre les CPR et pour la mort de Vakhtang a été lancé par les personnes solidaires de l’assemblée contre les CPR de Trieste (il est en cours de traduction).

Macomer (Sardaigne)

Un nouveau CPR vient d’ouvrir le 20 janvier dernier. La structure est une ancienne prison. Les deux  questure de Cagliari et Nuoro sont en train de gérer les transferts, le centre commence à se remplir. Le gérant est la boîte suisse Ors.

 

Caltanissetta (Sicile)

Après la mort de Aymen Mekni le 12 janvier dernier une révolte et un incendie ont éclatés dans le centre. L’autopsie n’a toujours pas donné de résultats (on dit qu’ils seront disponibles dans un mois) et le corps a été rendu à la famille. L’État cherche à accélérer les déportations pour éviter d’éventuels témoignages contre les flics.

Lundi 20 janvier un fonctionnaire de l’ambassade du Gambia est arrivé au centre pour la procédure de rapatriement de 5 détenus gambiens. Les 5 ont résisté, en lançant des objets et du mobilier. Vingt flics en tenue anti-émeute les ont ensuite forcé à se soumettre à l’audition avec le fonctionnaire.

Vendredi 17 janvier un député de gauche a visité le centre, et il a demandé la fermeture du centre « du moins jusqu’au moment où seront faits tous les travaux nécessaires à améliorer la structure ». Comme d’habitude, la gauche institutionnelle approuve ces prisons, pourvu qu’elles soient plus « aptes »… Samedi dernier un rassemblement avait eu lieu devant le centre, organisé par le réseau antiraciste de Catane.
Les dommages provoqués dans ce centre par les révoltes de janvier et de septembre et octobre 2019 sont encore bien visibles. La plupart des fenêtres, murs, mobilier et toilettes ont été détruits, et un appel à offre a été lancé pour les travaux de renouvellement et élargissement, pour un total de 852.000 euros, qui sera ouvert jusqu’au 30 janvier 2020. Le but est de passer de 96 places officielles à 144. À cause des incendies, certains airs sont maintenant inaccessibles, les places ont été réduites à 72 et en ce moment y a environ 70 personnes enfermées, dont certaines sont obligées à dormir dans les locaux de la cantine.

 

Trapani et Caltanissetta (Sicile)

Début 2020 une révolte a éclaté au centre de rétention de Trapani, où a été transférée une partie de détenus du CPR de Turin après une révolte au mois de novembre. Trois bâtiments ont pris feu, et une partie de la prison reste inutilisable.

Le 12 janvier au matin, un détenu de 34 ans d’origine tunisienne, M.A., a été retrouvé mort dans son lit dans le CPR de Caltanissetta. Ses codétenus ont exprimé leur rage en détruisant la cellule et le reste du bâtiment. Les prisonniers ont été forcés par les flics à dormir à l’extérieur, sans couvertures, et ils ont refusé de manger. Le lendemain, au petit matin, la police est rentrée dans le centre et a arrêté trois personnes. À présent on sait pas où ils ont été amenés.

Le récit d’une personne détenue dans cette prison :

« Il avait 34 ans, il était né le 1 février 1986. Hier au matin, vers 8h, on nous a prévenu qu’il était mort dans sa chambre, mais dans cette chambre il n’y avait pas de chauffage, il faisait très froid. Ils ont essayé de le bouger, il y avait du sang sur sa bouche, on ne sait pas quel était le problème pour lequel il est mort. C’était ça notre rage. Et donc on a protesté, on a brûlé sa chambre, après on a manifesté dans le centre. Hier on a dormis à l’extérieur, avec le froid qu’il fait. Hier on a tous manifesté, à midi on a refusé de manger, à cause de notre rage. Ce matin on était fatigués quand on s’est réveillés, certains ont dormis à l’extérieur, d’autres dans un trou de chambre où il n’y a ni porte ni fenêtre, avec cette peine. À 7h la police est rentrée là où on dormais, ils ont amené une ou deux personnes à l’extérieur, je ne sais pas où ils les ont amenés, si en prison ou s’ils les ont expulsés. Nous demandons la fermeture du centre, parce que les conditions sont très mauvaises, on ne peut pas mettre des personnes normales dans ces conditions, dormir comme ça, la bouffe est dégueulasse. L’infirmerie est nulle, si t’as mal à la tête ils te donnent le même médoc, si t’es enrhumé ils te donnent le même médoc. Certains disent qu’ils mettent des choses dans la bouffe, on en sait rien, mais certains soupçonnent ça, quand on mange, certains vont tout le temps aux chiottes, les autres sont fatigués et ils ont sommeils. »

