Enfermer, enfermer toujours… la situation dans les CRA au 10 avril

L’état d’urgence en cours semble avoir tout changé : le confinement, la militarisation totale des villes, les frontières fermées… et pourtant, cette situation inédite permet aussi de voir plus clairement tout un tas de choses sur le fonctionnement “normal” du système de domination et d’exploitation dans lequel on vit. Les centres de rétention administrative en sont un bon exemple.
 
La machine à expulser n’arrive plus à expulser comme elle le voudrait, et les CRA montrent leur vrai visage : celui de la prison pure et simple, pour enfermer les personnes qui n’ont pas les bons papiers. Peu importe si les sans-papiers ne peuvent pas être déport·e·s, si le fait de les entasser dans des cellules augmente le risque qu’iels chopent le virus, s’iels sont encore plus isolé·e·s que d’habitude, dans des conditions qui étaient déjà merdiques et dangereuses. Il faut continuer à enfermer, tant pis pour elleux s’iels crèvent. Les CRA, servent à punir les sans-pap, à leur faire peur, à les humilier, à les torturer. Si la plupart de ces taules pour sans-papiers sont actuellement fermées, d’autres continuent de fonctionner malgré la pandémie. C’est une manière pour l’état, les tribunaux, les flics et les préfectures de dire : “Vos vies valent moins que rien”. Virus ou pas, le racisme d’État fonctionne toujours très bien.
 
Les tribunaux continuent à faire ce qu’ils faisaient avant : empêcher les gens de sortir, renouveler la période d’enfermement pour un mois de plus. Les violences et les insultes de la part des flics sont toujours les mêmes. Pour le reste, la situation a empiré : depuis le début du confinement, les parloirs sont interdits, la bouffe et l’accès aux soins sont devenus encore plus pourris, les cellules et les salles communes sont hyper sales. Rien d’étonnant si certains prisonniers·ères ont chopé le virus. Le dernier, hier (9 avril) à Vincennes.
 
Le risque de contagion augmente la peur et la rage des prisonniers·ères. Des luttes éclatent :  les résistances face aux keufs sont quotidiennes, des mobilisations collectives revendiquent la libération de tout le monde et dénoncent les conditions sanitaires dégueulasses, des grèves de la faim sont lancées régulièrement, des témoignages et des communiqués sortent pour faire connaitre à l’extérieur ce qui se passe dans les centres.
 
Que faire pour les soutenir? Aujourd’hui, être solidaires avec les prisonniers·ères et lutter contre la machine à enfermer est encore plus difficile qu’avant. Appeler les cabines est toujours important. On peut aussi tenter d’autres petits gestes pour rappeler aux individus qui permettent aux CRA de continuer à fonctionner qu’on les aime pas, et pour essayer de les faire chier un peu. Par exemple, en continuant le mail bombing contre les préfecture
 
 
Sur le lien difficile avec l’extérieur : 
    
 Comme pour tous les lieux d’enfermements (EHPAD, HP, taules..), les parloirs sont fermés depuis le 17 mars. Depuis cette date, aucune intervention officielle n’a été faite sur les centres de rétention. Sans parloirs pas de possibilité de récuperer de l’argent pour cantiner (faire des achats type clope, crédit telephonique ou gateaux) et des habits (témoignages sur ça ici).
 
Les keufs de la PAF continuent d’essayer de briser les liens de solidarité, par exemple en transférant un prisonnier du CRA de Lille trop soutenu par sa famille ( qui apporte des affaires) dans un autre CRA très éloigné, ou encore, en réprimant encore plus les retenus du Mesnil-Amelot lorsqu’ils ont repérés qu’ils parlaient au téléphone avec des solidaires.
Dans beaucoup de CRA, les cabines sont hors-service ou les numéros invalides. Alors qu’il n’y a plus de visites possible, au CRA de Cornebarieu-Toulouse, par exemple, les prisonniers ont été regroupé dans le batiment dont la cabine ne fonctionne pas.
 
 
Sur la “Justice” 
    
Les possibilités de se défendre pour les prisonnier·e·s déjà quasi inexistante en temps normal se réduisent encore: dans la majorité des centres la préfecture à mis en place des jugements par visio-conférence, ce qui était déjà une tendance avant le confinement. Lors de ces audiences en visio, les prisonnier·e·s ne peuvent pas s’exprimer et ne peuvent pas échanger avec leurs avocat·e·s. 
À la prison du Mesnil-Amelot les jugements se font sur requête, sans la présence des prisonniers, qui n’ont aucune communication avec leurs avocat.e.s commis d’office en commun et qui ne sont informés que des dates de jugements puis du résultat au micro.
 
Certains CRA ont été vidés depuis le début du confinement, comme en ce moment à Metz, Bordeaux, Nimes, Nice, Strasbourg, Sète, Hendaye,  ou Marseille. Mais ils rouvrent parfois pour transférer des personnes sortantes de prison qui y sont enfermé·e·s pendant quelques jours avant d’être libérés avec assignation à résidence.
 
Dans les CRA qui restent ouverts, certains bâtiment fermés les semaines précédentes rouvrent : à Lille alors que la semaine dernière un seul bâtiment était ouvert, un deuxième l’a été il y a quelques jours et un troisième le sera bientôt. 
 
Il resterait plus de 170 prisonniers dans les CRA : une cinquantaine à Vincennes, une quarantaine à Mesnil-Amelot, une quarantaine à Lille, une dizaine à Oissel, 5 à Toulouse, une trentaine à Lyon.
 
Les associations qui font du soutien juridique dans ces prisons ont fait des vagues de DML (demande de mise en liberté) pour tous les prisonniers en s’appuyant à la fois sur la fermeture des frontières (et donc l’impossibilité d’expulser) et les conditions sanitaires. Dans les 10 premiers jours, les juges ont libérés massivement : il reste aujourd’hui 170 prisonniers contre plus de 1400 le 16 mars. 
 
