Fouilles à nu et agressions sexuelles : flics violeurs au Mesnil-Amelot

 

[TW agression]

En quelques semaines plusieurs personnes prisonnières ou proches de prisonniers au CRA du Mesnil Amelot avec qui nous avons été en contact nous ont raconté qu’elles avaient subi des violences sexuelles de la part des flics. A chaque fois, c’est les mêmes flics : ceux d’une des deux équipes du CRA 3 qui visiblement sont, encore plus que les autres, de sales violeurs racistes.

Flics violeurs
Il y a K. dont on avait déjà publié le témoignage il y a quelques temps
 « J’ai été attrapé pour une fouille, je rentre pour la fouille et là les policiers, ils me fouillent. J’enlève déjà mes affaires, toutes mes affaires. Je reste juste en boxer pour qu’ils me fouillent. J’enlève même mes baskets et mes chaussettes. Le policier il met sa main, il touche et là, il trouve un briquet. Il me fait me tourner contre le mur comme si j’étais un criminel. Et là, ils me menottent, ils me serrent les menottes fort. Il y en a un d’eux qui m’a tourné contre le mur. Ils étaient deux. Il y en a un d’eux qui me tient avec son épaule contre le mur. Le deuxième qui me tient par mon boxer. C’est des trucs qui se font pas par des policiers, ou ça se fait par n’importe qui, en fait. Il m’a enlevé mon boxer. J’étais serré contre le mur. Je ne pouvais pas bouger, j’ai pas 4 mains ou je sais pas quoi pour l’empêcher… je sais pas. Il m’a serré contre le mur, il m’a descendu mon boxer et il a mis sa main, il était entrain de me frotter, il était entrain de voir si j’ai fait rentré dans mon cul des trucs ou je sais pas quoi. Mais c’est vraiment un truc de fou. On se fait même pas respecter, on est comme des vaches ici ! Il y a tout le monde qui nous dit qu’on est des étrangers à chaque fois qu’on parle : « Allez, on va vous envoyer chez vous, vous allez rentrer chez vous » – avec des gros mots derrière. À chaque fois… à chaque fois… à chaque fois… Et c’est ça.« 

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Témoignages depuis deux centres de rétention en IDF

Comme d’habitude et encore plus en période de pandémie de Covid19, l’accès au soin en CRA est inexistant, et nous publions ici deux témoignages de prisonniers qui le montrent bien : initialement enfermés tous les deux au CRA du Mesnil Amelot, l’un a été transféré à Plaisir, le « CRA Covid » où sont envoyés tous les testés positifs ; l’autre raconte la mobilisation collective mise en place pour tenter de faire venir les pompiers pour une personne gravement malade. Le test Covid sert visiblement uniquement d’outil de répression : quand des prisonniers refusent de le faire pour échapper à la déportation vers des pays exigeant un test négatif, ils sont envoyés en GAV et prennent parfois du ferme ; par contre quand ils demandent des tests pour des raisons de santé, suite à l’exposition à des cas positifs, on ne leur en donne pas.

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Fouille et répression : témoignage d’une proche d’un prisonnier du CRA du Mesnil-Amelot

On retranscrit ici le témoignage récent d’une proche d’un prisonnier enfermé au CRA du Mesnil-Amelot, qui raconte une fouille violente [TW agression] et la répression par les amendes pour empêcher les parloirs.

« P : Donc ouais, moi j’ai été voir mon conjoint plusieurs fois pendant le confinement… donc ils me disent que si je rentre dans le centre de rétention c’est 135 euros d’amende la première fois, 1200 la deuxième fois et trois mois de prison la troisième fois.

E : C’est les flics de la PAF, les matons du CRA, qui te disent ça?

P : Ouais, c’est ceux qui travaillent à l’intérieur. Je suis rentrée parce que j’avais envie de voir mon conjoint. Ils ont pris mon nom, prénom et adresse, et ils m’ont dit que c’était 135 euros d’amende. Après j’ai fait ma visite normal. Et après j’y suis retournée, parce que moi j’y vais tous les 2-3 jours.