L’administration a évidemment minimisé, disant qu’il s’agit d’une mort pour causes naturelles et que l’incendie n’a pas causé trop de dégâts, mais les détenus ont été obligés de dormir à l’extérieur. Les morts d’état comme celle de M.A. sont cachées par l’administration, seulement la voix des personnes enfermées peut faire sortir la vérité, comme ça a été le cas pour Sahid, tué en juillet 2019 dans le CPR de Turin, ou encore de Harry en juin 2019 à Brindisi et Natalia dans la section pour femmes du CPR de Ponte Galeria à Rome, en novembre 2018.

“Ils ont commencé à mettre le feu un peu partout dans Mesnil-Amelot”: Révolte du 6 décembre au CRA3

 

“Ils ont commencé à mettre le feu un peu partout dans Mesnil-Amelot

 
Le vendredi 6 décembre des prisonniers de la prison pour étrangers du Mesnil-Amelot se révoltent et foutent le feu a trois batîments.
 
Pour info: Mesnil-Amelot c’est une prison dans le 77 a dix minutes en bus de l’aéroport CDG. Dedans y a deux cra: le CRA2 et le CRA3, c’est aussi la seule prison d’IDF où l’état peut enfermer des meufs et des enfants.
La prison est collé à une caserne de CRS et à une annexe du TGI (Tribunal de grande instance) construite pour juger à la chaine et plus rapidement les sans papiers enfermé.e.s à Mesnil-Amelot.
 
Le 9 octobre c’était des prisonniers du CRA2 qui avaient foutu le feu à trois batiments. Les keufs étaient intervenu trop rapidement et les bâtiments n’étaient pas assez détruit. La pref a donc continué a y enfermer des prisonniers en attendant les travaux (qui se sont terminé le week-end dernier).
Cette fois çi des prisonniers du CRA3 disent qu’au moins un des bâtiments était temporairement inutilisable, que deux autres enfermaient moins de monde. 
En deux mois les capacités d’enfermement du CRA ont été diminué par les prisonniers en lutte, force à eux face à la répression qu’ils vivent. On n’a pas réussi à savoir si d’autres prisonniers ont été poursuivi ou condamné suite à l’incendie.  
On relaye ici un témoignage d’un prisonnier enfermé dans cette prison, puis transféré suite à l’incendie.
 
 
 
 
Tu peux raconter un peu avant l’incendie déjà ?
 
Avant l’incendie, deux trois jours, un mec il s’est évade. Ils l’ont attrapé loin du cra. 
Après deux trois jours vers 10h du matin truc comme ça, ils ont commencé à mettre le feu un peu partout dans Mesnil-Amelot. Ils ont commencé bat 6 puis bâtiment 3 puis bâtiment 8 après un peu partout. Après est venu les pompiers, un peu pompiers un peu jsais pas les secours. 
Après vazy moi ils nous ont fouillé, ils ont fermé les bâtiments. Ils nous ont laissé dans la promenade presque toute la journée, en plus il pleut vendredi dernier il pleut beaucoup.
Ils nous ont laissé toute la journée dehors après moi je suis partit dans un autre bâtiment. 
J’ai reste avec mes amis, j’étais posé avec mes amis après ils sont venu une vingtaine de keufs de policiers une vingtaine ou une trentaine ils m’ont pris « Viens ! Le chef  il veut te voir !». J’ai dit pourquoi, ils m’ont dit « On sait pas prends tes affaires ».
 Moi j’ai pas pris toutes mes affaires parce que dans ma tête j’allais revenir. Je suis partit avec eux. Fouille a poil, j’avais rien sur moi . Direct ils m’ont mis les menottes ils ont serre bien fort les menottes et ils m’ont mis en garde-a-vue direct. En garde-a-vue ils m’ont montré des photos de moi : j’étais loin de l’incendie. J’ai rien à me reprocher avec l’incendie ils l’ont vu dans les caméras. Quand ils ont fait le feu juste moi j’étais a côté mais j’ai rien avoir avec l’incendie. 
Après ils m’ont transféré au centre de Plaisir. J’ai fait 24 heures de garde-a-vue pour rien.Après ils m’ont ramené à Plaisir. Et depuis que je suis a Plaisir je commence à craquer, parce que là les policiers ils me voient comme un criminel je sais pas quoi. Ils me parlent mal, toujours ils mfont attention à moi, toujours ils me laissent pas dormir. Chaque fois le soir ils me surveillent jsais pas pourquoi j’ai rien fait moi. Jsais l’incendie ca coûte quoi.
 