Fin mars, ces mêmes associations font un reféré devant le Conseil d’Etat pour demander “la fermeture temporaire des CRA”, qui est rejeté le 27 mars. Depuis il y a de moins en moins de libérations, les juges considérant qu’il n’y a plus de risques de contamination dans les CRA parce qu’il y a moins de prisonnier.e.s enfermé.e.s. À  Vincennes l’asso à l’intérieur a fait une 2e vague de DML (Demande de Mise en Liberté)  massive mais tout a été rejeté et les recours aussi.  S’il y a eu des libérations et des prisons qui ont été vidées, les préfectures ont tenté de continuer à y enfermer un maximum de personnes et d’expulser tant que c’était possible.
 
La préfecture continue de maintenir des prisonnier.e.s enfermés plusieurs semaines avant le confinement et toujours pas libérés (la rétention maximale en France est de 90 jours),  mais aussi depuis des personnes qui sortent de prison ou encore des personnes arrêtées dans la rue suite à des contrôles, car le confinement a encore renforcé les contrôles d’identité et arrestations arbitraires.
 
Bref le CRA reprend son fonctionnement habituel. Certains CRA se remplissent meme ces derniers temps : au Mesnil-Amelot une dizaine de personne arrive chaque jour du coup le bâtiment 12 à été rouvert et ils sont maintenant de nouveaux à 3 ou 4 par chambre, à Vincennes chaque jour il y a, à nouveau, plus d’arrivées que de libérations.
 
Ce sont toujours les meme personnes qui subissent les contradictions d’un État raciste : à la fois obligées de travailler pendant cette période alors que la plupart de la population est confinée, et ciblées par les contrôles récurrents, par la répression  et par l’enfermement.
 
 
Sur les soins et l’hygiène
 
Comme on l’a déjà dit plus haut, les prisonniers-ères font déjà face en temps normal aux refus de soins voire à des ruptures de traitement, désormais c’est pire encore. Beaucoup de personnes enfermées en ce moment ont des états de santé considérés à risque (cancer, diabetes…) et ne bénéficient pourtant d’aucune protection particulière.
 
Actuellement au Mesnil-Amelot un retenu qui a la maladie de Charcot a été enfermé entrainant une interrupion brutale de ses traitements quotidiens. Il avait obtenu du juge une remise de peine pour ses 3 derniers mois de prison suite à un examen à l’hopital de Fresnes qui le jugeait particulièrement à risque en cas de contamination. Alors que des matons l’ont encouragé à appeler sa famille pour venir le chercher à la sortie, il se retrouve face aux flics de la PAF et transféré directement au CRA. A l’audience JLD (Juge des Libertés et de la Détention) il a été prolongé sous prétexte qu’il n’avait pas de certificat médical, audience à laquelle il n’était pas présent ni au teléphone ni en visioconférence. On développe ici un cas mais cette situation n’a rien d’une exception.
 
Les prisonniers enfermés n’ont pas accès à des tests mais pour autant sont prolongés car les juges considèrent qu’il n’y a pas de risque de contamination. C’est carrément du foutage de gueule : dans les CRA les mesures sanitaires ne sont pas respectées du tout.
Les conditions d’hygiène sont désastreuses, comme le confirment des photos sorties du CRA de Lille. Ou encore, à Oissel la semaine dernière tous les retenus étaient cloués au lit, sans aération des chambres, sans aucune protection, sans informations. 
 
Enfermer et laisser des gens enfermés dans ces prisons est, d’autant plus en ce moment d’épidémie, un choix politique : les préfectures et l’Etat ont décidé de “courir le risque” de laisser, et même faire, crever des sans-papiers. 
 
 
Luttes
 
Au CRA du Mesnil-Amelot, le 30 mars au matin quasi tous les retenus étaient en grève de la faim et ont écrit un communiqué qui appelle les journalistes et les gens à l’extérieur à se saisir de la question. Le lendemain (31.03) les prisonniers demandent aux associations de relayer un maximum leur communiqué, de contacter la préfecture pour exiger la fermeture du centre, de contacter des journalistes pour que les prisonniers soient entendus dehors. Le 2 avril certains retenus sont toujours en grève de la faim.
 
Dans le même temps à la prison pour sans papier de Lesquin vers Lille, la majorité des personnes enfermées vont se mettre en grève. Depuis rien a changé, toujours très peu de libérations et de plus en plus de personnes enfermées. Pas mal de retenus expriment un gros coup au moral, n’ont plus la de force pour lutter et perdent espoir. Ils expliquent que la solidarité entre prisonniers est mise à l’épreuve par la maladie, comme c’était le cas aussi à Oissel la semaine dernière alors que quasi tout le monde était malade. 
Le 9 avril quasiment tous les les prisonniers (34 sur 38) du centre de Lesquin se remettent en grève de la faim pour exiger des réponses de l’administration et que soient mis en place des mesures de prévention face au COVID, que les prisonniers puissent cantiner.
 
Hier, on a eu l’info qu’à Vincennes un prisonnier est malade et alors que les flics même ont été obligés de confirmer qu’il s’agissait du Covid19, il n’a pas été hospitalisé mais mis en isolement ! Enfermé depuis plus d’un mois, il a forcement été contaminé au centre. Les prisonniers du batiment 2A ont alors commencé à gueuler et à foutre un peu le bordel, suite à quoi ils ont reçu des masques. Ils refusent d’être mis dans des cellules individuelles comme les flics l’ont demandé : “maintenant c’est trop tard, pourquoi vous avez pas fait ça avant?”. Ils ont refusé collectivement de manger, ils paniquent et ils sont vénérs.
La quasi totalité des retenus du 2b ont refusé collectivement les masques ainsi que d’être divisés individuellement dans les chambres. Les prisonniers captent bien le foutage de gueule, que porter des masques n’auraient pas de sens parce que ça fait deux mois qu’ils sont enfermés ensemble sans aucune précaution. La seule possibilitée c’est la libération.
 