Et là c’était pas le même discours. La police me dit : « C’est pas notre boulot de mettre des amendes ». Donc y’en a qui mettent, y’en a qui mettent pas. Ça c’était dimanche dernier. La visite s’est très mal passée aussi ; il y avait d’autres visiteurs, mais non ils sont plus sur nous, plus acharnés sur nous. J’sais pas, ça devient du harcèlement en fait. Ils sont 5 d’un côté, 5 de l’autre pour surveiller une visite. Ils acceptent des trucs pour certains visiteurs mais pas pour nous.

A la base on a le droit à 4  paquets de gâteaux, à des boissons. Mais nous non. Mon conjoint il est à part, lui. Ça devient très très grave.

J’y suis retournée hier. Là c’était pire. J’ai sonné, et avant de m’ouvrir la porte on m’a dit que si je pénétrais on me remettait une amende de 135 euros. 

Ils ont écrasé tous les gâteaux, tout ouvert, c’était vraiment comme si on était des chiens.

Ils me demandent si j’ai des produits illicites. Je leurs dis « Bah non, mon conjoint fume pas, il fume que 4 cigarettes par jours. » On continue : donc je rentre dans le centre et là je vois 2 dames de la police ou de la PAF. Y’avait les deux je crois. Après y’en a d’autres qui arrivent, j’avais l’impression d’avoir commis un… je sais pas moi. J’avais l’impression d’avoir tiré sur quelqu’un.

E : Alors que t’allais juste voir ton conjoint en parloir…

P : Alors qu’il y avait d’autres dames pour qui ça s’est très bien passé, mais moi non. Je ramène les gâteaux : il les met dans un sac pour les fouiller, il les écrase tout ça. On aurait vraiment dit la gamelle d’un chien.

Là, ils me fouillent mon manteau normal et ils me disent : « Retournez-vous, les bras en l’air, sortez vos fesses euh… » Ils m’ont mis les mains dans les fesses, devant et tout. Alors que même en prison, ils font pas ça ! Je vais juste voir mon conjoint. Ils m’accusent d’avoir ramené des produits illicites et de l’avoir déjà fait alors que c’est faux. Ils me disent que si, j’ai déjà essayé, donc là ils me fouillent de partout, les cheveux, partout. Je suis choquée. Je suis traumatisée, j’ai même plus envie d’aller voir mon conjoint en parloir.

Dans la salle c’est parti… Bah voilà, on s’est tous engueulés. Mon conjoint, forcément, il était très énervé. Il a déjà des problèmes de santé : il est asthmatique, il a des problèmes d’obésité morbide, il a une infection à la jambe qui est bleue blanche. Il a déjà eu des accidents, et ils veulent pas le changer de chambre. C’est vraiment catastrophique là. Mais on doit se taire. Mais je suis désolée c’est des humains comme nous, hein. J’ai été faire mon parloir avec mon conjoint mais avec une dizaine de flics de chaque côté. Dans ce cas là, c’est pas la peine si on peut pas… qu’ils fassent leur boulot oui, mais il y avait d’autres visites à côté, pourquoi que nous ?

Ça devient du harcèlement c’est pas possible. Moi franchement j’ai même plus envie d’y aller.

E : Tu sais si les amendes, ça concerne d’autres proches ?

Oui oui, parce qu’il y avait au moins une autre dame, quand je venais, à qui la police a dit : »Si vous rentrez en parloir ce sera une amende ». Ils disent qu’ils « sont pas en danger de mort, pas en précarité » et qu’ils ont pas besoin de visite.
L’équipe dont je parle c’est vraiment des racistes ou je sais pas. On doit se taire.

J’avais contacté la Cimade mais ils étaient fermés. J’ai envoyé un mail où j’ai raconté et j’attend une réponse.

(Depuis 10 jours la proche n’a pas eu de nouvelles de la Cimade).