L’incendie il y a eu lieu quand ?
 
Le matin vers 10h30. Ouai en garde-a-vue ils m’ont dit a partir de 10h30 que ça commence l’incendie.
 
Au début ce que t’expliquais c’est que 3 jours avant y a le gars qui s’est fait peter pour l’évasion donc il devait être un peu vener les keufs.
 
Ouai ils l’ont pris un peu loin du cra il s’est evadé vers 3h du matin un truc comme ça.
La bas il nous traitent comme des chiens pas comme des humains, on est des humains comme eux mais ils nous traitent comme 
On est la juste sans papier c’est tout. Moi avant j’avais travaillé et je travaillais j’avais pas beaucoup de problème. 
 
T’as pas été tout seul à être mis en gav ?
 
Oui j’étais pas tout seul y avait 4-5 mecs. Y en a ils ont ramené au CRA de Mesnil Amelot, y en a ils ont été relâché 4 ou 5 mecs  y a quelques jours, d’autres qu’ils ont transférés dans d’autres CRA.
Moi je parle avec mes gars au Mesnil amelot pour mes affaires (qui sont toujours la bas), il me dit ils ont relâché un tel un tel. 
Moi j’ai balancé personne, j’ai pas vu les gens qui ont mis le feu je peux pas dire de noms. 
Moi ils m’ont transféré ici je suis trop trop loin de chez mes amis. Mes amis ils peuvent pas venir me voir parce que la plupart ils habitent a Panam ou dans le 93 juste à côté. Quand j’étais a Mesnil tous les trois jours j’avais une visite, depuis que je suis la j’ai même pas de visite je suis comme un chien. En plus j’ai laissé mes trucs la bas personne veut me récupérer mes trucs :ni la cimade, ni la policier, ni le greffe, ni la sociale personne. Ils m’ont dit juste tu vas parler avec le chef après ils m’ont envoyé en garde-a-vue. J’ai laissé mes affaires la bas.
 
France terre d’asile ils disent quoi ?
 
J’ai demandé pour recuperer mes affaires que j’ai laissé a Mesnil-amelot, ils me disent envoie ton pote qu’il récupère ca. Sinon ils vont appeler le chef et il va voir. Ca fait presqu’une semaine que je suis la, depuis samedi (on est vendredi). Va voir avec le chef, va voir avec la Cimade, va voir avec la sociale c’est pas notre boulot. Peut être ils vont m’envoyer dans mon pays et j’ai pas toutes mes affaires.
C’est ça ils respectent personne. La bas ils nous envoient tout le temps chier vie de ma mere, même quand on mange ils nous parlent mal comme des chiens.
 
A Plaisir y a de la solidarité entre prisonnier ?
 
Ca va un peu ça va y avait une vingtaine de personne, y a pas beaucoup de gens on dirait qu’on est en prison pas en centre de rétention. On est dans un petit couloir fermé toute la journée et là haut y à une petite promenade . On peut pas fumer le soir moi j’arrive pas à dormir le soir je suis trop stressé j’arrive pas à dormir le soir.. laisse tomber. Je suis pas bien depuis que je suis la. J’ai demandé transfert.
 
Ils disent quoi du coup ?
 
Ils me disent on va voir le chef, on va voir. Jsais pas quoi faire. Moi faut que je fasse quoi ? Jtape quelqu’un ou un keuf pour qu’on me transfère ?
Je parlais avec eux, je commence à devenir fou. Je suis pas bien, on est enfermé.
 En plus il nous prenne la télécommande on peut pas changer. C’est les keufs qui ont la télécommande. On demande il vient avec nous il vient il change après il récupère la télécommande. 
J’ai demandé « Pourquoi? » on m’a dit : « Ouai sinon les gens ils récupèrent la télécommande en cellule ». Y a pas de télé en cellule.. personne va prendre la télécommande.
 