 
Alors que des solidarités se tissent à l’intérieur et les luttes continuent, le contact avec l’extérieur est désormais encore plus difficile et que le répression des flics est rendue encore plus invisible.
Même si on est confiné.e.s, soutenons-les !

 

Libération immédiate de tou·te·s les prisonniers·ères !
Virus ou pas, disparution des CRA !

La situation au CRA de Coquelles

Situation à Coquelles depuis le 17 mars
 
Le CRA de Coquelles, près de Calais, est une prison pour sans-papiers qui a une position particulière : situé à l’entrée du tunnel sous la Manche et pas loin de la Belgique, il sert aussi à renforcer l’arsenal de controle et de répression qui se déploie aux frontières de l’Etat français. Cela explique pourquoi depuis le début de l’épidemie, et après les premières libérations des prisonniers-ères dans les autres CRA, la gestion du CRA de Coquelles a été un peu différent par rapport à ailleurs…
 
EXPULSIONS À CALAIS : INFOS J+5 | Passeurs d'hospitalités
 
Le 17 mars à Coquelles les retenus étaient 65 au moment du confinement, pour 51 places (en cause des travaux réduisant de 28 le nombre de places disponibles). L’OFII, l’infirmerie ainsi que France Terre d’Asile ont alors fermé leurs permanences, tandis que les retenus se sont vus interdire leur droit aux visites et que la police empeche les retenus de se rendre eux-mêmes au greffe.
Le jour même une dizaine de personnes ont entamé une grève de la faim pour dénoncer le manque d’information et de mesures face à la pandémie. L’une des prisonniers a perdu connaissance après 48 heures, alors que d’autres ont été contraints de s’alimenter : « on ne nous donne plus nos médicaments si nous ne mangeons pas ».
 
Les retenus sont coupés du monde extérieur et pourtant depuis le 16 mars deux d’entre eux, d’origine congolaise et algérienne ont été déportés et ce malgré la fermeture des frontières de l’Algérie aux passagers des vols en provenance de la France.
Le service de nettoyage continue d’être effectué dans le centre avec son lot de mesures dérisoires comme la désinfection des poignées de porte. Dérisoires puisque malgré le confinement les retenus sont au moins quatre par chambre et dorment parfois sur des matelas à même le sol, faute de place.
Les repas continuent à êtres pris en commun et de nouvelles personnes continuent à arriver au CRA sans examens médicaux (16 entre le 14 et le 18 mars). Cette promiscuité est d’autant plus anxiogène pour les retenus que deux personnes retenus au centre ont été envoyées à l’hôpital car présentant les symptômes du COVID-19 : “on prends des risques tout le temps, même en décrochant le téléphone de la cabine je prends un risque”.
 
Les policiers aussi sont tendus et rechignent à s’approcher des retenus. France Terre d’Asile s’est employée à déposer des demande de mise en liberté auprès du juge des libertés et de la détention de Boulogne-sur-Mer. Une démarche qui s’est vue entravée par la commandante Laëtitia Bidoin qui a refusée de leur communiquer la liste des retenus présents dans le centre. Soi disant pour protéger les retenus et empecher qu’ils ne s’enfuient vers l’Angleterre.
Malgré cela le tribunal a examiné les demandes de mise en liberté les 19, 20 et 21 mars et toutes les demandes de mise en liberté ont été acceptées par le JLD. L’après-midi du 21 mars il ne reste plus que deux retenus dans le centres, transférés depuis une prison dans le centre, lesquels doivent passer devant le JLD demain selon l’administration du centre.
La préfecture s’est opposée par des ordonnances au verdict du JLD et le 19 mars la Cour d’Appel a considéré que le CRA constituait un lieu de confinnement convenable, néanmoins la décision du JLD a tout de meme été appliquée. En tout cas la préfecture a l’air de faire presque systématiquement appel des demandes de mise en liberté.
 
Ces derniers jours dans le centre de rétention de Coquelles il y avait encore une dizaine de retenus, pour la plupart sortant de prison Rappelons que l’État utilise de plus en plus le système carcéral pour garder à disposition les sans papiers à expulser. Jeudi dernier au moins une personne contrôlée sans-papiers à Calais a été transférée au CRA. Le 30 mars le CRA comptait huit retenus et pas d’expulsion depuis la semaine passée.
 
Malgré l’espace disponible les retenus ont été regroupés dans trois chambres du bâtiment de la zone 1 (tel cabine: 0321009155) et sont entre deux et trois par chambres, ce qui les prive d’un minimum d’intimité et de protection face au risque de contagion par le Covid-19. Les retenus ont été un peu plus isolés cette semaine puisque la seule cabine qui leur était accessible était en rade jusqu’à jeudi dernier et qu’aucun d’entre eux ne possède de téléphone.
En outre le CRA n’est plus alimenté en eau chaude, ce qui empêche les retenus de se doucher ou de laver leurs vêtements.
 
Entre une infrastructure insalubre et le manque d’accès aux soins la situation des retenus est de plus en plus précaire: “ici on est pas soignés, c’est pire qu’en prison, il y a un gars qui a la bouche gonflée et mal partout“.
La justice entrave encore un peu plus les demande de mise en liberté. Le JDL a arrêté de les examinées et exige dorénavant que les recours soient défendus verbalement. Or la grande majorité des retenus n’a pas d’avocat. Ils sont donc censés défendre eux-mêmes les arguments de demande de mise en liberté.
 
