Des témoignages de Plaisir et Mesnil : à écouter et à lire

L’émission l’Actu des luttes sur FPP diffuse tous les jours de 12h30 à 13h30 des témoignages de luttes. Depuis plus d’un an, iels relayent régulièrement des paroles de prisonniers en centre de rétention.
Le 23 mars dans une émission contre toutes les prisons (taules comme centre de rétentions) iels ont relayé des témoignages de prisonniers des cra de Plaisir (78), et Mesnil-Amelot (77).
 
Pour écouter :
 
Voici la retranscription de l’émission :
 
  • Plaisir
Le centre de rétention de Plaisir est situé dans un commissariat. La préfecture peut y enfermer jusqu’à une vingtaine de prisonniers. Là bas les parloirs avaient été supprimé dès le vendredi 13 mars.  Les derniers prisonniers du centre ont été transférés il y a quelques jours a Mesnil-Amelot.
 
    “On va commencer déjà par le service minimum. Pour vous dire ici au cra de plaisir. Y a pas de service minimum. C’est à Y a pas d’infirmiere en ce moment là où je vous parle. Y a pas de medecin. Voila. Y a pas de visite. Ca veut dire quand ya pas de visite moi je vous explique: Y a des gens ici ils ont 23 ans de territoire, y a des gens ici qui ont 15 ans de territoire, qui ont 10 ans de territoire. qui sont des travailleursqui sont des pères de familles,  qui sont des enfants et des fils d’autres femmes dehors qui veulent juste prendre les nouvelles de leurs parents, ils arrivent pas.
 
Maintenant une chose qui me choque aujourd’hui. On nous dit que la France est en confinement. Les policiers ils rentrent chez eux ils font ce qu’ils veulent. Et nous on ne sait pas. Nous on ne connait pas leurs vie quotidienne. Ils viennent ils nous servent à manger. Ils nous donnent la gamelle. Sans masque ni (sans être) protéger. Ca veut dire que nous on est a l’abri de rien. Et quand on leur pose des questions. Ils sont pas capable de nous répondre. Parce qu’eux même, ils nous disent qu’ils ont pas la réponse. Ca veut dire que nous à ce jours pour vous dire nous on est livré à nous même. Y a des gens malade ici.Je vous affirme qu’il y a des gens malade ici. Ca fait des jours qu’ils demandent juste à voir un médecin. Y a pas de médecin. C’est hier je crois. Y a une infirmière qui est venu au moins pour une heure. Je passe le collègue qu’elle a vu.”
 
“Personnellement je tousse. Par exemple on m’a emmené à l’hôpital où y a plein de microbes. Je suis partit la première fois elle m’a fait un radio elle m’a dit vs etes pas malade.ILs m’ont ramené ici. Après j’ai parlé avec les policiers : Y a pas de masques ! Monsieur y a pas de masques. On a pas de javel. Ca se peut c’est eux qui sont malade. 
    Comment ca on est enfermé. Y a pas  de javel.Y a pas de gants. Les policiers ils viennent ils se servent. Attends Ils nous parlent face à face.Ca se peut lui il est malade. Moi je suis père de 4 enfants. Le monsieur qui t’a parlé il a 2 enfant.Sa fille elle a 18 ans. Nous on crève, on a pas le droit de l’eau, on a pas le droit d ela monnaie. On a le droit de rien du tout. Y a des gens ils vont foutre le feu. Y a un monsieur il a dit “Moi j’en ai marre. Je vais me suicider.” Ramenez nous à l’hôpital. Ramenez nous des médecins. Ici on est 2 par cellules. Les douches sont pas du tout lavé. 
 
   Radio : Ca fait combien de temps qu’y a plus de parloirs à Plaisir?
 
  “Depuis vendredi y a pas de parloirs.”
Radio : L’association dans le centre de rétention est pas là j’imagine?
 
 “Y a pas de France terre d’Asile. C’est fermé.”
   (…)
 Radio: Ils ont mis des gens à l’isolement récemment?
 
“Ah bien sur. Tous les jours. Parce que pour vous dire parce qu’on a pas le droit de revendiquer quelque chose. Si tu le revendique quelque chose d’une manière ou d’une autre. Ils sont près à la guerre avec nous. Tu revendiques d’une manière ou d’une autre tu vas tout de suite à l’isolement. Et comme le frère qui avait commencé la grève de faim. Comme qu’ils savaient qu’ils pouvaient rien faire contre lui. Ils l’ont chargé de près. Ils l’ont changé de centre. Ils lui ont fait un transfert. C’est à dire on refile la patate chaude. (…) C’est à dire parce que le mec il avait revendiqué son propre droit. Ici en fait faut fermer sa gueule, faut manger et tu te tais. Tu revendiques un truc et on t’envoie au mitard.”
 
  • Mesnil Amelot
A Mesnil-Amelot, prison pour sans papier dans le 77 a côté de l’aéroport de Roissy, des prisonniers racontent l’ambiance dans le CRA pendant la grève de la faim qui a commencé le 16 mars

Au CRA2 oui.. Batiment 10. Il y a une grève de faim depuis deux jous déjà. Meme les machines et les distributeurs de chocolats et la machine de café ça fonctionne plus. On a plus de droits. Et aussi côté sanitaire on a pas de savon on a aps de gel liquide on a pas d’alcool pour nous  nettoyer.

Et en plus on se partage les toilettes. Y a deux toilettes par batiments pour 20 personnes. Ca veut dire chaque 10 personnes utilise les memes toilettes. Et on a pas. On a rien en fait .Meme pour les bouteilles pour boire en fait. On a pas de gobelets.Chaque 4 personnes partage une meme bouteille. C’est la galère. Hier y avait pas de ménage. (…) Y a pas de vol. Pourquoi on est là?” 

Les prisonniers de Mesnil-Amelot qui témoignent dans cette émission ont été libéré depuis. D’autres prisonniers, principalement des sortants de prisons étrangers, sont venu les remplacer à Mesnil-Amelot. 

Hier, le lundi 30 mars, les prisonniers du batiment 9, 10 et la majorité du batiment 11 se sont mis en grève de la faim pour réclamer leurs libération immédiate et la fermeture du centre. Besoin de solidarité !