En plus depuis que je suis la que ils me surveillent ils me surveillent. Je comprends pas pourquoi, jsuis pas criminel. j’ai rien a voir avec l’incendie. En plus eux ils sont au courant. Si ils avaient pu prouver pour l’incendie je serai pas la je serai en prison. 
 
Tu trouves qu’ils te mettent la pression plus à toi qu’à d’autres?
 
Que moi que moi. Même tout le monde me dit ça. Wesh ils font quoi dans ta cellule. Tout a l’heure je jouais au domino avec des potes deux keufs ils rentrent dans ma cellule. Après je sors un ami viens me voir et me dis regarde ils sont dans ta cellule. Je vais les voir je leurs dit y a quoi, ils me disent « Non non il manquait juste un truc ».
 
A plaisir y a aussi plein de gens qui ont des problèmes de manque de soins
 
De manque de soin ? Moi j’avais une ordonnance, on me donne pas mon traitement je sais pas pourquoi. Je suis tellement stressé je vais craquer. Je lui ai dit ce matin, je me gratte les pieds je vais craquer. Elle me dit peut etre c’est le chauffage. Elle se fout de ma gueule.
 
C’est l’infirmière qui te dit ça ?
 
Peut être j’ai la gale ou je sais pas. Y a beaucoup de gens a qui je serre la main.
Même a plaisir on est pas bien. On mange pas bien. Moi des fois je mange pas de toute la journée, j’ai maigri de 9kg, j’ai perdu 9kg depusi que je suis au centre de rétention.
 
Ca fait combien de temps ?
 
Ca fait depuis le 2 novembre. C’est trop. Comme la dernière fois je dis a un policier : « C’est quoi cette gamelle ? C’est quoi ce manger ? Nous on mange pas ca c’est trop ». Il me dit « Même nous on mange ça ». Alors il se fout de notre gueule ou quoi ? Les keufs qui mangent la gamelle c’est des clochards, des vrai clochards. 
 
T’es pas obligé de répondre, mais tu peux expliquer comment arriver au CRA ?
 
Y en a ils sont dehors ils se font peter direct. Y en a un il est sortit du travail, direct il est tombé sur les keufs. Il leur a filé son aide médicale ils lui ont dit non pas ça des vrais papier. Il a dit j’ai pas, ils l’ont amené direct en gav puis ici. Il avait rien sur lui, et après 24h de GAV ils l’ont ramené.
 
Nous on est pas des criminels on a rien fait. Les voleurs il les relâche.
 
Je crois pas quand tu vois les consignes de la pref pour les sortant de prison. Le probleme c’est pas ce que t’as fait mais qui t’es. C’est ça leurs delire, moi jsuis pas d’accord avec ça hein
 
Personne n’est d’accord avec ça ! Moi je te dis la vérité, moi ils m’ont ramené de prison direct. J’étais en prison.A ma fin de peine ils m’ont ramené direct. Mais je veux pas trop en parler parce que sinon ils vont parler que de ça. Alors qu’y en a plein de gens qui sortent juste du taf.
 
Ouai après la double peine c’est chaud quand meme !
 
Ouai en plus je vais te dire un truc fréro, j’étais en prison depuis juillet dernier. Depuis 2018 j’ai fait 15 mois à Meaux-Chauconin. Au mois de mars ils m’ont envoyé un quitter le territoire nanana. Normalement ils préparent le laisser passer, je sors ils me renvoient direct. La depuis jusqu’à maintenant j’ai toujours pas de laisser passer.
 
Donc ca fait un ans et quelques mois que t’es enfermé ?
 
J’ai fait 15 mois. Je suis sortir le 2 novembre.  Quand je suis sortit ils m’ont envoyé direct ici.
2015-2017 j’étais a Nanterre.Après ils m’ont relâché pour une erreur judiciaire. Après je suis partit voir la SPIP, elle m’ a dit toi normalement tu devrais être en prison. Elle m’a dit t’as des affaires encore. Après ils m’ont pété. Ils m’ont ramené a Meaux-Chauconin.
 
T’as vu le consulat quand t’étais en prison ?
 