Les prisons pour sans-papiers ne sont pas vides.
A Coquelles et dans plein d’autres CRA il y a encore
des dizaines de prisonniers-ères.
Soyons solidaires avec elleux,
Ne les laissons pas isolé.e.s !

Madrid et Rome – Communiqué et mise à jour sur les CIE/CPR

On traduit et on relaie deux textes parus sur hurriya.noblogs.org sur la situation dans les prisons pour sans papiers en Espagne et en Italie

  • COMMUNIQUE DES PRISONNIERS DU CRA DE ALUCHE, MADRID

Voici le communiqué qui nous ont fait parvenir les rétenus du CIE de Aluche, Madrid, après la révolte du 17 mars.
Ne les laissons pas seuls, soyons solidaires avec eux !
Feux aux CIE !*

*Centro de Internamiento de Extranjeros

Aux juges, à la presse, aux journalistes, aux citoyen.ne.s de Madrid, par la présente nous vous informons de notre situation actuelle, aujourd’hui 17 mars 2020, dans un moment de pandémie mondiale.
Notre état de santé est en grand danger, parce qu’il y a beaucoup de détenus avec des symptômes de cette pandémie qu’on appelle Coronavirus. On est à risque, 145 prisonniers, et nous voulons souligner les points suivants :
1. La nourriture qu’on nous donne est préparée par des personnes qui rentrent chez eux comme si de rien n’était et qui reviennent dans cette structure, et donc qui nous exposent au Coronavirus. Si les bar, les resto sont fermés, pourquoi nous, qui sommes emprisonnés pour une raison administrative, nous devons nous exposer à ce risque ? Nous demandons le droit à l’égalité.
2. Il y a une pandémie et les policiers qui nous surveillent exercent leurs fonctions et changements d’équipes comme si de rien n’était, en rentrant tous les jours chez eux, et donc ils peuvent nous infecter.
3. Il y a un médecin qui nous a traité avec des antidouleurs mais beaucoup d’entre nous présentent des symptômes de cette maladie et nous n’avons pas été testés pour savoir si on a été contaminés.
4. De plus, le médecin rentre aussi chez lui comme si tout était normal, les infirmières aussi. Nous ne savons pas s’il ou elles travaillent dans d’autres institutions et le risque augmente davantage.
5. Nous demandons de l’aide immédiatement parce qu’on est des êtres humains et on nous traite comme des animaux.
6. On joint à ce communiqué les signatures de tous les détenus.
7. À partir de maintenant nous nous mettons en grève de la faim.

Voici une vidéo qui circule sur la lutte dans le CIE :

 

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  • NOUVELLES DEPUIS LE CPR DE PONTE GALERIA, ROME

Depuis l’intérieur on nous fait savoir que pour l’instant il n’y a pas de révoltes, les copines se sont confinées dans leurs chambres parce qu’elles ont peur d’être contaminées à cause du virus. Par contre elles nous racontent qu’il y a deux jours une femme tunisienne a avalé de la javel et elle a été amenée à l’hôpital. Elle n’est pas encore revenue au centre, on n’a pas de nouvelles d’elle.  Après cette histoire le Directeur du centre s’est adressé aux prisonnières, qui lui ont demandé des meilleures conditions de vie (nourriture, soins) et qui ont exprimé leurs craintes par rapport à la contagion, mais à ce qu’il paraît le Directeur a fait le sourd et il est parti en leur disant juste « je suis désolé ».
Il paraît que ces derniers jours aucune nouvelle personne est arrivée au centre, cependant on nous dit que hier deux hommes ont été amenés au centre, mais on n’a pas eu de nouvelles du bâtiment des hommes.
Par d’autres sources, on sait qu’il y a 30 femmes à l’intérieur du CPR, de différentes nationalités, dont 10 qui viennent du Maroc et de la Tunisie. Les entrées dans le CPR sont fermées pour l’instant, mais cependant on continue à donner des laissez-passer.
Ni les associations ni les avocats peuvent entre à Ponte Galeria. Les seuls qui sont autorisés à le faire sont la « communauté de Saint Egidio » ; les copines par contre nous disent que jusqu’à présent elles ont vu personne.

Le CRA de Vincennes brûle

MISE A JOUR/ 6 février

Attention suite à l’incendie du batiment 2A du CRA de Vincennes, les flics sont venus au petit matin chercher plusieurs prisonniers. Plusieurs d’entre eux sont en garde à vue. Certains au commissariat du 20e d’autres au commissariat du 12e.

Il y a un ressemblement en cours devant le commissariat du 12e pour soutenir un lycéen de paul Valéry en GAV. Au cours de ce rassemblement, quelqu’un a pris la parole pour parler des retenus de Vincennes.

Des papiers pour tout.es ou pas de papiers du tout !

MISE A JOUR / 5 février

Hier mercredi 5 février, suite à la destruction du Batiment 2A du CRA de Vincennes, une trentaine de personnes sont allées crier leur solidarité avec les prisonniers. Les retenus du bâtiment 2B, bâtiment dans lequel des matelas avait également brulé la veille, ont répondus en criant liberté. Quelques minutes après les personnes en contact avec l’intérieur ont eut plus de détails sur ce qu’il s’est passé pour les retenus depuis l’incendie.

Une trentaine de prisonniers du CRA 2A ont été emmenés passer la nuit de l’incendie (nuit du mardi 4) dans un comico vu que les chambres étaient inutilisables. Hier soir (le mercredi 5) ils sont rentrés, sans visiblement que personne n’ait été placé à GAV (info en cours de vérification), mais une enquête est en cours. Certains ont été transférés au CRA 1 où ils sont maintenant encore plus nombreux par chambre ; d’autres au CRA 2B où certains sont obligés de dormir sur des matelas brûlés ; et encore d’autres au CRA de Palaiseau ou du Mesnil-Amelot.
Pour montrer notre solidarité avec les prisonniers : les numéros de cabines de ces différents CRA.

Bonne nouvelle : Le bâtiment 2A est réellement rendu inutilisable, il faut dire que depuis l’extérieur on peut voir que les fenêtres ont volé en éclats et que le toit est dans un sale état ! Il y a eu des libérations du fait de l’incendie, apparemment au moins 14 !

 

4 février

Après plusieurs jours de luttes et de répression violente, ce soir 4 février des prisonniers ont appelé pour raconter que des incendies sont en cours dans deux batiments du CRA de Vincennes. Les batiments ont été endommagés.

Tous les prisonniers sont dans la cours, encerclés par les keufs qui les empechent de bouger, en les laissant sous la pluie. Des prisonniers parlent d’une personne blessée mais les informations restent confuses.

Ne laissons pas les prisonniers isolés, soyons solidaires, soutenons les révoltes !

A bas les CRA !

 

Pour faire des parloirs avec les prisonniers, infos ici

Pour appeler les cabines :
Vincennes 1 : 01 45 18 59 70 – 01 45 18 12 40 – 01 45 18 02 50
Vincennes 2 : 01 48 93 69 47 – 01 48 93 69 62 – 01 48 93 90 42
Vincennes 3 : 01 48 93 99 80 – 01 43 76 50 87 – 01 48 93 91 12

Italie : révoltes et morts dans les prisons pour sans-papiers

Ces dernières semaines en Italie une vague de révoltes et évasions traverse les prisons pour sans papiers du nord au sud du pays. Voici quelques récits de résistance et répression qui nous sont arrivés de l’autre côté des Alpes, traduits et recoupés du blog hurriya.noblogs.org.

Turin

Depuis six mois désormais le CPR de Corso Brunelleschi à Turin n’arrête pas de brûler. Malgré la destruction de deux bâtiments l’administration du CPR a voulu garder un nombre élevé de détenus, à peu près cent, en utilisant la cantine comme chambre et entassant les gens les unes sur les autres. Dans la nuit du 5 janvier trois airs de la prison pour sans papiers ont pris feu, en laissant un seul bâtiment à l’abri des flammes. Les reclus sont sortis dans la court, entourés par la police, alors qu’à l’extérieur un groupe de personnes étaient venues porter leur solidarité en criant « Liberté » et « Feu aux CPR ». Face à la destruction des trois airs du CPR, l’administration a été obligée de libérer certains prisonniers, au moins six dont malheureusement une personne a été expulsée.

Après la révolte, les flics sont entrés dans le centre, ils ont tabassés les prisonniers et arrêtés sept personnes, qui ont été amenées à la prison de Le Vallette, toujours à Turin. Des sept, un a été renvoyé directe au CPR tandis que les autres sont passés en comparution immédiate. Le procès a été renvoyé en avril et ils ont été ensuite renvoyés au CPR, en isolement et sans téléphone.

Le 11 janvier un rassemblement en solidarité aux détenus a eu lieu devant le CPR, en même temps qu’un rassemblement à Rome devant le CPR de Ponte Galeria, et un à Gradisca. Après les premières interventions au micro, quelques détenus montent sur le toit du bâtiment bleu, le seul qui n’a pas été touché par les flammes. La situation reste tendue à l’intérieur, les prisonniers n’arrêtent pas de protester pour obtenir des matelas et des couvertures, vu qu’après l’incendie il ne reste plus que 30 places dans le centre, alors qu’il y a au moins 80 personnes détenues. Le rassemblement s’est terminé par un cortège deter de près de 150 solidaires qui a traversé le quartier et est revenu sous les murs du CPR pour crier « Liberté ! ».

Lundi 13 les flics sont rentrés dans le centre pour arreter 5 personnes accusés de resistance et dégradation, ils ont passé au tabac les gens, y en a deux avec mains et pieds cassés. Ceux qui étaient enfermés dans la zone verte qui a été détruite par la révolte ont été transferés dans la zone violet, qui a réouvert après la révolte du mois de novembre. Plus de dix personnes ont été expulsées. Avant de partir les flics ont pris les téléphones de gens pour empecher les détenus de communiquer avec l’extérieur. Evidemment les nombreuses vidéos et audios qui ont tourné depuis la révolte dérangent pas mal l’administration du centre gérée par Gepsa et les flics.Les arrestations, passages au tabac et saisies de téléphone montrent la volonté de la police et de la Questura d’empecher la communication avec l’extérieur et de faire sortir la verité sur ce qui se passe dans le centre. Entretemps les journaux font leur sale boulot en décrivant “les auteurs de la révolte” comme des monstres, radicalisés islamistes, pour empecher toute empatie et solidarité de l’extérieur et effacer les vraies raisons de leur resistance. À en rajouter une couche, l’hypothèse encore une fois que les révoltes ont été provoqués, ou encore mieux planifiées pour emprunter les mots des journalistes, par des membres de la “mouvance anarchiste”. Une hypothèse rassurante pour les institutions. Si cette hypothèse était vraie, il suffirait d’arreter, reprimer et isoler ces quelques agitateurs. Mais la réalité est bien différente, et ce qui ne peut pas etre caché derrière les murs des cpr c’est la determination et le courage de ceux et celles qui ont subit la detention et ont lutte contre ça pour regagner leur liberté.

 

Gradisca

Depuis le 16 décembre une nouvelle prison pour sans papiers a ouvert à Gradisca di Isonzo, à 40 km de Trieste. Il faut rappeler que ce centre avait fermé à la suite des révoltes contre les flics, des conditions invivables, et le meurtre d’état en 2013 d’Abdelmajid El Kodra. Le préfet avait donc présenté ce nouveau centre comme une « prison administrative à haute surveillance », avec un « système de vidéo-surveillance, avec plus de 200 cameras ».