Ouai ouai je l’ai vu deux fois. Mais j’ai refusé de parler avec lui. Mais tu vois la juge elle m’a remis 30 jours en me disant ouai t’as refusé le consulat. Mais a l’époque j’étais en prison pas au cra !
En plus ils m’ont mis un vol le 21 ou le 22 novembre et j’ai pas de laisser passer. Y avait deux trois erreurs dans mon dossier. C’est pour ça je voulais récuperer mes dossiers au Mesnil-Amelot.
J’ai la haine frère j’ai la haine.
On est venu ici pour vivre pour travailler c’est pas pour je sais pas quoi.
 
 
Je sais pas si tu sais mais ça a brûlé au CRA2 au Menil Amelot y a quelques semaines…
 
Moi j’étais pas la bas encore c’était y a un mois un mois et demi. Mais y a un mec avec nous il était la bas au CRA2 mais pas au même moment. Il a fait trois mois a Mesnil, il a fait 4 mois de prison pour avoir refusé de donner ses empreintes. Et la il est la.
 
Y a quelque chose que t’aimerais rajouter ?
 
Je veux qu’on me transfère vers Panam. Je suis pas bien, je suis pas dans ma tete. Allez merci bon courage frère !
 

Témoignage d’un prisonnier du Mesnil-Amelot après l’incendie

Témoignage sonore d’un copain emprisonné dans le CRA de Mesnil-Amelot, pendant l’émission Actualité des luttes de mercredi 30 octobre.

On parle des conditions de vie et d’enfermement dans le centre, de l’incendie de lundi dernier et de la répression qui a suivi…

LES CENTRES DE RÉTENTION

Révolte au CRA2 du Mesnil-Amelot: 3 batiments en feu hier soir !

La prison pour sans papier du Mesnil-Amelot (77) est juste à côté de l’aéroport CDG. Y sont enfermé plus de 230 prisonnier.e.s et c’est aussi la seule prison en IDF pour femme sans papier. Depuis la création de ce blog en novembre dernier, on a souvent relayé des luttes collectives, des révoltes qui y ont eu lieu. Mais aussi les violences policières, les expulsions cachées et violentes, le racisme des keufs..

C’est au moins la troisième fois cette année que des prisonniers du CRA2 essayent de mettre à mal la machine à expulser en tentant de brûler des cellules.

Ce lundi 28 octobre en début de soirée, dans trois batiments (le 9, le 10 et le 11) des feux se déclenchent. Le batiment 10 est le plus touché.

Les pompiers interviennent (trop) rapidement et jugent qu’on peut continuer à y enfermer des personnes sans danger pour la santé. Résultat les prisonniers des batiments concernés se retrouvent à dormir dans ces mêmes cellules qui ont brulés, sans matelas ni draps.

La répression à déjà commencé:  deux prisonniers ont été amenés à l’isolement (et peut être en garde-à-vue). L’un deux a été reconnu par un keuf du CRA parce qu’il l’avait déjà tapé l’année dernière.

Un prisonnier fait savoir que: “Aujourd’hui les keufs sont chaud chaud. Ils cherchent qui c’est. Mais ils savent pas La direction du CRA a dit jusqu’à jeudi pour le nettoyage. Mais rien a commencé. Pas de shampoing de gel douche ajd c’est pour la punition. Alors qu’hier y avait déjà pas de shampoing, alors qu’y avait pas eu de feux.”

Des nouvelles bientôt.

Pour rappel: ce dimanche dans la soirée, une cellule à brûlé aussi au centre de rétention de Plaisir dans le 78.

Force et solidarité avec tou.te.s les prisonnièr.e.s !

Pour s’organiser en IDF en solidarité avec les prisonnièr.e.s en CRA : RDV tous les mercredi a 18h au CICP (21 ter rue Voltaire, métro Rue des boulets sur la ligne 9)

Révolte vendredi dans le CPR de Roma !

On traduit ici deux extraits de communiqués trouvés sur https://hurriya.noblogs.org/ autour de la révolte de vendredi dernier dans le CRA de Roma, Italie.