Mais il est connu que la passion pour la liberté est plus fort de toute cage, et il a pas fallu beaucoup pour que des nouvelles résistances se mettent en place dans le CPR de Gradisca. Quelques jours après la fin de 2019, trois personnes se sont évadées, seulement une des trois a été retrouvée à Verone. Quelque cas d’automutilation a été signalé pour résister aux déportations.

Après le rassemblement du 11 janvier, une révolte a éclaté dans la nuit entre le 11 et le 12. Les militaires sont rentrés dans le centre, ils ont tabassé les détenus et ils ont pris les cartes sim de certaines de personnes qui avaient pu parler avec les solidaires pendant le rassemblement. La révolte a continuée, 8 personnes ont pu s’évader dont seulement trois ont été retrouvées. Les trois ont été passés au tabac par les flics, un d’entre eux a été amené à l’hôpital. Un jeune marocain a tenté le suicide mais ses codétenus ont pu l’empêcher. Dans la nuit du 13 janvier, les flammes étaient encore visibles, celles de matelas brûlés pour se réchauffer à l’intérieur.

Après la mort de Vakhtang Enukidze le 18 décembre plusieurs révoltes ont eu lieu dans le centre de rétention. La répression des flics n’a pas tardé à se manifester : les téléphones ont été confisqués soi disant « aux fins de l’enquête » et les trois personnes qui dormaient dans la même chambre de Vakhtang et qui étaient prêtes à témoigner ont été déportées en Egypte. Tout cela est fait pour empêcher les prisonniers de communiquer avec l’extérieur et de raconter la vérité sur la mort de Vakhtang.

Entre-temps, la presse joue le jeu des institutions. D’abord les journaux parlaient d’une bagarre entre détenus suite à laquelle Vakhtang serait mort, maintenant ils décrivent le groupe des personnes solidaires avec les prisonniers comme des ultras qui incitent à la révolte les personnes à l’intérieur du centre. Comme s’ils avaient besoin d’être incités pour se révolter contre la cage où ils sont enfermés.

Un appel à une semaine d’action contre les CPR et pour la mort de Vakhtang a été lancé par les personnes solidaires de l’assemblée contre les CPR de Trieste (il est en cours de traduction).

Macomer (Sardaigne)

Un nouveau CPR vient d’ouvrir le 20 janvier dernier. La structure est une ancienne prison. Les deux  questure de Cagliari et Nuoro sont en train de gérer les transferts, le centre commence à se remplir. Le gérant est la boîte suisse Ors.

 

Caltanissetta (Sicile)

Après la mort de Aymen Mekni le 12 janvier dernier une révolte et un incendie ont éclatés dans le centre. L’autopsie n’a toujours pas donné de résultats (on dit qu’ils seront disponibles dans un mois) et le corps a été rendu à la famille. L’État cherche à accélérer les déportations pour éviter d’éventuels témoignages contre les flics.

Lundi 20 janvier un fonctionnaire de l’ambassade du Gambia est arrivé au centre pour la procédure de rapatriement de 5 détenus gambiens. Les 5 ont résisté, en lançant des objets et du mobilier. Vingt flics en tenue anti-émeute les ont ensuite forcé à se soumettre à l’audition avec le fonctionnaire.

Vendredi 17 janvier un député de gauche a visité le centre, et il a demandé la fermeture du centre « du moins jusqu’au moment où seront faits tous les travaux nécessaires à améliorer la structure ». Comme d’habitude, la gauche institutionnelle approuve ces prisons, pourvu qu’elles soient plus « aptes »… Samedi dernier un rassemblement avait eu lieu devant le centre, organisé par le réseau antiraciste de Catane.
Les dommages provoqués dans ce centre par les révoltes de janvier et de septembre et octobre 2019 sont encore bien visibles. La plupart des fenêtres, murs, mobilier et toilettes ont été détruits, et un appel à offre a été lancé pour les travaux de renouvellement et élargissement, pour un total de 852.000 euros, qui sera ouvert jusqu’au 30 janvier 2020. Le but est de passer de 96 places officielles à 144. À cause des incendies, certains airs sont maintenant inaccessibles, les places ont été réduites à 72 et en ce moment y a environ 70 personnes enfermées, dont certaines sont obligées à dormir dans les locaux de la cantine.

 

Trapani et Caltanissetta (Sicile)

Début 2020 une révolte a éclaté au centre de rétention de Trapani, où a été transférée une partie de détenus du CPR de Turin après une révolte au mois de novembre. Trois bâtiments ont pris feu, et une partie de la prison reste inutilisable.

Le 12 janvier au matin, un détenu de 34 ans d’origine tunisienne, M.A., a été retrouvé mort dans son lit dans le CPR de Caltanissetta. Ses codétenus ont exprimé leur rage en détruisant la cellule et le reste du bâtiment. Les prisonniers ont été forcés par les flics à dormir à l’extérieur, sans couvertures, et ils ont refusé de manger. Le lendemain, au petit matin, la police est rentrée dans le centre et a arrêté trois personnes. À présent on sait pas où ils ont été amenés.