Vendredi 20 septembre, les hommes détenus au CRA (CPR en italien) de Ponte Galeria ont commencé une révolte pour protester contre l’expulsion de certains prisonniers ; des matelas ont été brûlés et les flammes ont concerné 4 des six sections dans lesquels la prison est divisée. Certaines zones ont été probablement condamnées suit à ça, au point d’obliger le gérant du centre à transférer une dizaine de personnes à l’intérieur de la section femmes du CPR. Les révoltés ont demandé de manière forte et déterminée de diffuser le plus possible ce qui était en train de se passer à l’intérieur des murs de la prison. À l’intérieur des CPR les contacts avec l’extérieur sont systématiquement entravés ; depuis que l’utilisation des téléphones a été interdite, faire savoir à celleux qui sont à l’extérieur ce qui se passe dans cette prison pour sans-papiers est devenu encore plus difficile.

À travers un communiqué du garant national des personnes privées de liberté (qui en réalité semble plutôt garantir le fonctionnement ordinaire des CPR et des déportations), on a plus d’information sur les conséquences de la révolte qui a eu lieu vendredi dernier.

« Les dégages ont été considérables : deux sections sont fortement endommagées et donc condamnées à cause de la prise de feu, alors que dans trois autres sections l’accès n’est pas possible que dans les salles pour la socialité. Les places de lit qui ne sont plus disponibles sont entre 16 et 20 au total ».

Grâce au courage des révoltés de Ponte Galeria, dans le CPR maintenant il y a moins de places pour renfermer les personnes arrêtées pendant les rafles.

Certaines personnes ont été transférées dans des sections du CPR non endommagées, d’autres dans un autre CPR (Palazzo San Gervasio, à Potenza), une prison oà les révoltes et les fuites sont fréquentes (la dernière il y a quelques jours).

Malheureusement au moins une dizaine de personnes ont été déportées en avion en Nigeria samedi matin, un deuxième vol après celui de vendredi matin de l’aéroport de Milan vers Lagos.

Ce n’est qu’en raison d’une manque d’attention et de solidarité pour les personnes renfermées dans les différents types de camps qu’on ne se rend pas compte de l’étendue des luttes quotidiennes à l’intérieur des centres de rétention. Cela amène beaucoup de gens à se demander encore « Pourquoi ils se sont révoltés ? », comme si la révolte était l’exception et non pas la règle, et la volonté de s’échapper e/ou détruire une prison avait besoin de raisons particulières.

 

 

Solidarité avec tou.te.s les prisonnièr.e.s !

Retour sur 4 jours de luttes a la prison de Vincennes !

Depuis lundi dernier, un mouvement collectif a lieu au CRA2B de Vincennes. S., enfermé là bas raconte ce qui s’y passe. Pour rappel depuis hier c’est à la prison pour sans-papier de Palaiseau qu’un mouvement collectif a commencé.

 

Ce lundi on est une trentaine à avoir refusé le repas ce midi. Trente cinq pour etre précis.

Le lundi soir on a mis tous les matelas dans la cour. Et on a pas dormi de la nuit. Tôt le matin ils sont venu pour un vol caché. Le gars ils l’ont tabassé devant nous. Alors y en a ils ont réagit. On s’est fait taper et tout. Dans la journée de mardi, on était de moins en moins nombreux dehors. Y avait plein de flics autour de nous avec des gazeuses.
Y a une personne qui est venu nous parler. Ils sont venu le deuxième jours. Ils sont repartit. Après ils venaient chaque cinq minutes pour des fouilles etc. On nous appelait pas pour le médecin et tout.. Maintenant ça c’est calmé avec eux.
Le gradé nous a demandé pourquoi on faisait ça. On leur a dit que c’était à cause des trois mois, que c’était trop pour les violences policières et tout. Ils nous ont dit que c’était pas de leurs ressort et ils sont repartit.
Les gens sont allé manger peu à peu tout seul parce qu’ils pouvaient plus tenir. Ils ont pas de parloir ni rien.”

Aujourd’hui on est le 18 juillet. On est encore sept en grève de la faim. Ca devient tendu. Hier j’ai perdu une dent, je sors la bouche en sang avec la dent dans la main pour demande avoir le docteur. On me dit “Ouai attends..” J’ai vu personne. En plus je suis tombé malade.

 

 

 

Des nouvelles du Palaiseau en lutte: “On est encore une dizaine à toujours être en grève de la faim. C’est pas tout le monde qui tient le coup”.

Des nouvelles du Mesnil en lutte: blocage de promenade et des prisonniers sur les toits

Ca fait plusieurs semaines que la situation est très tendu dans la prison pour étrangèr.e.s du Mesnil Amelot.  Cette semaine après plusieurs tentatives de suicides violemment reprimé, les prisonniers des deux centres du Mesnil (CRA2 et CRA3) ont lutté collectivement contre le racisme et la violence des keufs de la PAF.

Dans la foulée, la CIMADE (l’asso qui fait du soutien juridique dans le centre) a décidé d’exercer son droit de retrait pendant trois jours.

Avec des témoignages de 2 copains, S. et O., enfermé au CRA2 du Mesnil on revient sur ce qui s’est passé cette semaine. On continuera de relayer des infos dans les prochains jours.

Le 13 au soir une nouvelle commence à tourner: 

 La on est tous dans la cours avec toute nos affaires, ceux du bat 10,11 et 12 !

Le lendemain on prend des nouvelles:

Hier soir après avoir essayé de bloquer la cours on est rentré dans les batiments. A 22h40 ils ont amadoué tout le monde. Ils ont pris un gars du batiment 10 et ils lui ont donné une pétition à remplir.
Mais moi je pense qu’une pétition c’est pas une bonne idée.Y a le “représentant” du batiment 10 ils lui ont passé qu’à lui la pétition. Il faut tout écrire, qui on est, qu’est ce qu’on veut..
Obligé ils vont essayé d’avoir ou de trouver des lader et de les virer tout ça. Des gars vont prendre des vols c’est sûr. Cette pétition c’est eux qui ont dressé les règles..
On dirait un jeu et c’est eux qui contrôlent le jeu. C’est un délire.
Y a un keuf il dit c’est à cause de la cimade qu’ils sont passé à 3 mois de détention. La police dit ce qu’elle veut quoi..” S.

Ouai hier on est rentré au batiment. Le dernier mec avec sa femme ils l’ont poussé. Ils l’ont fait rentrer en agression alors qu’il voulait pas. Il était par terre, ils étaient 5 à le pousser.
Nous on était enfermé dans les bâtiments, on criait. Y avait sa femme devant qui était enceinte. Ils ont du les agresser pour les faire rentrer.

Tu peux revenir un peu sur ce qui c’est passé avant?

Ouai déjà y a eu le 9 juillet. Mardi c’était le 9 nan? Bref mardi aprem y en a 2 qui sont montés sur les toits du batiment 12 et l’autre sur les grilles. Ils en ont marre de ce qui se passe ici. Lui (celui des grilles) voulait être extradé en Belgique où il avait fait sa demande d’asile mais non eux ils veulent le renvoyer au Maroc. Lui il voulait pas y retorner. Il a parlé avec eux, mais personne nous écoute ici.. Après il a mis le barbelé autour du cou. Juste il n’en pouvait plus.
C’est d’autres prisonniers qui parlaient arabe qui l’ont calmé.

Les gars sur les toits ils voulaient juste pas rester 3 mois ici. 3 mois c’est trop. Y en a 2 qui ont été transferé dans d’autres CRA.

Y a un mec avec le SIDA ici, il est à l’isolement maintenant. Il s’est tapé avec un gars y avait plein de sang.. Personne n’a eu de test.. On peut rien faire ici. On est fait. Quand on a parlé des tests avec le chef, tu sais ce qu’il a dit? Il a dit ” Vous l’avez sucé? Vous l’avez baisé? Non bah c’est bon.. sinon vous l’avez ptet” Il a mal parlé parce qu’il était enervé. Hier ils l’ont ramené à l’infirmerie vite fait, puis remis à l’isolement.
Hier (le 13 juillet) ils ont voulu ouvrir les 3 batiments, mais on a pas voulu. Celui qui bouge trop ici c’est chaud. Y a un gars ils lui ont mis 2 vols en deux jours avec escorts !

Moi cette semaine j’ai très mal. J’ai fait la radio, ils m’ont dit c’est normal que j’aurai mal toute ma vie à la hanche. Et ils m’ont dit que c’était normal d’avoir mal comme ça, moi j’avais pas mal autant avant d’être en rétention.
Ils veulent me donner des médicaments genre calmant. Ca c’est trop, même si tu parles ils vont rien te donner.

O.

 

Au CRA3 ca bouge aussi ces 10 derniers jours: greve de la faim de 2 jours, banderole dans la promenade & tentative de blocage de promenade.