Le récit d’une personne détenue dans cette prison :

« Il avait 34 ans, il était né le 1 février 1986. Hier au matin, vers 8h, on nous a prévenu qu’il était mort dans sa chambre, mais dans cette chambre il n’y avait pas de chauffage, il faisait très froid. Ils ont essayé de le bouger, il y avait du sang sur sa bouche, on ne sait pas quel était le problème pour lequel il est mort. C’était ça notre rage. Et donc on a protesté, on a brûlé sa chambre, après on a manifesté dans le centre. Hier on a dormis à l’extérieur, avec le froid qu’il fait. Hier on a tous manifesté, à midi on a refusé de manger, à cause de notre rage. Ce matin on était fatigués quand on s’est réveillés, certains ont dormis à l’extérieur, d’autres dans un trou de chambre où il n’y a ni porte ni fenêtre, avec cette peine. À 7h la police est rentrée là où on dormais, ils ont amené une ou deux personnes à l’extérieur, je ne sais pas où ils les ont amenés, si en prison ou s’ils les ont expulsés. Nous demandons la fermeture du centre, parce que les conditions sont très mauvaises, on ne peut pas mettre des personnes normales dans ces conditions, dormir comme ça, la bouffe est dégueulasse. L’infirmerie est nulle, si t’as mal à la tête ils te donnent le même médoc, si t’es enrhumé ils te donnent le même médoc. Certains disent qu’ils mettent des choses dans la bouffe, on en sait rien, mais certains soupçonnent ça, quand on mange, certains vont tout le temps aux chiottes, les autres sont fatigués et ils ont sommeils. »

L’administration a évidemment minimisé, disant qu’il s’agit d’une mort pour causes naturelles et que l’incendie n’a pas causé trop de dégâts, mais les détenus ont été obligés de dormir à l’extérieur. Les morts d’état comme celle de M.A. sont cachées par l’administration, seulement la voix des personnes enfermées peut faire sortir la vérité, comme ça a été le cas pour Sahid, tué en juillet 2019 dans le CPR de Turin, ou encore de Harry en juin 2019 à Brindisi et Natalia dans la section pour femmes du CPR de Ponte Galeria à Rome, en novembre 2018.

Un prisonnier meurt au CRA de Rennes

Depuis le 19 décembre un prisonnier du centre de rétention administrative de Rennes était a l’hôpital suite à une tentative de suicide. Il est mort ce samedi 28 décembre.

Depuis août c’est le troisième mort dans ces prisons pour étrangèr.e.s. Il est important de rappeler que c’est bien l’état et les flics de la PAF (police aux frontières) qui sont responsables de ces morts.

Force et solidarité à ses proches et aux prisonniers de Rennes pour qui la fin d’année doit être très dure. Des camarades ont appelé les cabines du CRA de Rennes aujourd’hui. Dans deux bâtiments au moins, tout le monde n’était pas encore au courant de la mort du prisonnier.

Les prisonniers racontaient de nouvelles violences policières, une tentative de suicide hier avec une lame alors qu’ils avaient prévenu les keufs de la PAF du risque de la situation.

On redonne le lien vers le texte écrit après la mort de Mohamed au centre de rétention de Vincennes en novembre, et l’hommage collectif des prisonniers du bâtiment 2A quelques jours plus tard:

Lien vers le texte écrit suite à la mort de Mohamed

Lien vers le texte de l’hommage des prisonniers

 

A bas les cra !

Pour rappel: Pour nous rencontrer, c’est tous les mercredi (à partir du 8 janvier) a 18h au CICP,21 ter rue Voltaire métro Rue des boulets (L9).

Et Rdv à la cantine des pyrénées le 12 janvier à partir de 12h pour soutenir l’assemblée contre les cra en IDF. C’est au 77 rue de la mare dans le 20e.

Turin – Grève de la faim au CPR (CRA) de Corso Brunelleschi

Depuis vendredi 22 novembre, les prisonniers de la section “violette” du CPR (CRA en italien) de Corso Brunelleschi à Turin sont en grève de la faim. Ils ont écrit un texte collectif et appellent  les prisonniers des autres sections et les solidaires à l’extérieur à la solidarité et à la lutte.

On traduit ici leur communiqué, paru sur le blog Macerie (autistici.org/macerie). Les conditions d’enfermement qu’ils racontent sont à peu près les memes que celles des CRA français. Leurs révendications aussi.

La lutte contre les frontières n’a pas de frontière !

A bas les CRA, en France, en Italie et partout !

Nous, les retenus de la section violette du CPR de Corso Brunelleschi, demandons à la Direction de communiquer à la Préfecture que le jour 22/11/2019, tous les prisonniers entrent en grève de la faim pour protester contre les éléments indiqués ci-dessous :

  1.  Les temps de permanence pour l’identification sont trop longs (6 mois)
  2. Les conditions dishumaines dans lesquelles on est obligé de vivre
  3. Les lieux insalubres où nous sommes renfermés : des chambres c’est-à-dire des cellules sans fenêtres ni circulation d’air respirable, ce qui produit une manque d’oxygène
  4. Les douches et les toilettes que nous sommes obligés d’utiliser sont dégueulasses
  5. Le retard dans l’approvisionnement de la nourriture, qui arrive à 14h30 voire plus tard
  6. La bouffe est dégueuelasse
  7. Les produits hygiéniques sont quasi absents
  8. L’assistance sanitaire qui ne fonctionne pas
  9. Les passages au tabac de la part des agents
  10. Les 2,50 euros pour les achats ne suffisent pas
  11. Les couvertures ne sont pas lavées
  12. Les pièces qui font 4,20×9,60 mètres carrés, toilettes incluses, avec 7 personnes dedans.

Grève de la faim en cours au CRA de Mesnil Amelot !

Aujourd’hui (lundi 18 novembre) une grève de la faim a démarré dans la prison pour étrangers-ères de Mesnil-Amelot, pas loin de l’aéroport Charles de Gaulle. Pour rappel, dans le meme CRA une incendie avait eu lieu il y a trois semaines.

Les repas d’aujord’hui ont été refusés par des dizaines de prisonniers, dans 4 batiments différents du centre. Ils dénoncent les vols cachés, l’arbitraire de la police et les conditions de vie à l’intérieur, ils veulent la liberté. Ils sont déter et ils appellent à la solidarité de l’extérieur. Beaucoup de force à eux !