A Vincennes une nouvelle grève de la faim à commencé aujourd’hui au CRA2B.

Pour s’organiser en solidarité avec tou.tes les prisonnières: Assemblée contre les prisons pour étrangèr.e.s ce mercredi à 18h devant le CICP 21 ter Rue Voltaire, métro rue des boulets sur la ligne 9.

 

Incendie au centre de rétention du Mesnil-Amelot !

Les révoltes dans les centres de rétentions continuent ! Il y a plusieurs semaines les prisons pour étrangè.r.e.s de Oissel puis de Rennes étaient en partit détruit par des révoltes de prisonniers. En fin de semaine dernière c’est au CRA 2 du Mesnil Amelot qu’une autre révolte a eu lieu. Résultat: tout le batiment 9 du CRA2 à brûlé.

Samedi dernier, dans plusieurs villes en france (Sète, Marseille, Rennes, Toulouse et Paris) avaient lieu plusieurs rassemblement contre les centres de rétentions et en soutien aux prisonniers de Rennes incarcérés, accusés d’avoir été à l’origine de l’incendie qui a détruit la moitié du centre.

Depuis la préfecture s’active pour mettre en place la répression: déportation violente le lendemain matin de l’incendie, transferts dans d’autres centres de rétentions, GAV, menace de procès.

Des prisonniers racontent les dernières révoltes:

“C’était le soir vers vingt-trois heures à minuit. Tout le monde l’a vu. Ils ont été dans la salle de télé, ils ont mis des draps et des matelas. Certains ont voulu l’empêcher. Mais ils voulaient pas les écouter. Après on s’est éloigné et ça a pris feu. Plus tard les pompiers sont venu. Hier j’ai été placé en GAV, j’ai fait 3 ou 4h. Après ils m’ont transferé dans un autre centre”

 

Je vais te dire pourquoi ils ont fait ça. C’est parce qu’y a des civils qui parlent toujours mal, qui nous frappent.  Des fois ils viennent tôt le matin ils nous virent du batiment jusqu’à midi. Ils disent c’est pour le nettoyage, mais après ca pue les toilettes partout.. C’est le bordel faut y être pour y croire ! La nourriture.. La nourriture.. Chaque jours c’est du poisson. Y a un jours il était périmé le poisson. Même l’eau ici elle est dégueulasse. Elle est pas fraiche même avec le soleil. Des fois ont dehors ils viennent avec la voiture devant les grillages et ils allument les phrases. Pour le ptit dejeuner, tu te reveilles pas à 7h t’as le droit  à Rien.

Pour l’infirmerie, et la cimade des fois t’attends des heures au soleil. C’est pour ça qu’ils l’ont fait ! T’attends des heures au soleil et là on te dit “Bah non c’est fermé.”

Y en a eu un transferé au bled, 3 transferé dans des autres centres, 1 ou 2 autres transférés dans le cra 3 (parce qu’ici y a deux centres tu vois).”

 

“Avant cette révolte y avait eu d’autres luttes. Y en a eu une pendant une semaine, pendant le ramadan. Surtout chez les Marocains et les Algériens. Une semaine c’était chaud ! On voyait même pas le médecin, parce qu’ici ces des policiers pas des médecins.

Mais cette grève ça à servi à rien. Les policiers ils étaient plus violent, et c’était chaud pour rien. Ils ont rien laché en face, même pas sur la propreté des toilettes. Puis après l’incendie ils ont dispatché tout le bloc.

Y a même des palestiniens et des libanais ici. Alors qu’y a la guerre la bas,c ‘est chaud non?

C’est la suite de la colonisation. Après ils parlent droit de l’homme…

Y a eu une famille et des enfants. Les parents étaient handicapés. Ils les ont libérés mais bon quand même ils les ont enfermés dans un centre ! Pourquoi? Parce qu’ils n’avaient pas les bons papiers.

 

“Moi, après l’incendie ils m’ont amené à l’hôpital.. A cause de la fumée tu vois, quand tu respires la fumée c’est chaud. Au bout de 3 jours ils m’ont ramené au centre…”

 

Pour nous contacter pour soutenir la lutte à l’extérieur:

anticra@riseup.net

Une A.G a lieu le mercredi contre les centres de rétentions (prochains rdv bientôt affiché) en Ile de France