Pour les soutenir, l’assemblée contre les CRA en IdF se réunit chaque mercredi à 18h au Cicp (21 ter rue Voltaire, métro rue des boulets L9)

 

 

On relaye ici des paroles des grèvistes :

« Salut, on est au Cra. Tout le monde est en grève de la faim. On est ici comme des chiens, peut-etre les animaux sont mieux que nous. Et on voit que ici les droits ne sont pas pareils entre les batiments : il y a qui mange et il y a qui mange pas, il y a aussi qui peut faire rentrer des courses et il y en a qui ne peut pas. Pourquoi on peut pas, on ne le sait pas. On demande pour nous ici à nos droits la liberté. »

« Les flics ont démandé pourquoi on fait ça (la grève de la faim), moi j’ai rigolé, vraiment vous le savez pas? Pour les conditions de vie, pour la bouffe, parce qu’ils veulent sortir d’ici. »

Révolte au CRA2 du Mesnil-Amelot: 3 batiments en feu hier soir !

La prison pour sans papier du Mesnil-Amelot (77) est juste à côté de l’aéroport CDG. Y sont enfermé plus de 230 prisonnier.e.s et c’est aussi la seule prison en IDF pour femme sans papier. Depuis la création de ce blog en novembre dernier, on a souvent relayé des luttes collectives, des révoltes qui y ont eu lieu. Mais aussi les violences policières, les expulsions cachées et violentes, le racisme des keufs..

C’est au moins la troisième fois cette année que des prisonniers du CRA2 essayent de mettre à mal la machine à expulser en tentant de brûler des cellules.

Ce lundi 28 octobre en début de soirée, dans trois batiments (le 9, le 10 et le 11) des feux se déclenchent. Le batiment 10 est le plus touché.

Les pompiers interviennent (trop) rapidement et jugent qu’on peut continuer à y enfermer des personnes sans danger pour la santé. Résultat les prisonniers des batiments concernés se retrouvent à dormir dans ces mêmes cellules qui ont brulés, sans matelas ni draps.

La répression à déjà commencé:  deux prisonniers ont été amenés à l’isolement (et peut être en garde-à-vue). L’un deux a été reconnu par un keuf du CRA parce qu’il l’avait déjà tapé l’année dernière.

Un prisonnier fait savoir que: “Aujourd’hui les keufs sont chaud chaud. Ils cherchent qui c’est. Mais ils savent pas La direction du CRA a dit jusqu’à jeudi pour le nettoyage. Mais rien a commencé. Pas de shampoing de gel douche ajd c’est pour la punition. Alors qu’hier y avait déjà pas de shampoing, alors qu’y avait pas eu de feux.”

Des nouvelles bientôt.

Pour rappel: ce dimanche dans la soirée, une cellule à brûlé aussi au centre de rétention de Plaisir dans le 78.

Force et solidarité avec tou.te.s les prisonnièr.e.s !

Pour s’organiser en IDF en solidarité avec les prisonnièr.e.s en CRA : RDV tous les mercredi a 18h au CICP (21 ter rue Voltaire, métro Rue des boulets sur la ligne 9)

“Pas de liberté, pas d’égalité, pas de fraternité avec nous”. Communiqué des prisonniers en lutte dans le CRA de Plaisir (78)

“Pas de liberté, pas d’égalité, pas de fraternité avec nous”. Communiqué des prisonniers en lutte dans le CRA de Plaisir

Voici le communiqué des prisonniers en lutte du CRA de Plaisir. Pour rappel, ils sont en grève de la faim depuis vendredi 20 pour protester contre l’interruption des visites, les refus de prise de soins et le comportement des flics.
Samedi soir une équipe de keufs extérieure au centre est rentrée avec des chiens pour casser la grève de la faim, ils ont tabassé et insulté, une personne a été mise en GAV et une autre en cellule d’isolement toute la nuit.
Mais leur lutte continue, soyons solidaires!

 

Ca fait trois jours qu’on fait grève de la faim.

Ici les policiers font plein d’abus, ils abusent trop. Ils traitent les gens comme des chiens.

Ils font les visites comme ils veulent, et des fois ils prennent des gens qui ont rien fait et ils les menottent pour les mettre en cellule d’isolement toute la nuit. Meme avec le médecin c’est compliqué, ils refusent tout. Il y en a un parmi nous qui a le pied déboîté et ils les ramènent meme pas à l’hôpital.

Des fois ils arrêtent les caméras pour taper les gens. Hier soir (samedi 21) à minuit ils ont ramené au moins trente policiers avec les matraques et des gazeuses pour nous faire rentrer de force dans notre chambre.

On a pas le droit de fumer ni traîner dans les couloirs ni regarder la télé après minuit.
Les déjeuners aussi, tous les jours ils nous réveillent à 7h obligé, comme si on était à l’armée.
Les tondeuses et les lames ils refusent de nous passer, les fenetres sont bloquées h24.
Les lits ne sont pas bien, ça fait du bruit toute la nuit, on n’arrive pas à dormir.
Et dans la nuit ils passent toutes les 30 minutes , ça réveille les gens parce que les portes font du bruit. On n’a pas de coussins.

C’est pas normal, franchement l’état du centre est crade, très dégueulasse.
Et souvent quand les policiers arrivent ils nous disent des paroles très racistes.

Et il y a d’autres parmi nous souvent qu’ils les attachent pied à la tete et des casques à la tete, scotch à la bouche et te font montrer dans l’avion comme un coulis de voyage.

Et l’accusation aussi, quand on leur donne nos dossiers ils envoient pas tout au juge ni à nos avocats. ça aussi c’est pas normal.

Il y a de gens aussi qui viennent au centre, passé un jour ils voient meme pas le juge et ils sont libérés, alors que d’autres n’ont meme pas le droit de passer devant le juge administratif et c’est pas normal aussi.

Pas de liberté, pas d’égalité, pas de fraternité avec nous. C’est la vérité

 

Les prisonniers du cra du Plaisir le 22/09/2019.